Ranville

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Ranville
Le clocher de l'église
Le clocher de l'église
Blason de Ranville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Basse-Normandie
Département Calvados
Arrondissement Caen
Canton Cabourg
Intercommunalité Communauté de communes Campagne et Baie de L'Orne
Maire
Mandat
Jean-Luc Adélaïde
2014-2020
Code postal 14860
Code commune 14530
Démographie
Population
municipale
1 612 hab. (2011)
Densité 191 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 13′ 55″ N 0° 15′ 23″ O / 49.2319444444, -0.256388888889 ()49° 13′ 55″ Nord 0° 15′ 23″ Ouest / 49.2319444444, -0.256388888889 ()  
Altitude Min. 1 m – Max. 49 m
Superficie 8,42 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ranville.fr

Ranville est une commune française, située dans le département du Calvados en région Basse-Normandie, peuplée de 1 612 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Ranville se situe à 6 km de Caen à 49° 13′ 55″ N 0° 15′ 23″ O / 49.23194, -0.25639 ().

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est cité sous les formes Ranvilla en 1066[1], Ranvilla au XIIe siècle (Recueil des actes de Henri II roi d'Angleterre et duc de Normandie), Ranville au XVIIIe siècle (carte de Cassini).

Sans citer de formes anciennes, Albert Dauzat, Charles Rostaing, avec à leur suite Ernest Nègre et René Lepelley, ont proposé le nom de personne germanique Rando[2] pour expliquer le premier élément Ran-. Cette solution est possible phonétiquement, mais seule une forme ancienne du type *Randovilla, *Randeville ou *Rantville pourrait confirmer cette hypothèse. Curieusement, Ernest Nègre qui mentionne, à propos de Ransart (Pas-de-Calais, Ransart 1169), le nom de personne Hramnus cité par Marie-Thérèse Morlet[3],[4], n'y songe pas en ce qui concerne Ranville, alors que cet anthroponyme conviendrait davantage.

Le second élément -ville est issu du gallo-roman VILLA au sens ancien de « domaine rural », mot utilisé au Moyen Âge pour désigner un domaine agricole et son activité, puis un village.

Ces auteurs n'évoquent pas l'existence de Rantot (Manche, Digulleville, Derantot 1825 - 1866, c'est-à-dire « la ferme de Rantot »[5]) et de Randal (Manche, Quettetot, Bois de Randal 1456[6]) qui contiennent également un élément Ran-, mais il est associé à des appellatifs toponymiques d'origine norroise. Il s'agit de -tot issu du vieux norrois topt « propriété, ferme » et -dal de dalr « vallée ». L'association de Ran- avec un élément scandinave suggère une explication par le nom de personne féminin vieux norrois Rán, ce qui est plus simple. En Normandie, les noms en -tot ont souvent leur équivalent en -ville (cf. Cidetot / Cideville ; Chiffretot / Chiffreville ; Épretot / Épreville, etc.), voire un autre élément d'origine scandinave.

En revanche, l'homophonie avec Ranville (Charente, Aranvilla 1254) et la ressemblance avec Rainville (Vosges, Rainovilla Xe siècle) sont fortuites[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Une voie antique reliant Pont-Audemer et Bayeux passait sur le territoire de la commune ; les voyageurs devaient emprunter un bac à Ranville afin de rejoindre le port de Bénouville et poursuivre leur route. Ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que ce bac fut remplacé par un pont-tournant pour traverser l'Orne. L'ancien pont tournant était l'œuvre des ateliers Gustave Eiffel. Lors de l'opération Tonga le 6 juin 1944, le nom de code de sa capture était Euston 2 (Euston 1 était la prise du pont de Bénouville sur le canal de l'Orne). Il a été renommé plus tard Horsa (le pont de Bénouville ayant été renommé Pegasus). Il a été détruit après la guerre pour être remplacé par un ouvrage fixe en béton.

