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Agriculteur

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Agriculteur
Falaën Mme Parisse - JPG01.JPG

Agricultrice procédant au fanage de la paille.

Secteur d'activité
Niveau de formation
Pas de minima requis
Professions voisines
Code ROME (France)
A1416
Code CNP (Québec)
82
Code PCS (France)
1
Code FAP (France)
A0Z
Code CITP (International)
61
Pénibilité
Contraintes
Charge de travail
Emploi physique et en extérieur
Risques

Un agriculteur est une personne qui, avec des outils, procède à la mise en culture de la terre et/ou à l'élevage d'animaux à des fins de productions. L'agriculteur dispose le plus souvent de sa propre exploitation. Il peut en fonction de la taille de ses terres, employer des ouvriers que ce soit de façon permanente ou saisonnière.

S'il n'est pas propriétaire des terres qu'il exploite, on dit qu'il occupe des terres en fermage.

L'agriculteur est un chef d'entreprise, il possède plusieurs casquettes. En plus de travailler et de cultiver la terre, il doit avoir des connaissances mécaniques pour la réparation des outils agricoles mais aussi au niveau de la gestion et de la comptabilité quotidienne.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du latin agricultura (même sens), de ager (« champ ») et cultura (« culture »), du verbe colo (« cultiver »).

Histoire[modifier | modifier le code]

Articles principaux : Paysan et Monde agricole en France depuis 1945.

L'activité de l'agriculteur est, si l'on en croit les sources historiques, l'une des premières au monde ; parallèlement à la chasse, les hommes préhistoriques eurent l'idée de mettre en terre des graines pour les faire germer et en récolter des fruits. Cette activité fonde la sédentarité. Dans la Grèce antique, l'agriculture représentait environ 80 % de l'économie.

La décennie 1960 apparaît comme un moment charnière dans l’évolution de la paysannerie en France. Loi d’Orientation Agricole et Politique agricole commune (PAC) ont contribué à modifier le visage de nos campagnes. Une période d’euphorie bien vite évanouie.

Dès 1970, l’exode rural est terminé. Le fait sera confirmé par le recensement de 1982. Aujourd’hui ce sont les zones rurales qui voient leur population augmenter le plus vite sauf la campagne « profonde » ;

Après 1975, la montée du chômage modifie les paramètres : il n’est plus « rationnel » de laisser partir les agriculteurs pour les transformer en citadins-chômeurs ;

Les années 1970 voient l’avènement d’une nouvelle modernisation qui n’est plus mécanique avec le tracteur mais biologique avec les hormones : c’est la grande période des poulets en batterie ;

Enfin, la surproduction, la France est un pays de forte paysannerie, parmi l'un des plus importants d'Europe, en raison de son étendue et de sa densité démographique. Au Moyen Âge, les paysans sont plus de 10 millions pour une population de 12 à 15 millions. À la fin de l'Ancien Régime, ils sont 18 millions sur 26 à 27 millions d'habitants, ce qui représente deux Français sur trois. Et, au milieu du XIXe siècle, plus de 20 millions pour 35 millions de Français, soit trois Français sur cinq. Depuis le Moyen Âge jusqu'à la révolution industrielle, la population paysanne n'a donc cessé de s'accroître en chiffres absolus, mais elle a baissé en proportion de la population globale - ils sont aujourd'hui 640 000 pour 65 millions de Français, soit 3 % de la population active.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Dans les pays dits développés, les agriculteurs ne représentent plus qu'une fraction minoritaire de la population active.

