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Paul Verlaine

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Paul Verlaine
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Verlaine en 1893 (49 ans) par Otto Wegener

Nom de naissance Paul-Marie Verlaine
Alias
Pablo de Herlagnez[1]
Pablo-Maria de Herlañes[1]
Pierre et Paul[2]
Naissance
Metz
Décès (à 51 ans)
Paris
Activité principale
Distinctions
Prince des poètes (1894-1896)
Auteur
Langue d’écriture Français
Mouvement Symbolisme
Décadentisme
Genres
Adjectifs dérivés verlainien(ne)

Œuvres principales

Signature de Paul Verlaine

Paul Verlaine est un poète français, né à Metz (Moselle) le et mort à Paris le (à 51 ans).

Admirateur de Baudelaire, il s'essaie à la poésie et publie son premier recueil, Poèmes saturniens en 1866 à 22 ans. Sa vie est bouleversée en septembre 1871 quand il rencontre Arthur Rimbaud. Leur vie amoureuse tumultueuse et errante en Angleterre et en Belgique débouche sur la scène violente où, à Bruxelles, Verlaine blesse superficiellement au poignet celui qu'il appelle « l'époux infernal » : jugé et condamné, il restera en prison jusqu'au début de 1875, retrouvant le catholicisme de son enfance et écrivant des poèmes qui prendront place dans ses recueils suivants : Sagesse (1880), Jadis et Naguère (1884) et Parallèlement (1889). Usé par l'alcool et la maladie, Verlaine meurt à 51 ans, le 8 janvier 1896, d'une pneumonie aiguë. Il est inhumé à Paris dans le cimetière des Batignolles (11e division).

Archétype du poète maudit, Verlaine est reconnu comme un maître par la génération suivante. Son style - fait de musicalité et de fluidité jouant avec les rythmes impairs - et la tonalité de nombre de ses poèmes - associant mélancolie et clairs-obscurs - révèlent, au-delà de l'apparente simplicité formelle, une profonde sensibilité, en résonance avec l'inspiration de certains artistes contemporains, peintres impressionnistes ou compositeurs (tels Reynaldo Hahn, Gabriel Fauré ou Claude Debussy, qui mettront d'ailleurs en musique plusieurs de ses poèmes).

Biographie

Maison natale de Paul Verlaine à Metz

Enfance

Après treize ans de mariage, Nicolas-Auguste Verlaine et son épouse Élisa-Stéphanie Dehée donnent naissance à un fils le 30 mars 1844, au 2, rue de la Haute-Pierre, à Metz. Ils le prénomment Paul-Marie en reconnaissance à la Vierge Marie pour cette naissance tardive, Élisa ayant fait auparavant trois fausses couches[3],[4]. Catholiques, ils le font baptiser en l'église Notre-Dame de Metz. Paul restera le fils unique de cette famille de petite-bourgeoisie assez aisée qui élève aussi depuis 1836 une cousine orpheline, prénommée Élisa.

Son père, militaire de carrière, atteint le grade de capitaine avant de démissionner de l'armée en 1851 : la famille Verlaine quitte alors Metz pour Paris[5]. Enfant aimé et plutôt appliqué, Paul Verlaine devient un adolescent difficile, il est mis en pension par sa famille et obtient son baccalauréat en 1862.

Entrée dans la vie adulte

Paul Verlaine jeune homme, huile de Gustave Courbet.

C'est durant sa jeunesse qu'il s'essaie à la poésie. En effet, en 1860, la pension est pour lui source d'ennui et de dépaysement. Admirateur de Baudelaire, et s'intéressant à la faune africaine, il exprime son mal-être dû à l'éloignement de son foyer, à travers une poésie dénuée de tout message si ce n'est celui de ses sentiments, Les Girafes. « Je crois que les longs cous jamais ne se plairont/ Dans ce lieu si lointain, dans ce si bel endroit/ Qui est mon Alaska, pays où nul ne va / Car ce n'est que chez eux que comblés ils seront ». Ce court poème en quatre alexandrins reste sa première approche sur le domaine poétique, même s'il ne sera publié qu'à titre posthume[réf. nécessaire]. Bachelier, il s'inscrit en faculté de Droit, mais abandonne ses études, leur préférant la fréquentation des cafés et de certains cercles littéraires parisiens comme les Vilains Bonshommes. Il s'intéresse plus sérieusement à la poésie et, en août 1863, une revue publie son premier poème connu de son vivant: Monsieur Prudhomme, portrait satirique du bourgeois qu'il reprendra dans son premier recueil. Il collabore au premier Parnasse contemporain et publie à 22 ans en 1866 les Poèmes saturniens qui montrent l'influence de Baudelaire, mais aussi une musique personnelle orientée vers « la Sensation rendue »[6]. En 1869, paraît le petit recueil Fêtes galantes, fantaisies inspirées par les toiles des peintres du XVIIIe siècle que le Louvre vient d'exposer dans de nouvelles salles[7].

Dans la même période, son père, inquiet de son avenir, le fait entrer en 1864 comme employé dans une compagnie d'assurance, puis, quelques mois plus tard, à la mairie du 9e arrondissement, puis à l'Hôtel de ville de Paris. Il vit toujours chez ses parents et, après le décès du père en décembre 1865, chez sa mère avec laquelle il entretiendra une relation de proximité et de violence toute sa vie. Paul Verlaine est aussi très proche de sa chère cousine Élisa, orpheline recueillie dès 1836[8] et élevée par les Verlaine avec leur fils : il souhaitait secrètement l'épouser, mais elle se marie en 1861 avec un entrepreneur aisé (il possède une sucrerie dans le Nord) ce qui permettra à Élisa de l'aider à faire paraître son premier recueil (Poèmes saturniens, 1866). La mort en couches en 1867 de celle dont il restait amoureux le fait basculer un peu plus dans l'excès d'alcool qui le rend violent : il tente même plusieurs fois de tuer sa mère. Celle-ci l'encourage à épouser Mathilde Mauté qu'un ami lui a fait rencontrer : il lui adresse des poèmes apaisés et affectueux qu'il reprendra en partie dans La Bonne Chanson, recueil publié le 12 juin 1870, mais mis en vente seulement l'année suivante, après la guerre et la Commune. Le mariage a lieu le 11 août 1870 (Paul a 26 ans et Mathilde, 17) ; un enfant, Georges, naîtra le 30 octobre 1871[9].

