Fernand Raynaud

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Fernand Raynaud
Marcel Rossi et Fernand Raynaud.jpg
Fernand Raynaud (à droite) et Marcel Rossi en 1969.
Biographie
Naissance
Décès
(à 47 ans)
Cheix-sur-Morge (Puy-de-Dôme France)
Sépulture
Nationalité
Activité

Fernand Raynaud est un artiste comique de scène français, né le à Clermont-Ferrand et mort le au Cheix-sur-Morge, près de Riom.

Fernand Raynaud est parmi les artistes comiques les plus connus en France, dans les années 1950 et 1960. Initialement homme de cabaret et de music-hall avec des sketches et des chansons, il devient une vedette nationale grâce à la télévision.

Son art comique consiste à présenter des histoires drôles à base de situations quotidiennes, qui mettent en scène le Français moyen. Il y exploite avec efficacité et talent des tours éprouvés de la farce et du cirque : quiproquos, absurdités, gaffes, art corporel du mime et de la grimace, multiplicité d'accents, fluidité du jeu alternant les différents protagonistes au sein d'un même sketch, mise en avant d'un personnage de benêt au costume trop grand et qui n'est pas sans évoquer une forme civile de l'auguste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fernand Raynaud est né à Clermont-Ferrand au sein de la cité ouvrière de l'Oradou[1], bâtie par Michelin, où son père était contremaître après avoir été employé dans une société qui sera absorbée plus tard par la SNCF après la nationalisation. Sa sœur Yolande, de treize ans son aînée, deviendra un personnage phare de ses sketches. À l'âge de 15 ans, il quitte l'école après avoir obtenu son certificat d'études[2].

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Il joue au théâtre en amateur et exerce les métiers de bobineur, commis d'architecte, projectionniste de cinéma, terrassier au camp d'aviation d'Aulnat, à côté de Clermont-Ferrand. À l'âge de 15 ans, pendant la guerre, après une dernière dispute avec son père, il part s'installer à Paris. À l'âge de 18 ans, il perd deux doigts dans un accident de gare. Selon l'anecdote, c'est épuisé par son travail et soucieux de ne pas déranger un couple qu'il s'installe discrètement et s'endort à proximité d'une voie. Un train lui arrache deux doigts de la main gauche. Une autre version de l'accident explique l'origine de la perte de ses deux doigts par la manipulation accidentelle d'une hache par l'un de ses amis, dans une étable, à l'âge de 17 ans.

Depuis son arrivée à Paris, il fréquente tous les soirs aux Folies Bergère les spectacles comiques de l'époque. Enchaînant quelques années de vaches maigres, il débute dans les brasseries et dans les cabarets une carrière d'amuseur qui va le mener classiquement des numéros intercalés aux premières parties de spectacle, jusqu'au récital personnel, en vedette et dans les salles les plus prestigieuses de son époque.

À 18 ans, de à , il travaille à Clermont-Ferrand à la direction régionale du Service national de la statistique (futur INSEE)[3].

Consécration[modifier | modifier le code]

Jean Nohain

Sa rencontre avec Jean Nohain au début des années 1950 va décider de sa carrière. Il participe à l'émission télévisée 36 chandelles, où il rencontre Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, Darry Cowl, Jacques Courtois, Omer et Raymond Devos. C'est en reprenant une anecdote arrivée à Jean Nohain pendant son service militaire qu'il fait un de ses sketches les plus célèbres : Un certain temps[4]. En , il épouse la chanteuse Renée Caron, avec laquelle il a deux enfants : Pascal et Françoise[5]. Ses témoins de mariage sont les humoristes Roger Pierre et Jean-Marc Thibault.

Il habite, en banlieue parisienne, rue Jules-Larose à Gennevilliers durant plusieurs années, commune où demeurait précédemment son épouse. Certains de ses sketches porteront la trace des personnages qu'il croisait dans son environnement immédiat, tel que Le 22 à Asnières, commune limitrophe qui se trouve de l'autre côté du boulevard Pierre-de-Coubertin et des avenue des Grésillons et avenue Jean-Jaurès [6].

