Colleville-Montgomery

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Colleville (homonymie).
Colleville-Montgomery
La plage de Colleville
La plage de Colleville
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Arrondissement Caen
Canton Ouistreham
Intercommunalité Communauté d'agglomération Caen la Mer
Maire
Mandat
Frédéric Loinard
2014-2020
Code postal 14880
Code commune 14166
Démographie
Gentilé Collevillais
Population
municipale
2 294 hab. (2012)
Densité 296 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 16′ 31″ N 0° 17′ 56″ O / 49.275278, -0.29888949° 16′ 31″ Nord 0° 17′ 56″ Ouest / 49.275278, -0.298889
Altitude Min. 3 m – Max. 58 m
Superficie 7,74 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Calvados

Voir sur la carte administrative du Calvados
City locator 14.svg
Colleville-Montgomery

Géolocalisation sur la carte : Calvados

Voir sur la carte topographique du Calvados
City locator 14.svg
Colleville-Montgomery

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Colleville-Montgomery

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Colleville-Montgomery
Liens
Site web www.colleville-montgomery.fr

Colleville-Montgomery, anciennement Colleville-sur-Orne, est une commune française, située dans le département du Calvados en région Basse-Normandie, peuplée de 2 294 habitants[Note 1] (les Collevillais). C'est une commune de la Côte de Nacre. Sa plage est une partie de Sword Beach et donc du débarquement allié.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est composée de trois zones : Colleville-Plage, Collevillette et Colleville-Bourg.

Situation[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Colleville-Montgomery[1]
Hermanville-sur-Mer Hermanville-sur-Mer Mer de la Manche
Hermanville-sur-Mer Colleville-Montgomery[1] Ouistreham
Périers-sur-le-Dan Biéville-Beuville,
Bénouville(sur quelques mètres)
Saint-Aubin-d'Arquenay

Colleville-Plage[modifier | modifier le code]

Cette zone est constituée de la plage de Colleville (baignade surveillée tout l'été), ainsi que d'un quartier pavillonnaire situé entre le front de mer et le marais, le long de la route départementale D514 reliant Ouistreham à Lion-sur-Mer. On y trouve un centre commercial, un camping et un club de voile nommé Wind14. Deux mémoriaux ont été érigés, un dédié à l'action du 1er bataillon de fusiliers marins commandos du commandant Kieffer, sur la digue, dos à la mer et un autre représentant Bill Millin jouant de la cornemuse au moment du débarquement.

Collevillette[modifier | modifier le code]

Collevillette est un hameau bordant le marais, situé sur la route départementale D60a qui relie le bourg à la plage, distante de 2,5 km.

Colleville-Bourg[modifier | modifier le code]

Colleville-Bourg est un petit bourg situé en bordure du bois du Caprice, comprenant église, mairie, écoles maternelle et primaire ainsi que quelques commerces, un complexe sportif et une aire pour les camping-cars. On y trouve des venelles pittoresques, un pigeonnier datant du Moyen Âge et quelques autres bâtiments anciens. Le bois du Caprice de plus de 70 hectares est classé en « espace naturel sensible » par le conseil général du Calvados. Il abrite des espèces végétales rares et une faune variée dont la salamandre[2]. Le bourg et le bois sont traversés par le « chemin des Pèlerins » qui était emprunté par les Romains pour rejoindre leur camp à Bernières-sur-Mer.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté en 1080 sous la forme Colivilla.

Il signifie « La ferme de Koli » et remonte probablement au Xe siècle, lors de l'installation des colons anglo-scandinaves. Koli est un surnom norrois signifiant « celui qui est noir comme du charbon ».
Cet anthroponyme est très fréquemment attesté en Normandie, dans les autres Colleville bien sûr, mais aussi dans Colletot (Eure), Saint-Romain-de-Colbosc, Colmoulins, Boscol (Seine-Maritime) et Couville (Manche) et à l'étranger dans Kolby, Kolstrup au Danemark et dans Colby, Coleby en Angleterre. L'emploi de l'appellatif ville « ferme », puis « village », à l'origine, n'est pas antérieur à l'époque mérovingienne. Ce terme roman a pour étymologie le latin villa (rustica) « domaine rural ». Les colons anglo-scandinaves en ont fait un large usage lors de leur installation au Xe siècle. Ils ont aussi fait usage d'un autre appellatif, d'origine scandinave quant à lui, topt devenu tot (par exemple dans Colletot) dont la nuance de sens avec ville est difficile à établir.

La commune s'est appelée Colleville-sur-Orne jusqu'au , pour se distinguer d'une autre commune du département, également en situation littorale, Colleville-sur-Mer. Elle doit son nom actuel au général britannique Montgomery qui dirigeait les troupes britanniques sur Colleville lors du débarquement du 6 juin 1944 et qui doit lui-même son nom à un toponyme du Calvados Sainte-Foy-de-Montgommery et Saint-Germain-de-Montgommery, fief de la famille de Montgomery qui accompagna Guillaume le Conquérant à la conquête de l'Angleterre.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'exploit de Michel Cabieu est parfois localisé (à tort) à Colleville-Montgomery par certains ouvrages.

