Merville-Franceville-Plage

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Merville-Franceville-Plage
Plage de Merville-Franceville-Plage.
Plage de Merville-Franceville-Plage.
Blason de Merville-Franceville-Plage
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Calvados
Arrondissement Lisieux
Canton Cabourg
Intercommunalité Communauté de communes Normandie-Cabourg-Pays d'Auge
Maire
Mandat
Olivier Paz
2014-2020
Code postal 14810
Code commune 14409
Démographie
Gentilé Mervillais-Francevillais
Population
municipale
2 187 hab. (2014 en augmentation de 9,84 % par rapport à 2009)
Densité 210 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 16′ 59″ nord, 0° 12′ 04″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 42 m
Superficie 10,42 km2
Localisation

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Liens
Site web www.mairie-mervillefranceville.fr

Merville-Franceville-Plage est une commune française située dans le département du Calvados et la région Normandie, peuplée de 2 187 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Merville-Franceville-Plage, plus communément appelée Franceville, se situe sur la Côte Fleurie à 6 km de Cabourg et à 14 km de Caen, sur la rive droite de la baie de l'Orne par 49° 16′ 59″ N, 0° 12′ 04″ O.

Situé aux confins de la plaine de Caen et du pays d'Auge, l'arrière-pays, dévolu à l'agriculture, se partage entre riches pâturages et cultures céréalières.

Le , la commune passe de l'arrondissement de Caen à celui de Lisieux[1]

Climat[modifier | modifier le code]

La commune est sous l'influence d'un climat océanique : les hivers sont doux et les étés à l'abri d'une canicule.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En 1078, la paroisse de « Matervilla » est mentionnée pour la première fois dans le cartulaire de la Trinité de Caen[2]. On trouve ensuite en 1161 le terme de « Matrevilla » dans un cartulaire de l'abbaye aux Hommes[2]. Au XIIIe siècle, le nom semble avoir évolué en « Merrevilla » (1268) puis « Merravilla » (1278)[2] et enfin Merville. En 1898, un lotissement de bord de mer voit le jour et prend le nom de Franceville en référence au lotissement de Franceville à Montfermeil[2]. La commune prend le nom de Merville-Franceville-Plage en 1931, par décret présidentiel[3].

Le gentilé est Mervillais-Francevillais.

Histoire[modifier | modifier le code]

Comme on peut l'imaginer, l'estuaire de l'Orne a servi de tout temps à la pêche, mais il n'a pas eu la même vocation maritime que celui de la Dives, à cause du cours changeant du fleuve et des bancs de sable qui bougent sans cesse.

En 1467, après la guerre de Cent Ans, le château est ruiné par l'armée des Bretons[4].

Des marais salants ont existé de l'Antiquité jusqu'au XIVe siècle sur la côte, mais ils disparurent à la suite de l'instauration de la gabelle[5]. Au XVIIIe siècle, face aux tensions avec l'Angleterre, une redoute est édifiée à Merville par Vauban.

Sous la Révolution, le nom est fixé en Merville. Au XIXe siècle, le territoire de Merville s'accroît, en absorbant la petite commune du Buisson.

La station balnéaire[modifier | modifier le code]

À partir de 1881, la commune voit les premiers commerces se développer : débit de tabac et boissons, hôtel. Mais c'est le que le conseil municipal vote une délibération pour la construction du Decauville, « considérant qu'on ne peut méconnaître qu'une ligne de tramway doit contribuer au développement de la station balnéaire, et par la suite à l'augmentation du centime communal »[2].

Le , un lotissement privé portant le nom de Franceville-Plage[Note 2] est créé sur la partie littorale de la commune par l'architecte originaire de Montfermeil Joseph Edouard Wattier ; il cherche à attirer sur la côte une population aisée parisienne[2]. La station balnéaire est née. Le , une ligne des Chemins de fer du Calvados est mise en service reliant Dives-sur-mer à Sallenelles. Cette ligne de voie ferrée d'intérêt local à voie étroite relie les stations balnéaires de la côte à Caen. L'année suivante, en 1893, elle est prolongée jusqu'à Caen. Une gare est inaugurée le à Franceville. Ce bâtiment voyageur, plus imposant que les autres du réseau, est encore visible au no 6, route de Cabourg. La ligne, peu rentable et peu sûre, est remplacée par un service de cars, en 1932.