Selon les statistiques de l'eurostat, en 2010, l'Union européenne comptait environ 12,2 millions d'agriculteurs (exploitations agricoles) pour 500 millions d'habitants dans les 28 pays membres de l'UE, travaillant 174,1 millions d'hectares de terres ou deux cinquièmes (40,0 %) de la superficie totale des terres de l'UE. La moitié de toutes les terres utilisées en agriculture dans l'UE a été cultivé dans à peine quatre États : la France (16,0% du total de l'UE), l'Espagne (13,6 %), le Royaume-Uni (9,7 %) et l'Allemagne (9,6 %). Un quart (23,3 %) a été cultivé en Pologne, en Roumanie et en Italie et le reste, dans les 21 autres pays membres. Dans les années soixante, les six pays fondateurs de l’UE comptaient six millions d’agriculteurs, mais ce nombre a baissé de plus de moitié depuis lors. Près d'un tiers (31,5 % ou 3,9 millions) de toutes les exploitations agricoles dans l'UE étaient en Roumanie, mais les trois quart d'entre elles étaient de petites exploitations de moins de 2 hectares. Au niveau de la surface par exploitation agricole, en moyenne, l’agriculteur européen ne possède que douze hectares de terres, et 70 % des exploitations agricoles ont une superficie inférieure à cinq hectares. La surface moyenne d'exploitation est néanmoins plus importante en République tchèque avec 152,4 hectares et au Royaume-Uni avec 90,4 hectares. La tendance est au vieillissement de la population des agriculteurs dans l'UE, en raison du manque d'attrait que cette profession suscite chez les jeunes, dû en partie à la pénibilité du travail et au peu de revenus que cette profession occasionne pour les petites exploitations. 30 % des agriculteurs ont plus de 65 ans, 24 % ont entre 55 et 64 ans, 23 % ont entre 45 et 54 ans, 17 % ont entre 35 et 44 ans, et 8 % ont moins de 35 ans. L’agriculture est une activité avant tout familiale dans l’UE, car dans 77,8% des cas, se sont les membres de la famille qui reprennent l’exploitation agricole. La France fait exception à cela, car seul 56,3 % des reprises d’exploitations agricoles étaient faites par les membres de la famille. Les revenus variaient également passablement entre les États de l'UE[1],[2].

En France, on a pu recenser 604 000 agriculteurs ou co-exploitants. Un tiers de la surface émergée est consacrée à l'activité agricole. La surface moyenne des exploitations augmente de plus en plus : elle est passée de 42 ha en 1988 à 66 ha au début des années 2000. Elles atteignent aujourd'hui 78 ha.

En Suisse, qui n'est pas membre de l'UE, il y avait en 2013, 55 207 exploitations agricoles, et 6 047 d'entre elles étaient des exploitations biologiques. À l'instar de l'UE, il y a eu une diminution d'exploitations agricoles en Suisse, car elles étaient en 1996, au nombre de 79 479. Néanmoins, il n'y avait en 1996 que 3 300 exploitations biologique. Entre 1996 et 2013, les agriculteurs ayant choisi de s'orienter dans une culture biologique ont presque doublé[3].

Indices de la production agricole en Europe centrale et dans l'ex-URSS :

Surface moyenne - 1985-1989 1989 1990 1991 1992
EUROPE CENTRALE
Cultures 110,3 112,5 106,1 103,8 83,9
Élevage 103,7 102,5 104,0 95,6 90,0
Agriculture 108,9 110,0 106,5 102,6 90,6
EX-URSS
Cultures 111,1 114,5 116,7 94,2 104,8
Élevage 118,6 125,6 125,8 116,9 101,7
Agriculture 116,4 120,6 120,2 105,1 100,6


Aujourd'hui, 25% des exploitations agricoles françaises sont dirigées par des femmes, contre 8 % en 1970. Encore aujourd'hui, le milieu de l'agriculture reste masculin dans les mœurs françaises.

Sociologie[modifier | modifier le code]

Cultivateur à la moisson - 1957 - Ruminghem - Pas de Calais

Les agriculteurs peuvent être considérés comme un groupe social plus ou moins homogène du fait de leur mode de vie[réf. nécessaire].

Le mode d'exploitation du sol et la division des propriétés ont souvent contribué à façonner l'organisation sociale d'une région et sa culture, ses mentalités et ses rapports de force politiques[4].

On distingue les métayers, les fermiers, les petits propriétaires exploitants et les grands propriétaires exploitants.

Statut[modifier | modifier le code]

On rencontre en France différents types d'exploitations agricoles :

  • l'EARL : l'’exploitation Agricole à Responsabilité limitée est une forme de société civile à objet agricole. Elle peut être unipersonnelle et la responsabilité est limitée.
  • la SCEA : la Société Civile Agricole est une société à objet civil, qui est libre de constitution. Les associés, de 2 au minimum peuvent être des personnes physiques, majeures ou mineures, ou des personnes morales.
  • le GAEC : le Groupement Agricole d’Exploitation en Commun est une société civile agricole de personnes, entre 2 et 10 associés, permettant à des associés la réalisation d’un travail en commun dans les mêmes conditions que les exploitations à caractère familial.

