Douvres-la-Délivrande

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Douvres-la-Délivrande
Douvres-la-Délivrande
La basilique Notre-Dame.
Blason de Douvres-la-Délivrande
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Arrondissement Caen
Canton Courseulles-sur-Mer
Intercommunalité Communauté de communes Cœur de Nacre
Maire
Mandat
Thierry Lefort
2014-2020
Code postal 14440
Code commune 14228
Démographie
Population
municipale
5 190 hab. (2015 en augmentation de 4,66 % par rapport à 2010)
Densité 485 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 17′ 36″ nord, 0° 22′ 46″ ouest
Altitude Min. 17 m
Max. 58 m
Superficie 10,71 km2
Localisation

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Liens
Site web www.douvres-la-delivrande.fr

Douvres-la-Délivrande est une commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de 5 190 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Douvres est située au nord de l'agglomération caennaise, juste en arrière de la Côte de Nacre, ce qui en fait un nœud routier assez important. Géologiquement, la ville est située sur des sols calcaires propices à la culture intensive ; cependant, cela entraîne fréquemment des teneurs trop élevées en nitrates et en calcaires dans les eaux communales.

Communes limitrophes de Douvres-la-Délivrande
Saint-Aubin-sur-Mer,
Bernières-sur-Mer
Langrune-sur-Mer, Luc-sur-Mer Lion-sur-Mer
Bény-sur-Mer Douvres-la-Délivrande Cresserons
Basly Colomby-Anguerny Mathieu

Transports[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par la ligne 3 et les lignes scolaires 103, 145 et 146 du réseau des bus verts du Calvados.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Dopra au XIe siècle (enq. t. Ier, p. 426) ; Dovera vers 1160 (ch. de Saint-Étienne de Caen) ; Douvra en 1198 (magni rotuli, p. 23) ; Dobra en 1228 (ch. de l’abb. d'Aunay) ; Doubra en 1246 (ch. de l’abb. d’Ardennes, n° 183) ; Dubra vers 1257 (magni rotuli, p. 177) ; Dovre en 1258 (ch. d’Aunay)[1].

Albert Dauzat considère que le toponyme Douvres représente le gaulois dŭbron « eau courante »[2]. René Lepelley lui emboite le pas tout en simplifiant quelque peu la désinence du mot gaulois, à savoir dubro « eau courante »[3].

Xavier Delamarre fait la distinction entre *dubron (neutre singulier) « eau » et dubra « eaux ». Douvres signifie par conséquent « les eaux ». Ce mot celtique se poursuit dans les langues celtiques insulaires : vieil irlandais dobur (noms de lieux Dobhar en Irlande et en Écosse), gallois dwr, cornique dur et breton dour signifiant tous « eau »[4].

Le déterminant complémentaire la Délivrande est selon une tradition locale assez répandue, un mot qui désigne depuis des siècles un sanctuaire marial[5]. Il n'a toutefois été ajouté au nom de Douvres qu'en 1961[6]. Il se réfère à un hameau où se dresse la chapelle Notre-Dame de la Délivrande, fondée, dit-on, par saint Regnobert, au VIIe siècle et détruite au IXe siècle par les Vikings, puis reconstruite en 1050 par Baudouin, seigneur de Reviers. Elle est devenue un lieu célèbre de pèlerinage[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

La baronnie de Douvres[modifier | modifier le code]

Le fief de Douvres prend le titre de baronnie en 1072. À partir du XIIe siècle, tous les évêques de Bayeux qui s'y succédèrent portèrent le titre de baron de Douvres . Au Moyen Âge, la ville de Douvres-La-Délivrande était l'un des bourgs les plus peuplés du duché de Normandie.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Jusqu'au milieu du XXe siècle, la commune était constituée de deux pôles distincts : d'un côté, Douvres, autour du domaine de la Baronnie et de l'église Saint-Rémi et de l'autre, la Délivrande autour de la chapelle Notre-Dame[8].

Depuis la Révolution, une partie du territoire de la Délivrande est rattachée à la commune de Luc-sur-mer ; l'actuelle rue du Général-de-Gaulle et la route de Langrune matérialisent la frontière entre Luc et Douvres[8]. La chapelle, puis basilique de la Délivrande se trouve ainsi sur le territoire de Luc. En 1839, le hameau de la Délivrande est entièrement réuni à la commune de Douvres[9]. Ce n'est toutefois qu'en 1961 que la commune est renommée Douvres-la-Délivrande[6].