Le tumulte Rimbaud - Retour à la foi (1872-1875)

Arthur Rimbaud en 1872

Cependant la vie de Paul Verlaine se complique durant la période troublée de la Commune de Paris que soutient le jeune poète qui s'est engagé dans la garde nationale sédentaire, où il est de garde une nuit sur deux dans un secteur calme. Il fuit Paris pour échapper à la répression versaillaise et est radié de l'administration. Sa vie sans horizon devient tumultueuse après la rencontre en septembre 1871 d'Arthur Rimbaud avec lequel il va vivre une relation amoureuse conflictuelle jusqu'en 1873[10]. Ruinant son mariage avec Mathilde qu'il frappe et viole après s'être saoulé à l'absinthe[4] et qui entame une procédure de séparation qui sera prononcée le 24 avril 1874 (le divorce sera prononcé en 1885 : la loi Naquet qui le rétablit date du 27 juillet 1884[11]), Paul Verlaine vit par intermittence avec Arthur Rimbaud : leur relation affichée fait scandale et la violence de Rimbaud crée aussi le tumulte dans le cercle des poètes zutiques où Verlaine l'a introduit, et finalement « le pauvre Lelian » (anagramme de Paul Verlaine) comme il se nomme lui-même, part pour Londres avec « l'époux infernal » en juillet 1872, sa femme rompant de fait définitivement avec lui[8]. Durant des mois de vie errante en Angleterre et en Belgique qui nourriront le recueil Romances sans paroles se succèdent séparation et retrouvailles avec Rimbaud d'une part et tentatives de retour à sa famille où sa mère ne l'abandonne pas. L'épisode Rimbaud s'achève au cours d'une dispute le 9 juillet 1873 à Bruxelles, par les coups de revolver de poche Lefaucheux de Paul Verlaine qui, craignant de voir s'éloigner son amant, blesse superficiellement Arthur au poignet gauche : incarcéré le jour même dans un centre de détention provisoire, il est inculpé pour son geste et stigmatisé pour son homosexualité. Il est condamné à deux ans de prison le 8 août 1873, même si Rimbaud a retiré sa plainte, la pédérastie étant un élément aggravant[4]. La sentence est confirmée en appel le 27 août 1873 et Verlaine est incarcéré à la prison de Bruxelles[12]. À la prison de Mons où il est transféré en octobre 1873, Verlaine -influencé par la vie de Benoît Labre - retrouve la foi catholique et écrit des poèmes en prose qui prendront place dans ses derniers recueils Sagesse (1880), Jadis et Naguère (1884), Parallèlement (1889) et Invectives (1896), puis dans les Œuvres posthumes. La composition en prison de trente-deux poèmes (poésie naïve et savante teintée de lyrisme romantique, elle évoque sa crise d'identité), insérés dans ces recueils, est issu d'un manuscrit autographe datant de 1873-1875, intitulé Cellulairement, entré dans le Musée des lettres et manuscrits depuis 2004 et classé trésor national depuis le 20 janvier 2005[13].

Libéré le 16 janvier 1875 avec une remise de peine de presque une année pour bonne conduite, Verlaine tente en vain une réconciliation avec Mathilde qui obtiendra finalement le divorce et la garde de son enfant en mai 1885[11]. Il passe deux jours et demi avec Rimbaud à Stuttgart « reniant son dieu » : c'est leur dernière rencontre et Rimbaud remet à Verlaine le texte des Illuminations que Verlaine fera publier en 1886[8].

Lucien Létinois - Apaisement passager (1877-1883)

En mars 1875, Verlaine s'installe à Londres comme professeur de grec, latin, français et dessin. Il passe ses vacances avec sa mère. Il rencontre Germain Nouveau, un ancien ami de Rimbaud, et enseigne ensuite dans différentes villes anglaises. Il revient en France en juin 1877. À la rentrée d'octobre, il occupe un poste au collège Notre-Dame de Rethel. Il s'y éprend vivement d'un de ses élèves âgé de 17 ans, Lucien Létinois[14]. En septembre 1879, Paul et Lucien partent pour l'Angleterre, où Verlaine enseigne de nouveau. Ils deviennent amants. Leur attachement semble avoir été réciproque et sincère. Verlaine reporte sur Lucien, dont il admire la grâce et aime la douceur, ses sentiments paternels frustrés. En mars 1880, ils s'installent à Juniville, dans le sud du département des Ardennes. Avec l'argent de sa mère, Verlaine a acheté une ferme aux parents de Lucien, agriculteurs au village voisin de Coulommes-et-Marqueny où est né le jeune homme. Mais l'affaire, mal gérée, périclite vite. En janvier 1882, Verlaine doit revendre la propriété à perte[15]. Paul rentre à Paris. Lucien s'installe, avec ses parents, à Ivry-sur-Seine[16]. Le 7 avril 1883, Lucien meurt subitement de la fièvre typhoïde[17]. Il n'a que 23 ans. Profondément désespéré par la perte de son « fils adoptif », Verlaine lui consacrera 25 poèmes, placés à la fin du recueil Amour (1888)[18].