Formations[modifier | modifier le code]

Enseignements agricoles:

diplôme de niveau V. L'admission: après une classe de troisième, un CAP ou encore un CAPA. La formation dure deux ans.

diplôme de niveau IV admission: après la classe de troisième, oui CAP Durée de formation: 3 ans

  • le Bac technologique :

diplôme de niveau IV admission: après une seconde générale ou technologique ou après l'obtention d'un diplôme de niveau V obtenu en deux ans

  • le BTSA : Brevet de technicien supérieur agricole

diplôme de niveau V admission: après un bac durée de formation: 2 ans

diplôme de niveau supérieure admission: après le bac ou un bac +2 formation durée : 5 ans

  • BAC STAV production agricole : diplôme pour pouvoir diriger une exploitation soit même et connaître les bases

Lire les articles détaillés :

Dénominations et spécialisations[modifier | modifier le code]

En France, seule la dénomination agriculteur est reconnue par l'Insee.

L'agriculteur peut éventuellement fournir, à la population, sa production agricole sous un facteur économique. En France, on l'appelle alors, d'une manière réductrice pour certains : producteur.

Un agriculteur peut être désigné selon sa spécialisation agricole :

Organisation de la profession[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, les agriculteurs bénéficient des services d'organismes de protection sociale et de réseaux bancaires qui accordent des prêts spécifiques à leur profession (Confédération nationale de la mutualité, de la coopération et du crédit agricoles).

Voir aussi : Société d'intérêt collectif agricole

Santé[modifier | modifier le code]

L'agriculteur de par son métier est exposé à des risques particuliers notamment concernant sa santé. On distingue généralement deux types de risques :

  • ceux liés à la conduite d'engins agricoles et les risques d'accident du travail. Cela concerne le premier risque d'accident de travail en termes de fréquence et de gravité.

La conduite des machines agricoles sur les terres parfois pentues avec des conditions météorologiques souvent peu favorables peut être un risque pour ce métier. C'est pourquoi les connaissances nécessaires en mécanique sont nécessaires pour l'agriculteur qui doit entretenir ses machines de façon très régulière pour prévenir ces risques. L'agriculteur doit être muni également d'un équipement de protection.

À l'heure actuelle, seuls les détenant d'une certification pour la capacité à épandre des produits chimiques peuvent se permettre de traiter les parcelles. C'est le Certiphyto, qui est valable 5 ans et qui peut s'obtenir en suivant une formation d'une demi journée ou plus.

Les agriculteurs sont aussi plus exposés que d'autres au dioxyde d’azote (NO2), à l’hydrogène sulfuré (H2S), à l’ammoniac (NH3), au dioxyde de carbone (CO2) au méthane (CH4) issus de la fermentation. De même pour les nitrates et leurs émanations. Ainsi, selon le gouvernement canadien, selon les lieux, de 20 à 90 % des employés et des familles d'agriculteurs canadiennes sont affectés de toux ou d'expectorations anormales (avec ou sans obstruction des voies respiratoires). Des alvéolites allergiques sont fréquentes chez les personnes en contacts avec des végétaux moisis. Des symptômes de bronchite chronique sont détectés chez plus de 50 % des porchers et des manutentionnaires de grain. La « maladie du poumon de fermier » est une réaction allergique à l’inhalation de poussières ou spores venant des pailles, foins et grains ou feuilles moisies manipulées par les agriculteurs. Des maladies résistantes aux antibiotiques distribués aux porcs sont aussi détectées chez des porchers.

Des guides[5] de prévention existent pour réduire ces risques, encourageant notamment le port de masques et d'équipements de protection individuelle (EPI), et des mesures d'hygiène appropriées.

Les salariés agricoles, intérimaires et saisonniers notamment sont plus mal suivis que les populations salariées de l'industrie. En France, la Mutualité sociale agricole est chargée du suivi de la santé des agriculteurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La politique commune de l’UE au cœur de l’alimentation, de la vie rurale et de l’environnement, Politique agricole commune, année 2014
  2. Agricultural census 2010 - main results, Eurostat
  3. Structures - Nombre d'exploitations en Suisse
  4. André Siegfried, Tableau politique de la France de l'Ouest sous la Troisième République, Paris, Armand Colin,‎ 1913
  5. Exemple canadien

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]