Don Quichotte

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Don Quichotte
Image illustrative de l'article Don Quichotte
Couverture de la première édition (1605).

Auteur Miguel de Cervantes
Pays Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
Genre Roman d'aventures
Parodie de roman de chevalerie
Version originale
Langue Espagnol
Titre El ingenioso hidalgo don Quixote de la Mancha (première partie)
Segunda parte del ingenioso caballero don Quixote de la Mancha
(seconde partie)
Éditeur Juan de la Cuesta
Date de parution 1605 (première partie)
1615 (seconde partie)
Version française
Traducteur César Oudin
François de Rosset
Louis Viardot

L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche ou L'Ingénieux Noble Don Quichotte de la Manche (titre original en espagnol El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha) est un roman écrit par Miguel de Cervantes et publié à Madrid en deux parties, en 1605 et 1615.

À la fois roman médiéval — un roman de chevalerie — et roman de l'époque moderne alors naissante, le livre est une parodie des mœurs médiévales et de l'idéal chevaleresque, et une critique des structures sociales d'une société espagnole rigide et vécue comme absurde. Don Quichotte est un jalon important de l'histoire littéraire et les interprétations qu'on en donne sont multiples, pur comique, satire sociale, analyse politique. Il est considéré comme l'un des romans les plus importants des littératures espagnole et mondiale.

Le personnage est à l'origine de l'archétype du Don Quichotte, rêveur idéaliste et irraisonné, justicier autoproclamé.

Résumé[modifier | modifier le code]

Don Quichotte dans sa bibliothèque, par Gustave Doré (1863).

Intrigue[modifier | modifier le code]

L’intrigue couvre les aventures d'un pauvre hidalgo (gentilhomme) de la Manche, dénommé Alonso Quichano, et obsédé par les livres de chevalerie, qu'il collectionne dans sa bibliothèque de façon maladive.

Ceux-ci troublent son jugement au point que Quichano se prend un beau jour pour le chevalier errant Don Quichotte, dont la mission est de parcourir l’Espagne pour combattre le mal et protéger les opprimés. Il prend la route, monté sur son vieux cheval Rossinante, et prend pour écuyer un naïf paysan, Sancho Panza, qui chevauche un âne.

Don Quichotte voit dans la moindre auberge un château enchanté, prend les filles de paysans pour de belles princesses et les moulins à vent pour des géants envoyés par de méchants magiciens. Il fait d’une paysanne de son pays, Dulcinée du Toboso, qu’il ne rencontrera jamais, la dame de ses pensées à qui il jure amour et fidélité.

Sancho Panza, dont la principale préoccupation est, comme son nom l’indique, de se remplir la panse, estime que son maître souffre de visions, mais se conforme à sa conception du monde, et entreprend avec lui de briser l’envoûtement dont est victime Dulcinée.

Première partie[modifier | modifier le code]

La première partie compte 52 chapitres et commence par un prologue dans lequel Cervantès se moque de l'érudition pédante et des poèmes comiques en guise d'introduction dans lesquels l'auteur fait l'éloge de son œuvre. Il justifie cela en disant qu'il n'a rencontré personne qui veuille faire l'éloge d'une œuvre aussi extravagante comme celle-ci.

En effet, il s'agit, comme le dit le curé (un personnage du roman) au chapitre 47 de la première partie, d'une « écriture déliée », libre des normes, qui mélange « le lyrique, l'épique, le tragique, le comique » et dans laquelle s'entremêlent des histoires de genres différents, comme par exemple : Grisóstomo et la bergère Marcela, l'histoire du prisonnier, le discours sur les armes et les lettres, le discours de l'Âge d'Or, la première sortie de Don Quichotte seul et sa seconde sortie avec son inséparable écuyer Sancho Panza. La seconde partie raconte la troisième et dernière sortie.

Cervantes déclare que les premiers chapitres sont tirés des « Archives de La Manche » et le reste traduit depuis l'arabe de l’auteur morisque Cid Hamet Ben Engeli, l’enchanteur qui tire les ficelles de Don Quichotte tout au long du roman. C'était une méthode courante à l'époque à cause de la désapprobation dont le genre du roman faisait l'objet.

Le roman commence par la description d'un pauvre hidalgo dont le nom exact ne sera révélé qu'à la fin de l'œuvre : Alonso Quichano, originaire d'un village indéterminé de la Manche, qui devient fou en lisant des livres de chevalerie et qui se prend pour un chevalier errant médiéval.

Il prend un nom suggestif : Don Quichotte de la Manche, baptise son cheval Rossinante, reconstruit les armes de ses ancêtres et choisit une dame pour en être amoureux, Dulcinée du Toboso. Sans que personne ne le voit, il se lance dans la campagne pour sa première sortie mais soudainement il se rappelle qu'il n'a pas été « armé chevalier », alors en arrivant dans une auberge qu'il prend pour un château et en rencontrant l'aubergiste qu'il prend pour le châtelain et des prostituées qu'il prend pour des dames comme dans le monde des livres de chevalerie, il décide de faire là une « veillée d'armes » et convainc l'aubergiste de lui donner l'adoubement.

Finalement, lors d'une cérémonie satirique, Don Quichotte est armé chevalier par l'aubergiste et à partir de ce moment, il reprend sa chevauchée avec plus d'entrain. Toutes sortes d'aventures tragicomiques se succèdent dans lesquelles, motivées par la bonté et l'idéalisme, il cherche à « combattre les injustices » et aider les personnes défavorisées et les malheureux. Il professe un amour platonique et profond à sa dame, Dulcinée, qui est en réalité, une jeune laboureuse « de belle allure », Aldonza Lorenzo.

Lors de sa première aventure, Don Quichotte tente de sauver un jeune homme appelé Andrés des coups de fouet de son patron, ce qui causera finalement plus de préjudice au jeune homme. Plus tard, à un carrefour, il défiera un groupe de marchands en leur demandant de reconnaître sa dame comme la plus belle du monde sans même la voir. Roué de coups par l'un des marchands, il est recueilli par un voisin qui le ramène sur le dos de sa monture dans le hameau où il sera soigné par sa nièce et maîtresse de maison.