La déchéance

Paul Verlaine en 1890 (Portrait par Eugène Carrière)

Rentré à Paris en 1882, Verlaine essaie en vain de réintégrer l'administration. Il renoue avec les milieux littéraires. En 1884, il publie un essai remarqué sur les Poètes maudits et le recueil Jadis et naguère, qui rassemble des poèmes écrits une décennie plus tôt et que couronne le célèbre Art poétique, publié en revue dès 1874, qui revendique un art « sans rien en lui qui pèse ou qui pose ». Il est alors reconnu comme un maître et un précurseur par les poètes partisans du symbolisme ou du décadentisme. Dans son roman À rebours paru en 1884, J.-K. Huysmans lui réserve une place prééminente au sein du Panthéon littéraire de Des Esseintes. À partir de 1887, sa célébrité dépasse même les cercles littéraires : le jeune compositeur Reynaldo Hahn chante dans le salon d'Alphonse Daudet, devant le poète, son premier cycle de mélodies, les Chansons grises, qui regroupe sept poèmes de l'auteur[19]. En 1894, malgré sa négligence physique et l'opprobre attaché à son nom, il est désigné comme « Prince des Poètes ».

Le no 39 de la rue Descartes en 2011 avec une plaque commémorative.

Son alcoolisme entraîne des crises de violence répétées. Il est emprisonné à Vouziers, du 13 avril au 13 mai 1885, pour avoir tenté une nouvelle fois d'étrangler sa mère, avec laquelle il vit toujours (elle mourra le 21 janvier 1886). Longue déchéance, sa fin de vie est quasiment celle d'un clochard, hantant cafés et hôpitaux et condamné à des amours « misérables »[20]. Soutenu par de rares subsides publics ou privés, il donne quelques conférences. Il ne produit plus guère que des textes d'occasion, dont des poèmes érotiques, voire pornographiques. Souffrant de diabète, d'ulcères et de syphilis[21], il meurt d'une congestion pulmonaire le 8 janvier 1896, à 51 ans, au 39 rue Descartes, dans le Ve arrondissement de Paris[22]. Ses obsèques ont lieu le 10 janvier 1896 en l'église Saint-Étienne-du-Mont. Il est inhumé au cimetière des Batignolles à Paris, dans la 20e division, zone qui se trouve actuellement en dessous du boulevard périphérique. En 1989, sa tombe a été transférée dans la 11e division, en première ligne du rond-point central[23].

Avec cette vie en complète rupture avec la morale bourgeoise de son temps, Paul Verlaine est devenu une figure emblématique du poète maudit, comme Arthur Rimbaud qu'il a fait connaître et qui est mort le 10 novembre 1891.

L'œuvre de Paul Verlaine

Verlaine photographié par Dornac dans un café de Mouffetard et buvant une absinthe (après 1893, Musée Carnavalet de Paris).

Paul Verlaine est avant tout un poète : son œuvre offre moins d'une dizaine de courts recueils publiés entre 1866 et 1890, mais les poèmes ont été écrits pour l'essentiel avant 1880, c'est-à-dire entre 22 et 35 ans. Les textes ultérieurs sont très inégaux et souvent de caractère alimentaire.

Ses textes en prose sont tardifs et surtout autobiographiques (Les Mémoires d'un veuf, 1886, Mes Hôpitaux, 1891, Mes Prisons 1893). Son essai sur Les Poètes maudits (1884) tient cependant une grande place par les découvertes qu'il contient : Tristan Corbière, Arthur Rimbaud et Stéphane Mallarmé, et dans la seconde édition, parue en 1888, Marceline Desbordes-Valmore, Villiers de L'Isle-Adam et Pauvre Lelian (anagramme de Paul Verlaine).

La carrière poétique de Paul Verlaine s'ouvre avec les Poèmes saturniens de 1866, bref recueil de 25 poèmes qui rencontre peu d'écho[24] mais Verlaine s'annonce comme un poète à la voix particulière, jouant subtilement sur les mètres pairs et impairs, les rythmes rompus et les formes courtes dont le sonnet. Se plaçant sous la sombre égide de Saturne, il cultive une tonalité mélancolique qui fait de certains poèmes des incontournables de la poésie lyrique (« Mon rêve familier », « Soleils couchants », « Promenade sentimentale », « Chanson d'automne »[25]). Fêtes galantes de 1869, composé de 22 poèmes aux mètres rapides et aux strophes peu nombreuses et courtes, se présente au premier abord comme un recueil de fantaisies à la manière de Watteau dans lesquelles Verlaine multiplie les jeux de prosodie, mais le sentiment de l'échec et de la vanité des jeux amoureux des petits marquis et des Colombines colore peu à peu le recueil, jusqu'au poème final, le célèbre « Colloque sentimental » où « Dans le vieux parc solitaire et glacé […] / L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. »[26].

La Bonne Chanson paraît en 1872, mais l'édition était prête dès 1870[27]. Il s'agit de 21 poèmes dédiés à sa fiancée Mathilde et écrits pendant l'hiver 1869 et au printemps 1870 qui constituent « une chanson ingénue », plutôt convenue et sans doute un peu mièvre[28]. Citons en exemple une strophe du poème XIX : « Donc, ce sera par un clair jour d'été : /Le grand soleil, complice de ma joie, /Fera, parmi le satin et la soie, /Plus belle encor votre chère beauté ».

Il n'en va pas de même des poèmes écrits dans les années du tumulte qu'apporte Arthur Rimbaud dans la vie de Paul Verlaine : une part de ceux-ci est regroupée dans Romances sans paroles, bref recueil de 21 courts poèmes, qui est publié en 1874 pendant son séjour en prison en Belgique. Une touche nouvelle apparaît, plus dynamique avec des instantanés nourris des souvenirs amoureux et des impressions reçues lors de la vie errante avec « l'homme aux semelles de vent » en Belgique et en Angleterre (« Quoi donc se sent ? /L'avoine siffle. /Un buisson gifle /L'œil au passant. » « Charleroi »). Les sous-titres comme « Ariettes oubliées » ou « Aquarelles » renvoient à des mélodies légères (« Il pleure dans mon cœur /Comme il pleut sur la ville », « Ariettes oubliées », III) et à des «choses vues », Verlaine notant comme un peintre impressionniste la correspondance entre les états d'âme et les paysages[29] : « L'ombre des arbres dans la rivière embrumée /Meurt comme de la fumée, /Tandis qu'en l'air, parmi les ramures réelles, /Se plaignent les tourterelles. / Combien, ô voyageur, ce paysage blême /Te mira blême toi-même, /Et que tristes pleuraient dans les hautes feuillées /Tes espérances noyées ! » Romances sans paroles, « Ariettes oubliées », IX.

