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Jeanne d'Arc

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Blason de Jeanne d'Arc Jeanne d’Arc
Sainte catholique
Seule représentation connue de Jeanne d'Arc faite de son vivant, en 1429. Il s'agit d'une vue d'artiste, son auteur, Clément de Fauquembergue, n'ayant jamais rencontré la Pucelle d'Orléans (en témoignent les attributs féminins : robe et cheveux longs).
Seule représentation connue de Jeanne d'Arc faite de son vivant, en 1429. Il s'agit d'une vue d'artiste, son auteur, Clément de Fauquembergue, n'ayant jamais rencontré la Pucelle d'Orléans (en témoignent les attributs féminins : robe et cheveux longs).

Surnom La Pucelle d'Orléans
Naissance 6 janvier 1412[1]
Domrémy en Lorraine, (Bar, France)
Décès 30 mai 1431 (à 19 ans)
Rouen
Origine Duché de Bar
Allégeance Royaume de France
Années de service 14281430
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Siège d'Orléans
Bataille de Jargeau
Bataille de Meung-sur-Loire
Raid sur Reims
Bataille de Patay
Famille Fille de Jacques d'Arc, et d'Isabelle Romée ; 3 frères et 1 sœur : Jacques, Jean, Pierre, et Catherine d'Arc

Jeanne d'Arc, née vers 1412 à Domrémy (en Lorraine), village du duché de Bar dont une partie relevait du royaume de France pour le temporel et de l'évêché de Toul pour le spirituel et morte dans sa 19e année, sur le bûcher le 30 mai 1431 à Rouen, capitale du duché de Normandie alors possession du royaume d'Angleterre, est une héroïne de l'histoire de France, chef de guerre et sainte de l'Église catholique, connue depuis l'époque comme « la Pucelle d'Orléans », et depuis le XIXe siècle comme « mère de la nation française ».

Au début du XVe siècle, cette jeune fille de dix-sept ans d'origine paysanne prétendant avoir reçu de la part des saints Michel, Marguerite et Catherine la mission de délivrer la France de l'occupation anglaise, parvient à rencontrer le Dauphin Charles, à conduire victorieusement les troupes françaises contre les armées anglaises, levant le siège d'Orléans, conduisant le dauphin au sacre à Reims, contribuant ainsi à inverser le cours de la guerre de Cent Ans.

Capturée par les Bourguignons à Compiègne, elle est vendue aux Anglais par Jean de Luxembourg, comte de Ligny, pour la somme de dix mille livres, et condamnée à être brûlée vive en 1431 après un procès en hérésie conduit par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et ancien recteur de l'université de Paris. Entaché de nombreuses irrégularités, ce procès est cassé par le pape Calixte III en 1456 ; un second procès, en réhabilitation, est instruit, conclut à son innocence et l'élève au rang de martyre. Grâce à ces deux procès dont les minutes ont été conservées, elle est l'une des personnalités les mieux connues du Moyen Âge.

Elle est béatifiée le 18 avril 1909 et canonisée le 16 mai 1920[2]. Jeanne d'Arc est devenue une des quatre saintes patronnes secondaires de la France, et dans le monde entier une personnalité mythique qui a inspiré une multitude d’œuvres littéraires, historiques, musicales, dramatiques et cinématographiques.

Sa fête légale et nationale établie par la loi[3] promulguée le 10 juillet 1920 par le Président de la République Paul Deschanel est fixée au second dimanche de mai. Sa fête religieuse est fixée par l’église catholique au 30 mai, jour anniversaire de son martyre.

Biographie

Jeunesse

Famille et enfance

Jeanne d'Arc est vraisemblablement née en 1412[4] dans la ferme familiale du père de Jeanne attenante à l'église de Domrémy, village situé aux marches de la Champagne, du Barrois et de la Lorraine, pendant la guerre de Cent Ans qui opposait le Royaume de France au Royaume d'Angleterre.

Fille de Jacques d'Arc et d'Isabelle Romée, elle faisait partie d'une famille de cinq enfants : Jeanne, Jacques, Catherine, Jean et Pierre.

Jeanne (ou « Jeannette », comme on l'appelait à Domrémy où elle grandit) fut décrite par tous les témoins comme très pieuse ; elle aimait notamment se rendre en groupe, chaque dimanche, en pèlerinage à la chapelle de Bermont tenue par des ermites garde-chapelle, près de Greux, pour y prier. Les témoignages de ses voisins lors de ses futurs procès rapportent qu'à cette époque, elle fait les travaux de la maison (ménage, cuisine), du filage de la laine et du chanvre, aide aux moissons ou garde occasionnellement des animaux quand c'est le tour de son père, activité loin du mythe de la bergère qui utilise le registre poétique de la pastourelle et le registre spirituel de Jésus le bon berger[5].

Les réponses qu'elle a faites à ses juges, conservées dans les minutes de son procès, révèlent une jeune femme courageuse, dont le franc-parler et l'esprit de répartie se tempèrent d'une grande sensibilité face à la souffrance et aux horreurs de la guerre, comme devant les mystères de la religion.

Jeanne, « la bonne Lorraine »

Jeanne d’Arc la Lorraine
Médaille de Jeanne d’Arc,
« la bonne Lorraine »

L'usage de la particule n'indique rien quant à de possibles origines nobles, une particule pouvant être portée tant par des roturiers que par des nobles, en outre son nom est orthographié de différentes manières (Dar, Darc, Day, d'Ay, Tare, Tarc, Tard, Dart, etc.) dans la documentation relative à l'époque, sachant que l'usage de l'apostrophe n'est pas d'un emploi général au XVe siècle. Le nom d'Arc apparaît dans un sonnet anonyme, imprimé en 1576 à Orléans, qui célèbre la noblesse conférée par Charles VII à la Pucelle et déclenche la redécouverte littéraire de ce personnage[6].

Jacques d'Arc, habituellement considéré comme laboureur, ou pour d'autres historiens comme ayant le rang de collecteur de l'impôt, semble aussi avoir été métayer[7] et paraît ainsi avoir émigré d'Arc-en-Barrois (en Champagne), avec l'accord de son seigneur. Dès lors, il dépend du titulaire des droits sur Domrémy où il a fondé son foyer.

Au début du XVe, Domrémy se trouve imbriquée dans un territoire aux suzerainetés diverses. Sur la rive gauche de la Meuse, elle peut relever du Barrois mouvant, pour lequel le duc de Bar, par ailleurs souverain dans ses États, prête hommage au roi de France depuis 1301. Mais elle semble être plutôt rattachée à la châtellenie de Vaucouleurs, sous l'autorité directe du roi de France qui y nomme un capitaine (le sire de Baudricourt, au temps de Jeanne d'Arc). Enfin, l'église de Domrémy dépend de la paroisse de Greux, au diocèse de Toul dont l'évêque est prince du Saint-Empire germanique.

Colette Beaune précise que Jeanne est née dans la partie sud de Domrémy, côté Barrois mouvant, dans le bailliage de Chaumont-en-Bassigny et la prévôté d'Andelot[8]. Les juges de 1431 corroborent cette origine, de même que les chroniqueurs Jean Chartier et Perceval de Cagny. Seul Perceval de Boulainvilliers considère pour sa part qu'elle est née dans la partie nord, qui relevait de la châtellenie de Vaucouleurs et donc du royaume de France dès 1291.

Contexte politique (1407—1422)

Territoires contrôlés par les Anglais, leurs alliés bourguignons et les Français en 1435

Le roi de France Charles VI, dit « Charles le Fol », ne dispose pas de toutes ses facultés mentales. La légitimité de son dernier fils survivant, le Dauphin Charles, héritier de la couronne, est contestée.

Depuis l'assassinat de Louis d'Orléans en novembre 1407, le pays est déchiré par une guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Ceux-ci se disputent le pouvoir au sein du conseil de régence présidé, à cause de la folie de son époux, par la reine Isabeau. Profitant de ce conflit, Henri V, roi d'Angleterre relance les hostilités et débarque en Normandie en 1415. La chevalerie française subit un désastre à Azincourt, face au Corps des Long Bow, archers gallois. En effet, les Anglais disposent d'un corps gallois ayant une maîtrise meurtrière de l'arc long (longbow). Toujours bien abrités des charges de cavalerie par des pieux disposés à l'avance, ces gallois déciment sous une pluie de flèches la chevalerie française, dont les chevaux ne sont pas encore protégés. Ils vont ainsi devenir maîtres des batailles à terrain découvert malgré leur nette infériorité numérique. Mais après Orléans, Jeanne ayant obtenu des chefs militaires français — sur « sa grande insistance » — de poursuivre les troupes anglaises, le Corps des Long Bow est surpris faisant une pause à Patay et, inorganisés, quasiment tous ses archers sont massacrés par des charges de cavalerie[9][réf. insuffisante]. Le Corps ne sera pas reconstitué et sera totalement éliminé une décennie plus tard par l'apparition de l'artillerie nouvelle des frères Gaspard et Jean Bureau - notamment l'artillerie de campagne - aux batailles de Formigny et Castillon, avantages combinés qui mettront fin au conflit.

À Domrémy, on apprend que le duc Edouard III de Bar, son frère, Jean de Bar, seigneur de Puysaye et son petit-fils le comte de Marle, sont tombés au combat. Le duché échoit au frère survivant du duc défunt, Louis, évêque de Verdun, lequel est un temps contesté par le duc de Berg, gendre du feu duc.

Lors de l'entrevue de Montereau, le 10 septembre 1419, le dauphin Charles et Jean sans Peur doivent se réconcilier pour faire face à l'ennemi. Mais, malheureusement, Jean sans Peur est poignardé au cours de cette rencontre par un homme du dauphin — probablement Tanneguy III du Chastel — par vengeance de l'assassinat de Louis d'Orléans au coin de la rue Barbette à Paris[10]. En réaction à cet assassinat, le fils de Jean sans Peur, Philippe le Bon, se rallie aux Anglais, imité en cela par la puissante université de Paris.

