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Don Quichotte

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Don Quichotte
Image illustrative de l'article Don Quichotte
Couverture de la première édition (1605).

Auteur Miguel de Cervantes
Genre Roman d'aventures
Parodie de roman de chevalerie
Version originale
Langue Espagnol
Titre El ingenioso hidalgo don Quixote de la Mancha (première partie)
Segunda parte del ingenioso caballero don Quixote de la Mancha
(seconde partie)
Éditeur Juan de la Cuesta
Pays d'origine Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole
Date de parution 1605 (première partie)
1615 (seconde partie)
Version française
Traducteur César Oudin
François de Rosset
Louis Viardot

L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche ou L'Ingénieux Noble Don Quichotte de la Manche (titre original en espagnol El ingenioso hidalgo don Quixote de la Mancha) est un roman écrit par Miguel de Cervantes et publié à Madrid en deux parties, en 1605 et 1615.

À la fois roman médiéval — un roman de chevalerie — et roman de l'époque moderne alors naissante, le livre est une parodie des mœurs médiévales et de l'idéal chevaleresque, et une critique des structures sociales d'une société espagnole rigide et vécue comme absurde. Don Quichotte est un jalon important de l'histoire littéraire et les interprétations qu'on en donne sont multiples, pur comique, satire sociale, analyse politique. Il est considéré comme l'un des romans les plus importants des littératures espagnole et mondiale.

Le personnage est à l'origine de l'archétype du Don Quichotte, rêveur idéaliste et irraisonné, justicier autoproclamé. C'est aussi l'un des cinq saints du Discordianisme indiqués dans les Principia Discordia.

Le livre

Résumé

Don Quichotte dans sa bibliothèque, par Gustave Doré (1863).

Cervantes déclare que les premiers chapitres sont tirés des « Archives de La Manche » et le reste traduit depuis l'arabe de l’auteur morisque Cid Hamet Ben Engeli, l’enchanteur qui tire les ficelles de Don Quichotte tout au long du roman. C'était une méthode courante à l'époque à cause de la désapprobation dont le genre du roman faisait l'objet.

L’intrigue couvre les aventures d'un pauvre hidalgo (gentilhomme) de la Manche, dénommé Alonso Quichano, et obsédé par les livres de chevalerie, qu'il collectionne dans sa bibliothèque de façon maladive.

Ceux-ci troublent son jugement au point que Quichano se prend un beau jour pour le chevalier errant Don Quichotte, dont la mission est de parcourir l’Espagne pour combattre le mal et protéger les opprimés. Il prend la route, monté sur son vieux cheval Rossinante, et prend pour écuyer un naïf paysan, Sancho Panza, qui chevauche un âne.

Don Quichotte voit dans la moindre auberge un château enchanté, prend les filles de paysans pour de belles princesses et les moulins à vent pour des géants envoyés par de méchants magiciens. Il fait d’une paysanne de son pays, Dulcinée du Toboso, qu’il ne rencontrera jamais, la dame de ses pensées à qui il jure amour et fidélité.

Sancho Panza, dont la principale préoccupation est, comme son nom l’indique, de se remplir la panse, estime que son maître souffre de visions, mais se conforme à sa conception du monde, et entreprend avec lui de briser l’envoûtement dont est victime Dulcinée.

À la fin du deuxième volume, Don Quichotte, vaincu par le chevalier de la Blanche Lune (le bachelier Samson Carrasco), s’en retourne chez lui. Sancho le supplie de ne pas abandonner, lui suggérant de prendre le rôle de berger, souvent mis en scène dans des histoires bucoliques. Ayant abandonné la lecture de tout roman de chevalerie, il retrouve la raison et fait dès lors preuve de la plus grande sagesse, avant de mourir entouré de l’affection et de l’admiration des siens.