Origines[modifier | modifier le code]

L'importance de l'église montre que la communauté paroissiale était bien vivante dès le XIIe siècle. Des textes du XIIIe siècle font mention de Colleville et règlent la destination des dîmes qui y sont levées. En 1434, la commune abrite 76 feux (soit environ 300 personnes). En 1709, la population est identique (79 feux)[3].

Débarquement[modifier | modifier le code]

Débarquement de la 1re brigade spéciale sur la plage de Colleville. Bill Millin est de dos, Lord Lovat est dans l'eau, à droite de la colonne.

Initialement, le débarquement allié ne devait pas s'étendre à l'est de Courseulles, mais Eisenhower et Montgomery parviennent à convaincre de l'utilité de le prolonger jusqu'à l'Orne, intégrant donc Juno Beach et Sword Beach. La plage d'Ouistreham et le rivage de Luc et Lion étant jugés difficilement prenable, Sword a été limitée à Hermanville et à Colleville[4].

C'est ainsi que Colleville devient le lieu de débarquement, le 6 juin 1944, de la 1re brigade spéciale de Lord Lovat, dont faisait partie le célèbre joueur de cornemuse Bill Millin.

La 1re brigade spéciale comprend dans ses rangs les commandos français du 1er bataillon de fusiliers marins du commandant Kieffer, qui, après avoir débarqué sur la plage de Colleville, s'emparent de Ouistreham dans la matinée avant de faire jonction en milieu d'après-midi avec les Airborne britanniques à Bénouville (Pegasus Bridge) et de prendre position sur la commune.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Colleville-Montgomery

Les armes de la commune de Colleville-Montgomery se blasonnent ainsi :
D'argent au chevronnel haussé de gueules accompagné, en chef à dextre, d'un léopard de sable, en chef à senestre, d'une péniche de débarquement du même et, en pointe, d'un fortin d'or, maçonné et ajouré aussi de sable, mouvant d'une mer d'azur et surmonté d'un visage de militaire au naturel coiffé d'un béret vert.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie, à Colleville-Bourg.
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1977 mars 2014 Guy Legrand SE  
mars 2014[5] en cours Frédéric Loinard SE Ingénieur en recherche et développement


Le conseil municipal est composé de dix-neuf membres dont le maire et cinq adjoints.

Le 1er janvier 2013, la commune a intégré la communauté d'agglomération Caen la Mer[6].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 2 294 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
467 437 740 745 709 765 693 617 643
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
662 654 655 634 548 487 474 457 414
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
412 373 362 310 326 364 367 370 492
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
488 563 780 1 430 1 926 1 925 2 219 2 254 2 160
2012 - - - - - - - -
2 294 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Monuments[modifier | modifier le code]

L'église[modifier | modifier le code]

L'église et son cimetière.

Édifiée sous le patronage de saint Vigor, évêque de Bayeux (511-531), aux XIe et XIIe siècles, l'église Saint-Vigor comporte deux chœurs et une nef romane. L'édifice est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 16 mai 1927[9].

Les voûtes de la première travée sont de plein cintre. Les suivantes sont plus récentes, construites en même temps que les arcades qui établissent la communication avec le second chœur du XIIIe siècle. La tour latérale du XIIe siècle est romane, elle se termine par une plate-forme entourée d'un parapet et abrite trois cloches. Le clocher, partiellement détruit lors de la Libération, a été reconstruit à l'identique. Les fenêtres les plus anciennes sont de style légèrement ogival, les autres ayant été percées ou restaurées diversement en plein-cintre ou en ogive. Les vitraux ont été restaurés après la dernière guerre.

Le site fortifié Hillman[modifier | modifier le code]

Le mémorial du site Hillman.
Article détaillé : Site Hillman.

Construit par les Allemands à partir de 1942, le site compte plus de dix-huit emplacements bétonnés souterrains qui font l'objet, depuis 1990, d'une restauration bénévole par l'association « Les Amis du Suffolk Régiment » avec l'appui de la commune. Des visites guidées sont organisées régulièrement pendant l'été et lors des journées du Patrimoine.

Batterie Morris[modifier | modifier le code]

Une des casemates de la batterie Morris.

La batterie Morris était commandée depuis le PC d'Hillman et distante de ce dernier d'environ un kilomètre. Elle était constituée de quatre canons protégés par des casemates. Sur les quatre constructions prévues, trois seulement étaient achevées lors du débarquement. L'une est parfaitement visible à l'heure actuelle, la deuxième est enclavée dans une construction privée, et la troisième est enterrée sous une maison. On peut aussi voir un encuvement (ou Ringstand) pour DCA ou mitrailleuse[10].

La redoute[modifier | modifier le code]

Un aspect de la Redoute.

Ancienne fortification militaire conçue selon les plans de Vauban comme défense contre les Anglais, et construite de 1779 à 1782, elle contenait deux canons de 24 et un obusier et pouvait loger une trentaine de soldats dans ses deux salles de garde. Vendue par les Domaines en 1833, elle a été rachetée par la commune dans les années 1980[11]. Il en subsiste une bonne moitié, située à Colleville-Plage, rue de la Redoute.

Autres monuments[modifier | modifier le code]

  • Manoir du XVIIIe siècle, inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 29 octobre 1971[12].

Activité et manifestations[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

La Jeunesse sportive collevillaise fait évoluer deux équipes de football en divisions de district[13].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2012.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :