Tahar Rahim

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Tahar Rahim
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Tahar Rahim en 2014.
Naissance (40 ans)
Belfort (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Acteur
Films notables Un prophète
Grand Central
Le Passé
Samba
Réparer les vivants
Désigné coupable
Séries notables The Looming Tower
Le Serpent

Tahar Rahim, né le à Belfort, est un acteur français. Il reçoit le César du meilleur acteur 2010 pour le film Un prophète. Sa carrière prend par la suite une dimension internationale : il joue notamment le rôle du tueur en série Charles Sobhraj dans la mini-série Le Serpent (2021), et celui de Mohamedou Ould Slahi, un détenu au camp de Guantánamo dans Désigné coupable (2021).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Tahar Rahim est issu d'une famille modeste algérienne, originaire d'Oran[1],[2],[3] (son père y était professeur d'arabe, avant de devenir ouvrier en France[4],[5]), composée de dix enfants[5]. Il grandit dans le quartier des Résidences à Belfort et passe son temps dans les salles de cinéma qu'il fréquente dès son adolescence. À ce propos, dans Libération Next, il déclare qu'il était « dans une semi-hypnose »[6]. Il fait ses études au lycée Condorcet de Belfort, puis, après avoir « [perdu] deux ans en fac de sport puis de maths-informatique », il fait des études cinématographiques à l'Université Paul-Valéry de Montpellier[7],[5]

Révélation critique[modifier | modifier le code]

Pendant qu'il poursuit ses études à l'université, il joue dans le docufiction de Cyril Mennegun, Tahar l'étudiant qui s’inspire[6] largement de la vie du futur comédien en 2005. Après ses études de cinéma, il participe à la série de Canal+, la Commune, puis fait une brève apparition dans le film À l'intérieur d'Alexandre Bustillo et Julien Maury, la même année.

Son premier grand rôle lui est donné par Jacques Audiard en 2009 dans Un prophète qui reçoit un accueil critique très favorable de la presse lors de sa présentation au Festival de Cannes, notamment pour sa performance d'acteur[8],[9],[10]. Il y interprète le rôle de Malik qui lui vaut le prix du meilleur comédien européen 2009 et le prix Lumières du meilleur acteur en 2010 mais surtout le César du meilleur espoir masculin et celui du meilleur acteur lors de la 35e cérémonie des César le . Ce second doublé pour un comédien[11] décide l'Académie des Césars à modifier le règlement l'année suivante afin d'interdire le cumul de nominations pour un même rôle dans différentes catégories[12],[13].

L'année 2011 est marquée par la sortie de quatre longs-métrages : tout d'abord, l'acteur entame une carrière internationale en incarnant un prince picte dans le péplum L'Aigle de la Neuvième Légion, réalisé par Kevin Macdonald, porté par Channing Tatum et Jamie Bell. La même année, il défend aussi des premiers rôles : un jeune algérien durant la Seconde Guerre mondiale dans le film indépendant français Les Hommes libres, d'Ismaël Ferroukhi. Puis il joue un jeune français s'éprenant d'une chinoise dans le film d'auteur Love and Bruises de Lou Ye. Enfin, il est la tête d'affiche de la grosse production internationale Or noir de Jean-Jacques Annaud[14].

L'année suivante, il fait partie du jury des longs métrages du Festival du film asiatique de Deauville présidé par Elia Suleiman. Il partage aussi l'affiche du drame social À perdre la raison, de Joachim Lafosse, avec Émilie Dequenne.

Tête d'affiche du cinéma français[modifier | modifier le code]

En 2013, il tient les premiers rôles de trois projets médiatisés : le drame multi-récompensé Le Passé d'Asghar Farhadi avec Bérénice Bejo ; la romance sociale Grand Central de Rebecca Zlotowski, qui l'oppose cette fois à Léa Seydoux. Durant l'année 2014, il joue avec Omar Sy dans la comédie dramatique Samba d'Éric Toledano et Olivier Nakache ; puis il joue un cambrioleur bienveillant pour la comédie familiale Le Père Noël d'Alexandre Coffre. Enfin, il tient le premier rôle du film indépendant The Cut de Fatih Akın.

Durant le Festival de Cannes 2015, il fait partie du jury Un certain regard présidé par la comédienne italo-américaine Isabella Rossellini. Il vient aussi y défendre le drame Les Anarchistes, écrit et réalisé par Élie Wajeman[15]. Il revient aussi à la télévision pour la série franco-britannique Panthers.

L'année 2017 est marquée par la sortie de deux projets plus discrets : le drame fantastique Le Secret de la chambre noire de Kiyoshi Kurosawa et le film d'auteur Le Prix du succès de Teddy Lussi-Modeste.