Le curé, Pero Perez, et le barbier du village purgent la Bibliothèque de Don Quichotte et brûlent une partie des livres qui lui ont fait tant de mal en lui faisant croire que ce sont des enchanteurs qui ont fait disparaître sa collection. Le recours aux manipulations des enchanteurs sera permanente dans le récit, des enchanteurs qui déforment à chaque étape la réalité de Don Quichotte, lui permettant d'expliquer ses échecs.

Entre la première et la deuxième sortie, Don Quichotte exige les services d'un écuyer, un laboureur appelé Sancho Panza, à qui il promet monts et merveilles, en particulier le nommer gouverneur d'un royaume qui conquerra dans ses aventures. Apparaît alors l'autre personnage fondamental du roman qui permet à Don Quichotte de dialoguer et qui contrebalancera son idéalisme extrême.

Une fois de plus, lors de sa deuxième sortie, accompagné par son écuyer Sancho, Don Quichotte se lance à travers le Campo de Montiel (es) pour exercer son nouveau rôle. À ce moment de l'histoire se déroule l'épisode le plus connu (première partie, chapitre VIII) : Don Quichotte se bat contre des géants qui ne sont autre que des moulins à vent malgré les avertissements de son écuyer.

À partir de là se suivent de nombreuses aventures qui finissent généralement mal. Cependant, lors de la première aventure, Don Quichotte décroche une authentique victoire en battant un jeune biscaïen querelleur dans un véritable duel à mort bien qu'il mette dans l'embarras une dame de passage qu'il désire protéger contre sa volonté.

Rapidement, maître et écuyer font face à des problèmes lorsqu'ils sont roués de coups par un groupe de muletiers à cause de Rossinante qui s'est trop approché de leurs juments. En piteux état, Don Quichotte et Sancho arrivent dans une auberge où ils essayent de se reposer. Les deux protagonistes se retrouvent au centre d'un hilarant scandale nocturne lorsque Don Quichotte confond dans son imagination une prostituée appelée Maritorne avec la fille de l'aubergiste qu'il croit amoureuse de lui. Cela réveille la colère d'un muletier qui frappe Don Quichotte et Sancho. Le lendemain demain après que Don Quichotte a essayé son baume magique de Fierabras, les deux partent mais auparavant, un groupe de cardeurs, qui logent à l'auberge, s'amusent à lancer Sancho en l'air à l'aide d'un drap.

Suit alors l'une des aventures les plus absurdes de Don Quichotte : l'aventure des troupeaux de brebis dans laquelle il confond les brebis avec deux armées qui vont se battre. Dans son imagination, il fait une longue description des principaux combattants à la surprise de Sancho. Finalement, Don Quichotte prend parti et attaque l'un des troupeaux mais les bergers le feront rapidement tomber de son cheval. Cette nuit-là, Don Quichotte attaque une procession de moines bénédictins en deuil qui accompagnent un cercueil vers sa tombe dans une autre ville. Puis, maître et écuyer veillent dans un bois où ils entendent des bruits importants qui font croire à Don Quichotte qu'il y a d'autres géants à proximité.

Le lendemain, Don Quichotte poursuit ses aventures dans la "haute aventure et de la riche conquête de l’armet de Mambrin" (première partie, chapitre XXI) dans laquelle il arrache à un barbier le bassin que l'on retrouve sur la plupart de ses représentations. Ensuite, il se passe une nouvelle aventure grotesque dans laquelle Don Quichotte déforme à l'extrême l'idéal chevaleresque de libérer les prisonniers : la libération par la force d'un groupe de galériens condamnés par la justice du roi. Les galériens avec Ginés de Pasamonte à leur tête remercient mal leurs libérateurs en leur jetant des pierres.

Don Quichotte et Sancho se rendent ensuite à la Sierra Morena. Là, ils leur arrivent différentes aventures : l'étrange disparition du Rucio, l'âne de Sancho, fait non signalé dans la première édition et amendé dans les versions ultérieures. En imitant Amadis de Gaula, Don Quichotte décide de faire pénitence et d'une certaine manière, il déclare de Sancho, surpris, son secret le plus intime : qui est en réalité Dulcinée du Toboso. Ils connaissent un nouveau personnage, Cardenio, qui montre des troubles causés par une grande frustration amoureuse. Don Quichotte envoie Sancho porter une lettre pour Dulcinée ce qu'il l'oblige à prendre la direction du Toboso.

Pendant ce temps-là, ses voisins, le curé et le barbier ont suivi la trace de Don Quichotte et en route, ils rencontrent Sancho qui rentre avec son maître et il lui mente au sujet du succès de son voyage. Ils rencontrent également une demoiselle appelé Dorothée qui, seule, cherche à régler des histoires sentimentales avec l'homme qui lui a pris son honneur. Ils convainquent Dorothée de participer à un plan compliqué pour renvoyer Don Quichotte dans son village : elle se fait passer pour une princesse appelée Micomicona dont le royaume est terrorisé par un géant. La princesse, le curé et le barbier déguisés se présentent à Don Quichotte. La princesse lui demande de l'accompagner pour qu'il tue le géant qu'il libère son royaume. Don Quichotte accepte, ils quittent tous la Sierra et arrivent à nouveau dans l'auberge où les cardeurs avaient envoyé Sancho en l'air à l'aide d'un drap. Durant le voyage, Sancho récupère mystérieusement son âne, Rucio.

À l'auberge, une série de personnages secondaires se retrouvent et leurs histoires s'entremêlent : Cardenio, son amante Luscinda, son ancien ami don Fernando et d'autres. Ils se confrontent et résolvent leurs conflits d'ordre sentimental. De son côté, Don Quichotte crée l'admiration de tous avec ses discours et son apparente discrétion, mais il exaspère également l'aubergiste avec ses nouvelles idées. C'est là qu'a lieu la fameuse bataille contre des outres à vin rouge qu'il prend pour des géants et le procès avec le propriétaire du bassin qui le réclame, furieux.

Don Quichotte est aussi victime d'une plaisanterie lourde de la part de Maritorne et de la fille de l'aubergiste qui consiste à le laisser accroché à un des murs de l'auberge. Finalement, ils se mettent tous d'accord sur la manière de contrôler Don Quichotte : ils l'attachent et lui font croire qu'il a été ensorcelé et le placent dans une cage dans laquelle ils le transportent à nouveau vers son village. De son côté, Sancho se rend compte de la supercherie mais Don Quichotte ne lui prête pas attention se croyant ensorcelé. Après quelques péripéties, ils rentrent dans leur village où sa nièce et maîtresse de maison s'occupe de lui.

