Gilles de Rais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rais.
Gilles de Rais
baron de Retz
Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Maréchal de France (1404-1440). Huile sur toile exposée dans la galerie des maréchaux de France, château de Versailles(vue d'artiste par Éloi Firmin Féron, 1835).
Gilles de Laval, sire de Rais, compagnon de Jeanne d'Arc, Maréchal de France (1404-1440). Huile sur toile exposée dans la galerie des maréchaux de France, château de Versailles
(vue d'artiste par Éloi Firmin Féron, 1835).

Naissance vers 1405
château de Champtocé-sur-Loire
Décès (à 35 ans)
Nantes
Origine Duché d'Anjou
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du duché de Bretagne Duché de Bretagne
Dignité d'État Maréchal de France
Années de service 14201436
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Siège d'Orléans
Bataille de Jargeau
Bataille de Patay
Autres fonctions baron de Retz
seigneur de Machecoul
seigneur de La Bénate (en Corcoué-sur-Logne)
seigneur du Coutumier (en Bois-de-Céné)
seigneur de Bourgneuf-(en-Retz)
seigneur de (l'île de) Bouin
seigneur de Saint-Étienne-de-Mer-Morte
seigneur de Pornic
seigneur de Princé (en Chéméré)
seigneur de Vue
seigneur de Tiffauges
seigneur de Pouzauges
seigneur de Champtocé(-sur-Loire)
seigneur d'Ingrandes
Famille Maison de Montmorency-Laval
Maison de Laval
Maison de Montmorency
Signature
Gilles-de-rais-signature.jpg

Emblème

Gilles de Montmorency-Laval, plus connu sous le nom de Gilles de Rais (ou, selon la graphie contemporaine, Gilles de Retz[n 1]) en référence à son titre de baron de Retz, né au château de Champtocé-sur-Loire à une date inconnue (au plus tôt durant l'année 1405, peut-être vers le )[1], mort le à Nantes, est un chevalier et seigneur de Bretagne, d'Anjou, du Poitou, du Maine et d'Angoumois[2].

Durant la guerre de Cent Ans, il se rallie au camp du roi Charles VII et du grand chambellan Georges Ier de La Trémoille, son propre cousin et allié. Gilles de Rais est ainsi amené à combattre les Anglais aux côtés de Jeanne d'Arc. Au cours de ces campagnes militaires, il est promu maréchal de France le jour du sacre royal de Reims ().

Après la mort de son grand-père Jean de Craon en 1432 et la disgrâce de son cousin Georges de La Trémoille en 1433, le maréchal de Rais se retire progressivement de la guerre contre les Anglais et leurs alliés bourguignons. Il se voit accusé par sa famille, et notamment par son frère cadet René de La Suze, de dilapider son patrimoine en aliénant ses terres au plus offrant afin de pallier ses fastueuses dépenses.

En octobre 1440, Gilles de Rais est condamné dans le duché de Bretagne par l'officialité de Nantes pour hérésie, sodomie et meurtres de « cent quarante enfants, ou plus »[3] tandis qu'une cour séculière le condamne à la pendaison et au bûcher pour s'être emparé indûment du château de Saint-Étienne-de-Mer-Morte ainsi que pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants » sans précision de leur nombre[4].

Suivant une tradition orale attestée dès le XIXe siècle, un fréquent amalgame entre la figure historique du baron de Rais et le personnage mythique de « Barbe Bleue » survient dans certaines traditions folkloriques locales, des ballades, des complaintes et des contes[5].

Par la suite, depuis la progressive reconnaissance scientifique du phénomène des tueurs en série à partir de la fin du XIXe siècle, Gilles de Rais est parfois comparé à cette catégorie de criminels[n 2], voire perçu comme l'archétype[6] d'une figure médiatique contemporaine de la dangerosité, celle du pédocriminel, « pédophile confondu avec l'assassin violeur »[7].

Devenu ainsi l'incarnation d'une structure perverse intemporelle n'ayant plus qu'un lointain rapport avec la triple accusation médiévale de rébellion, de pacte avec le diable et de rapports contre-nature[8], le personnage du baron criminel investit fréquemment le champ littéraire[6].

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison[modifier | modifier le code]

Ascendance de Gilles de Rais[modifier | modifier le code]

En 1371, la maison de Rais s'éteint à la mort du dernier titulaire de la baronnie, Girard V Chabot. Sa sœur Jeanne Chabot « la Sage » († 1407) recueille son héritage[9], convoité par le duc Jean IV de Bretagne[10]. Le roi Charles V confie alors la garde du « pays [de] la dame de Rays » à un proche parent de Jeanne, Guy « Brumor » de Montmorency-Laval († après 1375)[11],[n 3]. Nonobstant, le duc de Bretagne poursuit sa politique de « centralisation personnelle »[n 4] en exigeant de Jeanne Chabot qu'elle lui cède ses domaines[n 5]. Devant le refus de celle-ci, le duc la séquestre et fait occuper militairement les places fortes de la baronnie de Rais[12], notamment la principale d'entre elles : le château de Machecoul, forteresse d'une ville considérée au XVe siècle comme l'une des « entrées et yssues du duché de Bretagne »[13]. Les ambitions territoriales de Jean IV occasionnent de longues procédures judiciaires avec Jeanne Chabot jusqu'au décès du duc le [12].

Sceau de Guy II de Laval-Rais, vers 1405-1407.
Blason de la baronnie de Retz (d'or à la croix de sable), repris par Guy II de Laval-Rais lorsqu'il devient baron de Rais.

Le , Jeanne Chabot, restée sans enfant et désireuse de régler sa succession, désigne comme son héritier le fils de Guy Brumor, Guy II de Montmorency-Laval († 1415), à la condition que ce dernier relève le nom et les armes de Rais[14],[12].

Se ravisant, Jeanne Chabot consent à une dévolution en faveur d'un autre de ses parents, Jean de Craon (vers 1355), seigneur de La Suze et de Champtocé[14],[15]. Cette décision entraîne d'importants procès entre Guy de Laval et Jean de Craon mais les deux parties parviennent finalement à un compromis, scellant leur entente par un projet de mariage entre Guy et la fille de Jean de Craon, Marie († avant octobre 1415)[16]. Deux actes datés des 5 et 17 février 1404 précisent notamment les conditions du mariage, subordonnant celui-ci à l'approbation préalable de l'accord par le parlement de Paris[17],[18],[19]. Les 24 et 25 avril 1404, Jean de Craon et Guy de Laval constituent à cet effet des procureurs chargés de soumettre leur convention à la cour souveraine de justice[20], qui homologue l'accord le 2 mai 1404. Enfin, Jeanne Chabot « la Sage » cède quatre seigneuries à Guy de Laval, moyennant une rente viagère, le 24 juillet 1404[12]. Guy de Laval et Marie de Craon s'unissent vraisemblablement à une date postérieure.

Guy de Laval devient conséquemment le nouveau baron de Retz, prenant le nom de Guy II de Laval-Rais, doyen des barons de Bretagne, titre dont héritera son fils aîné Gilles. Guy II de Montmorency-Laval hérite des seigneuries de Machecoul, de La Bénate, du Coutumier, de Bourgneuf, de Bouin, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, de Pornic, de Princé, de Vue, etc., qui forment la « baronnie de Rais », correspondant peu ou prou à l'actuel Pays de Retz.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

La tour éventrée du château de Champtocé.

Descendant des maisons de Montmorency-Laval, Craon et Retz[n 6], Gilles de Rais voit le jour « en une chambre appelée la Tour Noire » au château de Champtocé[n 7],[21], à une date inconnue. Sa naissance a été située de manière variable entre 1396 et 1407, et plus fréquemment vers la fin de l'année 1404 bien que le futur baron voit vraisemblablement le jour « au plus tôt en 1405 » en raison des délais occasionnés par les procédures juridiques qui conditionnèrent le mariage de ses parents[n 8].

Le choix du prénom « Gilles » s'explique peut-être par un hypothétique pèlerinage effectué par Guy de Laval et Marie de Craon à Saint-Gilles du Cotentin mais il ne s'agit que d'une conjecture basée sur une croyance médiévale relative à Gilles l'Ermite[22].

René, frère cadet de Gilles, naît probablement durant l'année 1414[23],[24]. À la mort de son grand-père Jean de Craon en 1432, il obtiendra la seigneurie de La Suze et sera dès lors désigné comme René de La Suze.

À la suite des décès de leur mère Marie de Craon à une date inconnue[n 9] puis de leur père Guy II de Laval-Rais fin octobre 1415 à Machecoul[25],[n 10], les jeunes frères Gilles et René sont élevés par leur grand-père maternel, Jean de Craon, seigneur de La Suze et de Champtocé. Dans son testament, Guy II de Laval-Rais désignait pourtant son beau-frère, Jean II Tournemine de la Hunaudaye, comme « gardien, tuteur, protecteur, défenseur et administrateur légitime » de ses deux fils[26],[27].

Projets matrimoniaux[modifier | modifier le code]

Le , Jean de Craon fiance son petit-fils Gilles à une riche héritière de Normandie, Jeanne Paynel, fille de Foulques IV Paynel, seigneur de Hambye et de Bricquebec. Toutefois, le Parlement de Paris interdit le mariage jusqu'à ce que Jeanne Paynel ait atteint sa majorité[28],[29],[30],[31]. Ce projet matrimonial n'aboutit pas.

Le , le seigneur de La Suze fiance le jeune baron à Béatrice de Rohan, fille d'Alain IX de Rohan et de Marguerite de Bretagne, et nièce du duc Jean V de Bretagne[32],[33]. Le contrat, daté de Vannes, n'a pas de suite pour une raison indéterminée[34],[35],[n 11].

Gilles de Rais finit par se fiancer avec sa cousine Catherine de Thouars[36], fille de Miles II de Thouars[n 12] et de Béatrice de Montjean. Outre l'obstacle posé par la consanguinité de Gilles et Catherine[n 13], des litiges opposent alors la maison de Craon à Miles II de Thouars, seigneur de Pouzauges et de Tiffauges[n 14]. Négligeant ces contraintes et sans attendre de dispense ecclésiastique, Gilles enlève Catherine[n 15] puis l'épouse dans une chapelle sise en dehors de son église paroissiale, sans publier de bans[n 16]. En dépit d'un contrat de mariage établi le [n 17],[37], les deux jeunes gens voient leur union annulée et déclarée incestueuse par l'Église[38].

Postérieurement au décès de Miles II de Thouars, des alliances matrimoniales finissent par rapprocher les maisons de Craon et de Thouars[n 18], contribuant ainsi à régulariser la situation de Gilles de Rais et Catherine de Thouars[37]. Le , le légat pontifical s'adresse à Hardouin de Bueil, évêque d'Angers, afin que ce dernier prononce une sentence de séparation à l'encontre de Gilles et Catherine, leur impose une pénitence avant de les absoudre du crime d'inceste et de permettre leur mariage en bonne et due forme[39]. Après avoir diligenté une enquête, Hardouin de Bueil marie en grande pompe Gilles et Catherine le [n 19] au château de Chalonnes-sur-Loire.

Catherine donne à Gilles de Rais une fille unique, Marie de Rais (1429-1457), qui se mariera à l'amiral Prigent de Coëtivy puis au maréchal André de Lohéac, et qui succèdera à son père en tant que baronne de Retz.

Conflits familiaux[modifier | modifier le code]

Reconstitution du château de Tiffauges et de son enceinte, par Georges Balleyguier, 1886.

Conformément aux clauses du contrat de mariage de sa fille Catherine de Thouars, Béatrice de Montjean conserve en douaire un certain nombre de possessions de feu Miles II de Thouars, dont les châteaux de Tiffauges et Pouzauges. Jean de Craon et Gilles de Rais escomptent récupérer ultérieurement l'héritage constitué par l'ensemble des châteaux poitevins de Béatrice[40],[41].

Cependant, Béatrice de Montjean se remarie avec Jacques Meschin de la Roche-Aireault, chambellan du roi Charles VII. Cette union compromet les projets du seigneur de La Suze et de son petit-fils. En conséquence, les deux compères chargent leur acolyte Jean de la Noe (ou la Noue), capitaine de Tiffauges, d'enlever Béatrice. Jean de la Noe profite de l'occasion pour s'emparer également de la sœur cadette de Jacques Meschin[40],[n 20].

Vue actuelle des ruines du château de Champtocé.

Béatrice de Montjean est emprisonnée au Loroux-Bottereau, puis à Champtocé. Son beau-fils Gilles de Rais et Jean de Craon menacent de la coudre dans un sac avant de la jeter dans une rivière si elle ne renonce pas à son douaire[40],[41].

Afin de libérer sa femme et sa sœur, le chambellan Jacques Meschin de la Roche-Aireault fait assigner Jean de Craon et Gilles de Rais à plusieurs reprises devant le parlement de Paris[n 21], en pure perte. Jacques Meschin dépêche un huissier à Champtocé avant d'y déléguer son propre frère, Gilles Meschin, placé à la tête de ses envoyés. Jean de Craon jette en prison tous les porteurs de l'assignation, Gilles Meschin inclus[40].

Le seigneur de La Suze consent néanmoins à relâcher Béatrice de Montjean à la prière de son épouse Anne de Sillé, cette dernière étant de surcroît la propre mère de la prisonnière. Les autres otages finissent par être libérés moyennant rançon mais Gilles Meschin meurt quelques jours plus tard, vraisemblablement éprouvé par les conditions de sa détention champtocéenne. La sœur cadette de Jacques Meschin, envoyée en Bretagne, est contrainte d'épouser Girard de la Noe, le fils du capitaine de Tiffauges[40],[41].

Poursuivis judiciairement devant le parlement de Paris par le chambellan, Jean de Craon et Gilles de Rais n'en parviennent pas moins à lui extorquer tour à tour Tiffauges et Pouzauges, molestant au passage Adam de Cambrai, le premier président du parlement lui-même. Les multiples condamnations qui frappent les deux complices ne sont pas suivies d'effets[40].

Titres et patrimoine[modifier | modifier le code]

Gilles de Montmorency-Laval porte les titres de baron de Retz, seigneur de Machecoul, de La Bénate, du Coutumier, de Bourgneuf-en-Retz, de Bouin, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, de Pornic, de Princé, de Vue, etc. (villages et châtellenies qui constituent à son époque la baronnie de Retz), ainsi que de Tiffauges, de Pouzauges, de Champtocé-sur-Loire et d'Ingrandes, seigneuries acquises par héritage et mariage[n 22].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Premières armes ?[modifier | modifier le code]

Siège de Champtoceaux (Pierre Le Baud, Compilation des chroniques et histoires de Bretagne), Paris, BnF.

Le , le duc Jean V de Bretagne est enfermé à Champtoceaux par les Penthièvre à la suite d'un guet-apens tendu par Marguerite de Clisson. Jean de Craon prend le parti du duc dans le cadre des querelles résiduelles de la guerre de Succession de Bretagne entre les Montfort et les Penthièvre. Les bandes de ces derniers assaillent les fiefs du seigneur de La Suze et de son petit-fils Gilles de Rais, détruisant notamment le château de La Mothe-Achard[42].

Une fois le parti des Penthièvre vaincu, Jean V est libéré. Rentré triomphalement à Nantes, le duc récompense « de leurs bons et notables services » Jean de Craon ainsi que « son fils de Rays », les dédommageant de leurs pertes et leur octroyant notamment des terres confisquées aux Penthièvre. Le jeune Gilles accomplit peut-être ses premiers faits d'armes en prenant part à cette guerre féodale[n 23].

Il est possible que Jean de Craon et son petit-fils Gilles de Rais entrent alors dans la clientèle d'un prince récemment libéré de sa captivité en Angleterre, à savoir le comte Arthur de Richemont, frère cadet du duc Jean V de Bretagne[n 24].

En mai 1420, le roi Henri V d'Angleterre devient l'héritier du roi Charles VI de France par le traité de Troyes. Jean V de Bretagne reconnaît Henri V, avant de louvoyer entre les couronnes de France et d'Angleterre afin de préserver l'indépendance de son duché[43].

Jean de Craon et Gilles de Rais prennent peut-être part à la victoire de la Gravelle le , puis à la bataille de Verneuil le . Bien qu'aucune source ne la confirme, le chartiste Matei Cazacu émet cette hypothèse en avançant trois arguments : le rang important de Craon et de son petit-fils en tant que vassaux du duc Louis III d'Anjou, le souci de la défense de leurs biens angevins face aux Anglais ainsi que la présence attestée à la bataille de Verneuil de plusieurs proches des deux hommes[44]. Quoi qu'il en soit, la défaite sanglante de Verneuil change la donne politique, en parachevant le désastre militaire d'Azincourt survenu près de dix ans plus tôt[45].

Alliance franco-bretonne par l'entremise de la maison d'Anjou[modifier | modifier le code]

Arthur, comte de Richemont, connétable de France (1458). Dessin aquarellé, Paris, BnF, collection Gaignières.
Yolande d'Aragon, duchesse d'Anjou. Vitrail du bras nord du transept de la cathédrale Saint-Julien du Mans[46].

Désormais en position de faiblesse à la suite de l'anéantissement de son armée lors du désastre de Verneuil le , Charles VII se voit contraint de chercher de nouveaux soutiens[45]. Or, Yolande d'Aragon, dirigeante de la maison d'Anjou[n 25] et belle-mère du souverain[n 26], œuvre de concert avec son vassal Jean de Craon[n 27] au rapprochement de la France et de la Bretagne depuis 1423[n 28]. En mars 1425, cette politique promeut finalement Arthur de Richemont, frère cadet du duc Jean V de Bretagne, à la dignité de connétable de France[47]. Le roi entérine ainsi la ligne prônée par les maisons alliées d'Anjou et de Bretagne, à savoir le rapprochement diplomatique de la couronne avec les duchés de Bourgogne et de Bretagne en vue de ramener la concorde entre les princes[n 29], faire entrer les grands feudataires au Conseil royal et poursuivre la guerre contre les Anglais. Entre autres concessions, Charles VII écarte de son Conseil ses fidèles accusés d'implication dans le meurtre de Montereau en 1419 et le complot des Penthièvre en 1420[n 30].

