Conservatoire national supérieur d'art dramatique

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Conservatoire national supérieur d'art dramatique
Image illustrative de l'article Conservatoire national supérieur d'art dramatique
Informations
Fondation 1784
Localisation
Coordonnées 48° 52′ 20″ N 2° 20′ 49″ E / 48.87235, 2.346813888888948° 52′ 20″ Nord 2° 20′ 49″ Est / 48.87235, 2.3468138888889
Ville Paris
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Direction
Président Claire Lasne Darcueil
Chiffres clés
Niveau Grande école
Diplômés/an Acteur, Metteur en scène, Doctorant (2014)

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Conservatoire national supérieur d'art dramatique

Le Conservatoire national supérieur d'art dramatique (CNSAD) est un établissement supérieur public à caractère administratif français, subventionné par le ministère de la Culture et la Communication. Situé à Paris dans 9e arrondissement, au no 2 bis rue du Conservatoire, il est actuellement dirigé par Claire Lasne Darcueil.

Historique[modifier | modifier le code]

Le CNSAD, dit « Le Conservatoire » ou « Le Cons' », faisait d'abord partie du Conservatoire de musique et de déclamation, anciennement École royale de chant et de déclamation fondée en 1784. La déclamation n'était vue, aux débuts du Conservatoire en 1795, que comme une partie de la formation musicale.

C'est le décret du qui met en place un véritable enseignement de l'art dramatique. Par la suite, la déclamation fera cependant un peu figure de « parent pauvre » de l'enseignement du Conservatoire. Les élèves comédiens figuraient aux côtés de leurs homologues musiciens lors des séances de remises de prix ou des exercices publics, qui avaient lieu occasionnellement sous la Restauration et beaucoup plus régulièrement à partir de 1841.

En 1943, il fait l'objet d'une décoration murale de trois panneaux peints par Maurice Brianchon et son épouse Margueritte Louppe. En 1946, le Conservatoire est divisé en deux, musique d’une part et art dramatique de l'autre. L'art dramatique reste dans les murs et la musique déménage rue de Madrid. Il devient donc Conservatoire national d'art dramatique, et enfin Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1968, avec Antoine Vitez. Il compte parmi ses directeurs éminents Marcel Bozonnet de la Comédie-Française, Daniel Mesguich ou encore Claude Stratz.

Le CNSAD a ainsi formé depuis une cinquantaine d'années nombre des éminents comédiens qui ont fait la réputation du théâtre et du cinéma français.

Sa bonne réputation s'explique notamment par la sélection sévère à l'entrée ; en effet, les statistiques du concours d'entrée montrent en moyenne une réussite de seulement 2 ou 3 % d'admis chaque année par rapport au nombre de postulants. Il y a environ 1300 candidats chaque année pour 30 places, ce qui fait de cette institution l'une des écoles les plus sélectives pour la formation de comédiens.

Le Conservatoire national supérieur d'art dramatique est un établissement public à caractère administratif dont le statut est fixé par le décret no 2011-557 du 20 mai 2011[1].

Le théâtre du Conservatoire[modifier | modifier le code]

Coin du Conservatoire en 2009.

Le théâtre du Conservatoire accueille aujourd'hui les ateliers d'élèves dans la « vieille » salle du Conservatoire qui, du fait de sa restauration ne peut plus accueillir de concerts. Elle avait été bâtie en 1811 par l’architecte François-Joseph Delanoy sur l'emplacement de la salle de spectacle des Menus-Plaisirs, datant de 1763, pour les élèves de l’École royale de chant et de déclamation, et bénéficiait d'une acoustique inégalée. C'est dans cette salle que le public parisien découvrit Ludwig van Beethoven, en 1828, sous la baguette de François-Antoine Habeneck à la tête de l'Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire. Plusieurs œuvres d'Hector Berlioz y furent créées : la Symphonie fantastique (1830), Lélio ou le Retour à la vie (1832), Harold en Italie (1834) et Roméo et Juliette (1839).

Aujourd'hui ce théâtre accueille de temps en temps des spectacles du théâtre de la Ville, comme en 2006 Quartet de Heiner Müller, mis en scène par Matthias Langhoff, avec Muriel Mayette et François Chattot.

