Fabrice Luchini

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Luchini.
Fabrice Luchini
Fabrice Luchini Cannes 2016.jpg
Fabrice Luchini lors du Festival de Cannes 2016.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Robert Luchini
Nationalité
Activité
Enfant
Autres informations
Maître
Distinctions
Films notables

Robert, dit Fabrice Luchini, né le à Paris, est un acteur français.

Nommé à plusieurs reprises aux César, il reçoit en 1994 le César du meilleur acteur dans un second rôle pour son rôle dans Tout ça... pour ça ! de Claude Lelouch.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, formation et débuts[modifier | modifier le code]

Robert Luchini naît dans le 9e arrondissement de Paris. Son père, Adelmo Luchini (1910-2008), marchand de fruits et légumes d'origine italienne, est né à Villerupt, et sa mère, Hélène Raulhac (1919-2008), est native du 10e arrondissement de la capitale[1]. Benjamin et enfant gâté[2], il a deux frères, Alain et Michel Luchini. Il grandit dans le quartier de la Goutte-d'Or dans le 18e arrondissement de Paris où ses parents tiennent leur commerce de primeurs[3]. À 55 ans, ruiné par une opération immobilière, son père est devenu chauffeur de poids lourd et sa mère a dû refaire des ménages[2].

Il obtient péniblement son certificat d'études grâce à un « vieil instituteur, qui a repéré en lui quelques aptitudes pour la dictée et la rédaction » et l'a préparé à l'examen[4]. Comme il n'est pas attiré par l'école, sa mère le place en 1965 comme apprenti dans un salon chic du 3, avenue Matignon[5], chez le coiffeur Jacques France. C'est alors qu'il adopte le prénom de Fabrice[6]. Il cultive parallèlement, en autodidacte, son goût prononcé pour la littérature (Balzac, Flaubert, Proust, Céline dont il a la révélation à 17 ans, lorsqu'un un prêtre lui passe le Voyage au bout de la nuit[2]). Il est, en outre, passionné par la musique soul et James Brown, et animateur, il fréquente les discothèques, dont le Whisky à Gogo à Paris, où les patrons Paul Pacini et Ben Simon le repèrent sur la piste de danse, étant à lui tout seul une attraction qui attire la clientèle. Ils lui proposent de devenir l'animateur de la succursale de leur boîte de nuit qu'ils projettent d'ouvrir à Angoulême[7]. C'est sur la piste du drugstore d'Angoulême qu'il est découvert en 1968 par Philippe Labro, alors en repérage pour son film Tout peut arriver et qui lui offre son premier rôle (1969)[8].

Il décide de suivre des cours d'art dramatique chez Jean-Laurent Cochet[9], puis, après plusieurs films confidentiels, rencontre Éric Rohmer avec qui il tourne Le Genou de Claire et surtout Perceval le Gallois en 1978 (avec un rôle principal du chevalier qui « plombe son image »)[2]. Associé à un cinéma intellectuel et difficile, Fabrice Luchini « en est réduit à reprendre la coiffure, à livrer des plats cuisinés » et à tourner un film alimentaire avec Aldo Maccione[2], T'es folle ou quoi ? en 1982[10]. Sa carrière décolle vraiment avec Les Nuits de la pleine lune en 1984, film pour lequel il est nommé au César du meilleur acteur dans un second rôle, et Quatre aventures de Reinette et Mirabelle en 1987.

Carrière[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Fabrice Luchini tourne ensuite avec Nagisa Ōshima, Pierre Zucca, Cédric Klapisch, Claude Lelouch et Édouard Molinaro. Mais c'est son rôle dans La Discrète de Christian Vincent en 1990 qui le fait connaître du grand public, et qui lui vaut une nomination au César du meilleur acteur.

Fabrice Luchini en 1993 à la 18e cérémonie des César.