Courant juillet 1425, Charles VII envoie Jean de Craon et d'autres ambassadeurs auprès du duc de Bretagne afin de l'informer officiellement du renvoi des anciens conseillers royaux. Après avoir consulté ses États, Jean V accepte de rencontrer le souverain « sur la rivière de Loire, entre Angers et Tours »[48]. En septembre 1425, accompagné par de nombreux seigneurs (dont Gilles de Rais), le duc se rend à Saumur, en territoire angevin[49]. Flanqué du connétable de Richemont, Charles VII parvient à son tour dans cette ville afin d'y signer un traité d'alliance avec Jean V, le , en présence de la duchesse douairière d'Anjou[50],[51].

Il se peut que Gilles de Rais rencontre le roi de France pour la première fois à l'occasion des fêtes et conciliabules saumurois[52],[53]. Cependant, le jeune baron est gratifié d'un don royal de 200 livres dès le  ; partant, il paraît peut-être à la cour itinérante de Charles VII avant la signature du traité de Saumur[54]. Le , tout en confirmant le don de la seigneurie de Parthenay à Arthur de Richemont, le souverain demande à son connétable de restituer certaines terres bretonnes au sire de Rais[n 31].

En mars 1426, le connétable de Richemont essuie un revers cuisant face aux Anglais sous les murs de Saint-James de Beuvron[55],[56]. Mentionnée par certains auteurs, la présence de Gilles de Rais lors de cette bataille n'est pas établie faute de sources[n 32]. À l'issue du combat se place un épisode diversement interprété : l'enlèvement par Richemont de l'évêque Jean de Malestroit, chancelier du duc de Bretagne. D'après Guillaume Gruel, chroniqueur au service du connétable de France, Richemont s'empare du chancelier breton au motif que celui-ci, prétendument acheté par les Anglais, aurait retardé le paiement de la solde des hommes d'armes et contribué ainsi à la défaite de Saint-James de Beuvron[57],[58],[n 33]. Mais il s'agit peut-être d'une confusion commise par le chroniqueur[n 34], doublée d'une calomnie de Richemont visant à masquer ses propres insuffisances martiales[45]. En septembre 1426, le connétable échoue derechef face aux Anglais lors d'une escarmouche devant le Mont-Saint-Michel[59].

Georges Ier de La Trémoille grand chambellan[modifier | modifier le code]

Blason de La Trémoille, « d'or, au chevron de gueules, accompagné de trois alérions d'azur armés et becquetés de gueules.»[60],[61],[62].

En juin 1427, Georges Ier de La Trémoille, seigneur de Sully, devient le grand chambellan[n 35] du roi Charles VII. Cousin de Gilles de Rais par la branche des Craon, le seigneur de Sully prend l'ascendant au sein du conseil royal tandis que le connétable Arthur de Richemont tombe en disgrâce à la suite de ses échecs militaires[47] et de l'absence de résultats découlant de l'alliance avec le duc de Bretagne[59],[n 36]. Richemont conserve l'office de connétable mais quitte la cour. Sans s'allier aux Anglais, il entre en conflit armé avec le grand chambellan.

Jean V de Bretagne, lui-même en butte aux assauts anglais[n 37], négocie en juillet 1427 avec le duc de Bedford, régent du royaume de France. Le , le duc de Bretagne procède à un nouveau revirement d'alliance en reconnaissant le traité de Troyes et en ordonnant à ses vassaux de cesser la lutte contre les troupes anglaises[63],[64]. Avec ses cousins Laval et le vicomte de Rohan, Gilles de Rais est l'un des plus notables seigneurs bretons à désobéir à son suzerain en demeurant fidèle au roi de France[n 38].

Gisants représentant probablement Jean de Craon (à droite) et Béatrice de Rochefort.
Tombe autrefois située dans la chapelle Saint-Jean-Baptiste des Cordeliers d'Angers[65].

De fait, parallèlement à la redistribution des cartes à la cour du roi de France, les Anglais menacent de nouveau les frontières du duché d'Anjou dans la continuité de leur conquête du comté du Maine[n 39]. Le , Yolande d'Aragon établit son conseiller Jean de Craon lieutenant général en Anjou et dans le Maine[66],[67],[n 40]. Le seigneur de La Suze dote alors son petit-fils d'un mentor militaire en la personne de Guillaume de la Jumellière, seigneur de Martigné-Briant[68], également conseiller de Yolande d'Aragon à la cour ducale d'Anjou. L'influence curiale de sa famille engage Gilles dans la lutte contre les Anglais, entraînant la nomination du jeune baron comme capitaine de la place de Sablé au nom du duc d'Anjou[69].

Le sire de Rais commence vraisemblablement à disposer de sa fortune dès son émancipation, ses vingt ans accomplis, soldant des troupes et des espions afin de contrer l'avancée anglaise[70],[n 41]. Les chroniques mentionnent son nom à partir de ces années-là.

Menant une guerre d'escarmouches dans le comté du Maine en compagnie de son parent Jacques de Dinan, seigneur de Beaumanoir et du chevalier Ambroise de Loré[71], Gilles de Rais emporte d'assaut le château du Lude. Le commandant de la garnison, un capitaine anglais dénommé William Blackburn[72], est tué ou fait prisonnier[n 42].

À la suite d'un autre coup de main non daté avec précision[n 43], les seigneurs de Rais, de Loré et de Beaumanoir reprennent aux Anglais la forteresse de Rennefort (anciennement Rainefort, Ramefort, Ramessort)[73] et le château de Malicorne-sur-Sarthe[74],[n 44]. Les capitaines respectent leur promesse d'épargner les garnisons anglaises qui ont rendu ces places fortes, mais font pendre les hommes « de la langue française » qu'ils y trouvent[75], possible manifestation d'un « fort sentiment national »[76] à l'encontre des combattants considérés comme des « Français reniés »[n 45].

Au printemps 1428, le sire de Rais participe à hauteur de mille écus d'or au paiement de l'énorme rançon de son cousin[77],[78] André de Lohéac, pris par les Anglais le lors de la capitulation de la ville de Laval devant John Talbot. En la personne de Guy XIV de Laval, frère du jeune captif, la famille de Laval s'engage à rembourser les « très chiers et amés cousins et grands amis » qui ont contribué à délivrer le seigneur de Lohéac[79],[80].

Gilles de Rais, allié de La Trémoille et compagnon d'armes de Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Jeanne d'Arc se présente au roi Charles VII à Chinon (miniature extraite des Vigiles du roi Charles VII de Martial d'Auvergne, Paris, BnF, département des Manuscrits).
Sceau présumé de Gilles de Rais (il s'agit probablement d'un faux, fabriqué au XIXe siècle)[81].

Probablement en date du , Jeanne d'Arc arrive à Chinon en provenance de Vaucouleurs afin de s'entretenir avec le roi[82]. Gilles de Rais est alors présent au château de Chinon[83] à l'instar des autres capitaines composant l'entourage de Charles VII[n 46].

Un mois plus tard, par lettre datée du , signée de sa main et munie de son sceau, le jeune baron noue une alliance avec son cousin Georges de La Trémoille, s'engageant à le servir de toute sa puissance « jusques à mort et à vie, envers tous et contre tous seigneurs et autres, sans nul excepté..., dans la bonne grâce et amour du roi »[84],[85],[86]. Le grand chambellan poursuit ainsi sa stratégie d'alliances bilatérales contractées avec des membres de la noblesse[n 47] en vue de « stabiliser sa politique » tout en maintenant sa situation fragile auprès du roi[87].

Le seigneur de Tiffauges commence à siéger au Conseil royal à partir de l'année 1429[88], bien qu'il n'y apparaisse qu'épisodiquement, retenu ailleurs par ses obligations militaires ou pour d'autres raisons[89]. Son titre de conseiller du roi n'a peut-être qu'un caractère honorifique[90].

1429
  •      Territoires contrôlés par Henri VI d'Angleterre
  •      Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne
  •      Territoires contrôlés par le Dauphin Charles
  •      Principales batailles
  •       Raid Anglais de 1415
  •       Itinéraire de Jeanne d'Arc vers Reims en 1429

Dans le cadre d'une tentative de rapprochement diplomatique franco-breton probablement appuyée par La Trémoille[n 48], Gilles de Rais écrit en avril 1429 au duc Jean V de Bretagne pour l'inciter à renforcer l'armée qui se constitue à Blois en vue de porter secours à la ville d'Orléans assiégée par les Anglais[91].

Parallèlement, après avoir subi un interrogatoire par des docteurs en théologie à Chinon puis à Poitiers, Jeanne d'Arc reçoit l'autorisation d'accompagner l'armée de secours réunie à Blois[92]. Le , la Pucelle se rend dans cette ville pour y trouver prêts un convoi de vivres, d'armes et de munitions ainsi qu'une forte escorte commandée par Gilles de Rais et Jean de Brosse, maréchal de Boussac. L'escorte inclue une compagnie d'Angevins et de Manceaux soldés par le sire de Rais[n 49].

Le convoi s'ébranle le , longeant la Loire sur la rive gauche[93]. Apprenant sa venue, le bâtard d'Orléans — chef de facto de la maison d'Orléans[n 50] — quitte la ville assiégée en traversant la Loire en barque pour se porter au-devant de Jeanne durant la nuit du 28 au . En dépit des objurgations de la Pucelle, désireuse d'attaquer les Anglais sur l'heure, le bâtard la convainc d'entrer dans Orléans avec le ravitaillement et deux cents lances tandis que le reste de l'escorte, dont ses chefs Jean de Brosse et Gilles de Rais, s'en retourne vers Blois[94].

Gilles de Rais est un des principaux capitaines qui contribuent à la levée du siège de la ville par les Anglais[95]. Conjointement à d'autres « chevaliers, écuyers et gens de guerre », il accompagne la Pucelle lorsque celle-ci rend compte au roi de la levée du siège[96],[97].

Le sacre de Charles VII à Reims (miniature extraite des Vigiles du roi Charles VII de Martial d'Auvergne, Paris, BnF, département des Manuscrits).

Le baron participe ensuite avec Jeanne à la « campagne de la Loire », qui vise la reconquête des villes occupées par les Anglais dans la région. Il est ainsi présent à la prise de Jargeau le [98] puis à la victoire de Patay le [99].

Durant le trajet menant le « gentil dauphin » à Reims afin qu'il y soit sacré roi de France, l'armée — commandée à l'avant-garde par Gilles de Rais et le maréchal de Broussac — réduit à l'obéissance Troyes ainsi que d'autres villes et de nombreux châteaux[100]. Le , lors du sacre royal, Gilles est chargé avec trois autres seigneurs d'apporter la Sainte Ampoule de la basilique Saint-Remi de Reims à l'église métropolitaine[n 51],[101]. Ce même jour, le jeune baron de Rais est élevé à la dignité de maréchal de France[102].

Jeanne d'Arc à la porte Saint-Honoré lors du siège de Paris de 1429 (miniature extraite des Vigiles du roi Charles VII de Martial d'Auvergne, Paris, BnF, département des Manuscrits).

Le lundi 15 août 1429, les troupes royales et anglo-bourguignonnes se font face à Montépilloy. Charles VII confie les ailes de son armée à ses deux maréchaux, Jean de Boussac et Gilles de Rais[103].

Blason de Gilles de Rais à partir de septembre 1429 : d'or à la croix de sable (qui est de Retz), à la bordure d'azur semé de fleurs de lis d'or (qui est de France).

Le , lors du siège de Paris, Jeanne d'Arc souhaite avoir le maréchal de Rais et Raoul de Gaucourt à ses côtés lors de l'assaut donné à la porte Saint-Honoré[n 52]. Gilles se tient toute la journée auprès de la Pucelle, parmi de nombreux gens d'armes, tentant en vain d'atteindre et de franchir l'enceinte parisienne[104] depuis un arrière-fossé[n 53]. À la tombée du jour, Jeanne est blessée à la jambe par un vireton d'arbalète[104]. Le siège de Paris est rapidement levé, l'armée royale — dite « armée du sacre » — se replie vers la Loire avant d'être licenciée à Gien le 21 septembre 1429[105].

En septembre 1429, Charles VII honore derechef Gilles pour ses « recommandables services » en lui octroyant le privilège d'ajouter à son blason une bordure aux armes de France (« fleurs de liz d'or semées sur champ d'azur »)[106],[107].

Campagnes post-johanniques[modifier | modifier le code]

Gilles de Rais se signale, en 1430, à la prise de Melun[réf. nécessaire] et à la bataille d'Anthon le 11 juin[108]. L'année suivante, il contribue à la levée du siège de Lagny-sur-Marne par les Anglais[n 54],[n 55].

En 1434, il commande avec le maréchal Pierre de Rieux l'avant-garde de l'armée française, sous les ordres du connétable de Richemont. Cette armée étant arrivée devant Sillé-le-Guillaume dans le Maine en présence des Anglais, les deux partis se séparent sans combattre[109],[110],[111].

Dilapidation du patrimoine[modifier | modifier le code]

Vestiges du château de Tiffauges.

Les informations relatives à la dilapidation des biens de Gilles de Rais proviennent en majeure partie d'un mémoire rédigé vers 1461-1462 par ses héritiers, version augmentée d'un premier mémoire à l'origine de la mise sous interdit du baron par le roi Charles VII en 1435[112]. Les historiens ne s'accordent pas tous quant à la fiabilité de cette source. Ainsi, Jacques Heers considère le document comme trop à charge puisque sa finalité vise à annuler les ventes passées des biens fonciers du baron de Rais en arguant la prodigalité de celui-ci[n 56]. « À la fois tendancieux et instructif »[113], le mémoire n'en est pas moins exploité de manière critique par les historiens. En sus des actes des procès, Matei Cazacu regarde ce texte comme « le plus important document connu à ce jour sur Gilles de Rais (...), formidable effort de reconstitution des écarts d'une vie et d'une personnalité (...) »[112].

De surcroît, les pièces comptables relatives à la gestion du patrimoine et aux dépenses de Gilles de Rais ne subsistent guère qu'à l'état d'épaves. Ces lacunes documentaires compliquent toute étude comparative qui permettrait de vérifier précisément les accusations lancées par les héritiers dans leur mémoire.

Partant, l'historien François Macé remarque que le mémoire a beau être « toujours la base indispensable à toute description de [la] fortune [de Gilles de Rais] (...), de nombreux auteurs se contentent de reprendre ce document » sans se référer aux études de l'abbé Bourdeaut et de René Blanchard qui fournissent « les matériaux d'une analyse plus poussée »[114]. François Macé lui-même présente « une seigneurie nantaise au XVe siècle » en se basant sur des comptes postérieurs à la mort du baron de Rais (un compte de la baronnie de Rais de 1474, deux comptes de la châtellenie de Machecoul de 1461-1464 et 1497-1498, les comptes de la châtellenie de Champtocé en 1448) ou antérieurs à la majorité de Gilles (les démêlés judiciaires entre Jean de Craon et des marchands de la Loire en 1414). Macé admet donc que son étude est « loin, très loin d'épuiser les problèmes liés à la fortune de Gilles de Rais » avant de considérer la possibilité d'étudier l'évolution de la seigneurie tout au long du XVe siècle grâce à des éléments trouvés dans d'autres propriétés du sire de Rais. L'historien n'en demeure pas moins « conscient que les interrogations restent toujours aussi nombreuses »[115].

Étudiant une autre source primaire, à savoir le minutier du clerc Jean de Recouin, notaire-juré du Châtelet d'Orléans durant les années 1430, Élodie Martin constate que l'état de conservation des premières et dernières pages du registre rend impossible la lecture des actes correspondants. Qui plus est, elle signale des pages découpées ou manquantes, presque toutes relatives à Gilles de Rais, notant que ces pertes remontent déjà au XIXe siècle[116]. Ce constat effectué, elle dénombre finalement quatre-vingt-dix-huit actes se rapportant aux dépenses effectuées durant le séjour de Gilles à Orléans, de septembre 1434 à août 1435. Élodie Martin ajoute :

« Bossard estime, suivant en cela les héritiers, que les factures étaient surestimées, mais des comparaisons demeurent difficilement faisables. L'analyse précise [des] opérations orléanaises [de Gilles de Rais] reste à faire[117]. »

Dépenses militaires[modifier | modifier le code]

Selon le mémoire, Gilles de Rais a une garde de deux cents hommes à cheval.

Dépenses somptuaires[modifier | modifier le code]

Rais est également accusé de traîner à sa suite plus de cinquante individus, chapelains, enfants de chœur, musiciens, pages et serviteurs. Sa chapelle est tapissée de drap d'or et de soie. Les ornements, les vases sacrés sont d'or et enrichis de pierreries. Il a aussi un jeu d'orgues qu'il fait toujours porter devant lui. Ses chapelains, habillés d'écarlate doublé de menu vair et de petit gris, portent les titres de doyen, de chantre, d'archidiacre, et même d'évêque, et il a de plus député au pape pour obtenir la permission de se faire précéder par un porte-croix.

Dépenses festives[modifier | modifier le code]

Enfin, le maréchal donnerait à grands frais des représentations de mystères.