Le bourg de Douvres conserve longtemps un caractère rural, alors que la Délivrande se densifie le long de l'actuelle rue du Général-de-Gaulle. En 1875, la commune est reliée à Caen et à la côte de Nacre par la ligne de Caen à la mer. Deux gares sont établies à la Délivrande : la gare de Douvres-la-Délivrande et la gare de Chapelle-la-Délivrande pour desservir la nouvelle basilique, construite entre 1854 et 1878. Après la fermeture de la ligne en 1950, la plateforme est réutilisée en espace vert dans le vieux Douvres et en voie routière à l'est de la rue du Général-Leclerc (nouvel axe principal entre Caen et Luc-sur-mer)[8].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Douvres est le site d’installation d’une station radar allemande, qui prend part à la défense stratégique du mur de l’Atlantique. Terminée à l’automne 1943, la station est ensuite divisée en deux zones par la route de Douvres à Bény-sur-Mer et massivement fortifiée par des bunkers, mitrailleuses et champs de mines.

Sur la zone nord se situe un radar Wasserman Siemens à longue portée et des structures associées. La zone sud a deux radars à portée intermédiaire Freya et deux radars Würzburg à courte portée, ainsi que des bunkers de commandement et une infirmerie, des garages et des emplacements d'artillerie. Quelque 230 personnels de la Luftwaffe sont basés sur cette zone, y compris des électriciens, des ingénieurs et 36 contrôleurs aériens.

À 23 heures dans la nuit du , les Alliés commencent un brouillage intensif des fréquences qui aveugle le réseau radar allemand tout entier de Cherbourg au Havre. Le matin du 6 juin, les antennes de Douvres sont rendues inopérantes par les bombardements alliés de l’artillerie navale.

Les troupes canadiennes qui ont débarqué à proximité, sur « Juno Beach » tentent d’isoler la station, mais les Allemands la défendent avec succès pendant douze jours, en attente d'une contre-attaque des Panzers.

Le 17 juin, une offensive massive par les Britanniques (41 commandos des Royal Marines), précédée par un bombardement d'artillerie et appuyée par des déminages et des chars antibunker de la 79e division blindée, obtient la capitulation de la garnison.

La station radar de Douvres-la-Délivrande abrite aujourd'hui un musée montrant l'évolution et le rôle du radar, qui conserve également un des rares exemples conservés d’antenne radar Würzburg.

La commune a un cimetière de guerre avec les tombes de 1 123 soldats à la fois des Alliés et des forces de l'Axe :

  • 927 Britanniques ;
  • 180 Allemands ;
  • 11 Canadiens ;
  • 3 Australiens ;
  • 1 soldat inconnu.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Depuis 1973, la commune de Tailleville est rattachée à Douvres-la-Délivrande en tant que commune associée.

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1908   Georges Lesage    
Les données manquantes sont à compléter.
1945 1947 Alfred Pleintel    
1947 1959 Maurice Lehodey    
1959 1981 Pierre Roux    
1981 1989 Jean-Marie Seeuws    
1989 juin 1995 Xavier Hooge DVG Ancien président de l'association AIRE en Basse-Normandie
juin 1995 mars 2008 Laurent Huet UDF, puis DVD Conseiller général, professeur de cuisine
mars 2008[10] en cours
(au 30 avril 2014)
Thierry Lefort[11] SE 1er vice-président Intercom, directeur du Fongecif Basse-Normandie

Politique de développement durable[modifier | modifier le code]

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21 en 2008[12].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[14].

En 2015, la commune comptait 5 190 habitants[Note 2], en augmentation de 4,66 % par rapport à 2010 (Calvados : +1,53 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 3561 1761 4841 6611 6521 6162 0752 0982 061
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 0962 1312 0831 9661 9981 8471 8401 7151 648
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 6781 3971 3761 4051 3771 5591 5621 8112 126
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 7391 8442 3562 8773 9834 8094 8774 8844 891
2013 2015 - - - - - - -
5 1315 190-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Douvres-la-Délivrande est le pole principal de l'unité urbaine de Douvres-la-Délivrande - Luc-sur-Mer, formée par les communes de Bernières-sur-Mer, Douvres-la-Délivrande, Langrune-sur-Mer, Luc-sur-Mer et Saint-Aubin-sur-Mer[17].

