Gilles de Rais

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Gilles de Rais
baron de Retz
Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Maréchal de France (1404-1440). Huile sur toile (1835) exposée dans la galerie des maréchaux de France, château de Versailles.(vue d'artiste)
Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Maréchal de France (1404-1440). Huile sur toile (1835) exposée dans la galerie des maréchaux de France, château de Versailles.
(vue d'artiste)

Naissance septembre ou (?)
château de Champtocé-sur-Loire
Décès (à 35 ans)
Nantes
Origine Duché d'Anjou
Allégeance Pavillon royal de la France.png Royaume de France
Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne
Grade Maréchal de France
Années de service 14201436
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Siège d'Orléans
Bataille de Jargeau
Bataille de Patay
Autres fonctions baron de Retz
seigneur de Machecoul
seigneur de La Bénate (en Corcoué-sur-Logne)
seigneur du Coutumier (en Bois-de-Céné)
seigneur de Bourgneuf-(en-Retz)
seigneur de (l'île de) Bouin
seigneur de Saint-Étienne-de-Mer-Morte
seigneur de Pornic
seigneur de Princé (en Chéméré)
seigneur de Vue
seigneur de Tiffauges
seigneur de Pouzauges
seigneur de Champtocé(-sur-Loire)
seigneur d'Ingrandes
Famille Maison de Montmorency-Laval
Maison de Laval
Maison de Montmorency

Emblème

Gilles de Montmorency-Laval, plus connu sous le nom de Gilles de Rais, né au château de Champtocé-sur-Loire[1],[2] à une date inconnue, peut-être vers la fin de l'année 1404[3],[4] ou plus vraisemblablement vers le [5], mort le à Nantes, est un seigneur de Bretagne, d'Anjou et du Poitou[6], connu pour avoir été maréchal de France et compagnon d'armes de Jeanne d'Arc.

Appelé à l'époque Gilles de Rais (également orthographié Raiz, Rayz, Ray ou, selon la graphie contemporaine, Retz[7]), Gilles de Montmorency-Laval fut baron de Retz, seigneur de Machecoul, de La Bénate, du Coutumier, de Bourgneuf-en-Retz, de Bouin, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, de Pornic, de Princé, de Vue, etc. (villages et châtellenies qui constituaient à l'époque la baronnie de Retz), ainsi que de Tiffauges, de Pouzauges, de Champtocé-sur-Loire et d'Ingrandes, seigneuries acquises par héritage et mariage. À l'époque il se proclamait également comte de Brienne[8],[9], alors que ce titre était tenu par le comte Pierre Ier de Luxembourg-Saint-Pol[10]. Ses immenses revenus, ses alliances et sa parenté avec de grandes familles nobles (Montmorency, Laval, Thouars, Craon, etc.), firent de lui un des seigneurs les plus en vue de son époque.

Gilles de Rais est une figure de la guerre de Cent Ans, lors de laquelle il combat aux côtés de Jeanne d'Arc et est promu maréchal de France. Rentré sur ses terres après la mort de la Pucelle d'Orléans, il dépense sans compter sa fortune et, endetté, s'essaye à l'alchimie et à l'invocation de démons pour renflouer ses caisses. En 1440, Gilles de Rais est condamné par un tribunal ecclésiastique pour hérésie, sodomie et meurtres de « cent quarante enfants, ou plus »[11]. Il est simultanément condamné par une cour séculière pour s'être emparé indûment du château de Saint-Étienne-de-Mer-Morte ainsi que pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants, non pas seulement dix, ni vingt, mais trente, quarante, cinquante, soixante, cent, deux cents et plus, en sorte qu'on ne pourrait faire au juste la déclaration du nombre »[12].

Longtemps après la mort du maréchal, un fréquent amalgame entre sa figure historique et le personnage mythique de « Barbe Bleue » est survenu dans certaines versions du conte, des ballades, des complaintes ou dans des histoires romancées du XIXe siècle[13].

Depuis la reconnaissance progressive du phénomène des tueurs en série au XXe siècle, Gilles de Rais a été comparé à ce type de criminel[14],[15] avant d'être lui-même qualifié en ces termes[16],[17].

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison[modifier | modifier le code]

Ascendance de Gilles de Rais[modifier | modifier le code]

Le père de Gilles de Rais se nomme Guy de Montmorency-Laval dit « Guy II de Laval-Rais » († 1415), baron de Retz, seigneur de Machecoul, de Chemillé, de Falleron, de Froidfond, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, de Pornic, de Princé, de Vue, de Bouin, de Challouyau, de Blaison et de La Mothe-Achard, lui-même fils de Guy Ier « Brumor » de Montmorency-Laval († 1383), chevalier, seigneur de Challouyau, de Chemillé, de Falleron et de Froidfond, et de Tiphaine de Husson († 1398), dame de Ducey.

La mère de Gilles se nomme Marie de Craon (1387 – avant 1415), dame de Champtocé et d'Ingrandes, elle-même fille de Jean de Craon (vers 1355 - ), seigneur de La Suze-sur-Sarthe et de Champtocé, sieur des Jamonières[18], et de Béatrice de Rochefort († ), dame de Rochefort-en-Terre.

En 1400, Jeanne Chabot, dite « Jeanne de Rais la Sage » (1331-1406), fille de Gérard V Chabot et dernière héritière sans enfant de la baronnie de Rais, désigne son arrière-petit-cousin Guy II de Montmorency-Laval (? – vers 1415) comme son seul héritier, à l'unique condition qu'il abandonne pour lui et ses descendants le nom et les armes de Laval pour prendre les armes et le nom de Rais.

Guy II de Montmorency-Laval hérite conséquemment des seigneuries de Machecoul, de La Bénate, du Coutumier, de Bourgneuf, de Bouin, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, de Pornic, de Princé, de Vue, etc., qui forment la « baronnie de Rais », correspondant peu ou prou à l'actuel Pays de Retz.

Guy II de Montmorency-Laval, après avoir consenti en février 1404 à se marier avec Marie de Craon (1387 – avant 1415), fille de Jean de Craon (vers 1355-25/11/1432), seigneur de La Suze-sur-Sarthe et de Champtocé, devient ainsi le nouveau baron de Retz, prenant le nom de Guy II de Laval-Rais, doyen des barons de Bretagne, titre dont héritera son fils aîné Gilles.

Gilles de Rais est aussi un arrière-petit-neveu du connétable de France Bertrand Du Guesclin[19] (1320-1380), héros breton de la Guerre de Cent Ans.

Seigneur de Retz[modifier | modifier le code]

La tour éventrée du château de Champtocé.

Descendant des maisons de Montmorency-Laval, Craon et Retz[20], Gilles de Rais naît « en une chambre appelée la Tour Noire » au château de Champtocé[21],[22], à une date inconnue. Certains historiens situent sa naissance en septembre ou [23],[24] mais la date approximative du semble plus vraisemblable[5].

Gilles a un frère cadet : René de Montmorency-Laval, dit « René de La Suze » (vers 1407 - ), qui succèdera à son frère comme baron de Retz sous le nom de « René de Rais ».

À la suite de la mort de leur mère Marie de Craon à une date indéterminée[25] puis de leur père Guy II de Laval-Rais fin octobre 1415 à Machecoul[26], le jeune Gilles et son frère cadet René sont élevés par leur grand-père maternel, Jean de Craon, seigneur de La Suze et de Champtocé. Dans son testament, Guy II de Laval-Rais désignait pourtant son beau-frère, Jean II Tournemine de la Hunaudaye, comme « gardien, tuteur, protecteur, défenseur et administrateur légitime » de ses deux fils[27].

Projets matrimoniaux[modifier | modifier le code]

Le , Jean de Craon fiance son petit-fils Gilles, 12 ans, à une riche héritière de Normandie, Jeanne Paynel, fille de Foulques IV Paynel, seigneur de Hambye et de Bricquebec. Toutefois, le Parlement de Paris interdit le mariage jusqu'à ce que Jeanne Paynel ait atteint sa majorité[28]. Ce projet matrimonial n'aboutit pas.

Le , le seigneur de La Suze fiance le jeune baron à Béatrix de Rohan, fille d'Alain IX de Rohan et de Marguerite de Bretagne, et nièce du duc Jean V de Bretagne[29]. Le contrat, daté de Vannes, n'a pas de suite pour une raison inconnue[30].

Gilles de Rais finit par se fiancer avec sa cousine Catherine de Thouars[31], fille de Miles II de Thouars[32] et de Béatrix de Montjean. Outre l'obstacle posé par la consanguinité de Gilles et Catherine, des litiges opposent alors la maison de Craon à Miles II de Thouars, seigneur de Pouzauges et de Tiffauges[33]. Négligeant ces contraintes et sans attendre de dispense ecclésiastique, Gilles enlève Catherine[34] puis l'épouse dans une chapelle sise en dehors de son église paroissiale, sans publier de bans[35]. En dépit d'un contrat de mariage établi le [36],[37], les deux jeunes gens voient leur union annulée et déclarée incestueuse par l'Église[38].

À la suite du décès de Miles II de Thouars, des alliances matrimoniales finissent par rapprocher les maisons de Craon et de Thouars[39], contribuant ainsi à régulariser la situation de Gilles de Rais et Catherine de Thouars[37]. Le , le légat pontifical s'adresse à Hardouin de Bueil, évêque d'Angers, afin que ce dernier prononce une sentence de séparation à l'encontre de Gilles et Catherine, leur impose une pénitence avant de les absoudre du crime d'inceste et de permettre leur mariage en bonne et due forme[40]. Après avoir diligenté une enquête, Hardouin de Bueil marie en grande pompe Gilles et Catherine le [41] au château de Chalonnes-sur-Loire.

Catherine donne à Gilles de Rais une fille unique, Marie de Rais (1429-1457), qui se mariera à l'amiral Prigent de Coëtivy puis au maréchal André de Lohéac, et qui succèdera à son père en tant que baronne de Retz.

Violents conflits familiaux[modifier | modifier le code]

Conformément aux clauses du contrat de mariage de sa fille Catherine de Thouars, Béatrix de Montjean conserve en douaire un certain nombre de possessions de feu Miles II de Thouars, dont les châteaux de Tiffauges et Pouzauges. Jean de Craon et Gilles de Rais escomptent récupérer ultérieurement l'héritage constitué par l'ensemble des châteaux poitevins de Béatrix. Cependant, le remariage de celle-ci avec Jacques Meschin de la Roche-Aireault, chambellan du roi Charles VII, compromet les projets du seigneur de La Suze et de son petit-fils.

Les deux compères chargent alors leur acolyte Jean de la Noe (ou la Noue), capitaine de Tiffauges, d'enlever Béatrix de Montjean. Emprisonnée au Louroux-Bottereau puis à Champtocé, elle y est menacée par son beau-fils Gilles de Rais et Jean de Craon, qui tentent de la contraindre de renoncer à son douaire[42].

Gilles Meschin, le propre frère du chambellan Jacques Meschin, vient exiger la libération de sa belle-sœur Béatrix mais il est à son tour enfermé à Champtocé avec certains de ses hommes. Les dures conditions de détention entraînent le décès de l'un d'entre eux. Les otages finissent par être successivement libérés moyennant rançon.

Poursuivis judiciairement devant le Parlement de Paris par Jacques Meschin, Jean de Craon et Gilles de Rais n'en parviennent pas moins à lui extorquer tour à tour Tiffauges et Pouzauges, molestant au passage Adam de Cambrai, le premier président du Parlement lui-même. Les multiples condamnations qui frappent les deux complices ne sont pas suivies d'effets[42].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des Montmorency.
Armes des Montmorency-Laval[modifier | modifier le code]
Gilles de Rais, représenté en tenue de tournoi, portant les armes des Montmorency-Laval, ses aïeux paternels. Gravure tirée des Monumens de la Monarchie Française « avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées », publiée en 1731 par Dom Bernard de Montfaucon.
Blason Blasonnement :
D'or, à la croix de gueules, chargée de cinq coquilles d'argent, et cantonnée de seize alérions d'azur ; au franc-canton d'argent au lion de gueules[43],[44],[45].
Commentaires : Il s'agit des armes de la branche des seigneurs de Challouyau de famille de Montmorency-Laval, dont faisait partie Guy II de Laval-Rais, le père de Gilles de Rais.
Armes de Retz[modifier | modifier le code]
Sceau de Gilles de Rais, vers 1429.
Blason Blasonnement :
D'or à la croix de sable.
Commentaires : Armes de la baronnie de Retz, que Guy II de Laval-Rais a repris lorsqu'il est devenu baron de Retz.
Armes personnelles de Gilles de Rais (à partir de septembre 1429)[modifier | modifier le code]
Blason Blasonnement :
D'or à la croix de sable (qui est de Retz), à la bordure d'azur semé de fleurs de lis d'or (qui est de France).
Commentaires : En septembre 1429, Charles VII honore Gilles de Rais pour services rendus lors de la guerre de Cent Ans, en lui octroyant le privilège d'ajouter une « bordure de France » au blason de la baronnie de Retz[46].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

1429
  •      Territoires contrôlés par Henri VI d'Angleterre
  •      Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne
  •      Territoires contrôlés par le Dauphin Charles
  •      Principales batailles
  •       Raid Anglais de 1415
  •       Itinéraire de Jeanne d'Arc vers Reims en 1429

Premières armes ?[modifier | modifier le code]

Le , le duc Jean V de Bretagne est enfermé à Champtoceaux par les Penthièvre, ses ennemis. Jean de Craon prend le parti du duc dans le cadre des querelles résiduelles de la guerre de succession de Bretagne entre les Montfort et les Penthièvre. Les bandes de ces derniers assaillent les fiefs du seigneur de La Suze et de son petit-fils Gilles de Rais.

Une fois le parti des Penthièvre vaincu, Jean V de Bretagne est libéré. Rentré triomphalement à Nantes, le duc dédommage de leurs pertes et récompense Jean de Craon ainsi que « son fils de Rays ». Celui-ci pourrait avoir connu ses premiers faits d'armes en prenant une part active dans cette guerre féodale[47].

En mai 1420, le roi Henri V d'Angleterre devient l'héritier du roi Charles VI de France par le traité de Troyes. Jean V de Bretagne reconnaît Henri V, avant de louvoyer entre les couronnes de France et d'Angleterre afin de préserver l'indépendance de son duché[48].

En tant que vassaux du duché d'Anjou, Jean de Craon et Gilles de Rais prennent peut-être part à la bataille de la Gravelle le 26 septembre 1423, puis à la bataille de Verneuil le 17 août 1424[49].

Au service du roi Charles VII[modifier | modifier le code]

À partir de 1423, Yolande d'Aragon, belle-mère du roi Charles VII, œuvre de concert avec son conseiller Jean de Craon au rapprochement de la France et de la Bretagne[50]. En mars 1425, cette politique promeut Arthur de Richemont, frère cadet du duc Jean V de Bretagne, à la dignité de connétable de France[51].

Courant juillet 1425, Charles VII envoie Jean de Craon et d'autres ambassadeurs auprès du duc de Bretagne afin de l'informer officiellement du renvoi des conseillers royaux impliqués dans le complot des Penthièvre. Après avoir consulté ses États, Jean V accepte de rencontrer son suzerain « sur la rivière de Loire, entre Angers et Tours »[52]. En septembre 1425, accompagné par de nombreux seigneurs (dont Gilles de Rais), le duc se rend à Saumur[53]. Flanqué du connétable de Richemont, Charles VII parvient à son tour dans cette ville afin d'y signer un traité d'alliance avec Jean V, le [54]. Gilles de Rais rencontre probablement le roi de France pour la première fois à l'occasion des fêtes et conciliabules saumurois[55],[56].