Publication

Le roman est construit en deux volumes. Le premier fut publié en 1605 et le second en 1615. Pour être précis, la seconde partie a été publiée sous le titre quelque peu divergent de Segunda parte del ingenioso caballero don Quixote de la Mancha, avec caballero au lieu de hidalgo. Une suite apocryphe des aventures de don Quichotte, signée par l’énigmatique Avellaneda, était parue en 1614 sous le titre Segundo tomo del ingenioso hidalgo don Quixote de la Mancha. Pour cette raison, la deuxième partie de Cervantès contient plusieurs références au Don Quichotte imposteur et à son auteur présumé que certains observateurs identifient comme étant Lope de Vega. Cervantès fera mourir son héros à la fin du deuxième tome de son roman, pour qu’il ne soit jamais ressuscité par un autre Avellaneda.

Style

Don Quichotte rompt avec la littérature médiévale et s’impose, par ses techniques narratives, par ses mouvements internes, par l’intervention même de l’auteur à l’intérieur de son texte, comme le premier roman moderne.

Personnages

Figurines représentant Don Quichotte et Sancho Panza.

On distingue à travers les deux volumes du livre beaucoup de personnes, les plus importants sont Rossinante, le cheval de Don Quichotte, et Sancho Panza (son valet) avec son baudet. Aussi bien le héros que son serviteur subissent des changements complexes et des évolutions pendant le déroulement du récit.

Peu à peu, Sancho Panza opère une métamorphose, et du lourd paysan qu’il était, il se transforme en un être plus éduqué, suscitant même, par sa clairvoyance et la finesse de son jugement, l’étonnement du peuple qu’il administre lorsqu’il est nommé gouverneur d’une île par le Duc et la Duchesse (Volume 2, chapitre 55). Don Quichotte, quant à lui, reste invariablement fidèle à lui-même ; il ne cède à aucune pression extérieure et brave les archers de l’inquisition qui sont à ses trousses depuis qu’il a libéré des galériens (vol. 1, chap. 22).

Dulcinea est également un personnage important puisque tout héros se doit de porter une femme dans son cœur pour lui dédier ses exploits bien que cette paysanne dont il tombe amoureux n'est que mentionnée et donc jamais physiquement présente dans le récit.

Analyse

Thèmes

La Mancha, la patrie de Don Quichotte.

Le roman nous offre une peinture fouillée de l'époque. Les deux compères rencontrent, au cours de leurs pérégrinations, quantité de personnages qui délivrent une sociologie détaillée de l’Espagne du siècle d’or. On y voit défiler des criminels envoyés aux galères, des Morisques sous le coup de l’édit d’expulsion de 1609 (Ricote, Ana Felix).

Postérité

Moulins à vent à Campo de Criptana (La Mancha, Espagne).

Chaque époque a porté un point de vue différent sur le roman. À l’époque de sa première publication, il était considéré généralement comme un roman comique. Après la Révolution française, il fut populaire en partie à cause de son éthique : les individus peuvent avoir raison contre une société tout entière. Au XIXe siècle, il était considéré comme un commentaire social. Au XXe siècle il fut rangé dans la catégorie des classiques littéraires, et considéré comme un chef-d’œuvre précurseur.

Orthographe et prononciation du nom

Contrairement à une idée reçue, la prononciation Don Quichotte n’est pas une francisation du nom espagnol. À l’époque de Cervantès, le nom du héros s’écrivait Don Quixote avec un x[1] ; et l'on prononçait encore dans l’Espagne du XVIIe siècle x de la même façon que le groupe consonantique français ch ([ʃ] en alphabet phonétique international). Le français Don Quichotte, de même que l’italien Don Chisciotte, est donc une translittération qui respecte la prononciation de l’époque.

L’anglais a jusqu'à nos jours conservé la graphie d’époque (Don Quixote) mais dans l'actualité les locuteurs anglophones prononcent généralement le mot en tentant une prononciation proche de la prononciation espagnol moderne (don Quijote), ce qui donne, avec un accent anglais, /dɒŋ kiːˈhoʊteɪ/, même si la prononciation traditionnelle en suivant les sons des lettres en anglais, avec le x prononcé à l'anglaise, est parfois encore utilisée, résultant en /kwɪksət/ ou /ˈkwɪksoʊt/. Le portugais Dom Quixote et le catalan Don Quixot n’ont presque rien changé graphiquement, car la prononciation de x reste dans ces deux langues celle du XVIIe siècle dans de nombreux termes : [ʃ].