Économie[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des grandes villes situées en plaine alluviale, Douvres-la-Délivrande a développé une culture maraîchère propre à lui permettre un approvisionnement régulier en produits frais. Ainsi, le sud-est et le nord de la ville sont des zones traditionnellement dévolues à ce type de cultures. Cependant, cette pratique tend à diminuer, les surfaces disponibles se réduisant sous la pression foncière.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le tympan du portail de Notre-Dame-de-la-Délivrande.
  • La basilique Notre-Dame-de-la-Délivrande, inscrite aux monuments historiques[18].
  • Au sein du couvent Notre-Dame-de-Fidélité, la chapelle de la Vierge Fidèle, ornée par René Lalique[19] et Alix Aymé[20],[21].
  • L'ancien prieuré de Tailleville dont la chapelle fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 17 mai 1933[22].
  • Le domaine de la Baronnie[23] : située au cœur de Douvres près de l'église, la baronnie est constituée de deux bâtiments dans un enclos de trois hectares. C'est au XIe siècle que la Baronnie est unie à la mense épiscopale (possession de l'évêque). Il est mentionné dans les histoires que Douvres était le plus beau fief du chapitre. Le fief de Douvres prend le titre de baronnie en 1072 à l'époque de la promotion de Thomas de Douvre, puis devient manoir et maison de campagne de l'évêque de Bayeux[24]. Le domaine est classé aux monuments historiques.
  • La gare de Douvres.
  • La gare de Chapelle-la-Délivrande.
  • Station radar Distelfink (musée du Radar)[25]. À la fin de la dernière guerre, le radar n'est qu'à ses balbutiements, cependant certains modèles sont à même de détecter de jour comme de nuit les mouvements sur la mer à une distance supérieure à l'œil humain. Les occupants comme les alliés vont intensifier le perfectionnement et l'installation de ces « oreilles de sorciers ». Douvres, du fait de son altitude, sera équipée dès la fin de 1942 d'un radar long range afin d'informer les états-majors de toute tentative de débarquement dans la région. Cependant, comme à chaque fois qu'un engin de guerre est inventé, on invente le moyen de le neutraliser : la contremesure faite de brouillard du radar ou de faux échos fera merveille cette nuit du 5 au 6 juin 1944. Cette station radar restera un camp retranché jusqu'au 17 juin (dix jours après la libération de Douvres elle-même). Aujourd'hui la ville de Douvres-la-Délivrande a repris en gestion directe cette station radar qui est devenue un musée unique sur la côte. Elle est inscrite aux monuments historiques.
  • L'église Saint-Rémi, classée aux monuments historiques[26].
  • Le cimetière britannique.
  • La pharmacie Lesage, inscrite aux monuments historiques[27], de style Art nouveau.
  • Le centre aquatique AquaNacre.

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Douvres-la-Délivrande est aussi connue pour la culture de la violette, pour ses fleurs et son parfum.

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Un comité de jumelage coordonne les échanges avec deux villes européennes :

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Douvres-la-Délivrande

Les armes de la commune de Douvres-la-Délivrande se blasonnent ainsi :
Tranché : au premier d'azur à la Sainte Vierge d'argent debout, tenant l'enfant Jésus du même, au second de gueules à l'aigle bicéphale d'or [28].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2015.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Célestin Hippeau, Dictionnaire topographique du département du Calvados, Paris, 1883, p. 101 (lire en ligne) [1]
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 319a
  3. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Presses universitaires de Caen, 1996, p. 111a (ISBN 2-905461-80-2)
  4. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Errance, Collection des Hespérides, 2003 (ISBN 2-87772-237-6). p. 151 -152.
  5. René Lepelley - Annales de Normandie Année 1992 - Notes de toponymie normande : La Délivrande, Rémalard, Saint-Jean-du-Corail, pp. 91-97.
  6. a et b Notice sur Douvres-la-Délivrande sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques
  7. Célestin Hippeau, op. cit., p. 98.
  8. a, b et c « IGN - Remonter le temps » (consulté le 13 septembre 2018)
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Tailleville », sur EHESS, École des hautes études en sciences sociales (consulté le 13 septembre 2018)
  10. « Thierry Lefort a été élu maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 22 novembre 2014)
  11. Réélection 2014 : Modèle:Li2008en web
  12. FICHE | Agenda 21 de Territoires - Douvres-la-Délivrande, consultée le 26 octobre 2017
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  17. Liste des unités urbaines officielles en France avec les villes les composant, disponible en téléchargement au format texte (Insee)
  18. Notice no PA00111287, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  19. Le Christ de lumière de Lalique et la chapelle de la Vierge Fidèle à Douvres la Délivrande (1930)
  20. Présentation de la chapelle et du chemin de croix sur le site de la Congrégation Notre-Dame-de-Fidélité
  21. Notice no PM14001325, base Palissy, ministère français de la Culture
  22. « Prieuré », notice no PA00111291, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  23. Notice no PA00125294, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  24. « Dessin de 1842 du portail de la Baronnie, BNF Gallica »
  25. « Station Radar Douvres-la-Délivrande », sur DDay-Overlord (consulté le 30 novembre 2014).
  26. Notice no PA00111289, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  27. Notice no PA00111290, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  28. http://armorialdefrance.fr/page_blason.php?ville=9180

Liens externes[modifier | modifier le code]