Sainte-Adresse

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Sainte-Adresse
La chapelle Notre-Dame-des-Flots.
La chapelle Notre-Dame-des-Flots.
Blason de Sainte-Adresse
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Le Havre
Canton Le Havre-6
Intercommunalité Communauté d'agglomération havraise
Maire
Mandat
Hubert Dejean de La Batie
2014-2020
Code postal 76310
Code commune 76552
Démographie
Gentilé Dionysiens
Population
municipale
7 368 hab. (2014)
Densité 3 260 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 30′ 25″ nord, 0° 05′ 04″ est
Altitude Min. 0 m – Max. 100 m
Superficie 2,26 km2
Localisation

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Sainte-Adresse est une commune française et une station balnéaire située au nord-ouest du Havre, dans le département de la Seine-Maritime en Normandie (anc. Haute-Normandie). Elle a été la capitale de la Belgique durant la Première Guerre mondiale.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située dans la communauté de l'agglomération havraise, Sainte-Adresse est une station balnéaire sur le littoral de la Manche. La ville est enclavée entre la mer et la commune du Havre. Elle se trouve sur le plateau cauchois qui appartient à l’ensemble géologique du bassin parisien, formé à l’ère secondaire. Le sous-sol est constitué d’une grande épaisseur de craie, pouvant mesurer jusqu’à 200 mètres de profondeur[1]. Il est couvert d’une couche d’argile à silex et d’un limon fertile[2]. Ce plateau est entaillé par le vallon sec d'Ignauval qui est tapissé d’alluvions et de sédiments. Le cap de la Hève à l'ouest de Sainte-Adresse, marque l'extrémité sud de la Côte d'Albâtre et l'extrémité nord de la baie de Seine. Il culmine à 100 mètres au-dessus de la Manche. Il protège l'anse de Sainte-Adresse. Le phare de la Hève y est installé.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Sainte-Adresse ne serait pas lié à une sainte, mais à un promontoire servant de repère, d'« adresse » pour les marins[3], ou encore à l'adresse dont devaient faire preuve les marins pour franchir le cap de la Hève[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Ensemble du Nice havrais.
Vue d'ensemble du Boulevard Maritime au début du XXe siècle.
La rue de la Hève et le boulevard Albert Ier à la même époque.

L'ancien nom de la commune était Saint-Denis-Chef-de-Caux, dû à l'église Saint-Denis, près de la mairie.

Célébration du centenaire de l'installation du gouvernement belge à Sainte-Adresse.

Sainte-Adresse étant située au bord des falaises, les habitations gallo-romaines de cet ancien village de pêcheurs sont sûrement maintenant au fond de la Manche.

En 1415, durant la guerre de Cent Ans Henri V d'Angleterre y débarque avec sa flotte pour tenter de reconquérir son « héritage français ».

Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement les noms de Cap-d'Antifer et de Cap-de-la-Hève[5].

En 1899 est ouverte la ligne de l'ancien tramway du Havre, qui desservira la station jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

À partir de 1905, Georges Dufayel, homme d’affaires parisien, crée à Sainte-Adresse ex nihilo un lotissement balnéaire, le Nice havrais, qui est à lui seul une véritable station balnéaire. L’architecte havrais Ernest Daniel dirige les opérations. L’avenue des Régates, sur le front de mer, est conçue à l’image de la promenade des Anglais de Nice.

Pendant la Première Guerre mondiale, alors que la Belgique est presque entièrement occupée par les Allemands, Sainte-Adresse fut capitale administrative du royaume, cédée à bail au gouvernement belge pour la durée des hostilités, afin de ne pas faire de celui-ci un gouvernement en exil[6]. Ce dernier s'installa donc du 13 octobre 1914 jusqu'à novembre 1918[7] dans l'« immeuble Dufayel », construit par Georges Dufayel en 1911. Les ministères, administrations et personnel diplomatique, soit plus de 1 000 personnes logèrent dans la ville à partir du 13 octobre. Le gouvernement belge avait à sa disposition un bureau de poste, utilisant des timbres-poste belges, ainsi que son parc de réparation automobile, son hôpital, son école. Une usine d'armement belge explosera accidentellement le 11 décembre 1915 à Graville-Sainte-Honorine faisant une centaine de morts.

