Douvres-la-Délivrande

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Douvres-la-Délivrande
La basilique Notre-Dame.
La basilique Notre-Dame.
Blason de Douvres-la-Délivrande
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Arrondissement Caen
Canton Courseulles-sur-Mer
Intercommunalité Communauté de communes Cœur de Nacre
Maire
Mandat
Thierry Lefort
2014-2020
Code postal 14440
Code commune 14228
Démographie
Population
municipale
5 156 hab. (2014)
Densité 481 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 17′ 36″ nord, 0° 22′ 46″ ouest
Altitude Min. 17 m – Max. 58 m
Superficie 10,71 km2
Localisation

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Douvres-la-Délivrande
Liens
Site web www.douvres-la-delivrande.fr

Douvres-la-Délivrande est une commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de 5 156 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Douvres est située au nord de l'agglomération caennaise, juste en arrière de la Côte de Nacre, ce qui en fait un nœud routier assez important. Géologiquement, la ville est située sur des sols calcaires propices à la culture intensive ; cependant, cela entraîne fréquemment des teneurs trop élevées en nitrates et en calcaires dans les eaux communales.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Dopra au XIe siècle (enq. t. Ier, p. 426); Dovera vers 1160 (ch. de Saint-Étienne de Caen); Douvra en 1198 (magni rotuli, p. 23); Dobra en 1228 (ch. de l’abb. d’Aunay); Doubra en 1246 (ch. de l’abb. d’Ardennes, n° 183); Dubra vers 1257 (magni rotuli, p. 177); Dovre en 1258 (ch. d’Aunay)[1].

Albert Dauzat considère que le toponyme Douvres représente le gaulois dŭbron « eau courante »[2]. René Lepelley lui emboite le pas tout en simplifiant quelque peu la désinence du mot gaulois, à savoir dubro « eau courante »[3].

Xavier Delamarre fait la distinction entre *dubron (neutre singulier) « eau » et dubra « eaux ». Douvres signifie par conséquent « les eaux ». Ce mot celtique se poursuit dans les langues celtiques insulaires : vieil irlandais dobur (noms de lieux Dobhar en Irlande et en Écosse), gallois dwr, cornique dur et breton dour signifiant tous « eau »[4].

Le déterminant complémentaire la Délivrande (Délivrande fut jadis une simple ivrande, mot celtique désignant le voisinage entre deux cités[réf. nécessaire]) a été ajouté au nom de Douvres en 1961. Il se réfère à un hameau où se dresse la chapelle Notre-Dame de la Délivrande, fondée, dit-on, par saint Regnobert, au VIIe siècle et détruite au IXe siècle par les Vikings, puis reconstruite en 1050 par Baudouin, seigneur de Reviers. Elle est devenue un lieu célèbre de pèlerinage[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Chars M4 Sherman des forces armées britanniques circulant dans Douvres le 8 juin 1944, pendant la bataille de Normandie.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Douvres est le site d’installation d’une station radar allemande, qui prend part à la défense stratégique du mur de l’Atlantique. Terminée à l’automne 1943, la station est ensuite divisée en deux zones par la route de Douvres à Bény-sur-Mer et massivement fortifiée par des bunkers, mitrailleuses et champs de mines.

Sur la zone nord se situe un radar Wasserman Siemens à longue portée et des structures associées. La zone sud a deux radars à portée intermédiaire Freya et deux radars Würzburg à courte portée, ainsi que des bunkers de commandement et une infirmerie, des garages et des emplacements d'artillerie. Quelque 230 personnels de la Luftwaffe sont basés sur cette zone, y compris des électriciens, des ingénieurs et 36 contrôleurs aériens.

À 23 heures dans la nuit du , les Alliés commencent un brouillage intensif des fréquences qui aveugle le réseau radar allemand tout entier de Cherbourg au Havre. Le matin du 6 juin, les antennes de Douvres sont rendues inopérantes par les bombardements alliés de l’artillerie navale.

Les troupes canadiennes qui ont débarqué à proximité, sur « Juno Beach » tentent d’isoler la station, mais les Allemands la défendent avec succès pendant douze jours, en attente d'une contre-attaque des Panzers.

Le 17 juin, une offensive massive par les Britanniques (41 commandos des Royal Marines), précédée par un bombardement d'artillerie et appuyée par des déminages et des chars antibunker de la 79e division blindée, obtient la capitulation de la garnison.

La station radar de Douvres-la-Délivrande abrite aujourd'hui un musée montrant l'évolution et le rôle du radar, qui conserve également un des rares exemples conservés d’antenne radar Würzburg.

La commune a un cimetière de guerre avec les tombes de 1 123 soldats à la fois des Alliés et des forces de l'Axe :

  • 927 Britanniques ;
  • 180 Allemands ;
  • 11 Canadiens ;
  • 3 Australiens ;
  • 1 soldat inconnu.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Douvres-la-Délivrande

Les armes de la commune de Douvres-la-Délivrande se blasonnent ainsi :
Tranché : au premier d'azur à la Sainte Vierge d'argent debout, tenant l'enfant Jésus du même, au second de gueules à l'aigle bicéphale d'or[6].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Depuis 1973, la commune de Tailleville est rattachée à Douvres-la-délivrande en tant que commune associée.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1908   Georges Lesage    
Les données manquantes sont à compléter.
1945 1947 Alfred Pleintel    
1947 1959 Maurice Lehodey    
1959 1981 Pierre Roux    
1981 1989 Jean-Marie Seeuws    
1989 juin 1995 Xavier Hooge DVG Ancien président de l'association AIRE en Basse-Normandie
juin 1995 mars 2008 Laurent Huet UDF, puis DVD Conseiller général, professeur de cuisine
mars 2008[7] en cours
(au 30 avril 2014)
Thierry Lefort[8] SE 1er vice-président Intercom, directeur du Fongecif Basse-Normandie