Alliés au puissant duc de Bourgogne, les Anglais peuvent imposer en 1420 le traité de Troyes, signé entre le roi Henri V d'Angleterre et Isabeau de Bavière, reine de France et régente. Selon les termes de ce traité, Henri V se marie à Catherine de Valois, fille de Charles VI. À la mort de Charles VI, la couronne doit revenir à leur descendance, réunissant les deux royaumes.

Ce traité est contesté par la noblesse française car il spolie le Dauphin - considéré comme enfant illégitime et assassin du duc de Bourgogne - de son droit à la succession. À la mort de Charles VI en 1422, la France n'a donc plus de roi ayant été sacré. La couronne de France est alors revendiquée par le roi d'Angleterre encore mineur, Henri VI qui vient de succéder à son père.

La situation territoriale devient alors la suivante : le Sud-Ouest du territoire français est contrôlé par les Anglais de même que la plupart des régions du Nord, excepté la Bretagne, État indépendant, qui se remet d'une guerre de succession et dont la neutralité réglée par le traité de Guérande de 1381 se poursuivra sous le règne de Jean V. La Bretagne jouera néanmoins un rôle décisif dans la dernière phase de cette guerre de Cent Ans en assurant le blocus de Bordeaux[11].

Article détaillé : traité de Troyes.

De Domrémy à Chinon : 1428 - février 1429

Jeanne d'Arc
(basilique du Bois-Chenu, Domrémy). Copie de la sculpture réalisée par la princesse Marie d'Orléans qui se trouve à l'hôtel Groslot à Orléans
Jeanne d'Arc ayant la vision de l'archange saint Michel
Eugène Thirion (1876)

À treize ans, Jeanne affirme avoir entendu dans le jardin de son père[12] les voix célestes des saintes Catherine et Marguerite et de l'archange saint Michel lui demandant d'être pieuse, de libérer le royaume de France de l'envahisseur et de conduire le dauphin sur le trône. Dès lors, elle s'isole et s'éloigne des jeunes du village qui n'hésitent pas à se moquer de sa trop grande ferveur religieuse, allant jusqu'à rompre ses fiançailles (probablement devant l'official de l'évêché de Toul)[13]. Elle craint le pillage et les massacres pour son village de Domrémy : les intrusions anglo-bourguignonnes menacent toute la Lorraine. Ses expériences mystiques se multiplient à mesure que les troubles dans la région augmentent mais, effrayée, elle ne les révèle à son « oncle », Durand Laxart (en fait, un cousin qu'elle appelle oncle car plus âgé), qu'à l'âge de 16 ans [14]. Après beaucoup d'hésitations, son « oncle » l'emmène — sans permission parentale — rencontrer Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, forteresse voisine de Domrémy, sous prétexte d'aller aider aux relevailles d'une cousine germaine. Demandant à s'enrôler dans les troupes du Dauphin pour répondre à une prophétie locale qui voulait qu'une pucelle des Marches de Lorraine sauvât la France, elle demande audience à Robert de Baudricourt en vue d'obtenir de lui la lettre de crédit qui lui ouvrirait les portes de la Cour. Le seigneur local la prend pour une affabulatrice ou une illuminée et conseille Laxart de ramener sa nièce chez ses parents avec une bonne gifle[15]. L'année suivante, les Anglo-bourguignons attaquent Domrémy ; avec sa famille, elle se réfugie à Neufchâteau. Jeanne tenace revient s'installer à Vaucouleurs en 1429 pendant trois semaines. Elle loge chez Henri et Catherine Le Royer, famille bourgeoise, et la population — avide en ces temps troublés de prophéties encourageantes — l'adopte et la soutient. Dotée d'un grand charisme, la jeune paysanne illettrée acquiert une certaine notoriété de guérisseuse lorsque le duc malade Charles II de Lorraine lui donne un sauf-conduit pour lui rendre visite à Nancy : elle lui promet de prier pour sa guérison en échange d'une escorte menée par René d'Anjou, le gendre du duc[16]. Elle finit par être prise au sérieux par Baudricourt après qu'elle lui a annoncé par avance la journée des Harengs et l'arrivée concomitante de Bertrand de Poulengy, jeune seigneur proche de la maison d'Anjou et de Jean de Novellompont, dit de Metz. Il lui donne une escorte de six hommes, liés à Yolande d'Aragon : les deux écuyers Jean de Metz et Bertrand de Poulengy qui resteront fidèles à Jeanne tout au long de son aventure, ainsi qu'un courrier, le messager royal Colet de Vienne, chacun accompagné de son serviteur (Julien et Jean de Honnecourt ainsi que Richard L'Archer)[14]. Avant son départ pour le royaume de France, Jeanne se recueille dans l'ancienne église de Saint-Nicolas-de-Port, dédiée au saint patron du duché de Lorraine[13].

Portant des habits masculins et coupant ses cheveux au bol — ce qu'elle fera jusqu'à sa mort, excepté pour sa dernière fête de Pâques — elle traverse incognito les terres bourguignonnes et se rend à Chinon où elle est finalement autorisée à voir le Dauphin Charles, après réception d'une lettre de Baudricourt. La légende de « l'envoyée de Dieu », peu probable, raconte qu'elle fut capable de reconnaître Charles, vêtu simplement au milieu de ses courtisans[17]. En réalité, arrivée à Chinon le 23 février, elle n'est reçue par le roi que deux jours plus tard, non dans la grande salle de la forteresse mais dans ses appartements privés lors d'une entrevue au cours de laquelle elle parle au Dauphin de sa mission, la grande réception devant la Cour à l'origine de la légende n'ayant lieu qu'un mois plus tard[18]. Jeanne est logée dans la tour du Coudray, celle où Jacques de Molay fut emprisonné[19]. Jeanne annonce clairement quatre événements : la libération d'Orléans, le sacre du roi à Reims, la libération de Paris et la libération du duc d'Orléans. Après l'avoir fait interroger par les autorités ecclésiastiques à Poitiers où des docteurs en théologie réalisent son examen de conscience et où des matrones, supervisées par Yolande d'Aragon, constatent sa virginité (exigence pour une « envoyée de Dieu » ? Vérification qu'elle n'est pas un homme ? Pour ne pas donner prise à ses ennemis qui la qualifient de « putain des Armagnac » [20]), et après avoir fait une enquête à Domrémy, Charles donne son accord pour envoyer Jeanne à Orléans assiégée par les Anglais, non pas à la tête d'une armée, mais avec un convoi de ravitaillement[21]. Ce sera à Jeanne de faire ses preuves.

Jeanne d'Arc, chef de guerre ou simple mascotte ? (avril 1429 – mai 1430)

Statue de Jeanne d'Arc
Cathédrale de Reims
Prosper d'Épinay (1836-1914)
Jeanne d'Arc portant armure et épée.
John Everett Millais (1829-1896)

Ses frères la rejoignent. On l'équipe d'une armure et d'une bannière blanche frappée de la fleur de lys, elle y inscrit Jesus Maria, qui est aussi la devise des ordres mendiants (les dominicains et les franciscains). En partance de Blois pour Orléans, Jeanne expulse ou marie les prostituées de l'armée de secours et fait précéder ses troupes d'ecclésiastiques. Arrivée à Orléans le 29 avril, elle apporte le ravitaillement et y rencontre Jean d'Orléans, dit « le Bâtard d'Orléans », futur comte de Dunois. Elle est accueillie avec enthousiasme par la population, mais les capitaines de guerre sont réservés. Avec sa foi, sa confiance et son enthousiasme, elle parvient à insuffler aux soldats français désespérés une énergie nouvelle et à contraindre les Anglais à lever le siège de la ville dans la nuit du 7 au 8 mai 1429.

À cause de cette victoire (encore célébrée à Orléans au cours des « Fêtes johanniques », chaque année du 29 avril au 8 mai), on la surnommera la « Pucelle d'Orléans », expression apparaissant pour la première fois en 1555 dans l'ouvrage Le Fort inexpugnable de l'honneur du sexe féminin de François de Billon[22]. Après le nettoyage de la vallée de la Loire grâce à la victoire de Patay (où Jeanne d'Arc ne prit pas part aux combats), le 18 juin 1429, remportée face aux Anglais, Jeanne se rend à Loches et persuade le Dauphin d'aller à Reims se faire sacrer roi de France.

Pour arriver à Reims, l'équipée doit traverser des villes sous domination bourguignonne qui n'ont pas de raison d'ouvrir leurs portes, et que personne n'a les moyens de contraindre militairement. Selon Dunois, le coup de bluff aux portes de Troyes entraîne la soumission de la ville mais aussi de Châlons-en-Champagne et de Reims. Dès lors, la traversée est possible.

Article détaillé : Chevauchée vers Reims.
1429
  •      Territoires contrôlés par Henri V
  •      Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne
  •      Territoires contrôlés par le Dauphin Charles
  •      Principales batailles
  •       Raid Anglais de 1415
  •       Itinéraire de Jeanne d'Arc vers Reims en 1429

Le 17 juillet 1429, dans la cathédrale de Reims, en la présence de Jeanne d'Arc, Charles VII est sacré par l'archevêque Renault de Chartres. Le duc de Bourgogne, en tant que pair du royaume, est absent, Jeanne lui envoie une lettre le jour même du sacre pour lui demander la paix. L'effet politique et psychologique de ce sacre est majeur. Reims étant au cœur du territoire contrôlé par les Bourguignons et hautement symbolique, il est interprété par beaucoup à l'époque comme le résultat d'une volonté divine. Il légitime Charles VII qui était déshérité par le traité de Troyes et soupçonné d'être en réalité le fils illégitime du duc d'Orléans et d'Isabelle de Bavière.