En espagnol[2], la prononciation de x est au cours du XVIIe siècle passée à [x] (la jota espagnole, correspondant à une forme sourde de l’[ʁ] français), qui dans une réforme de l’orthographe espagnole opérée au XVIIIe siècle s’est écrit j. Ceci modifia le nom en don Quijote, et de nos jours les titres espagnols les plus usités par les éditeurs sont El ingenioso hidalgo don Quijote de la Mancha pour la première partie et Segunda parte del ingenioso caballero don Quijote de la Mancha pour la deuxième (il s'agit donc là des titres complets sous leur forme originale, quoiqu'avec l'adaptation de l'orthographe sur Quijote). Aussi, souvent, est utilisée la forme simplifiée Don Quijote de la Mancha lorsqu'un éditeur fait le choix de publier en une seule édition les deux parties de l'œuvre, tout en conservant pour chaque partie, à l'intérieur de l'ouvrage, son titre correspondant[3].

Autres regards

Marthe Robert

« C’est pourquoi don Quichotte est véritablement scandaleux : voulant accomplir les grands mots creux qui servent à la fois la bonne conscience et les mauvaises actions de tous, il crée une situation proprement impossible qui force le monde à avouer sa tricherie.

Ainsi la fausseté de don Quichotte contribue finalement à la vérité, puisqu’elle démasque l’imposture primordiale de toute société policée; mais sous la façade de culture et d’idéologie qui dissimule ses mobiles intéressés, le monde de son côté n’a pas tout à fait tort puisqu’il met à nu l’infantilisme et l’impuissance de l’individu insoumis, fanatisé par son propre rêve d’absolu. En face du monde discordant dont il prend au mot l’idéal de parade, don Quichotte fait assurément figure d’inspiré (l’admirable épisode de la caverne de Montésinos le montre terrassé par ses visions absurdes, et probablement inventées, exactement comme le prophète ou le poète qui, dans toute culture, est érigé en guide spirituel); ce qui ne l’empêche pas d’être lui-même un néant dangereux, où prolifèrent les germes d’une spiritualité séduisante, certes, mais corrompue en son fond et historiquement condamnée. Tel est le paradoxe que Cervantès pose en principe de sa haute critique des idées et qui, dans l'extraordinaire Somme que représente la geste donquichottesque, doit tenir lieu de seule moralité. »

— Marthe Robert, Roman des origines et Origines du roman, Paris 1972, Édit. Bernard Grasset, ISBN 2-07-029620-2 ; Gallimard, p. 211-212, ISBN 978-2-07-029620-0.

Michel Foucault

Don Quichotte dans sa bibliothèque.

« Don Quichotte est la première des œuvres modernes puisqu’on y voit la raison cruelle des identités et des différences se jouer à l’infini des signes et des similitudes ; puisque le langage y rompt sa vieille parenté avec les choses, pour entrer dans cette souveraineté solitaire d’où il ne réapparaîtra, en son être abrupt, que devenu littérature ; puisque la ressemblance entre là dans un âge qui est pour elle celui de la déraison et de l’imagination. La similitude et les signes une fois dénoués, deux expériences peuvent se constituer et deux personnages apparaître face à face. Le fou, entendu non pas comme malade, mais comme déviance constituée et entretenue, comme fonction culturelle indispensable, est devenu, dans l’expérience occidentale, l’homme des ressemblances sauvages. (…)

À l’autre extrémité de l’espace culturel, mais tout proche par sa symétrie, le poète est celui qui, au-dessous des différences nommées et quotidiennement prévues, retrouve les parentés enfouies des choses, leurs similitudes dispersées. »

— Michel Foucault, Les Mots et les Choses, Paris 1966, éditions Gallimard, p. 62-63[4].