Aliénation des domaines[modifier | modifier le code]

Mais tout cela occasionne des frais énormes qui l'obligent, en 1434, à vendre au duc Jean V de Bretagne les places de Mauléon, de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, du Loroux-Bottereau, de Pornic et de Champtocé-sur-Loire.

Pour se livrer à ses profusions, Gilles de Rais aliène une partie de ses terres. Parmi les acheteurs, on compte les bourgeois d'Angers et « les manieurs d'argent de la cour bretonne », l'évêque-chancelier Jean de Malestroit et Geoffroy Le Ferron, futur trésorier général[118].

Les difficultés financières du baron de Retz prennent un tour dramatique. Face à cela, sa famille (son frère cadet René de La Suze en tête) lui intente un procès afin d'interdire à quiconque d'acheter des terres lui appartenant[119]. Elle obtient un arrêt du parlement de Paris qui défend au maréchal d'aliéner ses domaines. Le roi ne voulant pas approuver les ventes déjà faites, le duc Jean V de Bretagne s'oppose à la publication de ces défenses et refuse d'en donner de semblables dans ses États.

René de La Suze, frère de Gilles, et ses cousins André de Lohéac et Guy XIV de Laval, irrités de ce refus, s'efforcent de conserver ces places dans leur famille et résistent au duc Jean V ; mais ce dernier les reprend et enlève à son gendre Guy XIV de Laval, cousin de Gilles, la lieutenance générale de Bretagne pour la confier à Gilles de Rais lui-même, avec lequel il consomme tous ses marchés en 1437.

Crimes[modifier | modifier le code]

Coup de force de Saint-Étienne-de-Mer-Morte[modifier | modifier le code]

Plaque du clocher de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, commémorant l'attentat commis par Gilles de Rais le 15 (ou le 16) mai 1440.
Le clocher isolé, dernier vestige de l'église romane de Saint-Étienne-de-Mer-Morte.

En 1434, Gilles de Rais avait confié la châtellenie de Saint-Étienne-de-Mer-Morte à son frère René de la Suze. Se ravisant, le maréchal avait récupéré le château par un coup de force puis conservé son bien en s'accordant avec son cadet à Nantes le [120].

Gilles aliène de nouveau cette terre à la suite d'une transaction avec Geoffroy Le Ferron, trésorier et homme de confiance du duc Jean V de Bretagne. L'officier ducal confie l'administration de la châtellenie à son frère Jean Le Ferron, clerc tonsuré. Le baron tente derechef de se réapproprier le château afin de le revendre à son cousin, le sire de Vieillevigne, mais Jean Le Ferron s'y oppose[121].

En représailles, le jour de la Pentecôte ou au lendemain de cette fête religieuse, le 15 ou le , Gilles de Rais place en embuscade une troupe de cinquante à soixante hommes dans un bois voisin de Saint-Étienne-de-Mer-Morte. Le maréchal pénètre en armes dans l'église paroissiale et interrompt la grand-messe de l'officiant Jean Le Ferron, injuriant ce dernier et menaçant de le tuer avec une guisarme s'il ne sort pas du sanctuaire[n 57]. Effrayé, le clerc tonsuré s'exécute en emboîtant le pas du marquis Lenano de Ceva, capitaine piémontais au service de Gilles. Après avoir ouvert les portes du château de Saint-Étienne-de-Mer-Morte à ses agresseurs, Jean Le Ferron y est incarcéré avec un receveur et Jean Rousseau, sergent général du duché de Bretagne[122],[123],[124],[125].

De la sorte, Gilles de Rais porte simultanément atteinte aux majestés ducale et divine. En violant les immunités ecclésiastiques, il commet un sacrilège et encourt l'excommunication[126]. Qui plus est, l'église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte se situe dans le diocèse de l'évêque de Nantes, Jean de Malestroit, chancelier du duc Jean V de Bretagne.

Le duc breton condamne son vassal à rendre la place forte à Jean Le Ferron sous peine d'avoir à payer une amende de 50 000 écus d'or[127]. Gilles de Rais fait alors conduire son prisonnier à Tiffauges, forteresse poitevine sise hors de la juridiction bretonne[128].

En juillet 1440, le baron de Rais se rend à Josselin afin d'y rencontrer son suzerain Jean V de Bretagne mais la teneur de leurs propos demeure inconnue[n 58].

Enquêtes ecclésiastique et séculière[modifier | modifier le code]

Probablement peu de temps après l'attentat de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, une enquête secrète est lancée sur les rumeurs qui courent à l'encontre de Gilles de Rais. Le , les résultats de l'enquête ecclésiastique sont publiés sous forme de lettres patentes par l'évêque Jean de Malestroit : Rais est accusé par la rumeur publique de viols et meurtres commis sur de nombreux enfants ainsi que d'évocations et pactes démoniaques[129]. Parallèlement, l'enquête de la justice séculière procède à l'audition des mêmes témoins[130].

Le , le duc Jean V de Bretagne s'entretient à Vannes avec son frère, le connétable de France Arthur de Richemont. Compromis dans la Praguerie contre le roi Charles VII au printemps 1440, Jean V souhaite obtenir de Richemont, grand officier royal, une promesse d'assistance mutuelle. Pour ce faire, le duc octroie notamment au connétable la terre de Bourgneuf-en-Retz, bien de Gilles de Rais[131],[132]. Richemont retourne ensuite dans le domaine royal et s'empare de Tiffauges, libérant l'otage Jean Le Ferron[130].

Le , le sire de Rais est cité à comparaître devant le tribunal ecclésiastique de Nantes, sous les accusations de « meurtres d'enfants, de sodomie, d'évocations de démons, d'offense à la Majesté divine et d'hérésie »[130].

Le , le baron est arrêté en son château de Machecoul par Jean Labbé, capitaine d'armes au service du duc de Bretagne[133],[n 59]. Deux des gens de Gilles de Rais sont également arrêtés, Henriet Griart et Étienne Corillaut dit « Poitou ». Probablement déjà en fuite, Gilles de Sillé et Roger de Briqueville ne sont pas appréhendés.

S'ouvre alors l'instruction du procès civil qui va être l'instrument de sa chute. Le maréchal est emprisonné dans le château de Nantes tandis que le duc de Bretagne charge son commissaire, Jean de Toucherond, de commencer une enquête[réf. nécessaire].

Procès[modifier | modifier le code]

Premières audiences[modifier | modifier le code]
Dessin de la tombe de Jean de Malestroit « en cuivre jaune devant le crucifix au milieu de la nef de l'église cathédrale de Saint-Pierre de Nantes ». Anonyme (Louis Boudan ?), 1695, BnF.

À la suite de son arrestation le , Gilles de Rais comparaît à une date inconnue devant la cour séculière de Nantes, présidée par Pierre de l'Hôpital, président et juge universel de Bretagne, grand officier du duc Jean V[n 60]. Le baron doit répondre des chefs d'accusation relatifs aux assassinats d'enfants et à l'attentat de l'église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte suivi de l'occupation du château du même lieu. Cependant, la relation officieuse de cette première audience ne mentionne que la réponse de Gilles aux juges civils à propos de l'affaire de Saint-Étienne-de-Mer-Morte, sans aucune référence aux meurtres[134].

Le 18 septembre, dans le cadre du procès séculier, le clerc Jean de Touscheronde commence à recueillir les témoignages des parents des enfants disparus[135].

Le , dans la grande salle supérieure du château de la Tour Neuve, Gilles de Rais comparaît pour la première fois devant l'officialité de Nantes, autrement dit le tribunal ecclésiastique présidé par Jean de Malestroit, tout à la fois évêque de Nantes, président de la Chambre des comptes de Bretagne et chancelier du duc Jean V. Cette dernière charge fait de Malestroit « le supérieur hiérarchique de toute l'administration judiciaire, y compris celui de Pierre de L'Hôpital, président et juge universel »[136].

Le « promoteur [procureur] aux causes de la foi » Guillaume Chapeillon accuse le baron d'avoir commis l' « hérésie doctrinale » et l'assigne donc à comparaître le 28 du mois devant le représentant de l'Inquisition pour la ville et le diocèse de Nantes : le dominicain Jean Blouyn, vicaire de l'inquisiteur du royaume de France Guillaume Merici[137]. Au cours de cette première audience, la cour ecclésiastique n'évoque apparemment pas les chefs d'accusation relatifs aux meurtres d'enfants, à l'instar de la cour séculière[137]. En tout état de cause, Gilles de Rais consent à comparaître devant ses deux juges, l'évêque-chancelier et le vice-inquisiteur, à la date convenue par le tribunal de l'Église[137].

Par conséquent, Jacques Chiffoleau, historien de la religion et des institutions médiévales, estime :

« que l'on devrait parler des procès. Si l'évêque de Nantes engage l'affaire par l'intermédiaire de son juge — l'official — il s'adjoint bientôt le représentant de l'Inquisiteur de France — ce qui transforme la cause et lui donne les traits d'une procédure inquisitoriale typique —, et il est relayé ou doublé par le juge du duc, pour un jugement typiquement séculier, laïc. Ce caractère double ou triple du procès pose le problème, capital à l'époque de Jean V et de Charles VII, des rapports entre le religieux et le politique, de la nature théologico-politique du pouvoir[138]. »

Selon la conceptualisation de la souveraineté au XVe siècle, la tenue de ces « procès jumeaux, jumelés, presque mixtes » se justifie par la double nature — temporelle et éternelle — d'un « crime irrémissible » de lèse-majesté ducale et divine[139].

Témoignages des parents[modifier | modifier le code]

La cour ecclésiastique consacre finalement la séance du à écouter dix plaignants hors de la présence de Gilles de Rais, la comparution du baron étant ajournée au 8 octobre[140]. Parallèlement, du 27 septembre au 8 octobre, Jean de Touscheronde poursuit l'audition de nombreux parents d'enfants disparus, dans le cadre de l'enquête civile[141].

Accumulation des charges[modifier | modifier le code]
Miniature représentant le procès de Gilles de Rais (XVIIe siècle). Armes du président Bouhier, manuscrit à peinture, Paris, BnF.
Tour dite du « Vieux Donjon », Château des ducs de Bretagne, Nantes.

Le samedi , dans la salle basse du château de la Tour Neuve, les dix plaignants de la séance du 28 septembre sont entendus derechef par la cour ecclésiastique.

Le même jour, dans une grande salle supérieure du château, le seigneur de Tiffauges comparaît de nouveau devant cette même cour, composée cette fois de l'évêque Malestroit et de l'inquisiteur dominicain Jean Blouyn, assistés de notaires publics et de scribes. Le « président de Bretagne » Pierre de l'Hôpital, responsable de la cour séculière, est également présent.

Le « promoteur aux causes de la foi » Guillaume Chapeillon expose oralement les articles de l'accusation, dévoilant l'ensemble des délits et crimes reprochés à Gilles de Rais.

Selon le médiéviste Jacques Chiffoleau, « les accusations lancées contre le maréchal forment en réalité un triptyque obligé dont l'origine est très ancienne et qui unit très étroitement : 1º) la rébellion, c'est-à-dire le refus intériorisé de l'ordre légitime ; 2º) le pacte avec le diable, qui donne des pouvoirs magiques ; 3º) les actes contre nature, [telle] la sodomie »[142]. Cependant, Chiffoleau précise qu'en « insistant sur le poids de la procédure et sur les modèles très forts qui gouvernent alors les juges », il ne prétend pas — en tant qu'historien — délivrer une vérité judiciaire sur les procès[143].

Face aux accusations, le sire de Rais souhaite récuser ses juges. Jean de Malestroit et le frère Blouyn rejettent aussitôt son appel, considéré comme « frivole », au motif qu'il n'est pas présenté par écrit. Le baron nie « la vérité desdits articles » et conteste qu'il y ait matière à procès, tout en s'affirmant comme « vrai chrétien ». Le promoteur jure alors de dire la vérité puis il prie Gilles de prêter le même serment, en vain. Malestroit et Blouyn somment Gilles de jurer, le menaçant d'excommunication, mais l'accusé persiste dans son refus et ses dénégations. En réaction, l'évêque de Nantes et le vicaire de l'inquisiteur assignent le promoteur Guillaume Chapeillon et le maréchal de Rais à comparaître le mardi 11 octobre[144].

Excommunication et aveux[modifier | modifier le code]

Lors d'une assignation ultérieure, Gilles de Rais s'emporte et se révolte, ce qui entraîne en réaction son excommunication par l'évêque qui préside le procès. Cette excommunication l'effraie, et il se résout alors à faire des aveux en échange de la levée de cette sanction, ce qui lui est accordé. Certains auteurs y voient une preuve de sa foi en l'Église et dans le jugement de Dieu[145].

Sa première confession, dite « confession hors jugement »[n 61] est prononcée « volontairement, librement et douloureusement » le 21 octobre 1440 dans la « chambre haute » du château nantais de la Tour Neuve, où il est emprisonné[146] L'accusé répète, en l'assortissant de nouvelles précisions, cette confession à l'audience du 22 octobre[147].

Alchimie et évocations diaboliques[modifier | modifier le code]

Les 16 et 17 octobre 1440, le prêtre malouin Eustache Blanchet et Francesco (François) Prelati, clerc toscan originaire de Montecatini Terme près de Pistoia, comparaissent devant la cour ecclésiastique. Ces deux serviteurs du sire de Rais affirment que leur maître s'adonnait à l'alchimie en vue de trouver la pierre philosophale[148]. À cet effet, le baron envoyait quérir dans le royaume de France et à l'étranger « des maistres qui se entremetoient de l'art d'arquemie », accusation qui sera ultérieurement reprise par les héritiers de Gilles dans le mémoire visant à démontrer sa prodigalité[149]. Blanchet aurait ainsi recruté Prelati en 1438, lors d'un voyage à Florence[150].

Outre les expériences alchimiques, Prelati déclare avoir tenté d'invoquer les démons à Tiffauges en présence de Gilles de Rais[151]. Le clerc prétend également avoir interrogé l'esprit malin dans une prairie près de Josselin, par conséquent non loin du château où se tint l'entrevue de juillet 1440 entre le duc Jean V de Bretagne et Gilles de Rais[152].

Suivant les schèmes interprétatifs des juges, ces propos incriminent le seigneur de Tiffauges en associant étroitement « sa rébellion à l'égard de Dieu et du duc » et ses rapports avec le diable. Puisque des invocations démoniaques visant à accroître le pouvoir et la richesse du maréchal auraient été perpétrées, a fortiori à proximité de Jean V, ces « actes indicibles » menaceraient directement le pouvoir ducal en sus d'offenser gravement le Créateur. À ces deux accusations principales s'adjoint une troisième, les « attentats contre la nature », autrement dit la sodomie et les meurtres commis par Gilles de Rais. Ainsi se construit « un système très cohérent dont les éléments, en partie mythologiques, sont complètement interdépendants »[153],[154].

Jugement et exécution de la peine[modifier | modifier le code]

Exécution de Gilles de Rais, gibet et bûcher (XVIe siècle ?). Armes du président Bouhier, manuscrit à peinture, Paris, BnF.

Le jugement est prononcé le 25 octobre[155] au château du Bouffay par le tribunal présidé par le juge universel de Bretagne, Pierre de l'Hôpital. Gilles de Rais a été excommunié pour « apostasie hérétique [...] évocation des démons [...] crime et vice contre nature avec des enfants de l'un et de l'autre sexe selon la pratique sodomite ». La sentence de la cour ecclésiastique reproche à Gilles de Rais cent quarante meurtres « ou plus »[3] tandis que la sentence de la cour séculière n'arrête pas de chiffre exact[156]. Gilles de Rais et ses deux valets sont condamnés à être pendus, puis brûlés. À sa demande, le tribunal lui accorde trois faveurs : le jour de l'exécution, les familles des victimes pourront organiser une procession, il sera exécuté avant ses complices et son corps ne sera pas entièrement brûlé pour être inhumé.

Le lendemain matin, le mercredi , après une messe à la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes, l'exécution est accomplie en « prairie de Biesse », partie amont de l'île de Grande Biesse[n 62]. Tandis que ses valets, Poitou et Henriet, sont laissés sur le bûcher, le corps de Gilles de Rais en est retiré, avant d'être trop abîmé par les flammes[157],[158],[n 63].

Conformément à la requête qu'il avait formulée et qu'on lui avait accordée avant son exécution, son corps est enseveli dans l'église du couvent des Carmes, à Nantes. Ce couvent et le monument funéraire dédié à sa mémoire seront détruits durant la Révolution française, et son corps sans doute jeté dans la Loire.[réf. nécessaire]

Un monument expiatoire — croix de pierre ou calvaire — fut construit chaussée de la Madeleine près de l'actuel Hôtel-Dieu de Nantes sur ce qui est actuellement la place Alexis-Ricordeau[159] (et non sur le lieu d'exécution lui-même qui se déroula sur la rive opposée de la Loire[160]) afin de commémorer le souvenir du supplice et devient un lieu de pèlerinage pour femmes enceintes[161],[162],[163]. Les vestiges de ce petit monument dit de « Notre-Dame-de-Crée-Lait » sont actuellement conservés au musée archéologique de Nantes[164],[165].

Sort des acolytes[modifier | modifier le code]

Francesco Prelati et Eustache Blanchet[modifier | modifier le code]
Portrait de René d'Anjou en prière, Heures de René d'Anjou, Angers, 1437 ? (BnF).

Condamné à la prison perpétuelle, Francesco Prelati réussit probablement à s'évader puis trouve refuge à la cour du duc René d'Anjou, hors de la juridiction du duc de Bretagne. Par des tours de prestidigitateur, le jeune clerc parvient à valoriser ses soi-disant talents d'alchimiste auprès du « bon roi de Sicile », qui le nomme capitaine du château de La Roche-sur-Yon[166]. Adoptant désormais l'identité de François de Montcatin (d'après le nom francisé de sa commune natale), l'aventurier toscan profite de sa nouvelle position pour assouvir sa vengeance sur Geoffroy Le Ferron, devenu entretemps trésorier de France[n 64].