Un domaine agricole (« ville » cf. vilain) s'est sans doute développé avant l'existence de la commune. Au cours des siècles, l'économie de la commune repose sur trois activités principales :

  • l'extraction de la pierre de Caen qui était ensuite acheminée, vers l'Angleterre notamment, par l'Orne (la rue des carrières à Longueval rappelle ce passé),
  • l'exploitation des ressources fluviales à Longueval (pratiquée par les sablonniers et les pêcheurs) et qui périclita avec l'ouverture du Canal de Caen à la mer,
  • l'agriculture, notamment sur les marais asséchés aux XIXe et XXe siècles.

La commune était éclatée entre plusieurs hameaux plus ou moins regroupés :

  • le Bourg Neuf,
  • le Bas de Ranville,
  • le Hom,
  • le Moulin,
  • le Mariquet,
  • Longueville,
  • Longueval.

En 1860, les Ranvillais décidèrent de démolir leur église, jugée vétuste et trop exiguë. Ils conservèrent seulement le clocher des XIe et XIIe siècles qui subsiste encore aujourd'hui à côté de la nouvelle église.

Ranville a été le premier village de France libéré le 6 juin 1944 par le 13e bataillon parachutiste britannique (13th Parachute Battalion) commandé par le Lieutenant-Colonel Peter Luard. Le clocher médiéval de l'église a été le théâtre d'un fait tragique : un tireur allemand embusqué au sommet a abattu trois parachutistes britanniques, avant d'être lui même tué. Il repose aujourd'hui auprès de ses victimes dans le cimetière civil à quelques mètres du clocher.

Le château du Heaume, un manoir à un étage, servit ensuite de quartier-général à la 6th Airborne Division.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Ranville

Les armes de la commune de Ranville se blasonnent ainsi :

D’azur au clocher du lieu d’argent, ajouré d’or et accompagné en chef senestre d’un écusson de gueules chargé de deux léopards d’or armés et lampassés d'azur, l’un au-dessus de l’autre.

Économie[modifier | modifier le code]

La ville abrite une cimenterie de Ciments français, filiale du groupe italien Italcementi[8].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
 ? mars 2001 Georges Bouilly    
mars 2001 en cours Jean-Luc Adélaïde[9]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 612 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
633 640 616 640 682 774 800 820 682
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
714 720 645 626 616 600 540 488 496
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
503 508 519 600 526 553 545 621 682
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
883 1 005 1 519 1 690 1 681 1 896 1 775 1 750 1 633
2011 - - - - - - - -
1 612 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église (clocher du XIe-XIIe protégé par l'Association Sauvegarde du Patrimoine de Ranville et rénové en 2007-2008).
  • Le cimetière civil où reposent des militaires français et britanniques tombés pendant la bataille de Normandie
  • Le cimetière militaire du Commonwealth où reposent notamment les premiers parachutistes britanniques et canadiens décédés le 6 Juin 1944
  • Le château de Guernon-Ranville, dit aussi château de Ranville.
  • Le château du Hom.
  • Le château du Mariquet.
  • Le manoir du XVIe, rue de la Grange aux Dimes.
  • Le moulin à vent, témoignage de l'importance de l'activité céréalière de la région.
  • Le lavoir sur l'Aiguillon.
  • Le Mémorial Pegasus Bridge, entre l'Orne et le canal, dans le parc duquel a été installé le pont historique.
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Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Ranville est jumelée avec :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2011.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  • Altitudes, coordonnées, superficie : IGN[12].
  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) [1]
  2. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de commune de la Normandie, éditions Charles Corlet, Presses Universitaires de Caen, Caen, 1996
  3. Marie-Thérèse Morlet, NPAG I, p. 135a
  4. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) [2]
  5. Dominique Fournier, « Élément -tot », Wikimanche (lire en ligne) [3]
  6. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie. Dictionnaire des toponymes d'origine scandinave en Normandie, éditions OREP, 2009 (ISBN 978-2-915762-89-1), p. 47.
  7. Ernest Nègre, op. cit.
  8. (en) Italcimenti
  9. Réélection 2014 : « Jean-Luc Adélaïde s'installe dans le fauteuil de maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 19 avril 2014)
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  12. « Ranville sur le site de l'Institut géographique national » (archive Wikiwix)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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