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2014, la commune comptait 5 156 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2008, 2013, 2018, etc. pour Douvres-la-Délivrande[9]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 356 1 176 1 484 1 661 1 652 1 616 2 075 2 098 2 061
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 096 2 131 2 083 1 966 1 998 1 847 1 840 1 715 1 648
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 678 1 397 1 376 1 405 1 377 1 559 1 562 1 811 2 126
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
1 739 1 844 2 356 2 877 3 983 4 809 4 891 5 131 5 156
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Douvres-la-Délivrande est le pole principal de l'unité urbaine de Douvres-la-Délivrande - Luc-sur-Mer, formée par les communes de Bernières-sur-Mer, Douvres-la-Délivrande, Langrune-sur-Mer, Luc-sur-Mer et Saint-Aubin-sur-Mer[12].

Économie[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des grandes villes situées en plaine alluviale, Douvres-la-Délivrande a développé une culture maraîchère propre à lui permettre un approvisionnement régulier en produits frais. Ainsi, le sud-est et le nord de la ville sont des zones traditionnellement dévolues à ce type de cultures. Cependant, cette pratique tend à diminuer, les surfaces disponibles se réduisant sous la pression foncière.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le tympan du portail de Notre-Dame de la Délivrande.
  • La basilique Notre-Dame de la Délivrande, inscrite aux monuments historiques[13].
  • Au sein du couvent Notre-Dame-de-Fidélité, la chapelle de la Vierge Fidèle, ornée par René Lalique[14] et Alix Aymé[15],[16].
  • L'ancien prieuré de Tailleville dont la chapelle fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 17 mai 1933[17].
  • Le domaine de la Baronnie[18] : située au cœur de Douvres près de l'église, la baronnie est constituée de deux bâtiments dans un enclos de trois hectares. C'est au XIe siècle que la Baronnie est unie à la mense épiscopale (possession de l'évêque). Il est mentionné dans les histoires que Douvres était le plus beau fief du chapitre. Le fief de Douvres prend le titre de baronnie en 1072 à l'époque de la promotion de Thomas de Douvre, puis devient manoir et maison de campagne de l'évêque de Bayeux[19]. Le domaine est classé aux monuments historiques.
  • La gare de Douvres.
  • La gare de Chapelle-la-Délivrande.
  • Station radar Distelfink (musée du Radar)[20]. À la fin de la dernière guerre, le radar n'est qu'à ses balbutiements, cependant certains modèles sont à même de détecter de jour comme de nuit les mouvements sur la mer à une distance supérieure à l'œil humain. Les occupants comme les alliés vont intensifier le perfectionnement et l'installation de ces « oreilles de sorciers ». Douvres, du fait de son altitude, sera équipée dès la fin de 1942 d'un radar long range afin d'informer les états-majors de toute tentative de débarquement dans la région. Cependant, comme à chaque fois qu'un engin de guerre est inventé, on invente le moyen de le neutraliser : la contremesure faite de brouillard du radar ou de faux échos fera merveille cette nuit du 5 au 6 juin 1944. Cette station radar restera un camp retranché jusqu'au 17 juin (dix jours après la libération de Douvres elle-même). Aujourd'hui la ville de Douvres-la-Délivrande a repris en gestion directe cette station radar qui est devenue un musée unique sur la côte. Elle est inscrite aux monuments historiques.
  • L'église Saint-Rémi, classée aux monuments historiques[21].
  • Le cimetière britannique.
  • La pharmacie Lesage, inscrite aux monuments historiques[22], de style Art nouveau.
  • Le centre aquatique AquaNacre.
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Douvres-la-Délivrande est aussi connue pour la culture de la violette, pour ses fleurs et son parfum.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Un comité de jumelage coordonne les échanges avec deux villes européennes :

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Célestin Hippeau, Dictionnaire topographique du département du Calvados, Paris, 1883, p. 101 (lire en ligne) [1]
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 319a
  3. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses universitaires de Caen, 1996, p. 111a (ISBN 2-905461-80-2)
  4. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Errance, Collection des Hespérides, 2003 (ISBN 2-87772-237-6). p. 151 -152.
  5. Célestin Hippeau, op. cit. p. 98.
  6. « GASO, la banque du blason - Douvres-la-Délivrande Calvados » (consulté le 3 mai 2010)
  7. « Thierry Lefort a été élu maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 22 novembre 2014)
  8. Réélection 2014 : « Thierry Lefort, élu maire, entame un deuxième mandat », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 11 avril 2014)
  9. Date du prochain recensement à Douvres-la-Délivrande, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  12. Liste des unités urbaines officielles en France avec les villes les composant, disponible en téléchargement au format texte (Insee)
  13. Notice no PA00111287, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  14. Le Christ de lumière de Lalique et la chapelle de la Vierge Fidèle à Douvres la Délivrande (1930)
  15. Présentation de la chapelle et du chemin de croix sur le site de la Congrégation Notre-Dame-de-Fidélité
  16. Notice no PM14001325, base Palissy, ministère français de la Culture
  17. « Prieuré », notice no PA00111291, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  18. Notice no PA00125294, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. « Dessin de 1842 du portail de la Baronnie, BNF Gallica »
  20. « Station Radar Douvres-la-Délivrande », sur DDay-Overlord (consulté le 30 novembre 2014).
  21. Notice no PA00111289, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  22. Notice no PA00111290, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]