Dustin Hoffman

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Dustin Hoffman est un acteur américain, né le . Également producteur et réalisateur, il est notamment connu pour ses prestations d'antihéros versatiles et de personnages vulnérables.

Il connait d'abord un succès critique pour sa prestation au théâtre dans Eh ?, où il gagne un Theatre World Award et un Drama Desk Award. Mais la reconnaissance internationale vient en 1967 avec son personnage de Benjamin Braddock, le personnage principal du film Le Lauréat. Depuis, sa carrière s'est principalement focalisée sur le cinéma, avec des retours sporadiques au théâtre. Ses plus grands succès sont Macadam Cowboy, Little Big Man, Les Chiens de paille, Papillon, Lenny, Les hommes du président, Marathon Man, Kramer contre Kramer, Tootsie, Rain Man, Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet et Des hommes d'influence. Des films qui deviendront des classiques du 7e art.

Il a remporté deux fois l'Oscar du meilleur acteur pour ses rôles dans Kramer contre Kramer et Rain Man, cinq Golden Globes, quatre Bafta, trois Drama Desk Awards, un Genie Award et un Emmy Award. Il a reçu l'AFI Life Achievement Award en 1999 et le Kennedy Center Honors en 2012.

Il débute dans la réalisation en 2012 avec Quartet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Dustin Lee Hoffman est né à Los Angeles, dans une famille juive[1] ashkénaze d'origine roumaine (de Iaşi) et ukrainienne (de Kiev)[2],[3]. Il est le deuxième fils de Lillian (née Gold) et Harry Hoffman, un décorateur de plateau chez Columbia Pictures[4]. Dustin doit son prénom à l'acteur de théâtre et du cinéma muet, Dustin Farnum. Son frère ainé, Ronald, est avocat et économiste. Dustin se considère, par rapport à sa religion, laïque. Il sort diplômé du Los Angeles High School en 1955 et se destine à des études médicales au Santa Monica College. Il quitte l'université au bout d'un an et va étudier l'art dramatique à la Pasadena Community Playhouse[5], puis part à New York suivre les cours du célèbre Lee Strasberg, à l'Actor's Studio. Lorsqu'il annonce à sa famille sa vocation d'acteur, sa tante Pearl lui réplique : « Tu ne peux pas être acteur, tu n'es pas assez beau ».

Dustin Hoffman à Deauville (1985).

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1964, il fait ses débuts sur les planches, dans une pièce de Samuel Beckett, En attendant Godot. Alors qu'il joue le rôle d'un nazi travesti bossu dans Eh ? à Broadway, Mike Nichols le remarque et lui offre le rôle principal du film Le Lauréat en 1967, qui lui vaut une nomination à l'Oscar du meilleur acteur. Hoffman y joue le personnage de Benjamin Braddock, qui revient dans sa famille issue de la haute bourgeoisie en Californie après avoir obtenu un diplôme universitaire. Ne sachant plus quoi faire de sa vie, il est séduit et a une aventure avec Mrs Robinson, la femme de l'associé de son père et qui est, par ailleurs, alcoolique et névropathe.

Le succès qu'il remporte alors lui permet de profiter des fastes années 1970 du cinéma américain, et, variant les registres, de multiplier les tournages de films dont la plupart sont depuis devenus des classiques du 7e art. Il incarne ainsi Ratso Rizzo dans Macadam Cowboy (1969), joue dans Little Big Man (1970), les Chiens de paille (1971) de Sam Peckinpah, Papillon (1973), aux côtés de Steve McQueen, Lenny de Bob Fosse (1974). Peu après, il se glisse dans la peau du journaliste du Washington Post Carl Bernstein dans Les Hommes du président d'Alan J. Pakula, avant de subir un véritable calvaire entre les mains du dentiste tortionnaire Laurence Olivier, dans le glaçant Marathon Man (1976). En 1978, il envisage de passer à la réalisation avec Le Récidiviste dont il est également l'acteur principal : mais, trouvant trop difficile le cumul de la mise en scène et de son travail de comédien, il préfère laisser la réalisation à Ulu Grosbard[6].

En 1979, le film de Robert Benton, Kramer contre Kramer, lui rapporte son premier Oscar du meilleur acteur.

Travesti en femme pour interpréter le comédien au chômage de Tootsie (1982), le film est un succès à la fois critique et commercial. Cela lui vaut sa cinquième nominations à l'Oscar du meilleur acteur. Par la suite, il connaît une traversée du désert, notamment avec le film d'Elaine May, Ishtar avec Warren Beatty qui constitue le plus gros échec de sa carrière. Le film fait face à de sévères problèmes de production, reçoit de la totalité des critiques un avis négatif et il est nommé pour trois Razzie Awards. Cependant, Hoffman et Beatty aiment le montage final et tentent de le défendre. Hoffman et Beatty ne sont pas affectés par le flop du film et Ishtar devient par la suite un film culte. James House, qui est devenu après un musicien de country, a servi de coach vocal pour le film.