Jorge Luis Borges

Dans Pierre Ménard, auteur du Quichotte, Jorge Luis Borges met en scène un auteur voulant ré-écrire le célèbre roman à l'identique, sans pour autant le recopier, sans même se placer dans les mêmes conditions d'écriture que Cervantes afin de retrouver le processus originel qui avait donné naissance au roman, mais en tentant d'arriver à l'écriture du Quichotte à partir de ses propres expériences et de sa propre vie.

Jorge Luis Borges décrit, de sa manière érudite, ce travail fantasque et surréel, comme une preuve philosophique de la puissance supérieure quasi écrasante du contexte historique et social dans l'analyse d'une œuvre. Il finit même par affirmer, comme un pied de nez, la supériorité du texte de Pierre Ménard sur celui de Cervantes (alors qu'ils sont en tout points identiques).

Cette idée sera à l'origine de la réflexion de l'essai de Pierre Bayard intitulé Et si les œuvres changeaient d'auteur ? qui reprend et approfondit l'idée borgésienne selon laquelle les œuvres sont étudiées selon leur auteur, parfois aux dépens du texte brut.

Joseph Ratzinger (futur Benoît XVI)

Don Quichotte par Gustave Doré.

Joseph Ratzinger (Les Principes de la théologie catholique), à propos de Don Quichotte[5] :

« (…) Don Quichotte commence comme une bouffonnerie, une dérision, qui n’est absolument pas œuvre imaginaire ou simple divertissement littéraire. Le plaisant autodafé des livres du pauvre hobereau, que font, au chapitre VI, le curé et le barbier, est un geste très réel : le monde du Moyen Âge est rejeté, la porte qui y donne accès est murée ; il appartient irrévocablement au passé. En la personne de Don Quichotte, une époque nouvelle persifle l'ancienne. Le chevalier est devenu un fou ; réveillée des rêves de jadis, une nouvelle génération se dresse en face de la réalité, sans déguisements ni embellissements. Dans la raillerie plaisante du premier chapitre, il y a quelque chose de l'entrée en scène d'une nouvelle époque, confiante en elle-même, qui a désappris le rêve et découvert la réalité, et qui en est fière.(…) Quelle noble folie est-ce donc que celle que Don Quichotte s'est choisie comme vocation : « être chaste en ses pensées, honnête en ses paroles, vrai dans ses actions, patient dans l'adversité, miséricordieux à l'égard de ceux qui sont dans la nécessité, et enfin, combattant de la vérité, même si sa défense devait coûter la vie ». Les traits de folie sont devenus un jeu qui mérite d'être aimé car on perçoit, par-delà, un cœur pur. (…) L'assurance orgueilleuse avec laquelle Cervantès avait brûlé les ponts derrière lui et s'était moqué du vieux temps, est devenue maintenant mélancolie sur ce qui était désormais perdu. Ceci n'est pas un retour au monde des romans de chevalerie, mais un éveil à ce qui doit absolument demeurer, et la prise de conscience du danger qui menace l'homme quand, dans l'incendie qui détruit le passé, il perd la totalité de lui-même. »

— Joseph Ratzinger, (futur Benoît XVI), Les Principes de la théologie catholique, 1982

Boris Mouravieff

Don Quichotte est présenté comme un personnage « qui s’acharnait à combattre de front les influences “A” sous toutes leurs formes, et particulièrement celle de moulins à vent. » Ce combat étant considéré comme vain et promis à l’échec ainsi qu’à l’épuisement des forces. (Les influences “A” sont les influences créées par la vie elle-même, qui forment la Loi du Hasard ou Loi de l’Accident, sous l’empire de laquelle est placé le sort humain. (Gnôsis t.1, Étude et commentaires sur la tradition ésotérique de l’orthodoxie orientale, p. 134)

José Saramago

Don Quichotte assis, par Salvador Dalí.

