Bruno Cremer

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Bruno Cremer
Naissance
Saint-Mandé, France
Nationalité Drapeau de France Français
Décès (à 80 ans)
Paris
Profession Acteur
Films notables La 317e Section
Paris brûle-t-il ?
La Bande à Bonnot
L'Alpagueur
Le Convoi de la peur
Noce blanche
Sous le sable
Mon père, il m'a sauvé la vie
Séries notables Maigret

Bruno Cremer, né le à Saint-Mandé et mort le à Paris[1], est un acteur français. Il est le père de l'écrivain Stéphane Crémer.

Biographie et carrière[modifier | modifier le code]

Jeunesse

Bruno Cremer nait le 6 octobre 1929 à Saint-Mandé, près de Paris, d'une mère musicienne belge d'origine flamande[2] et d'un père homme d'affaires lillois (qui prend la nationalité belge, la France le jugeant trop jeune pour être soldat pendant la Première Guerre mondiale)[2]. Cadet d'une famille bourgeoise de trois enfants, il passe son enfance dans un immeuble haussmannien de la place de la Nation à Paris[3]. Il nourrit le goût de la scène dès l'âge de 12 ans[4] et choisit la nationalité française à 18 ans.

Théâtre

Dès la fin de ses études secondaires, Bruno Cremer est admis au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, où il prend des cours pendant dix ans. Il fait partie de la promotion 1952, avec Annie Girardot, Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort, Claude Rich, Jean-Pierre Marielle, Michel Bouquet[3]

Il débute sur scène en 1953 au Théâtre de l'Œuvre dans Robinson de Jules Supervielle. Crémer passera la décennie sur les planches dans des pièces de Shakespeare (Richard II mis en scène par Jean Vilar, le rôle titre de Péricles, prince de Tyr aux côtés de Nelly Borgeaud, Tsilla Chelton, Francine Bergé...), Oscar Wilde (Un mari idéal avec Françoise Brion et Delphine Seyrig), Alfred de Vigny (Chatterton avec Bouquet - metteur en scène et interprète -, Jean-Pierre Marielle, Jean-Louis Richard...), Jean Anouilh (le rôle de Saint-Just dans Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes avec Bouquet, Jean Martinelli, Pierre Mondy, et surtout le rôle titre offert par l'auteur dans Becket ou l'Honneur de Dieu aux côtés de Daniel Ivernel et Martine Sarcey), George Bernard Shaw (La Maison des cœurs brisés avec Bouquet - metteur en scène et interprète - et Lucien Nat)...

Absorbé par sa carrière à l'écran, Crémer ne revient au théâtre qu'en 1971 dans Alpha Beta puis dix ans plus tard dans Bent où, face à Jean-Pierre Sentier, il incarne un homosexuel dans un camp nazi, en 1990-1991 dans Love Letters aux côtés d'Anouk Aimée et en 1997 dans Après la répétition d'Ingmar Bergman en compagnie d'Anna Karina.

Cinéma

Bruno Crémer débute au cinéma par de la figuration en 1952, avant un premier second rôle dans Quand la femme s'en mêle en 1957, sous la direction d'Yves Allégret, où il côtoie un autre débutant : Alain Delon. Plus tard, en 1965, son rôle dans la 317e Section de Pierre Schoendoerffer lui ouvre une grande carrière sur les écrans, qui commence par un cinéma d'auteurs souvent engagés (Schoendoerffer, Bertrand Blier et Costa-Gavras qui le dirigeront plusieurs fois, Luchino Visconti, Michel Deville, Jacques Doniol-Valcroze). Dans Les Gauloises bleues (1968), il a le plaisir de donner la réplique à sa copine Annie Girardot (il la retrouvera dès l'année suivante), comme plus tard à Jean-Paul Belmondo dans L'Alpagueur.

Le rôle titre de La Bande à Bonnot est une manière de sacre en 1969. Il s'impose en vedette ou second rôle de films virils signés par Yves Boisset, William Friedkin, Daniel Duval, José Giovanni, Roger Hanin, Raoul Coutard, associé ou opposé à des comédiens tels que Bernard Blier, Michel Piccoli, Charles Vanel, Jacques Brel, Jean-Louis Trintignant, Maurice Ronet, Roy Scheider, Giuliano Gemma et l'incontournable Jacques Perrin... Marlène Jobert, Marie-Christine Barrault, Fanny Cottençon, Miou Miou, Claudia Cardinale, Catherine Alric tempèrent de leur présence cet univers d'hommes. D'un autre côté l'acteur diversifie ses collaborations : Patrice Chéreau, Claude Lelouch, Claude Sautet, Claude d'Anna, Anne-Marie Miéville jalonnent son parcours. Résistant (Rol-Tanguy) dans Paris brûle-t-il ? de René Clément, jésuite dans Anthracite d'Édouard Niermans, il interprète en 1984 Le Matelot 512 de René Allio aux côtés de Dominique Sanda.