Il devient dans les années 1990 un acteur très demandé par le cinéma français et campe de nombreux rôles de composition comme dans Le Retour de Casanova en 1992 aux côtés d'Alain Delon et Elsa Lunghini ; dans Tout ça... pour ça ! ; dans Le Colonel Chabert (1994) aux côtés de Gérard Depardieu, Fanny Ardant et André Dussollier ; dans Beaumarchais, l'insolent. Il est à nouveau nommé aux César pour ces quatre films, et reçoit celui du César du meilleur acteur dans un second rôle en 1994 pour Tout ça... pour ça !.

En 1994, il fonde la société Assise Production qui coproduit certains des films où il joue[11].

Il s'adonne aussi, notamment grâce à Jean-Laurent Cochet, au théâtre, sa véritable passion, « seul lieu où s'exprime la vie, la nourriture de la vie, ce qu'aucune école n'enseignera jamais ». Il partage son activité entre le cinéma et la scène et rencontre un important succès en déclamant des textes de La Fontaine, de Nietzsche, de Céline (avec Voyage au bout de la nuit), de Paul Valéry, de Philippe Muray ou de Roland Barthes. Il a également fait connaître des auteurs contemporains, Yasmina Reza ou Florian Zeller. Il est nommé quatre fois aux Molières[12], dont deux pour celui du Molière du comédien.

Années 2000[modifier | modifier le code]

Cette décennie, moins prolifique, amène néanmoins Fabrice Luchini, vers la fin, à des rôles de plus grande envergure.

En 2000, il interprète le rôle-titre de la comédie de mœurs Barnie et ses petites contrariétés, écrite et réalisée par Bruno Chiche. Il monte ensuite sur les planches pour une reprise de la pièce Knock, de Jules Romains, au Théâtre de l'Athénée. Sa prestation lui vaut le Prix du Brigadier.

En 2003, il mène la large distribution de la comédie Le Coût de la vie, écrite et réalisée par Philippe Le Guay[13] et donne la réplique à Sandrine Bonnaire pour le drame Confidences trop intimes, de Patrice Leconte.

Il revient à la comédie populaire La cloche a sonné, de Bruno Herbulot, puis s'aventure vers un cinéma plus ambitieux avec deux projets très différents : en 2006 sort la satire Jean-Philippe de Laurent Tuel, où il fait face à Johnny Hallyday. Puis en 2007, il prête ses traits à M. Jourdain pour le biopic Molière, co-écrit et réalisé par Laurent Tirard (et avec Romain Duris dans le rôle-titre). Sa performance lui vaut le Saint Georges d'argent du Festival international du film de Moscou.

En 2008, il fait partie de la distribution chorale du drame Paris, de Cédric Klapisch, d'un autre film au casting très étendu, la comédie Musée haut, musée bas, de Jean-Michel Ribes, puis revient à un cinéma plus populaire pour la comédie dramatique La Fille de Monaco, d'Anne Fontaine, où il donne la réplique à la jeune Louise Bourgoin.

Années 2010[modifier | modifier le code]

Fabrice Luchini est à nouveau nommé quatre fois aux César, par trois fois pour le César du meilleur acteur qu'il n'a toujours pas obtenu, pour ses rôles dans Dans la maison, Alceste à bicyclette et L'Hermine. Ce dernier film lui vaut d'être nommé au Prix Lumières du meilleur acteur 2016 et de recevoir la Coupe Volpi pour la meilleure interprétation masculine du Festival de Venise 2015.

En 2015, il tourne dans Un début prometteur, sous la direction de sa fille, Emma Luchini.

Bon client de la télévision, réputé pour ses saillies verbales et ses pirouettes pour éviter de répondre aux questions plus personnelles, il reconnaît être « condamné à la performance[14] » mais préfère quitter « la condition d’histrion légèrement hystérique » pour retrouver la scène[15].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Fabrice Luchini est le père d'Emma Luchini qu'il a eue avec Cathy Debeauvais, une secrétaire de rédaction[16] rencontrée dans l'ashram d'un gourou indien[17] qui le laisse s'adonner au vagabondage sentimental[16]. En 2018, sa compagne est la metteuse en scène Emmanuelle Garassino[17].