Cette partie de la vie de Jeanne d'Arc constitue communément son épopée : ces événements qui fourmillent d'anecdotes où les contemporains voient régulièrement des petits miracles, le tout conforté par leurs références explicites dans les procès, ont grandement contribué à forger la légende et l'histoire officielle de Jeanne d'Arc. La découverte miraculeuse de l'épée dite de « Charles Martel » sous l'autel de Sainte-Catherine-de-Fierbois, en est un exemple. Le mythe de la chef de guerre commandant les armées de Charles VII en est un autre. C'est le duc de Bedford, pour minimiser la portée de la délivrance d'Orléans et les défaites ultérieures qui lui attribue le rôle de chef de guerre de l'ost du roi envoyé par le diable. Les conseillers du roi se méfiant de son inexpérience et de son prestige, ils la font tenir à l'écart des décisions militaires essentielles tandis que le commandement est successivement confié à Dunois, au duc d'Alençon, à Charles d'Albret ou au maréchal de Boussac[23]. Les historiens contemporains la considèrent soit comme une simple mascotte qui redonne du cœur aux combattants soit comme un génie militaire[24].

Article détaillé : Siège de Paris (1429).

Dans la foulée, Jeanne d'Arc tente de convaincre le roi de reprendre Paris aux Bourguignons, mais il hésite. Jeanne mène une attaque sur Paris mais cette dernière doit être rapidement abandonnée. Le Roi finit par interdire tout nouvel assaut : l'argent et les vivres manquent et la discorde règne au sein de son conseil. C'est une retraite forcée vers la Loire, l'armée est dissoute.

Vitrail de l'église Saint-Jacques, Compiègne

Jeanne repart néanmoins en campagne : désormais elle conduit sa propre troupe et se considère comme une chef de guerre indépendante, elle ne représente plus le roi. Entraîneur d'hommes qu'elle galvanise par son charisme et son courage (elle est plusieurs fois blessée), elle dispose d'une maison militaire avec une écurie de coursiers, un écuyer et un héraut[24]. Ses troupes lutteront contre des capitaines locaux, mais sans beaucoup de succès. Le 4 novembre 1429, « la Pucelle » et Charles d'Albret s'emparent de Saint-Pierre-le-Moûtier. Le 23 novembre, ils mettent le siège devant La Charité-sur-Loire pour en chasser Perrinet Gressart. Pour Noël, Jeanne a regagné Jargeau à la suite de l'échec du siège[25].

Jeanne est alors conviée à rester dans le château de La Trémouille à Sully-sur-Loire. Quittant le roi sans prendre congé, elle s'échappera rapidement de sa prison dorée pour répondre à l'appel à l'aide de Compiègne, assiégée par les Bourguignons. Finalement, elle est capturée par les Bourguignons lors d'une sortie aux portes de Compiègne le 23 mai 1430. Elle essaie de s'échapper par deux fois, mais échoue. Elle se blessera même sérieusement en sautant par une fenêtre au château de Beaurevoir. Elle est vendue aux Anglais le 21 novembre 1430, pour dix mille livres, et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais.

Le procès et la condamnation (1431)

Le procès

Tour Jeanne-d'Arc, donjon du château de Philippe-Auguste à Rouen, où elle fût amenée pour être soumise à la question

Lors de son procès[26] qui dura du 21 février au 23 mai 1431[27], elle est accusée d'hérésie et interrogée sans ménagement à Rouen. Elle est emprisonnée dans une tour du château de Philippe Auguste, dite plus tard « tour de la Pucelle » ; seul le donjon de la construction est parvenu jusqu'à nous. Il est appelé à tort « tour Jeanne-d'Arc », cependant les substructions de la tour de la Pucelle ont été dégagées au début du XXe siècle et sont visibles dans la cour d'une maison sise rue Jeanne d'Arc. Jugée par l'Église, elle reste néanmoins emprisonnée dans cette prison civile, au mépris du droit canon.

Si ses conditions d'emprisonnement sont particulièrement difficiles, Jeanne n'a néanmoins pas été soumise à la question, autrement dit la torture, bien qu'elle en ait été menacée.

Le procès débute le 21 février 1431. Environ cent vingt personnes y participent, dont vingt-deux chanoines, soixante docteurs, dix abbés normands, dix délégués de l'université de Paris. Leurs membres furent sélectionnés avec soins. Lors du procès de réhabilitation, plusieurs témoignèrent de leur peur. Ainsi, Richard de Grouchet déclare que « c'est sous la menace et en pleine terreur que nous dûmes prendre part au procès ; nous avions l'intention de déguerpir. » Pour Jean Massieu, « il n'y avait personne au tribunal qui ne tremblât de peur. » Pour Jean Lemaître, « Je vois que si l'on agit pas selon la volonté des Anglais, c'est la mort qui menace. »

Une dizaine de personnes sont actives lors du procès, tels Jean d'Estivet, Nicolas Midy ou Nicolas Loyseleur. Mais, les enquêteurs, conduits par l'évêque de Beauvais, Mgr Cauchon, ne parviennent pas à établir un chef d'accusation valable : Jeanne semble être une bonne chrétienne, convaincue de sa mission, différente des hérétiques qui pullulent dans un climat de défiance vis-à-vis de l'Église en ces temps troublés. Le tribunal lui reproche par défaut de porter des habits d'homme, d'avoir quitté ses parents sans qu'ils lui aient donné congé, et surtout de s'en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu'à celui de « l'Église militante », c'est-à-dire l'autorité ecclésiastique terrestre. Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées par le démon. Soixante-dix chefs d'accusation sont finalement trouvés, le principal étant Revelationum et apparitionum divinorum mendosa confictrix (imaginant mensongèrement des révélations et apparitions divines)[28]. L’université de Paris (Sorbonne), alors à la solde des Bourguignons, rend son avis : Jeanne est coupable d'être schismatique, apostate, menteuse, devineresse, suspecte d'hérésie, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints. Jeanne en appelle au Pape, ce qui sera ignoré par les juges.

« Sur l'amour ou la haine que Dieu porte aux Anglais, je n'en sais rien, mais je suis convaincue qu'ils seront boutés hors de France, exceptés ceux qui mourront sur cette terre. »

— Jeanne d'Arc à son procès (le 15 mars 1431)

Condamnation et exécution

Représentation erronée du Jeanne d'Arc au bûcher : elle avait la tête rasée et était enfouie à mi-corps dans les rangées de bûches et de fagots, seuls son buste et sa tête émergeant[29].

Le 24 mai, au cimetière Saint-Ouen de Rouen, les juges mettent en scène un simulacre de bûcher pour effrayer Jeanne et la presser de reconnaître ses fautes. Jeanne, sous la promesse orale (donc invérifiable) du tribunal de l'incarcérer dans une prison ecclésiastique, signe d'une croix (alors qu'elle savait écrire son nom) l'abjuration de ses erreurs, reconnaissant avoir menti à propos des voix et se soumet à l'autorité de l'Église. Elle est alors renvoyée dans sa prison aux mains des Anglais. S'estimant trompée, elle se rétracte deux jours plus tard, endosse de nouveau des habits d'homme (dans des conditions obscures).
Déclarée « relapse » (retombée dans ses erreurs passées), le tribunal la condamne au bûcher et la livre au « bras séculier ». Le 30 mai 1431, après s'être confessée et avoir communié, Jeanne en tunique de toile soufrée est conduite vers neuf heures, sous escorte anglaise, dans la charrette du bourreau Geoffroy Thérage, place du Vieux-Marché à Rouen où l'on a dressé trois estrades :la première, pour le cardinal Winchester et ses invités, la seconde pour les membres du tribunal civil représentée par la bailli de Rouen Raoul le Bouteiller ; la troisième, pour Jeanne et le prédicateur Nicolas Midi, docteur en théologie. Après la prêche et la lecture de sa sentence, les soldats la conduisent au bûcher dressé en hauteur[30] sur une estrade plâtrée pour qu'elle soit bien vue[31].

Jeanne d'Arc sur le bûcher
Jules-Eugène Lenepveu, 1889
détail d'une peinture au Panthéon de Paris

Le supplice de Jeanne, qui devait ressembler à une jeune fille terrorisée, provoque un défoulement cathartique, comme toute exécution. Il suscite également de nombreux témoignages de mythographes (comme celui du chevalier Perceval de Caigny) qui prétendent que sur le bûcher, un écriteau décrivant ses péchés masquait Jeanne, de même pour le mitre d'infamie qui dissimulerait son visage. Ces témoignages donnent naissance quelques années plus tard (le Journal d'un bourgeois de Paris relaye cette rumeur en 1440, époque où se manifeste l'impostrice Jeanne des Armoises) à la légende survivantiste selon laquelle Jeanne aurait survécu au bûcher grâce à la substitution d'une autre condamnée[32].

Le cardinal de Winchester avait insisté pour qu'il ne reste rien de son corps. Il désirait éviter tout culte posthume de la « pucelle ». Il avait donc ordonné trois crémations successives. La première vit mourir Jeanne d'Arc par intoxication par les gaz toxiques issus de la combustion, dont notamment le monoxyde de carbone. Le bourreau écarta les fagots, à la demande des Anglais qui craignaient qu’on ne dise qu’elle s’était évadée, pour que le public puisse voir que le cadavre déshabillé par les flammes était bien celui de Jeanne. La seconde dura plusieurs heures et fit exploser la boîte crânienne et la cavité abdominale dont les morceaux furent projetés sur le public en contrebas, laissant au centre du bûcher les organes calcinés à l'exception des entrailles et du cœur (organes plus humides brûlant moins vites) restés intacts. Pour la troisième, le bourreau ajouta de l'huile et de la poix et il ne resta que des cendres et des débris osseux qui furent dispersés à quinze heures par Geoffroy Thérage[33] dans la Seine[34] (non pas à l'emplacement de l'actuel pont Jeanne d'Arc, mais du pont Mathilde, jadis situé près de l'emplacement de l'actuel pont Boieldieu) afin qu'on ne puisse pas en faire de reliques ou des actes de sorcellerie[35].

L'âge de la martyre

On ignore l'âge exact de Jeanne d'Arc lors de son supplice.
La version officielle, construite à partir du procès qui s'est tenu à Rouen, nous transmet que Jeanne a dit être née à Domrémy, et qu'elle a 18 ou 19 ans au moment de son procès. Une source unique[36] à l'historicité contestée[37] la donne née le jour de l'Épiphanie sans précision sur l'année, le 6 janvier.

Une plaque apposée en 1930 sur le parvis de la cathédrale de Toul indique qu' elle comparut ici lors d'un procès matrimonial intenté par son fiancé en 1428[38]. Selon le journaliste Marcel Gay, elle se présenta seule. Elle aurait donc été majeure à ce moment-là (20 ans selon le droit local) et émancipée de la responsabilité parentale, ce qui placerait sa naissance vers 1408[39].

Les chroniques médiévales se révèlent en fait souvent imprécises et les appréciations testimoniales sur les dates des naissance d'autant plus approximatives lorsque celles-ci ne sont pas illustres. Pour Jeanne d'Arc, les dates de naissance données par les chroniqueurs s'échelonnent entre 1399 et 1417 mais la Pucelle, lors de son premier interrogatoire le 21 février 1431 dit « qu'elle croit avoir environ 19 ans » et lorsqu'elle retrace sa vie, elle reste relativement cohérente. De plus, lors de son procès en nullité, les témoins, à l'exception de son amie d'enfance Hauviette et de Jean d'Aulon, concordent pour lui donner comme âge en 1431, 18, 19 ou 20 ans, ce qui la ferait naître vers 1412[40].

Jeanne d'Arc et son époque : enjeux et problèmes

Statue de Jeanne d'Arc à Paris : le modèle de la « femme guerrière » s'inspire du De mulieribus claris de Boccace[41]

Problèmes des sources historiques

Statue de Jeanne d'Arc, place du parvis à Reims
Statue de Jeanne d'Arc à Compiègne

Les deux sources principales sur l'histoire de Jeanne d'Arc sont le procès en condamnation de 1431, et le procès en réhabilitation de 1455-1456. Le procès-verbal, l’instrumentum publicum[42], est rédigé quelques années plus tard sous le contrôle du principal greffier Guillaume Manchon par Thomas de Courcelles [43]. Étant des actes juridiques, elles ont l'immense avantage d'être les retranscriptions les plus fidèles des dépositions. Mais elles ne sont pas les seules : des notices, des chroniques ont également été rédigées de son vivant, telle que la Geste des nobles François, la Chronique de la Pucelle, la Chronique de Perceval de Cagny, la Chronique de Monstrelet ou encore le Journal du siège d'Orléans et du voyage de Reims, le Ditié de Jeanne d'Arc de Christine de Pizan, le traité de Jean de Gerson. Il faut ajouter également les rapports des diplomates et autres informateurs (écrits de Jacques Gelu à Charles VII, registres du greffier du Parlement de Paris Clément de Fauquembergue).

C'est Jules Quicherat qui rassemblera de manière quasi exhaustive, en cinq volumes, l'historiographie johannique entre 1841 et 1849. Entre le XVe siècle et le XIXe siècle, une foule d'écrivains, de politiciens, de religieux se sont appropriés Jeanne d'Arc, et leurs écrits sont nombreux. Il faut donc être prudent dans la manipulation des sources : peu lui sont contemporaines et elles réinterprètent souvent les sources originelles dans le contexte de leur interprète.

Les procès sont des actes juridiques. Les deux procès ont la particularité d'avoir subi une influence politique évidente, et la méthode inquisitoire suppose bien souvent que l'accusée et les témoins ne répondent qu'aux questions posées. De plus le procès de 1431 fut retranscrit en latin (vraisemblablement à l'insu de Jeanne), alors que les interrogatoires étaient en français.

Philippe Contamine, au cours de ses recherches, a constaté une abondance d'écrits dès 1429, et le « formidable retentissement au niveau international » dont cette abondance témoigne. Il remarque également que Jeanne d'Arc fut d'emblée mise en controverse et fit débat parmi ses contemporains. Enfin, dès le début « des légendes coururent à son sujet, concernant son enfance, ses prophéties, sa mission, les miracles ou les prodiges dont elle était l'auteur. Au commencement était le mythe. »

Il apparaît donc qu'aucun document contemporain de l'époque — hormis les minutes des procès — n'est à l'abri de déformation issue de l'imaginaire collectif. Au cours du procès de réhabilitation, les témoins racontent d'après des souvenirs vieux de 26 ans.

Aucune source ne permet de déterminer exactement les origines de Jeanne d'Arc, ni ses dates et lieu de naissance : les témoignages d'époque sont imprécis, Domrémy ne possédait pas[44] de registre paroissial, et les discussions restent nombreuses sur ces points, néanmoins sa biographie peut s'établir à partir des réponses de Jeanne d'Arc aux questions des juges à son premier procès de condamnation sur son éducation religieuse et ses occupations ainsi que les souvenirs des habitants de Domrémy qui veulent convaincre les juges du procès en réhabilitation de sa piété et sa bonne renommée[13].

L'anoblissement accordé à Jeanne d'Arc par le roi Charles VII[45] pose un autre problème. Il ne reste en effet aucune charte originale pour l'attester, mais uniquement des documents attestant de cet anoblissement rédigés postérieurement. Ces documents dont nous ne savons s'ils sont faux ou déforment une partie de la vérité historique font apparaître que Jeanne d'Arc avait été anoblie par Charles VII et avec elle ses parents, comme il était d'usage pour asseoir la filiation nobiliaire sans contestation, et par conséquent la filiation présente et à venir de ses frères et sœur. En 1614, la descendance fort nombreuse de la famille d'Arc montra qu'elle s'établissait uniquement vers la roture, et le roi leur retira leur titre de noblesse. Par ailleurs, le trésor y gagna en nombreuses pensions, car chaque membre de la lignée pouvait prétendre à indemnisation de la part du trésor pour le sacrifice de Jeanne d'Arc.

Une des copies de la charte d'anoblissement qui nous est parvenue dit que le roi Charles VII la fit Jeanne dame du Lys, sans lui concéder un pouce de terre, ni à elle ni à ses frères et sœur, ce qui était contraire à l'usage de l'anoblissement, car le titre visait à asseoir la propriété de façon héréditaire. En d'autres termes, la faisant dame du Lys, le roi Charles VII la liait au royaume et à la nation mais puisqu'elle s'était vouée à la chasteté et à la pauvreté, il ne lui allouait aucun bénéfice terrestre, ce qui privait du même coup sa parentèle de la possibilité d'user convenablement de cet anoblissement puisqu'elle demeurait sans possibilité de s'élever dans la société nobiliaire. Les d'Arc restèrent des roturiers par la force des choses.

Jeanne d'Arc et ses contemporains

Jeanne d'Arc fut très populaire de son vivant, la chevauchée vers Reims la fait connaître également à l'étranger. Le caractère exceptionnel de son épopée nourrit d'innombrables rumeurs en France, et même au-delà[46]. Elle commence à recevoir des courriers sur des questionnements théologiques venant de nombreuses contrées. On lui demandera son avis sur lequel des papes, alors en concurrence, est le vrai. Jeanne se rapproche des ordres mendiants. Elle était une des nombreux prédicateurs en cette époque se disant directement envoyés de Dieu. Même si l'objet principal de sa mission est la restauration du trône de France, la Pucelle prend parti de fait sur le plan théologique et fait débat. Les conflits d'intérêts autour d'elle dépassent la rivalité politique entre les Anglais et les partisans du dauphin.

Ainsi l'université de Paris, qui était « remplie des créatures du roi d'Angleterre » ne la voit pas d'un bon œil, à l'opposé des théologiens de Poitiers, composée des universitaires parisiens exilés par les Anglais, et également à l'inverse de l'archevêque d'Embrun, des évêques de Poitiers et de Maguelonne, Jean de Gerson (auparavant chancelier de l'université de Paris), l'Inquisiteur général de Toulouse, ou encore l'Inquisiteur Jean Dupuy qui ne voyait que comme enjeux « à savoir la restitution du roi à son royaume et l'expulsion ou l'écrasement très juste d'ennemis très obstinés ». Ces gens d'Église, et autres, soutenaient la Pucelle.

Pour l'éminente autorité religieuse qu'était alors la Sorbonne, le comportement religieux de Jeanne dépasse l'enjeu de reconquête du royaume, et les docteurs en théologie de cette institution la considèrent comme une menace contre leur autorité, notamment à cause du soutien des rivaux de l'université à Jeanne, et pour ce qu'elle représente dans les luttes d'influence à l'intérieur de l'Église.

Jeanne n'a pas eu non plus que des amis à la Cour du Dauphin. Au Conseil du Dauphin, le parti du favori – La Trémouille – (dont était Gilles de Rais) s'opposa régulièrement à ses initiatives. Cependant, de nombreux clercs du roi, notamment son confesseur Jean Girard, soutinrent la jeune fille, notamment après la prise d'Orléans, jusqu'à commander à l'archevêque d'Embrun, Jacques Gélu, une défense argumentée de Jeanne d'Arc[47].

Son rôle dans la guerre de Cent Ans

Jeanne d'Arc, à elle seule, n'a pas influé sur la phase finale de la guerre, qui s'est achevée en 1453. Elle n'a pas été non plus inexistante dans le rôle tactique et stratégique de sa campagne : Dunois parle d'une personne douée d'un bon sens indéniable et tout à fait capable de placer aux points clés les pièces d'artillerie de l'époque. Les faits d'armes sont donc à porter à son crédit même si certaines batailles ont été réglées en partie par de curieux événements.[pas clair] Elle fut en outre un chef indéniablement charismatique.

Sur le plan géopolitique, le royaume de France, privé de tout ce qui était situé au nord de la Loire et à l'ouest de l'Anjou-Auvergne, bénéficiait de ressources humaines et matérielles à peu près identiques à celles de l'Angleterre, proprement dite, qui était moins peuplée. Mais l'Angleterre tirait de ses possessions (selon les Anglais) de ses conquêtes (selon les Français) du Nord et de l'Ouest du royaume de France, des ressources (en hommes et en impôts) largement supérieures à celle du roi de Bourges, Charles VII. De plus, l'Angleterre était à l'aise pour mobiliser ses ressources continentales, car les Anglais connaissaient parfaitement tout le Grand Ouest de la France, lequel était leur domaine avant confiscation par Philippe Auguste un siècle plus tôt. Les Anglais n'ont jamais eu de difficulté pour lever des troupes et des fonds. La tactique de Charles V et de Du Guesclin, qui misaient sur le temps, en évitant les combats frontaux, et en assiégeant une par une les places fortes, tactique que Charles VII a adoptée faute de moyens, a parfaitement montré son efficacité. Cette tactique avait déjà montré les limites de l'invasion anglaise sous Charles V. Charles VII, avec l'appui de Jeanne, puis, après, des frères Gaspard et Jean Bureau, en a confirmé l'efficacité.

Cependant, avant l'intervention de Jeanne d'Arc, les Anglais bénéficiaient d'un avantage psychologique extrêmement important lié à plusieurs raisons :

  1. la réputation d'invincibilité de leurs troupes ;
  2. le traité de Troyes qui déshéritait le dauphin Charles et mettait en doute sa filiation à l'égard du roi Charles VI ;
  3. un état d'abattement et de résignation de la population ;
  4. l'alliance avec la Bourgogne.

L'avantage numérique du royaume de France pesait peu. Cette situation faisait qu'en 1429 la dynamique était anglaise.

Jeanne a eu indéniablement le mérite d'inverser l'ascendant psychologique en faveur de la France, en remontant le moral des armées et des populations, en légitimant et sacrant le roi, et en montrant que la réputation d'invincibilité des Anglais était fausse. Charles VII a eu, lui, l'initiative de se raccommoder avec les Bourguignons, étape indispensable pour la reconquête de Paris. Jeanne d'Arc visiblement ne portait pas les Bourguignons dans son cœur à cause de leur proximité avec son village de Domrémy et des heurts qu'il avait pu y avoir.

Le pape Pie II évoqua Jeanne d'Arc en ces termes :

« … Ainsi mourut Jeanne, l'admirable, la stupéfiante Vierge. C'est elle qui releva le royaume des Français abattu et presque désespéré, elle qui infligea aux Anglais tant et de si grandes défaites. À la tête des guerriers, elle garda au milieu des armées une pureté sans tache, sans que le moindre soupçon ait jamais effleuré sa vertu. Était-ce œuvre divine ? était-ce stratagème humain ? Il me serait difficile de l'affirmer. Quelques-uns pensent, que durant les prospérités des Anglais, les grands de France étant divisés entre eux, sans vouloir accepter la conduite de l'un des leurs, l'un d'eux mieux avisé aura imaginé cet artifice, de produire une Vierge divinement envoyée, et à ce titre réclamant la conduite des affaires ; il n'est pas un homme qui n'accepte d'avoir Dieu pour chef ; c'est ainsi que la direction de la guerre et le commandement militaire ont été remis à la Pucelle. Ce qui est de toute notoriété, c'est que, sous le commandement de la Pucelle, le siège d'Orléans a été levé ; c'est que par ses armes a été soumis tout le pays entre Bourges et Paris ; c'est que, par son conseil, les habitants de Reims sont revenus à l'obéissance et le couronnement s'est effectué parmi eux ; c'est que, par l'impétuosité de son attaque, Talbot a été mis en fuite et son armée taillée en pièces ; par son audace le feu a été mis à une porte de Paris ; par sa pénétration et son habileté les affaires des Français ont été solidement reconstituées. Événements dignes de mémoire, encore que, dans la postérité, ils doivent exciter plus d'admiration qu'ils ne trouveront de créance. »

(Mémoires du pape Pie II, traduites et citées par Quicherat)

L'enjeu de sa virginité

Si « pucelle » signifiait à l'époque simplement « fille » et pas particulièrement « vierge[48] », Jeanne mettait aussi en avant sa virginité pour prouver, selon les mœurs de son temps, qu'elle était envoyée de Dieu et non une sorcière et affirmer clairement sa pureté, aussi bien physiquement que dans ses intentions religieuses et politiques. L'opinion de cette époque était en effet formée à ces miracles où la Vierge et les saints venaient délivrer les prisonniers ou sauver des royaumes, comme le prophétisaient Merlin[49], Brigitte de Suède ou la recluse d'Avignon[50]. Dès lors vérifier sa virginité devient un enjeu important, étant donné l'importance politique des projets de Jeanne : restaurer la légitimité du roi Charles VII et l'amener au sacre.

Par deux fois, la virginité de Jeanne fut constatée par des matrones, à Poitiers en mars 1429, mais aussi à Rouen, le 13 janvier 1431. Pierre Cauchon (celui-là même qui la fit brûler) avait ordonné ce deuxième examen pour trouver un chef d'accusation contre elle, en vain.

Il est en revanche difficile de savoir ce qui s'est passé entre le jugement et le constat de « relapse », période où Jeanne a été durement maltraitée, défigurée, par ses geôliers. Selon Martin Ladvenu, un lord anglais aurait essayé de la forcer dans sa prison, en vain.

Les autres pucelles

Jeanne des Armoises et Jeanne de Sermaises

Portrait hagiographique de Jeanne d'Arc. Elle porta bien l'armure mais n'avait plus les cheveux longs, ayant adopté une coupe au bol[51].

Plusieurs femmes se présentèrent comme étant Jeanne d'Arc affirmant avoir échappé aux flammes. Pour la plupart, leur imposture fut rapidement décelée, mais deux d'entre elles parvinrent à convaincre leurs contemporains qu'elles étaient réellement Jeanne d'Arc : il s'agit de Jeanne des Armoises et de Jeanne de Sermaises.

D'après une source tardive (trouvée en 1645 à Metz par un prêtre de l'oratoire le père Jérôme Viguier et publiée en 1683 par son frère Benjamin Viguier), La Chronique du doyen de Saint-Thiébaud, Jeanne des Armoises apparut pour la première fois le 20 mai 1436 à Metz où elle rencontra les deux frères de Jeanne d'Arc, qui la reconnurent pour leur sœur. Il semble impossible d'affirmer s'ils crurent vraiment qu'elle fut leur sœur ou non. Détail intéressant : la belle-sœur de son mari Alarde de Chamblay devenue veuve s'était remariée en 1425 avec Robert de Baudricourt, le capitaine de Vaucouleurs. Jeanne guerroya avec les frères D'Arc et Dunois dans le sud-ouest de la France et en Espagne. En juillet 1439, elle passa par Orléans, les comptes de la ville mentionnent pour le 1er août : « À Jehanne d'Armoise pour don à elle fait, par délibération faite avec le conseil de ville et pour le bien qu'elle a fait à ladite ville pendant le siège IICX lp » soit 210 livres parisis. Il est à noter que la messe célébrée à Orléans depuis 1432 pour le repos de l'âme de Jeanne d'Arc, ne le fut plus à partir de 1439. Ces deux faits indiqueraient que les Orléanais ont reconnu en Jeanne des Armoises celle qui en 1429 les avait délivré des Anglais. Elle mourut vers 1446 sans descendance.

Ainsi, Jeanne des Armoises reste le cas le plus sérieux.

En 1456, après la réhabilitation de la Pucelle, Jeanne de Sermaises apparut en Anjou. Elle fut accusée de s'être fait appeler la Pucelle d'Orléans, d'avoir porté des vêtements d'homme. Elle fut emprisonnée jusqu'en février 1458, et libérée à la condition qu'elle s'habillerait « honnêtement ». Elle disparaît des sources après cette date.

Les « consœurs »

Jeanne d'Arc n'est pas un cas unique, bien qu'on fasse à l'époque plus confiance à des enfants ayant des visions qu'à des hommes ou femmes prophètes (les prophétesses sont des mulierculae, « petites bonnes femmes » dans le traité De probatione spirituum de 1415 de Jean de Gerson, théologien qui déconsidère notamment Brigitte de Suède ou Catherine de Sienne et met au point des procédures d'authentification des vraies prophétesses car désormais seule l'Église a le jugement d'autorité en matière de visions, apparitions et prophéties)[52]. En 1391, l'université de la Sorbonne et en 1413 l'université de Paris publient une affiche appelant à tous ceux qui ont des visions et se croyant appelés à sauver la France à leur communiquer leurs prophéties, les vrais prophètes selon les critères de l'époque devant être humbles, discrets, patients, charitables et avoir l'amour de Dieu[53]. Le Journal d'un bourgeois de Paris rapporte un sermon entendu le 4 juillet 1431 faisant référence à trois autres femmes :

« Encore dist il en son sermon qu'ilz estoient IIII, dont les III avoit esté prinses, c'est assavoir ceste Pucelle, et Perronne et sa compaigne, et une qui est avec les Arminalx (Armagnacs), nommée Katherine de La Rochelle ; … et disoit que toutes ces quatre pouvres femme frère Richart le cordelier (…) les avoit toute ainsi gouvernées ; (…) et que le jour de Noel, en la ville de Jarguiau (Jargeau), il bailla à ceste dame Jehanne la Pucelle trois foys le corps de Nostre Seigneur (…) ; et l'avoit baillé à Peronne, celui jour, deux fois (…) »

De ces trois autres femmes, le même Bourgeois de Paris relate l'exécution de Piéronne, qui « estoit de Bretaigne bretonnant » et fut brûlée sur le parvis de Notre-Dame le 3 septembre 1430. Et s'il ne la nomme pas, le Formicarium du frère Jean Nider semble décrire la même exécution.

Interrogée au sujet de Katherine de La Rochelle lors de son procès, Jeanne d'Arc déclara l'avoir rencontrée et lui avoir répondu « qu'elle retournât à son mari, faire son ménage et nourrir ses enfants ».

Elle ajouta : « Et pour en savoir la certitude, j'en parlai à sainte Marguerite ou sainte Catherine, qui me dirent que du fait de cette Catherine n'était que folie, et que c'était tout néant. J'écrivis à mon Roi que je lui dirais ce qu'il en devait faire ; et quand je vins à lui, je lui dis que c'était folie et tout néant du fait de Catherine. Toutefois frère Richard voulait qu'on la mît en œuvre. Et ont été très mal contents de moi frère Richard et ladite Catherine. »

Avec l'essor de l'astronomie et de la futurologie à la fin du Moyen Âge, les cours à cette époque aiment s'entourer de ces prophètes, parfois pour les instrumentaliser à des fins politiques. Ainsi, une bataille autour des prophètes a lieu notamment entre les Anglais et les Français, chaque camp fabriquant de fausses prophéties[52].

Sa reconnaissance

Statue équestre de Jeanne d'Arc par Hippolyte Lefèbvre devant la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

Reconnaissance littéraire et politique

Article détaillé : Mythes de Jeanne d'Arc.

Le culte de son vivant ayant rapidement décliné, les siècles suivants ne lui portent qu'un intérêt inconstant. C'est principalement à partir du XIXe siècle que la figure historique de Jeanne d'Arc a été reprise par de nombreux auteurs pour illustrer ou cristalliser des messages religieux, philosophiques ou politiques.

Christine de Pisan est un des rares auteurs contemporains à avoir fait l'éloge de Jeanne d'Arc, la nouvelle Judith. Villon mentionne en deux vers, parmi les Dames du temps jadis, « Jeanne la bonne Lorraine / Qu'Anglois brûlèrent à Rouen ». Avant le XIXe siècle, l'image de Jeanne d'Arc est défigurée par la littérature. Seule la notice d'Edmont Richier, surtout prolifique sur le plan théologique, apporte un volet historique cependant entaché d'inexactitudes. Chapelain, poète officiel de Louis XIV, lui consacre une épopée malheureusement très médiocre sur le plan littéraire. Voltaire ne consacre qu'un vers et demi à la gloire de Jeanne d'Arc dans son Henriade, chant VII «… Et vous, brave amazone, La honte des Anglais, et le soutien du trône. » et en consacra plus de vingt mille à la déshonorer[54]. La figure de Jeanne d'Arc connaît son âge d'or sous la Restauration des Bourbon[55].

Depuis le XIXe siècle, les exploits de Jeanne d'Arc sont usurpés pour servir certains desseins politiques au mépris de l'histoire. Les arcanes de cette exploitation d'une héroïne qui symbolise la France de façon mythique, voire mystique sont innombrables. On retint surtout les thèses évoquées lors de son procès[56] : la mandragore[57] suggérée par Cauchon, l’instrument politique destiné à jeter la terreur dans les troupes anglaises, et la si romanesque main de Dieu (qu’on y voit de l’hérésie ou des desseins monarchiques).

Jeanne d'Arc a été réhabilitée en 1817, dans le livre de Philippe-Alexandre Le Brun de Charmettes : Histoire de Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, tirée de ses propres déclarations, de cent quarante-quatre dépositions de témoins oculaires, et des manuscrits de la bibliothèque du roi de la tour de Londres[58]. Le travail scrupuleux de cet historien, fondé sur des enquêtes rigoureuses, et l'étude de documents originaux, a souvent été réutilisé comme base de travail par des écrivains français et étrangers, tels Jules Quicherat ou Joseph Fabre, qui ont contribué à redonner ses titres de noblesse à la Pucelle d'Orléans[59].

Les enjeux politiques et religieux du XIXe siècle expliquent l'émergence de thèses révisionnistes : la théorie « surviviste » ou « survivaliste » se développe avec l'ouvrage en 1889 La Fin d'une légende, vie de Jeanne d'Arc (de 1409 à 1440) d'Ernest Lesigne (en) alléguant que Jeanne fut sauvée du bûcher (par substitution avec une autre femme) et devenue Jeanne des Armoises. Cette thèse est reprise par des auteurs laïcs comme Gaston Save qui cherchent à minimiser le rôle de Jeanne d'Arc et enrayer son processus de canonisation. La théorie « bâtardisante » apparaît sur le plan littéraire pour la première fois en 1805 naît avec Pierre Caze qui écrit la pièce de théâtre La Mort de Jeanne d'Arc : la Pucelle y serait une bâtarde royale mise en scène à dessein, et dont la mère aurait été Isabeau de Bavière et le père Louis d'Orléans. Dans son livre La vérité sur Jeanne d'Arc en 1819, Caze développe cette thèse qui est généralement relayée par des monarchistes comme Jean Jacoby (Le secret de Jeanne, pucelle d'Orléans en 1932) pour qui le peuple ne serait pas en mesure de donner naissance à des héros. La théorie « survivo-bâtardisante » fusionne les deux précédentes en faisant de Jeanne une princesse royale qui a échappé au bûcher et survécu sous le nom de Jeanne des Armoises. Lancée par Jean Grimod (Jeanne d'Arc a-t-elle été brûlée, 1952), elle est reprise par des auteurs comme Maurice David-Darnac, Étienne Weill-Raynal, Robert Ambelain, André Cherpillod (Les deux mystères de Jeanne "d'Arc": sa naissance, sa mort, 1992) ou Marcel Gay et Roger Senzig (L'affaire Jeanne d'Arc, 2007)[60],[61].

Reconnaissance par l'Église catholique

Le procès en réhabilitation : 1455-1456 à Rouen

Jeanne d'Arc
Rubens (1620)

Lorsque Charles VII reprend Rouen, un second procès, à la demande de la mère de Jeanne et sur décret du pape espagnol Calixte III, casse en 1456 le premier jugement pour « corruption, dol, calomnie, fraude et malice » grâce au travail de Jean Brehal. Le pape ordonna à Thomas Basin, évêque de Lisieux et conseiller de Charles VII, d'étudier en profondeur les actes du procès de Jeanne d'Arc. Son mémoire fut la condition juridique du procès en réhabilitation. Après avoir enregistré les dépositions de nombreux contemporains de Jeanne, dont les notaires du premier procès et certains juges, il déclare le premier procès et ses conclusions « nuls, non avenus, sans valeur ni effet » et réhabilite entièrement Jeanne et sa famille[62]. Il ordonne également l'« apposition [d'une] croix honnête pour la perpétuelle mémoire de la défunte » au lieu même où Jeanne est morte[62]. La plupart des juges du premier procès, dont l'évêque Cauchon, sont morts entre-temps. Aubert d'Ourches comparait à Toul [63] comme vingt-huitième témoin, voici sa déposition du 14 février 1456 lors de la neuvième séance : « La Pucelle me parut être imbue des meilleures mœurs. Je voudrais bien avoir une fille aussi bonne… Elle parlait moult bien »[64].

Canonisation

Jeanne d'Arc est canonisée en 1920, et Pie XI la proclame sainte patronne secondaire de la France en 1922[65].

Objets et reliques

Reliques

Jeanne au bûcher
Hermann Anton Stilke

De prétendues reliques de Jeanne d'Arc sont conservées au musée d'art et d'histoire de Chinon. Propriété de l'archevêché de Tours, elles ont été mises en dépôt dans ce musée en 1963. Le bocal de verre qui les contient a été découvert à Paris en 1867 dans le grenier d'une pharmacie[66], située rue du Temple, par un étudiant en pharmacie, M. Noblet[67]. Le parchemin qui fermait l'ouverture du bocal portait la mention : « Restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d'Arc, pucelle d'Orléans ».

Le bocal contient une côte humaine de dix centimètres de long recouverte d'une couche noirâtre, un morceau de tissu de lin d'une quinzaine de centimètres de longueur, un fémur de chat et des fragments de charbons de bois.

Le médecin-légiste français Philippe Charlier, spécialiste de pathographie, qui a analysé les restes à partir de février 2006 avec son équipe de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine), conclut qu'il s'agit de restes de momies, à la fois momie humaine et momie animale, d'origine égyptienne datés de la Basse époque et qui auraient pu faire partie soit de la collection d'un cabinet d'amateur soit de la pharmacopée d'un apothicaire, avant d'être employés à la confection de ces pseudo-reliques[68].

Une analyse microscopique et chimique du fragment de côte montre qu'il n'a pas été brûlé, mais imprégné d'un produit végétal et minéral de couleur noire. Sa composition s'apparente plus à celle du bitume ou de la poix qu'à celle de résidus organiques d'origine humaine ou animale ayant été réduits à l'état de charbon par crémation.

Les « nez » de grands parfumeurs (Guerlain et Jean Patou) ont notamment décelé sur le morceau de côte une odeur de vanille. Or ce parfum peut être produit par « la décomposition d'un corps », comme dans le cas d'une momification, pas par sa crémation.

Le tissu de lin, quant à lui, n'a pas été brûlé, mais teint et a les caractéristiques de celui utilisé par les Égyptiens pour envelopper les momies.

D'autre part, concernant le pollen, il a été noté une grande richesse de pollens de pin, vraisemblablement en rapport avec l'usage de résine en Égypte au cours de l'embaumement.

Enfin, une étude au carbone 14 a daté les restes entre le VIe et le IIIe siècle av. J.-C., et un examen spectrométrique du revêtement à la surface des os a montré qu'il correspondait à ceux de momies égyptiennes de cette période tardive.

Objets ayant appartenu à Jeanne d'Arc

Sculpture de Jeanne d'Arc en armure portant l'étendard
Carling (Moselle)
  • L'étendard : il était de couleur blanche avec en fond une peinture de Hauves Poulnoir, un peintre tourangeau qui avait peint « l'image de notre Sauveur assis en jugement dans les nuées du ciel et un ange tenant une fleur de lys » (description de Jean Pasquerel). Jhesus Maria y était inscrit, c'était la devise de l'ordre des mendiants.
  • Le pennon (fanion de forme triangulaire) : sur ce pennon, on pouvait voir « Notre-Dame ayant devant elle un ange lui présentant un lys ».

L'armure

Charles VII paya à Jeanne une armure coûtant 100 écus, soit 2.500 sols ou 125 livres tournois. Cette somme n'est pas extraordinaire, il suffit de la rapprocher de l'inventaire établi par Jeanne lors de son procès : « Elle dit ensuite que ses frères ont ses biens, ses chevaux, épées, à ce qu'elle croit, et autres qui valent plus de 12.000 écus. Elle répondit qu'elle avait dix ou douze mille écus qu'elle a vaillant… » Le comte de Laval par témoignage nous apprend qu'il s'agissait d'un « harnois blanc », c'est-à-dire de pièces d'armure d'un seul tenant, et non d'une brigandine. Par comparaison, cette armure valait deux fois le prix de l'équipement le moins coûteux, et huit fois moins que le plus cher. Cette armure fut offerte à Saint-Denis en ex-voto après l'échec de l'assaut sur Paris. À partir de ce moment, elle porta une armure prise sur un Bourguignon, sans qu'on connaisse la valeur de ce nouvel équipement. L'armure de Saint-Denis ne fut certainement pas détruite mais a peut-être subi le sort de l'épée qui fut déposée à Sainte-Catherine de Fierbois par un soldat et empruntée par Jeanne[69],[70].

L'épée

L'épée qui accompagna Jeanne d'Arc pendant toutes ses batailles fut découverte sur son indication sous les dalles de l'église de Sainte-Catherine-de-Fierbois (Indre-et-Loire), parmi d'autres épées enterrées par des soldats de passage. Cette épée fort ancienne était décorée de cinq croix. La rouille qui la recouvrait aurait disparu aussitôt que Jeanne d'Arc eut l'épée en main.

Jean Chartier, dans Journal du siège et Chronique de la Pucelle, mentionne l'épée et les circonstances de son acquisition par la Pucelle : le roi voulut lui donner une épée, elle demanda celle de Sainte-Catherine de Fierbois, « on lui demanda si elle l'avoit oncques veue, et elle dit que non.  » Un forgeron fut envoyé depuis Tours et découvrit l'épée parmi plusieurs ex-voto déposés là, apparemment dans un coffre derrière l'autel. Jeanne brisa cette épée sur le dos d'une prostituée, à Saint-Denis, selon le duc d'Alençon, vraisemblablement après la tentative manquée contre Paris. Il semble qu'elle ait pris l'habitude de frapper avec cette épée sur le dos des filles de joie qu'elle rencontrait, de tels incidents étant précédemment mentionnés à Auxerre par le chroniqueur Jean Chartier et par son page, Louis de Coutes, pour l'étape Château-Thierry. Charles VII se montra très mécontent du bris de l'épée. Celle-ci avait en effet pris des allures d'arme magique parmi les compagnons de Jeanne, et sa destruction passa pour un mauvais présage. On n'a aucun indice sur ce que sont devenus les morceaux[71].

Suivant une légende locale, Lyonnel de Wandonne récupéra l'épée de Jeanne d'Arc qu'il emmura dans l'église de Wandonne[72].

Il ne faut pas confondre l'épée réelle et l'épée « virtuelle » qui se trouve décrite dans les armoiries de la famille d'Arc. Dans le blason de Jeanne, l'épée est représentée avec cinq fleurs de lys alors que les textes concernant l'épée de Fierbois ne mentionnent que cinq croix.

Œuvres inspirées par Jeanne d'Arc

L'Inspiration et la Vision de Jeanne d'Arc
Louis-Maurice Boutet de Monvel (1911)

Les œuvres inspirées par la Pucelle sont innombrables dans tous les domaines des arts et des médias[73] : architecture, bande dessinée, chansons, cinéma, radio et télévision, jeux vidéo, littérature (poésie, roman, théâtre), musique (notamment opéras et oratorios), peinture, sculpture, tapisserie, vitrail, etc.


Œuvres littéraires

Le personnage, dans son ambivalence et sa grande complexité, a fasciné les écrivains et les dramaturges à travers les époques.

Les pièces les plus connues qui offrent une large diversité d'interprétation sur sa vie, ont été écrites par Shakespeare (Henri VI), Voltaire (La Pucelle d'Orléans), Schiller (La Pucelle d'Orléans), George Bernard Shaw (Sainte Jeanne), Jean Anouilh (L'Alouette) et Bertolt Brecht (Sainte Jeanne des abattoirs). En 1894, Thérèse de Lisieux écrit une pièce de théâtre inspirée par la Pucelle d'Orléans, dont elle interprète aussi le rôle.

Samuel Clemens a écrit une biographie de fiction sous le nom de plume de Sieur Louis de Conte, sans utiliser son pseudonyme de Mark Twain. Thomas de Quincey, qui est l'un des seuls Anglais à prendre la défense de Jeanne d'Arc, a écrit une Jeanne d'Arc[74] en 1847. Louis-Maurice Boutet de Monvel en fit un livre d'illustration pour enfants en 1896 qui connut un grand succès.

Adaptations à l'écran

Jeanne d'Arc a inspiré près d'une centaine de films et téléfilms[75] :

Cinéma muet

Geraldine Farrar (1916)

Cinéma parlant

Philatélie

  • En 1929, un timbre de 50 centimes bleu est émis à l'occasion du 5e centenaire de la délivrance d'Orléans. Jeanne y est représentée à cheval.
  • En 1946, un timbre de 5 f surtaxé 4 f outremer appartient à la série « Célébrités du XVe siècle ». Ce timbre grand format est un portrait.
  • En 1968, sur un timbre de 30 centimes surtaxé 10 centimes, brun et violet, elle est représentée pour illustrer l'œuvre de Paul Claudel Jeanne d'Arc au bûcher, sujet principal dont on célébrait le centenaire de sa naissance.
  • La même année, la poste en fait le sujet principal dans un timbre à 60 centimes, gris-bleu, bleu et brun pour représenter le départ de Vaucouleurs en 1429. Ce timbre fait partie de la série Grands noms de l'Histoire[76].

Botanique

La rose Jeanne d'Arc (obtenteur Vibert)

Notes et références

  1. Le jour et le mois ne sont pas connus exactement : lorsqu'on lui demande son âge durant son procès, elle répond « 19 ans, environ, je pense. » – Source : Le procès de Jeanne d'Arc
  2. Georges Goyau, Les étapes d’une gloire religieuse : Sainte Jeanne d’Arc, Éditions Laurens, 1920
  3. [1]
  4. Plusieurs biographies modernes soutiennent souvent comme date de naissance le 6 janvier en se basant sur la source unique qui donne une date exacte correspondant opportunément à l'Épiphanie : la lettre mythographique du diplomate du royaume de France Perceval de Boulainvilliers au duc de Milan écrite le 21 juin 1429 : « Elle est venue à la lumière de notre vie mortelle dans la nuit de l'Épiphanie du Seigneur ». En fait, comme ses contemporains, elle ne pouvait qu'estimer son âge. Plusieurs témoins (notamment ses parrains et ses marraines) à son procès en hérésie et son second procès en réhabilitation ont donné son âge, environ dix-neuf ans, ce qui a permis par recoupement de donner comme année de naissance 1412. La pratique de noter les naissances dans les registres paroissiaux pour les gens d'origine non aristocratique n'a commencé que plusieurs générations plus tard si bien que l'acte de baptême de Jeanne d'Arc n'a pas été enregistré.
  5. Marie-Véronique Clin, Jeanne d'Arc, Le Cavalier Bleu,‎ 2003 (lire en ligne), p. 22
  6. Joseph Calmette, Jeanne d'Arc, Presses Universitaires de France,‎ 1946, p. 39
  7. Franck Ferrand, Jeanne d'Arc, femme providentielle, dans « L'ombre d'un doute », 4 décembre 2011
  8. Beaune 2004, p. 33.
  9. Kennedy Hickman, Hundred Years' War. The battle of Patay. Military Historical Guide 1400-1600.
  10. Jean Favier, Pierre Cauchon, comment on devient le juge de Jeanne d'Arc, Fayard, 2010, p. 242 (ISBN 978-2-213-64261-1)
  11. Histoire de la Bretagne et des pays celtiques (tome 2) SKOL VREIZH 1987
  12. Ses juges chercheront lui faire dire que ses visions eurent lieu à l’arbre aux fées au Bois Chenu (Bermont), lieu païen.
  13. a, b et c « De Jeanette de Domremy à Jeanne d’Arc », documentaire de Perrine Kervran et Veronique Samouiloff avec Olivier Bouzy, Magali Delavenne, Jean Luc Demandre, Catherine Guyon, La Fabrique de l'histoire, 31 janvier 2012
  14. a et b Franck Ferrand, Jeanne D'Arc, femme providentielle, dans « L'ombre d'un doute », 4 décembre 2011
  15. Marie-Véronique Clin, op. cit., p. 32
  16. Pierre Duparc, Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d'Arc : Étude juridique des procès, contribution à la biographie de Jeanne d'Arc, Librairie Droz,‎ 1988 (lire en ligne), p. 176
  17. Ce mythe de la reconnaissance est une invention de chroniqueur médiéval, celle anecdote n'étant mentionnée que dans la Chronique de la Pucelle de Guillaume Cousinot de Montreuil rédigée en 1467.
  18. Marie Ève Scheffer, Jeanne D'Arc, femme providentielle, dans « L'ombre d'un doute », 4 décembre 2011
  19. Véronique Clin, op. cit., p. 73
  20. Alain Bournazel, Jeanne d’Arc (1412-1431), une passion française PUF, 2009, p. 52
  21. Cf. Henri Guillemin, Jeanne, dite Jeanne d'Arc, ed. Gallimard, p. 72
  22. Marie-Véronique Clin, op. cit., p. 5
  23. Philippe Contamine, Jeanne D’Arc, femme providentielle, dans « L'ombre d'un doute », 4 décembre 2011
  24. a et b Philippe Contamine, « Jeanne d’Arc, femme d’armes », La Fabrique de l'histoire, 1er février 2012
  25. Perrinet Gressart, Jacques Faugeras, p. 158
  26. Le procès en condamnation, traduction du R.P. Dom H. Leclercq, 1906
  27. Page 176 dans Histoire de Normandie (1911) d'Armand Albert-Petit
  28. Philippe Contamine, « Le procès de Jeanne d’Arc », émission La Marche de l'histoire sur France Inter, février 2012
  29. Michel Ragon, L'Espace de la mort, Albin Michel,‎ 1981, p. 157
  30. Le bourreau Thérarge invoquera plus tard le prétexte de cette hauteur pour expliquer qu'il ne l'avait pas étranglée, pratique fréquente sur les femmes condamnées consistant pour le bourreau, masqué par la fumée, à asphyxier la victime avec une discrète cordelette nouée préalablement autour de son cou, ce qui abrégeait ses souffrances.
  31. Bouzy 2008, p. 146.
  32. Beaune 2008, p. 121.
  33. Il aurait déclaré à Isambard de la Pierre et Martin Ladvenu qu'il craignait pour son âme car il avait brûlé une sainte (Régine Pernoud. Vie et mort de Jeanne d'Arc - Les témoignages du procès de réhabilitation 1450 - 1456)
  34. « Le service de Médecine légale de l'UVSQ enquête sur l'authenticité des reliques attribuées à Jeanne d'Arc », UVSQ Mag, Le Journal de l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, no 12, avril 2006.
  35. Philippe Charlier, Médecin des morts. Récits de paléopathologie, Fayard,‎ 2006, p. 307
  36. Lettre de Perceval de Boulainvilliers au duc de Milan du 21 juin 1429
  37. Marius Sepet, « Observations critiques sur l'histoire de Jeanne d'Arc. La lettre de Perceval de Boulainvilliers », Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 77, no 77,‎ 1916, p. 439-447 (lire en ligne)
  38. « En l’an de grâce 1428 Jeanne d’Arc, diocésaine de Toul, comparut ici devant l'officialité de l'évêque Henri de Ville présidée par Frédéric de Maldemaire doyen de Saint Genoult dans un procès matrimonial que lui fit un jeune homme de Domremy. Ses juges l’ayant déclarée libre de tout lien, Jeanne d’Arc put entreprendre sa merveilleuse chevauchée et sauver la France ».
  39. Marcel Gay, L'affaire Jeanne d'Arc, Éditions Florent Massot,‎ 2007, p. 42
  40. Bouzy 2008, p. 60-75
  41. Danièle Bohler, Écritures de l'Histoire : XIVe-XVIe siècle, Librairie Droz,‎ 2005, p. 403-404
  42. Copié en six exemplaires, deux existent encore à la Bibliothèque nationale de France et un à l'Assemblée Nationale.
  43. Pierre Marot, « La minute française du procès de Jeanne d'Arc », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 39, no 133,‎ 1953, p. 225-237 (lire en ligne)
  44. Comme nous l'apprend le procès en nullité, cf Colette Beaune, op. cit., p. 27.
  45. Voir sur Wikisource les Lettres d'anoblissement accordées à Jehanne la Pucelle et à sa famille
  46. Olivier Hanne, « Légende et rumeur publique du vivant de Jeanne d'Arc », Jeanne d'Arc et la guerre de cent ans, 3 (2013), p. 68-75 (http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00995823).
  47. Olivier Hanne, « De la venue de Jeanne, de Jacques Gélu », Jeanne d'Arc et la guerre de cent ans, 1 (2012), p. 2-5 (http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00995822).
  48. Cf. Henri Guillemin, Jeanne dite Jeanne D'Arc, Gallimard, p. 64 : « Une pucelle (du latin puella, la jeune fille), dans l'usage courant, c'est une servante. »
  49. Jeanne d’Arc et les Prophéties de Merlin
  50. Bouzy 1999, p. 62-64.
  51. Daniel Couty, Jean Maurice, Images de Jeanne d'Arc, Presses Universitaires de France,‎ 2000, p. 229
  52. a et b André Vauchez, Prophètes et prophétisme, Le Seuil,‎ 2012, 496 p. (ISBN 9782021028201)
  53. Gerd Krumeich, Histoire de Jeanne d'Arc, La Fabrique de l'histoire, 30 janvier 2012
  54. La Pucelle d'Orléans de Voltaire (1762)
  55. Pierre Marot, « De la réhabilitation à la glorification de Jeanne d’Arc. Essai sur l’historiographie et le culte de l’héroïne en France pendant cinq siècles », dans Mémorial du Ve centenaire de Jeanne d’Arc, 1436-1956, Paris, 1958
  56. Journal général de la littérature de France, p. 13, 49 et 79
  57. Histoire de Jeanne d'Arc, tome3, p. 357
  58. Histoire de Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, tirée de ses propres déclarations, de cent quarante-quatre dépositions de témoins oculaires, et des manuscrits de la bibliothèque du roi de la tour de Londres, en quatre volumes, édition Arthus Bertrand, Paris (en ligne, Tome1, Tome2, Tome3, Tome4)
  59. On trouve sur le site de la Bibliothèque nationale de France en ligne les critiques littéraires de 1818 sur la sortie de cet ouvrage charnière : Journal général de la littérature de France ou Répertoire méthodique 1818, pages 13, 49 et 79.
  60. Beaune 2004, p. 4-5.
  61. Bouzy 2008, p. 19.
  62. a et b Voir sur Wikisource la Sentence de réhabilitation de Jehanne la Pucelle (7 juillet 1456).
  63. http://www.stejeannedarc.net/rehabilitation/dep_albert_d_ourches.php
  64. Déposition d'Aubert d'Ourches
  65. Lettre apostolique Galliam, Ecclesiæ filiam primogenitam, pape Pie XI, 2 mars 1922
  66. Declan Butler, « Joan of Arc's relics exposed as forgery », Nature, volume 446, numéro 7136, 5 avril 2007, p. 593
  67. Ernest Tourlet, « Le Bocal de Chinon. Restes trouvés sous le bûcher de Jeanne d'Arc, pucelle d'Orléans (relation écrite vers 1895) », Bulletin de la Société des Amis du Vieux Chinon, VII, 6, 1972, p. 526-533. L'immeuble dans lequel se trouvait cette pharmacie avait été exproprié et c'est lors du déménagement que fut découvert un droguier, boîte portative destinée à contenir des drogues ou des médicaments, dans un réduit dépendant des greniers. Le pharmacien, qui ignorait l'existence de ce droguier et qui n'y attacha aucun intérêt, permit à M. Noblet de le conserver. Ce dernier montra sa trouvaille à M. Tourlet qui, après examen, découvrit le bocal aux « reliques » parmi d'autres flacons d'aspect identique. M. Noblet conserva le bocal jusqu'en 1876, date à laquelle il le confia à M. Ernest Tourlet qui l'emporta avec lui à Chinon.
  68. Interview donnée par Philippe Charlier sur Europe 1, confirmée quelques jours plus tard par un article dans la revue Nature
  69. Bouzy 1999.
  70. Les vêtements de Jeanne d'Arc.
  71. Bouzy 1999, p. 73-74.
  72. Philippe May, AUDINCTHUN-WANDONNE, deux villages, une commune, www.morinie.com
  73. Julie Deramond, Jeanne d'Arc en procès, au théâtre et en musique, Les procès de Jeanne d'Arc, (François Neveux dir.), Caen, Presses universitaires de Caen, 2012
  74. Thomas de Quincey, Jeanne d'Arc, Stalker Éditeur, Paris, 2007 (traduction française).
  75. Hervé Dumont, Jeanne d'Arc de l'Histoire à l'écran. Cinéma & télévision, éd. Favre / Cinémathèque suisse, 2012, 176 pages.
  76. Catalogues Yvert et Tellier, tome 1.

Sources imprimées

  • Pierre Tisset, Yvonne Lanhers (éd.), Procès de condamnation de Jeanne d'Arc, 3 tomes, Paris, Librairie C. Klincksieck, (Société de l'histoire de France), 1960-1970-1971, [compte rendu en ligne], [compte rendu en ligne], [compte rendu en ligne].
  • Pierre Duparc (éd.), Procès en nullité de la condamnation de Jeanne d’Arc, t. I : Texte, t. II : Texte, t. III : Traduction, t. IV : Traduction, t. V : Étude juridique des procès, contribution à la biographie de Jeanne d'Arc, Genève, Librairie Droz, coll. « Annuaire-Bulletin » / Paris, Librairie C. Klincksieck, (Société de l'histoire de France), 1977-1983-1986-1989.

Bibliographie

Bibliographie partielle des articles, biographies, études et essais.

Voir aussi

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