Le concours d'entrée[modifier | modifier le code]

Premier tour : Le jury choisit d'auditionner une à trois des quatre propositions du candidat. L'audition des candidats n'excède pas 10 minutes. Les jurys sont composés de cinq membres, professeurs du Conservatoire et professionnels du théâtre et des autres arts du spectacle proposés par la directrice du Conservatoire et agréés par le ministre chargé de la culture. Ils sont présidés par la directrice du CNSAD, Claire Lasne Darcueil l'un des directeurs des études ou un professeur de l'établissement.

Deuxième tour :

Ils doivent présenter deux des quatre scènes qu’ils ont préparées, une scène par séance. Seule une peut être un monologue. L'audition n'excède pas 3 minutes. À l'issue du passage de la première scène, le jury conduit un entretien avec le candidat dont la durée n'excède pas dix minutes. Le jury unique du deuxième comprend 10 membres au minimum. Le jury est similaire à celui du deuxième tour.

Troisième tour :

Les candidats déclarés admissibles à l’issue du deuxième tour sont convoqués par voie d'affichage et par courriel à l’épreuve du troisième tour pour laquelle ils doivent présenter une scène de leur choix parmi les quatre scènes qu’ils ont préparées ou une scène nouvelle de leur choix. Cette ne peut être la même que celle du deuxième tour. À l’issue du passage de la scène, la directrice Claire Lasne Darcueil, présidente de jury, conduit une courte séance de travail autour de cette même scène. Suit un entretien qui permet au jury d’apprécier la personnalité et les motivations du candidat. L'épreuve ne peut excéder 20 minutes. Le jury du 3e tour est identique à celui du 2e tour.

L'enseignement[modifier | modifier le code]

Le CNSAD dispense un enseignement spécialisé de l'art dramatique. Cet enseignement comprend les connaissances théoriques et la maîtrise pratique nécessaires à l'exercice du métier de comédien. La durée des études est de trois ans. Chaque promotion compte environ 30 élèves (généralement 15 garçons, 15 filles) et quelques stagiaires étrangers sont invités chaque année. Une formation à la mise en scène a été ouverte en 2001 : l’Unité nomade de formation à la mise en scène.

Alliant tradition et modernité, il combine deux types d'enseignement : la classe et l'atelier. La classe d'interprétation (héritage d'une longue tradition) permet à l'élève de se confronter à l'enseignement d'un maître. La formation y est essentiellement individuelle. Les ateliers d'interprétation initient les élèves à différentes pratiques du jeu. La formation y est avant tout collective.

La 1re année est consacrée à l’acquisition et au renforcement des fondamentaux du métier de l’acteur. Les disciplines enseignées sont des disciplines artistiques à part entière et des composantes du métier de l’acteur : le corps, la voix, la lecture, l’imagination… Chaque élève en fera pas à pas la combinaison pour construire la personne qu’il est et l’acteur qu’il devient.

La 2e année se poursuit dans l’esprit de la précédente. Se combinent aux cours hebdomadaires des master classes consacrées à un objet ou une recherche précise qui laissent la place à de nouvelles rencontres. Le travail des master classes, ramassé dans le temps et le plus souvent dirigé par un artiste extérieur au Conservatoire, permet aux élèves de concentrer leur attention sur un objet artistique précis, et de se rapprocher de la pratique professionnelle. Les cours de 2e année se concluent par les présentations publiques des Journées de juin.

La 3e année est consacrée essentiellement à des ateliers de création artistique. Il s’agit de travaux dirigés par des artistes invités et qui sont réalisés dans les conditions d’une production professionnelle. Certains de ces ateliers se déroulent « hors les murs », notamment hors de Paris, en partenariat avec un théâtre de région. Cette immersion dans la vie d’une structure de création et de diffusion permet une mise en relation avec toutes les composantes du théâtre (administratives, techniques, relation au public).

Deux ateliers dans l’année sont l’émanation et l’aboutissement d’enseignements internes au Conservatoire (Théâtre dansé, chant, clown, masque…).

Ces ateliers permettent aux élèves de s’engager dans des aventures artistiques fortes et d’aller à la rencontre, au cours de l’année, d’univers singuliers et nouveaux. Les élèves s’adaptent ainsi à des esthétiques et des pédagogies variées, dans le temps d’un projet qui est porté par l’énergie finale d’une relation au public. Ils permettent de mettre en pratique et de développer les acquis des deux premières années d’apprentissage, d’acquérir autonomie et liberté dans la création, et d’éprouver la pratique professionnelle en ayant le temps et les interlocuteurs nécessaires à son questionnement.