Au sujet de ses opinions politiques, l'acteur se caractérise comme n'étant ni de droite ni de gauche[18],[19] mais fustige régulièrement la gauche[20],[21]. Il a également dit : « Je déteste la droite avec autant de passion que je hais la gauche »[réf. nécessaire][22]. Il critique souvent les hommes politiques qu'il estime « peu cultivés »[23].

En 2009, lors d'une interview au magazine Têtu, il confie avoir eu un rapport homosexuel : « (...) À une époque, j'allais mal et je me disais que j'étais peut-être un homo refoulé. J'ai essayé une fois avec un bonhomme, mais ce n'était pas ça. Ça m'a... bouhh... troublé »[24]. En 2012, il affirme à Télérama : « pendant vingt ans, tout le monde a cru que j'étais homo : un acteur si maniéré ! Mais j'étais obsédé par les femmes, client des prostituées dès l'âge de 15 ans. J'étais ce que Céline appellerait un tracassé du périnée, un chercheur. »[25].

En 2012, en réponse à la lettre de l'acteur Philippe Torreton parue dans Libération dans laquelle celui-ci reprochait à Gérard Depardieu son exil fiscal, Fabrice Luchini ironise en ces termes : « Ceux qui jugent Depardieu, surtout s'ils sont acteurs, [...] devraient juger aussi leur filmographie. Quand on attaque Depardieu, il faut avoir une filmographie solide »[26].

En 2016, il accorde un entretien à Famille Chrétienne, dans lequel il parle de sa relation avec la foi chrétienne. S'il affirme qu'il a réalisé lors d'une balade au Puy-en-Velay que la France était une terre chrétienne, il reconnait avoir abordé le christianisme par ses opposants, et notamment Nietzsche. Il se définit comme un « chaos de perplexité », croyant parfois et rejetant d'autres fois l'idée d'une transcendance[27].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

1969-1979[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Années 2000[modifier | modifier le code]

Années 2010[modifier | modifier le code]

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Fabrice Luchini en 2014.

Note : Fabrice Luchini est venu une fois, le , au Petit Théâtre de Bouvard avec un sketch (sur le don de sang) mais n'a pas été retenu[28],[29].

Discographie[modifier | modifier le code]

En 2015, Fabrice Luchini enregistre avec la chanteuse Clio la chanson Éric Rohmer est mort[30].

Publications[modifier | modifier le code]

En 2010, Fabrice Luchini préface deux ouvrages : À la rencontre de Sacha Guitry, publié par les éditions Oxus et Seul avec tous de Laurent Terzieff, publié aux Presses de la Renaissance. L'année suivante, il collabore à l'ouvrage éponyme consacré à Philippe Muray, publié par les Cahiers d'histoire de la philosophie des éditions du Cerf. La même année, paraît Fabrice Luchini lit Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes, (livre audio), chez Audiolib. En 2013, Fabrice Luchini signe la préface de l’œuvre de Louis Jouvet, Le Comédien désincarné, édité chez Flammarion.