Sagesse (1881) comporte un plus grand nombre de poèmes plus amples (47) et montre une autre voie. Verlaine revient sur son parcours douloureux avant de montrer sa transformation mystique[30] quand il retrouve la foi catholique (« Ô mon Dieu vous m'avez blessé d'amour », II, 1) sans faire disparaître son mal de vivre (« Je ne sais pourquoi/Mon esprit amer /D'une aile inquiète et folle vole sur la mer. » Sagesse, III, 7, qui associe des vers impairs de 5, 9 et 13 syllabes et la fonction du refrain) avec une grande force suggestive (« Et l'air a l'air d'être un soupir d'automne, / Tant il fait doux par ce soir monotone / Où se dorlote un paysage lent »[31].

Tombe de Paul Verlaine

Jadis et Naguère de 1884 (42 pièces) est un recueil assez disparate qui reprend pour l'essentiel des poèmes écrits plus de dix ans plus tôt. Il comporte le célèbre « Art poétique » qui proclame dès le premier vers les choix de Verlaine : « De la musique avant toute chose / Et pour cela préfère l'impair / Plus vague et plus soluble dans l'air, / Sans rien en lui qui pèse ou qui pose ». On y trouve aussi le poème « Langueur »[32] et ses fameux premiers vers : « Je suis l'Empire à la fin de la décadence/Qui regarde passer les grands barbares blancs / En composant des acrostiches indolents, / D'un style d'or où la langueur du soleil danse » qui furent reconnus comme fondateurs par les décadentistes.

Poète de la confidence, de la musicalité et de la suggestion, Verlaine a pu se voir reprocher[33] sa complaisance pour la mélancolie d'homme malheureux (Pauvre Lelian dit-il en parlant de lui, J'ai perdu ma vie conclut-il dans Parallèlement (Révérence parler, I) et sa langueur décadente, et on a pu aussi critiquer sa « fadeur »[34]. Néanmoins cette voix dont on retient les murmures constitue une des formes importantes du renouveau poétique dans le dernier tiers du XIXe siècle[35] et son influence sera grande, à travers les symbolistes comme Jean Moréas et les décadentistes, et le poète aura de nombreux héritiers comme Guillaume Apollinaire qui selon Michel Décaudin « tend une main à Verlaine » avant de s'ouvrir à d'autres modernités[36].

Verlaine a également publié d'autres recueils mineurs qui cultivent souvent une veine érotique comme Parallèlement (1889) ou plus encore Femmes (1890) et Hombres (écrit en 1891). Paul Verlaine, poète bisexuel, aborde dans son œuvre les amours hétérosexuelles comme homosexuelles[37].

Liste des œuvres

Un coin de table par Henri Fantin-Latour (1872)
Verlaine se trouve en bas à gauche et Rimbaud est assis à ses côtés.
Fichier audio
Mandoline
Poème Mandoline des Fêtes galantes mis en musique par Claude Debussy en 1882 et interprété par Nellie Melba en 1913.
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Les Œuvres complètes de Paul Verlaine éditées dans la Bibliothèque de la Pléiade sous la direction de Jacques Borel, composées des Œuvres poétiques complètes (1938 puis 1962, un volume), et des Œuvres en prose complètes (1972, un volume) forment l'édition de référence du corpus verlainien, suivie ici pour dresser la liste exhaustive des œuvres de Verlaine.

Œuvres poétiques

Recueils en vers

Chanson d'automne
sur un mur d'immeuble à Leyde, Pays-Bas

Recueils érotiques

Verlaine a publié trois œuvres licencieuses « sous le manteau » afin de contourner la censure :