Le lotissement de Franceville est mis en vente, par souscription, à partir du , les premiers terrains sont livrés le [2]. Les premiers acquéreurs sont essentiellement parisiens. On compte en 1911 123 propriétés dans le lotissement, 147 en 120 et 444 à la veille de la Seconde Guerre mondiale[2].

En 1927, le conseil municipal demande par deux fois que la commune soit reconnue comme « station balnéaire » ou « station climatique ». Le , le conseil municipal « considérant que la station balnéaire de Franceville-Plage, située sur le territoire de Merville prend une extension de plus en plus grande et que dans l'intérêt de l'acheminement des correspondances destinées à Franceville sur lesquelles on omet souvent de mettre « Merville », il y a lieu d'ajouter ce nom à celui de la commune »[2].

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Fortification de la côte dans le cadre du « mur de l'Atlantique »[modifier | modifier le code]

L'occupation allemande laissa des traces :

  • les pins furent abattus pour équiper les plages en « asperges de Rommel » ;
  • des blockhaus surgirent sur le littoral ;
  • les Allemands y construisent la batterie de Merville à partir d'août 1942 ;
  • de nombreuses villas furent rasées afin de permettre à l'occupant allemand d'avoir une vue dégagée sur la Manche[6] et aussi de ne pas gêner les tirs de défense.

Combats[modifier | modifier le code]

Casemate de la batterie de Merville.
Article détaillé : Batterie de Merville.

La bataille de la Batterie de Merville a lieu dans la nuit du 5 au . Le 9e bataillon de parachutistes britannique (Eastern and Home Counties), composé de 750 hommes, appartenant à la 6e division aéroportée britannique, et commandé par le lieutenant-colonel Terence Otway, eut pour mission prioritaire d'attaquer la batterie de Merville, qui comptait quatre canons de 150 mm pouvant prendre dans leur feu l'embouchure de l'Orne et la zone de débarquement de Sword Beach. La prise de la batterie faisait partie des objectifs prioritaires et vitaux désignés par le haut commandement allié pour assurer la réussite du débarquement. La majeure partie des 750 hommes du 9e bataillon britannique fut piégée dans les marais de Varaville, inondés sur ordre de Rommel. Avec seulement 150 parachutistes, dépourvu de matériel lourd et de moyens de communication, Otway engagea cependant l'assaut à h 30 du matin et neutralisa la batterie, découvrant au passage que les prétendus canons de 150 mm étaient en réalité des canons Skodas de 100 mm. Au cours de cette attaque, Otway perdit encore environ la moitié de ses hommes. Les pertes allemandes furent encore plus lourdes avec, à la fin des combats, seulement 22 soldats valides sur les 130 soldats de la batterie[réf. nécessaire]. Cette action, qualifiée « d'inimaginable assaut », restera l'une des plus héroïques du jour J. La plupart des maisons de la station furent détruites ou sévèrement endommagées lors du débarquement qui suivit.

Comme toutes les villes côtières françaises, la station retrouva un essor dans l'après-guerre.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1880 1884 Emélidor Morand    
1884 1900 Émile Andrieu    
1900 1901 Georges Grenier    
1901 1924 Léonce Cornet    
1924 1929 Gaston Dechaufour    
1929 1953 Alexandre de Lavergne    
1953 1965 Anthony Lenègre    
1965 1971 Jean-Marcel Pain    
1971 1983 Charles Levasseur    
1983 mars 1989 Édouard Rossignol SE Diplomate
mars 1989 en cours Olivier Paz[7] Les Républicains Gérant de société
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La commune est jumelée avec :

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[9].

En 2014, la commune comptait 2 187 habitants[Note 3], en augmentation de 9,84 % par rapport à 2009 (Calvados : +1,58 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1841 1846 1851 1856
256 253 257 263 310 296 314 312 328
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
291 305 312 273 268 259 234 248 263
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
234 255 268 351 463 470 603 888 948
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014 -
1 046 1 184 1 309 1 317 1 521 1 748 2 109 2 187 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Créé en 2006, tous les deux ans en septembre se tient le festival Cidre et Dragon alliant le fantastique au médiéval, réunissant plus de 70 000 festivaliers. Après un interfestival en 2013, la manifestation devient annuelle à partir de 2014.

Sports[modifier | modifier le code]

Merville-Franceville, par sa situation géographique et son climat, est notamment un haut lieu du kite surf en Normandie.

Merville-Franceville-Plage possède un terrain de football sur lequel évolue l'Étoile sportive amfrevillaise en U17. Il existe également un gymnase dans lequel joue le Merville-Franceville Basket et le Badminton Club Merville-Franceville Plage (BCMF) et qui abrite plusieurs courts de tennis dont un en terre battue.