« Don Quichotte s’obstine à ne pas être lui-même, mais à être celui qui sort de chez lui pour entrer dans ce monde parallèle et vivre une nouvelle vie, une vie authentique. Je crois qu’au fond, ce qui est tragique, c’est l’impossibilité d’être quelqu’un d’autre.

On peut considérer Don Quichotte comme le premier roman moderne, mais son auteur n’est sûrement pas le premier narrateur moderne. Je pense que Cervantès n’a rien inventé. Il suffit de lire le premier chapitre du livre pour imaginer un monsieur qui s’est assis devant son public pour lui raconter une histoire : “Dans une bourgade de la Manche, etc., etc.” C’est le schéma du narrateur oral.

Don Quichotte ne meurt pas, parce que celui qui va mourir, c’est un gentilhomme, un pauvre hidalgo du nom d’Alonso Quichano. Selon moi, c’est un élément fondamental. Ce n’est pas Don Quichotte qui meurt, mais Alonso Quichano.

Don Quichotte est cet autre que nous ne pouvons être, et c’est pour ça que nous l’aimons. »

Daniel Serra, Jaume Serra, Cervantes y la leyenda de don Quijote, Espagne, 2004. Programmé en France sous le titre Cervantès et la Légende de Don Quichotte (Arte, 4 mars 2005).

Günter Grass

« Le noble chevalier, l’idéaliste, qui se bat contre des moulins à vent, le rêveur qui prend ses hallucinations pour la réalité, le fantasque, le maître et son valet, les pieds sur terre, le valet prosaïque. C’est un couple que nous retrouvons encore dans notre réalité, à la fois alliés et adversaires. C’est un duo qui résiste aux temps qui changent. »

— Daniel Serra, Jaume Serra, Cervantes y la Leyenda de Don Quijote, Espagne, 2004.

René Girard

René Girard commence son premier livre, Mensonge romantique et vérité romanesque, par une analyse du Don Quichotte. Pour le fondateur de la théorie mimétique, le désir est mimétique, c'est-à-dire que le sujet désire l'objet parce que l'objet est désiré par un modèle jouissant d'un prestige particulier (l'illusion de la possibilité de s'autodéterminer) auprès du sujet. En règle générale, la médiation est interne, c'est-à-dire que le modèle est assez proche du sujet pour devenir un obstacle entre le sujet et l'objet, d'où la genèse de la violence. Mais dans Don Quichotte, le modèle chevaleresque (Amadis de Gaule) est si éloigné du personnage que le désir reste externe.

Michel Onfray

Selon Michel Onfray, le Don Quichottisme permet de penser un comportement très répandu, la dénégation, sans passer par le biais de la psychanalyse qui l'a ou l'aurait indûment récupéré. Don Quichotte est l'intellectuel, celui pour qui l'idée prime sur le réel, quitte à affirmer que les moulins sont des géants à combattre. Sancho est l'homme du bon sens, l'anti-Machiavel qui, dans un passage du roman, gouverne un royaume de façon épicurienne, avec justesse. Sancho serait le véritable héros du texte.

Influences de Don Quichotte

Don Quichotte est l’un des livres les plus lus au monde. Grand succès dès sa première édition, il a aussi fait l’objet de plusieurs suites et pastiches, ainsi que d’une comédie musicale et de plusieurs adaptations théâtrales et cinématographiques.

Romans

Monument à Don Quichotte et Dulcinée au Toboso, en Espagne.
  • Il existe quelques tentatives de suites de Don Quichotte qui ont été écrites en français : Histoire de l’admirable Don Quichotte de la Manche, de Filleau de Saint-Martin et Robert Challe, et la Suite nouvelle et véritable de l’histoire et des aventures de l’incomparable Don Quichotte de la Manche, d’auteur inconnu.
  • Jorge Luis Borges, Pierre Ménard, auteur du Quichotte, nouvelle ayant pour thème la question de l'écriture à l'origine du roman de Cervantes, 1939
  • Graham Greene, Monsignore Quichotte (1982), roman mettant en scène le descendant de Don Quichotte, devenu monsignore, et celui de Sancho Pacha, devenu maire communiste. Roman au ton léger narrant les aventures tragi-comique d’un duo que tout oppose, et qui est peut-être également un pastiche du duo Don Camillo / Peppone.
  • Thomas Mann, Traversée avec Don Quichotte, journal qui évoque l'exil de l'auteur aux États-Unis à la lumière du personnage de Don Quichotte, 1934.