Œuvres non recueillies

  • Premiers vers (1858-1866) : La Mort, [Fragment d'une imitation des Petites Vieilles de Baudelaire], Crépitus, Imité de Catulle, Imité de Cicéron, Aspiration, Fadaises, Les Dieux, Charles le fou (fragment), Des Morts, À Don Quichotte, Un soir d'octobre, Torquato Tasso, L'Apollon de Pont-Audemer, Vers dorés.
  • Œuvres en collaboration (1867-1869) : Qui veut des merveilles ?, revue de l'année 1867, en collaboration avec François Coppée (paru dans Le Hanneton dirigé par Eugène Vermersch, 7e année, no 1, 2 janvier 1868) ; Vaucochard et Fils Ier, opéra-bouffe en un acte (fragments), en collaboration avec Lucien Viotti, musique d'Emmanuel Chabrier (vers 1869).
  • Poèmes contemporains des Poèmes saturniens et des Fêtes galantes (1866-1869) : « D'ailleurs en ce temps léthargique » (quatrain)[41], L'Enterrement, Chanson du pal (fragments), La Machine à coudre et le cerf-volant (1868), L'Ami de la nature (1868), poème sur l'air de La Femme à barbe (1868), Sur le calvaire, Le Monstre, Au pas de charge, Étant né très naïf (1869).
  • Appendice à La Bonne Chanson (1869-1870) : Vieilles « bonnes chansons » : Vœu final, L'Écolière, À propos d'un mot naïf d'elle.
  • Contribution à L'Album zutique (vers 1871-1872) : À Madame ***, Sur un poète moderne, Vieux Coppées (« Souvenir d'une enfance ... » ; « Le sous-chef est absent ... » ; « Bien souvent dédaigneux ... »), Bouillons-Duval, « Offrant à Jésus-Christ... ».
  • Poèmes contemporains de La Bonne Chanson et des Romances sans paroles (1870-1873) : Les Renards (1870), Retour de Naples (1871)[42], Après les massacres de 1871 (1871 ?), Le Bon Disciple (mai 1872), « Vive notre grand Monarquô » (quatrain, 18 mai 1873).
  • Reliquat de Cellulairement et poèmes contemporains de Sagesse (1873-1878) : ΙΗΣΟΥΣ ΧΡΙΣΤΟΣ ΘΕΟΥ ΥΙΟΣ ΣΩΤΗΡ (1873), Faut hurler avec les loups ! (chansonnette écrite sous le pseudonyme de Pablo de Herlañes, chantée par Edmond Lepelletier au théâtre des Folies-Hainaut) ; « Les écrevisses ont mangé mon cœur » (Vieux Coppées, été 1873) ; Sur Jules Claretie (1874) ; « Dites, n'avez-vous pas », « Pour charmer tes ennuis », « Endiguons les ruisseaux » (Vieux Coppées, 1874) ; Autres Vieux Coppées : « Épris d'absinthe pure » (24 août 1875), « La sale bête ! » (Hiver 1875-1876), « C'est pas injuss' de s'voir » (1876), « Je renonce à Satan », « N. DE D. ! J'ai rien voyagé » (fin 1876), « Ah merde alors, j'aim' mieux » (1877) ; Sur Rimbaud (Londres, 1876 ?), La Tentation de Saint-Antoine (1878).
  • Poèmes contemporains de Parallèlement (1889) : En 17... (), Écrit entre Chambéry et Aix (1889), « Ça, c'est un richard qu'on emporte » (quatrain), « On m'a massé comme un jeune homme » (quatrain), Sur Raoul Ponchon (1889), Écrit en marge de « Wilhelm Meister » ().
  • Poèmes divers (1890-1896) : Éventail Directoire, « Vos yeux sont deux flambeaux » (juillet 1890), À Eugène Carrière (7 novembre 1890), Dédicace manuscrite à Vanier (1891), À Mademoiselle Sarah, Rotterdam (novembre 1892), Le Rouge, À Madame ***, « Plus d'infirmière », « J'fus un bel enfant bleu  », Je suis un poète entre deux, Triolets (1893 ?), Le Charme du Vendredi Saint : « La Cathédrale est grise admirablement » (Paris, ) et « Le soleil fou de mars » (), Voyages (), Impression de printemps (), Demi-teintes (juin 1893), Ex Imo (, hôpital Broussais), À Ph..., À ma femme (, Broussais), Cordialités : « Dans ce Paris] où l'on est voisin et si loin », « Deux colibris parisiens, deux cancaniers », Pour une fête, Pour les gens enterrés au Panthéon, « La Croix sans or du Panthéon » (1893), À Monsieur et Madame Tarlé (, Broussais), Contre la jalousie (, Broussais) : « La jalousie est multiforme », « D'ailleurs, la jalousie est bête », « Bah ! confiance ou jalousie ! », « Et pourquoi cet amour dont plus d'un sot s'étonne », Craintes (, Broussais), Visites (), Retraite (), Paris, À Mademoiselle Marthe (, Broussais), Conquistador (Londres, ), Souvenir du (Dieppe-Newhaven), Paul Verlaine's Lecture at Barnad's Inn (Londres, ), Oxford (), Traversée (Douvres-Calais, ), In the refreshment room (novembre ou décembre 1893 ?), Bergerades, Morale, Hôpital, Lamento, Toast (), Féroce (), Tristia, Meloria, Optima, Pâques, Assomption, Prière, À Fernand Crance (), Pour une affiche du salon des « Cent » (), À Madame Marie M... (), Écrit sur un lvre de notes intimes (, hôpital Bichat), Quand même (, Bichat), Pour le Nouvel An, Acte de foi, À Célimène (), Pour E... (« Ô la femme éternellement »), Pour E... (« J'aime ton sourire »), Pour E... (« Quelle colère injuste et folle »), À Eugénie : « Ô toi, seule bonne entre toutes ces femmes », « Mais il te faut m'être si douce », Épilogue en manière d'adieux à la poésie « personnelle » (), Ægri Somnia (), Anniversaire (), Conseil (), Début d'un récit diabolique ( ?), Souvenirs d'hôpital : « La vie est si sotte vraiment », « D'ailleurs, l'hôpital est sain », Intermittences, Sites urbains, Clochi-clocha, En septembre (), Reçu (Mardi gras 1895), Distiques : « Bloy, Tailhade et Jean Moréas », « Ces faux chauves qui sont les plus beaux trios », « Richepin, Péladan et Catulle Mendès », Qui est beau, Impromptu, Monna Rosa, Mort ! () ; Vive le Roy ! () ; poèmes d'Arthur Symons traduits par Verlaine : Prélude aux « London Nights », Aux Ambassadeurs, Prière à saint Antoine de Padoue, Dans la vallée de Llangollen.
  • Le Livre posthume (1893-1894)
  • Œuvres oubliées (1926-1929)

Recueils abandonnés ou inachevés

  • Les Vaincus : recueil exaltant l'héroïsme des « vaincus » de la Commune de Paris.
  • Cellulairement : recueil de poèmes composés, comme son titre l'indique, en prison, entre octobre 1873 et janvier 1875.
  • Varia : recueil projeté vers 1893, très probablement alimentaire, composé de 57 poèmes tous récupérés dans les Poèmes divers[43].