Le chef du gouvernement belge, Charles de Broqueville, ne séjourne à Sainte-Adresse que le week-end, faisant constamment des allers et retours pour voir le roi, Albert Ier de Belgique, resté en zone libre belge, à La Panne. Le souverain belge ne s'est jamais rendu à Sainte-Adresse, mais a néanmoins son boulevard, sa place et sa statue monumentale, érigée en 1938, mise à l'abri en 1940, et réinaugurée en 1947[8].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands y construisent plusieurs ouvrages de fortification du mur de l'Atlantique pour défendre le port du Havre.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Dans la mairie une plaque gravée présente le tableau des maires depuis la création de la commune[9].

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
février 1790 décembre 1792 Guillaume Liard    
décembre 1792 juin 1800 Jean-Baptiste Angammare    
juin 1800 octobre 1811 Jean-Philippe Lemaistre    
octobre 1811 1818 Charles De Labre    
1818 1827 Julien De Labre    
1827 1837 Thomas-François Paumelle    
1837 1867 François-Isidore Thieullent    
1867 1870 Jean Boulard    
1870 mai 1871 Jean Verspecke    
mai 1871 octobre 1876 Jean Boulard    
octobre 1876 janvier 1881 Jules-Amédée Alleaume    
janvier 1881 août 1886 Louis Lemaistre    
août 1886 octobre 1923 Joseph de Quérhoënt    
octobre 1923 juin 1929 Albert Dubosc[10] Rad. ind. Député de la Seine-Inférieure (1936 → 1940)
Conseiller général du Havre-5 (1922 → 1940)
Membre du Conseil national du Gouvernement de Vichy
juin 1929 janvier 1945 René Proux    
janvier 1945 mai 1945 Jules Decreton    
mai 1945   François Lebel    
Les données manquantes sont à compléter.
juin 1995 mars 2008 Jacques Dubois Sans étiquette  
mars 2008 avril 2014[11] Patrice Gélard UMP Professeur de droit constitutionnel
Sénateur de la Seine-Maritime (1995 → 2014)
Conseiller général du Havre-6 (1994 → 2001)
Adjoint au maire du Havre (1995 → 2008)
Vice-président de la CODAH[Quand ?]
avril 2014[12],[13] en cours
(au 23 octobre 2015)
Hubert Dejean de La Batie UDI[14] Consultant, Professeur d'histoire-géographie
Vice-président de la CODAH (2014 → )
Conseiller régional de Haute-Normandie (2010 → )

Population et société[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[16],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 7 368 habitants, en diminution de -3,07 % par rapport à 2009 (Seine-Maritime : 0,48 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
726 600 637 641 655 762 789 1 880 978
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 213 1 554 1 586 1 869 1 876 1 975 2 241 2 511 2 651
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 084 3 208 3 622 4 357 4 318 4 668 5 135 4 392 6 822
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
7 807 8 261 8 754 8 029 8 047 7 883 7 782 7 494 7 368
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune relève de l'académie de Rouen.

Sainte-Adresse compte :

  • deux écoles maternelles : école du Manoir et école maternelle Antoine Lagarde
  • une école primaire : groupe scolaire Antoine Lagarde
  • une école primaire et maternelle privée : Jeanne d'Arc
  • un collège[18]
  • un lycée polyvalent privé[19]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

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Peinture[modifier | modifier le code]

  • Corot, Maison de pêcheurs à Sainte-Adresse, entre 1830 et 1840, Musée du Louvre, Paris
  • Claude Monet : La Côte de Sainte-Adresse, La Mer à Sainte-Adresse, Promenade sur les falaises de Sainte-Adresse, La Plage de Sainte-Adresse (1867), Les Cabanes à Sainte-Adresse, 1868, Rue à Sainte-Adresse, La Falaise de Sainte-Adresse, Sainte-Adresse, bateau à voile échoué, Sainte-Adresse, Sainte-Adresse, bateaux de pêche sur le rivage.
  • Raoul Dufy, La Plage de Sainte Adresse, 1902, "Le Cargo noir", une vingtaine de toiles, c. 1945-1952 (entrée en rade de Ste Adresse), Paris, Centre Pompidou ; Lyon, Musée des Beaux-Arts…