Dustin Hoffman en 1989 à la 61e cérémonie des Oscars.

En 1988, sa prestation émouvante d'un autiste prodige chaperonné par Tom Cruise, dans Rain Man lui vaut un deuxième Oscar en 1989 et le rend à nouveau crédible face aux producteurs.

Dustin Hoffman, toujours irréprochable, fait alors l'affiche de films notables comme Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet de Steven Spielberg (1990), ou Alerte de Wolfgang Petersen (1995), même s'il s'illustre en 1992 dans le satirique Héros malgré lui de Stephen Frears. Retour à un ton polémique en 1997 avec Mad City de Costa-Gavras, et Des hommes d'influence de Barry Levinson, dans lequel l'acteur incarne un cynique producteur hollywoodien. En 1999, l'acteur endosse la soutane pour le Jeanne d'Arc de Luc Besson, se faisant ensuite plus discret durant quelque temps, avant un retour amorcé en 2003.

Enchaînant les tournages à un rythme de plus en plus soutenu, parfois pour de simples apparitions (Les Désastreuses Aventures des orphelins Baudelaire), il campe un directeur de théâtre pince-sans-rire et débonnaire dans Neverland, avant de retrouver la même année Robert De Niro à l'affiche d'une pure comédie, Mon beau-père, mes parents et moi, et de s'adjoindre à l'impressionnant casting du quatrième film de David O. Russell, J'adore Huckabees.

En 2006, il joue dans Le Parfum, histoire d'un meurtrier de Tom Tykwer avant de jouer dans L'Incroyable Destin de Harold Crick de Marc Forster. Particulièrement fier du film, il collabore à nouveau avec son scénariste, Zach Helm, pour son premier film, la comédie fantastique Le Merveilleux Magasin de Mr. Magorium, en 2008.

En 2009, il est fait commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres.

En 2012, trente-quatre ans après la tentative avortée du Récidiviste, il tourne Quartet, son premier film en tant que réalisateur, dans lequel il ne joue pas.

En 2013, il a suivi avec succès un traitement contre le cancer.

Convictions[modifier | modifier le code]

Dustin Hoffman a soutenu John Kerry lors de l'élection présidentielle de 2004, a assisté à la cérémonie d'investiture de Barack Obama et est un proche de Ralph Nader. En 2006, il avait cependant soutenu la réélection d'Arnold Schwarzenegger au poste de gouverneur de Californie.

En juillet 2010, il décide d’annuler sa participation au Festival international du film à Jérusalem sans donner de raison officielle. Dans une déclaration au Jérusalem Post, Molad Hayo, directeur de la manifestation, pense qu’il y a un rapport avec l’attaque de la flottille pour Gaza dans la mesure où les organisateurs ont été avisés de son refus de participer au lendemain de l’attaque[7].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Comme producteur[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • David di Donatello 1977 : Meilleur acteur étranger pourMarathon Man
  • David di Donatello 1989 : Meilleur acteur étranger pourRain Man
  • Golden Globes 1989 : Meilleur acteur dans un film dramatique pour Rain Man
  • Oscars 1989 : Meilleur acteur pour Rain Man

Nominations[modifier | modifier le code]

Voix françaises[modifier | modifier le code]

En France, Dustin Hoffman a eu diverses voix françaises régulières durant sa carrière d'acteur. Parmi les plus fréquentes, il y a eu Pierre Arditi, Dominique Collignon-Maurin et Jean-Jacques Moreau[9]. Il y a eu également Mario Santini, Patrick Floersheim[9] et Gérard Rinaldi[9] qui l'ont doublé respectivement à quatre pour le premier et trois reprises pour les deux suivants.

Au Québec, Guy Nadon[10] est la voix française régulière de l'acteur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. [2]
  3. [3]
  4. [4]
  5. [5]
  6. Dustin Hoffman : « À Hollywood, un acteur est fini après 50 ans », evene.fr, 28 mars 2013
  7. Jérusalem : boycott du festival de film ? Le prince Albert de Monaco ne viendra pas. L'hommage à Grace Kelly n'aura pas lieu., IsraelValley, 8 juillet 2010
  8. La Classe Américaine est un film composé exclusivement d'extraits de films de la Warner Bros.
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Comédiens ayant doublé Dustin Hoffman en France » sur RS Doublage
  10. a, b, c et d « Comédiens ayant doublé Dustin Hoffman au Québec » sur Doublage.qc.ca, consulté le 22 novembre 2014.
  11. « Décès de Patrick Floersheim », sur RS Doublage,‎ .
  12. François Justamand, « Décès de Patrick Floersheim (1944-2016) », sur Objectif-cinema.com,‎ .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]