Œuvres en prose

Œuvres de fiction

  • Les Mémoires d'un veuf (1886)
  • Louise Leclercq - Le Poteau - Madame Aubin - Pierre Duchatelet (1886)
  • Histoires comme ça (1888-1890)
  • L'Obsesseur (1893)
  • Conte pédagogique (1895)

Œuvres autobiographiques

  • La Goutte (1885 ?)
  • Gosses (1889-1891) : Gosses ; Histoires comme ça. Gosses ; [Jeanne Tresportz] ; Gosses ; Gosses [Mômes-monocles].
  • Mes hôpitaux (1891)
  • Souvenirs (1891) : Mes souvenirs de la Commune ; Souvenirs sur Théodore de Banville ; Souvenirs d'hôpital ; Au quartier. Souvenirs des dernières années..
  • Bénéfices (1891)
  • Le Diable (1891)
  • Chronique de l'hôpital. L'Ennui, là (1892)
  • Souvenirs d'un Messin (1892)
  • Mes prisons (1893)
  • Quinze jours en Hollande. Lettres à un ami (1893)
  • Onze jours en Belgique (1893)
  • Un tour à Londres (1894)
  • Croquis de Belgique
  • Confessions (1895)
  • Croquis de Belgique (1895)
  • [Dernières chroniques de l'hôpital] (1895)
  • Enfance chrétienne (posthume)
  • [Fragment dont on a pu retrouver la date, et où Verlaine parle de sa mort à cinquante-deux ans] (posthume)
  • La Mère souris (posthume)
  • Les Bigarrures de l'honneur (posthume)

Œuvres critiques

no 241, nov. 1885, Leconte de Lisleno 243, déc. 1885, François Coppéeno 244, 1885, complétée en 1894, Paul Verlaineno 258, Villiers de l’Isle-Adamno 265, Armand Silvestreno 274, Edmond de Goncourtno 280, Jean Richepinno 282, Jules Barbey d’Aurevillyno 284, Sully-Prudhommeno 287, Léon Dierxno 296, Stéphane Mallarméno 303, Maurice Rollinatno 318, vers nov. 1888, Arthur Rimbaudno 320, fév. 1888, Léon Vanierno 332, août 1888, Anatole Bajuno 335, oct. 1888, Charles Crosno 338, nov. 1888, René Ghilno 346, Anatole Franceno 385, Louis-Xavier de Ricardno 396, Albert Mératno 398, André Lemoyneno 399, 1892, Georges Lafenestreno 400, 1892, Raoul Ponchonno 401, Gabriel Vicaireno 405, 1892, José-Maria de Herediano 406, André Theurietno 424, 1893, Francis Poictevin — (non publiée) A. Cazals — (non publiée) Maurice Bouchor.

Œuvres polémiques et récits de voyages

  • Les Imbéciles (1867)
  • Articles du Rappel (1869)
  • Voyage en France par un Français (1880)
  • Vieille Ville (1889)
  • Nos Ardennes (1882-1883)

Iconographie

Portraits contemporains et posthumes

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À ces artistes ayant fait le portrait de Verlaine, il convient d'ajouter Antonio de La Gandara qui réalisa à la demande de Robert de Montesquiou plusieurs esquisses lesquelles sont consultables à la BNF (cote : N°2 - D270097), au musée des Beaux-arts de Nantes et dans une collection privée[évasif].

Manuscrits

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Dessins

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Bibliographie

Principales éditions modernes

  • Œuvres poétiques complètes, texte établi et annoté par Y.-G. Le Dantec, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1938 ; complété et présenté par Jacques Borel, 1962.
  • Œuvres en prose complètes, texte établi, présenté et annoté par Jacques Borel, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1972.
  • Œuvres complètes, présentation chronologique d'après manuscrits, textes originaux et variantes, par Jacques Borel et Samuel Silvestre de Sacy, 2 vol., Paris, Le Club Du Meilleur Livre, 1959.
  • Œuvres poétiques, textes établis avec chronologie, introductions, notes, choix de variantes et bibliographie par Jacques Robichez, Garnier, 1969.
  • Verlaine et les siens, heures retrouvées : poèmes et documents inédits, André Vial, Nizet, 1975.
  • Paul Verlaine, Nos murailles littéraires ; textes retrouvés, présentés et annotés par Michael Pakenham, Paris, l'Échoppe, 1997.
  • Romances sans paroles, suivi de Cellulairement ; éd. critique établie, annotée et présentée par Olivier Bivort, Livre de poche, 2002.
  • Paul Verlaine, Correspondance générale : I, 1857-1885, collationné, présenté et annoté par Michael Pakenham, Paris, Fayard, 2005.
  • Paul Verlaine, Hombres/Chair Manuscrits, édition critique établie par Pierre-Marc de Biasi, Deborah Boltz et Seth Widden, collection L'Or du Temps, Paris : Textuel, 2009.

Études

  • Thomas Braun Paul Verlaine en Ardenne, Les Marches de l'Est, Paris, 1909
  • Alain Buisine, Verlaine. Histoire d'un corps, Tallandier, coll. « Figures de proue », 1995
  • Francis Carco, Verlaine, poète maudit, Albin Michel, 1948. Avec 16 planches hors-texte en blanc et noir par Cazals, Robert Vallès, etc.)
  • Frédéric-Auguste Cazals et Gustave Le Rouge, Les Derniers Jours de Paul Verlaine, Paris, Mercure de France, 1911.
  • Christophe Dauphin, Paul Verlaine, un centenaire en clair-obscur, Poésie 1/Vagabondages no 46, 2006
  • Christophe Dauphin, Verlaine ou les Bas-fonds du sublime, dessin de Daniel Pierre dit Hubert, postface de Jacques Taurand, éditions de Saint-Mont, 2006
  • Guy Goffette, Verlaine d'ardoises et de pluie, Gallimard, 1996. Une biographie romancée et impressionniste du poète.
  • Edmond Lepelletier, Édition sur Wikisource Paul Verlaine sa vie, son œuvre, Paris, Mercure de France,‎
  • Nicolas Pinon, Alcool, drogues et création artistique ? Essai de mise en perspective à travers la figure paradigmatique de Paul Verlaine, Louvain-la-Neuve, Presses Universitaires de Louvain, 2013 (ISBN 978-2-87558-243-0)
  • Jean Teulé, Ô Verlaine !, 2004. Une version de la fin de Verlaine