En 1959, en France, il invente le premier one-man-show de l'humour au Théâtre des Variétés, et connaît le triomphe pendant 18 mois dans son spectacle Fernand Raynaud Chaud deux heures seul en scène durant 20 représentations[7]. Puis, il enchaîne les tournées en France, au Canada, en Afrique et dans le Pacifique. Il joue régulièrement à l'Olympia et à Bobino. En 1961, il crée un spectacle dénommé Le Fernand Raynaud Chaud au théâtre de l'Étoile qui durera près de deux mois et dont certains sketches serviront à produire un disque [8]. Il engage alors un groupe de rock and roll, Les Vautours, avec lequel il jouera un sketch tous les soirs.

En 1962, il produit Le Bourgeois gentilhomme de Molière, où il interprète Monsieur Jourdain. Un an plus tard, il joue Sganarelle dans le Don Juan de Molière, aux côtés de Georges Descrières. La même année, il fait partie des premiers actionnaires de Minute. À cette époque le journal, fondé par Jean-François Devay, médaillé de la Résistance, « est alors plutôt tourné vers l’actualité « people », […], et s’inscrit également dans la lignée des journaux satiriques » du moment. Il compte parmi ses premiers actionnaires des personnalités comme Françoise Sagan, Eddie Barclay, Juliette Gréco, Alain Griotteray ou encore Marcel Dassault[9]Source insuffisante .

En 1963, au casino de Deauville (Calvados), la direction accepte exceptionnellement (et considéré comme un cas unique) de suspendre le jeu de roulette, afin que le bruit produit par les joueurs (notamment le bruit produit par les plaques) ne dérange l'artiste durant le spectacle qu'il produisait dans cet établissement de jeu[10].

En 1970, il propose un spectacle entièrement mimé au Théâtre de la Ville intitulé Une heure sans paroles, qui remporte un grand succès.

La stèle apposée sur le mur du cimetière du Cheix-sur-Morge.

La dernière apparition publique à la télévision de Fernand Raynaud se déroulera le à l'émission Midi trente, sur la Première chaîne, sur une plage au bord de la mer, au port de Sainte-Maxime, émission animée par Danièle Gilbert, où il confirmera son retrait de la scène, pour se consacrer plus au cinéma (variante : ou partir s'installer avec enfants et compagne – pour se consacrer à une vie familiale plus calme – en Nouvelle-Calédonie[11]). Lors de cette même émission, il annoncera avec humour, la prestation de Mike Brant, qui chantera en play-back une chanson. Il rencontrera aussi lors de la même émission France Gall et Herbert Pagani.

Décès[modifier | modifier le code]

Le , alors qu'il se rend à Clermont-Ferrand pour un gala au profit d'ouvriers (milieu dont il était issu et pour lequel il avait toujours gardé une certaine tendresse), il se tue accidentellement lorsque son cabriolet Rolls-Royce Silver Shadow blanc roulant à très vive allure se déporte à gauche dans un virage, heurte une voiture puis un camion et rentre dans le mur du cimetière à l'entrée de Cheix-sur-Morge (Puy-de-Dôme), entre Aigueperse et Riom[12].

Selon son fils, Pascal Raynaud, âgé de 15 ans à l'époque, l'humoriste avait pris cette voiture, lourde et dont le comportement lui inspirait quelque méfiance, sans doute en remplacement de sa Citroën SM volée deux jours avant l'accident. Son fils devait d'ailleurs l'accompagner, mais Fernand Raynaud était seul dans sa voiture. Une plaque commémorative signale cet endroit[13].

Il est inhumé dans le département de l'Allier, dans la partie neuve du cimetière de Saint-Germain-des-Fossés, ville aimée où, enfant, il passait ses vacances.

Postérité[modifier | modifier le code]

Il reste dans la mémoire collective de plusieurs générations successives de Français, avec de nombreux sketches comme Le 22 à Asnières, Restons Français, Le plombier et ses chansons amusantes qui ont marqué son époque : Et v'lan passe moi l'éponge, Avec l'ami bidasse, Lena, Telle qu'elle est. Certaines de ses expressions sont restées célèbres : « Bourreau d'enfant », « Heu-reux ! », « Y a comme un défaut », « C'est étudié pour », « Ça eût payé », « Tiens ! Voilà l'hallebardier ! », « C'est l'plombier ! », « Allô ! Tonton ? Pourquoi tu tousses ? », « Ingénieur à Grenoble ».

