1878

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Icône de redirection Cette page concerne l'année 1878 (MDCCCLXXVIII en chiffres romains) du calendrier grégorien. Pour l'année -1878, voir -1878.

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Décennies :
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Siècles :
XVIIIe siècle  XIXe siècle  XXe siècle
Millénaires :
Ier millénaire  IIe millénaire  IIIe millénaire


Chronologies géographiques :
Afrique • Amérique (Canada (Nouveau-Brunswick, Ontario, Québec), États-Unis) • Asie • Europe (France (Paris), Italie, Suisse) • Océanie


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Événements[modifier | modifier le code]

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Juin : au Congrès de Berlin, le représentant britannique déclare ne plus s’opposer à la présence française en Tunisie à la grande irritation du gouvernement italien qui va dès lors s’efforcer d’obtenir pour lui seul le protectorat de la Tunisie.
    • Lors du Congrès de Berlin, un consul italien tente de briser le monopole de la France sur la construction de lignes télégraphiques en Tunisie en cherchant à obtenir la construction d’une liaison entre Tunis et la Sicile.
  • 22 septembre : les troupes françaises, conduites par le lieutenant-colonel Reybaud, fortes de 585 hommes, équipées de 4 canons et 80 chevaux affrontent pendant plusieurs heures les troupes du roi Niamodi Sissoko du Royaume de Logo à Sabouciré (actuellement commune de Logo) sa capitale, située sur la rive gauche du fleuve Sénégal à 25 Km de Kayes. Après cinq heures de combat, les Français dominent militairement et gagnent la bataille qui fait 13 morts et 51 blessés chez les Français et 150 morts chez les Khassonkés, dont le roi Niamodi Sissoko[1]. Cette bataille marque le premier acte de résistance contre la pénétration coloniale française sur le territoire de l'actuel Mali.
  • 11 décembre : le gouverneur de la province du Cap, sir Bartle Frere, envoie un ultimatum au roi des Zoulous Chettiwayo, l’enjoignant de démobiliser son armée en trente jours. Celui-ci s’empresse de regrouper 30 000 guerriers.
  • 27 décembre : mort de Jean Laborde à Madagascar. Saisie de ses immeubles et occupation par les Malgaches de la côte de Sambirano, théoriquement protectorat français. Echec des négociations. En 1883, les ports malgaches de Tamatave et de Majunga sont bombardés par la marine française, en réponse aux mesures prise par la reine Ranavalona II aux dépens des terres possédées par le consul français.


  • La Loi pour la préservation de la Paix (Cape Peace Preservation Act) votée au Cap oblige tous les Africains à rendre leurs armes. Les Sotho refusent de s’exécuter, et la « guerre des fusils » éclate (1879-1881). Le gouverneur en prend prétexte pour déclarer une partie du Basutoland ouverte à la colonisation blanche, ce qui déclenche une insurrection conjointe des Sotho, des gens du Transkei et du Grikaland. L’armée britannique doit se résigner à un compromis en 1881 : les Sotho conservent leurs institutions, leurs terres et leurs armes, ces dernières à condition de demander une licence et de verser une compensation au gouvernement du Cap.
  • La congrégation des Pères blancs du cardinal Lavigerie accueille à Bagamoyo (aujourd'hui en Tanzanie) une centaine de missionnaires, qui joignent aux deux cents autres déjà installés.
  • Madagascar : Institution de cours de justice. Démobilisation des vieux soldats dont la plupart sont incorporés dans l’administration comme sokaizambohitra (amis des villages) ou comme antily (vigiles).
  • Interdiction de la traite des noirs dans les possessions portugaises. Elle se poursuit clandestinement vers le Brésil jusqu’en 1888.
  • Campagne victorieuse de Samori Touré pour étendre son empire (Guinée actuelle) jusqu’à la mer. Les puissants Cissé défaits, seule la ville de Kankan semble s’opposer à l’expansion irrésistible de Samori Touré.
  • En 1879, 500 des 633 vaisseaux entrés dans le port de La Goulette sont italiens.
  • Une école de l’Alliance israélite universelle est fondée à Tunis avec l’aide financière de l’Association anglo-juive. Il s’ouvre une période de tolérance religieuse, le bey Muhammed al-Saduq faisant don de terres pour la construction d’une synagogue.

Amérique[modifier | modifier le code]

  • 5 janvier (Mexique) : premier numéro du journal La Libertad. Justo Sierra et un groupe d’intellectuels y développent le concept de politique scientifique (1878-1884). Ils proposent, pour mettre fin aux désordres, d’adopter des réformes constitutionnelles visant à renforcer les prérogatives et à prolonger le mandat du président afin de rapprocher le régime d’une dictature.
  • Mars : le prince Lucien Napoléon-Bonaparte Wyse obtient du gouvernement colombien une concession pour la construction du canal de Panama, sur laquelle l'ingénieur Ferdinand de Lesseps, prend une option de 10 millions de francs. Des centaines de milliers d'épargnants français, modestes pour la plupart, vont acheter des parts, sur la foi des prospectus et sur la confiance qu'inspire le perceur du canal de Suez.
  • Costa Rica : le chef de l’État, le général Guardia Gutiérrez Tomás, octroie à Minor Keith la première concession pour l’exploitation de bananeraies sur la côte du Pacifique.
  • 85 % de la population du Brésil est analphabète (même sans tenir compte des esclaves). Les écoles n’existent pratiquement que dans les villes. Rio de Janeiro tient une place à part (académies, librairies, Bibliothèque nationale).

