Claude Rich

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rich.
Claude Rich
Description de cette image, également commentée ci-après
Claude Rich dans Le Crabe-tambour (1977).
Nom de naissance Claude Robert Rich
Naissance
Strasbourg, Bas-Rhin, France
Nationalité Drapeau : France Française
Décès (à 88 ans)
Orgeval, Yvelines, France
Profession Acteur
Films notables Les Tontons flingueurs
Je t'aime, je t'aime
Paris brûle-t-il ?
Le Crabe-tambour
Le Souper
La Bûche

Claude Rich, né le à Strasbourg (Bas-Rhin) et mort le [1],[2] à Orgeval (Yvelines)[3], est un acteur français.

Il a notamment reçu deux César : celui du meilleur acteur en 1993 pour Le Souper et un César d'honneur en 2002.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, formation et débuts[modifier | modifier le code]

Claude Rich passe les premières années de sa vie à Strasbourg, jusqu'en 1935, puis il emménage avec sa mère et ses trois frères et sœurs (son père, ingénieur, est mort à l'âge de 40 ans[4]), à Paris, au 95, boulevard Saint-Michel[5] après la mort de son père, ingénieur de métier, victime à 40 ans de la grippe espagnole[6]. Sa mère espère qu'il deviendra prêtre, et bien qu'il ne choisisse pas la voie de la prêtrise, elle ne lui en tiendra pas rigueur, car elle-même ayant voulu être sculptrice, elle l'aidera beaucoup dans son désir d'être acteur. La foi de sa maman laissera néanmoins des traces, car son père étant d'origine alsacienne et sa mère d'origine bordelaise, il se définit comme chrétien-alsacien[7],[8].

Durant la Seconde Guerre mondiale, vers 1943-1944, il vit aussi en pension à Neauphle-le-Vieux, à l’École du Gai Savoir de Michel Bouts où sa passion du théâtre est née[4]. Pendant que son frère est engagé dans la 1re armée de de Lattre, Claude Rich participe comme beaucoup de jeunes Parisiens à la Libération de Paris, comme « Gavroche », en transmettant des courriers puis directement lors de l'insurrection. [réf. souhaitée]

Il commence à travailler comme employé de banque[7], suit en parallèle les cours Dullin, le Centre d'Art Dramatique de la rue Blanche, et intègre le Conservatoire national supérieur d'art dramatique, promotion de 1953 dont il sort avec le deuxième prix[9] (par ailleurs, aucune premier prix n'est décerné cette année-là[4]). C'est là qu'il se lie d'amitié avec plusieurs élèves qui deviendront tous d'illustres acteurs: Jean Rochefort, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle, Bruno Cremer .... Ensemble ils forment ce qui fut appelé la « bande du Conservatoire ».

Carrière[modifier | modifier le code]

Claude Rich fait ses débuts au théâtre de la Renaissance, et participe au film Les Grandes Manœuvres de René Clair, ce qui lance sa carrière cinématographique en 1955.

Claude Rich lors du tournage de Paris brûle-t-il ? en 1965.

Il interprète fréquemment des rôles secondaires de jeune premier dans les années 1960, notamment en donnant la réplique à Lino Ventura dans Les Tontons flingueurs (1963) de Georges Lautner ou à Louis de Funès dans Oscar (1967). En 1968, Alain Resnais lui propose l'un des plus grands rôles de sa carrière dans le film de science-fiction Je t'aime, je t'aime ; il y interprète un homme voyageant dans son passé après un suicide raté. Le réalisateur l'a choisi pour son timbre de voix qu'il apprécie particulièrement[10].

Durant les années 1970-1980, il retourne à sa passion première, le théâtre, notamment dans Hadrien VII pour lequel il est récompensé par le Prix du Syndicat de la Critique, ainsi que dans un passage très remarqué à la Comédie-Française pour le rôle-titre de Lorenzaccio d'Alfred de Musset, mis en scène par Franco Zeffirelli (1976). Cela ne l'empêche pas d’apparaître plusieurs fois sur grand écran, notamment dans La Femme de Jean (1974) dans un rôle atypique, Adieu poulet (1975), Le Crabe-Tambour (1977) et La Guerre des polices (1979).

En 1989, il joue Talleyrand dans la pièce Le Souper de Jean-Claude Brisville, au côté de Claude Brasseur. L’adaptation cinématographique de cette pièce lui permet d'effectuer un retour en force au cinéma en 1992. Sa prestation sera récompensée par le César du meilleur acteur en 1993.

Pour la télévision, Claude Rich tourne peu : sous le faux air d'un diplomate américain marié à Claude Jade, mais secrètement un agent secret dans le feuilleton Le grand secret (1989) ; dans La Vérité en face (1993) il incarne aux côtés de Danielle Darrieux un ancien membre de la Résistance soupçonné d'avoir parlé sous la torture ; son rôle de Léon Blum dans Thérèse et Léon de Claude Goretta avec Dominique Labourier ; sans oublier son portrait d'un psychiatre célèbre, le professeur Silberstein, aux côtés de Maruschka Detmers dans Clarissa de Jacques Deray.

Il collabore à de nombreux films historiques, dont Le Colonel Chabert (1994), La Fille de d'Artagnan (1994) qui lui vaut d'être nommé pour le César du meilleur acteur dans un second rôle, Le Bel Été 1914 (1996) ou encore Capitaine Conan (1996). Il ne dédaigne pas pour autant les productions plus grand public, notamment dans les comédies La Bûche en 1999, qui lui vaut d'être de nouveau nommé pour le César du meilleur acteur dans un second rôle, ou encore Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre (2002) où il interprète le druide Panoramix.