Le Badminton Club Merville-Franceville possède deux équipes d'interclubs qui évoluent en Départementale 2 (BCMF1) et Départementale 3 (BCMF2).

Une piscine couverte située en bord de plage, propose des cours de natation entre juin et septembre.

Énergie[modifier | modifier le code]

Dans le cadre du développement des énergies renouvelables, une liaison HVDC est prévue entre Bellengreville (lieu-dit Tourbe) et l'Angleterre. L'atterrage se ferait à Merville-Franceville[12] (voir Siouville-Hague).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • La batterie allemande de Merville, objectif important lors du débarquement allié le , fut conquise par le lieutenant-colonel Terence Otway et ses hommes. La batterie de Merville est classée monument historique depuis 2004. En 1976, Le général Sir Richard Gale et Françoise Gondrée, Fondateurs de l'Aspeg « Musée de Pegasus Bridge & Batterie de Merville » ont entrepris les démarches de restauration des batteries. Depuis 1978, un musée est réalisé dans la première casemate. Depuis lors, ce musée a connu un développement remarquable puisqu'il accueille aujourd'hui plus de 60 000 visiteurs annuellement.
  • Un buste en bronze érigé sur le site de la batterie de Merville représente Terence Otway à l'époque du débarquement allié.
  • La redoute de Merville, fortification édifiée selon les plans de Vauban en 1779, fut utilisée par l'armée française puis par les douanes avant de servir de lieu de garnison et d'observation à l'armée allemande pendant l'Occupation à partir de 1940. Inscrite au titre des monuments historiques depuis le [13], propriété du Conservatoire du littoral, la redoute de Merville est en cours de réhabilitation.
  • L'église Saint-Germain des XIIe et XIXe siècles. On trouve un ancien cadran canonial sur le mur sud de l'église.
  • La réserve ornithologique du Gros Blanc située dans l'estuaire de l'Orne[14]. L'espace protégé de 40 ha est interdit au public mais des observatoires sont accessibles sur le périmètre permettant d'admirer un très riche patrimoine ornithologique avec plus de 160 espèces recensées.
  • L'ancienne station des Chemins de fer du Calvados. Une souscription auprès des habitants, ainsi qu'un emprunt effectué par la mairie permettent de construire un bâtiment de plus grande taille pour remplacer l'abri de style néo-normand original jugé trop modeste. Cette nouvelle gare est inaugurée en [15].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Terence Otway s'est éteint le 23 juillet 2006 près de Londres. Un hommage lui a été rendu par la municipalité le 30 juillet sur le site de la batterie de Merville en présence des autorités civiles et militaires et des Vétérans du 9e Bataillon.
  • Alessandro Anzani (1877-1956), champion motocycliste italien décédé à Merville-Franceville-Plage.
  • Robert Planquette possédait une villa, Les Cloches, à Merville.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Merville-Franceville-Plage

Les armes de la commune de Merville-Franceville-Plage se blasonnent ainsi :
burelé ondé d'azur et d'argent, à l'hippocampe de gueules.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvie Hée, Merville Franceville plage, Cabourg, Les cahiers du temps, (ISBN 2-911855-08-6)
  • John Golley, La nuit des canons de Merville, Paris, Presse de la cité,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014, légale en 2017.
  2. Le nom de Franceville vient du lotissement à Montfermeil où chaque parcelle correspond à un numéro de département
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Recueil des actes administratifs du 22 décembre 2016 » [PDF], sur le site de la préfecture du Calvados (consulté le 16 janvier 2017).
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Sylvie Hée, Merville-Franceville plage, Cahier du temps,
  3. Site communal : patrimoine historique
  4. J. Chanson, Dictionnaire alphabétique, topographique, archéologique et historique du département du Calvados, 1853, les éditions du Bastion, 1993
  5. Site communal : Merville
  6. Site communal : Franceville.
  7. Réélection 2014 : « Olivier Paz entame un cinquième mandat de maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 19 avril 2014)
  8. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  12. [1], site web RTE.
  13. « Redoute », notice no PA00111531, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  14. Calvados littoral, espaces naturels L'estuaire de l'Orne.
  15. Nicolas Ossipoff, Michel Triches, Le Home-Varaville - Merville-Franceville, Saint-Cyr-sur-Loire, Éditions Alan Sutton, 2010