William Klein

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William Klein, né le à Manhattan, New York, est un peintre, plasticien, photographe de mode et de rue, auteur-photographe, réalisateur de films documentaires, de fiction et publicitaires. Citoyen américain, il vit et travaille à Paris.

Il a révolutionné le genre de la photographie de mode, domaine dans lequel Il a influencé des artistes comme Helmut Newton, Richard Avedon, Frank Horvat, David Bailey et Jeanloup Sieff[réf. nécessaire]. En photographie de rue, il a réalisé des livres marquants ayant pour thème cinq grandes capitales : New York, Rome, Moscou, Tokyo et enfin Paris, où il vit depuis 1948.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'immigrés juifs hongrois, William Klein, après des études de sociologie au City College of New York où il est admis à l'âge de 14 ans, effectue de 1946 à 1948 deux ans de service militaire dans l'armée américaine en Allemagne puis en France en tant que dessinateur dans les journaux aux armées.

Le , il se rend pour la première fois à Paris, puis, dans le cadre du G.I. Bill, reprend ses études de sociologie à la Sorbonne. Il fréquente Alain Resnais et Chris Marker et tombe amoureux de Jeanne Florin avec laquelle il vivra et travaillera pendant plus de cinquante ans.

Peintre Hard-edge[modifier | modifier le code]

Peu après, il fréquente l'atelier de peinture d'André Lhote puis entre dans celui de Fernand Léger. Il part vivre à La Garenne-Colombes et épouse Jeanne Florin.

Milan[modifier | modifier le code]

Au début des années 1950, Klein passe deux années à Milan afin de travailler avec des architectes italiens tels que Angelo Mangiarotti sur des peintures murales géométrique Hard-edge.

Photographe de mode[modifier | modifier le code]

En 1954, il y rencontre Alex Liberman, directeur artistique de l'édition américaine de Vogue, qui lui propose un contrat et des moyens financiers pour poursuivre son travail à Paris et à New York. Il devient l'un des photographes attitrés de Vogue avec Richard Avedon et Henry Clarke. Il les réalise ses photos avec des grands angles et de téléobjectifs.

Photographe de rue et photographe auteur[modifier | modifier le code]

New York[modifier | modifier le code]

Il part à New York et réalise un « journal photographique » de son séjour. Il en tire un livre : New-York qui, appuyé par Chris Marker, sortira au Seuil en 1956. Son travail photographique contraste avec tout ce qui s'était fait auparavant. Novateur, il obtient le prix Nadar en 1957 et deviendra très vite un livre de collection quasiment introuvable.

William Klein avec New-York, initie une véritable révolution : la photographie est considérée comme une rupture avec l'ancienne école et l'image propre, parfaite, autonome (Cartier-Bresson, Doisneau, etc.) : décadrage, flous, grains, mouvements et bougés, forts contrastes. Il adopte le principe de Robert Capa : « Si tes photos ne sont pas bonnes, c'est parce que tu n'es pas assez près » et utilise systématiquement pour cela des grands angles de 35 et même 28 mm de focale.

Rome, Moscou, Tokyo[modifier | modifier le code]

Fellini l'invite pour devenir assistant sur le film les Nuits de Cabiria. Le film est retardé et Klein en revient avec son album de photos Rome+Klein en 1958, puis Moscou et Tokyo qui furent des succès publics et d'édition. Il fera Paris+Klein beaucoup plus tard, dans les années 2000.

La télévision et le cinéma[modifier | modifier le code]

Il tourne plusieurs émissions pour l'émission Cinq colonnes à la une, notamment Les Français et la politique qui sera censurée[1].

En 1966, il réalise un film qui aura initialement peu de succès mais deviendra bientôt une œuvre culte[réf. nécessaire], Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?.

En 1969, il réalise Mister Freedom.

Sa carrière de cinéaste est marquée par l'engagement, notamment auprès des Noirs dont il soutient les luttes pour exister au travers de personnages comme Mohamed Ali, Little Richard ou Eldridge Cleaver.

Rétrospective[modifier | modifier le code]

En 1982 et en 2005, le Centre Pompidou lui consacre une grande rétrospective et coédite avec la maison d'édition Marval, Rétrospective , ouvrage de plus de 400 pages qui retrace ses travaux photographiques, films et peintures les plus importants.

Contacts peints[modifier | modifier le code]

Il reviendra à la peinture avec ses contacts peints, faisant une sorte de synthèse entre la peinture et la photographie.

William Klein a réalisé lui-même les maquettes de ses livres, voulant un « nouvel objet visuel », rompant avec le style classique d'une photographie sur une page avec des marges blanches et le texte explicatif sur l'autre. Il a été à l'origine d'un changement éditorial avec des doubles pages et des pleines pages sans marges de photographie, modernisant la lecture : les photographies apparaissent au lecteur comme un film.

En 2011, la Maison européenne de la photographie revient sur le voyage de Klein à Rome entre 1956 et 1960[2]. Dès 1959, Klein publie un recueil de ses photographies faites dans la capitale italienne, recueil à partir duquel la MEP organisera l'exposition Roma + Klein réunissant une centaine de tirages grand format (90 × 135 cm) effectués par Payram de Picto.

En 2013, Il réalise un reportage avec un appareil photo numérique sur Brooklyn . Celui-ci sera exposé en 2014 à la Polka Galerie, Paris.

En 2016, exposition « William Klein, figure(s) du siècle », dans la grande nef de l'abbatiale Saint-Ouen de Rouen.

William Klein est représenté par les galeries Le Réverbère à Lyon, et Polka et Laurent Strouk à Paris.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Photographies célèbres[modifier | modifier le code]

  • Mannequin sur le pont Alexandre III, Paris
  • Mannequin descendant les marches de l'Opéra de Paris
  • Gun 1, New York (1955).
  • Four heads, New York, 1955
  • La Sainte famille à moto (Rome, 1956).
  • Cineposter réalisé à Tokyo 1961.
  • Les photos pour Vogue réalisées avec des mannequins de mode dans les rues de New York, Rome et Paris en 1963.
  • La pochette de l'album Love on the Beat (1984), réalisée pour Serge Gainsbourg.
  • Le travail Club Allegro Fortissimo (1990).
  • Autoportrait (1995), un livre de contacts peints.

Films documentaires[modifier | modifier le code]

Films de fictions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Années 1950
  • New York (1956)
  • Life is good and good for you in New-York : Trance Witness Revels (1958)
  • Rome (1958)
Années 1960
  • Moscou (1964)
  • Tokyo (1964)
Années 1970
  • Mister Freedom (1970)
Années 1980
  • Close up (1989)
Années 1990
  • Torino '90 (1990)
  • William Klein, In and out Fashion, Random House, (1994)
  • New York 1954-55 nouvelle édition augmentée, éd. Marval (1995)
  • William Klein Films, éd. Marval (1998)
Années 2000
  • Paris + Klein, éd. Marval (2002)
  • MMV Romani (2005), éd. Fendi-Contrasto, Centre Pompidou
  • William Klein, rétrospective, éd. Marval (2005), plus de 400 photos et 384 pages
  • Christian Cajole, William Klein, Actes Sud, 2008.
  • Roma + Klein, éd. du Chêne, 2009
Années 2010
  • David Company, William Klein : ABC, Tate Publishing, 2012
  • William Klein, « Brooklyn », in Polka Magazine no 25, février 2014
  • Jean-Christophe Béchet, « William Klein. Comme un chien dans un jeu de quilles », dans : Influences. Un jeu photographique, Éditions de la Martinière, 2016, p. 76
  • Sarah Petitbon, « Paris, les terrasses de Klein », in Polka Magazine no 36, novembre 2016-janvier 2017, pp. 98-109

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 2014 : Brooklyn + William Klein, Polka Galerie
  • 2015 : Tokyo 1961, Polka Galerie, Paris
  • 2016 : William Klein, figure(s) du siècle, Abbatiale Saint-Ouen, à Rouen.

Citations[modifier | modifier le code]

« Prendre une photo, c'est une excuse pour être badaud. Je me donne l'impression de faire quelque chose donc j'ai moins mauvaise conscience. »[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]