En mars 2016, il publie une autobiographie, Comédie française. Ça a débuté comme ça..., aux éditions Flammarion, livre qui reçoit le 25 mai 2016 le prix La Coupole[31].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Fabrice Luchini au festival de Cannes 1992.
Fabrice Luchini en 2010, à la 35e cérémonie des César.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Participations événementielles[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brierre 2007, p. 13.
  2. a b c d et e Robert Belleret, « Luchini l'incandescent », sur lemonde.fr, (consulté le 10 septembre 2018).
  3. Jean-Louis Beaucarnot, Frédéric Dumoulin, Dictionnaire étonnant des célébrités, , p. 403.
  4. Brierre 2007, p. 24.
  5. Fabrice Luchini, 47 ans. Qu'il déclame Céline ou joue les affairistes véreux, il se cache à merveille devant et derrière les mots. Ludion fait la force - Libération, 27 octobre 1999
  6. Brierre 2007, p. 41.
  7. Brierre 2007, p. 56.
  8. Empreintes : Robert Luchini, dit Fabrice, France 5, 17 août 2011.
  9. Brierre 2007, p. 69.
  10. Brierre 2007, p. 116.
  11. http://www.societe.com/societe/assise-production-399344183.html
  12. a et b [PDF] Historique des nominations aux Molières depuis 1987, site officiel.
  13. « «Le Coût de la vie» : Impayable F. Luchini », tvmag.lefigaro.fr,‎ (lire en ligne)
  14. Louise Pothier, « "Le Divan" sur France 3 : Fogiel à l'aise, Luchini bon client... Une émission prometteuse », sur nouvelobs.com, (consulté le 10 septembre 2018).
  15. Fabrice Luchini, Comédie française. Ça a débuté comme ça, Flammarion, , p. 31.
  16. a et b Brierre 2007, p. 119.
  17. a et b « Fabrice Luchini, voyages intérieurs », dans l'émission Un jour, un destin , réalisée par Serge Khalfon et présentée par Laurent Delahousse sur France 2, le 9 septembre 2018 (à 41 min 5 sec).
  18. « Fabrice Luchini : « J’adorerais être de gauche » », sur L'Obs.com, 18 octobre 2013.
  19. Fabrice Luchini "Je suis un vagabond idéologique" - L'Express (28/05/2010)
  20. « Fabrice Luchini : "Quand t'es pas de gauche, tu peux être moyen" », sur staragora.com,
  21. « Fabrice Luchini : "J’aimerais être de gauche mais"... », sur Europe 1.fr, .
  22. oblomov002, « Fabrice Luchini "je suis réactionnaire" », (consulté le 25 novembre 2017)
  23. « Fabrice Luchini : Ses déclarations chocs sur les politiques, "Ils incarnent une certaine beaufitude" », sur non-stop-people.com, 22 mai 2015.
  24. « Fabrice Luchini : "J'ai essayé une fois avec un bonhomme. Ça m'a... troublé" ! », Chloé Breen, Pure People.com, 15 décembre 2009 (consulté le 19 février 2016).
  25. Fabrice Luchini : « Pendant vingt ans, tout le monde a cru que j'étais homo », Pure People.com, 19 décembre 2012 (consulté le 19 février 2016).
  26. « Luchini au secours de Depardieu : "Torreton devrait juger sa propre filmographie !" », Le Midi Libre.fr, 20 décembre 2012 (consulté le 20 février 2016).
  27. Luc Adrian, « Les confessions de Luchini », Famille Chrétienne, no 2000,‎ (lire en ligne).
  28. Sa prestation : Archives INA.
  29. Article du Figaro.
  30. Besançon : un duo avec Luchini et un clip aérien pour la chanteuse Clio - L'Est Républicain, 7 août 2015
  31. Le prix de la Coupole récompense Fabrice Luchini par Amélie Cooper dans Le Magazine littéraire du 27 mai 2016.
  32. « Lauréats », site officiel de l'Académie Française.
  33. « Pierre Niney et Fabrice Luchini, prix Plaisir du théâtre », Le Figaro.fr, 5 février 2013.
  34. « Les Beaumarchais du Figaro ou l'excellence en scènes », Armelle Heliot, Le Figaro.fr, 15 juin 2015.
  35. Enzo Conticello, « Globes de cristal : Luchini fait le show ! », Le Point.fr,‎ (lire en ligne)
  36. Légifrance, « Décret du 12 mai 1999 portant promotion et nomination », (consulté le 22 août 2017)
  37. Nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres, janvier 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Dominique Brierre, Le mystère Luchini, Plon, 2007
  • Robert Belleret, Fabrice Luchini L'Incandescent, in Portraits sur le vif, Amazon, avril 2014
  • Elisabeth Perrin (propos recueillis par), Fabrice Luchini : « La télévision est une réponse au désastre de l'être humain », TV Magazine, Groupe Le Figaro, Paris, 16 avril 2017, p. 6-8

Liens externes[modifier | modifier le code]