Depuis, Falsch de Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne, Noce blanche de Jean-Claude Brisseau où il est l'amant scandaleux de Vanessa Paradis, Tumultes, de Bertrand Van Effenterre, Sous le sable de François Ozon, où il est le mari disparu de Charlotte Rampling, Mon père, il m'a sauvé la vie de José Giovanni ont chaque fois témoigné de l'exigence et du talent de l'acteur de cinéma.

Télévision

Crémer tourne pour la première fois pour le petit écran en 1979. Sa carrière de séducteur s'épanouit à partir de Une page d'amour d'Élie Chouraqui d'après Emile Zola, dont il partage l'affiche avec Anouk Aimée ; suivent deux téléfilms signés Jean Chapot et Nelly Kaplan où il est associé avec Françoise Fabian et Krystina Janda ou encore Le Regard dans le miroir avec Aurore Clément.

Crémer s'illustre dans des réalisations signées Peter Kassovitz (L'Énigme blanche avec Jean Rochefort, Bulle Ogier et Claude Rich, Opération Ypsilon), Laurent Heynemann (Le Pays du soleil levant avec Fanny Ardant, Ceux de la soif d'après Georges Simenon aux côtés de Mimsy Farmer) ou encore Christian de Chalonge (un épisode de Les dossiers secrets de l'inspecteur Lavardin avec Jean Poiret). Il a aussi pour partenaire Gérard Lanvin dans La Traque, de Philippe Lefebvre et travaille régulièrement en Italie (série La Pieuvre).

En 1983 il incarne Sade et Joséphine Chaplin joue la femme du terrible marquis, puis en 1989, dans L'Été de la Révolution, il personnifie Louis XVI et Brigitte Fossey interprète Marie-Antoinette.

À partir de 1991 Bruno Cremer reprend à la télévision le rôle du commissaire Maigret (d'abord proposé à Julien Guiomar) dans un style proche de Raymond Souplex. En 2005, après plus d'une cinquantaine d'épisodes sa voix doit être doublée par celle de Vincent Grass dans Maigret et l'étoile du Nord : atteint d'un grave cancer à la gorge, il décide alors d'arrêter son métier.

Vie privée

Il a trois enfants, un fils, l'auteur Stéphane Crémer[3], d'un premier mariage avec une comédienne du Conservatoire devenue antiquaire et, à la suite de quinze ans de célibat, période pendant laquelle il vit à l'hôtel[2], deux filles (Constance et Marie-Clémentine) de Chantal, psychiatre[3], son épouse depuis décembre 1984[1]. Sa famille et celle de son frère, Georges-Alfred Cremer, médecin professeur et membre de l'Académie nationale de médecine, ont un lien fort avec le Morbihan, son lieu de détente habituel[5].

En 2000, Bruno Cremer écrit Un certain jeune homme, un livre autobiographique qui s'arrête à la mort de son père, quarante ans auparavant.

Le 9 août 2010, France Degand, son agent, annonce à l'AFP sa mort des suites d'un cancer de la langue et du pharynx, imputé au tabac[6],[7], le , dans un hôpital parisien. Le 13 août 2010, il est inhumé au cimetière du Montparnasse après des obsèques au goût de sa famille (brefs éloges par les intimes, musiques à la guitare…), en l'église Saint-Thomas-d'Aquin à Paris, en présence notamment de ses copains du conservatoire, Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort, Pierre Vernier, Claude Rich, Jean-Pierre Marielle, et encore de Niels Arestrup, Jacques Perrin, Monique Chaumette, Pierre Schoendoerffer, Jean-Claude Brisseau, Jacques Spiesser[8],[9],[10]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Série télévisée Maigret[modifier | modifier le code]

Adaptation de l'œuvre de Georges Simenon. 54 épisodes, de nombreux réalisateurs successifs