En 2018, il tient le rôle principal (celui de l'agent du FBI Ali Soufan) dans la série américaine The Looming Tower, qui évoque les ratés de la communication entre la CIA et le FBI menant aux attentats du 11 septembre 2001[16]. Il joue aussi dans le drame indépendant américain Marie Madeleine de Garth Davis, où il incarne Judas. Enfin, il partage l'affiche de la romance indépendante Joueurs de Marie Monge.

Il fait en 2019 partie du quatuor central du film indépendant américain The Kindness of Strangers de Lone Scherfig.

En 2020, il joue aux côtés de sa femme, Leïla Bekhti dans la première série de Damien Chazelle, The Eddy. Il tient aussi le rôle principal de Mohamedou Ould Slahi dans Désigné coupable (The Mauritanian) de Kevin Macdonald, adaption des mémoires Les Carnets de Guantánamo (Guantanamo Diary).

Dans la mini-série Le Serpent, diffusée sur BBC One puis Netflix en 2021, il incarne Charles Sobhraj, un tueur en série français de touristes dans le sud-est asiatique au milieu des années 1970.

En 2021, il est membre du jury lors de la 74e édition du Festival de Cannes, présidé par Spike Lee[17].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Depuis 2010, Tahar Rahim est marié avec l'actrice Leïla Bekhti, qu'il a rencontrée sur le tournage du film Un prophète[18]. Le , Leïla Bekhti donne naissance à leur premier enfant, un garçon prénommé Souleiman[19]. En février 2020, elle accouche de leur deuxième enfant, une fille[20].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Lors des César 2010 où il reçoit deux prix pour Un prophète.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Tahar Rahim. Acteur du film Un prophète : "Je viendrai tourner en Algérie si le scénario me plaît..." », El Watan, 26 mai 2010
  2. « Tahar Rahim : "La revanche sociale, ni un objectif ni une motivation" », Rue89, 20 novembre 2011.
  3. Le dernier film de Tahar Rahim en salle, afrik.com, 28 septembre 2011.
  4. Marie-France Etchegoin, « Tahar l'infiltré », GQ no 113, septembre 2017, pp. 86-93.
  5. a b et c Pauline Weiss, « Tahar Rahim, l'acteur français qui brille à l'international », Marie Claire, 2 avril 2021.
  6. a et b Cécile Daumas, « Tahar Rahim, le sensitif », Next Libération, no 19,‎ , p. 44 à 49
  7. « Tahar Rahim : "Je m'étais donné dix ans pour y arriver" », L'Express, 3 mars 2010
  8. Jacques Mandelbaum, « Jacques Audiard galvanise Cannes avec son film Un prophète », Le Monde, 18 mai 2009.
  9. Gérard Lefort, « Un prophète, taule froissée », Libération, 18 mai 2009
  10. (it) « Quasi un romanzo criminale e la Francia si candida alla Palma », La Repubblica, 17 mai 2009.
  11. En 1984, Richard Anconina réalise le doublé meilleur espoir masculin et meilleur acteur dans un second rôle pour Tchao Pantin.
  12. Charlotte Pudlowski, « Le vrai scandale des César n'est pas là où vous croyez », Slate,‎ (lire en ligne)
  13. « César 2014 : pourquoi Adèle Exarchopoulos n’est pas nommée en Meilleure actrice ? », Première,‎ (lire en ligne)
  14. Reitzer J., Tuillier L., « Sept acteurs capitaux : Tahar Rahim », Trois couleurs no 96, novembre 2011, pp. 66-67.
  15. BB, « Les Anarchistes : première photo d'Adèle Exarchopoulos et Tahar Rahim », sur allocine.fr, (consulté le ).
  16. (en) Nicole Sperling, « How The Looming Tower Stand-Out Tahar Rahim Became Real-Life F.B.I. Agent Ali Soufan », sur HWD, (consulté le )
  17. « Mylène Farmer, Mélanie Laurent et Tahar Rahim dans le jury du Festival de Cannes », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  18. « Leïla Bekhti : son amour pour Tahar Rahim et ses envies de bébé », sur voici.fr, 5 luillet 2012 (consulté le )
  19. « Leïla Bekhti maman pour la 1ere fois : Le prénom et le sexe du bébé révélés », Purepeople,‎ (lire en ligne)
  20. « Tahar Rahim papa d'une petite fille », sur www.closermag.fr,
  21. (en) 22nd European Film Awards: Winners sur le site de l'European Film Awards
  22. (en-GB) « Bafta Film Awards 2021: The nominations in full », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. Arrêté du 23 mars 2017 portant nomination et promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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