Éditions illustrées

Hommages

Mise en musique

Musique classique

  • Charles Bordes : Paysages tristes (Soleils couchants, Chanson d’automne, L’Heure du berger, Promenade sentimentale), Ô triste, triste était mon âme et Spleen (1886) ; Green (1887) ; Épithalame (1888) ; Le son du cor s’afflige vers les bois (1888, rév. 1896) ; La Bonne Chanson (1889) ; Dansons la gigue (1890) ; Paysage vert (1894) ; Sur un vieil air (1895) ; Promenade matinale (1896) ; La Ronde des prisonniers (1899) ; Ô mes morts tristement nombreux (1903)
  • Claude Debussy : Fantoches, En sourdine, Mandoline, Clair de lune (1882) ; Pantomime (1883) ; Ariettes oubliées (1885-1887, rév. 1903) ; Trois mélodies (1891) et Fêtes galantes (1892)
  • Gabriel Fauré : Clair de lune (1887), Prison (1896)
  • Reynaldo Hahn : Les Chansons grises (Chanson, Tous deux, L’allée est sans fin, En sourdine, L'Heure exquise', Paysage triste et La Bonne Chanson, 1893), D'une prison (1896)
  • Arthur Honegger : Un grand sommeil noir (1944)
  • Julien Joubert : Ariettes oubliées (1997) ; Aquarelles (2011)
  • Sylvio Lazzari : Deux poèmes (1901) ; Effet de nuit, symphonie d'après Paul Verlaine (1904)
  • Darius Milhaud : Traversée pour chœur mixte (1961)
  • Charles Tournemire, Sagesse (« Mon Dieu m'a dit… », 1908)
  • Edgard Varèse : Un grand sommeil noir (1906)
  • Philippe Jaroussky : Green (2015)

Chanson française

  • Salvatore Adamo : Pauvre Verlaine (1968)
  • Julos Beaucarne : Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant (Mon rêve familier), Voici des fruits, des fleurs (Green) et N'est-ce pas sur l'album 20 ans depuis 40 ans (1997)
  • Georges Brassens : Colombine sur l'album Je me suis fait tout petit (1956) ; L'Enterrement de Verlaine, poème de Paul Fort sur le 45 tours Hommage à Paul Fort (1961)
  • Benoît Dayrat : Green sur l'album Cantiques païens (1999)
  • Léo Ferré (24 poèmes) :
    • Écoutez la chanson bien douce, Il patinait merveilleusement, Mon rêve familier, Soleils couchants, L'espoir luit comme un brin de paille dans l'étable, Art poétique, Pensionnaires, Âme, te souvient-il ?, Chanson d'automne, Green, Je vous vois encor (Birds in the Night), Ô triste, triste était mon âme, Clair de lune et Sérénade sur l'album Verlaine et Rimbaud (1964)
    • Colloque sentimental et Si tu ne mourus pas entre mes bras sur l'album On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans (1986)
    • Il pleure dans mon cœur, Sur le balcon, Mon fils est mort, Marco, Dans l'interminable, Cauchemar, Nocturne parisien et Croquis parisien sur l'album posthume Maudits soient-ils ! (2004)
  • Danièle Gilbert : Colloque sentimental et Il pleure dans mon cœur sur l'album Danse avec les mots (1992)
  • Allain Leprest : Pauvre Lélian sur l'album Quand auront fondu les banquises (2008)
  • Vadim Piankov : Chanson d'automne et La Bonne Chanson sur l'album Vadim Piankov en concert (1996)
  • François Porché : Verlaine tel qu'il fut (1933)
  • Laurent Pierquin : Paul Verlaine : Œuvres libres, 10 poèmes extraits des recueils d'œuvres libres mis en chanson, Skill And Style (2009)
  • Charles Trenet : Verlaine (1941) ; reprise par Jacques Higelin sur l'album Higelin enchante Trénet (2005)
  • Jean-Marc Versini : 19 poèmes sur l'album Paul Verlaine chanté par Jean-Marc Versini (2008)

Dans sa chanson Seule à seule sur l'album collectif de Sol En Si (1995), Jacques Higelin fait référence à Chanson d'automne : « Les sanglots longs des violons de l'automne / Déposent en mon âme / Le chant si monotone / De la douleur ».

Jazz

Rock/Pop

  • John Greaves : Verlaine (2008)
  • Peste noire : Soleils couchants - de Verlaine sur l'album Ballade cuntre lo Anemi francor (2009)

Divers

  • Ghédalia Tazartès : Chanson d'automne sur l'album Voyage à l'ombre (1997) ; Femme et Chatte sur le mini CD 5 Rimbaud 1 Verlaine (2006)