Ainsi se termine la première partie. En guise d'épilogue, à la manière des livres de chevalerie, Cervantès imite une série d'épitaphes en honneur de Don Quichotte et promet une troisième sortie.

Cervantès dédie cette partie à Alfonso López de Zúñiga y Pérez de Guzmán (es), VIe duc de Béjar.

Deuxième partie[modifier | modifier le code]

Remarques préliminaires[modifier | modifier le code]

Dans le prologue, Cervantès se défend ironiquement des accusation de Avellaneda et se plaint de la difficulté de l'art d'écrire : l'imagination devient insatiable comme un chien affamé. Dans le roman, on joue avec différents niveaux de la réalité en incluant l'édition de la première partie de Don Quichotte et, plus tard, l'édition de la version apocryphe de la deuxième partie que les personnage ont lue.

Cervantès se défend des invraisemblances qui ont été trouvées dans la première partie comme la mystérieuse réapparition de Rucio, l'âne de Sancho après avoir été volé par Ginés de Pasamonte et le devenir de l'argent trouvé dans une valise de la Sierra Morena, etc.

Ainsi, dans la deuxième partie, Don Quichotte et Sancho sont conscients du succès éditorial de la première partie de leurs aventures et sont déjà célèbres. En fait, certains personnages qui apparaîtront à partir de là ont lu le livre et les reconnaissent. De plus, dans un étalage de clairvoyance, aussi bien Cervantès que Don Quichotte même signalent que le roman deviendra un classique de la littérature et que la figure de l'hidalgo sera perçue durant les siècles à venir comme un symbole de la Manche.

Cervantès, comme narrateur homodiégétique, intervient à la fois comme narrateur et personnage. Il explique qu'il avait perdu les originaux du roman qu'il attribue, comme astuce littéraire à un auteur arabe (Cide Hamete Benengeli), mais qu'il a réussi à récupérer afin continuer de le traduire.

L'œuvre commence avec l'intention renouvelée de Don Quichotte de repartir et avec ses préparatifs non sans la féroce résistance de sa nièce et maîtresse de maison. Le curé et le barbier doivent avouer la folie de Don Quichotte et trament avec le bachelier Sansón Carrasco, un nouveau plan pour leur permettre d'enfermer Don Quichotte pour longtemps dans son village.

De son côté, Don Quichotte renouvelle l'offre faite à Sancho de l'île tant convoitée en échange de sa compagnie. Sancho réagit fortement à l'idée d'être gouverneur et de changer de statut social, ce qui provoque la moquerie de sa femme, Teresa Panza. Don Quichotte et Sancho se lancent dans leur troisième sortie.

Troisième sortie vers le Toboso (chapitres 8-9-10)[modifier | modifier le code]

Pour leur troisième sortie (deuxième partie, chapitre 8), les deux hommes se dirigent vers le Toboso afin de rendre visite à Dulcinée, ce qui place Sancho dans une situation difficile, craignant que son mensonge antérieur soit révélé au grand jour.

Dans l'un des épisodes les plus réussis du roman (chapitre 10), Sancho réussit à tromper son maître en lui faisant croire que Dulcinée a été ensorcelée et fait passer une grossière villageoise pour l'amante de Don Quichotte, qui la contemple stupéfait : elle ne correspond pas du tout à la dame de ses rêves. De nouveau, Don Quichotte attribue la transformation aux enchanteurs qui les poursuivent. L'enchantement de Dulcinée et la manière dont Don Quichotte cherchera à la désenvouter est l'un des sujets de cette deuxième partie.

Rencontres diverses en quittant le Toboso (chapitres 11-21)[modifier | modifier le code]

Accablé, Don Quichotte continue son chemin. Au chapitre onze, il tombe sur des acteurs qui vont dans une voiture à cheval représenter Le Cortège de la mort et qui se moquent de Don Quichotte et le rendent furieux. Voyant que les comédiens sont armés, Sancho parvient à dissuader son maître de se battre et ils quittent les lieux.

Une nuit, il rencontre un soi-disant chevalier errant qui s'autodéclare le "Chevalier des Miroirs" - qui n'est en fait ni plus ni moins que le bachelier Sansón Carrasco déguisé avec son écuyer, un voisin appelé Tomé Cecial. Le Chevalier des Miroirs prétend avoir vaincu Don Quichotte lors d'une bataille précédente, Don Quichotte le provoque donc en duel. Le Chevalier des Miroirs accepte mais impose une condition : s'il gagne, Don Quichotte se retirera dans son village.

Ils se préparent pour le duel mais dans sa malchance, le bachelier est vaincu et Don Quichotte l'oblige à reconnaître son erreur. Afin de sauver sa vie, le bachelier reconnaît son erreur et se retire humblement tout en préparant sa vengeance, vengeance qui se manifestera pratiquement à la fin du roman. Cette victoire inattendue redonne du baume au cœur de Don Quichotte, qui poursuit son chemin.

Rapidement, il rencontre un autre chevalier, le chevalier au vert manteau (deuxième partie, chapitre 16), qui l'accompagnera pendant quelques jours. Une des aventures les plus excentriques de Don Quichotte a lieu ensuite : l'aventure des lions (deuxième partie, chapitre 17). Don Quichotte teste son courage en s'affrontant à un lion qui est enmené à la cour du roi par charretier. Heureusement, le lion ne lui prête aucune attention et Don Quichotte est satisfait. Pour célébrer sa victoire, il décide de changer son surnom en passant de "Chevalier à la triste figure" à "Chevalier des lions". Don Diego de Miranda - celui au manteau vert - l'invite chez lui quelques jours.

Don Quichotte poursuit ensuite son chemin et rencontre deux étudiants qui se rendent au mariage de Camacho el Rico et de la belle Quiteria. Lors de cet épisode, Don Quichotte réussit étrangement à résoudre un conflit. Don Quichotte obtient la reconnaissance et la gratitude des jeunes mariés.

L'épisode de la grotte de Montesinos (chapitres 22-23-24)[modifier | modifier le code]

Ensuite, se suivent une série d'épisodes autonomes : le premier est la descente dans la Grotte de Montesinos où le chevalier s'endort et rêve de toutes sortes de bêtises que Sancho Panza n'arrive pas à croire car elles font référence au soi-disant enchantement de Dulcinée. Cette descente est une parodie d'un épisode de la première partie du Miroir des princes et des chevaliers et la descente aux enfers de la poésie épique et qui, selon Rodríguez Marín, est l'épisode central de toute la seconde partie.

Ensuite, ils arrivent dans une auberge que Don Quichotte reconnaît comme telle et non comme un château, ce qui met en évidence le fait que le protagoniste commence à voir les choses telles qu'elles sont, pas comme dans la première partie où il voyait les choses selon le bon vouloir de son imagination. Un certain maître Pedro qui est marionettiste et qui a un singe devin mais qui n'est autre que Ginés de Pasamonte et qui reconnaît immédiatement Don Quichotte. À un certain moment, Don Quichotte, en proie à une folie soudaine, attaque le théâtre de marionnettes de Ginés de Pasamonte le réduisant en pièces mais prétend que ce sont les enchanteurs qui l'ont fait se tromper.

Le chevauchée continue, Don Quichotte et Sancho se retrouvent embarqués dans l'aventure du braiment : ils tentent de réconcilier deux villages qui se disputent à cause d'une plaisanterie ancienne. Ils sont obligés de fuir sous la menace des arbalètes et des armes à feu. Rapidement, ils arrivent au bord de l'Ébre, où il se déroule l'aventure du bateau enchanté (deuxième partie, chapitre 29) : Don Quichotte et Sancho montent sur une petite embarcation, Don Quichotte croyant qu'il s'agit d'un voyage enchanté, mais le trajet se termine abruptement et les deux protagonistes doivent sauter dans l'eau.

L'épisode chez le Duc et la Duchesse (chapitres 30 à 57)[modifier | modifier le code]

Du chapitre 30 au chapitre 57, Don Quichotte et Sancho sont accueillis dans un château par un duc et une duchesse qui ont lu la première partie du roman. Pour la première fois, Don Quichotte et Sancho rentrent en contact avec la haute noblesse espagnole et sa suite de coutisans, à l'image des livres de chevalerie.

Le duc et la duchesse, de leur côté, s'appliquent à leur présenter la réalité de la même manière, orchestrant des situations dans lesquelles Don Quichotte peut agir en chevalier. En fait, Don Quichotte et Sancho sont considérés comme deux bouffons dont le séjour au château a pour objectif de divertir le duc et la duchesse. De manière subtile mais impitoyable, les châtelains organisent une série de farces qui ridiculisent les deux protagonistes qui, malgré tout, font confiance jusqu'au bout à leurs hôtes. Seul l'aumônier du château rejette en bloc le spectacle et blâme Don Quichotte pour son manque de sagesse.

Suit ensuite une série d'épisodes burlesques : l'apparition surprise du mage Merlin, qui déclare que Dulcinée ne pourra être désenvoutée que si Sancho se donne trois mille coups de fouet sur les fesses ; cela ne plaît pas du tout à l'écuyer et à partir de là, il y a une tension permanente entre le maître et son écuyer à cause de cette pénitence.

Sancho Panza, gouverneur de l'île Barataria (chapitres 42-53)[modifier | modifier le code]

Le Duc et la Duchesse, qui ont lu la première partie, offrent à Sancho l'île imaginaire de Barataria pour en devenir gouverneur. Leur but réel est de se moquer de l'écuyer.

Cet épisode s'intercale avec le séjour de Don Quichotte chez le Duc et la Duchesse..

Retour au village et mort de Don Quichotte (chapitres 71-74)[modifier | modifier le code]

À la fin du deuxième volume, Don Quichotte, vaincu par le chevalier de la Blanche Lune (le bachelier Samson Carrasco), s’en retourne chez lui. Sancho le supplie de ne pas abandonner, lui suggérant de prendre le rôle de berger, souvent mis en scène dans des histoires bucoliques. Ayant abandonné la lecture de tout roman de chevalerie, il retrouve la raison et fait dès lors preuve de la plus grande sagesse, avant de mourir entouré de l’affection et de l’admiration des siens.

Publication[modifier | modifier le code]

Le roman est construit en deux volumes. Le premier fut publié en 1605 et le second en 1615. Pour être précis, la seconde partie a été publiée sous le titre quelque peu divergent de Segunda parte del ingenioso caballero don Quixote de la Mancha, avec caballero au lieu de hidalgo. Une suite apocryphe des aventures de don Quichotte, signée par l’énigmatique Avellaneda, était parue en 1614 sous le titre Segundo tomo del ingenioso hidalgo don Quixote de la Mancha.

Pour cette raison, la deuxième partie de Cervantès contient plusieurs références au Don Quichotte imposteur et à son auteur présumé que certains observateurs identifient comme étant Lope de Vega. Cervantès fera mourir son héros à la fin du deuxième tome de son roman, pour qu’il ne soit jamais ressuscité par un autre Avellaneda.

Style[modifier | modifier le code]

Don Quichotte rompt avec la littérature médiévale et s’impose, par ses techniques narratives, par ses mouvements internes, par l’intervention même de l’auteur à l’intérieur de son texte, comme le premier roman moderne.

Personnages[modifier | modifier le code]

Figurines représentant Don Quichotte et Sancho Panza.

On distingue à travers les deux volumes du livre beaucoup de personnes, les plus importants sont Rossinante, le cheval de Don Quichotte, et Sancho Panza (son valet) avec son baudet. Aussi bien le héros que son serviteur subissent des changements complexes et des évolutions pendant le déroulement du récit.

Peu à peu, Sancho Panza opère une métamorphose, et du lourd paysan qu’il était, il se transforme en un être plus éduqué, suscitant même, par sa clairvoyance et la finesse de son jugement, l’étonnement du peuple qu’il administre lorsqu’il est nommé gouverneur d’une île par le Duc et la Duchesse (Volume 2, chapitre 55).

Don Quichotte, quant à lui, reste invariablement fidèle à lui-même ; il ne cède à aucune pression extérieure et brave les archers de l’inquisition qui sont à ses trousses depuis qu’il a libéré des galériens (vol. 1, chap. 22).

Dulcinée est également un personnage important puisque tout héros se doit de porter une femme dans son cœur pour lui dédier ses exploits bien que cette paysanne dont il tombe amoureux n'est que mentionnée et donc jamais physiquement présente dans le récit.