Acteur au sourire malicieux et à la voix reconnaissable entre toutes[11], il multiplie les apparitions au cinéma dans les années 2000, notamment dans Le coût de la vie (2003), Là-haut, un roi au-dessus des nuages (2004), Le Mystère de la chambre jaune (2003), Le Cou de la girafe (2004), Président (2006), Le crime est notre affaire (2008).

Il est récompensé par un César d'honneur en 2002, pour l'ensemble de sa carrière.

Claude Rich sur scène en 2009, à la fin d'une représentation de la pièce Le Diable rouge.

Durant cette décennie, il se fait par ailleurs beaucoup remarquer sur le petit écran pour ses interprétations ambitieuses de personnages historiques tels que Galilée dans Galilée ou l'Amour de Dieu au côté de son copain de Conservatoire Jean-Pierre Marielle, Voltaire dans Voltaire et l'affaire Calas (2007).

Il est à nouveau nommé en 2009 pour le César du meilleur acteur dans un second rôle grâce à son interprétation dans le film de François Dupeyron Aide-toi, le ciel t'aidera.

En 2012, il incarne le père de Jean-Pierre Bacri, président de section du Conseil d'État, homme précieux et autocentré, dans la comédie de mœurs Cherchez Hortense ; cela lui vaut une nomination pour le César du meilleur acteur dans un second rôle en 2013.

En 2015, il se produit pour la dernière fois au cinéma dans le film d'Alain Choquart, Lady Grey[12].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1957, il fait l'acquisition d'une maison à Orgeval dans les Yvelines. Il se marie le avec l'actrice Catherine Renaudin à Paris. Le couple aura deux filles, Delphine, comédienne, et Natalie Rich-Fernandez, peintre. Ils ont un fils adoptif, Rémy (adopté après la mort de son père, le comédien Bernard Noël[4]).

Catholique, il se rend à la messe chaque dimanche mais se voit comme un « chrétien un peu pitoyable »[7] et déclare : « Je ne suis pas un très bon chrétien. Je n’étudie pas beaucoup ma religion, mais je crois en l’amour de Dieu. De la même façon que l’on ne sait pas toujours pourquoi on aime une personne, j’aime Dieu. Je le fréquente tous les dimanches. Lorsqu’il m’arrive de confier à quelqu’un mon intention d’aller à la messe le dimanche et que mon interlocuteur me fait part de son étonnement, je lui dis que c’est moi qui suis étonné qu’il n’aille pas à l’église »[13]. Il dit avoir prié pour jouer un rôle dans une pièce où Dieu serait évoqué[7] mais ne veut pas jouer de rôles militants : « Ne me transformez pas en comédien catholique. Je veux rester un acteur qui puisse jouer tour à tour un salaud ou un saint[14]. »

En décembre 2006, il signe un manifeste de « soutien total » à Benoît XVI et pour que puisse être célébrée la messe tridentine, [considérant] « comme une grâce la diversité des rites dans l'Église catholique »[15].

Décès[modifier | modifier le code]

Claude Rich devant le théâtre d'Uccle en 2007.

Claude Rich meurt le des suites d'une longue maladie à son domicile en région parisienne à l'âge de 88 ans[2],[12]. Ses obsèques ont eu lieu le en l'église Saint-Pierre-Saint-Paul d'Orgeval dans les Yvelines en présence de nombreuses personnalités du cinéma et du théâtre.

Hommage[modifier | modifier le code]

Son nom a été donné à un espace culturel de la commune alsacienne de Masevaux, inauguré en sa présence en 2004[16].

Théâtre[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Années 2000[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Années 2000[modifier | modifier le code]

Années 2010[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Claude Rich en 2013 à la 38e cérémonie des César.

Décorations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le comédien Claude Rich est mort à 88 ans », sur europe1.fr, (consulté le 21 juillet 2017)
  2. a et b Armelle Heliot, « Claude Rich, le gentilhomme du théâtre et du cinéma, est mort », Le Figaro.fr, 21 juillet 2017.
  3. « Yvelines : Orgeval pleure Claude Rich », sur Le Parisien, .
  4. a, b, c et d Armelle Héliot, « Claude Rich, l'éternité d'un gentilhomme », Le Figaro, samedi 22 juillet 2017, page 13.
  5. Le bel été 96 de Claude Rich, sur lavie.fr, 12 septembre 1996.
  6. Claude Rich. L’« acteur souriant », sur liberation.fr, 23 novembre 2011
  7. a, b, c et d « Claude Rich « Jouer les saints comme les salauds » », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  8. Claude Rich, La Traversée du miroir, Institut national de l'audiovisuel, 4 septembre 2011
  9. « Claude Rich », sur cinema.encyclopedie.personnalites.bifi.fr (consulté en juillet 2017).
  10. Jacques Sternberg, « Resnais le conciliant : propos recueillis par François Thomas et Claire Vassé le 6 mars 2002 », Positif,‎ , repris dans le livret de l'édition DVD du film Je t'aime, je t'aime.
  11. « Claude Rich, acteur populaire multicarte, est mort », sur euronews.com, .
  12. a et b « Le comédien Claude Rich est mort », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 21 juillet 2017).
  13. Valeurs actuelles, 21 janvier 2006.
  14. « Claude Rich “Jouer les saints comme les salauds” », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne).
  15. « Un manifeste en faveur de la messe tridentine », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne).
  16. Espace Claude Rich - Masevaux, jds.fr.
  17. Décret du 11 juillet 2003 portant promotion et nomination publié au Journal officiel du 13.
  18. Décret du 13 novembre 2009.
  19. Claude Rich, « J'aime tellement ça la vie », sur france5.fr via Internet Archive.