Article détaillé : Épisodes de Maigret (1991-2005).
  1. 1991 : Maigret et la Grande Perche, réalisation de Claude Goretta
  2. 1992 : Maigret chez les Flamands, de Serge Leroy
  3. 1992 : Maigret et la Maison du juge, de Bertrand Van Effenterre
  4. 1992 : Maigret et les Plaisirs de la nuit, de José Pinheiro
  5. 1992 : Maigret et la Nuit du carrefour, d'Alain Tasma et Bertrand Van Effenterre
  6. 1993 : Maigret se défend, d'Andrzej Kostenko
  7. 1993 : Maigret et l'Homme du banc, d'Étienne Périer
  8. 1993 : Maigret et les Témoins récalcitrants, de Michel Sibra
  9. 1993 : Maigret et les Caves du Majestic, de Claude Goretta
  10. 1994 : La Patience de Maigret, d'Andrzej Kostenko
  11. 1994 : Maigret et le Corps sans tête, de Serge Leroy
  12. 1994 : Maigret et le Fantôme, de Hannu Kahakorpi
  13. 1994 : Maigret et l'Écluse n°1, d'Olivier Schatzky
  14. 1994 : Maigret : Cécile est morte, de Denys de La Patellière
  15. 1994 : Maigret se trompe, de Joyce Buñuel
  16. 1994 : Maigret et la Vieille Dame, de David Delrieux
  17. 1995 : Maigret et la Vente à la bougie, de Pierre Granier-Deferre
  18. 1995 : Les Vacances de Maigret, de Pierre Joassin
  19. 1995 : Maigret et l'Affaire Saint-Fiacre, de Denys de La Patellière
  20. 1996 : Maigret et le Port des brumes, de Charles Némès
  21. 1996 : Maigret et la Tête d'un homme, de Juraj Herz
  22. 1996 : Maigret en Finlande, de Pekka Parikka
  23. 1996 : Maigret tend un piège, de Juraj Herz
  24. 1996 : Maigret a peur, de Claude Goretta et Christian Karcher
  25. 1997 : Maigret et l'Enfant de chœur, de Pierre Granier-Deferre
  26. 1997 : Maigret et le Liberty Bar, de Michel Favart
  27. 1997 : Maigret et l'improbable Monsieur Owen, de Pierre Koralnik
  28. 1998 : L'Inspecteur Cadavre, de Pierre Joassin
  29. 1999 : Maigret : Madame Quatre et ses enfants, de Philippe Bérenger
  30. 1999 : Maigret : Meurtre dans un jardin potager, d'Edwin Baily
  31. 1999 : Maigret : Un meurtre de première classe, de Christian de Chalonge
  32. 2000 : Maigret chez les riches, de Denys Granier-Deferre et Pierre Joassin
  33. 2000 : Maigret voit double, de François Luciani
  34. 2001 : Maigret et la croqueuse de diamants, d'André Chandelle
  35. 2001 : Mon ami Maigret, de Bruno Gantillon
  36. 2001 : Maigret et la fenêtre ouverte, de Pierre Granier-Deferre
  37. 2002 : Maigret et le Marchand de vin, de Christian de Chalonge
  38. 2002 : Maigret chez le ministre, de Christian de Chalonge
  39. 2002 : Maigret et le fou de Sainte Clotilde, de Claudio Tonetti
  40. 2002 : Maigret et la maison de Félicie, de Christian de Chalonge
  41. 2002 : Maigret à l'école, de Yves de Chalonge
  42. 2003 : Maigret et la Princesse, de Laurent Heynemann
  43. 2003 : Un échec de Maigret, de Jacques Fansten
  44. 2003 : Signé Picpus, de Jacques Fansten
  45. 2003 : L'Ami d'enfance de Maigret, de Laurent Heynemann
  46. 2004 : Les Scrupules de Maigret, de Pierre Joassin
  47. 2004 : Maigret et l'Ombre chinoise, de Charles Némès
  48. 2004 : Maigret chez le docteur, de Claudio Tonetti
  49. 2004 : Maigret : Les Petits Cochons sans queue, de Charles Némès
  50. 2004 : Maigret et le Clochard, de Laurent Heynemann
  51. 2004 : Maigret en meublé, de Laurent Heynemann
  52. 2004 : Maigret et la Demoiselle de compagnie, de Franck Apprederis
  53. 2004 : Maigret et les 7 petites croix, de Jérôme Boivin
  54. 2005 : Maigret et l'Étoile du nord, de Charles Némès

Distinctions[modifier | modifier le code]

Pour un film[modifier | modifier le code]

Pour la carrière[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autobiographie[modifier | modifier le code]

  • Un certain jeune homme, Paris, Éd. de Fallois, 2000, 286 p. (ISBN 2877063917).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « L'acteur Bruno Cremer est mort », Le Figaro (AFP),‎ (consulté le 9 août 2010).
  2. a, b et c François Pédron, « Bruno Cremer l'homme tranquille », Paris Match n° 3195,‎ (consulté le 13 août 2010), p. 39.
  3. a, b, c et d « Disparition de l’acteur Bruno Cremer », En 24 heures (LeFigaro.fr),‎ (consulté le 9 août 2010).
  4. « Bruno Cremer. Maigret s'en est allé... », Le Télégramme,‎ (consulté le 9 août 2010).
  5. « Bruno Cremer. Un lien fort avec le Morbihan », Le Télégramme,‎ (consulté le 10 août 2010).
  6. « Décès du comédien français Bruno Cremer », RFI,‎ (consulté le 9 août 2010).
  7. Télématin, journal de 7h, 9 août 2010.
  8. Marion Souzeau, « Vidéo. Le monde du spectacle rend hommage à Bruno Cremer, le commissaire Maigret », Le Parisien,‎ (consulté le 13 août 2010).
  9. « Dernier adieu à Bruno Cremer en présence de ses « copains du Conservatoire » (Texte) », France 24 (AFP),‎ (consulté le 13 août 2010).
  10. « Bruno Cremer, entouré jusqu"au bout (Photos) », Paris Match,‎ (consulté le 15 août 2010).
  11. Barthélemy Gruot, « Décès de l’acteur Bruno Cremer », Ministère de la Défense (France),‎ (consulté le 9 août 2010).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]