Analyse[modifier | modifier le code]

Thèmes[modifier | modifier le code]

Le roman nous offre une peinture fouillée de l'époque. Les deux compères rencontrent, au cours de leurs pérégrinations, quantité de personnages qui délivrent une sociologie détaillée de l’Espagne du siècle d’or. On y voit défiler des criminels envoyés aux galères, des Morisques sous le coup de l’édit d’expulsion de 1609 (Ricote, Ana Felix).

Postérité[modifier | modifier le code]

Chaque époque a porté un point de vue différent sur le roman. À l’époque de sa première publication, il était considéré généralement comme un roman comique. Après la Révolution française, il fut populaire en partie à cause de son éthique : les individus peuvent avoir raison contre une société tout entière. Au XIXe siècle, il était considéré comme un commentaire social. Au XXe siècle il fut rangé dans la catégorie des classiques littéraires, et considéré comme un chef-d’œuvre précurseur.

Orthographe et prononciation du nom[modifier | modifier le code]

Contrairement à une idée reçue, la prononciation Don Quichotte n’est pas une francisation du nom espagnol. À l’époque de Cervantès, le nom du héros s’écrivait Don Quixote avec un x[1] ; et l'on prononçait encore dans l’Espagne du XVIIe siècle x de la même façon que le groupe consonantique français ch ([ʃ] en alphabet phonétique international). Le français Don Quichotte, de même que l’italien Don Chisciotte, est donc une translittération qui respecte la prononciation espagnole de l’époque.

L’anglais a jusqu'à nos jours conservé la graphie d’époque (Don Quixote) mais dans l'actualité les locuteurs anglophones prononcent généralement le mot en tentant une prononciation proche de la prononciation espagnole moderne (don Quijote), ce qui donne, avec un accent anglais, /dɒŋ kiːˈhoʊteɪ/, même si la prononciation traditionnelle en suivant les sons des lettres en anglais, avec le x prononcé à l'anglaise, est parfois encore utilisée, résultant en /kwɪksət/ ou /ˈkwɪksoʊt/. Le portugais Dom Quixote et le catalan Don Quixot n’ont presque rien changé graphiquement, car la prononciation de x reste dans ces deux langues celle du XVIIe siècle dans de nombreux termes : [ʃ].

En espagnol , la prononciation de x est au cours du XVIIe siècle passée à [x] (la jota espagnole, correspondant à une forme sourde de l’[ʁ] français), qui dans une réforme de l’orthographe espagnole opérée au XVIIIe siècle s’est écrit j [2]. Ceci modifia le nom en don Quijote, et de nos jours les titres espagnols les plus usités par les éditeurs sont El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha pour la première partie et Segunda parte del ingenioso caballero don Quijote de la Mancha pour la deuxième (il s'agit donc là des titres complets sous leur forme originale, quoiqu'avec l'adaptation de l'orthographe sur Quijote). Aussi, souvent, est utilisée la forme simplifiée Don Quijote de la Mancha lorsqu'un éditeur fait le choix de publier en une seule édition les deux parties de l'œuvre, tout en conservant pour chaque partie, à l'intérieur de l'ouvrage, son titre correspondant [3].

Autres regards[modifier | modifier le code]

Marthe Robert[modifier | modifier le code]

« C’est pourquoi don Quichotte est véritablement scandaleux : voulant accomplir les grands mots creux qui servent à la fois la bonne conscience et les mauvaises actions de tous, il crée une situation proprement impossible qui force le monde à avouer sa tricherie.

Ainsi la fausseté de don Quichotte contribue finalement à la vérité, puisqu’elle démasque l’imposture primordiale de toute société policée; mais sous la façade de culture et d’idéologie qui dissimule ses mobiles intéressés, le monde de son côté n’a pas tout à fait tort puisqu’il met à nu l’infantilisme et l’impuissance de l’individu insoumis, fanatisé par son propre rêve d’absolu. En face du monde discordant dont il prend au mot l’idéal de parade, don Quichotte fait assurément figure d’inspiré (l’admirable épisode de la caverne de Montésinos le montre terrassé par ses visions absurdes, et probablement inventées, exactement comme le prophète ou le poète qui, dans toute culture, est érigé en guide spirituel); ce qui ne l’empêche pas d’être lui-même un néant dangereux, où prolifèrent les germes d’une spiritualité séduisante, certes, mais corrompue en son fond et historiquement condamnée. Tel est le paradoxe que Cervantès pose en principe de sa haute critique des idées et qui, dans l'extraordinaire Somme que représente la geste donquichottesque, doit tenir lieu de seule moralité. »

— Marthe Robert, Roman des origines et origines du roman[4]

Michel Foucault[modifier | modifier le code]

Don Quichotte dans sa bibliothèque.

« Don Quichotte est la première des œuvres modernes puisqu’on y voit la raison cruelle des identités et des différences se jouer à l’infini des signes et des similitudes ; puisque le langage y rompt sa vieille parenté avec les choses, pour entrer dans cette souveraineté solitaire d’où il ne réapparaîtra, en son être abrupt, que devenu littérature ; puisque la ressemblance entre là dans un âge qui est pour elle celui de la déraison et de l’imagination. La similitude et les signes une fois dénoués, deux expériences peuvent se constituer et deux personnages apparaître face à face. Le fou, entendu non pas comme malade, mais comme déviance constituée et entretenue, comme fonction culturelle indispensable, est devenu, dans l’expérience occidentale, l’homme des ressemblances sauvages. […]

À l’autre extrémité de l’espace culturel, mais tout proche par sa symétrie, le poète est celui qui, au-dessous des différences nommées et quotidiennement prévues, retrouve les parentés enfouies des choses, leurs similitudes dispersées. »

— Michel Foucault, Les Mots et les Choses, Paris 1966, éditions Gallimard, p. 62-63[5].

Jorge Luis Borges[modifier | modifier le code]

Dans Pierre Ménard, auteur du Quichotte, Jorge Luis Borges met en scène un auteur voulant ré-écrire le célèbre roman à l'identique, sans pour autant le recopier, sans même se placer dans les mêmes conditions d'écriture que Cervantes afin de retrouver le processus originel qui avait donné naissance au roman, mais en tentant d'arriver à l'écriture du Quichotte à partir de ses propres expériences et de sa propre vie.