Campagne en pays manceau contre les Anglais[modifier | modifier le code]

Le 19 juin 1427, Yolande d'Aragon établit Jean de Craon lieutenant général en Anjou et dans le Maine[57],[58]. Cette dignité permet probablement au seigneur de La Suze de favoriser l'ascendant à la cour royale de Georges Ier de La Trémoille, cousin de Gilles de Rais par la branche des Craon[59].

Le lieutenant général dote alors son petit-fils d'un mentor militaire en la personne de Guillaume de la Jumellière, seigneur de Martigné-Briant, également conseiller de Yolande d'Aragon à la cour ducale d'Anjou. L'influence curiale de sa famille engage Gilles dans la lutte contre les Anglais, entraînant la nomination du jeune baron comme capitaine de la place de Sablé au nom du duc d'Anjou[60]. Menant campagne dans le comté du Maine en compagnie de son parent Jacques de Dinan, seigneur de Beaumanoir, Gilles emporte d'assaut le château du Lude. Le commandant de la garnison, un capitaine anglais dénommé Blackburn, est fait prisonnier[61].

Les seigneurs de Rais et de Beaumanoir reprennent ensuite aux Anglais la forteresse de Rainefort (Rennefort) et le château de Malicorne-sur-Sarthe[62]. Les deux capitaines respectent leur promesse d'épargner les garnisons anglaises qui ont rendu ces places fortes, mais font pendre les hommes « de la langue française » qu'ils y trouvent[63], possible manifestation d'un « fort sentiment national » à l'encontre des combattants considérés comme des « Français reniés »[64].

Fin 1427, le grand chambellan La Trémoïlle domine le conseil royal, et en éloigne le connétable Arthur de Richemont. Ce dernier tombe en disgrâce[51].

Compagnon d'armes de Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Le , Gilles de Rais est présent à la cour de Chinon lorsque Jeanne d'Arc arrive de Vaucouleurs[65].

Par lettre datée du , signée de sa main et munie de son sceau, le jeune baron se place dans la clientèle de son cousin Georges de La Trémoille, s'engageant à le servir de toute sa puissance « jusques à mort et à vie, envers tous et contre tous seigneurs et autres, sans nul excepté..., dans la bonne grâce et amour du roi »[66],[67],[68].

Jeanne d'Arc à la porte Saint-Honoré lors du siège de Paris de 1429 (miniature extraite des Vigiles du roi Charles VII de Martial d'Auvergne, Paris, BnF, département des Manuscrits).

Gilles est un des principaux capitaines qui aident Jeanne d'Arc à faire entrer des vivres dans Orléans et contribuent à la levée du siège de la ville par les Anglais[69]. Il participe ensuite avec la Pucelle à la « campagne de la Loire », qui vise la reconquête des villes occupées par les Anglais dans la région. Il est ainsi présent à la prise de Jargeau le [70] puis à la victoire de Patay le [71].

Gilles de Rais est l'un des chefs de l'armée qui réduit Troyes à l'obéissance[72] durant le trajet menant Charles VII à Reims afin que le dauphin y soit sacré roi de France le . Dans cette occasion, Gilles est chargé avec trois autres seigneurs d'apporter la sainte ampoule de la basilique Saint-Remi de Reims à l'église métropolitaine[73],[74]. Le jeune baron de Retz est élevé à la dignité de maréchal de France le jour du sacre[75].

Le lundi 15 août 1429, les troupes royales et anglo-bourguignonnes se font face à Montépilloy. Charles VII confie les ailes de son armée à ses deux maréchaux, Jean de Boussac et Gilles de Rais[76].

Le maréchal de Rais participe ensuite au siège de Paris[77]. Le , Jeanne d'Arc souhaite avoir Gilles de Rais et Raoul de Gaucourt à ses côtés lors de l'assaut donné à la porte Saint-Honoré[78]. Toutefois, la Pucelle est blessée à la jambe par un carreau d'arbalète sous les murs de la ville[79]. Le siège de Paris est alors levé et l'armée royale licenciée à Gien le 21 septembre 1429[80].

En septembre 1429, le roi honore derechef Gilles pour ses « recommandables services » en lui octroyant le privilège d'ajouter à son blason une bordure aux armes de France (« fleurs de liz d'or semées sur champ d'azur »)[81],[46].

Campagnes post-johanniques[modifier | modifier le code]

Gilles de Rais se signale, en 1430, à la prise de Melun[réf. nécessaire] et à la bataille d'Anthon le 11 juin[82], et l'année suivante à la levée du siège de Lagny-sur-Marne par les Anglais[83].

En 1436, il commande avec le maréchal Pierre de Rieux l'avant-garde de l'armée française, sous les ordres du connétable de Richemont[réf. nécessaire]. Cette armée étant arrivée devant Sillé-le-Guillaume dans le Maine en présence des Anglais, les deux partis se séparent sans combattre[réf. nécessaire].

Patrimoine considérable[modifier | modifier le code]

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Vestiges du château de Tiffauges.

Héritier à vingt ans d'un patrimoine considérable, Gilles de Rais est marié à Catherine de Thouars, dont il ne s'occupe guère, mais qui lui a apporté en dot de nombreuses terres en Poitou : Pouzauges, Tiffauges, etc. Il devient en 1432 l'un des plus riches seigneurs du royaume après la mort de son grand-père maternel Jean de Craon, seigneur de La Suze-sur-Sarthe, de Champtocé-sur-Loire, d'Ingrandes, etc. On évalue sa fortune à trois cent mille livres de rente, sans compter les profits de ses droits seigneuriaux, les émoluments de ses charges et un mobilier de cent mille écus d'or, ses revenus étant évalués à 200 kg d'or par an[84].. Mais il en a bientôt dissipé la plus grande partie par ses prodigalités, son faste et ses débauches.

Il a d'abord une garde de deux cents hommes à cheval, dépense que les plus grands princes peuvent à peine soutenir dans ce temps-là, et il traîne en outre à sa suite plus de cinquante individus, chapelains, enfants de chœur, musiciens, pages, serviteurs, etc., la plupart agents ou complices de son libertinage naissant, et tous montés et nourris à ses dépens. Sa chapelle est tapissée de drap d'or et de soie. Les ornements, les vases sacrés sont d'or et enrichis de pierreries. Il a aussi un jeu d'orgues qu'il fait toujours porter devant lui. Ses chapelains, habillés d'écarlate doublé de menu vair et de petit gris, portent les titres de doyen, de chantre, d'archidiacre, et même d'évêque, et il a de plus député au pape pour obtenir la permission de se faire précéder par un porte-croix. Il donne à grands frais des représentations de Mystères, les seuls spectacles connus alors coûtant 80000 écus à Gilles de Rais. Pour se livrer à ces profusions, il aliène une partie de ses terres à Jean de Malestroit, évêque de Nantes, aux chapitres de la cathédrale et de la collégiale de cette ville.

Mais tout cela occasionne des frais énormes qui l'obligent, en 1434, à vendre au duc Jean V de Bretagne les places de Mauléon, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, du Loroux-Bottereau, de Pornic et de Champtocé-sur-Loire.

Parmi les acheteurs, on compte les bourgeois d'Angers et « les manieurs d'argent de la cour bretonne », l'évêque-chancelier Jean de Malestroit et Geoffroy Le Ferron, futur trésorier général[85].

Six ans jour pour jour après la prise d'Orléans du , Gilles de Rais offre à la ville d'Orléans une série de reconstitutions de la bataille jouée par des centaines d'acteurs nourris, logés et changés à chaque représentation. C'est lors de ce « Mystère du siège d'Orléans », dont les représentations durent un an, et de ses frais énormes, (80 000 écus) que les difficultés financières du baron de Retz prennent un tour dramatique, sans espoir d'y remédier. Face à cela, sa famille (son frère cadet René de La Suze en tête) est incitée à lui intenter un procès (qu'elle gagne) afin d'interdire à quiconque d'acheter des terres lui appartenant. Elle obtient un arrêt du parlement de Paris qui défend au maréchal d'aliéner ses domaines. Le roi ne voulant pas approuver les ventes déjà faites, le duc Jean V de Bretagne s'oppose à la publication de ces défenses et refuse d'en donner de semblables dans ses États.

René de La Suze, frère de Gilles, et ses cousins André de Lohéac et Guy XIV de Laval, irrités de ce refus, s'efforcent de conserver ces places dans leur famille et résistent au duc Jean V ; mais ce dernier les reprend et enlève à son gendre Guy XIV de Laval, cousin de Gilles, la lieutenance générale de Bretagne pour la confier à Gilles de Rais lui-même, avec lequel il consomme tous ses marchés en 1437.

Alchimie et invocations diaboliques[modifier | modifier le code]

Afin de pallier ses dépenses, Gilles de Rais s'adonne à l'alchimie en vue de trouver la pierre philosophale. Il envoie quérir dans le royaume de France et à l'étranger « des maistres qui se entremetoient de l'art d'arquemie »[86],[87].

En 1438, Eustache Blanchet, prêtre au service de Gilles de Rais, recrute ainsi à Florence le clerc toscan Francesco (François) Prelati, originaire de Montecatini Terme près de Pistoia[88]. Outre les expériences alchimiques, Prelati invoque les démons à Tiffauges en présence de Gilles de Rais[89].

Un criminel hors du commun[modifier | modifier le code]

Coup de force de Saint-Étienne-de-Mer-Morte[modifier | modifier le code]

Plaque du clocher de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, commémorant l'arrestation de Gilles de Rais.
Le clocher isolé, dernier vestige de l'église romane de Saint-Étienne-de-Mer-Morte.

En 1434, Gilles de Rais confie la châtellenie de Saint-Étienne-de-Mer-Morte à son frère René de la Suze puis, se ravisant, récupère le château par un coup de force. Après s'être accordé avec son cadet à Nantes le 15 janvier 1439, le maréchal conserve son bien[90].

Gilles aliène de nouveau cette terre à la suite d'une transaction avec Geoffroy Le Ferron, trésorier et homme de confiance du duc Jean V de Bretagne. L'officier ducal confie l'administration de la châtellenie à son frère Jean Le Ferron, clerc tonsuré. Le baron tente derechef de se réapproprier le château afin de le revendre à son cousin, le sire de Vieillevigne, mais Jean Le Ferron s'y oppose[91].

En représailles, le jour de la Pentecôte ou au lendemain de cette fête religieuse, le 15 ou le 16 mai 1440, Gilles de Rais place en embuscade une troupe de cinquante à soixante hommes dans un bois voisin de Saint-Étienne-de-Mer-Morte. Le maréchal pénètre armé dans l'église paroissiale et interrompt la grand-messe de l'officiant Jean Le Ferron, injuriant ce dernier et menaçant de le tuer avec une guisarme s'il ne sort pas du sanctuaire[92]. Effrayé, le clerc tonsuré s'exécute en emboîtant le pas du marquis Lenano de Ceva, capitaine piémontais au service de Gilles.

Jean Le Ferron ouvre alors à ses agresseurs les portes du château de Saint-Étienne-de-Mer-Morte avant d'y être incarcéré avec un receveur et Jean Rousseau, sergent général du duché de Bretagne. Le prisonnier est ensuite conduit à Tiffauges, en Poitou, hors de la juridiction du duc de Bretagne[93],[94],[95],[96].

Ainsi, Gilles de Rais porte simultanément atteinte aux majestés ducale et divine. En violant les immunités ecclésiastiques, il commet un sacrilège et encourt l'excommunication[97]. De surcroît, l'église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte est sise dans le diocèse de l'évêque de Nantes, Jean de Malestroit, chancelier du duc Jean V de Bretagne.

Enquêtes ecclésiastique et séculière[modifier | modifier le code]

Probablement peu de temps après l'attentat de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, une enquête secrète est lancée sur les rumeurs qui courent à l'encontre de Gilles de Rais. Le , les résultats de l'enquête sont publiés sous forme de lettres patentes par l'évêque Jean de Malestroit : Rais est accusé par la rumeur publique de viols et meurtres commis sur de nombreux enfants ainsi que d'évocations et pactes démoniaques[98].

Le , Gilles de Rais est arrêté en son château de Machecoul par Jean Labbé, capitaine d'armes au service du duc de Bretagne[99],[100]. Deux des gens de Gilles de Rais sont également arrêtés, Henriet et Étienne Corillaut dit « Poitou » (ou « Pontou »). Certains de ses complices, dont Gilles de Sillé et Roger de Briqueville, ont déjà pris la fuite.

S'ouvre alors l'instruction du procès civil qui va être l'instrument de sa chute. Le maréchal est emprisonné dans le château de Nantes tandis que le duc de Bretagne charge son commissaire, Jean de Toucherond, de commencer une enquête[réf. nécessaire].

Procès[modifier | modifier le code]

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Miniature représentant le procès de Gilles de Rais (1530 ?). Armes du président Bouhier, manuscrit à peinture, Paris, BnF.

Le procès de Gilles de Rais est l'un des tout premiers procès des barons du royaume, qui jusque-là étaient maîtres en leur baronnie, et ne relevaient de la justice de personne. Le procès s'ouvre à Nantes le . Gilles de Rais a la possibilité de récuser les juges pour partialité à l'ouverture du procès, mais l'acte d'accusation ne fait alors état que de l'acte véniel mentionné précédemment, ce qui soulage l'accusé qui reconnaît la compétence des juges.

Ce n'est qu'à la deuxième audience, le , que l'acte d'accusation complet est dévoilé, mais il est alors trop tard pour l'accusé de récuser les juges. Gilles de Rais se rend compte qu'il a été piégé et qu'il a affaire à un dossier d'accusation très étoffé et que de plus, les langues se délient. Les témoignages à charge affluent. Ses valets (Poitou et Henriet) et ses complices qui l'auraient assisté dans ses crimes, arrêtés et soumis à la question (la torture est épargnée à Gilles de Rais de par sa noblesse), l'accablent[note 1].

Gilles de Rais s'emporte et se révolte, ce qui entraîne en réaction son excommunication par l'évêque qui préside le procès. Cette excommunication l'effraie, et il se résout alors à faire des aveux en échange de la levée de cette sanction, ce qui lui est accordé. Certains auteurs y voient une preuve de sa foi en l'Église et dans le jugement de Dieu[84].

Sa première confession, dite « confession hors jugement »[101] est prononcée « volontairement, librement et douloureusement » le 21 octobre 1440 dans la « chambre haute » du château nantais de la Tour Neuve, où il est emprisonné[102] L'accusé répète, en l'assortissant de nouvelles précisions, cette confession à l'audience du 22 octobre[103].

Gilles de Rais s'est en outre rendu coupable du crime de félonie. En effet, après avoir vendu à son suzerain Jean V de Bretagne la place de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, il en a repris possession en menaçant le gouverneur d'égorger son frère s'il ne la lui livrait pas.

Jugement et exécution de la peine[modifier | modifier le code]

Exécution de Gilles de Rais (gibet et bûcher). Armes du président Bouhier, manuscrit à peinture, Paris, BnF (1530 ?).

Le jugement est prononcé le 25 octobre[104] par le tribunal présidé par le procureur et sénéchal de Bretagne, Pierre de l'Hôpital. Gilles de Rais a été excommunié pour « apostasie hérétique [...] évocation des démons [...] crime et vice contre nature avec des enfants de l'un et de l'autre sexe selon la pratique sodomite ». La sentence de la cour ecclésiastique reproche à Gilles de Rais cent quarante meurtres « ou plus »[11] tandis que la sentence de la cour séculière n'arrête pas de chiffre exact[105]. Gilles de Rais et ses deux valets sont condamnés à être pendus, puis brûlés[note 2]. À sa demande, le tribunal lui accorde trois faveurs : le jour de l'exécution, les familles des victimes pourront organiser une procession, il sera exécuté avant ses complices et son corps ne sera pas entièrement brûlé pour être inhumé.

Le lendemain matin, le mercredi , après une messe à la cathédrale Saint-Pierre de Nantes, l'exécution est accomplie en prairie de Biesse[106]. Tandis que ses valets, Poitou et Henriet, sont laissés sur le bûcher, le corps de Gilles de Rais en est retiré, avant d'être trop abîmé par les flammes[107],[108],[109]. Conformément à la requête qu'il avait formulée et qu'on lui avait accordée avant son exécution, son corps est enseveli dans l'église du couvent des Carmes, à Nantes. Ce couvent et le monument funéraire dédié à sa mémoire seront détruits durant la Révolution française, et son corps sans doute jeté dans la Loire.

Sort des acolytes[modifier | modifier le code]

Francesco Prelati et Eustache Blanchet[modifier | modifier le code]

Condamné à la prison perpétuelle, Francesco Prelati s'évade puis trouve refuge à la cour de René d'Anjou, hors de la juridiction bretonne. Le jeune clerc parvient probablement à valoriser ses soi-disant talents de poète, géomancien et alchimiste auprès du « bon roi » de Sicile, qui le nomme capitaine du château de La Roche-sur-Yon. Adoptant désormais l'identité de François de Montcatin (d'après le nom francisé de sa commune natale), l'aventurier toscan profite de sa nouvelle position pour assouvir sa vengeance sur le trésorier Geoffroy Le Ferron[110].

Ce dernier, se rendant à Taillebourg auprès de l'amiral Prigent de Coëtivy, est de passage à La Roche-sur-Yon le 7 décembre 1444. Invité au château par le capitaine-alchimiste, Le Ferron est injurié par le prêtre Eustache Blanchet avant d'être emprisonné arbitrairement sur ordre de Prelati, qui lui reproche sa propre incarcération nantaise du temps du procès de Gilles de Rais.

Afin de lui extorquer une énorme rançon, les deux anciens serviteurs du maréchal font subir de mauvais traitements au trésorier durant deux mois et demi. Entre autres tortures morales et physiques, Francesco Prelati et Eustache Blanchet tentent d'effrayer Le Ferron en feignant de découvrir parmi ses papiers une fausse lettre qui l'implique dans une supposée trahison de Prigent de Coëtivy.

Informés de la situation, les officiers de René d'Anjou demandent à Prelati d'amener Le Ferron devant le conseil ducal. Le capitaine fait mine d'obtempérer avant de reconduire le trésorier de France dans son cachot.

Douze jours plus tard, le chevalier Guy d'Aussigny, seigneur de Trèves et lieutenant du roi « ès pays de Poitou, Saintonge, gouvernement de La Rochelle et Angoumois », se présente avec une compagnie de cinquante hommes de guerre devant la forteresse yonnaise. Refusant de délivrer Geoffroy Le Ferron, Francesco Prelati s'oppose à la reddition de la place et effectue une sortie avec sa propre troupe, accrochage qui provoque la mort d'un soldat de Guy d'Aussigny.

Peu après, deux officiers de René d'Anjou essayent derechef d'obtenir la libération de Le Ferron. Francesco Prelati finit par y consentir une fois la rançon versée.

Parvenu à Angers, le trésorier de France dépose en vain une plainte auprès de la chambre des comptes d'Anjou. Le roi Charles VII a vent de l'affaire et le parlement de Paris est saisi. Le conseil royal rend finalement un arrêt condamnant à mort Francesco Prelati et Jacques Chabot, son principal complice. Vers la fin de mars 1446, l'ex-évocateur de démons subit le supplice du feu pour ses crimes[111],[112].

Renvoyé devant la cour du parlement avec plusieurs autres comparses de Prelati, Eustache Blanchet fait constamment défaut de janvier 1448 à mars 1451. Le 18 mai 1453, le parlement rend son arrêt définitif, condamnant le prêtre à restituer les biens de Geoffroy Le Ferron, à faire amende honorable au roi et au trésorier de France, au paiement d'une amende ainsi qu'au bannissement perpétuel et à la confiscation de ses biens[113].

Roger de Briqueville[modifier | modifier le code]

Descendance et postérité[modifier | modifier le code]

De son épouse Catherine de Thouars (1405-02/12/1462), Gilles de Rais ne laisse qu'une fille (dont la paternité serait par ailleurs contestée)[réf. nécessaire] : Marie de Montmorency-Laval dite « Marie de Rais » (1429-01/11/1457), qui lui succédera à la tête de la baronnie de Retz.

Sa veuve Catherine de Thouars se remariera le avec Jean II de Vendôme, vidame de Chartres, et aura deux autres enfants : Jean de Vendôme (né vers 1443) et Jacqueline de Vendôme.

Marie de Rais se mariera deux fois : le avec Prigent VII de Coëtivy (1399-20/07/1450), amiral de France, gouverneur de La Rochelle, puis en 1451 avec André de Montfort-Laval dit « André de Lohéac » (1408-29/12/1486), seigneur de Lohéac et de Montjean, amiral de France puis maréchal de France (et cousin de Gilles de Rais). De ses deux unions, Marie de Rais n'aura aucun enfant.

C'est ensuite son oncle René de La Suze (1407/30/10/1473), frère cadet de Gilles de Rais, qui hérita de la baronnie de Retz (« René de Rais »). Marié à Anne de Champagne(-au-Maine), il en aura une fille : Jeanne de Montmorency-Laval dite « Jeanne de Rais », qui lui succèdera. Elle sera mariée le à François de Chauvigny (1430-15/03/1491), vicomte de Brosse.

Par la suite, le baronnie de Retz quittera alors la famille de Montmorency-Laval pour passer à la famille de Chauvigny (André de Chauvigny, fils de François de Chauvigny et de Jeanne de Rais), puis aux familles de Tournemine, d'Annebault, de Clermont(-Tonnerre), de Gondi, de Blanchefort-Créquy, de Neufville-Villeroy et de Brie-Serrant, jusqu'à la Révolution française.

De l'Histoire au mythe[modifier | modifier le code]

Portraits[modifier | modifier le code]

Physionomie[modifier | modifier le code]

Il n'existe ni description, ni portrait de Gilles de Rais réalisé de son vivant qui soit parvenu jusqu'à nous. On ignore donc à quoi il ressemblait physiquement[114].

Selon la traduction par Georges Bataille et Pierre Klossowski de la « confession en jugement » incluse dans les minutes en latin du procès, le seigneur de Tiffauges déclare qu'il a « toujours été de nature délicate » durant sa jeunesse[115]. L'écrivain Michel Hérubel entend ces propos au sens de complexion physique[116],[117] mais l'historien Matei Cazacu signale que la traduction de Bataille et Klossowski est quelque peu hâtive, l'adjectif delicatus pouvant également signifier « mignon, recherché, luxueux, efféminé, galant, licencieux »[118].

Descriptions littéraires[modifier | modifier le code]

La première description du sire de Tiffauges, « homme de bon entendement, belle personne et de bonne façon », apparaît tardivement dans l'Histoire de Bretaigne (1582) du juriste breton Bertrand d'Argentré[119]. Dans le tome V de son Histoire de France (1841), Jules Michelet cite intégralement ce signalement apocryphe sans mentionner nominalement d'Argentré comme source, popularisant ainsi l'image d'un seigneur aux traits séduisants[120]. Dans le tome II de son Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461 (1863), Auguste Vallet de Viriville modernise et enrichit de nouveaux détails imaginaires la description de Gilles de Rais selon d'Argentré : « C'était un beau jeune homme, gracieux, pétulant, d'un esprit vif et enjoué, mais faible et frivole »[121].

Dans ses récits romancés intitulés Curiosités de l'histoire de France (1858), le polygraphe Paul Lacroix affuble fictivement Gilles d'une barbe noire aux « reflets presque bleuâtres, qui avaient fait donner au sire de Rays le surnom de Barbe Bleue, surnom populaire en Bretagne, où son histoire s'est métamorphosée en conte fantastique »[122]. Entre autres détails inventés par « le bibliophile Jacob » et promis à une belle fortune littéraire, cette pilosité faciale particulière et ce sobriquet prêtés au seigneur de Tiffauges assimilent ce dernier au personnage de Charles Perrault[123]. Prosper Mérimée et Stendhal s'étaient préalablement contentés d'interpréter Barbe Bleue « comme un souvenir mythisé de Gilles de Rais »[124].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Toutes les effigies de Gilles de Rais sont posthumes et imaginaires, à l'exception probable d'une gravure publiée dans Les monumens de la monarchie françoise, qui comprennent l'histoire de France, avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées (1731) de Dom Bernard de Montfaucon[125]. Cette représentation équestre de « Gilles de Laval Seigneur de Rais Maréchal de France » pourrait reproduire un document plus ancien, remontant peut-être au XVe siècle[126]. Les traits du visage de Gilles sont dissimulés par le casque au plumet de son armure tandis que les armoiries de Laval figurent de manière visible sur son écu et le caparaçon de son cheval[127]. Ces caractéristiques semblent rapprocher la gravure d'une représentation d'ordre héraldique plutôt que d'un portrait physique.

Par ailleurs, Gilles de Rais est représenté imberbe et les cheveux mi-longs dans deux miniatures qui dépeignent respectivement son procès et son exécution. Sur les deux miniatures figurent les armes de la famille Bouhier (d'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux croissants d'argent, et en pointe d'une tête de bœuf d'or)[128]. Le juriste et historien Jean Bouhier (1673-1746), président à mortier au parlement de Dijon, conservait des recueils de manuscrits de son grand-père, selon la pratique des collectionneurs érudits qui rassemblaient, aux XVIIe et XVIIIe siècles, des copies de procès relatifs aux crimes de lèse-majesté[129],[130],[131]. Sa copie du procès civil de Gilles de Rais est ornée de la miniature représentant l'exécution du maréchal[132] ; cette peinture, ou le recueil qui la comporte, daterait de 1530[133]. L'autre miniature, représentant Gilles de Rais durant son procès, orne une copie du procès canonique, à savoir le manuscrit latin 17663 également conservé à la Bibliothèque nationale de France[134].

La plus célèbre vue d'artiste demeure l'huile sur toile (1835) d'Éloi Firmin Féron, commandée au peintre le 29 décembre 1834 par le gouvernement du roi Louis-Philippe Ier afin de légitimer la monarchie de Juillet « en récupérant et instrumentalisant les représentations historiques de l'ancienne France »[135]. Campé sur des moellons délabrés, s'appuyant sur une hache et se détachant d'un arrière-plan encombré de chevaliers, Gilles de Rais en armure damasquinée prend place, en tant que figure militaire de la Guerre de Cent ans, dans le cortège des maréchaux de France des galeries historiques du château de Versailles. Le versant criminel du personnage y est occulté.

Par la suite, de nombreuses représentations s'inspireront de l'œuvre picturale de Féron, portraiturant le plus souvent un baron de Retz barbu, aux cheveux mi-longs bruns ou noirs. La toile de Féron ou les différentes œuvres gravées d'après celle-ci sont fréquemment reproduites en première de couverture ou hors-texte des monographies consacrées à Gilles de Rais, dont celles de Ludovico Hernandez (1921), Michel Hérubel (1993) et Matei Cazacu (2005).

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Portraits moraux[modifier | modifier le code]

Conjectures à propos de Gilles de Rais et de Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Miniature dite de Jeanne d'Arc à l'étendard (XVe siècle). Paris, Archives nationales.

Le fait qu'un criminel de cette ampleur ait côtoyé Jeanne d'Arc a fait couler beaucoup d'encre chez les écrivains, qui ont fantasmé autour de ce « démon à côté d'un ange ». Les écrits de l'époque ne nous permettent en fait que de faire des spéculations invérifiables sur les relations de Gilles de Rais et de Jeanne d'Arc. Il semblerait néanmoins que Gilles de Rais n'ait commencé ses forfaits supposés qu'après l'épopée de Jeanne d'Arc. Il est probable en revanche que, fidèle à son éducation et à ses habitudes, Gilles de Rais ait eu un tempérament violent lors des campagnes militaires. Si Gilles de Rais a régulièrement manifesté pendant sa vie des comportements de personne influençable et croyante, il était proche du parti de Georges Ier de La Trémoille, qui n'était pas admirateur de Jeanne d'Arc.[réf. nécessaire]

La présence attestée de Gilles le 26 décembre 1430 à Louviers, ville sise à sept lieues (environ 28 kilomètres) de Rouen où Jeanne d'Arc était alors détenue prisonnière, a parfois été interprétée comme une tentative visant à libérer la Pucelle[136]. Il ne s'agit cependant que d'une hypothèse. De surcroît, la tentative ne semble pas avoir eu lieu.

Dans le Mystère du siège d'Orléans, œuvre théâtrale à laquelle Gilles a peut-être collaboré (du moins financièrement), le personnage du « mareschal de Rais », également dénommé « le sire de Rais » ou simplement « Rais », est dépeint constamment comme un fidèle compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, à l'instar des autres capitaines entourant celle-ci. Tout en la pourvoyant de vivres destinées à Orléans ainsi que d'« artillerie » et d'or, le roi annonce à la Pucelle qu'il « commande exprès » au maréchal de Rais et à Ambroise de Loré » de « conduire [ses] gens » où elle le voudra[137]. Cependant, « Rais » ne tient pas un rôle prépondérant dans l'œuvre, ses interventions représentant quantitativement assez peu dans ses 20 538 vers[138],[139].

L'épisode des relations de Gilles de Rais avec Jeanne des Armoises en 1439 demeure difficile à interpréter. Gilles confie des troupes à la fausse Jeanne mais il est impossible d'en conclure une quelconque dévotion vis-à-vis de la Pucelle, ou de prouver que le seigneur de Machecoul ait reconnu ou non l'imposture[140].

Faute de sources, il s'avère donc ardu de spéculer sur les relations entre Gilles et Jeanne. Les sentiments de la Pucelle vis-à-vis de son compagnon d'armes demeurent inconnus[141].

Barbe-Bleue[modifier | modifier le code]

Gilles de Rais est souvent assimilé à La Barbe bleue de Charles Perrault. Illustration de Gustave Doré (1867)

Gilles de Rais va devenir au fil des siècles un personnage légendaire, entouré de fantasmes. Il deviendra l'inspiration du personnage de Barbe Bleue, l'ogre du conte La Barbe bleue (1697) de Charles Perrault, bien que sa vie et ses actions soient loin de celles du personnage du conte.[réf. nécessaire]

Aujourd'hui encore, au Pays de Retz, on désigne toujours Gilles de Rais par l'appellation de « Barbe Bleue » : le château de Machecoul, où Gilles commit ses crimes et où il fut arrêté, est communément appelé « château de Barbe Bleue ».[réf. nécessaire]

Doutes et tentatives de réhabilitation[modifier | modifier le code]

Gilles de Retz, le vampire de Bretagne, illustration de Charles Bombled (1862-1927) pour l'Histoire de France de Jules Michelet

Il est aujourd'hui difficile de se prononcer sur la réalité et le nombre exact des victimes. Les sources ne mentionnent pas clairement de découvertes macabres dans les demeures du maréchal, bien que l'exhumation de restes humains soit évoquée erronément par certains historiens du XIXe siècle.

Ainsi, la Biographie universelle ancienne et moderne affirme que « Pour éliminer les traces de ses forfaits, [Gilles de Rais] faisait précipiter les cadavres dans les fosses d'aisances quand il était en voyage ; mais dans ses châteaux, il les brûlait et en jetait les cendres au vent. Malgré ces précautions, on en trouva quarante-six à Champtocé et quatre-vingts à Machecoul »[142].

D'après Jules Michelet, « On trouva dans la tour de Chantocé une pleine tonne d'ossements calcinés, des os d'enfants en tel nombre qu'on présuma qu'il pouvait y en avoir une quarantaine. On en trouva également dans les latrines du château de la Suze, dans d'autres lieux, partout où il avait passé. »[143]. Le célèbre professeur du Collège de France s'appuie sur les dépositions des chambriers Henriet Griart et Étienne Corillaut[144] pour alléguer cette macabre découverte champtocéenne, entre autres lieux. Prenant la suite de Louis-Gabriel Michaud, Michelet désigne par un pronom indéfini les auteurs de l'exhumation présumée des cendres compromettantes ; cette formulation ambiguë semble évoquer le résultat de fouilles entreprises par la justice ducale. Cependant, l'abbé Bossard relève que le récit micheletiste n'est qu'une extrapolation due à une lecture approximative des sources primaires, voire la réminiscence de l'œuvre « d'un historien mal informé »[145]. De fait, selon la traduction et la publication du procès par Georges Bataille et Pierre Klossowski, il apparaît des propos des chambriers que le pronom indéfini, employé dans le manuscrit du procès, ne désigne que les propres familiers et serviteurs de Gilles de Rais : Gilles de Sillé, Hicquet de Brémont, Robin Romulart ainsi que Griart et Corillaut eux-mêmes. Ces deux derniers attestent au procès qu'à la demande de leur maître, ils auraient retiré d'une tour près du château fort de Machecoul les « ossements desséchés » d'une quarantaine de victimes afin de les faire disparaître avant que René de La Suze et le sire de Lohéac ne s'emparent de cette forteresse bretonne[146].

Beaucoup d'auteurs et d'historiens du XIXe siècle[147],[148],[149] jusqu'au Grand dictionnaire universel du XIXe siècle[150] n'emboiteront pas moins le pas à Jules Michelet, souvent par le biais d'une longue citation de son Histoire de France, reproduisant ainsi à l'envi cette « légende issue d'une mauvaise lecture des documents »[151]. Autre réminiscence micheletiste, le récit romancé de Pitre-Chevalier dans La Bretagne ancienne et moderne[152] en vient même à évoquer la libération de jeunes filles prisonnières du sire de Rais, version fantaisiste réfutée notamment par l'abbé Eugène Bossard[153].

Siècle des Lumières[modifier | modifier le code]

Voltaire lisant « L'année littéraire de Fréron », huile sur toile de Jacques Augustin Catherine Pajou (1811)

Dans son Essai sur les mœurs (1756), Voltaire évoque laconiquement Gilles de Rais comme un supplicié ayant été « accusé de magie, et d'avoir égorgé des enfants pour faire avec leur sang de prétendus enchantements »[154]. Sur la base de ce passage succinct, le philosophe a souvent été présenté par les partisans de l'innocence de Gilles comme leur plus fameux précurseur[155],[156]. Bien qu'il émette des réserves quant à la culpabilité du seigneur de Tiffauges, Voltaire évite toutefois de se prononcer définitivement sur la question. Sa brève mention du procès de 1440, parmi d'autres procès médiévaux d'hérésie et de sorcellerie, lui permet principalement de vilipender le « fanatisme composé de superstition et d'ignorance », travers qu'il juge de tous temps mais caractérisant particulièrement sa conception d'un Moyen Âge obscurantiste en contraste avec les Lumières[157].

Dans un court passage de leur ouvrage L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur… (1784), des bénédictins de la congrégation de Saint-Maur semblent rejoindre l'opinion du philosophe en proposant également la superstition comme cause plausible du supplice de Gilles de Rais. Les érudits religieux assurent dans un premier temps que le maréchal « se déshonorait en Bretagne par des actions infâmes qui excitaient le cri du public contre lui ». Mais, abandonnant ensuite le ton affirmatif, ils emploient des termes similaires à la prose voltairienne lorsqu'ils évoquent le cortège de « prétendus devins et magiciens » possiblement à l'origine des « horreurs » imputées au seigneur de Tiffauges, « horreurs dont il n'était peut-être point coupable »[158]. À l'instar de l'Essai sur les mœurs, L'art de vérifier les dates… amalgame ici les invocations diaboliques et les meurtres d'enfants, contrairement aux aveux de Gilles qui dissociaient en pratique les deux accusations[159]. Distinguées des « horreurs », les « actions infâmes » alléguées de manière évasive au début du passage ne concerneraient donc pas les crimes eux-mêmes mais peut-être les pratiques sodomites. Les bénédictins laissent finalement planer le doute sur la réalité des « horreurs », sans conclure à l'innocence[160].

Salomon Reinach[modifier | modifier le code]

Salomon Reinach[161]

Salomon Reinach utilise la presse pour faire connaître ses vues au grand public. Dans Le Signal du 2 octobre 1902, il fait paraître une « Lettre sur Gilles de Rais, innocent », qu'il signe « Un amateur d'histoire vraie » . Dans L'Éclair du 16 janvier 1905, il publie un « Exposé de la question Gilles de Rais »[162].

Louis Perceau et Fernand Fleuret[modifier | modifier le code]

Gilbert Prouteau[modifier | modifier le code]

Le poète et écrivain Gilbert Prouteau prête à l'avocat Maurice Garçon des doutes concernant la culpabilité de Gilles de Rais ainsi que la velléité de rédiger un ouvrage plaidant la thèse de l'innocence[163]. Le livre projeté n'a pas vu le jour.

Postérieurement au décès de Maurice Garçon, l'écrivain affirme avoir été sollicité à Nieul-sur-l'Autise par « un dignitaire de la « Région » » dans le cadre de la préparation de « la route Gilles de Rais », un circuit touristique consacré aux châteaux du maréchal. L'ouvrage de commande doit étayer la démarche des promoteurs en « remett[ant] en cause la légende » et en « éclair[ant] les zones d'ombre du procès »[164].

À l'en croire, le romancier laisse dormir son manuscrit pendant un an par crainte du refus d'un éditeur. Il finit par présenter son texte à l'avocat Jean-Yves Goëau-Brissonnière. Celui-ci accepte de devenir « le défenseur » de Gilles de Rais[165] et de réunir une « cour arbitrale », collège composé de personnalités[166] chargées de se livrer à une « révision » du procès tenu en 1440. Le texte romancé de Prouteau aurait servi d'inspiration au plaidoyer attribué à Goëau-Brissonnière, que l'avocat prononce dans l'amphithéâtre de l'UNESCO en mai 1992 puis au Palais du Luxembourg, siège du Sénat, en novembre 1992. Cette « cour arbitrale » n'inclue aucun historien médiéviste et ne sollicite jamais l'avis d'experts de cette discipline historique[167].

Le roman et la plaidoirie sont reproduits dans l'ouvrage Gilles de Rais ou la Gueule du loup (mai 1992)[168], juxtaposition de textes narratifs, d'extraits de minutes, de lettres romancées et d'un journal fictif tenu par un Gilles de Rais présenté comme un féru d'alchimie, esthète alcoolique et pédophile éloquent, sinon meurtrier[169]. Négligeant les études historiques de Noël Valois, Arthur Bourdeaut, Émile Gabory, Georges Bataille et Philippe Reliquet, Gilbert Prouteau reprend à son compte la thèse de Salomon Reinach et Fernand Fleuret en faveur de l'innocence de Gilles de Rais, à savoir une machination judiciaire orchestrée par l'évêque-chancelier Jean de Malestroit[170],[164]. Les contradicteurs de Salomon Reinach et Fernand Fleuret sont traités de « cuistres » et de « trissotins de l'histoire » tandis que les romanciers Jean-Marie Parent et Roger Facon sont qualifiés d'« historiens de grand talent »[171] en raison de leur œuvre littéraire développant également la théorie du complot judiciaire ourdi à l'encontre du maréchal[172].

En raison de ses erreurs, approximations ou inventions forgées délibérément pour les besoins de la réhabilitation[173], il est reproché au livre de Prouteau de « créer la confusion la plus totale entre les éléments historiques et l'imaginaire de l'auteur »[174]. La Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (dont son vice-président Jean Kerhervé) fait part de ses objections méthodologiques devant cette « histoire-spectacle »[175],[176],[177]. Les historiens Jean Kerhervé et Olivier Bouzy publient des comptes rendus critiques, respectivement dans le journal Le Peuple breton en novembre 1992[178] et dans le bulletin Connaissance de Jeanne d'Arc en 1993[179] ; Philippe Reliquet effectue une mise au point dans un courrier publié par Le Monde le 5 septembre 1992.

Prouteau considère que les sources ont été manipulées ou mal interprétées par les précédents chercheurs. Cependant, Jean Kerhervé remarque que l'écrivain lui-même ne paraît ni avoir étudié les sources primaires originales (rédigées en moyen français et essentiellement en latin) ni maîtriser les compétences paléographiques nécessaires au déchiffrement de la cursive gothique du XVe siècle[180]. Prouteau est régulièrement pris en défaut sur ses connaissances en histoire de la religion, du droit et des institutions médiévales, notamment dans le cadre du duché de Bretagne[181],[182].

La couverture médiatique du « procès de révision » est également blâmée pour son manque de recul critique. Des journalistes reproduisent parfois, sans vérification préalable, certains propos entendus à la séance publique du 9 novembre 1992 ou imprimés dans Gilles de Rais ou la Gueule du loup, « erreurs et manipulations comprises »[183],[184],[185]. Le jeudi 18 juin 1992, une dépêche de l'AFP évoque ainsi un seigneur de Rais « plus grande fortune du royaume de France », en sus de faire état de ses prétendus aveux concernant 800 meurtres, chiffre inventé par Fernand Fleuret puis repris par Gilbert Prouteau et Goëau-Brissonnière[186].

La révision du procès a abouti à l'acquittement du seigneur de Tiffauges[187]. Cependant, ce jugement ne peut prétendre à une valeur légale car aucune juridiction constituée n'est compétente pour réviser un procès du XVe siècle ; « sa portée [est] d'ordre moral, symbolique… et médiatique »[188].

Auteur de canulars littéraires avec Simenon ou Robert Desnos[189], le poète Gilbert Prouteau a parfois été qualifié de facétieux et de provocateur[190]. Le « procès de révision » tenu en 1992 aurait ainsi été une « farce monumentale (...) mont[ée] avec des comparses de haute volée », mystification dont Prouteau se serait amusé encore plusieurs années après les faits[191].

Paru la même année que le « procès de révision », Plaidoyer pour Gilles de Rais (octobre 1992) est un ouvrage de Jean-Pierre Bayard, auteur spécialisé dans l'ésotérisme, le rosicrucianisme, les sociétés secrètes et la Franc-maçonnerie. Présentant le seigneur de Tiffauges comme une victime de l'Inquisition, l'écrivain dédie son livre à Jean-Yves Goëau-Brissonnière « en témoignage de notre communion d'esprit »[192] et, en conclusion, remercie ce dernier et Gilbert Prouteau « pour leur heureuse et courageuse campagne »[193]. La quatrième de couverture précise que ce Plaidoyer… « va dans le sens spirituel du « Comité de réhabilitation du Maréchal Gilles de Rais » ». En 2007, Goëau-Brissonnière préface la réédition chez Dualpha de l'ouvrage de son frère maçon de la Grande Loge de France[194],[195].

Historiographie[modifier | modifier le code]

Eugène Bossard[modifier | modifier le code]

Georges Bataille[modifier | modifier le code]

Dans son livre Le Procès de Gilles de Rais, paru en 1959, Georges Bataille voit en Gilles de Rais la figure exemplaire d'une époque de la féodalité où la raison balbutiante n'avait pas encore muselé la fête archaïque de la violence : « Sa noblesse a le sens d'une violence ne regardant rien et devant laquelle il n'est rien qui ne cède[196] ».

Jacques Heers[modifier | modifier le code]

Matei Cazacu[modifier | modifier le code]

Si la pratique de l'alchimie et de messes noires est avérée chez Gilles de Rais, on ne peut, selon l'historien et archiviste paléographe Matei Cazacu, l'inculper que du viol — et peut-être de l'assassinat — de huit enfants dont on connaît le nom exact de leurs parents, leurs parents témoignant lors de son procès de leur disparition[84].

Jacques Chiffoleau[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Confronté à ses deux complices, le maréchal de Retz les désavoue pour ses serviteurs et dit qu'il n'a eu que d'honnêtes gens à son service ; mais la menace de la torture le fait changer de langage, et il confirme leurs déclarations par un aveu général et circonstancié de tous ses crimes.
  2. Michel Guimard, dans ses Annales nantaises, dit que l'évêque de Nantes et le commissaire du grand inquisiteur de France furent au nombre des juges du maréchal. Le fait n'est pas impossible et se trouve peut-être dans le manuscrit de Nantes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ambroise Ledru, « Gilles de Rais dit Barbe-Bleue, maréchal de France. Sa jeunesse, 1404-1424 », in L'union historique et littéraire du Maine, tome Ier, 1893, p. 270-284. L'abbé Ledru reproduit en annexe de son article des témoignages collectés dans le cadre d'une enquête judiciaire effectuée à Angers en 1461 à la demande de René de Rais, le frère cadet de Gilles. De nombreux témoins attestent de la naissance champtocéenne de l'ancien baron de Retz. Cependant, plusieurs auteurs (de Charles Lemire, Jeanne d'Arc et le sentiment national, 1898, p. 250, à Gilbert Prouteau, Gilles de Rais et la gueule du loup, 1992) n'en ont pas moins continué à lui assigner faussement le château de Machecoul pour berceau, en se basant sur l'ouvrage de l'abbé Bossard (Eugène Bossard, Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440, Honoré Champion, 1886, p. 5-8).
  2. Matei Cazacu, Gilles de Rais, Paris, Tallandier, 2005, p. 11.
  3. Bossard, op. cit., 1886, p. 5-8.
  4. Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, Bulletin et mémoires, vol. 102, 1999, [lire en ligne], p. 147
  5. a et b Matei Cazacu, op. cit., 2005, p. 11 ; 23-25.
  6. François Macé, Gilles de Rais, Centre régional de documentation pédagogique de Nantes, 1988, p. 95-98.
  7. Cette dernière orthographe a été adoptée vers 1581, bien après la mort de Gilles de Rais. Cf. Eugène Bossard, Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe Bleue », note 1 p. 10, [lire en ligne].
  8. Yvonig Gicquel, Alain IX de Rohan, 1382-1462 : un grand seigneur de l'âge d'or de la Bretagne, J. Picollec, 1986, p. 310
  9. « au XVe siècle, Brienne ne fait pas partie des domaines des seigneurs de Rais. [...] le nouveau maréchal de France, en route pour Reims, espérait certainement profiter de cette marche victorieuse pour récupérer des rançons, des terres prises aux « collaborateurs » [...]. Ne se proclamait-il pas comte de Brienne en juillet 1430 ? Mais ces rêves furent rapidement brisés », François Macé, Gilles de Rais, Centre régional de documentation pédagogique de Nantes, 1988, p. 99.
  10. La Chenaye-Aubert, Jacques Badier, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de la France, 1775, [lire en ligne], p. 226
  11. a et b Bataille et Klossowski 1985, p. 167-168 ; 171 ; 258-259.
  12. Bataille et Klossowski 1985, p. 168 ; 171 ; 334-336.
  13. Paul Lacroix (alias « le bibliophile Jacob »), « Le maréchal de Rays », in Curiosités de l'histoire de France, Paris, A. Delahays, 1858, p. 53, [lire en ligne] ; souligné par Michel Meurger, Gilles de Rais et la littérature, Éditions Terre de brume, collection « Terres fantastiques », 2003, p. 131.
  14. Afin de rappeler la réalité des « meurtres sadiques ou rituels » en vue de réfuter un argument développé par Salomon Reinach - partisan de l'innocence de Gilles de Rais -, l'historien Émile Gabory mentionne à titre d'exemple « l'histoire du boucher hanovrien Haarmann qui, l'année dernière, tua vingt-huit jeunes gens (...) » (Gabory, La Vie et la mort de Gilles de Raiz (dit, à tort, "Barbebleue"), Librairie académique Perrin et Cie, 1926, p. 236). Ce tueur en série allemand est également cité par l'écrivain Georges Bataille lors d'une conférence tenue le 24 février 1958 à Fontenay-le-Comte (« Gilles de Rais fut une sorte de boucher de Haarman (sic) mais en grand. » ; propos reproduits dans « "Gilles de Rais", notes inédites », in Cahiers Gilles de Rais, no 3, mai 1993, Nantes, Éditions Joca Seria, p. 23).
  15. L'historien Olivier Bouzy évoque Andreï Tchikatilo comme « un Gilles de Rais au petit pied » (Olivier Bouzy, « La réhabilitation de Gilles de Rais, canular ou trucage ? », in Connaissance de Jeanne d'Arc, bulletin n° 22, Chinon, 1993, note 23, p. 22, [lire en ligne].
  16. Matei Cazacu, Gilles de Rais, 2005, p. 181-202.
  17. Christian Denis, Gilles de Rais. Chroniques d'un tueur en série, Les Éditions de Bonnefonds, 2003.
  18. André Joubert, « Le testament de Jean de Craon, seigneur de la Suze et de Chantocé (avant 1432) », in Revue historique et archéologique du Maine, tome 27, Le Mans, Pellechat libraire-éditeur, 1890, p. 340-346, [lire en ligne].
  19. Gilles de Rais a pour arrière-grand-mère Clémence du Guesclin, sœur de Bertrand Du Guesclin.
  20. Dans le « mémoire (intendits) des héritiers de Gilles de Rais » (vers 1461-1462), Gilles est qualifié de « noble et puissant seigneur, né et extraict de grandes et anciennes lignées et maisons, comme des maisons de Laval, de Roucy, de Montmorency, de Rays et de Craon, qui sont très grandes, nobles et anciennes maisons yssues et descendues des plus grandes maisons du royaulme de France ». Cf. Matei Cazacu, op. cit., 2005, annexe 1, p. 250-251.
  21. Ambroise Ledru, op. cit., 1893, p. 270-284.
  22. Matei Cazacu, op. cit., 2005, p. 11.
  23. Bossard, op. cit., 1886, p. 1. Eugène Bossard corrige les dires de Dom Hyacinthe Morice et de Louis-Gabriel Michaud qui faisaient naître Gilles de Rais en 1396 (Bossard, op. cit., 1886, p. 5-8). Cette dernière date a été reprise à tort par Gérard Gros (« Le Seigneur de Rais et Jeanne : étude sur une relation, d'après le Mistère du siège d'Orléans » in Images de Jeanne d'Arc, 2000 ainsi que dans l'édition du Mystère du siège d'Orléans, Le Livre de Poche, collection « Lettres gothiques », 2002).
  24. Société des archives historiques du Maine, La Province du Maine, 1909, p. 280.
  25. Sans citer ses sources, l'abbé Bossard affirme que Guy II de Laval-Rais décède avant son épouse Marie de Craon et que cette dernière « se remaria presque aussitôt son veuvage à Charles d'Estouville, seigneur de Villebon » (Bossard, op. cit., 1886, p. 13, [lire en ligne]). Cependant, les propos de Bossard n'ont été repris par aucun historien. Matei Cazacu suggère que la mère de Gilles décède « probablement en donnant naissance à son second enfant, René, en janvier 1414 » (Cazacu, op. cit., 2005, p. 46). La date exacte de la mort de Marie de Craon demeure inconnue.
  26. René Blanchard (éd.), Cartulaire des sires de Rays... 1160-1449, collection « Archives historiques du Poitou », tome XXX, 1899, n° CCLI : « Testament de Guy de Laval, seigneur de Rays ». La date du testament de Guy II de Laval-Rais, 28 ou 29 octobre 1415, est donnée par Matei Cazacu comme étant celle de la mort du père de Gilles de Rais (Cazacu, op. cit., 2005, p. 46). L'abbé Bourdeaut date erronément du 28 septembre 1415 les dernières volontés du père de Gilles (Bourdeaut 1924, p. 48), erreur reprise par Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 81) puis Jacques Heers (op. cit., 1994, p. 24). Dans son testament, Guy II de Laval-Rais déclare être « atteint d'une grave infirmité corporelle » (infirmitate gravi detentus corpore), sans plus de précision. Sans étayer ses dires par des sources, l'essayiste Roland Villeneuve affirme que le père de Gilles serait mort des suites d'une blessure reçue au cours d'une chasse au sanglier (Villeneuve, Gilles de Rays. Une grande figure diabolique, Paris, Denoël, collection « La Tour Saint Jacques », 1955, p. 31), version reprise par les écrivains Michel Bataille (Gilles de Rais, Paris, Club des amis du livre / Éditions Planète, 1966, p. 56-58) et Alain Jost (Gilles de Rais, Éditions Marabout, collection « Histoire et mystères », 1995, p. 21). Matei Cazacu émet prudemment l'hypothèse d'une atteinte de malaria, maladie sévissant à l'époque en Vendée, comme cause du décès (Cazacu, op. cit., 2005, p. 46).
  27. Bourdeaut 1924, p. 48 ; Cazacu, op. cit., 2005, p. 46-47.
  28. Siméon Luce, « Jeanne Paynel à Chantilly », in Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 34, Première partie, 1892, p. 301-415 ; Ambroise Ledru (abbé), « Gilles de Rais dit Barbe-Bleue, maréchal de France. Sa jeunesse, 1404-1424 », in L'Union historique et littéraire du Maine, tome Ier, 1893, p. 276-284 ; René Blanchard (éd.), Cartulaire des sires de Rays... 1160-1449, collection « Archives historiques du Poitou », tome XXVIII, 1898, p. CXI-CXII ; Bourdeaut 1924, p. 49-51.
  29. « Contrat de mariage entre Gilles Sire de Rais & Dame Beatrix de Rohan », in Dom Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, tirés des archives de cette province, de celles de France et d'Angleterre, des Recueils de plusieurs sçavans Antiquaires, tome II, 1744, colonnes 975-976, [lire en ligne] ; Bourdeaut 1924, p. 51-52.
  30. Bataille et Klossowski 1985, p. 82. L'échec des deux premiers projets matrimoniaux a souvent été expliqué par les décès successifs de Jeanne Paynel et Béatrix de Rohan (notamment par l'abbé Bossard, op. cit., 1886, p. 15, [lire en ligne]). Toutefois, cette précision biographique relative à Jeanne Paynel ne relève « que du roman » ainsi que l'affirme Bourdeaut en s'appuyant sur Siméon Luce (Bourdeaut 1924, p. 50-51). Quant à l'abandon de la célébration du mariage avec Béatrix de Rohan, Roland Villeneuve suggère qu'il pourrait trouver sa cause dans la guerre entre les Monfort et les Penthièvre ou dans une rétractation de Jean de Craon, ce dernier « arrêt[ant] ses vues sur Catherine de Thouars dont les domaines jouxtaient ceux que Gilles devait un jour posséder » (Villeneuve, op. cit., 1955, p. 39). Matei Cazacu s'en tient au décès prématuré de Béatrix de Rohan comme explication de la non concrétisation du contrat, au motif que la nièce du duc de Bretagne n'a « laiss[é] aucune trace dans la généalogie de sa famille » (Cazacu, op. cit., 2005, p. 54).
  31. Bourdeaut 1924, p. 51-54. Gilles de Rais et Catherine de Thouars descendaient, respectivement par branches maternelle et paternelle, d'Amaury III de Craon. Voir le tableau généalogique établi par Lucien Merlet, « Catherine de Thouars, femme de Gilles de Retz (1404-1462) », in Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, 35e année, tome V, janvier 1891, p. 94, note 1 [lire en ligne] ; Arthur Bertrand de Broussillon (éd.), La maison de Craon, 1050-1480, Paris, Alphonse Picard et Fils, 1893, tome II, p. 86 et note 2.
  32. Et non « Milet » de Thouars, orthographe adoptée à tort par l'abbé Bourdeaut puis Jacques Heers, selon Matei Cazacu (Cazacu, op. cit., 2005, note 46, p. 324).
  33. Il s'agit de revenus perçus dans l'île de Bouin, que se disputent Catherine de Machecoul (la mère de Jean de Craon et Miles II de Thouars. Voir Cazacu, op. cit., 2005, p. 57 ; René Blanchard (éd.), Cartulaire des sires de Rays… 1160-1449, tome XXVIII, p. 182-193, n° LXVIII, 9 avril 1399, [lire en ligne] ; René Blanchard (éd.), op. cit., tome XXX, p. 308-310, n° CCXLII, 1er mars 1402, [lire en ligne] ; Arthur Bertrand de Broussillon (éd.), op. cit., 1893, tome II, n° 894 (A).
  34. Selon un procédé étudié par Henriette Benveniste, « Les enlèvements : stratégies matrimoniales, discours juridique et discours politique en France à la fin du Moyen Âge », in Revue historique, n° 573, janvier-mars 1990, p. 13-35, [lire en ligne].
  35. Cette union clandestine est mentionnée dans la missive du légat papal Jourdain, évêque d'Albano, adressée à son homologue d'Angers, Hardouin de Bueil. Voir pièce justificative I (en latin) du 24 avril 1422, publiée à la suite de l'article de Lucien Merlet, op. cit., 1891, p. 100-101, [lire en ligne].
  36. Acte considéré comme perdu. Cf. René Blanchard (éd.), Cartulaire des sires de Rays… 1160-1449, tome XXVIII, 1898, p. CXII.
  37. a et b Cazacu, op. cit., 2005, p. 58.
  38. Bourdeaut 1924, p. 52.
  39. Survenue le , la mort de Béatrice de Rochefort permet à son veuf, Jean de Craon, d'épouser Anne de Sillé, femme de feu Jean de Montjean (décédé en avril 1418). Du mariage d'Anne de Sillé et de Jean de Montjean étaient nées Jeanne de Montjean (qui épousa Jean V de Bueil, auteur du Jouvencel) et Béatrix de Montjean, épouse de Miles II de Thouars et mère de la propre femme de Gilles de Rais, Catherine de Thouars ; cf. Cazacu, op. cit., 2005, p. 58.
  40. Pièce justificative I (en latin) du 24 avril 1422, in Lucien Merlet, op. cit., 1891, p. 100-101, [lire en ligne].
  41. Lucien Merlet cite comme source l'original d'un parchemin conservé dans les archives d'Eure-et-Loir (Lucien Merlet, op. cit., 1891, p. 95, [lire en ligne]). Probablement en raison d'une confusion avec la missive du légat Jourdain (reproduite par Lucien Merlet, op. cit., 1891, p. 100-101, [lire en ligne]), la date du est retenue comme étant celle du mariage par l'abbé Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 52), suivi par Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 84) et Jacques Heers (op. cit., 1994, p. 26), ce dernier s'appuyant sur L. F La Bessière, « Chalonnes-sur-Loire. Un mariage de grands seigneurs en 1422 », in Revue de l'Anjou, Angers, Germain et G. Grassin, novembre-décembre 1899, p. 335-351. Matei Cazacu rejoint quant à lui Lucien Merlet en optant pour le 26 juin 1422 (Cazacu, op. cit., 2005, p. 58 et note 23).
  42. a et b Bourdeaut 1924, p. 54-57 (résumé des actes des 11 février 1423, 1er juillet 1423 et 13 avril 1424, Archives nationales, X1a 9197, f. 167v°, 216 et 222) ; Matei Cazacu, op. cit., 2005, p. 59-61 et note 54, p. 324.
  43. L’art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques, et autres anciens monuments, depuis la naissance de notre-seigneur. Tome 12. Paris, 1818.
  44. M. le Chevalier de Courcelles. Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume, et des maisons princières de l’Europe. Tome second. Paris, 1822.
  45. [1]
  46. a et b Cazacu, op. cit., 2005, p. 96-98.
  47. L'abbé Eugène Bossard l'affirme (Bossard, op. cit., 1886, p. 16-23), suivi par Roland Villeneuve (Villeneuve, op. cit., 1955, p. 39-42). A contrario, l'abbé Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 61-62) et Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 93) estiment peu vraisemblable la participation de Gilles - alors âgé de 16 ans - à cette guerre, signalant qu'aucun document ne l'atteste. Plus récemment, Matei Cazacu rejoint l'opinion de Bossard en s'appuyant sur les actes du duc et de la duchesse de Bretagne, documents publiés par René Blanchard, qui font état de la vaillance de Gilles de Rais et des récompenses qu'il reçut. Cf. Cazacu, op. cit., 2005, p. 55-57 ; René Blanchard (éd.), Cartulaire des sires de Rays… 1160-1449, tome XXVIII, 1898, acte XV daté de Vannes le 6 juin 1420, p. 18-19 ; acte XVI daté d'Oudon le 10 juillet 1420, p. 20-21 ; acte LXX daté de Vannes le 28 septembre 1420, p. 194-196 ; Cartulaire des sires de Rays… 1160-1449, tome XXX, 1899, acte CCXLIX daté de Nantes le 11 juillet 1420, p. 318-320 ; René Blanchard (éd.), Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne, tome III, 1902, acte n° 407 daté de Nantes le 11 juillet 1420, p. 9.
  48. Bataille et Klossowski 1985, p. 93.
  49. Bien qu'aucune source ne la confirme, Matei Cazacu émet cette hypothèse en avançant trois arguments : le rang important de Jean de Craon et de son petit-fils en tant que vassaux du duc d'Anjou, le souci de la défense de leurs biens angevins face aux Anglais ainsi que la présence attestée à la bataille de Verneuil de plusieurs proches des deux hommes (Cazacu, op. cit., p. 67-70).
  50. Bourdeaut 1924, p. 59-60.
  51. a et b Entrée RICHEMONT Arthur de Bretagne, comte de (1393-1458), in Philippe Contamine, Olivier Bouzy, Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, collection « Bouquins », 2012, p. 955.
  52. Gaston Du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, tome II : Le roi de Bourges, 1422-1435, Paris, Librairie de la société bibliographique, 1882, p. 111
  53. Guillaume Gruel, Chronique d'Arthur de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne (1393-1458), éd. A. Le Vavasseur, Paris, 1890, p. 40.
  54. Gaston Du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, tome II : Le roi de Bourges, 1422-1435, Paris, Librairie de la société bibliographique, 1882, p. 111-115
  55. Bossard, 1886, p. 26.
  56. Bataille et Klossowski 1985, p. 86.
  57. André Joubert, « Le testament de Jean de Craon, seigneur de La Suze et de Chantocé (avant 1432) », in Revue historique et archéologique du Maine, tome 27, 1890, p. 341
  58. Bourdeaut 1924, p. 61.
  59. Bataille et Klossowski 1985, p. 87.
  60. Bourdeaut 1924, p. 63-64.
  61. S'appuyant sur Le Jouvencel, récit semi-autobiographique de Jean de Bueil, Matei Cazacu rectifie l'affirmation de l'abbé Bossard (Bossard, 1886, p. 31) selon laquelle Gilles de Rais aurait tué Blackburn de sa propre main (Cazacu, 2005, p. 79 et note 40, p. 327 ; dans cette note, Jean de Bueil est nommé erronément "Jacques de Bueil"). Cf. Jean de Bueil, Le Jouvencel, suivi du commentaire de Guillaume Tringant, introduction biographique et littéraire par Camille Favre, texte établi et annoté par Léon Lecestre, Paris, Librairie Renouard, tome I, 1887, p. XV-XVII ; tome II, 1889, p. 273-275. En l'occurrence, Bossard a pu subir l'influence du récit romancé du « bibliophile Jacob » (Paul Lacroix, « Le maréchal de Rays », in Curiosités de l'histoire de France, 1858, p. 6), reproche qu'Émile Gabory adresse de manière générale à l'abbé (Émile Gabory, La Vie et la mort de Gilles de Raiz (dit, à tort, "Barbebleue"), 1926, p. 240).
  62. Témoignage (recueilli en 1461) de l'écuyer Jean, seigneur d'Alencé : « (...) il [Jean d'Alencé] fut en la guerre en la compaignie dudit feu sire de Rays et à aider à prandre les places et forteresees de Rameffort, de Malicorne et Le Lude, qui lors estoient detenues et occupées par les Anglois, anxiens ennemys de ce royaume » ; reproduit par Ambroise Ledru en appendice de son article « Gilles de Rais dit Barbe-Bleue, maréchal de France. Sa jeunesse, 1404-1424 », in L'union historique et littéraire du Maine, tome Ier, 1893, p. 278.
  63. Anonyme, Mémoires concernant la Pucelle d'Orléans, in Joseph Michaud, Jean-Joseph-François Poujoulat (éd.), Mémoires sur Jeanne d'Arc et Charles VII, Histoire d'Artus III, Florent d'Iliers, Journal d'un Bourgeois de Paris, Olivier de la Marche, Estat de la maison de Charles le Hardy, Jacques du Clercq, Lyon, Guyot, p. 89-90.
  64. Jacques Heers, Gilles de Rais, 1994, p. 45.
  65. Jean de Wavrin in Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, tome IV, Paris, Jules Renouard et Cie, 1847, p. 407, [lire en ligne].
  66. Louis de La Trémoïlle (éd.), Les La Trémoïlle pendant cinq siècles. Tome Ier. Guy VI et Georges (1343-1446), Nantes, Émile Grimaud éditeur-imprimeur, 1890, « Pièces justificatives », p. 183, n° XXIV, [lire en ligne].
  67. Georges Peyronnet, « Les complots de Louis d'Amboise contre Charles VII (1428-1431). Un aspect des rivalités entre lignages féodaux en France au temps de Jeanne d'Arc », in Bibliothèque de l'école des chartes, 1984, n° 142-1, p. 133.
  68. Jacques Heers, op. cit., 1994, p. 32.
  69. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, tome 4, Paris, Chez Mme veuve Jules Renouard, 1860, p. 327.
  70. Extrait d'un livre de compte, in Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, tome V, Paris, Jules Renouard et Cie, 1849, p. 261, [lire en ligne].
  71. Cazacu, 2005, p. 93-94
  72. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, tome 4, 1860, p. 337.
  73. Le chroniqueur Jean Chartier mentionne uniquement le sire de Rais ; cf. Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, tome IV, 1847, p. 77, [lire en ligne]. Cependant, une lettre adressée à Yolande d'Aragon par des gentilshommes angevins mentionne les trois autres « otages », terme désignant les chevaliers chargés de la garde de la sainte ampoule : le maréchal de Boussac, le sire de Graville et l'amiral de Cullant. Cf. Jules Quicherat (éd.), op. cit., tome V, 1849, p. 129, [lire en ligne].
  74. Cazacu, op. cit., 2005, p. 95.
  75. « Lettre de trois gentilshommes angevins à la femme et à la belle-mère de Charles VII », in Jules Quicherat (éd.), op. cit., tome V, 1849, p. 129, [lire en ligne].
  76. Philippe Contamine, Olivier Bouzy, Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, collection « Bouquins », 2012, p. 178.
  77. Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, édition établie par Auguste Vallet de Viriville, tome I, Paris, Pierre Jannet, 1858, p. 109.
  78. Perceval de Cagny, Chronique, in Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, tome IV, 1847, p. 26-27, [lire en ligne]. Quicherat souligne que Perceval de Cagny demeure l'un des chroniqueurs les plus dignes de foi de la geste de la Pucelle. Georges Bataille estime que Jeanne d'Arc, « en un moment qu'elle croit décisif », veut le maréchal près d'elle « ce qui, de toute façon, signifie qu'elle en apprécie la valeur militaire. » (Bataille et Klossowski 1985, p. 92). Se focalisant sur la mention du sire de Rais tout en négligeant celle du sire de Gaucourt, certains auteurs ont glosé sur ce passage succinct de la chronique de Perceval de Cagny en supposant des liens étroits, voire sentimentaux, entre Gilles et Jeanne.
  79. Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, tome I, 1858, p. 109.
  80. Cazacu, op. cit., 2005, p. 99.
  81. Jules de La Martinière, « Gilles de Rays en face de Jeanne d'Arc. Lettres patentes accordant un orle de France en supplément d'armoiries au maréchal de Rays, Sully-sur-Loire, septembre 1429 », in Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, tome XXI, n° 228, 1929, p. 200-206, [lire en ligne].
  82. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, tome 4, 1860, p. 408.
  83. Jean Chartier, op. cit., tome I, 1858, p. 144. Jean Chartier mentionne également la présence au sein des troupes françaises de Gilles de Sillé, cousin et futur complice de Gilles de Rais, au cours d'escarmouches suivant les lendemains de la levée du siège de Lagny par les Anglais.
  84. a, b et c Matei Cazacu, « Gilles de Rais, le vrai Barbe-Bleue », émission L’heure du crime sur RTL, 19 avril 2013
  85. Jean Kerhervé, L'État breton aux XIVe et XVe siècles : les ducs, l'argent et les hommes, tome I, Paris, Éditions Maloine, 1987, p. 59 ; 155.
  86. « Mémoires des héritiers de Gilles de Raiz pour prouver sa prodigalité », in Dom Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, tirés des archives de cette province, de celles de France et d'Angleterre, des Recueils de plusieurs sçavans Antiquaires, tome II, 1744, colonne 1338, [lire en ligne]
  87. Dépositions de François Prelati et Eustache Blanchet devant la cour ecclésiastique, respectivement les 16 et 17 octobre 1440, Bataille et Klossowski 1985, p. 261-273.
  88. Dépositions de François Prelati et Eustache Blanchet devant la cour ecclésiastique, respectivement les 16 et 17 octobre 1440, Bataille et Klossowski 1985, p. 261-262 ; 267-268.
  89. Déposition de François Prelati devant la cour ecclésiastique le 16 octobre 1440, Bataille et Klossowski 1985, p. 262-267.
  90. Bourdeaut 1924, p. 108.
  91. Bourdeaut 1924, p. 111-112.
  92. « Ha, ribault, tu as batu mes hommes, et leur as fait extorsion ; viens dehors de l'église ou je te tueroy tout mort ! », propos tenus par Gilles de Rais selon la déposition de Lenano, marquis de Ceva (procédure ecclésiastique, 19 octobre 1440, passage en moyen français dans l'original latin), in Bataille et Klossowski 1985, p. 290.
  93. Bourdeaut 1924, p. 109-112.
  94. Noël Valois, op. cit., 1912, p. 199, [lire en ligne].
  95. Bossard, op. cit., 1886, p. 231-235, [lire en ligne].
  96. Dépositions de Jean Rousseau, homme d'armes du duc de Bretagne ; de Lenano, marquis de Ceva, capitaine au service de Gilles de Rais ; de Bertrand Poulein, homme d'armes au service de Gilles de Rais (procédure ecclésiastique, 19 octobre 1440), in Bataille et Klossowski 1985, p. 288-291.
  97. Bourdeaut 1924, p. 112.
  98. Bataille et Klossowski 1985, p. 154.
  99. Matei Cazacu, op. cit., 2005, p. 157.
  100. S'appuyant sur le récit romancé du polygraphe Paul Lacroix (Curiosités de l'histoire de France, 1858, p. 14), l'abbé Eugène Bossard prétend que Gilles de Rais aurait plaisanté durant son arrestation, en se référant au nom du capitaine Labbé (Bossard, op. cit., 1886, p. 251). Néanmoins, ce trait d'esprit n'est qu'une « invention amusante, qu'aucun texte sérieux ne corrobore » ; les circonstances exactes de l'arrestation demeurent inconnues (Émile Gabory, La Vie et la mort de Gilles de Raiz (dit, à tort, "Barbebleue"), 1926, p. 157).
  101. « (...) c'est-à-dire indépendante de la procédure ecclésiastique comme de la procédure séculière. », Bataille et Klossowski 1985, p. 165.
  102. Bataille et Klossowski 1985, p. 164-165.
  103. Bataille et Klossowski 1985, p. 166-167.
  104. Bataille et Klossowski 1985, p. 167-168.
  105. Bataille et Klossowski 1985, p. 168 ; 171 ; 334-336
  106. « Un pré situé au-dessus des ponts de Nantes », dans l'île formée par la Loire et le bras de la Madeleine, où s'éleva l'Hôtel-Dieu entre 1642 et 1663 (Matei Cazacu, op. cit., 2005, p. 172-173).
  107. Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France, édition établie par Auguste Vallet de Viriville, tome II, Paris, Pierre Jannet, 1858, p. 6.
  108. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, tome 5, Paris, Chez Mme veuve Jules Renouard, 1861, p. 426.
  109. Selon une citation (sans source) reproduite dans le Grand Larousse de 1867, des reliques du seigneur de Rais auraient été prélevées à la suite de son exécution : « Aucunes [dames et damoiselles de son lignage] furent prendre des ossements du bon sire et les conservèrent pieusement, en souvenir de son grant repentir » (Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Librairie classique Larousse, 1867, tome 2, p. 214). L'abbé Eugène Bossard attribue la citation à Jean Chartier (Bossard, op. cit., 1886, p. 340) ; toutefois, ce passage n'apparaît nulle part dans la Chronique de Charles VII, roi de France (suivant l'édition établie par Auguste Vallet de Viriville en 1858). Émile Gabory juge la conservation de telles reliques bien peu vraisemblable puisque le cadavre fut préservé du feu (Émile Gabory, La Vie et la mort de Gilles de Raiz (dit, à tort, "Barbebleue"), 1926, p. 202).
  110. De 1439 à 1441, Geoffroy Le Ferron a exercé les fonctions de trésorier et receveur général du duc Jean V de Bretagne, « après l'avoir puissamment aidé à dépouiller Gilles de Retz » (Jean Kerhervé, L'État breton aux XIVe et XVe siècles : les ducs, l'argent et les hommes, tome I, Paris, Éditions Maloine, 1987, p. 155). Le Ferron a ainsi acquis Saint-Étienne-de-Mer-Morte, terre que Gilles tente de se réapproprier par la force en commettant le sacrilège de la mi-mai 1440 (Bourdeaut 1924, p. 111-112). En 1443, Le Ferron fait carrière à la cour royale comme trésorier de France et conseiller du roi Charles VII (Jean Kerhervé, « Une famille d'officiers de finances bretons au XVe siècle : les Thomas de Nantes », in Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, tome 83, numéro 1, 1976, note 70, p. 22).
  111. Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France, édition établie par Paul Guérin et Léonce Celier, t. VIII, Poitiers, 1898, p. 477.
  112. Charles Petit-Dutaillis, Bibliothèque de l'école des chartes, 1904, t. 65, p. 423
  113. Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France, édition établie par Paul Guérin et Léonce Celier, t. VIII, Poitiers, 1898, p. 354-355, note 1
  114. Michel Meurger, Gilles de Rais et la littérature, Terre de brume, 2003, p. 48.
  115. Bataille et Klossowski 1985, p. 243.
  116. Michel Hérubel, Gilles de Rais et le déclin du Moyen Âge, Perrin, 1982, p. 43-44.
  117. Michel Hérubel, Gilles de Rais ou la fin d'un monde, Jean Picollec, 1993, p. 116.
  118. Cazacu, op. cit., 2005, note 34 p. 340.
  119. Bertrand d'Argentré, Histoire de Bretaigne, Livre dixième, p. 897 ; Michel Meurger relève que dans cet ouvrage, « le Gilles de Rais judiciaire, homme sans visage, insaisissable à la psychologie historique, acquiert un corps et un esprit. » (Meurger, op. cit., 2003, p. 48).
  120. « C'était, dit-on, un seigneur "de bon entendement, belle personne et de bonne façon, " » (Jules Michelet, Histoire de France, tome V, 1841, p. 210). Souligné par Michel Meurger, op. cit., 2003, p. 125.
  121. Auguste Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, tome II, 1863, p. 412.
  122. Paul Lacroix (alias « le bibliophile Jacob »), « Le maréchal de Rays », in Curiosités de l'histoire de France, 1858, p. 53, [lire en ligne]. Souligné par Michel Meurger, op. cit., 2003, p. 131.
  123. Michel Meurger, op. cit., 2003, p. 131. Gilles de Rais correspond physiquement à cet amalgame entre les figures historique et mythique dans la série de bande dessinée Jhen écrite par Jacques Martin, où le dessinateur Jean Pleyers représente l'ogre de Tiffauges avec une chevelure claire en vue d'accentuer le contraste avec sa barbe noire, selon la description romanesque de Paul Lacroix.
  124. Michel Meurger, op. cit., 2003, p. 131.
  125. Dom Bernard de Montfaucon, Les monumens de la monarchie françoise, qui comprennent l'histoire de France, avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées, Paris, chez Julien-Michel Gandouin et Pierre-François Giffart, 1731, tome III, p. 278, planche LVIII.
  126. Bossard, op. cit. 1886, note 1 p. 348, [lire en ligne].
  127. Dom Bernard de Montfaucon, op. cit., 1731, tome III, p. 277.
  128. http://www.calames.abes.fr/pub/#details?id=D01040663
  129. Registre contenant plusieurs procès criminels faicts aux plus grands seigneurs et autres plus qualifiés de ce royaume, despuis les roys de la première lignée, avec les informations, responses des accusés, arrests et autres procedeures intervenues au jugement d'iceux. — Le tout extraict des registres du conseil, des parlemens du royaume et autres actes publics, par M. Jean Bouhier, conseiller au parlement de Dijon (avec quelques additions faites depuis), [lire en ligne].
  130. Charles des Guerrois, Le Président Bouhier, sa vie, ses ouvrages, et sa bibliothèque, 1855, p. 179-180.
  131. Parmi les copies du procès de Gilles de Rais, une dizaine est conservée au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, dont le manuscrit français 5772 : Recueil de plusieurs procez criminels qui ne sont point imprimez, (s.l.n.d.), [lire en ligne].
  132. D'après l'écrivain Fernand Fleuret (alias Ludovico Hernandez), la miniature aurait été « copiée par les soins du président Bouhier » et sa copie du procès civil aurait été collationnée sur une autre copie datée de 1530, à savoir le manuscrit 1 AP 585 conservé aux Archives nationales. Dans sa nomenclature des manuscrits, Fleuret considère le manuscrit 1 AP 585 des Archives nationales (que l'abbé Bossard et lui dénomment « le manuscrit de Thouars ») comme la plus ancienne copie existante du procès civil. Cf. Ludovico Hernandez, Le Procès inquisitorial de Gilles de Rais (Barbe-Bleue), maréchal de France, avec un essai de réhabilitation, Paris, Bibliothèque des curieux, 1921, XCV-XCVIII, [lire en ligne]. Toutefois, l'historien Olivier Bouzy souligne la confusion qui existe chez Fleuret, entre autres auteurs, au sujet de la datation des copies des procès civil et canonique. Cf. Bouzy, « Le Procès de Gilles de Rais. Preuve juridique et "exemplum" », in Connaissance de Jeanne d'Arc, bulletin n° 26, Chinon, janvier 1997, p. 40-45, [lire en ligne].
  133. La date de 1530 est indiquée dans la fiche de l'image Exécution de Gilles de Rais (gibet et bûcher). Armes du président Bouhier (cliché coté RC-A-03432), Banque d'images de la Bibliothèque nationale de France (BnF).
  134. Ludovico Hernandez, op. cit., 1921, XCVI, [lire en ligne].
  135. Michel Meurger, op. cit., 2003, p. 107, note 19 p. 117.
  136. Cazacu, op. cit., 2005, p. 102-104.
  137. Gérard Gros (éd.), Mystère du siège d'Orléans, Le Livre de Poche, collection « Lettres gothiques », 2002, vers 11151-11161, p. 708-711.
  138. Gérard Gros, « Le Seigneur de Rais et Jeanne : étude sur une relation, d'après le Mistère du siège d'Orléans » in Images de Jeanne d'Arc (Actes du colloque de Rouen, 25, 26, 27 mai 1999), textes recueillis par Jean Maurice et Daniel Couty, Paris, Presses universitaires de France, 2000, p. 117-126.
  139. Michel Rousse, « Le Mystère d'Orléans », in Cahiers Gilles de Rais, no 3, mai 1993, Nantes, Éditions Joca Seria, p. 27-31.
  140. Cazacu, op. cit., 2005, p. 146.
  141. Cazacu, op. cit., 2005, note 57 p. 331-332.
  142. « Gilles de Rais », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition], p.471.
  143. Michelet, Histoire de France, tome 5, Paris, Librairie classique et élémentaire de Louis Hachette, 1841, p. 211.
  144. Michelet orthographie « Étienne Corillant » (Jules Michelet, op. cit., 1841, p. 211).
  145. « (...) on voit qu'il [Michelet] a été induit en erreur, ou par une lecture trop rapide du manuscrit, ou, ce qui est plus probable, par le récit d'un historien mal informé. », Bossard, op. cit., 1886, note 1 p. 176.
  146. Bataille et Klossowski 1985, p. 274 ; 278 ; 286.
  147. Antoine Eugène Genoud, Histoire de France, 1844-1848.
  148. Henri Martin, Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789, Paris, Furne libraire-éditeur, 1855, tome 6, p. 397.
  149. Victor Adolphe Malte-Brun, La France illustrée : géographie, histoire, administration, statistique, tome 3, Paris, Jules Rouff, 1882, p. 19-20.
  150. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Librairie classique Larousse, 1867, tome 2, p. 214.
  151. Barbe Bleue à La Suze.
  152. Pitre-Chevalier, La Bretagne ancienne et moderne, Paris, W. Coquebert, 1844, p. 481.
  153. Bossard, op. cit., 1886, p. 211).
  154. Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations et sur les principaux faits de l'histoire depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII, 1756 ; édition consultée : Œuvres complètes de Voltaire, tome 10, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1893, p. 462.
  155. Débat entre Salomon Reinach et Noël Valois, « Séance du 13 janvier 1905 », in Académie des inscriptions et belles-lettres, Comptes rendus des séances de l'année 1905. Bulletin de janvier-février, Paris, Alphonse Picard et fils éditeurs, 1905, p. 11. Repris en annexe dans Salomon Reinach, « Gilles de Rais », in Cultes, mythes et religions, tome IV, Paris, Ernest Leroux Éditeur, 1912, p. 291, [lire en ligne].
  156. Plaidoirie de Jean-Yves Gœau-Brisonnière dans Gilbert Prouteau, Gilles de Rais ou la gueule du loup, Monaco, Éditions du Rocher, 1992, p. 250.
  157. Pierre Savy, « Le Procès dans l'histoire, l'histoire dans le Procès », in Laurent Ferri et Christophe Gauthier (dir.), L'Histoire bataille. Actes de la journée d'études consacrée à Georges Bataille (Paris, 7 décembre 2002), Paris, École des chartes, collection « Études et rencontres de l'École des chartes », 2006, p. 87-88.
  158. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur…, 3e édition, Paris, A. Jombert jeune, 1783-1787, 3 vol. , 2, 1784, p. 908 ; édition consultée : ibid, Tome 13, Paris, Valade, 1818, p. 228.
  159. Dans sa « confession hors jugement », indépendante des procédures ecclésiastique et séculière, Gilles de Rais affirme avoir commis ses crimes « suivant son imagination et sa pensée, sans le conseil de personne, et selon son propre sens, seulement pour son plaisir et sa délectation charnelle, et non pour quelque autre intention ou quelque autre fin » (Bataille et Klossowski, 1985, p. 165 ; 238-239).
  160. Pierre Savy, op. cit., 2006, p. 87-88.
  161. « Séance du 13 janvier 1905 », in Académie des inscriptions et belles-lettres, Comptes rendus des séances de l'année 1905. Bulletin de janvier-février, Paris, Alphonse Picard et fils éditeurs, 1905, p. 11-14.
  162. Hervé Duchêne, « Notes complémentaires », in Salomon Reinach, Cultes, mythes et religions, Robert Laffont, collection « Bouquins », 1996, p. 1210.
  163. Gilbert Prouteau, op. cit., 1992, p. 15-27.
  164. a et b Gilbert Prouteau, op. cit., 1992, p. 27.
  165. Gilbert Prouteau, op. cit., 1992, p. 191-193.
  166. « Le bâtonnier Albert Brunois, un ex-ministre de la justice (Michel Crépeau), un ex-ministre de la culture (Jean-Philippe Lecat), le biologiste Henri Laborit, un parlementaire, des juristes… » (Alain Jost, Gilles de Rais, Éditions Marabout, collection « Histoire et mystères », 1995, p. 161). Jean-Pierre Bayard mentionne également André Chandernagor (Jean-Pierre Bayard, Plaidoyer pour Gilles de Rais, Éditions du Soleil natal, 1992, p. 223).
  167. Jean Kerhervé, « L'histoire ou le roman ? », in Le Peuple breton, n° 347, novembre 1992, p. 6-8 ; Jean Kerhervé, « Gilles de Rais, de Gilbert Prouteau, ou le « Naufrage de L'Histoire » », in Bulletin de l'Association Bretonne, n° 120, 1992.
  168. Olivier Bouzy, « La réhabilitation de Gilles de Rais, canular ou trucage ? », in Connaissance de Jeanne d'Arc, bulletin n° 22, Chinon, 1993, p. 17, [lire en ligne].
  169. Alain Jost, Gilles de Rais, 1995, p. 151-161.
  170. Salomon Reinach, « Gilles de Rais », in Cultes, mythes et religions, 1912, p. 273-274, [lire en ligne].
  171. Gilbert Prouteau, op. cit., 1992, p. 191.
  172. Jean-Marie Parent, Roger Facon, Gilles de Rais et Jacques Cœur. La conspiration des innocents, Éditions Robert Laffont, collection « Les Énigmes de l'univers », 1984 ; Roger Facon, Moi, Gilles de Rais, Institut francophone pour le développement des cultures régionales (I.F.D.C.R.), « Les cahiers Ker-Ys », 1988.
  173. Olivier Bouzy, « La réhabilitation de Gilles de Rais, canular ou trucage ? », 1993, p. 17-25, [lire en ligne].
  174. Alain Jost, op. cit., 1995, p. 154.
  175. Jacques Heers, op. cit., 1994, p. 10.
  176. Michel Meurger, op. cit., 2003, p. 14.
  177. Matei Cazacu, op. cit., 2005, p. 184.
  178. Jean Kerhervé, « L'histoire ou le roman ? », in Le Peuple breton, n° 347, , novembre 1992, p. 6-8. Ce texte a été repris sous le titre : « Gilles de Rais, de Gilbert Prouteau, ou le "Naufrage de L'Histoire" », in Bulletin de l'Association Bretonne, n° 120, 1992.
  179. Olivier Bouzy, « La réhabilitation de Gilles de Rais, canular ou trucage ? », in Connaissance de Jeanne d'Arc, bulletin n° 22, Chinon, 1993, p. 17-25, [lire en ligne].
  180. Jean Kerhervé pointe le fait que Gilbert Prouteau confond constamment les archives de la Loire-Atlantique (où les minutes originales sont conservées) et la médiathèque de Nantes, où ne sont conservées que des copies. L'historien souligne également que Prouteau qualifie les archives en moyen français de « galimatias » (Prouteau, op. cit., 1992, p. 162) en sus de « déforme[r] allègrement les genres et les cas » lorsqu'il recopie des formules latines (Prouteau, op. cit., 1992, p. 32 ; 185 ; 225). Cf. Jean Kerhervé, op. cit., novembre 1992, p. 7.
  181. Jean Kerhervé, op. cit., novembre 1992, p. 8.
  182. Olivier Bouzy, op. cit., 1993, p. 17-25, [lire en ligne].
  183. Alain Jost, op. cit., 1995, p. 160.
  184. Dans un article du Soir, le journaliste Jacques Cordy reprend ainsi les inventions de Prouteau et Goëau-Brissonnière, notamment le chiffre des 800 victimes prétendument revendiquées par Gilles de Rais (« Cinq siècles après la condamnation de Gilles de Rais lors d'une parodie de procès, Barbe Bleue en appel devant un jury d'honneur », in Le Soir, lundi 9 novembre 1992, p. 12, [lire en ligne]).
  185. Préalablement à sa parution, Gilles de Rais ou la Gueule du loup (annoncé sous le titre L'Ombre d'un doute) a bénéficié d'une couverture médiatique grâce à un article du Nouvel Observateur, où le journaliste François Caviglioli reprend la trame et les inventions du roman de Prouteau tout en qualifiant ce dernier d'« historien » (François Caviglioli, « Victime en 1440 du premier procès stalinien de l'histoire ? Justice pour Barbe-Bleue ! », in Le Nouvel Observateur, 12-18 décembre 1991, p. 88-89).
  186. « Barbe-Bleue rejugé », dépêche de l'AFP, jeudi 18 juin 1992, [lire en ligne]).
  187. Cazacu, op. cit., 2005, p. 9.
  188. Alain Jost, op. cit., 1995, p. 152.
  189. Gilbert Prouteau, Je passe aux aveux ! Entretiens avec Xavier Armange, Éditions d'Orbestier, 2002.
  190. Gilbert Philippe, « L'écrivain Gilbert Prouteau s'est éteint à 95 ans - Vendée », in Ouest-France, vendredi 03 août 2012.
  191. Jean de Raigniac, compte rendu du Roman de la Vendée de Gilbert Prouteau, in Lire en Vendée, juin-décembre 2010, p. 5.
  192. Jean-Pierre Bayard, op. cit., Éditions du Soleil natal, 1992, p. 9.
  193. Jean-Pierre Bayard, op. cit., 1992, p. 224.
  194. Jean-Pierre Bayard, Plaidoyer pour Gilles de Rais, Éditions Dualpha, collection « Vérités pour l'Histoire », 2007.
  195. Présentation du n° 132 de la revue Points de Vue Initiatiques, site de la Grande Loge de France.
  196. Bataille et Klossowski 1985, p. 55.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Georges Bataille et Pierre Klossowski, Procès de Gilles de Rais. Documents précédés d'une introduction de Georges Bataille, Société nouvelle des éditions Pauvert,‎ 1985 (1re éd. 1959), 338 p. (ISBN 2-7202-0177-4).
  • « Contrat de mariage entre Gilles Sire de Rais & Dame Beatrix de Rohan », in Dom Hyacinthe Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, tirés des archives de cette province, de celles de France et d'Angleterre, des Recueils de plusieurs sçavans Antiquaires, tome II, 1744, colonnes 975-976, [lire en ligne] ; « Mémoires des héritiers de Gilles de Raiz pour prouver sa prodigalité », in ibid, colonnes 1336-1342, [lire en ligne].
  • Paul Marchegay (éd.), Cartulaire des sires de Rays, notice, tables analytique et alphabétique, choix de documents, liste des sires de Rays, Paris, J. Techener, in-8, 1857, 96 p., [lire en ligne], [compte-rendu en ligne].
  • René Blanchard (éd.), Cartulaire des sires de Rays... 1160-1449, coll. « Archives historiques du Poitou », (tome XXVIII, tome XXX), in-8, Poitiers, Société française d'imprimerie et de librairie, 1898-1899.
  • Gérard Gros (éd.), Mystère du siège d'Orléans, Le Livre de Poche, coll. « Lettres gothiques », 2002, 1056 p.
  • Louis de La Trémoïlle (éd.), Les La Trémoïlle pendant cinq siècles. Tome Ier. Guy VI et Georges (1343-1446), Nantes, Émile Grimaud éditeur-imprimeur, 1890, [lire en ligne].
  • Arthur Bertrand de Broussillon, Paul de Farcy (éd.), La maison de Laval, 1020-1605. Étude historique accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré. Tome III. Les Montfort-Laval, 1412-1501, Paris, Alphonse Picard et Fils, 1900, [lire en ligne].
  • Jean de Bueil, Le Jouvencel, suivi du commentaire de Guillaume Tringant, introduction biographique et littéraire par Camille Favre, texte établi et annoté par Léon Lecestre, Paris, Librairie Renouard, tome I, tome II, 1887-1889.
  • Paul Guérin et Léonce Celier (éd.), Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France, t. VIII, Société des archives historiques du Poitou, Poitiers, Typographie Oudin et Cie, 1898, [lire en ligne], [compte-rendu en ligne].

Travaux historiques, essais, articles[modifier | modifier le code]

  • Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne. Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, nouvelle édition, tome 35, Paris, chez Madame C. Desplaces, p. 470-471, [lire en ligne].
  • Jules Michelet, Histoire de France, tome 5, Paris, Librairie classique et élémentaire de Louis Hachette, 1841, p. 208-215, [lire en ligne].
  • Auguste Vallet de Viriville, « Examen critique du Mystère du siège d'Orléans », in Bibliothèque de l'école des chartes, 1864, t. 25, p. 1-17, [lire en ligne].
  • Eugène Bossard (abbé), Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440, Paris, Honoré Champion, 1885, 2e édition : 1886, [lire en ligne]. Rééditions (amputées de l'édition critique des minutes en latin du procès, établie par le chartiste René de Maulde) : Grenoble, Éditions Jérôme Millon, postface de François Angelier, 1992 et 1997, 336 p., (ISBN 2-905614-72-2).
  • Lucien Merlet, « Catherine de Thouars, femme de Gilles de Retz (1404-1462) », in Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, 35e année, tome V, janvier 1891, p. 93-111, [lire en ligne].
  • Ambroise Ledru (abbé), « Gilles de Rais dit Barbe-Bleue, maréchal de France. Sa jeunesse, 1404-1424 », in L'union historique et littéraire du Maine, tome Ier, Le Mans, Imprimerie librairie Leguicheux, 1893, p. 270-284.
  • Noël Valois, « Le procès de Gilles de Rais », in Annuaire-bulletin de la Société de l'histoire de France, tome LIX, Paris, Librairie Renouard, 1912, p. 193-239, [lire en ligne].
  • Arthur Bourdeaut (abbé), « Chantocé, Gilles de Rays et les ducs de Bretagne », Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, Rennes, Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. V, Première partie,‎ 1924, p. 41-150 (lire en ligne).
  • Émile Gabory, La Vie et la mort de Gilles de Raiz (dit, à tort, "Barbebleue"), Paris, Librairie académique Perrin et Cie, coll. « Énigmes et drames judiciaires d'autrefois », 1926, 244 p.
  • Roland Villeneuve, Gilles de Rays. Une grande figure diabolique, Paris, Denoël, coll. « La Tour Saint Jacques », 1955, 288 p. Rééditions : Verviers, Gérard, coll. « Marabout - Univers secrets », 1973, 248 p., puis Genève, Crémille, coll. « Les personnages maudits de l'histoire », 1989, 361 p.
  • Michel Bataille, Gilles de Rais suivi de Gilles de Rais, Jeanne d'Arc et ses compagnons par Jean Pesez, Paris, Club des amis du livre / Éditions Planète, 1966, 312 p. Rééditions : Éditions Pygmalion, 1976, puis 1997, (ISBN 2-85704-030-X).
  • Jacques Bressler, Gilles de Rais ou La passion du défi, Payot, 1981, 211 p., (ISBN 2-228-70290-0).
  • Michel Hérubel, Gilles de Rais et le déclin du Moyen Âge, Paris, Librairie académique Perrin, 1982, 384 p., (ISBN 2-262-00247-9).
  • Philippe Reliquet, Le Moyen Âge : Gilles de Rais. Maréchal, monstre et martyr, Paris, Belfond, 1982, 288 p., (ISBN 2-7144-1463-X).
  • Georges Peyronnet, « Les complots de Louis d'Amboise contre Charles VII (1428-1431). Un aspect des rivalités entre lignages féodaux en France au temps de Jeanne d'Arc », in Bibliothèque de l'école des chartes, t. 142, 1re livraison, Paris / Genève, Librairie Droz, janvier-juin 1984, p. 115-135, [lire en ligne].
  • René Cintré, « Un exemple de contestation péagère au XVe siècle. Le péage de Champtocé sur Loire, d'après le procès de 1412-1414 », in Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1985, vol. 92, no 92-1, p. 13-25, [lire en ligne].
  • Pierre Boutin, Pierre Chalumeau, François Macé, Georges Peyronnet, Gilles de Rais, Nantes, Centre national de documentation pédagogique (CNDP) et Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de l'Académie de Nantes, 1988, 158 p., (ISBN 2-86628-074-1).
  • Jacques Chiffoleau, « Dire l'indicible. Remarques sur la catégorie du nefandum du XIIe au XVe siècle », in Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 45e année, no 2, mars-avril 1990, p. 289-324, [lire en ligne].
  • Alain Gérard, « L'énigme Gilles de Rais », in Revue 303, no 35, 1992, p. 52-59, [lire en ligne].
  • Jean Kerhervé, « L'histoire ou le roman ? », in Le Peuple breton, no 347, novembre 1992, p. 6-8. Repris sous le titre : « Gilles de Rais, de Gilbert Prouteau, ou le "Naufrage de L'Histoire" », in Bulletin de l'Association Bretonne, no 120, 1992.
  • Michel Hérubel, Gilles de Rais ou la fin d'un monde, 336 p., Paris, Éditions Jean Picollec, 1993, (ISBN 2-86477-120-9).
  • Alain Jost, Gilles de Rais, Éditions Marabout, coll. « Histoire et mystères », 1995, 260 p., (ISBN 2-501-02230-0).
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, 4 tomes, Nantes, Éditions Joca Seria, juin 1992-novembre 1993.
  • Olivier Bouzy, « La réhabilitation de Gilles de Rais, canular ou trucage ? », in Connaissance de Jeanne d'Arc, bulletin no 22, Chinon, 1993, p. 17-25, [lire en ligne].
  • Jacques Heers, Gilles de Rais, Paris, Éditions Perrin, coll. « Vérités et légendes », 1994, 252 p., (ISBN 2-262-01066-8). Réédition : Perrin, coll. « Tempus », 2005, (ISBN 2-262-02326-3).
  • Olivier Bouzy, « Le Procès de Gilles de Rais. Preuve juridique et "exemplum" », in Connaissance de Jeanne d’Arc, bulletin no 26, Chinon, janvier 1997, p. 40-45, [lire en ligne].
  • Jacques Chiffoleau, « Gilles de Rais, un serial killer pédophile ? Note sur les lectures d'un procès célèbre depuis 1440 et sur son actualité supposée », in Actes du colloque sur la pédophilie organisé par le tribunal de grande instance de Créteil (décembre 1997), Paris, 1998.
  • Gérard Gros, « Le Seigneur de Rais et Jeanne : étude sur une relation, d'après le Mistère du siège d'Orléans », in Jean Maurice et Daniel Couty (dir.), Images de Jeanne d'Arc. Actes du colloque de Rouen, 25, 26, 27 mai 1999, Paris, Presses universitaires de France, 2000, p. 117-126.
  • (en) Val Morgan, The Legend of Gilles de Rais (1404-1440) in the Writings of Huysmans, Bataille, Planchon, and Tournier, Edwin Mellen Press, 2003.
  • Michel Meurger, Gilles de Rais et la littérature, Rennes, Éditions Terre de brume, coll. « Terres fantastiques », 2003, 237 p., (ISBN 2-84362-149-6).
  • Matei Cazacu, Gilles de Rais, Paris, Tallandier, 2005, 384 p., (ISBN 2-84734-227-3). Réédition : Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2012, 387 p., (ISBN 978-2-84734-896-5)).
  • Pierre Savy, « Le Procès dans l'histoire, l'histoire dans le Procès », in Laurent Ferri et Christophe Gauthier (dir.), L'Histoire bataille. L'écriture de l'histoire dans l'œuvre de Georges Bataille. Actes de la journée d'études consacrée à Georges Bataille (Paris, 7 décembre 2002), Paris, École des chartes, coll. « Études et rencontres de l'École des chartes », 2006, p. 85-98.
  • Olivier Guyotjeannin, « Entre histoire et document : les annales de la vie criminelle de Gilles de Rais », in Laurent Ferri et Christophe Gauthier (dir.), L'Histoire bataille. L'écriture de l'histoire dans l'œuvre de Georges Bataille. Actes de la journée d'études consacrée à Georges Bataille (Paris, 7 décembre 2002), Paris, École des chartes, coll. « Études et rencontres de l'École des chartes », 2006, p. 99-106.
  • Jean-Pierre Le Bouler, « Georges Bataille, le Moyen Âge et la chevalerie. De la thèse d'École des chartes (1922) au Procès de Gilles de Rais (1959) », in Bibliothèque de l'école des chartes, t. 164, 2e livraison, Paris / Genève, Librairie Droz, juillet-décembre 2006, p. 539-560, [lire en ligne].
  • Jacques Chiffoleau, « Gilles de Rais, ogre ou serial killer ? », in L'Histoire no 335, octobre 2008, p. 8-16.
  • (en) Ben Parsons, « Sympathy for the Devil : Gilles de Rais and His Modern Apologists », in Barbara I. Gusick, Matthew Z. Heintzelman (dir.), Fifteenth-Century Studies, vol. 37, 2012, p. 113-137.

Littérature et essais consacrés à la réhabilitation de Gilles de Rais[modifier | modifier le code]

  • Salomon Reinach, « Gilles de Rais », in Revue de l'université de Bruxelles, décembre 1904, X, p. 161-182, repris dans Cultes, mythes et religions, tome IV, Paris, Ernest Leroux Éditeur, 1912, p. 267-299, [lire en ligne]. Réédition : Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1996, p. 1026-1042, (ISBN 2-221-07348-7).
  • Louis Perceau et Fernand Fleuret (alias Ludovico Hernandez), Le Procès inquisitorial de Gilles de Rais (Barbe-Bleue), maréchal de France, avec un essai de réhabilitation, Paris, Bibliothèque des curieux, 1921, 210 p., [lire en ligne], [compte-rendu en ligne].
  • Fernand Fleuret, De Gilles de Rais à Guillaume Apollinaire, Paris, Mercure de France, 1933, 302 p. (chap.  « Gilles de Rais », p. 5-86).
  • Edmond Coarer-Kalondan, La scandaleuse affaire Gilles de Retz, Éditions du Scorpion, 1961, 192 p.
  • Jean-Marie Parent, Roger Facon, Gilles de Rais et Jacques Cœur. La conspiration des innocents, Éditions Robert Laffont, coll. « Les Énigmes de l'univers », 1984, (ISBN 2-221-04300-6).
  • Roger Facon, Moi, Gilles de Rais, Institut francophone pour le développement des cultures régionales (I.F.D.C.R.), « Les cahiers Ker-Ys », 1988, 242 p.
  • Gilbert Prouteau, Gilles de Rais ou la gueule du loup, Monaco, Éditions du Rocher, 1992, 286 p., (ISBN 2-268-01322-7).
  • Jean-Pierre Bayard, Plaidoyer pour Gilles de Rais, maréchal de France, 1404-1440, Éditions du Soleil natal, 1992, 257 p., (ISBN 2-905270-50-0).

Littérature, théâtre[modifier | modifier le code]

  • Hippolyte Bonnellier, Raiz, 2 vol., Paris, Alardin, 1834.
  • Paul Lacroix (alias le bibliophile Jacob), « Le maréchal de Rays », in Curiosités de l'histoire de France, Paris, A. Delahays, 1858, p. 1-119, [lire en ligne].
  • Émilie Carpentier, Mémoires de Barbe-Bleue, Paris, J. Vermot, 1865. Réédition sous le titre Les Prisonniers de Tiffauges, Paris, A. Hatier, 1892.
  • Alexandre Bessot de Lamothe, Les Mystères de Machecoul, Paris, Ch. Blériot, 1871.
  • Joris-Karl Huysmans, Là-bas, 1891. Réédition : LGF - Le Livre de Poche, 1988, 412 p., (ISBN 2-253-04617-5).
  • Joris-Karl Huysmans, La magie en Poitou. Gilles de Rais, 1899. Réédition : Gilles de Rais. La Magie en Poitou suivi de deux documents inédits, Éditions Mille et une Nuits, coll. « La petite collection », 2007.
  • Blaise Cendrars, Films sans images. Serajevo. Gilles de Rais. Le Divin Arétin (recueil de pièces radiophoniques), Paris, Denoël, 1959.
  • Georges Bordonove, Requiem pour Gilles, Paris, Julliard, 1961, 246 p.
  • Raymond Queneau, Les Fleurs bleues, Paris, Gallimard, 1965, 278 p.
  • Roger Planchon, Gilles de Rais. L'infâme, Gallimard, coll. « Le manteau d'Arlequin », 1975.
  • Michel Tournier, Gilles et Jeanne, Gallimard, 1983. Réédition, 1986, (ISBN 2-07-037707-5).
  • Mireille Rosello, L'Indifférence chez Michel Tournier, José Corti.
  • Martine Le Coz, Gilles de Rais ou la confession imaginaire, Seuil, 1989.
  • Martine Le Coz, Gilles de Rais, ignoble et chrétien, Éditions Opéra, 1995, 143 p., (ISBN 2-908068-41-9).
  • Hugo Claus, Gilles et la nuit (monologue théâtral), Calmann-Levy, 1995, 80 p., (ISBN 2-7021-2401-1).
  • Hubert Lampo, Le Diable et la Pucelle, Presses universitaires du Septentrion, 2002, 163 p., (ISBN 2-85939-765-5).
  • Pierre Combescot, Pour mon plaisir et ma délectation charnelle, Éditions Grasset, 2009, 188 p., (ISBN 978-2-246-63101-9).
  • Michel Peyramaure, Les roses de fer, Tome 3, Robert Laffont, 1981, 440 p., (ISBN 9782221006818).

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

  • La Passion de Gilles, opéra de Boesmans et Mertens, première mondiale à Bruxelles au Théâtre Royal de la Monnaie.
  • Gilles de Retz, premier opéra de Paul Ladmirault qu'il écrivit alors qu'il était encore lycéen, représenté en 1893.
  • Le Tombeau de Gilles de Rais, oratorio scénique composé par Edith Canat de Chizy (1993).
  • La chanson Into the Crypts of Rays de Celtic Frost, sur l'album Morbid Tales (1984).
  • Album Godspeed On The Devil's Thunder du groupe anglais de black metal Cradle of Filth (2008).
  • La chanson Gilles de Rais, premier titre de l'album A heart full of sorrow de Yussuf Jerusalem (2009).

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Gilles de Rais apparaît en tant qu'ami du rôle-titre dans la plupart des albums de la série Jhen, parue chez Casterman et dessinée par Jean Pleyers sur des scénarios de Jacques Martin.
  • Gilles de Rais fait de brèves apparitions dans Jehanne au pied du mur, bande dessinée humoristique de F'Murr. Les ivrognes Gilles et Dunois tentent de brûler leur compagne de beuverie Jehanne d'Arque sur la place du marché à Rouen. Gilles assiste une première fois au sacre royal du canard Charles VII… puis au second sacre célébré après la distorsion temporelle occasionnée par la désintégration du démiurge Djeu. Gilles lorgne ensuite avec insistance le jeune Gargoylus Jr. dans une taverne. En sortant de celle-ci, le maréchal se fait acclamer par deux passants (« Vive Gilles de Rais, protecteur de nos z'enfants ! »). Gilles disparaît alors de l'histoire, bien qu'il ait promis à Jehanne d'Arque de venir la rejoindre auprès d'Attila le Hun, jugeant ce dernier « sympathique ».
  • Dans l'album Les Helvétiques de Hugo Pratt, Gilles de Rais est convoqué par le diable pour siéger aux côtés de Jeanne d'Arc (« la télégraphiste de Dieu ») comme juré au procès de Corto Maltese. Évoquant la probabilité d'une « histoire fausse », Satan semble douter de la crédibilité des crimes du maréchal.
  • Jehanne, bande dessinée érotique de Paul Gillon en deux tomes : La sève et le sang, La Pucelle, L'écho des savanes / Albin Michel.
  • Gilles de Rais apparaît aussi dans le manga de Hirano Kouta Drifter
  • Gilles de Rais est aussi un personnage récurrent du manga de Madoka Takadono et Utako Yukihiro Devils and Realist

Cinéma[modifier | modifier le code]

Gilles de Rais apparaît en tant que compagnon de guerre de Jeanne d'Arc dans un certain nombre de films dédiés à la Pucelle.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Gilles de Rais apparaît sous la forme du personnage Caster dans la série animée Fate/Zero, tirées des romans du même nom, et pré-quelle des jeu vidéo et mangas Fate/stay night.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

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Guy II de Laval-Rais
Blason Gilles de Rais.svg
baron de Retz
(1415-1440)
Marie de Rais