Ruines du château de La Roche-sur-Yon (en médaillon : Charles de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon en 1527).

Ce dernier, se rendant à Taillebourg auprès de l'amiral Prigent de Coëtivy, est de passage à La Roche-sur-Yon le 7 décembre 1444. Invité au château par le capitaine-alchimiste, Le Ferron y est injurié par le prêtre Eustache Blanchet avant d'être emprisonné arbitrairement sur ordre de Prelati, qui lui reproche sa propre incarcération nantaise du temps du procès de Gilles de Rais. Afin d'extorquer une énorme rançon au trésorier, les deux anciens serviteurs du maréchal lui font subir de mauvais traitements durant deux mois et demi. Entre autres tortures morales et physiques, Francesco Prelati et Eustache Blanchet tentent d'effrayer Le Ferron en feignant de découvrir parmi ses papiers une lettre factice qui le compromet dans une trahison imaginaire de Prigent de Coëtivy[167].

Informés de la situation, des officiers de René d'Anjou demandent à Prelati d'amener Le Ferron devant le conseil ducal. Le capitaine fait mine d'obtempérer avant de reconduire le trésorier de France dans son cachot. Douze jours plus tard, le chevalier Guy d'Aussigny, seigneur de Trèves et lieutenant du roi « ès pays de Poitou, Saintonge, gouvernement de La Rochelle et Angoumois », se présente avec une compagnie de cinquante hommes de guerre devant la forteresse yonnaise. Refusant de délivrer Geoffroy Le Ferron, Francesco Prelati s'oppose à la reddition de la place et effectue une sortie avec sa propre troupe, accrochage qui provoque la mort d'un soldat de Guy d'Aussigny[168].

Peu après, deux officiers de René d'Anjou essayent derechef d'obtenir de Francesco Prelati qu'il leur livre Geoffroy Le Ferron. Le capitaine italien finit par y consentir après versement de la rançon du trésorier de France. Ce dernier est transféré à Angers, où il dépose vainement une plainte auprès de la chambre des comptes d'Anjou. Le Ferron parvient à être conduit sous escorte auprès du roi René d'Anjou à Nancy mais il demeure un temps en détention dans cette ville, où séjourne alors le roi de France. Charles VII a finalement vent de l'affaire ; le parlement de Paris est saisi puis le Conseil royal rend un arrêt condamnant à mort Francesco Prelati et Jacques Chabot[n 65], son principal complice. Vers la fin de mars 1446 ou au début du mois suivant, l'ex-évocateur de démons subit le supplice du feu pour ses crimes[166],[169].

Renvoyé devant la cour du parlement avec plusieurs autres comparses de Prelati, Eustache Blanchet fait constamment défaut de janvier 1448 à mars 1451. Le 18 mai 1453, le parlement rend son arrêt définitif, condamnant le prêtre et ses acolytes à restituer les biens de Geoffroy Le Ferron, à faire amende honorable au roi et au trésorier de France, au paiement d'une amende ainsi qu'au bannissement perpétuel et à la confiscation de leurs biens[170].

Roger de Briqueville[modifier | modifier le code]

Descendance et postérité[modifier | modifier le code]

De son épouse Catherine de Thouars (1405-02/12/1462), Gilles de Rais ne laisse qu'une fille (dont la paternité serait par ailleurs contestée)[réf. nécessaire] : Marie de Montmorency-Laval dite « Marie de Rais » (1429-01/11/1457), qui lui succédera à la tête de la baronnie de Retz.

Sa veuve Catherine de Thouars se remariera le avec Jean II de Vendôme, vidame de Chartres, et aura deux autres enfants : Jean de Vendôme (né vers 1443) et Jacqueline de Vendôme.

Marie de Rais se mariera deux fois : le avec Prigent VII de Coëtivy (1399-20/07/1450), amiral de France, gouverneur de La Rochelle, puis en 1451 avec André de Montfort-Laval dit « André de Lohéac » (1408-29/12/1486), seigneur de Lohéac et de Montjean, amiral de France puis maréchal de France (et cousin de Gilles de Rais). De ses deux unions, Marie de Rais n'aura aucun enfant.

C'est ensuite son oncle René de La Suze (1407/30/10/1473), frère cadet de Gilles de Rais, qui hérita de la baronnie de Retz (« René de Rais »). Marié à Anne de Champagne(-au-Maine), il en aura une fille : Jeanne de Montmorency-Laval dite « Jeanne de Rais », qui lui succèdera. Elle sera mariée le à François de Chauvigny (1430-15/03/1491), vicomte de Brosse.

Par la suite, la baronnie de Retz quittera alors la famille de Montmorency-Laval pour passer à la famille de Chauvigny (André de Chauvigny, fils de François de Chauvigny et de Jeanne de Rais), puis aux familles de Tournemine, d'Annebault, de Clermont(-Tonnerre), de Gondi, de Blanchefort-Créquy, de Neufville-Villeroy et de Brie-Serrant, jusqu'à la Révolution française.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Gilles de Laval, baron de Retz. Illustration de Deschamp dans Histoire de la magie, du monde surnaturel et de la fatalité à travers les temps et les peuples (1870) de Pierre Christian (alias Pierre Pitois)[171].

Eugène Bossard[modifier | modifier le code]

Arthur Bourdeaut[modifier | modifier le code]

Émile Gabory[modifier | modifier le code]

Georges Bataille[modifier | modifier le code]

Dans son livre Le Procès de Gilles de Rais, paru en 1959, Georges Bataille voit en Gilles de Rais la figure exemplaire d'une époque de la féodalité où la raison balbutiante n'avait pas encore muselé la fête archaïque de la violence : « Sa noblesse a le sens d'une violence ne regardant rien et devant laquelle il n'est rien qui ne cède[172] ».

Jacques Heers[modifier | modifier le code]

Matei Cazacu[modifier | modifier le code]

Selon l'historien et archiviste paléographe Matei Cazacu, la pratique de l'alchimie et des messes noires est avérée chez Gilles de Rais. On pourrait relever le viol — et peut-être l'assassinat — de huit enfants dont on connaît le nom exact, leurs parents apportant des témoignages impliquant précisément l'entourage du seigneur de Tiffauges[145].

Jacques Chiffoleau[modifier | modifier le code]

De l'Histoire au mythe[modifier | modifier le code]

Portraits[modifier | modifier le code]

Gilles de Retz, sculpture de George S. Stuart, photographie de Peter d'Aprix (George S. Stuart Gallery of Historical Figures® archive).
Cette vue d'artiste figure un Gilles de Rais imberbe, la coupe en sébile. Vêtu d'une armure recouverte d'une cotte d'armes, il tient sous le bras un bassinet à plumail.

Physionomie[modifier | modifier le code]

Il n'existe ni description, ni portrait de Gilles de Rais réalisé de son vivant qui soit parvenu jusqu'à nous. On ignore donc à quoi il ressemblait physiquement[173],[174],[175],[176].

Selon la traduction par Georges Bataille et Pierre Klossowski de la « confession en jugement » incluse dans les minutes en latin du procès, le seigneur de Tiffauges déclare qu'il a « toujours été de nature délicate » durant sa jeunesse[177]. L'écrivain Michel Hérubel entend ces propos au sens de complexion physique[178],[179] mais le chartiste Matei Cazacu signale que la traduction de Bataille et Klossowski est quelque peu hâtive, l'adjectif delicatus pouvant également signifier « mignon, recherché, luxueux, efféminé, galant, licencieux »[180].

Descriptions littéraires[modifier | modifier le code]

La première description du sire de Tiffauges, « homme de bon entendement, belle personne et de bonne façon », apparaît tardivement, en 1582, dans l’Histoire de Bretaigne du juriste breton Bertrand d'Argentré[181]. L'essayiste Michel Meurger remarque que « le Gilles de Rais judiciaire, homme sans visage, insaisissable à la psychologie historique, acquiert un corps et un esprit » pour la première fois dans cet ouvrage [176].

En 1841, dans le tome V de son Histoire de France, Jules Michelet cite intégralement le signalement apocryphe composé par Bertrand d'Argentré sans mentionner nominalement le juriste breton comme source, popularisant ainsi l'image d'un seigneur aux traits séduisants : « C'était, dit-on, un seigneur « de bon entendement, belle personne et de bonne façon » »[182],[183].

En 1863, dans le tome II de son Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, l'archiviste paléographe Auguste Vallet de Viriville modernise et enrichit de nouveaux détails imaginaires la description de Gilles de Rais selon d'Argentré : « C'était un beau jeune homme, gracieux, pétulant, d'un esprit vif et enjoué, mais faible et frivole »[184].

Parallèlement aux historiens qui accréditent ainsi un portrait chimérique, la littérature complète le tableau. En 1858, dans ses récits romancés intitulés Curiosités de l'histoire de France, le polygraphe Paul Lacroix (alias « le bibliophile Jacob ») affuble fictivement Gilles d'une chevelure blonde détonnant avec une barbe noire aux « reflets presque bleuâtres, qui avaient fait donner au sire de Rays le surnom de Barbe Bleue, surnom populaire en Bretagne, où son histoire s'est métamorphosée en conte fantastique »[185],[186]. Entre autres détails inventés par « le bibliophile Jacob » et promis à une belle fortune littéraire, cette pilosité faciale particulière et ce sobriquet prêtés au seigneur de Tiffauges assimilent ce dernier au personnage de Charles Perrault[186].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Toutes les effigies de Gilles de Rais sont posthumes et imaginaires. Une gravure censée le représenter a été publiée en 1731 dans Les monumens de la monarchie françoise, qui comprennent l'histoire de France, avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées de Dom Bernard de Montfaucon[187]. Légendée Gilles de Laval[n 66], cette figure équestre reproduit un document plus ancien, remontant au XVe siècle[188] : une miniature sur parchemin légendée simplement Laval, incluse dans lʼArmorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII[189].

Que ce soit dans l'enluminure Laval du XVe siècle ou dans la copie Gilles de Laval gravée au XVIIIe siècle, les traits du visage du chevalier en armure sont dissimulés par son heaume fermé tandis que son écu et la housse de sa monture arborent de manière visible les armoiries des comtes de Laval — et non celles des barons de Rais[n 67]. Bien que Dom Bernard de Montfaucon croit reconnaître le sire de Rais dans l'enluminure, la figure équestre ne peut être identifiée avec certitude selon le chartiste Auguste Vallet de Viriville, qui préfère y voir une représentation « de type abstrait » des comtes de Laval, image d'ordre héraldique plutôt que portrait individuel[n 68]. L'identification contestée de Montfaucon n'en sera pas moins reprise ultérieurement par d'autres auteurs, à commencer par l'abbé Bossard[n 69].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Par ailleurs, Gilles de Rais est représenté imberbe, les cheveux mi-longs et « vêtu d'un costume Renaissance » anachronique[n 70] dans deux miniatures qui dépeignent respectivement son procès et son exécution, la première ornant une copie du procès ecclésiastique[n 71] et la seconde une copie du procès civil[n 72]. Frappées des armes de la famille Bouhier[n 73], les deux enluminures et leurs supports manuscrits étaient conservés autrefois par le juriste et historien Jean Bouhier, président à mortier au parlement de Dijon. En partie héritée de son grand-père[190],[191], la collection de recueils de manuscrits du président Bouhier s'inscrivait dans la tradition érudite consistant à rassembler, aux XVIIe et XVIIIe siècles, des copies de procès relatifs aux crimes de lèse-majesté comme autant d'exemples de condamnations juridiques frappant la noblesse[192],[193],[n 74].

Remontant au XVIe siècle[n 75], la miniature de l'exécution figure le criminel repentant, les mains ligotées et jointes en un geste de prière, la tête et les yeux humblement baissés en signe de contrition. Datée du XVIIe siècle[194], l'autre miniature représente Gilles de Rais, le couvre-chef à la main, s'adressant à l'évêque mitré qui préside l'officialité durant le procès ecclésiastique.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

La plus célèbre vue d'artiste demeure l'huile sur toile d'Éloi Firmin Féron, commandée au peintre le 29 décembre 1834 par le gouvernement du roi Louis-Philippe Ier afin de légitimer la monarchie de Juillet « en récupérant et instrumentalisant les représentations historiques de l'ancienne France »[195]. Sur fond de prise d'une forteresse, « la barbe bien taillée »[196] et la chevelure mi-longue[n 76], fermement campé sur des moellons délabrés en s'appuyant sur une hache, Gilles de Rais en armure damasquinée prend place, en tant que figure militaire de la Guerre de Cent Ans, dans le cortège des maréchaux de France des galeries historiques du château de Versailles. Le versant criminel du personnage y est occulté.

Par la suite, de nombreuses représentations s'inspireront de l'œuvre picturale de Féron, portraiturant le plus souvent un baron de Retz barbu, aux cheveux mi-longs bruns ou noirs. La toile de Féron ou les différentes œuvres gravées d'après celle-ci sont fréquemment reproduites en première de couverture ou hors-texte des ouvrages consacrées à Gilles de Rais[197].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

La bande dessinée a également puisé dans les traditions littéraire et picturale relatives au sire de Rais. Ce dernier correspond à la toile de Féron[196] ainsi qu'à la description romanesque de Paul Lacroix[185], amalgame entre les figures historique et mythique du personnage, dans la série Jhen écrite par Jacques Martin. Le dessinateur Jean Pleyers y représente l'ogre de Tiffauges « beau et élégant »[196], arborant une barbe noire qui contraste avec des cheveux roux « en conformité avec la symbolique médiévale évocatrice du Malin »[198].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Portraits moraux[modifier | modifier le code]

Conjectures à propos de Gilles de Rais et de Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Miniature dite de Jeanne d'Arc à l'étendard (XVe siècle). Paris, Archives nationales.

Le fait qu'un criminel de cette ampleur ait côtoyé Jeanne d'Arc a fasciné de nombreux auteurs, qui ont évoqué à l'envi « l'idéal céleste et l'idéal infernal »[199] côte à côte sur les champs de bataille de la Guerre de Cent Ans. L'essayiste Alain Jost résume ainsi l'attrait exercé par cette dualité thématique :

« Quand on la [Jeanne] met en face du Gilles de Rais de la légende, l'effet dramatique est assuré et le symbolisme manichéen saute aux yeux. À l'époque, tous deux sont jeunes et marchent vers la gloire. Leurs destinées seront à la fois parallèles et radicalement opposées : jugés et exécutés tous deux, mais l'une gagnant l'auréole de la sainteté et l'autre les pieds fourchus du démon incarné. Le blanc et le noir, le vice et la vertu ! Gilles et Jeanne... Leurs prénoms mêmes sonnent si bien ensemble que les auteurs s'en donneront à cœur joie[n 77]. »

Dans le roman Là-bas de Joris-Karl Huysmans, le personnage de Durtal présume que « le mysticisme de Gilles de Rais s'est exalté » aux côtés de la Pucelle[200], point de vue repris par l'historien Matei Cazacu[201]. Autre récit fictif dont les interprétations ont fait florès, le roman Gilles et Jeanne de Michel Tournier est à l'origine d' « une bonne partie de la littérature pseudo-historique répandant l'idée des relations amoureuses de Jeanne d'Arc avec Gilles de Rais », observe l'historien Olivier Bouzy[202]. La vision romanesque de Tournier, selon laquelle « Gilles de Rais s'est voulu l'inversion démoniaque de la sainteté de Jeanne d'Arc dans un scénario antinomique de mal absolu et d'autosacrifice final », a même été interprétée comme un fait établi par l'écrivain Allen S. Weiss[203].

Il n'en demeure pas moins que les sources d'époque ne permettent pas d'établir une relation privilégiée entre les deux compagnons d'armes[204],[205],[206],[207].

L'alliance entre le baron de Rais et Georges Ier de La Trémoille a été diversement interprétée à l'aune des relations présumées de Gilles et Jeanne d'Arc. Traditionnellement dépeint comme un adversaire méfiant et jaloux du prestige de la Pucelle[208],[209],[210], le grand chambellan a été accusé d'avoir freiné l'action de celle-ci[n 78]. Pis, il s'en serait débarrassé en mai 1430 à Compiègne par le biais d'une trahison orchestrée par le capitaine Guillaume de Flavy, s'il faut en croire des accusations tardives, au demeurant contestées par les historiens Jules Quicherat et Pierre Champion[n 79]. Tributaire d'une historiographie essentiellement négative de La Trémoille, l'abbé Eugène Bossard a tenté de dissocier le sire de Rais du grand chambellan, félon présumé de l'épopée johannique, en vue de magnifier la première partie de la vie de Gilles et particulièrement le compagnonnage d'armes de celui-ci avec Jeanne d'Arc[211]. Postérieurement, l'abbé Arthur Bourdeaut[212] ainsi que les médiévistes Philippe Contamine et Olivier Bouzy ont nuancé les interprétations tranchées relatives à La Trémoille, en relevant et interprétant des sources attestant du soutien apporté à Jeanne d'Arc par le grand chambellan, notamment jusqu'au sacre de Charles VII[213],[214],[215].

La présence attestée de Gilles de Rais le 26 décembre 1430 à Louviers, ville sise à sept lieues (environ 28 kilomètres) de Rouen où Jeanne d'Arc était alors détenue prisonnière, a parfois été interprétée comme une velléité de libérer la Pucelle[216]. Il ne s'agit que d'une hypothèse ; au demeurant, une telle tentative ne semble pas avoir eu lieu.

Le Mystère du siège d'Orléans a été régulièrement associé à Gilles de Rais, plusieurs auteurs ayant qualifié le baron de mécène, inspirateur ou coauteur de cette œuvre théâtrale. Le personnage du « mareschal de Rais », également dénommé « le sire de Rais » ou simplement « Rais », y est dépeint constamment comme un fidèle compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, à l'instar des autres capitaines entourant l'héroïne[n 80]. Cependant, « Rais » n'y tient pas un rôle prépondérant, ses interventions représentant quantitativement assez peu dans les 20 538 vers que compte le mystère[217],[218],[219]. En outre, le Mystère du siège d'Orléans ne semble ni être antérieur à 1450, ni avoir été joué sur scène[220],[221].

L'épisode des relations de Gilles de Rais avec Jeanne des Armoises en 1439 demeure « mal documenté et difficile à interpréter »[206]. Gilles confie des troupes à la fausse Jeanne mais il est impossible d'en conclure une quelconque dévotion vis-à-vis de la Pucelle, ou de prouver que le seigneur de Machecoul ait reconnu ou non l'imposture[222].

Faute de sources, il s'avère donc ardu de spéculer sur les relations entre Gilles et Jeanne. Les sentiments de la Pucelle vis-à-vis de son compagnon d'armes demeurent inconnus[223].

Barbe-Bleue[modifier | modifier le code]

Gilles de Rais est souvent assimilé à La Barbe bleue de Charles Perrault. Illustration de Gustave Doré (1867)

Gilles de Rais va devenir au fil des siècles un personnage légendaire, entouré de fantasmes. Il deviendra l'inspiration du personnage de Barbe Bleue, l'ogre du conte La Barbe bleue (1697) de Charles Perrault, bien que sa vie et ses actions soient loin de celles du personnage du conte.[réf. nécessaire]

Prosper Mérimée et Stendhal s'étaient préalablement contentés d'interpréter Barbe Bleue « comme un souvenir mythisé de Gilles de Rais »[186].

Aujourd'hui encore, au Pays de Retz, on désigne toujours Gilles de Rais par l'appellation de « Barbe Bleue » : le château de Machecoul, où Gilles commit ses crimes et où il fut arrêté, est communément appelé « château de Barbe Bleue ».[réf. nécessaire]

Doutes et tentatives de réhabilitation[modifier | modifier le code]

Siècle des Lumières[modifier | modifier le code]

Voltaire lisant « L'année littéraire de Fréron », huile sur toile de Jacques Augustin Catherine Pajou (1811)

Dans son Essai sur les mœurs (1756), Voltaire évoque laconiquement Gilles de Rais comme un supplicié ayant été « accusé de magie, et d'avoir égorgé des enfants pour faire avec leur sang de prétendus enchantements »[224]. Sur la base de ce passage succinct, le philosophe a été présenté par certains partisans de l'innocence de Gilles comme leur plus fameux précurseur[225],[226]. Bien qu'il émette des réserves quant à la culpabilité du seigneur de Tiffauges, Voltaire évite toutefois de se prononcer définitivement sur la question. Sa brève mention du procès d'octobre 1440, parmi d'autres procès médiévaux d'hérésie et de sorcellerie, lui permet principalement de vilipender le « fanatisme composé de superstition et d'ignorance », travers qu'il juge de tous temps mais caractérisant particulièrement sa conception d'un Moyen Âge obscurantiste en contraste avec les Lumières[227].

Dans un court passage de leur ouvrage L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur… (1784), des bénédictins de la congrégation de Saint-Maur semblent rejoindre l'opinion du philosophe en proposant également la superstition comme cause plausible du supplice de Gilles de Rais. Les érudits religieux assurent dans un premier temps que le maréchal « se déshonorait en Bretagne par des actions infâmes qui excitaient le cri du public contre lui ». Mais, abandonnant ensuite le ton affirmatif, ils emploient des termes similaires à la prose voltairienne lorsqu'ils évoquent le cortège de « prétendus devins et magiciens » possiblement à l'origine des « horreurs » imputées au seigneur de Tiffauges, « horreurs dont il n'était peut-être point coupable »[228]. À l'instar de l’Essai sur les mœurs, L'art de vérifier les dates… amalgame ici les évocations diaboliques et les meurtres d'enfants, contrairement aux aveux de Gilles qui dissociaient en pratique les deux accusations[n 81]. Distinguées des « horreurs », les « actions infâmes » alléguées de manière évasive au début du passage ne concerneraient donc pas les crimes eux-mêmes mais peut-être les pratiques sodomites. Les bénédictins laissent finalement planer le doute sur la réalité des « horreurs », sans conclure à l'innocence[227].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Gilles de Retz, le vampire de Bretagne, illustration de Louis Charles Bombled (1862-1927) pour l’Histoire de France de Jules Michelet.

À deux exceptions près, les actes des procès ne mentionnent pas clairement de découvertes macabres dans les demeures et lieux de passage du maréchal, bien que l'exhumation d'importants restes humains soit évoquée erronément par certains historiens durant le XIXe siècle.

Ainsi, Pierre-Hyacinthe Audiffret, dans l'article « RETZ (Gilles de LAVAL, seigneur de) » de la Biographie universelle ancienne et moderne (1824)[229] affirme que « Pour éliminer les traces de ses forfaits, [Gilles de Rais] faisait précipiter les cadavres dans les fosses d'aisances quand il était en voyage ; mais dans ses châteaux, il les brûlait et en jetait les cendres au vent. Malgré ces précautions, on en trouva quarante-six à Champtocé et quatre-vingts à Machecoul »[230].

Prenant la suite de la Biographie Universelle, Jules Michelet désigne également par un pronom indéfini les auteurs de l'exhumation présumée des cendres compromettantes : « On trouva dans la tour de Chantocé une pleine tonne d'ossements calcinés, des os d'enfants en tel nombre qu'on présuma qu'il pouvait y en avoir une quarantaine. On en trouva également dans les latrines du château de la Suze, dans d'autres lieux, partout où il avait passé. »[231]. Le célèbre professeur du Collège de France s'appuie sur les dépositions des chambriers Henriet Griart et Étienne Corillaut[n 82] pour alléguer cette macabre découverte champtocéenne, entre autres lieux, mais sa formulation ambiguë semble évoquer le résultat de fouilles entreprises par la justice ducale ou ecclésiastique.

Beaucoup d'auteurs et d'historiens[232],[199],[233] jusqu'au Grand dictionnaire universel du XIXe siècle[234] emboiteront le pas à Jules Michelet, souvent par le biais d'une longue citation de son Histoire de France, reproduisant ainsi à l'envi cette « légende issue d'une mauvaise lecture des documents »[n 83]. Autre réminiscence micheletiste, le récit romancé de Pitre-Chevalier dans La Bretagne ancienne et moderne en vient même à évoquer la libération de jeunes filles prisonnières du sire de Rais[235], version fantaisiste réfutée notamment par l'abbé Eugène Bossard[236].

Dans la première monographie consacrée au châtelain de Tiffauges, Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440 (1885), l'abbé Bossard ne doute pas de la réalité des crimes mais il relève que le récit micheletiste n'est qu'une extrapolation due à une lecture approximative des sources primaires, voire la réminiscence de l'œuvre « d'un historien mal informé »[237]. De fait, selon les actes des procès, il apparaît des propos des chambriers Henriet Griart et Étienne Corillaut que les restes des victimes ont été exhumés par les propres familiers et serviteurs de Gilles de Rais : Gilles de Sillé, Hicquet de Brémont, Robin Romulart ainsi que les chambriers eux-mêmes. Ces deux derniers attestent aux procès d'octobre 1440 que leur maître leur avait enjoint de retirer d'une tour près du château fort de Machecoul les « ossements desséchés » d'une quarantaine de victimes afin de les faire disparaître avant que René de La Suze et le sire de Lohéac ne s'emparent de cette forteresse bretonne[238].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Salomon Reinach[modifier | modifier le code]
Salomon Reinach[239]

Salomon Reinach utilise la presse pour faire connaître ses vues au grand public. Dans Le Signal du 2 octobre 1902, il fait paraître une « Lettre sur Gilles de Rais, innocent », qu'il signe « Un amateur d'histoire vraie » . Dans L'Éclair du 16 janvier 1905, il publie un « Exposé de la question Gilles de Rais »[240].

Louis Perceau et Fernand Fleuret[modifier | modifier le code]
Gilbert Prouteau[modifier | modifier le code]

Le poète et écrivain Gilbert Prouteau prête à l'avocat Maurice Garçon des doutes concernant la culpabilité de Gilles de Rais ainsi que la velléité de rédiger un ouvrage plaidant la thèse de l'innocence[241],[242]. Le livre projeté n'a pas vu le jour.

Postérieurement au décès de Maurice Garçon, l'écrivain affirme avoir été sollicité à Nieul-sur-l'Autise par « un dignitaire de la « Région » » dans le cadre de la préparation de « la route Gilles de Rais », un circuit touristique consacré aux châteaux du maréchal. L'ouvrage de commande doit étayer la démarche des promoteurs en « remett[ant] en cause la légende » et en « éclair[ant] les zones d'ombre du procès »[n 84].

À l'en croire, le romancier « [met] une journée à découvrir la vérité [aux Archives] »[n 85] puis laisse dormir son manuscrit pendant un an par crainte du refus d'un éditeur. Il finit par présenter son texte à l'avocat Jean-Yves Goëau-Brissonnière. Celui-ci accepte de devenir « le défenseur » de Gilles de Rais[243] et de réunir une « cour arbitrale », collège composé de personnalités[n 86] chargées de se livrer à une « révision » du procès tenu en 1440. Le texte romancé de Prouteau aurait servi d'inspiration au plaidoyer attribué à Goëau-Brissonnière, que l'avocat prononce dans l'amphithéâtre de l'UNESCO en mai 1992[244].

Illustration de l'amalgame légendaire entre alchimie et magie noire[245] : Gilles de Rais recueille le sang de ses victimes dans un laboratoire empli de cornues, alambics, grimoires et athanor (gravure de Jean Antoine Valentin Foulquier, 1862).

Le roman et la plaidoirie sont reproduits dans l'ouvrage Gilles de Rais ou la Gueule du loup (mai 1992)[246], juxtaposition de textes narratifs, d'extraits de minutes, de lettres romancées et d'un journal fictif tenu par un Gilles de Rais présenté comme un féru d'alchimie, esthète alcoolique et pédophile éloquent, sinon meurtrier[247]. Négligeant les analyses des études historiques, Gilbert Prouteau reprend à son compte la thèse de Salomon Reinach et Fernand Fleuret en faveur de l'innocence de Gilles de Rais, à savoir une machination judiciaire orchestrée par l'évêque-chancelier Jean de Malestroit[248],[249]. Les contradicteurs de Reinach et Fleuret sont traités de « cuistres » et de « trissotins de l'histoire » tandis que les romanciers Jean-Marie Parent et Roger Facon sont qualifiés d'« historiens de grand talent »[250] en raison de leur œuvre littéraire développant également la théorie du complot judiciaire ourdi à l'encontre du maréchal[251],[252].

La « cour arbitrale » se réunit derechef le dans la salle Clemenceau du Palais du Luxembourg, siège du Sénat[253]. Cette « cour » n'inclut aucun historien médiéviste et ne sollicite jamais l'avis d'experts de cette discipline historique[254]. Convié à s'exprimer quelques minutes, Michel Fleury, artisan menuisier « se disant historien amateur »[253] et archiviste-bibliothécaire de la Société d'études et de recherches historiques sur le pays de Retz[255], est fréquemment interrompu par l'avocat Henri Juramy, « président » de la « cour arbitrale »[256],[n 87].

La « révision » du procès aboutit à l'acquittement du seigneur de Tiffauges[257] mais ce jugement ne peut prétendre à une valeur légale, « sa portée [étant] d'ordre moral, symbolique… et médiatique »[258],[n 88]. Le « jury d'honneur », autoproclamé, n'a aucun caractère officiel[n 89].

La Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (dont son vice-président Jean Kerhervé) réagit en faisant part de ses objections méthodologiques devant cette « histoire-spectacle »[259],[260],[261]. Les historiens Jean Kerhervé et Olivier Bouzy publient des comptes rendus critiques, respectivement dans le journal Le Peuple breton en novembre 1992[262] et dans le bulletin Connaissance de Jeanne d'Arc en janvier 1993[244] ; préalablement, Philippe Reliquet avait effectué une mise au point dans un courrier publié par Le Monde le 5 septembre 1992.

Jean Kerhervé remarque qu'en dépit des considérations de Prouteau relatives aux sources soi disant manipulées ou mal interprétées par les précédents chercheurs, l'écrivain lui-même ne paraît ni avoir étudié les sources primaires originales (rédigées en moyen français et essentiellement en latin) ni maîtriser les compétences paléographiques nécessaires au déchiffrement de la cursive gothique du XVe siècle[n 90]. En outre, Prouteau est régulièrement pris en défaut sur ses connaissances en histoire de la religion, du droit et des institutions médiévales, notamment dans le cadre du duché de Bretagne[136],[244]. En raison de ses erreurs, approximations ou inventions forgées délibérément pour les besoins de la réhabilitation[244], il est reproché à Gilles de Rais ou la Gueule du loup de « créer la confusion la plus totale entre les éléments historiques et l'imaginaire de l'auteur »[263].

Par ailleurs, la couverture médiatique du « procès de révision » est blâmée pour son manque de recul critique. Bien que certains périodiques qualifient ce « procès » de « parodie », « supercherie » et « pseudo-procès »[264], d'autres journalistes reproduisent parfois, sans vérification préalable, certains propos entendus à la séance publique du 9 novembre 1992 ou imprimés dans Gilles de Rais ou la Gueule du loup, « erreurs et manipulations comprises »[265],[n 91]. Le jeudi 18 juin 1992, une dépêche de l'AFP évoque ainsi un seigneur de Rais « plus grande fortune du royaume de France », en sus de faire état de ses prétendus aveux concernant 800 meurtres, chiffre inventé par Fernand Fleuret puis repris par Gilbert Prouteau et Goëau-Brissonnière[266].

Auteur de canulars et « orfèvre de fausses citations »[267], le poète Gilbert Prouteau a été qualifié de facétieux et de provocateur[268]. Ainsi, le « procès de révision » tenu en 1992 aurait été une « farce monumentale (...) mont[ée] avec des comparses de haute volée », mystification dont Prouteau se serait amusé encore plusieurs années après les faits[269].

Jean-Pierre Bayard[modifier | modifier le code]

Paru la même année que le « procès de révision », Plaidoyer pour Gilles de Rais (octobre 1992) est un ouvrage de Jean-Pierre Bayard, auteur spécialisé dans l'ésotérisme, le rosicrucianisme, les sociétés secrètes et la franc-maçonnerie. Présentant le seigneur de Tiffauges comme une victime innocente de l'Inquisition, Bayard dédie son livre à l'avocat Jean-Yves Goëau-Brissonnière « en témoignage de notre communion d'esprit »[270] et, en conclusion, remercie ce dernier et Gilbert Prouteau « pour leur heureuse et courageuse campagne »[271]. La quatrième de couverture précise que ce Plaidoyer… « va dans le sens spirituel du « Comité de réhabilitation du Maréchal Gilles de Rais » ». En 2007, Goëau-Brissonnière préface l'ouvrage de son « frère » franc-maçon Bayard[272],[273] à l'occasion d'une republication chez Dualpha, maison d'édition proche de l'extrême droite française[n 92].

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Georges Bataille et Pierre Klossowski, Procès de Gilles de Rais. Documents précédés d'une introduction de Georges Bataille, Société nouvelle des éditions Pauvert,‎ (1re éd. 1959), 338 p. (ISBN 2-7202-0177-4).
  • Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France : nouvelle édition, revue sur les manuscrits, suivie de divers fragments inédits, publiée avec notes, notices et éclaircissements par Vallet de Viriville, t. I, Paris, Pierre Jannet,‎ 1858 (i), 271 p. (lire en ligne).
  • Jean Chartier, Chronique de Charles VII, roi de France : nouvelle édition, revue sur les manuscrits, suivie de divers fragments inédits, publiée avec notes, notices et éclaircissements par Vallet de Viriville, t. II, Paris, Pierre Jannet,‎ 1858 (ii), IV-346 p. (lire en ligne).
  • Gilles Le Bouvier (dit le héraut Berry), Armorial de France, Angleterre, Écosse, Allemagne, Italie et autres puissances, composé vers 1450 par Gilles Le Bouvier dit Berry, premier roi d'armes de Charles VII, roi de France : texte complet, publié pour la première fois d'après le manuscrit original / précédé d'une notice sur la vie et les ouvrages de l'auteur... par M. Vallet de Viriville, Paris, Bachelin-Deflorenne,‎ , XII-232 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  • Gilles Le Bouvier (dit le héraut Berry), Armorial de Gilles Le Bouvier : Héraut Berry / publié par Emmanuel de Boos, d'après le manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale de France (ms fr 4985), Paris, Éditions du Léopard d'or, coll. « Documents d'héraldique médiévale » (no 7),‎ , 277 p. (ISBN 2-86377-120-5).
  • Bernard de Montfaucon (Dom), Les monumens de la monarchie françoise, qui comprennent l'histoire de France, avec les figures de chaque règne que l'injure des tems a épargnées, t. III : La suite des rois depuis Charles V jusqu'à Louis XI inclusivement, Paris, Julien-Michel Gandouin et Pierre-François Giffart,‎ (lire en ligne).
  • Hyacinthe Morice (Dom), Mémoires pour servir de preuves à l'histoire ecclésiastique et civile de Bretagne, tirés des archives de cette province, de celles de France et d'Angleterre, des Recueils de plusieurs sçavans Antiquaires, t. II, Paris, Charles Osmont,‎ (lire en ligne).
  • Paul Marchegay (éd.), Cartulaire des sires de Rays, notice, tables analytique et alphabétique, choix de documents, liste des sires de Rays, Paris, J. Techener,‎ , in-8, 96 p. (lire en ligne).
  • René Blanchard (éd.), Cartulaire des sires de Rays... 1160-1449, t. I, Poitiers, Société française d'imprimerie et de librairie, coll. « Archives historiques du Poitou »,‎ , CXCI-320 p. (lire en ligne).
  • René Blanchard (éd.), Cartulaire des sires de Rays... 1160-1449, t. II, Poitiers, Société française d'imprimerie et de librairie, coll. « Archives historiques du Poitou »,‎ , VI-593 p. (lire en ligne).
  • André Joubert, « Le testament de Jean de Craon, seigneur de La Suze et de Chantocé (avant 1432) », Revue historique et archéologique du Maine, t. 27,‎ , p. 340-346 (lire en ligne).
  • Gérard Gros (éd.), Mystère du siège d'Orléans, Paris, Librairie générale française (LGF), coll. « Le Livre de poche / Lettres gothiques »,‎ , 1049 p. (ISBN 2-253-06675-3).
  • Vicki L. Hamblin (éd.), Le mistère du siège d'Orléans, Genève, Droz, coll. « Textes littéraires français » (no 546),‎ , 818 p. (ISBN 2-600-00634-6, présentation en ligne).
  • Louis de La Trémoïlle (éd.), Les La Trémoïlle pendant cinq siècles, t. Ier : Guy VI et Georges (1343-1446), Nantes, Émile Grimaud éditeur-imprimeur,‎ (lire en ligne).
  • Paul Marchegay (éd.), « Documents relatifs à Prigent de Coëtivy, seigneur de Taillebourg et amiral de France, tirés du chartrier de Thouars », Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, Paris / Saintes, Honoré Champion / Mme Z. Mortreuil, t. VI,‎ , p. 23-88 (lire en ligne).
  • Ambroise Ledru (abbé), « Gilles de Rais dit Barbe-Bleue, maréchal de France. Sa jeunesse, 1404-1424 », L'union historique et littéraire du Maine, Le Mans, Imprimerie librairie Leguicheux, t. Ier,‎ , p. 270-284 (lire en ligne).
  • Arthur Bertrand de Broussillon (éd.) (ill. Paul de Farcy), La Maison de Craon, accompagnée du Cartulaire de Craon, t. II, Paris, Alphonse Picard et fils,‎ (présentation en ligne).
  • Arthur Bertrand de Broussillon (éd.) (ill. Paul de Farcy), La maison de Laval, 1020-1605. Étude historique accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré, t. II : Les Montmorency-Laval, 1264-1412, Paris, Alphonse Picard et fils,‎ (lire en ligne).
  • Arthur Bertrand de Broussillon (éd.) (ill. Paul de Farcy), La maison de Laval, 1020-1605. Étude historique accompagnée du cartulaire de Laval et de Vitré, t. III : Les Montfort-Laval, 1412-1501, Paris, Alphonse Picard et fils,‎ (lire en ligne).
  • Jean de Bueil, Le Jouvencel : suivi du commentaire de Guillaume Tringant, introduction biographique et littéraire par Camille Favre, texte établi et annoté par Léon Lecestre, t. Ier, Paris, Librairie Renouard,‎ (lire en ligne).
  • Jean de Bueil, Le Jouvencel : suivi du commentaire de Guillaume Tringant, introduction biographique et littéraire par Camille Favre, texte établi et annoté par Léon Lecestre, t. II, Paris, Librairie Renouard,‎ (lire en ligne).
  • Paul Guérin (éd.) et Léonce Celier (éd.), Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France, t. VIII, Poitiers, Société des archives historiques du Poitou, Typographie Oudin et Cie,‎ (présentation en ligne, lire en ligne).
  • Guillaume Gruel, Chronique d'Arthur de Richemont, connétable de France, duc de Bretagne (1393-1458) : édition établie par Achille Le Vavasseur, Paris, Librairie Renouard,‎ , 313 p. (lire en ligne).
  • Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle : publiés pour la première fois d'après les manuscrits de la Bibliothèque royale, suivis de tous les documents historiques qu'on a pu réunir et accompagnés de notes et d'éclaircissements, t. 4 : Témoignages des chroniqueurs et historiens du XVe siècle, Paris, Jules Renouard et Cie,‎ , 540 p. (lire en ligne).
  • Jules Quicherat (éd.), Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d'Arc, dite la Pucelle : publiés pour la première fois d'après les manuscrits de la Bibliothèque royale, suivis de tous les documents historiques qu'on a pu réunir et accompagnés de notes et d'éclaircissements, t. 5 : Témoignages des poètes du XVe siècle. Lettres, actes et autres pièces détachées. Témoignages extraits des livres de comptes. Documents relatifs à l'Institution et aux premières célébrations de la fête du 8 mai, jour anniversaire de la délivrance d'Orléans. Documents sur la fausse Jeanne d'Arc qui parut de 1436 à 1440. Supplément aux pièces et extraits concernant la Pucelle. Itinéraire de la Pucelle. Notice littéraire du procès du condamnation. Notice des pièces de la réhabilitation. Table analytique, Paris, Jules Renouard et Cie,‎ , 575 p. (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Études, essais et articles consacrés totalement ou partiellement à Gilles de Rais (présentation chronologique)[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Hyacinthe Audiffret, entrée RETZ (Gilles de LAVAL, seigneur de), dans Louis-Gabriel Michaud (dir.), Biographie universelle ancienne et moderne. Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, nouvelle édition, t. 35 : « Raabe-Ricord », Paris, chez Madame C. Desplaces, 1843-18?? (première édition : 1824), p. 470-471, [lire en ligne].
  • Armand Guéraud, Notice sur Gilles de Rais, Rennes, Imprimerie de A. Marteville et Oberthur,‎ , 74 p. Réédition révisée dans : Prosper Levot, Biographie bretonne, recueil des notices sur tous les bretons qui se sont fait un nom, t. 2, Vannes / Paris, Cauderan / Dumoulin,‎ (lire en ligne), p. 677-691.
  • Eugène Bossard (abbé), Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440 : d'après des documents inédits, Paris, Honoré Champion,‎ (1re éd. 1885), XIX-426-CLXVIII p. (lire en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne].
    Rééditions amputées de l'édition critique des actes en latin du procès, établie par le chartiste René de Maulde :
    • Eugène Bossard (abbé) (post. « Eugène et Gilles », François Angelier), Gilles de Rais, maréchal de France, dit « Barbe-Bleue », 1404-1440 : d'après des documents inédits, Grenoble, Éditions Jérôme Millon,‎ 1992 et 1997, 336 p. (ISBN 2-905614-72-2).
  • Charles Lemire, Un maréchal et un connétable de France : le Barbe-Bleue de la légende et de l'histoire, Paris, Ernest Leroux,‎ , 88 p.
  • Lucien Merlet, « Catherine de Thouars, femme de Gilles de Retz (1404-1462) », Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, t. V,‎ , p. 93-111 (lire en ligne).
  • Jules Hébert, « Une cause célèbre au XVe siècle : Gilles de Rays », Annuaire-bulletin de la Société de l'histoire de France, Brest, imprimerie A. Dumont, série 2e, t. XVIII,‎ 1892-1893, p. 183-303 (lire en ligne).
  • Joris-Karl Huysmans, La magie en Poitou. Gilles de Rais, Ligugé, imprimerie Saint-Martin, 1899, 28 p. Réédition : Gilles de Rais. La Magie en Poitou suivi de deux documents inédits, notes et postface par Jérôme Solal, Paris, Éditions Mille et une Nuits, coll. « La petite collection », no 523, 2007, 62 p.
  • Louis François La Bessière, « Chalonnes-sur-Loire. Un mariage de grands seigneurs en 1422 », Revue de l'Anjou, Angers, Germain et G. Grassin,‎ , p. 335-351.
  • Jean de Cherveix, 200 viols par un maréchal de France. Relation du procès en hérésie, évocations, sodomie, contre Gilles de Laval, sire de Rais, maréchal de France, conseiller du roi, d'après les manuscrits de 1440, Paris, Offenstadt et Cie,‎ , 133 p. (lire en ligne).
  • Noël Valois, « Le procès de Gilles de Rais », Annuaire-bulletin de la Société de l'histoire de France, Paris, Librairie Renouard, t. LIX,‎ , p. 193-239 (lire en ligne).
  • Arthur Bourdeaut (abbé), « Chantocé, Gilles de Rays et les ducs de Bretagne », Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, Rennes, Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. V, Première partie,‎ , p. 41-150 (lire en ligne).
  • Émile Gabory, « La psychologie de Gilles de Rais », Revue du Bas-Poitou, Fontenay-le-Comte, imprimerie Henri Lussaud, no 3e livraison,‎ , p. 153-168 (lire en ligne).
  • Émile Gabory, La Vie et la mort de Gilles de Raiz (dit, à tort, "Barbebleue"), Paris, Librairie académique Perrin et Cie, coll. « Énigmes et drames judiciaires d'autrefois »,‎ , 244 p. (présentation en ligne).
  • Jules de La Martinière, « Gilles de Rays en face de Jeanne d'Arc. Lettres patentes accordant un orle de France en supplément d'armoiries au maréchal de Rays, Sully-sur-Loire, septembre 1429 », Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, t. XXI, no 228,‎ , p. 200-206 (lire en ligne).
  • Georges Meunier, Gilles de Rais et son temps, Paris, Nouvelles éditions latines, coll. « Vies romanesques »,‎ , 216 p.
  • Maurice Termeau, Gilles de Raiz dit à tort Barbebleue et la Maison de Sillé (1404-1440), Laval, Imprimerie-librairie Goupil,‎ , 77 p. (Tiré à part de la revue La Province du Maine.)
  • Roland Villeneuve, Gilles de Rays. Une grande figure diabolique, Paris, Denoël, coll. « La Tour Saint Jacques »,‎ , 288 p. Rééditions : Verviers, Gérard, coll. « Marabout – Univers secrets », 1973, 248 p., puis Genève, Crémille, coll. « Les personnages maudits de l'histoire », 1989, 361 p.
  • Pierre Sadron, « Un singulier protecteur du théâtre au XVe siècle : Gilles de Rays (1404-1440) », Revue de la Société d'histoire du théâtre, Paris, Michel Brient / Société d'histoire du théâtre, t. I,‎ 1956 (8e année), p. 321-327.
  • Michel Bataille et Jean Pesez, Gilles de Rais : suivi de Gilles de Rais, Jeanne d'Arc et ses compagnons, Paris, Club des amis du livre / Éditions Planète,‎ , 312 p.
    Rééditions amputées de l'étude de Jean Pesez :
    • Michel Bataille, Gilles de Rais, Paris, J'ai lu, coll. « L'Aventure mystérieuse »,‎ , 320 p.
    • Michel Bataille, Gilles de Rais, Paris, Éditions Pygmalion, coll. « Bibliothèque infernale »,‎ , 284 p. (ISBN 2-85704-030-X).
  • Jacques Bressler, Gilles de Rais ou La passion du défi, Paris, Payot,‎ , 211 p. (ISBN 2-228-70290-0).
  • Michel Hérubel, Gilles de Rais et le déclin du Moyen Âge, Paris, Librairie académique Perrin,‎ , 384 p. (ISBN 2-262-00247-9).
  • Philippe Reliquet, Le Moyen Âge : Gilles de Rais. Maréchal, monstre et martyr, Paris, Belfond,‎ , 288 p. (ISBN 2-7144-1463-X).
  • Arlette Laret-Kayser, « Gilles de Rais ou le syndrome du mal absolu », dans Hervé Hasquin (dir.), Magie, sorcellerie, parapsychologie, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, coll. « Laïcité / Recherches » (no 5),‎ , 237 p. (ISBN 2-8004-0843-X), p. 27-38.
  • Pierre Boutin, Pierre Chalumeau, François Macé et Georges Peyronnet, Gilles de Rais, Nantes, Centre national de documentation pédagogique (CNDP) et Centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de l'Académie de Nantes,‎ , 158 p. (ISBN 2-86628-074-1).
  • Alain Gérard, « L'énigme Gilles de Rais », Revue 303, no 35,‎ , p. 52-59 (lire en ligne).
  • Jean Kerhervé, « L'histoire ou le roman ? », Le Peuple breton, no 347,‎ , p. 6-8. Repris sous le titre : « Gilles de Rais, de Gilbert Prouteau, ou le "Naufrage de L'Histoire" », in Bulletin de l'Association Bretonne, no 120, 1992.
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, vol. 1, Nantes, Éditions Joca Seria,‎ 1992 (i), 58 p. (ISBN 2-908929-05-8).
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, vol. 2, Nantes, Éditions Joca Seria,‎ 1992 (ii), 58 p. (ISBN 2-908929-12-0).
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, vol. 3, Nantes, Éditions Joca Seria,‎ 1993 (iii), 58 p. (ISBN 2-908929-15-5).
  • Collectif, Cahiers Gilles de Rais, vol. 4, Nantes, Éditions Joca Seria,‎ 1993 (iv), 58 p. (ISBN 2-908929-19-8).
  • Olivier Bouzy, « La réhabilitation de Gilles de Rais, canular ou trucage ? », Connaissance de Jeanne d'Arc, Chinon, no 22,‎ , p. 17-25 (lire en ligne).
  • Michel Fleury, « Gilles de Rais ou les malheurs de l'Histoire », Bulletin de la Société d'études et de recherches historiques du pays de Retz, Paimbœuf, Éditions du pays de Retz, no 13,‎ , p. 4-7.
  • Michel Hérubel, Gilles de Rais ou la fin d'un monde, Paris, Jean Picollec,‎ , 336 p. (ISBN 2-86477-120-9).
  • Jacques Heers, Gilles de Rais, Paris, Perrin, coll. « Vérités et légendes »,‎ , 249 p. (ISBN 2-262-01066-8). Réédition : Perrin, coll. « Tempus », 2005, 249 p., (ISBN 2-262-02326-3).
  • Alain Jost, Gilles de Rais, Alleurs / Paris, Marabout, coll. « Histoire et mystères »,‎ , 260 p. (ISBN 2-501-02230-0).
  • Élodie Martin, « Gilles de Rais, client de Jean de Recouin, notaire orléanais, 1433-1438 », Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 21,‎ , p. 14-38.
  • Olivier Bouzy, « Le Procès de Gilles de Rais. Preuve juridique et "exemplum" », Connaissance de Jeanne d'Arc, Chinon, no 26,‎ , p. 40-45 (lire en ligne).
  • Jacques Chiffoleau, « Gilles de Rais, un serial killer pédophile ? Note sur les lectures d'un procès célèbre depuis 1440 et sur son actualité supposée », Actes du colloque sur la pédophilie organisé par le tribunal de grande instance de Créteil (décembre 1997), Paris,‎ .
  • Gérard Gros, « Le Seigneur de Rais et Jeanne : étude sur une relation, d'après le Mistère du siège d'Orléans », dans Jean Maurice et Daniel Couty (dir.), Images de Jeanne d'Arc : Actes du colloque de Rouen, 25, 26, 27 mai 1999, Paris, Presses universitaires de France (PUF), coll. « Études médiévales » (no 1),‎ , VIII-281 p. (ISBN 2-13-049952-X), p. 117-126.
  • (en) Val Morgan, The Legend of Gilles de Rais (1404-1440) in the Writings of Huysmans, Bataille, Planchon, and Tournier, Lewiston (New York), Edwin Mellen Press, coll. « Studies in French Civilization » (no 29),‎ , XVI-274 p. (ISBN 0-7734-6619-3).
  • Michel Meurger, Gilles de Rais et la littérature, Rennes, Terre de brume, coll. « Terres fantastiques »,‎ , 237 p. (ISBN 2-84362-149-6).
  • Matei Cazacu, Gilles de Rais, Paris, Tallandier,‎ , 384 p. (ISBN 2-84734-227-3). Réédition : Matei Cazacu, Gilles de Rais, Paris, Tallandier, coll. « Texto »,‎ , 387 p. (ISBN 978-2-84734-896-5)
  • Pierre Savy, « Le Procès dans l'histoire, l'histoire dans le Procès », dans L'Histoire-Bataille. L'écriture de l'histoire dans l'œuvre de Georges Bataille : actes de la journée d'études consacrée à Georges Bataille, Paris, École nationale des chartes, 7 décembre 2002 / études réunies par Laurent Ferri et Christophe Gauthier, Paris, École des chartes, coll. « Études et rencontres de l'École des chartes » (no 18),‎ , VIII-281 p. (ISBN 2-900791-78-2), p. 85-98.
  • Olivier Guyotjeannin, « Entre histoire et document : les annales de la vie criminelle de Gilles de Rais », dans L'Histoire-Bataille. L'écriture de l'histoire dans l'œuvre de Georges Bataille : actes de la journée d'études consacrée à Georges Bataille, Paris, École nationale des chartes, 7 décembre 2002 / études réunies par Laurent Ferri et Christophe Gauthier, Paris, École des chartes, coll. « Études et rencontres de l'École des chartes » (no 18),‎ , VIII-281 p. (ISBN 2-900791-78-2), p. 99-106.
  • Jean-Pierre Le Bouler, « Georges Bataille, le Moyen Âge et la chevalerie. De la thèse d'École des chartes (1922) au Procès de Gilles de Rais (1959) », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris / Genève, Librairie Droz, t. 164,‎ , p. 539-560 (lire en ligne).
  • Jacques Chiffoleau, « Gilles de Rais, ogre ou serial killer ? », L'Histoire, no 335,‎ , p. 8-16.
  • Zrinka Stahuljak, « « Archéologie pathologique » : Le Moyen Âge et l'histoire de la médecine », dans Fantasmagories du Moyen Âge. Entre médiéval et moyen-âgeux : [actes du colloque international, 7-9 juin 2007, Université de Provence] / études réunies par Élodie Burle-Errecade et Valérie Naudet, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, coll. « Sénéfiance » (no 56),‎ , 280 p. (ISBN 978-2-85399-733-1, lire en ligne), p. 209-216.
  • (en) Ben Parsons, « Sympathy for the Devil : Gilles de Rais and His Modern Apologists », Fifteenth-Century Studies / edited by Barbara I. Gusick and Matthew Z. Heintzelman, Rochester, New York / Woodbridge, Suffolk, Camden House / Boydell & Brewer, vol. 37,‎ , p. 113-137 (ISBN 978-1-57113-526-1).
  • (en) Zrinka Stahuljak, Pornographic Archaeology : Medicine, Medievalism, and the Invention of the French Nation, Philadelphia, University of Pennsylvania Press,‎ , VIII-338 p. (ISBN 9780812244472), chap. 4 (« Gilles and Joan, Criminal and Genius: Medical Fictions and the Regeneration of the French Race »), p. 99-127.

Études et articles complémentaires sur le contexte historique[modifier | modifier le code]

  • Jules Michelet, Histoire de France, t. 5, Paris, Librairie classique et élémentaire de Louis Hachette,‎ (lire en ligne), p. 208-215.
  • Auguste Vallet de Viriville, Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, t. II : 1429-1444, Paris, Jules Renouard,‎ , XV-462 p. (lire en ligne).
  • Auguste Vallet de Viriville, « Examen critique du Mystère du siège d'Orléans », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris, Librairie A. Franck, 5e série, t. 5,‎ , p. 1-17 (lire en ligne).
  • Auguste Longnon, « Les limites de la France et l'étendue de la domination anglaise à l'époque de la mission de Jeanne d'Arc », Revue des questions historiques, Paris, Librairie de Victor Palmé, t. XVIII,‎ , p. 444-546 (lire en ligne).
  • Gaston Du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II : Le roi de Bourges, 1422-1435, Paris, Librairie de la société bibliographique,‎ , 667 p. (lire en ligne).
  • Eugène Cosneau, Le connétable de Richemont (Arthur de Bretagne), 1393-1458, Paris, Librairie Hachette et Cie,‎ , XV-712 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  • Siméon Luce, « Jeanne Paynel à Chantilly », Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, Paris, Imprimerie nationale, vol. 34,‎ , p. 301-415 (lire en ligne).
  • René Blanchard, « Le Pays de Rays et ses seigneurs pendant la guerre de Cent ans (1341-1372) », Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de la Loire-inférieure, Nantes, Bureaux de la société archéologique, t. 37,‎ , p. 87-110 (lire en ligne).
  • Jules de la Martinière, « Un grand chancelier de Bretagne, Jean de Malestroit, évêque de Saint-Brieuc (1405-1419) et de Nantes (1419-1443) », Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, Paris, Honoré Champion, t. I,‎ , p. 9-52 (lire en ligne).
  • Jean Favier, La Guerre de Cent ans, Paris, Fayard,‎ , 678 p. (ISBN 2-213-00898-1).
  • Jean-Pierre Leguay et Hervé Martin, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale, 1213-1532, Rennes, Éditions Ouest-France, coll. « Université »,‎ , 435 p. (ISBN 2-85882-309-X, présentation en ligne).
  • Philippe Contamine, « L'action et la personne de Jeanne d'Arc, remarques sur l'attitude des princes français à son égard », Bulletin de la société historique de Compiègne, t. 28 « Actes du colloque Jeanne d'Arc et le cinq cent cinquantième anniversaire du siège de Compiègne, 20 mai – 25 octobre 1430 »,‎ , p. 63-80 (lire en ligne).
  • Pierre-Roger Gaussin, « Les conseillers de Charles VII (1418-1461). Essai de politologie historique », Francia, Munich, Artemis-Verlag, vol. 10,‎ , p. 67-130 (lire en ligne).
  • Georges Peyronnet, « Les complots de Louis d'Amboise contre Charles VII (1428-1431). Un aspect des rivalités entre lignages féodaux en France au temps de Jeanne d'Arc », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris / Genève, Librairie Droz, t. 142,‎ , p. 115-135 (lire en ligne).
  • René Cintré, « Un exemple de contestation péagère au XVe siècle. Le péage de Champtocé sur Loire, d'après le procès de 1412-1414 », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, vol. 92, no 92-1,‎ , p. 13-25 (lire en ligne).
  • Jean Kerhervé, L'État breton aux XIVe et XVe siècles : les ducs, l'argent et les hommes, vol. 1 et 2, Paris, Éditions Maloine,‎ (ISBN 2-224-01703-0 et 2-224-01704-9, présentation en ligne).
  • Jacques Chiffoleau, « Dire l'indicible. Remarques sur la catégorie du nefandum du XIIe au XVe siècle », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 45e année, no 2,‎ , p. 289-324 (lire en ligne).
  • René Cintré, Les marches de Bretagne au Moyen Âge : économie, guerre et société en pays de frontière, XIVe-XVe siècles, Pornichet, Éditions Jean-Marie Pierre,‎ , 238 p. (ISBN 2-903999-11-2).
  • Philippe Contamine, « Un acteur du sacre de Charles VII : Georges de La Trémoille », Travaux de l'Académie Nationale de Reims, vol. 171 « L'histoire de Reims en questions »,‎ , p. 190-211.
  • Philippe Contamine, La noblesse au royaume de France, de Philippe le Bel à Louis XII : essai de synthèse, Paris, Presses universitaires de France (PUF), coll. « Moyen âge »,‎ , 385 p. (ISBN 2-13-048763-7, présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
  • Françoise Michaud-Fréjaville, « « Va, va, fille de Dieu ». De l'usage du « tu » et du « vous » dans les sources concernant Jeanne d'Arc (1430-1456) », Cahiers de recherches médiévales, Orléans / Paris, CEMO / Honoré Champion, no 12 « Une ville, une destinée : Orléans et Jeanne d'Arc »,‎ 2005 (i), p. 157-169 (lire en ligne).
  • Françoise Michaud-Fréjaville, « Cinéma, histoire : autour du thème "johannique" », Cahiers de recherches médiévales, Orléans / Paris, CEMO / Honoré Champion, no 12 « Une ville, une destinée : Orléans et Jeanne d'Arc. En hommage à Françoise Michaud-Fréjaville »,‎ 2005 (ii), p. 285-300 (lire en ligne).
  • Jean-Patrice Boudet, Entre science et nigromance : astrologie, divination et magie dans l'Occident médiéval (XIIe-XVe siècle), Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire ancienne et médiévale » (no 83),‎ , 624 p. (ISBN 978-2-85944-544-7, présentation en ligne).
  • (en) Malcolm Walsby, The Counts of Laval : Culture, Patronage and Religion in Fifteenth and Sixteenth-Century France, Aldershot, Ashgate,‎ , 220 p. (ISBN 9780754658115, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Olivier Bouzy, « Les débuts du règne de Charles VII : 1418-1428 », Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 27,‎ , p. 41-141.
  • Michael Jones, « Jean IV et le pays de Retz : l'exercice et les limites du pouvoir ducal à la fin du XIVe siècle », dans Échanges et pouvoirs au pays de Retz à la fin du Moyen Âge : Le printemps de l'histoire, Machecoul, 14 avril 2007, les actes du Colloque / [organisé par la] Société des historiens du pays de Retz, La Bernerie-en-Retz, Société des historiens du pays de Retz,‎ , 64 p., p. 31-41.
  • Gildas Salaün, « Sceaux médiévaux liés au pays de Retz, conservés au musée départemental Dobrée », dans Échanges et pouvoirs au pays de Retz à la fin du Moyen Âge : Le printemps de l'histoire, Machecoul, 14 avril 2007, les actes du Colloque / [organisé par la] Société des historiens du pays de Retz, La Bernerie-en-Retz, Société des historiens du pays de Retz,‎ , 64 p., p. 57-63.
  • Boris Bove, Le temps de la guerre de Cent ans : 1328-1453, Paris, Belin, coll. « Histoire de France »,‎ , 669 p. (ISBN 978-2-7011-3361-4).
  • Laurent Vissière, « Georges de La Trémoille et la naissance du parti angevin », dans Jean-Michel Matz et Noël-Yves Tonnerre (dir.), René d'Anjou (1409-1480). Pouvoirs et gouvernement : [actes du colloque international, Angers, 26-28 novembre 2009], Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire »,‎ , 400 p. (ISBN 978-2-7535-1702-8), p. 15-30.
  • Philippe Contamine, « Yolande d'Aragon et Jeanne d'Arc : l'improbable rencontre de deux parcours politiques », dans Éric Bousmar, Jonathan Dumont, Alain Marchandisse et Bertrand Schnerb (dir.), Femmes de pouvoir, femmes politiques durant les derniers siècles du Moyen Âge et au cours de la première Renaissance, Bruxelles, De Boeck, coll. « Bibliothèque du Moyen Âge »,‎ , 656 p. (ISBN 978-2-8041-6553-6), p. 11-30.
  • Philippe Contamine, Olivier Bouzy et Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ , 1214 p. (ISBN 978-2-221-10929-8).
  • Jacques Chiffoleau, « L'hérésie de Jeanne. Note sur les qualifications dans le procès de Rouen », dans Jean-Patrice Boudet et Xavier Hélary (dir.), Jeanne d'Arc : histoire et mythes, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire »,‎ , 292 p. (ISBN 978-2-7535-3389-9), p. 13-55.
  • Vicki L. Hamblin, « Jehanne, personnage iconique dans le Mystère du siège d'Orléans », dans Jean-Patrice Boudet et Xavier Hélary (dir.), Jeanne d'Arc : histoire et mythes, Rennes, Presses universitaires de Rennes (PUR), coll. « Histoire »,‎ , 292 p. (ISBN 978-2-7535-3389-9), p. 143-153.

Littérature et essais consacrés à la réhabilitation de Gilles de Rais[modifier | modifier le code]

  • Salomon Reinach, « Gilles de Rais », in Revue de l'université de Bruxelles, décembre 1904, X, p. 161-182, repris dans Cultes, mythes et religions, tome IV, Paris, Ernest Leroux Éditeur, 1912, p. 267-299, [lire en ligne]. Réédition : Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1996, p. 1026-1042, (ISBN 2-221-07348-7).
  • Louis Perceau et Fernand Fleuret (alias Ludovico Hernandez), Le Procès inquisitorial de Gilles de Rais (Barbe-Bleue), maréchal de France, avec un essai de réhabilitation, Paris, Bibliothèque des curieux,‎ , 210 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
  • Fernand Fleuret, De Gilles de Rais à Guillaume Apollinaire, Paris, Mercure de France,‎ , 302 p., (chap.  « Gilles de Rais », p. 5-86).
  • Edmond Coarer-Kalondan, La scandaleuse affaire Gilles de Retz, Paris, Éditions du Scorpion,‎ , 192 p. (ISBN 2-221-04300-6).
  • Jean-Marie Parent et Roger Facon, Gilles de Rais et Jacques Cœur. La conspiration des innocents, Paris, Robert Laffont, coll. « Les Énigmes de l'univers »,‎ , 251 p. (ISBN 2-221-04300-6).
  • Roger Facon, Moi, Gilles de Rais, Caen, Institut francophone pour le développement des cultures régionales (I.F.D.C.R.), coll. « Les cahiers Ker-Ys »,‎ , 235 p. (ISSN 0987-772X).
  • Gilbert Prouteau, Gilles de Rais ou la gueule du loup, Monaco, Éditions du Rocher,‎ , 286 p. (ISBN 2-268-01322-7).
  • Jean-Pierre Bayard, Plaidoyer pour Gilles de Rais, maréchal de France, 1404-1440, Étréchy, Éditions du Soleil natal,‎ , 257 p. (ISBN 2-905270-50-0).
  • Gilbert Prouteau et Xavier Armange, « Je passe aux aveux ! » : entretiens avec Xavier Armange, Le Château-d'Olonne, d'Orbestier, coll. « Élite & rature » (no 2),‎ , 223 p. (ISBN 2-84238-045-2).

Littérature, théâtre[modifier | modifier le code]

Couverture illustrée du roman d'Émilie Carpentier, Les Prisonniers de Tiffauges (1892).
Roland Brévannes, Le Baiser de la démone (série Les Messes noires), Paris, Librairie des publications populaires, s.d. (1906 ?) ; illustration de Bluck
  • Hippolyte Bonnellier, Raiz, vol. 1 et 2, Paris, Alardin,‎ .
  • Paul Lacroix (alias le bibliophile Jacob), « Le maréchal de Rays », dans Curiosités de l'histoire de France, Paris, Adolphe Delahays,‎ (lire en ligne), p. 1-119.
  • Émilie Carpentier, Mémoires de Barbe-Bleue, Paris, Joseph Vermot,‎ , 323 p. Réédition sous le titre Les Prisonniers de Tiffauges, Paris, Alexandre Hatier, 1892, 240 p.
  • Alexandre Bessot de Lamothe, Les Mystères de Machecoul, Paris, Charles Blériot,‎ , 295 p.
  • Jean de Roche-Sèvre, Les Derniers jours de Barbe-Bleue (Gilles de Rais), Nantes, imprimerie d'Émile Grimaud,‎ , 362 p.
  • Joris-Karl Huysmans, Là-bas, Paris, Tresse et Stock,‎ , 443 p. (lire en ligne). Réédition : Librairie générale française (LGF), coll. « Le Livre de poche », 1988, 412 p., (ISBN 2-253-04617-5).
  • (en) Samuel Rutherford Crockett, The Black Douglas, New York, Doubleday & McClure Co,‎ (lire en ligne).
  • Aimé Giron et Albert Tozza, La bête de luxure : Gilles de Rais, Paris, Ambert,‎ (1re éd. s.d.), 372 p.
  • Roland Brévannes, Les Messes noires, reconstitution dramatique en 3 parties et 4 tableaux, donnée au théâtre de la Bodinière, le 17 février 1904. Musique de scène de René Brancour, Courbevoie, imprimerie de E. Bernard,‎ , In-8º obl., 31 p.
  • Roland Brévannes, Les Messes noires, Paris, Librairie des publications populaires,‎ (1re éd. précédemment paru sous le même titre dans une série de fascicules (s.d.)), 800 p.
  • Pierre La Mazière, Gilles de Rays, Paris, Éditions du Laurier, coll. « Les Vies en marge »,‎ , 285 p.
  • Marcel Priollet (sous le pseudonyme de René-Marcel de Nizerolles), Les Aventuriers du ciel, voyages extraordinaires d'un petit parisien dans la stratosphère, la lune et les planètes, fascicule no 42 : « La véridique histoire de "Barbe-bleue" », Paris, Joseph Ferenczi et fils éditeurs, juillet 1936, 16 p.
  • Marc Dubu (préf. Edmond Locard), Gilles de Rays : magicien et sodomiste, Paris, Les Presses de la Cité,‎ , 250 p.
  • Marie-Joseph-Albert-François Jean (alias Albert-Jean), Le Secret de Barbe-Bleue (Gilles de Rais), 1404-1440, Paris, Sfelt,‎ , 247 p.
  • Blaise Cendrars, Films sans images. Serajevo. Gilles de Rais. Le Divin Arétin (recueil de pièces radiophoniques), Paris, Denoël, 1959, 255 p.
  • Georges Bordonove, Requiem pour Gilles, Paris, Julliard,‎ , 246 p.
  • Raymond Queneau, Les Fleurs bleues, Paris, Gallimard,‎ , 278 p.
  • Roger Planchon, Gilles de Rais : suivi de L'infâme, Paris, Gallimard, coll. « Le manteau d'Arlequin »,‎ , 182 p.
  • Michel Peyramaure, La Lumière et la boue, vol. 3 : Les roses de fer, Paris, Robert Laffont,‎ , 315 p. (ISBN 2-221-00681-X).
  • Gérard Delangle, Gilles de Rais, monstre ou demi-dieu, Les-Loges-en-Josas, Comedia Nova,‎ , 82 p.
  • Michel Tournier, Gilles et Jeanne, Paris, Gallimard,‎ , 139 p. (ISBN 2-07-024269-2). Réédition : même éditeur, coll. « Folio », 1985, 151 p., (ISBN 2-07-037707-5).
  • Vicente Huidobro, Gilles de Raiz, Paris, José Corti, coll. « Ibériques »,‎ , 308 p. (ISBN 2-7143-0271-8).
  • Enzo Cormann, La Plaie et le Couteau : tombeau de Gilles de Rais : suivi de L'apothéose secrète, Paris, Éditions de Minuit,‎ , 140 p. (ISBN 2-7073-1440-4).
  • Martine Le Coz, Gilles de Raiz ou la confession imaginaire, Paris, Seuil,‎ , 318 p. Réédition : Monaco, Éditions du Rocher, 2002, 318 p., (ISBN 2-268-04268-5).
  • Martine Le Coz, Gilles de Rais, ignoble et chrétien, Nantes, Éditions Opéra,‎ , 143 p. (ISBN 2-908068-41-9).
  • Hugo Claus (trad. Marnix Vincent, adaptation de Jean-Claude Carrière), Gilles et la nuit [« Gilles en de nacht »], Paris, Calmann-Lévy, coll. « Petite bibliothèque européenne du XXe siècle »,‎ , 76 p. (ISBN 2-7021-2401-1).
  • Hubert Lampo (trad. Marian Van Zaanen, préf. Gilbert Van de Louw), Le Diable et la Pucelle [« De duivel en de maagd »], Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Lettres et civilisations des Flandres et des Pays-Bas »,‎ , 163 p. (ISBN 2-85939-765-5).
  • Michel Ragon, Un amour de Jeanne, Paris, Albin Michel,‎ , 167 p. (ISBN 2-226-13596-0, présentation en ligne).
  • Pierre Combescot, Pour mon plaisir et ma délectation charnelle, Paris, Grasset,‎ , 188 p. (ISBN 978-2-246-63101-9).
  • Tom Lanoye (trad. Alain van Crugten), Sang & roses : suivi de Mamma Medea [« Bloed en Rozen »], Arles, Actes Sud, coll. « Actes Sud-Papiers »,‎ , 173 p. (ISBN 978-2-7427-9738-7).