Jorge Luis Borges décrit, de sa manière érudite, ce travail fantasque et surréel, comme une preuve philosophique de la puissance supérieure quasi écrasante du contexte historique et social dans l'analyse d'une œuvre. Il finit même par affirmer, comme un pied de nez, la supériorité du texte de Pierre Ménard sur celui de Cervantes (alors qu'ils sont en tout point identiques).

Cette idée sera à l'origine de la réflexion de l'essai de Pierre Bayard intitulé Et si les œuvres changeaient d'auteur ? qui reprend et approfondit l'idée borgésienne selon laquelle les œuvres sont étudiées selon leur auteur, parfois aux dépens du texte brut.

Joseph Ratzinger[modifier | modifier le code]

Don Quichotte, par Gustave Doré.

Joseph Ratzinger (futur Benoît XVI) dans Les Principes de la théologie catholique, à propos de Don Quichotte[6] :

« […] Don Quichotte commence comme une bouffonnerie, une dérision, qui n’est absolument pas œuvre imaginaire ou simple divertissement littéraire. Le plaisant autodafé des livres du pauvre hobereau, que font, au chapitre VI, le curé et le barbier, est un geste très réel : le monde du Moyen Âge est rejeté, la porte qui y donne accès est murée ; il appartient irrévocablement au passé. En la personne de Don Quichotte, une époque nouvelle persifle l'ancienne. Le chevalier est devenu un fou ; réveillée des rêves de jadis, une nouvelle génération se dresse en face de la réalité, sans déguisements ni embellissements. Dans la raillerie plaisante du premier chapitre, il y a quelque chose de l'entrée en scène d'une nouvelle époque, confiante en elle-même, qui a désappris le rêve et découvert la réalité, et qui en est fière. […] Quelle noble folie est-ce donc que celle que Don Quichotte s'est choisie comme vocation : « être chaste en ses pensées, honnête en ses paroles, vrai dans ses actions, patient dans l'adversité, miséricordieux à l'égard de ceux qui sont dans la nécessité, et enfin, combattant de la vérité, même si sa défense devait coûter la vie ». Les traits de folie sont devenus un jeu qui mérite d'être aimé car on perçoit, par-delà, un cœur pur. […] L'assurance orgueilleuse avec laquelle Cervantès avait brûlé les ponts derrière lui et s'était moqué du vieux temps, est devenue maintenant mélancolie sur ce qui était désormais perdu. Ceci n'est pas un retour au monde des romans de chevalerie, mais un éveil à ce qui doit absolument demeurer, et la prise de conscience du danger qui menace l'homme quand, dans l'incendie qui détruit le passé, il perd la totalité de lui-même. »

— Joseph Ratzinger, Les Principes de la théologie catholique, 1982

Boris Mouravieff[modifier | modifier le code]

Avec Boris Mouravieff, Don Quichotte est présenté comme un personnage « qui s’acharnait à combattre de front les influences “A” sous toutes leurs formes, et particulièrement celle de moulins à vent » ; ce combat étant considéré comme vain et promis à l’échec ainsi qu’à l’épuisement des forces.

Les influences “A” sont les influences créées par la vie elle-même, qui forment la Loi du Hasard ou Loi de l’Accident, sous l’empire de laquelle est placé le sort humain[7].

José Saramago[modifier | modifier le code]

Don Quichotte assis, par Salvador Dalí.

Pour José Saramago :

« Don Quichotte s’obstine à ne pas être lui-même, mais à être celui qui sort de chez lui pour entrer dans ce monde parallèle et vivre une nouvelle vie, une vie authentique. Je crois qu’au fond, ce qui est tragique, c’est l’impossibilité d’être quelqu’un d’autre.

On peut considérer Don Quichotte comme le premier roman moderne, mais son auteur n’est sûrement pas le premier narrateur moderne. Je pense que Cervantès n’a rien inventé. Il suffit de lire le premier chapitre du livre pour imaginer un monsieur qui s’est assis devant son public pour lui raconter une histoire : “Dans une bourgade de la Manche, etc., etc.” C’est le schéma du narrateur oral.

Don Quichotte ne meurt pas, parce que celui qui va mourir, c’est un gentilhomme, un pauvre hidalgo du nom d’Alonso Quichano. Selon moi, c’est un élément fondamental. Ce n’est pas Don Quichotte qui meurt, mais Alonso Quichano.

Don Quichotte est cet autre que nous ne pouvons être, et c’est pour ça que nous l’aimons[8]. »

Günter Grass[modifier | modifier le code]

Pour Günter Grass :

« Le noble chevalier, l’idéaliste, qui se bat contre des moulins à vent, le rêveur qui prend ses hallucinations pour la réalité, le fantasque, le maître et son valet, les pieds sur terre, le valet prosaïque. C’est un couple que nous retrouvons encore dans notre réalité, à la fois alliés et adversaires. C’est un duo qui résiste aux temps qui changent[8]. »

René Girard[modifier | modifier le code]

René Girard commence son premier livre, Mensonge romantique et Vérité romanesque, par une analyse du Don Quichotte. Pour le fondateur de la théorie mimétique, le désir est mimétique, c'est-à-dire que le sujet désire l'objet parce que l'objet est désiré par un modèle jouissant d'un prestige particulier (l'illusion de la possibilité de s'autodéterminer) auprès du sujet.

En règle générale, la médiation est interne, c'est-à-dire que le modèle est assez proche du sujet pour devenir un obstacle entre le sujet et l'objet, d'où la genèse de la violence. Mais dans Don Quichotte, le modèle chevaleresque (Amadis de Gaule) est si éloigné du personnage que le désir reste externe.

Michel Onfray[modifier | modifier le code]

Selon Michel Onfray, le don-quichottisme permet de penser un comportement très répandu, la dénégation, sans passer par le biais de la psychanalyse qui l'a ou l'aurait indûment récupéré.

Don Quichotte est l'intellectuel, celui pour qui l'idée prime sur le réel, quitte à affirmer que les moulins sont des géants à combattre. Sancho est l'homme du bon sens, l'anti-Machiavel qui, dans un passage du roman, gouverne un royaume de façon épicurienne, avec justesse. Sancho serait le véritable héros du texte.

Autour du livre[modifier | modifier le code]

Tourisme sur les lieux liés au livre[modifier | modifier le code]

La communauté autonome de Castille-La Manche exploite la célébrité du roman de Cervantès pour faire la promotion du tourisme dans la région. Plusieurs sites ont un lien avec les péripéties, dont des moulins et une auberge où l’on dit que les évènements se sont passés.