Spectacles

Expositions

Notes et références

  1. a et b Pseudonyme utilisé lors de la publication des Amies en 1867. Pablo de Herlagnez est le pseudonyme de la premiere édition alors que Pablo-Maria de Herlañes est celui de la seconde.
  2. Pseudonyme utilisé pour signer des textes critiques sur sa propre œuvre, comme dans Les Hommes d'aujourd'hui, no 244, (1885, complétée en 1894), Paul Verlaine.
  3. Le père a alors 46 ans et la mère 35 ; cette dernière a gardé longtemps sur la cheminée familiale les bocaux renfermant les fœtus de ses fausses-couches. Cf. Michel Malherbe, L'Euphonie des “Romances sans paroles” de Paul Verlaine, Rodopi, 1994, p. 187.
  4. a, b et c David Caviglioli, « Sodomie, alcool et revolver à six coups », sur Le Nouvel Obs,‎
  5. Gilles Vannier, Paul Verlaine ou l'Enfance de l'art, éd. Champ Wallon, 1993, p. 147 et suivantes.
  6. Lettre à Mallarmé du 22 novembre 1866
  7. Gilles Vannier, op. cit., p. 149.
  8. a, b et c (en) Ernst Delahave, Biography of Paul Verlaine.
  9. Il meurt le 2 septembre 1926.
  10. Biographie de Verlaine : « Verlaine et Rimbaud : la rencontre » sur bibliolettres.com.
  11. a et b « verlaine, paul dossier sur le di - document - sotheby's pf1203lot677sten », sur sothebys.com (consulté le 4 mars 2016)
  12. Bernard Bousmanne et René Guitton, “Reviens, reviens cher ami” : Rimbaud-Verlaine, l'affaire de Bruxelles, Calmann-Lévy,‎ (ISBN 2702137210), p. 169
  13. Post Scriptum Cellulairement de Paul Verlaine sur le site du Musée des lettres et manuscrits.
  14. Voir acte de naissance no 5 (vue 120) sur le site des Archives départementales des Ardennes. Coulommes-et-Marqueny. Actes d'état civil de 1860.
  15. L'auberge, située face à l'endroit où demeurait le poète, est aujourd'hui un musée Verlaine.
  16. La mère de Lucien y décédera 8 mois après son fils, sans doute de chagrin. Voir acte no 747 (vue 195) sur le site des Archives départementales du Val-de-Marne. Ivry-sur-Seine. Décès de 1883.
  17. Voir 5803 acte no 1001 (vue 8) sur le site des Archives de Paris. 5e arrondissement. Décès de 1883.
  18. Gilles Vannier, op. cit., p. 154-155.
  19. Biographie de Reynaldo Hahn sur musicologie.org.
  20. Gilles Vannier, op. cit., p. 154-157.
  21. Paul Verlaine sur memo.fr.
  22. Biographie de Verlaine : « La vie sans Rimbaud » sur bibliolettres.com.
  23. « Verlaine, sa mort, sa tombe » sur tombes-celebrites.com.
  24. « Les audaces en tous genres qui émaillent les Poèmes saturniens feront l'objet de nombreuses railleries dans la presse ». Olivier Bivort, « Autocritique des Poèmes saturniens », Fabula 29 décembre 2007.
  25. « Ces vers, entre plusieurs autres, témoignaient dès lors d'une certaine pente à une mélancolie tour à tour sensuelle et rêveusement mystique », ibid..
  26. « Merveille de finesse et de doigté, frémissant en plus d'une sensibilité sourde et comme voilée, ce recueil est une rare réussite poétique. » Georges Zayed, « La tradition des Fêtes galantes et le lyrisme verlainien », Cahiers de l'Association internationale des études françaises, vol. 43 n°1, 1991, p. 281-299.
  27. « L'achevé d'imprimer est du 12 juin 1870 ». Louis Aguettant, Verlaine, éd. du Cerf, 1978, p. 57.
  28. « Verlaine a perdu une grande partie de son énergie poétique ». Gilles Vannier, op. cit., p. 60.
  29. « Si Verlaine a le goût des vers bien travaillés et des formes savantes, il accorde trop de prix aux impressions vagues et aux nuances de l'âme, à la fugitivité du sentiment et au charme de la mélodie pour jamais se faire un dogme de l'impassibilité. » Jean-Michel Maulpoix, « Un passant peu considérable ? », La Poésie malgré tout, Mercure de France, 1996 (extrait en ligne).
  30. « Sagesse n'est pas séparable de la métamorphose que Verlaine a connue au mois de juin 1874, lorsqu'il s'est converti dans la prison où il avait été conduit pour avoir, à Bruxelles, tiré sur Rimbaud ». Oliver Bivort, Prière d'insérer, Le Livre de poche.
  31. « Le son du cor s'afflige vers les bois », III, 9.
  32. « À la manière de plusieurs », II.
  33. Notamment par Charles Maurras dans un article paru dans La Plume n° 163 du 1er février 1896 : « Grâce à Verlaine, un tas de jeunes gens tinrent ce rôle bienfaisant et profitable et, de mauvais bateaux, devinrent d'utiles épaves. Ils marquent bien la route que nous ne suivrons pas ». Il ajoute à propos de Langueur : « Telle que la voilà dans ce rare sonnet, [la convenance] donne l'aveu parfait de la faiblesse, de l'impuissance, du découragement et de la décadence secrète du poète. Syntaxe faible, prosodie désorganisée, pensées tout amollies, j'en tombe d'accord sans difficulté. Or, en art moins qu'ailleurs, les fautes avouées sont des fautes remises. La conscience de la laideur et du mal est d'un efficace médiocre, si elle n'est accompagnée d'un ferme élan vers la beauté. » Charles Maurras, Paul Verlaine : Les Époques de sa poésie. Quatrième époque (1874-1890).
  34. Jean-Pierre Richard, « Fadeur de Verlaine », Onze études sur la poésie moderne, Seuil, 1964.
  35. « L'auteur des Fêtes galantes [a] ouvert la sensibilité du public sur des horizons nouveaux ». Gilles Vannier, op. cit., p. 7.
  36. « Apollinaire n'est pas le poète des provocations, mais bien celui d'une chanson ; dans le sillage de Nerval et de Verlaine dont il est l'héritier direct ». Jean Jacques Lévêque, Les Années folles(1918-1939) : Le Triomphe de l'art moderne, éd. ACR, 1992, p. 12.
  37. (en) Gretchen Schultz, Paul Verlaine, An Encyclopedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender, and Queer Culture, 2002, p. 1.
  38. Notice de Parallèlement dans Œuvres poétiques complètes, texte établi et annoté par Y.-G. Le Dantec, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1938, complété et présenté par Jacques Borel, 1972, p. 472.
  39. « Chronologie », ibid., p. XLII.
  40. Notice de Parallèlement, ibid., p. 475.
  41. Publié en épigraphe à la nouvelle Claire Lenoir de Villiers de l'Isle-Adam, parue dans la Revue des Lettres et des Arts le 13 octobre 1867.
  42. Sonnet signé « J.-M. de Heredia » car composé à la manière de José-Maria de Heredia. Cf. lettre de l'auteur à Émile Blémont le 13 juillet 1871 dans lequel le poème est inséré.
  43. Notice des Poèmes divers, Œuvres poétiques complètes, op. cit., p. 1329.
  44. Verlaine, cellule no 252 sur le site de Mons 2015.

Annexes

Articles connexes

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