L’année est ponctuée de stages courts qui permettent aux élèves de se familiariser avec différentes activités liées à leur futur métier : doublage, enregistrement radio, droit du spectacle…

La 3e année se conclut naturellement par deux ateliers dirigés par des élèves, illustration de l’invention de leur propre théâtre, de leur chemin vers la sortie de l’école et vers la vie professionnelle.

Le JTN (Jeune théâtre national)[modifier | modifier le code]

Depuis 1971, le Jeune théâtre national favorise l’entrée dans la vie professionnelle des jeunes artistes issus du Conservatoire national supérieur d'art dramatique et de l'École supérieure d'art dramatique du théâtre national de Strasbourg (TNS). En leur offrant un espace pour rencontrer des metteurs en scène ou expérimenter leur projet, en finançant leur contribution à certains spectacles, le JTN accompagne les débuts des jeunes comédiens. Association loi de 1901, le JTN est subventionné par le ministère de la Culture et de la Communication.

De fait, un élève qui sort du Conservatoire (ou du TNS) bénéficie pendant 3 ans du support du JTN. Pendant cette période, les cachets du comédien sont en partie pris en charge par l'État. Ainsi, les metteurs en scène ou réalisateurs peuvent embaucher de « bons » comédiens issus de ces formations prestigieuses en faisant des économies sur les salaires. On retrouve aussi bien souvent des anciens élèves de ces deux écoles dans le théâtre public : à la Comédie-Française, au théâtre Nanterre-Amandiers, au théâtre de la Colline, etc.

Anciens élèves[modifier | modifier le code]

Beaucoup de comédiens sont passés par le Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique et parmi les plus connus nous pouvons citer :

Jean-Hugues Anglade, Ariane Ascaride, Sabine Azéma, Jeanne Balibar, Jean-François Balmer, Marie-Christine Barrault, Nathalie Baye, Jean-Paul Belmondo, Richard Berry, Christine Boisson,Valérie Bonneton, Carole Bouquet, Jean-Luc Boutté, Rachida Brakni, Anne Brochet, Pauline Bureau, Amira Casar, Maria Casarès, Judith Chemla, Patrick Chesnais, Bruno Cremer, Jean-Pierre Darroussin, Mehdi Dehbi, Jérôme Deschamps,Mélanie Doutey, Valérie Dréville, Anny Duperey, André Dussolier, Éric Elmosnino, Christine Fersen, Richard Fontana, Thierry Frémont, Catherine Frot, Grégory Gadebois, Xavier Gallais, Guillaume Gallienne,Michel Galabru, Nicole Garcia, Isabelle Gélinas, Louis Garrel, Bernard Giraudeau, Annie Girardot, India Hair, Yveline Hamon, Marina Hands, Clotilde Hesme, Catherine Hiegel, Robert Hirsch, Isabelle Huppert, Francis Huster,Atmen Kelif, Tewfik Jallab, Sandrine Kiberlain, Samuel Labarthe, Audrey Lamy, Jacques Lassalle,

Samuel Le Bihan, Vincent Macaigne, Jean-Pierre Marielle, Madeleine Marion, Muriel Mayette, Maria de Medeiros, Daniel Mesguich,Ludmila Mikaël,Jeanne Moreau, Anna Mouglalis, Pierre Niney, Stanislas Nordey, Vincent Pérez, Francis Perrin, Gérard Philipe, Patrick Pineau, Vimala Pons, Denis Podalydès, Bruno Putzulu, Olivier Py, Aurélien Recoing, Robin Renucci, Muriel Robin, Jean Rochefort, Jean-Paul Roussillon, Éric Ruf, Céline Sallette, Catherine Samie, Nada Strancar, Sylvie Testud, Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, Guillaume De Tonquédec, Philippe Torreton, Dominique Valadié, Jacques Villeret, Jacques Weber...

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Constant Pierre, Le Conservatoire national de musique et de déclamation, documents historiques et recueillis ou reconstitués par C. Pierre, Imprimerie nationale, Paris, 1900.
  • Monique Sueur, Deux siècles au Conservatoire national d'art dramatique, Conservatoire national supérieur d'art dramatique, Paris, 1986. (ISBN 2-904689-01-X).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]