Célébration des 400 ans du livre[modifier | modifier le code]

L’Espagne et l’Amérique hispanophone ont fêté les 400 ans de l'œuvre tout au long de l’année 2005. À cette occasion, un jeune montagnard espagnol, Javier Cantero, a gravi le sommet de l’Amérique latine, l’Aconcagua, culminant à 6 960 m, en décembre 2005, afin d’y lire un passage de Don Quijotte de la Mancha.

Influences de Don Quichotte[modifier | modifier le code]

Don Quichotte est l’un des livres les plus lus au monde. Grand succès dès sa première édition, il a aussi fait l’objet de plusieurs suites et pastiches, ainsi que d’une comédie musicale et de plusieurs adaptations théâtrales et cinématographiques.

Romans[modifier | modifier le code]

Monument à Don Quichotte et Dulcinée au Toboso, en Espagne.
  • Il existe quelques tentatives de suites de Don Quichotte qui ont été écrites en français : Histoire de l’admirable Don Quichotte de la Manche, de Filleau de Saint-Martin et Robert Challe, et la Suite nouvelle et véritable de l’histoire et des aventures de l’incomparable Don Quichotte de la Manche, d’auteur inconnu.
  • Jorge Luis Borges, Pierre Ménard, auteur du Quichotte, nouvelle ayant pour thème la question de l'écriture à l'origine du roman de Cervantes, 1939
  • Graham Greene, Monsignore Quichotte (1982), roman mettant en scène le descendant de Don Quichotte, devenu monsignore, et celui de Sancho Pacha, devenu maire communiste. Roman au ton léger narrant les aventures tragi-comique d’un duo que tout oppose, et qui est peut-être également un pastiche du duo Don Camillo / Peppone.
  • Thomas Mann, Traversée avec Don Quichotte, journal qui évoque l'exil de l'auteur aux États-Unis à la lumière du personnage de Don Quichotte, 1934.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Des adaptations au théâtre ont été faites :

Films[modifier | modifier le code]

Don Quichotte et Rossinante, par Honoré Daumier (vers 1868).

Livres d'artiste[modifier | modifier le code]

Don Quichotte, par Gustave Doré.

Don Quichotte inspira un grand nombre d’illustrateurs et de peintres dont Gustave Doré, Honoré Daumier, Pablo Picasso, Albert Dubout, Salvador Dalí, Antonio de La Gandara, Raymond Moretti, François Heaulmé, Gérard Garouste et Robert Di Credico.

  • Série de tableaux peints sur les aventures de Don Quichotte par Antoine Coypel entre 1715 et 1727. À partir de ceux-ci, 175 tapisseries seront réalisées (Musée national du château de Compiègne).
  • Don Quichotte dans sa bibliothèque, dessin de Francisco de Goya, 1812
  • 370 illustrations de Gustave Doré, ornant la réédition de la traduction française, faite par Louis Viardot, de Don Quichotte, 1863
  • Dessin au lavis représentant Don Quichotte et Sancho, par Pablo Picasso, 1947
  • Quatre lithographies sur Don Quichotte, réalisées par Salvador Dalí pour une édition française du roman, 1964
  • Don Quichotte de Cervantès illustré par Garouste, Paris, éditions Diane de Selliers, 1998.
  • Une édition soviétique parue en 1952 a été illustrée à l'aquarelle noire par les Koukryniksy. La page consacrée à ces artistes permet de voir plusieurs reproductions.
  • Eaux-fortes sur le thème de Don Quichotte réalisées par Jean Revol (1960).
  • Antonio Saura a illustré Don Quichotte dans un édition d'art publiée à Barcelone en 1987 par le Círculo de Lectores, Barcelone[11].

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Mortadelo de la Mancha
  • One Piece : L'un des sept « Grands Corsaires » (Shichibukai) porte le nom de Donquixote (Don Quichotte) Doflamingo. Il apparaît comme un personnage manipulateur dans l'ombre et cruel. Le frère de ce personnage porte le nom du cheval de Don Quichotte, Rossinante : ce dernier ce trouve être très maladroit, perçu comme le canasson de Don Quichotte de La Manche.

Musique[modifier | modifier le code]

Musique classique[modifier | modifier le code]

Version de Don Quichotte par Jules Massenet.

Ballets[modifier | modifier le code]

« Don Quichotte dévêtu (ou universel et intemporel) » à Vedado, au Parque del Quijote de las Americas, Calle 23, à La Havane. Sculpture de Sergio Martínez.

Comédie musicale[modifier | modifier le code]

Chanson[modifier | modifier le code]

  • Le Retour de Don Quichotte (1979) de Michel Rivard
  • Don Quichotte (No estan aqui) par Magazine 60
  • Don Quichotte is not dead (2001), sur l'album Au Marché des illusions, de Babylon Circus
  • Canal Saint-Martin (2009), sur l'album Le Sens de la gravité, par Les Fatals Picards « Moi j'aimerais bien pouvoir me battre en Espagne contre des moulins ; pourvu que je sois Don Quichotte, pourvu qu'il y ait des moulins. »
  • Es esmu mazliet dons Kihots, chant de l'ensemble Tumsa, Lettonie ; texte par Mārtiņš Freimanis En français, on peut traduire par « Je suis un peu Don Quichotte ».
  • Don Quichotte par Julio Iglesias

Éditions en français[modifier | modifier le code]