Théâtre

Des adaptations au théâtre ont été faites :

Films

Tableau de Honoré Daumier.

Livres d'artiste

Don Quichotte par Gustave Doré.

Don Quichotte inspira un grand nombre d’illustrateurs et de peintres dont Gustave Doré, Honoré Daumier, Pablo Picasso, Albert Dubout, Salvador Dalí, Antonio de La Gandara, Raymond Moretti, François Heaulmé, Gérard Garouste et Robert Di Credico.

  • Série de tableaux peints sur les aventures de Don Quichotte par Antoine Coypel entre 1715 et 1727. À partir de ceux-ci, 175 tapisseries seront réalisées (Musée national du château de Compiègne).
  • Don Quichotte dans sa bibliothèque, dessin de Francisco de Goya, 1812
  • 370 illustrations de Gustave Doré, ornant la réédition de la traduction française, faite par Louis Viardot, de Don Quichotte, 1863
  • Dessin au lavis représentant Don Quichotte et Sancho, par Pablo Picasso, 1947
  • Quatre lithographies sur Don Quichotte, réalisées par Salvador Dalí pour une édition française du roman, 1964
  • Don Quichotte de Cervantès illustré par Garouste, Paris, éditions Diane de Selliers, 1998.
  • Une édition soviétique parue en 1952 a été illustrée à l'aquarelle noire par les Koukryniksy. La page consacrée à ces artistes permet de voir plusieurs reproductions.
  • Eaux-fortes sur le thème de Don Quichotte réalisées par Jean Revol (1960).
  • Antonio Saura a illustré Don Quichotte dans un édition d'art publiée à Barcelone en 1987 par le Círculo de Lectores, Barcelone[8].

Bande dessinée

  • Mortadelo de la Mancha
  • One Piece : L'un des sept « Grands Corsaires » (Shichibukai) porte le nom de Donquixote (Don Quichotte) Doflamingo. Il apparaît comme un personnage manipulateur dans l'ombre et cruel. Le frère de ce personnage porte le nom du cheval de Don Quichotte, Rossinante : ce dernier ce trouve être très maladroit, perçu comme le canasson de Don Quichotte de La Manche.

Musique

Musique classique

Version de Don Quichotte par Jules Massenet.

Ballets

Comédie musicale

Autres

  • Le Retour de Don Quichotte (1979)- Auteur Michel Rivard.
  • Don Quichotte (No estan aqui), par Magazine 60.
  • Don Quichotte is not dead (2001) de Babylon Circus (chanson sur l'album Au Marché des Illusions).
  • Canal St Martin (2009), sur l'album : Le Sens de la gravité, par Les Fatals Picards : « Moi j'aimerais bien pouvoir me battre en Espagne contre des moulins ; pourvu que je sois Don Quichotte, pourvu qu'il y ait des moulins ».
  • Es esmu mazliet dons Kihots — chant de l'ensemble Tumsa, Lettonie. Texte par Mārtiņš Freimanis. En français on peut traduire comme « Je suis un peu Don Quichotte ».
  • Don Quichotte, par Julio Iglesias.

Politique

Statue Don Quichotte dévêtu (ou universel et intemporel) à Vedado, au « Parque del Quijote de las Americas » sur la Calle (rue) 23, à La Havane. Sculpture de Sergio Martínez.

L’influence de Don Quichotte est notable sur des personnages historiques comme Simón Bolívar.[réf. nécessaire]

Tourisme sur les lieux liés au livre de Cervantes

La communauté autonome de Castille-La Manche exploite la célébrité du roman de Cervantès pour faire la promotion du tourisme dans la région. Plusieurs sites ont un lien avec les péripéties, dont des moulins et une auberge où l’on dit que les évènements se sont passés.

Célébration des 400 ans de la création du livre

L’Espagne et l’Amérique hispanophone ont fêté les 400 ans de cette œuvre majeure tout au long de l’année 2005. À cette occasion, un jeune montagnard espagnol, Javier Cantero, a gravi le sommet de l’Amérique latine, l’Aconcagua, culminant à 6 960 m, en décembre 2005, afin d’y lire un passage de Don Quijotte de la Mancha.

Éditions en français

  • Cervantes, L'ingénieux don Quixote de la Manche (vol. 1), traduit par César Oudin, Paris, 1614 (source: [1]).
  • Cervantes, L'ingénieux don Quixote de la Manche (vol. 2), traduit par François de Rosset, 1618.
  • Cervantes, Don Quichotte de la Manche, traduit par Jean-Pierre Claris de Florian, publication posthume en 1798, rééd. librairie Garnier Frères.
  • Cervantes, Histoire de Don Quichotte, Bibliothèque rose illustrée, édition de 1924.
  • Cervantès, Don Quichotte de la Manche, trad. par Louis Viardot, Lausanne, Éditions Rencontre, 1967, 2 vol. (592 et 644 p.)
  • Cervantès, Don Quichotte de la Manche, trad. par Jean Cassou, sur base du travail de César Oudin, éd. 1949, rééd. Gallimard, Folio, 2001, 2 vol. de 640 p.
  • Cervantès, Œuvres romanesques complètes, T. I, Don Quichotte, précédé de La Galatée; T. II, Nouvelles exemplaires, suivies de Persilès et Segismunda, introduction, traduction et notes sous la direction de Jean Canavaggio, avec la collaboration de Claude Allaigre, Michel Moner et Jean-Marc Pelorson, Paris, éditions Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2001, 2 vol. (1728 et 1072 p.)
  • Cervantès, Don Quichotte de la Manche, trad. par Jean-Raymond Fanlo, éd. Livre de Poche, La Pochotèque, 2008, 1250 p.
  • Cervantès, Don Quichotte de la Manche, trad. d'Aline Schulman, éd. Points 2005

version abrégée

Notes et références

  1. Comme en témoigne la page de garde de l’époque.
  2. Don Quichotte - Don Quixote sur le site Lexilogos.
  3. Voir pour cela, par exemple, la dernière édition critique du spécialiste Alberto Blecua, réimprimée déjà plusieurs fois en Espagne depuis sa première parution en 2007 :
    Miguel de Cervantes, Don Quijote de la Mancha, ed. Austral, Madrid, mai 2007 ; édition, notes et introduction par Alberto Blecua ; 1560 pp., 19 x 12,5 cm, couv. souple, ISBN 978-84-670-3570-4
  4. Voir également cet extrait des Mots et des Choses de Michel Foucault, sur le personnage de Don Quichotte.
  5. Benoît XVI, Les Principes de la théologie catholique, 1982, éd. Téqui, 2008, Trad. Dom J. Maltier, p. 438
  6. http://www.imdb.com/title/tt1071210/
  7. http://teleobs.nouvelobs.com/programme-tv/2012/8/29/chaine/gulli/20/45/don-quichotte
  8. Voir les illustrations de Don Quichotte

