Ranville

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Ranville
Le clocher de l'église.
Le clocher de l'église.
Blason de Ranville
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Arrondissement Lisieux
Canton Cabourg
Intercommunalité Communauté de communes Normandie-Cabourg-Pays d'Auge
Maire
Mandat
Jean-Luc Adélaïde
2014-2020
Code postal 14860
Code commune 14530
Démographie
Population
municipale
1 706 hab. (2014 en augmentation de 2,28 % par rapport à 2009)
Densité 203 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 13′ 55″ nord, 0° 15′ 23″ ouest
Altitude Min. 1 m
Max. 49 m
Superficie 8,42 km2
Localisation

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Liens
Site web www.ranville.fr

Ranville est une commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de 1 706 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Ranville se situe à 6 km de Caen à 49° 13′ 55″ N, 0° 15′ 23″ O.

Le , la commune passe de l'arrondissement de Caen à celui de Lisieux[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est cité sous les formes Ranvilla en 1066[2], Ranvilla au XIIe siècle (Recueil des actes de Henri II roi d'Angleterre et duc de Normandie), Ranville au XVIIIe siècle (carte de Cassini).

Il s'agit d'une formation médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural ». Le premier élément Ran- représente sans doute un anthroponyme selon le cas le plus fréquent.

Pour expliquer cet élément, Albert Dauzat propose le nom de personne germanique Rado sans citer de formes anciennes, explication abandonnée aujourd'hui, alors qu'Ernest Nègre et René Lepelley préfèrent Rando[3].

Curieusement, le même Ernest Nègre qui mentionne, à propos de Ransart (Pas-de-Calais, Ransart 1169), le nom de personne Hramnus cité par Marie-Thérèse Morlet[4],[5], n'y songe pas en ce qui concerne Ranville, alors que cet anthroponyme conviendrait tout autant, puisqu'on a pas trace d'un [d].

Remarque : Ces auteurs ne tiennent pas compte du fait que Ranville se situe dans l'aire de diffusion de la toponymie anglo-scandinave, qu'il est propre, du moins par ses formes anciennes, à la Normandie, et surtout, est appuyé par des microtoponymes régionaux tels que Rantot (Manche, Digulleville, Derantot 1825 - 1866, c'est-à-dire « la ferme de Rantot »[6]) et Randal (Manche, le Vrétot, Bois de Randal 1456[7], sans doute apparenté au Randal norvégien, Sogn og Fjordane) qui contiennent également un élément Ran-, mais il est associé à des appellatifs toponymiques d'origine norroise. Il s'agit de -tot issu du vieux norrois topt, toft « propriété, ferme » et -dal de dalr « vallée ». L'association de Ran- avec un élément scandinave suggère une explication par le nom de personne norrois Randr (ou vieux danois Rand)[8] ou par le nom de personne féminin vieux norrois Rán[9], ce qui est plus simple. En Normandie, les noms en -tot ont souvent leur équivalent en -ville (cf. Cidetot / Cideville ; Chiffretot / Chiffreville ; Épretot / Épreville, etc.), voire en un autre élément d'origine scandinave. Si l'assimilation probable de [d] de Rand avec le [t] de -tot et le [d] de -dal ne pose aucun problème, en revanche il faut supposer que [d] ait pu s'amuïr aussi tôt dans Ranville sans laisser de trace. Cela se vérifie pour Branville (Eure) attesté sous la forme Branville dès le XIe siècle et Branmesnil (Seine-Maritime, hameau disparu autour de La Poterie-Cap-d'Antifer, Branmaisnil vers 1040 chez Jean Adigard des Gautries, 1956 p. 230) qui présentent un contexte phonétique analogue /ran/ et qu'on compare avec Branville (Seine-Maritime, Saint-Aubin-Épinay) désigné Brant villa en 1025. Bran- s'explique en effet par le nom de personne scandinave Brandr[10].

La ressemblance avec Ranville (Charente, Aranvilla 1254) et avec Rainville (Vosges, Rainovilla Xe siècle) est fortuite[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Une voie antique reliant Pont-Audemer et Bayeux passait sur le territoire de la commune ; les voyageurs devaient emprunter un bac à Ranville afin de rejoindre le port de Bénouville et poursuivre leur route. Ce n'est qu'au milieu du XIXe siècle que ce bac fut remplacé par un pont-tournant pour traverser l'Orne. L'ancien pont tournant était l'œuvre des ateliers Gustave Eiffel. Lors de l'opération Tonga le 6 juin 1944, le nom de code de sa capture était Euston 2 (Euston 1 était la prise du pont de Bénouville sur le canal de l'Orne). Il a été renommé plus tard Horsa (le pont de Bénouville ayant été renommé Pegasus). Il a été détruit dans les années 70 pour être remplacé par un ouvrage fixe en béton.