Asie et Pacifique[modifier | modifier le code]

  • 13 février : traité d’amitié entre les Samoa et les États-Unis qui obtiennent la cession du port de Pago Pago. Enjeu de la rivalité qui oppose Britanniques, Allemands et Américains, les Samoa sont gouvernées par une monarchie incapable de surmonter le chaos créé par la rivalité des impérialismes.
  • 25 juin : guerre d'Ataï. Soulèvement indigène (Kanaks) en Nouvelle-Calédonie contre les colons français. Groupés dans des réserves, soumis à un régime d’exploitation brutal, les Canaques se révoltent et ne seront soumis qu’au bout d’un an de campagne.
  • 1er septembre : le chef kanak Ataï est tué par un traitre lors d'un combat à Fonimoulou. La révolte continue.
  • 21 novembre : début de la seconde guerre entre les Britanniques et les Afghans (fin en 1880).
    • Shir Ali Khan, troisième fils et successeur de Dost Mohammed Khan, provoque l’hostilité des Britanniques en se montrant bienveillant à l’égard de la Russie. Une mission russe est reçue en juin à Kaboul et les deux parties s’accordent sur un traité d’assistance militaire. Prétextant du refus de recevoir une mission anglaise, les Britanniques, qui n’entendent pas concéder à la Russie le moindre avantage dans la région, prennent l’initiative du conflit. En novembre, les forces armées anglo-indiennes envahissent une nouvelle fois l’Afghanistan par la passe de Khyber.


  • Australie : création d’un nouveau bataillon de la police montée pour faire la chasse au bandit Ned Kelly.
  • Chine : le général Zuo Zongtang reconquiert le Tarim et mate l’insurrection musulmane du Xinjiang attisée par les Russes. L’immigration chinoise est tolérée en Mandchourie.
  • Insulinde : le district de Benkoulen (Sumatra) est placé sous gouvernement direct par les néerlandais. Création de « conseillers pour les affaires indigènes » aux Indes néerlandaises.
  • L’Indian Association organise les premières campagnes d’agitation panindiennes.
  • Ouverture d’un comptoir commercial japonais à Paris.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

  • 4 juin : convention de Chypre. Accord secret entre les Ottomans et la Grande-Bretagne : le sultan autorise l’occupation militaire de Chypre par les Britanniques en échange de leur soutien lors de la future conférence internationale.
  • 28 août (Égypte) : sous la pression de ses créanciers, le khédive Isma'il nomme Nubar Pacha à la tête d’un gouvernement dans lequel un Français et un Anglais, membres de la commission de la dette, sont contrôleurs généraux.
  • Flux de réfugiés musulmans d’Europe vers l’Asie Mineure. Plus d’un million de musulmans quittent les Balkans, l’Anatolie occupée et le Caucase pour se disperser à travers l’Empire ottoman. Afin de contrôler cet exode, Istanbul crée une Commission des immigrants.
  • Palestine : fondation d’une colonie d’immigrants juifs venus d’Europe à Petah Tikva (porte de l’espoir).
  • Perse : après une série de missions britanniques, française, italienne et autrichienne, une équipe d’instructeurs russes est chargée de former l’armée. Un régiment, créé sur le modèle des unités cosaques et encadré par des officiers russes, deviendra l’élément le plus efficace de l’armée persane.

Europe[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : 1878 en France, 1878 en Italie et 1878 en Suisse.
9 janvier : champ de bataille de la passe de Chipka
Bismarck et le pape Léon XIII
  • 20 février : début du pontificat de Léon XIII (fin en 1903).
    • Le pape condamne le socialisme. Il demande à Bismarck d’ouvrir les négociations pour mettre un terme à la politique du Kulturkampf engagée en mars 1872.
    • Bismarck profite de l’élection du pape Léon XIII pour faire la paix avec les catholiques. La plupart des mesures anticléricales sont suspendues dès 1880.
  • 11 juin : victoire des libéraux aux élections en Belgique. Le 18 juin, le ministère Frère-Orban nomme un responsable à l’instruction publique chargé de relancer la politique de laïcisation de l’enseignement primaire interrompue par les catholiques.
Les Balkans après le Congrès de Berlin
Inondations à Beckenham (faubourg de Londres) en 1878.
  • 21 octobre (Empire allemand) : Bismarck saisit le prétexte d’attentats contre l’empereur pour imposer au Reichstag une loi d’exception (dite du « petit état de siège ») contre les socialistes, qui interdit les groupements socialistes, toute manifestation publique, toute propagande. Les journaux sont saisis, une centaine de militants sont condamnés à des peines d’emprisonnement (1878-1890).


Chronologies thématiques[modifier | modifier le code]

Danseuse saluant, toile de Degas

Naissances en 1878[modifier | modifier le code]

Décès en 1878[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) BM Sissoko, la grande histoire de la bataille de Sabouciré, L'Essor consulté le 23 septembre 2009
  2. Isidore Ndaywel è Nziem, Histoire générale du Congo, De Boeck Supérieur,‎ 1998 (ISBN 9782801111741, présentation en ligne)