Annexes

Bibliographie

  • (en) James A. Parr, Kassel, Cervantes and the Quixote : A Touchstone for Literary Criticism, Édition Reichenberger, 2005, (ISBN 3-937734-21-X) ;
  • (en) Kurt Reichenberger, Cervantes and the Hermeneutics of Satire, Cassel, Édition Reichenberger, 2005, (ISBN 3-937734-11-2) ;
  • (en) Karl-Ludwig Selig, Studies on Cervantes, Cassel, Édition Reichenberger 1995. (ISBN 3-928064-64-9)
  • (es) José Ángel Ascunce Arrieta, Los quijotes del Quijote: Historia de una aventura creativa, Cassel, Édition Reichenberger, 1997, (ISBN 3-931887-14-6) ;
  • (es) José Ángel Ascunce Arrieta, El Quijote como tragedia y la tragedia de don Quijote, Cassel, Édition Reichenberger, 2005, (ISBN 3-935004-98-2) ;
  • (es) Cervantes. Estudios sobre Cervantes en la víspera de su centenario, V.V.A.A., Cassel, Édition Reichenberger, 1994, (ISBN 3-928064-64-9) ;
    • Cervantes y su mundo I. V.V.A.A., Cassel, Édition Reichenberger, 2004, (ISBN 3-935004-89-3) ;
    • Cervantes y su mundo II. V.V.A.A., Cassel, Édition Reichenberger, 2005, (ISBN 3-935004-99-0) ;
    • Cervantes y su mundo III. V.V.A.A., Cassel, Édition Reichenberger, 2005, (ISBN 3-937734-10-4) ;
  • (es) Agapita Jurado Santos, Obras teatrales derivadas de novelas cervantinas (siglo XVII). Para una bibliografía. Cassel, Édition Reichenberger 2005. (ISBN 3-935004-95-8)
  • (es) Kurt Reichenberger, Cervantes, un gran satírico ? Los enigmas del Quijote descifrados para el carísimo lector, Cassel, Édition Reichenberger 2005. (ISBN 3-937734-12-0)
  • (es) Kurt & Theo Reichenberger, Cervantes : El Quijote y sus mensajes destinados al lector, Cassel, Édition Reichenberger, 2004, (ISBN 3-937734-05-8) ;
  • (es) Martín de Riquer, Para leer a Cervantes, Barcelone, Acantilado,‎ , 590 p. (ISBN 978-84-92649-54-9) ;
  • (es) Javier Salazar Rincón, El mundo social del Quijote, Madrid, Gredos, 1986, (ISBN 84-249-1060-5) ;
  • (es) Javier Salazar Rincón, El escritor y su entorno. Cervantes y la corte de Valladolid en 1605, Valladolid, Junta de Castilla y León 2006. (ISBN 84-9718-375-4)
  • (es) Krzysztof Sliwa, Vida de Miguel Cervantes Saavedra, Cassel, Édition Reichenberger 2005. (ISBN 3-937734-13-9)
  • Hanania Alain Amar, De Don Quichotte à Don Juan ou la quête de l'Absolu, L'Harmattan, Paris, 2007.
  • Jean Canavaggio, Don Quichotte, du livre au mythe, Quatre siècles d’errance, Éditions Fayard, 2005, 350 p. 346 pages, (ISBN 2-213-62388-0) ;
  • Jean Canavaggio, Don Quichotte : un mythe pour notre temps ?, Revue "Études 2013/5" (Tome 418),2013
  • Carlos Fuentes, Cervantes ou la critique de la lecture, éd. originale en 1976, rééd. fr. Paris, L’Herne, 2006.
  • Joséphin Peladan, Le Secret des troubadours : de Parsifal à Don Quichotte, Paris, E. Sansot,‎ — Ce recueil contient une étude sur les Don Quichotte de Cervantes et de Fernandez Avellaneda (Texte en ligne sur Wikisource) ;
  • Ruth Reichelberg, Don Quichotte ou le roman d'un juif masqué, Le Seuil, 1999.
  • Alfred Schütz, Don Quichotte et le problème de la réalité, Paris, Allia, 2014.
  • Le Magazine littéraire, « Les grands héros de la littérature, Don Quichotte », hors-série no 1, juillet-août 2010, articles de Jean Canavaggio, Pierre Brunel, Jean-Marc Pelorson, Carlos Fuentes, Antonio Munoz Molina

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