Un domaine agricole (« ville » cf. vilain) s'est sans doute développé avant l'existence de la commune. Au cours des siècles, l'économie de la commune repose sur trois activités principales :

  • l'extraction de la pierre de Caen qui était ensuite acheminée, vers l'Angleterre notamment, par l'Orne (la rue des Carrières à Longueval rappelle ce passé),
  • l'exploitation des ressources fluviales à Longueval (pratiquée par les sablonniers et les pêcheurs) et qui périclita avec l'ouverture du canal de Caen à la mer,
  • l'agriculture, notamment sur les marais asséchés aux XIXe et XXe siècles.

La commune était éclatée entre plusieurs hameaux plus ou moins regroupés :

  • le Bourg Neuf,
  • le Bas de Ranville,
  • le Hom,
  • le Moulin,
  • le Mariquet,
  • Longueville,
  • Longueval.

En 1860, les Ranvillais décidèrent de démolir leur église, jugée vétuste et trop exiguë. Ils conservèrent seulement le clocher des XIe et XIIe siècles qui subsiste encore aujourd'hui à côté de la nouvelle église.

Ranville a été le premier village de France libéré le 6 juin 1944 par le 13e bataillon parachutiste britannique (13th Parachute Battalion) commandé par le lieutenant-colonel Peter Luard. Le clocher médiéval de l'église a été le théâtre d'un fait tragique : un tireur allemand embusqué au sommet a abattu trois parachutistes britanniques, avant d'être lui-même tué. Il repose aujourd'hui auprès de ses victimes dans le cimetière paroissial à quelques mètres du clocher.

Le château du Heaume, un manoir à un étage, servit ensuite de quartier-général à la 6th Airborne Division.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Ranville

Les armes de la commune de Ranville se blasonnent ainsi :

d'azur au clocher du lieu d'argent, ajouré d'or et accompagné en chef senestre d'un écusson de gueules chargé de deux léopards d'or armés et lampassés d'azur, l'un au-dessus de l'autre.

Économie[modifier | modifier le code]

La ville abrite une cimenterie de Ciments français, filiale du groupe italien Italcementi[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
 ? mars 2001 Georges Bouilly    
mars 2001 en cours Jean-Luc Adélaïde[13]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[15].

En 2014, la commune comptait 1 706 habitants[Note 2], en augmentation de 2,28 % par rapport à 2009 (Calvados : +1,58 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
633 640 616 640 682 774 800 820 682
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
714 720 645 626 616 600 540 488 496
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
503 508 519 600 526 553 545 621 682
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
883 1 005 1 519 1 690 1 681 1 896 1 775 1 633 1 706
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église (clocher du XIe-XIIe protégé par l'Association Sauvegarde du Patrimoine de Ranville et rénové en 2007-2008).
  • Le cimetière civil où reposent des militaires français et britanniques tombés pendant la bataille de Normandie.
  • Le cimetière militaire du Commonwealth où reposent notamment les premiers parachutistes britanniques et canadiens décédés le 6 juin 1944.
  • Le château de Guernon-Ranville, dit aussi château de Ranville.
  • Le château du Hom.
  • Le château du Mariquet.
  • Le manoir du XVIe, rue de la Grange-aux-Dimes.
  • Le moulin à vent, témoignage de l'importance de l'activité céréalière de la région.
  • Le lavoir sur l'Aiguillon.
  • Le Mémorial Pegasus Bridge, entre l'Orne et le canal, dans le parc duquel a été installé le pont historique.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Ranville est jumelée avec :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  • Altitudes, coordonnées, superficie : IGN[18].
  1. « Recueil des actes administratifs du 22 décembre 2016 » [PDF], sur le site de la préfecture du Calvados (consulté le 16 janvier 2017).
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) [1]
  3. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de commune de la Normandie, éditions Charles Corlet, Presses Universitaires de Caen, Caen, 1996
  4. Marie-Thérèse Morlet, NPAG I, p. 135a
  5. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne)
  6. Dominique Fournier, « Élément -tot », Wikimanche (lire en ligne)
  7. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie. Dictionnaire des toponymes d'origine scandinave en Normandie, éditions OREP, 2009 (ISBN 978-2-915762-89-1), p. 47.
  8. Site de Nordic Names : nom de personne Randr (lire en anglais) [2].
  9. Site de Nordic Names : nom de personne Rán (lire en anglais) [3]
  10. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, , 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 76
  11. Ernest Nègre, op. cit.
  12. (en) Italcimenti
  13. Réélection 2014 : « Jean-Luc Adélaïde s'installe dans le fauteuil de maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 19 avril 2014)
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  18. « Ranville sur le site de l'Institut géographique national » (archive Wikiwix)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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