Il aborde des thèmes liés aux Trente Glorieuses : La prévention routière et le développement de l'automobile, Le douanier raciste et les travailleurs immigrés, le patron qui exige qu’on dise Je m’amuse, le paysan Crésus et le passage de la paysannerie à l’agriculture intensive.

Le comédien Jean Rochefort a présenté en 2004, à partir de sketches de Fernand Raynaud, un spectacle intitulé Heureux ? qui a connu, à son tour, un grand succès.

Sketches célèbres[modifier | modifier le code]

  • À la banque
  • Allô ! Tonton ? Pourquoi tu tousses ?
  • À vertaison
  • Aux deux folles
  • Au théâtre des armées
  • Avec deux croissants…
  • Bourreau d'enfants
  • Ça eut payé (Le paysan)
  • C'est étudié pour
  • Comment ça va ?
  • En vacances avec ma sœur
  • Heureux !
  • I'm comic
  • J'ai souffert dans ma jeunesse
  • J' avais plein de p'tits boutons
  • J'm'amuse
  • L'étranger
  • La 2 CV de ma sœur
  • La bougie
  • La chatte à ma sœur
  • Le douanier
  • La pipe à pépé
  • La plongeuse du café des sports
  • La prévention routière
  • La roulette
  • La tasse de lait
  • Le 22 à Asnières
  • Le baptême de l’air
  • Le bègue
  • Le bluff
  • Le caporal chef de carrière
  • Le défilé militaire
  • Le fromage de Hollande
  • Le fut du canon (Un certain temps)
  • Le hallebardier
  • Le match de boxe
  • Le paysan (Ça eût payé, Crésus)
  • Le peintre et son modèle
  • Le plombier
  • Le président
  • Le raciste
  • Le rackett
  • Le repas de noces
  • Le réfrigérateur
  • Le sportif
  • Le tailleur
  • Le timbre à 0 Fr. 25
  • Le tweed
  • Les chinois en Suisse
  • Les croissants
  • Les deux folles
  • Les lacets
  • Les œufs cassés
  • Les oranges
  • L'augmentation
  • Ma sœur s'est mariée
  • Moi, mon papa il a un vélo
  • Mon beau-frère « inspecteur des platanes »
  • Monsieur l'abbé est très gentil
  • Moi, mon truc c'est le vélo
  • Ne me parle pas de Grenoble
  • On peut rêver
  • Qu'est-ce que c'est que le radar ?
  • Restons Français
  • Toto en pension
  • Un certain temps (Le fut du canon)
  • Un mariage en grandes pompes
  • Vive le camping
  • Vlan, passe-moi l'éponge
  • Y'a pas de justice (les citrouilles)
  • Zanzi Bar
  • Zizi gougou

Mais on peut noter aussi que certains de ses textes tenaient de la poésie pure (T'entends t'y dis Paul ?), et que d'autres prenaient une dimension noire et tragique tel Le brassard : ce sketch, en fait très politique, dénonce une forme d'autoritarisme, l'abus de pouvoir et le favoritisme dans l'administration française[14].

Chansons[modifier | modifier le code]

Fernand Raynaud a interprété plusieurs chansons comiques, écrites le plus souvent par Raymond Mamoudy et composées par son pianiste et ami Marcel Rossi : Si tu savais (comédie musicale Purée de nous z'otres), Les gens riaient, Et vlan' passe moi l'éponge (paroles de Jacques Martin)[15]Source insuffisante , La chanson de Paris.

La comédie[modifier | modifier le code]

Plutôt qu'un parcours de comédien, sa carrière d'acteur reste limitée à l'exploitation de la veine comique qui a assuré son succès sur la scène. Au cinéma, on le retrouve dans des rôles identiques à ceux qu'il incarnait sur scène, le personnage portant le plus souvent son propre prénom.