  • L'ingénieux don Quixote de la Manche (vol. 1), traduit par César Oudin, Paris, 1614[12]
  • L'ingénieux don Quixote de la Manche (vol. 2), traduit par François de Rosset, 1618
  • Don Quichotte de la Manche, traduit par Jean-Pierre Claris de Florian, publication posthume en 1798, rééd. librairie Garnier Frères
  • Histoire de Don Quichotte, Bibliothèque rose illustrée, édition de 1924
  • Don Quichotte de la Manche, trad. par Louis Viardot, Lausanne, Éditions Rencontre, 1967, 2 vol. (592 et 644 p.) (en ligne)
  • Don Quichotte de la Manche, trad. par Jean Cassou, sur base du travail de César Oudin, éd. 1949, rééd. Gallimard, Folio, 2001, 2 vol. de 640 p.
  • Œuvres romanesques complètes, t. I, Don Quichotte, précédé de La Galatée; t. II, Nouvelles exemplaires, suivies de Persilès et Segismunda, Paris, éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2001, 2 vol. : 1728 et 1072 p.
    Introduction, traduction et notes sous la direction de Jean Canavaggio, avec la collaboration de Claude Allaigre, Michel Moner et Jean-Marc Pelorson.
  • Don Quichotte de la Manche, trad. par Jean-Raymond Fanlo, éd. Livre de Poche, La Pochotèque, 2008, 1250 p.
  • Don Quichotte de la Manche, trad. d'Aline Schulman, éd. Points 2005
  • Don Quichotte, trad. par Louis Viardot, Paris, L'École des loisirs, coll. « Classiques abrégés », 1981, 120 p. (version abrégée)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comme en témoigne la page de garde de l’époque.
  2. Don Quichotte - Don Quixote sur le site Lexilogos.
  3. Voir pour cela, par exemple, la dernière édition critique du spécialiste Alberto Blecua, réimprimée déjà plusieurs fois en Espagne depuis sa première parution en 2007 : Don Quijote de la Mancha, éd. Austral, Madrid, mai 2007 ; édition, notes et introduction par Alberto Blecua ; 1560 pp., 19 x 12,5 cm, couv. souple (ISBN 978-84-670-3570-4).
  4. Paris 1972, Éditions Bernard Grasset (ISBN 2-07-029620-2) ; Gallimard, p. 211-212 (ISBN 978-2-07-029620-0).
  5. Voir également cet autre extrait sur le personnage de Don Quichotte.
  6. Benoît XVI, Les Principes de la théologie catholique, 1982, éd. Téqui, 2008, trad. Dom J. Maltier, p. 438.
  7. Gnôsis t.1, Étude et commentaires sur la tradition ésotérique de l’orthodoxie orientale, p. 134.
  8. a et b Interview dans le film de Daniel Serra et Jaume Serra, Cervantes y la leyenda de don Quijote, Espagne, 2004. Programmé en France sous le titre Cervantès et la légende de Don Quichotte (Arte, 4 mars 2005).
  9. Voir sur imdb.com.
  10. Voir sur teleobs.nouvelobs.com.
  11. Voir les illustrations de Don Quichotte
  12. Source : actualitte.com.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) James A. Parr, Kassel, Cervantes and the Quixote : A Touchstone for Literary Criticism, Cassel, Reichenberger, 2005 (ISBN 3-937734-21-X)
  • (en) Kurt Reichenberger, Cervantes and the Hermeneutics of Satire, Cassel, Reichenberger, 2005 (ISBN 3-937734-11-2)
  • (en) Karl-Ludwig Selig, Studies on Cervantes, Cassel, Reichenberger, 1995 (ISBN 3-928064-64-9)
  • (es) José Ángel Ascunce Arrieta, Los quijotes del Quijote: Historia de una aventura creativa, Cassel, Reichenberger, 1997 (ISBN 3-931887-14-6)
  • (es) José Ángel Ascunce Arrieta, El Quijote como tragedia y la tragedia de don Quijote, Cassel, Reichenberger, 2005 (ISBN 3-935004-98-2)
  • (es) Cervantes. Estudios sobre Cervantes en la víspera de su centenario, V.V.A.A., Cassel, Reichenberger, 1994 (ISBN 3-928064-64-9)
    • Cervantes y su mundo I. V.V.A.A., Cassel, Reichenberger, 2004 (ISBN 3-935004-89-3)
    • Cervantes y su mundo II. V.V.A.A., Cassel, Reichenberger, 2005 (ISBN 3-935004-99-0)
    • Cervantes y su mundo III. V.V.A.A., Cassel, Reichenberger, 2005 (ISBN 3-937734-10-4)
  • (es) Agapita Jurado Santos, Obras teatrales derivadas de novelas cervantinas (siglo XVII). Para una bibliografía. Cassel, Reichenberger 2005 (ISBN 3-935004-95-8)
  • (es) Kurt Reichenberger, Cervantes, un gran satírico ? Los enigmas del Quijote descifrados para el carísimo lector, Cassel, Reichenberger 2005 (ISBN 3-937734-12-0)
  • (es) Kurt & Theo Reichenberger, Cervantes : El Quijote y sus mensajes destinados al lector, Cassel, Édition Reichenberger, 2004 (ISBN 3-937734-05-8)
  • (es) Martín de Riquer, Para leer a Cervantes, Barcelone, Acantilado, , 590 p. (ISBN 978-84-92649-54-9)
  • (es) Javier Salazar Rincón, El mundo social del Quijote, Madrid, Gredos, 1986 (ISBN 84-249-1060-5)
  • (es) Javier Salazar Rincón, El escritor y su entorno. Cervantes y la corte de Valladolid en 1605, Valladolid, Junta de Castilla y León 2006 (ISBN 84-9718-375-4)
  • (es) Krzysztof Sliwa, Vida de Miguel Cervantes Saavedra, Cassel, Édition Reichenberger 2005 (ISBN 3-937734-13-9)
  • Hanania Alain Amar, De Don Quichotte à Don Juan ou la quête de l'Absolu, Paris, L'Harmattan, 2007.
  • Jean Canavaggio, Don Quichotte, du livre au mythe, quatre siècles d’errance, Paris, Fayard, 2005, 346 pages (ISBN 2-213-62388-0)
  • Jean Canavaggio, « Don Quichotte : un mythe pour notre temps ? », Études 2013/5, 2013, tome 418
  • Carlos Fuentes, Cervantes ou la critique de la lecture (1976), éd. fr. Paris, L’Herne, 2006
  • Joséphin Peladan, Le Secret des troubadours : de Parsifal à Don Quichotte, Paris, E. Sansot, — Ce recueil contient une étude sur les Don Quichotte de Cervantes et de Fernandez Avellaneda (Texte en ligne sur Wikisource)
  • Ruth Reichelberg, Don Quichotte ou le roman d'un juif masqué, Paris, Le Seuil, 1999
  • Alfred Schütz, Don Quichotte et le problème de la réalité, Paris, Allia, 2014
  • Le Magazine littéraire, « Les grands héros de la littérature, Don Quichotte », hors-série no 1, juillet-août 2010, articles de Jean Canavaggio, Pierre Brunel, Jean-Marc Pelorson, Carlos Fuentes, Antonio Munoz Molina

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Les personnages de Don Quichotte[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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