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

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Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Sainte-Adresse

Les armes de Sainte-Adresse se blasonnent ainsi :

Écartelé : aux 1er et 4e d'azur à la tour d'argent, maçonnée, ouverte et ajourée de sable, aux 2e et 3e de gueules à la coquille d'or; à la croix engrelée d'or brochant sur la partition, chargée en abîme d'un écusson tiercé en pal de sable, d'or et de gueules.
L'écusson en abîme présente les couleurs de la Belgique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Morlent, Le Cap de la Hève, Éva de Vitanval ou l'Écharpe d'azur : épisode historique du village de Saint-Denis-Chef-de-Caux, 1418-1428, petite bibliothèque normande, Costey Frères, Le Havre, 1861, 292 pages
  • Alphonse Martin, Histoire de Chef de Caux et de Sainte-Adresse, L. Durand, Fécamp, 1881, 247 pages (Gallica : intégral)
  • Fernand Poupel, Sainte-Adresse, Micaux, Le Havre, 1973, 232 pages
  • Christian Sinelle, Les Glissements de terrain du Nice havrais - commune de Sainte-Adresse, Seine-Maritime, CNAM, 1989, 290 pages
  • Frédéric Legoy, La présence belge au Havre et à Sainte-Adresse de 1914 à 1920, volume 56 de Cahiers havrais de recherche historique, Centre havrais de recherche historique, 1997, 144 pages
  • Stéphanie Rosset de Quercize, Sainte-Adresse, mémoire en images, éd. Alan Sutton, 2001 (ISBN 2-84253-640-1)
  • Laurence Abensur-Hazan, Auberges et Hôtels de Normandie Du Havre à Deauville, éd. Alan Sutton, 2009 (ISBN 978-2-8138-0011-4)

Vidéo[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Auger et Gérard Granier, Le Guide du pays de Caux, La Manufacture, Lyon, 1993 (ISBN 2737702801), p. 132.
  2. J. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p. 6.
  3. Le Havre et son arrondissement: 1ère partie, par Joseph Morlent, 1re partie, 1841, p. 18 (Google Books).
  4. Normandie, guide Le Petit Fûté, 2011, p. 497 (Google Books).
  5. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Jean-Henri Calmon, Occupation, Résistance et Libération dans la Vienne en 30 questions, Geste éditions, coll. « 30 questions », Jean-Clément Martin (dir.), La Crèche, 2000, 63 p. (ISBN 2-910919-98-6), p. 8.
  7. « Saint-Adresse, l'ex-"capitale" belge méconnue », (consulté le 4 août 2014).
  8. « Saint-Adresse, l'ex-"capitale" belge méconnue », (consulté le 1er août 2014).
  9. Fernand Poupel 1973, op. cit., p. 86-87
  10. « Albert Dubosc », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore].
  11. « Sainte-Adresse : les adieux courroucés de Patrice Gélard : Pour son dernier conseil municipal en tant que maire, Patrice Gélard a félicité ses collaborateurs mais aussi fulminé », Paris Normandie,‎ (lire en ligne).
  12. Vanessa Leroy, « Hubert Dejean de La Batie élu à Sainte-Adresse : Avec 51,7 % des voix, la liste de la municipalité sortante a été reconduite à la tête de la commune par les électeurs », Paris Normandie,‎ (lire en ligne).
  13. « Liste des maires élus en 2014 » [PDF], Liste des élus, Préfecture de Seine-Maritime, (consulté le 12 novembre 2015).
  14. « Les élus 76 », UDI Fédération de la Seine-Maritime (consulté le 13 novembre 2015).
  15. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  18. Collège
  19. Lycée Jeanne d'Arc
  20. « Église paroissiale Saint-Denis », notice no IA76000386, base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. « 2 verrières (baies 27 et 28) : Scènes des vies de saint Louis, de saint Jean l’Évangéliste et de saint Guillaume », notice no IM76004497, base Palissy, ministère français de la Culture
  22. École de la Marine Marchande