Fernand Raynaud envisageait de reprendre sa carrière au cinéma. Au début de 1973, il avait annoncé qu'il renonçait à la scène et au music-hall pour se consacrer au cinéma dès l'année suivante, projet qu'il ne pourra concrétiser suite à sa mort le .

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Odonymie
Plaque de la rue Fernand-Raynaud à Paris.

Une rue de Clermont-Ferrand ainsi qu'une petite rue de traverse du 20e arrondissement de Paris portent son nom.

À Saint-Germain-des-Fossés où il est inhumé, une avenue ainsi que l'espace culturel portent son nom. Pour les 40 ans de sa mort, une signalétique a été mise en place en , à l'entrée du cimetière (entrée côté Prieuré) afin d'indiquer aux visiteurs l'emplacement de sa sépulture. Ce même mois, à l'occasion du 40e anniversaire de sa disparition, une personnalisation de la tombe a été réalisée avec un dessin de la petite-fille de Fernand Raynaud. Ce même mois, une rue a été baptisée de son nom au Cheix, où il a eu son accident de la route mortel.

Prix

Sous l'impulsion de la commune de Saint-Germain des fossés fut créée l'association des amis de Fernand Raynaud réunissant plusieurs personnalités. Elle attribua entre 1986 et 1992 le prix Fernand-Raynaud qui récompensait un jeune humoriste.

Festivals

Le festival international du court métrage de Clermont-Ferrand décerne également, parmi d'autres prix, un prix du rire Fernand Raynaud.

À Anères, dans les Hautes-Pyrénées, est organisé chaque mois l'événement du « 22 à Anères », au café du Village de l'association Remue Méninges[16], en hommage au sketch de Fernand Raynaud Le 22 à Asnières. Le lieu accueille également fin mai le festival d'Anères de cinéma muet et piano parlant[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon Mon Clermont secret, Thierry Gauthier dir., tome 2, Clermont-Ferrand, La Montagne, décembre 2013, p. 29, il serait né en fait dans la cité Michelin de Lachaux, voisine de l'Oradou.
  2. Livre Google, L'Auvergne pour les Nuls en poche. De Caroline Drillon, Marie-Claire Ricard, fiche sur Fernand Raynaud, consulté le 09 décembre 2018
  3. Encadré dans Cinquante ans d’INSEE… ou la conquête du chiffre (éd. de l’INSEE, 1996) consultable en ligne sur le site de l’INSEE : [PDF].
  4. Le fût du canon, Fernand Raynaud, entre 1955 et 1958.
  5. Télé 7 jours no 384, semaine du au , pages 54 et 55, article de Janine Brillet : « Mme Raynaud (Renée Caron) : - depuis treize ans Fernand me reproche de gaspiller les pommes de terre ! »
  6. Site du journal le parisien, article de Victor Tassel "Le «22 à Asnières» de Fernand Raynaud a été écrit… à Gennevilliers", publié le 15 février 2017
  7. Fernand Raynaud, le rire du magicien[PDF].
  8. Site Gallica de la BNF, "enregistrement d'un sketch du "Fernand Raynaud chaud", consulté le 09 décembre 2018
  9. [1].
  10. Livre Google, "l'esprit des années 60", page 63, consulté le 09 décembre 2018
  11. La mémoire en chantant - Fernand Raynaud (26/09/1987) - François- Régis Barbry
  12. Site du journal La Montagne, article "Le jour ou fernand Raynaud nous a fait pleurer, publié le 07 janvier 2018
  13. Site DH.be, article "Fernand Raynaud vu par son fils", publié le 1er octobre 2003
  14. Audio-video du sketch le brassard de Fernand Raynaud
  15. [2].
  16. « Site officiel de l'association Remue Méninges ».
  17. « Site officiel du Festival d'Anères ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Vocoret, Mon ami Fernand Raynaud, M. Lafon, 2006 (ISBN 2-7499-0523-0)
  • Fernand Raynaud : 25 sketches à lire et à jouer. Choix de sketches extraits de Heureux ?, présentation et commentaires de Dominique Guerrini. Illustrations de Michel Gay,  éd. L’école des loisirs, (ISBN 2-211-018-26-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]