Références culturelles[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  • Gilles de Rais fait de brèves apparitions dans Jehanne au pied du mur (1980), bande dessinée humoristique de F'murr. Les ivrognes Gilles et Dunois tentent de brûler leur compagne de beuverie Jehanne d'Arque sur la place du marché à Rouen. Gilles assiste une première fois au sacre royal du canard Charles VII… puis au second sacre célébré après la distorsion temporelle occasionnée par la désintégration du démiurge Djeu. Gilles lorgne ensuite avec insistance le jeune Gargoylus Jr. dans une taverne. En sortant de celle-ci, le maréchal se fait acclamer par deux passants (« Vive Gilles de Rais, protecteur de nos z'enfants ! »). Gilles disparaît alors de l'histoire, bien qu'il ait promis à Jehanne d'Arque de venir la rejoindre auprès d'Attila le Hun, jugeant ce dernier « sympathique ».
  • Gilles de Rais apparaît en tant qu'ami du rôle-titre dans la plupart des albums de la série Jhen (1984-2012), parue chez Casterman et dessinée par Jean Pleyers sur des scénarios de Jacques Martin.
  • Les Helvétiques de Hugo Pratt, Casterman, 1988. Gilles de Rais est convoqué par le diable pour siéger aux côtés de Jeanne d'Arc (« la télégraphiste de Dieu ») comme juré au procès de Corto Maltese. Évoquant la probabilité d'une « histoire fausse », Satan semble douter de la crédibilité des crimes du maréchal.
  • Jehanne, bande dessinée érotique de Paul Gillon en deux tomes : La sève et le sang, La Pucelle, L'écho des savanes / Albin Michel, 1993-1997. Les amours imaginaires de Jeanne d'Arc et Gilles de Rais.
  • Gilles de Rais apparaît en tant que personnage surnaturel dans le manga de Kōta Hirano : Drifters ainsi que dans le manga de Madoka Takadono et Utako Yukihiro, Devils and Realist.
  • Le saigneur de Tiffauges, Soleil, 2010. Éric Corbeyran (scénario), Horne Perreard (dessin).
  • La série Les démons d'Armoises en deux tomes : Prelati et Jehanne des Garous, Soleil, 2012-2013. Jean-Luc Clerjeaud & Jean-Charles Gaudin (scénario), Stéphane Collignon (dessin).

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Eugène Bossard affirme que la graphie contemporaine Retz a été adoptée au XVIe siècle, postérieurement à la mort de Gilles de Rais (Bossard 1886, p. 2, note 1, [lire en ligne].
    De surcroît, l'abbé Bossard estime que Rais « est l'orthographe exacte du temps de Gilles », opinion contestée par Jules Hébert qui préfère la forme Rays au motif que Gilles signait de la sorte (Hébert 1892-1893, p. 183, note 1 ; p. 193, note 1, [lire en ligne]).
    René Blanchard confirme l'anachronisme de la graphie Retz au XVe siècle mais à la différence des deux auteurs susmentionnés, il insiste sur l'orthographe fluctuante du nom au Moyen Âge (Blanchard 1897, p. 87, note 1, [lire en ligne]).
    Matei Cazacu corrobore ce jugement, en indiquant qu'on trouve la forme Rayz et, moins fréquemment, Raiz, Rais ou Rayx dans les textes médiévaux. En définitive, Cazacu préfère employer la graphie archaïque Rais communément associée au personnage (Cazacu 2005, p. 313, note 1).
  2. Dans son ouvrage sur le tueur en série Joseph Vacher, le criminologue Alexandre Lacassagne distingue parmi d'autres criminels les « grands sadiques » qui commettent des « crimes à répétition », citant à ce titre « Gilles de Retz, Jack l'Éventreur, Vacher » (Alexandre Lacassagne, Vacher l'éventreur et les crimes sadiques, Lyon, A. Storck et Cie / Paris, Masson et Cie, coll. « Bibliothèque de criminologie, XIX », 1899, p. 243, [lire en ligne]).
    Souhaitant rappeler la réalité des « meurtres sadiques ou rituels » afin de réfuter un argument en faveur de l'innocence de Gilles de Rais, l'historien Émile Gabory mentionne à titre d'exemple « l'histoire du boucher hanovrien Haarmann qui, l'année dernière, tua vingt-huit jeunes gens (...) » (Gabory 1926, p. 236).
    Ce tueur en série allemand est également cité par l'écrivain Georges Bataille lors d'une conférence tenue le 24 février 1958 à Fontenay-le-Comte : « Gilles de Rais fut une sorte de boucher de Haarman (sic) mais en grand. » (« "Gilles de Rais", notes inédites », dans Collectif 1993 (III), p. 23).
    L'historien Olivier Bouzy évoque Andreï Tchikatilo comme « un Gilles de Rais au petit pied » (Bouzy 1993, p. 22, note 23, [lire en ligne]).
    Enfin, Matei Cazacu et l'essayiste Christian Denis qualifient Rais d'ancêtre médiéval des tueurs en série contemporains (Cazacu 2005, p. 10 ; 181-202 ; Christian Denis, Gilles de Rais. Chroniques d'un tueur en série, Les Éditions de Bonnefonds, 2003).
  3. Fils de Jeanne Chabot « la folle », Guy « Brumor » de Montmorency-Laval avait épousé en secondes noces Tiphaine Husson, fille de Clémence Du Guesclin, elle-même sœur de Bertrand Du Guesclin. De par l'union contractée par son grand-père paternel « Brumor », Gilles de Rais est donc l'arrière-petit-neveu du fameux connétable du roi Charles V le Sage (Cazacu 2005, p. 21).
  4. Suivant l'expression de l'historien Bernard Guenée, les rois et les princes mènent depuis le XIIIe siècle une politique de « centralisation personnelle » visant à étendre leurs domaines respectifs par une succession d'acquisitions et de réunions de terres appartenant à leurs vassaux ou leurs voisins. Les « appétits territoriaux des ducs bretons » se manifestent à nouveau avec les Monforts, Jean IV et son fils Jean V (Leguay et Martin 1982, p. 177).
  5. Le domaine désigne simultanément les terres ainsi que les droits et les revenus seigneuriaux qui s'y rattachent (Leguay et Martin 1982, p. 177).
  6. Dans le « mémoire (intendits) des héritiers de Gilles de Rais » (vers 1461-1462), Gilles est qualifié de « noble et puissant seigneur, né et extraict de grandes et anciennes lignées et maisons, comme des maisons de Laval, de Roucy, de Montmorency, de Rays et de Craon, qui sont très grandes, nobles et anciennes maisons yssues et descendues des plus grandes maisons du royaulme de France » (Cazacu 2005, p. 250-251, annexe 1).
  7. Ledru 1893, p. 270-284, [lire en ligne].
    Prêtre du diocèse du Mans et président de la Société historique de la province du Maine, le chanoine Ambroise Ledru (1849-1935) reproduit en annexe de son article des témoignages collectés dans le cadre d'une enquête judiciaire effectuée à Angers en 1461-1462 à la demande de René de Rais, le frère cadet de Gilles. De nombreux témoins attestent de la naissance champtocéenne de l'ancien baron de Retz.
    Cependant, plusieurs auteurs (Charles Lemire, Jeanne d'Arc et le sentiment national, 1898, p. 250 ; Prouteau 1992, p. ???) n'en ont pas moins continué à lui assigner faussement le château de Machecoul pour berceau, recopiant ainsi l'erreur commise initialement par l'abbé Bossard (Bossard 1886, p. 5-8, [lire en ligne]).
  8. Dans un article de la Biographie universelle ancienne et moderne (1824, [lire en ligne]), le polygraphe Pierre-Hyacinthe Audiffret (1773-1841) fait naître Gilles de Rais en 1396, information erronée reprise plus récemment par Gérard Gros, professeur de Lettres médiévales (Gros 2000, p. 118 ; Gros 2002, p. 1027).
    Par ailleurs, le paléographe Auguste Vallet de Viriville avance — sans citer ses sources — que Gilles voit le jour « probablement en 1406 » (Vallet de Viriville 1863, p. 412, [lire en ligne]).
    Eugène Bossard rappelle que le frère dominicain Augustin du Paz fixe au 5 février 1404 la date du mariage des parents de Gilles de Rais (Augustin du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, 1619 ; [lire en ligne]). Se basant ensuite sur la durée d'une grossesse, l'abbé Bossard calcule que le fils aîné de Guy de Laval et Marie de Craon « vint au monde vraisemblablement vers le mois de septembre ou d'octobre de la même année » (Bossard 1886, p. 5-8, [lire en ligne]).
    Vice-président de la Société académique de Brest, le docteur Jules Hébert souscrit à l'interprétation de Bossard, tout en élargissant le cadre temporel : « C'est donc aux derniers mois de cette année 1404, ou au commencement de l'année suivante, qu'il faut faire remonter la naissance de Gilles de Rays dont aucun historien n'a indiqué exactement la date » (Hébert 1892-1893, p. 185, [lire en ligne]).
    Entre autres témoignages recueillis pour l'enquête judiciaire effectuée à Angers en 1461-1462 à la demande de René de Rais, Ambroise Ledru reproduit les propos d'un dénommé Michel Guiot, sergent et garennier champtocéen, qui affirme que Gilles naquit « il [y] a [55] ans ou environ », autrement dit vers 1406 ou 1407 (Ledru 1893, p. 283, [lire en ligne]).
    Dans son édition du Cartulaire des sires de Rays, le paléographe René Blanchard (1846-1920) insiste sur le fait que les actes datés des 5 et 17 février 1404 « parlent constamment du mariage au futur et ne laisse aucun doute sur ce point » ; conséquemment, « Gilles naquit au plus tôt à la fin de 1404 ». Supposant que le baron de Rais n'aurait pu commencer trop jeune sa carrière militaire avant d'accéder « bientôt aux plus hauts grades », Blanchard ajoute qu' « il ne semble pas qu'on puisse reculer de beaucoup plus d'un an après l'union de ses parents la venue au monde de Gilles ». L'éditeur scientifique du Cartulaire... juge l'année 1407 trop tardive, ne prêtant aucune foi au témoignage de Michel Guiot au motif que le sergent champtocéen date erronément le décès de Jean de Craon (Blanchard 1898, p. CX-CXI, [lire en ligne]).
    Le chartiste Matei Cazacu s'appuie sur les remarques de René Blanchard mais précise de surcroît que Jean de Craon et Guy de Laval devaient soumettre l'acte de leur accord au parlement de Paris préalablement au mariage. L'homologation a eu lieu le 2 mai 1404, procédure qui a retardé d'autant les noces de Guy de Laval et Marie de Craon, reportant ainsi la naissance de leur premier enfant « au plus tôt en 1405 » (Cazacu 2005, p. 23-24).
  9. Sans citer ses sources, l'abbé Bossard affirme que Guy II de Laval-Rais décède avant son épouse Marie de Craon et que cette dernière « se remaria presque aussitôt son veuvage à Charles d'Estouville, seigneur de Villebon » (Bossard 1886, p. 13, [lire en ligne]).
    Cependant, l'archiviste paléographe Bertrand de Broussillon précise qu'il s'agit d'une erreur d'homonymie : Charles d'Estouville épouse effectivement une Marie de Craon mais cette dernière n'appartient pas à la branche cadette de La Suze (Bertrand de Broussillon 1893, p. 80-81).
    En outre, dans son testament daté du 28 ou 29 octobre 1415, le père de Gilles de Rais déclare vouloir être enterré à Notre-Dame de Buzay « juxta sepulturam dicte carissime deffuncte uxoris mee Marie de Credonio » (« près de la tombe de ma dite très chère épouse Marie de Craon », cf. Blanchard 1899, p. 325, no CCLI : « Testament de Guy de Laval, seigneur de Rays », [lire en ligne]).
    Matei Cazacu suggère que la mère de Gilles décède « probablement en donnant naissance à son second enfant, René, en janvier 1414 » (Cazacu 2005, p. 46).
    La date exacte de la mort de Marie de Craon demeure inconnue.
  10. Blanchard 1899, p. 324-333, no CCLI : « Testament de Guy de Laval, seigneur de Rays », [lire en ligne].
    La date du testament de Guy II de Laval-Rais, 28 ou 29 octobre 1415, est donnée par Matei Cazacu comme étant celle de la mort du père de Gilles de Rais (Cazacu 2005, p. 46). L'abbé Bourdeaut date erronément du 28 septembre 1415 les dernières volontés du père de Gilles (Bourdeaut 1924, p. 48, [lire en ligne]), erreur reprise par Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 81) puis Jacques Heers (Heers 1994, p. 24).
    Dans son testament, Guy II de Laval-Rais déclare être « atteint d'une grave infirmité corporelle » (infirmitate gravi detentus corpore), sans plus de précision. Matei Cazacu émet prudemment l'hypothèse d'une atteinte de malaria, maladie sévissant à l'époque en Vendée, comme cause du décès (Cazacu 2005, p. 46).
    Dans un récit de fiction, le journaliste et romancier Pierre La Mazière dépeint le père de Gilles éventré par un sanglier au cours d'un accident de chasse (La Mazière 1928, p. 22), mort spectaculaire reprise dans un roman de Marc Dubu (Dubu 1945, p. 14-15) puis dans un essai de Georges Meunier (Meunier 1949, p. 27). Dès lors, cette version romancée est successivement prise pour argent comptant par Roland Villeneuve (Villeneuve 1955, p. 31), Michel Bataille (Bataille et Pesez 1966, p. 56-58) et Alain Jost (Jost 1995, p. 21).
  11. L'échec des deux premiers projets matrimoniaux a souvent été expliqué par les décès successifs de Jeanne Paynel et Béatrice de Rohan (notamment par Bossard et 1886, p. 15, 1886, p. 15, [lire en ligne]). Toutefois, cette précision biographique relative à Jeanne Paynel ne relève « que du roman » ainsi que l'affirme l'abbé Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 50-51, [lire en ligne]) en s'appuyant sur Siméon Luce (Luce 1892, p. 319, [lire en ligne]).
    Émile Gabory puis Georges Meunier suggèrent qu'une rétractation de Jean de Craon pourrait expliquer l'inexécution du contrat de mariage avec Béatrice de Rohan : le seigneur de La Suze aurait ainsi fixé son choix sur Catherine de Thouars dont les attrayants domaines poitevins étaient limitrophes à ceux que Gilles de Rais devait recueillir ultérieurement (Gabory 1926, p. 18 ; Meunier 1949, p. 37). Roland Villeneuve conjecture en outre que la reprise de la guerre entre les Monfort et les Penthièvre pourrait avoir interrompu les tractations matrimoniales (Villeneuve 1955, p. 39) tandis que Matei Cazacu s'en tient au décès prématuré de Béatrice de Rohan comme explication plausible, au motif que la nièce du duc de Bretagne n'a « laiss[é] aucune trace dans la généalogie de sa famille » (Cazacu 2005, p. 54).
  12. Matei Cazacu note que l'abbé Bourdeaut et Jacques Heers emploient à tort la graphie « Milet » de Thouars (Cazacu 2005, p. 324, note 46).
  13. Gilles de Rais et Catherine de Thouars descendent, respectivement par branches maternelle et paternelle, d'Amaury III de Craon. Voir le tableau généalogique établi par Lucien Merlet (Merlet 1891, p. 94, note 1, [lire en ligne]) ; Bertrand de Broussillon 1893, p. 86 et note 2.
  14. Il s'agit de revenus perçus dans l'île de Bouin, que se disputent Catherine de Machecoul (la mère de Jean de Craon) et Miles II de Thouars. Cf. Cazacu 2005, p. 57 ; Blanchard 1898, p. 182-193, no LXVIII, 9 avril 1399, [lire en ligne] ; Blanchard 1899, p. 308-310, no CCXLII, 1er mars 1402, [lire en ligne] ; Bertrand de Broussillon 1893, no 894 (A).
  15. Selon un procédé étudié par Henriette Benveniste, « Les enlèvements : stratégies matrimoniales, discours juridique et discours politique en France à la fin du Moyen Âge », in Revue historique, no 573, janvier-mars 1990, p. 13-35, [lire en ligne].
  16. Cette union clandestine est mentionnée dans la missive du légat papal Jourdain, évêque d'Albano, adressée à son homologue d'Angers, Hardouin de Bueil. Voir pièce justificative I (en latin) du 24 avril 1422, publiée à la suite de l'article de Lucien Merlet (Merlet 1891, p. 100-101, [lire en ligne]).
  17. Acte considéré comme perdu (Blanchard 1898, p. CXII, [lire en ligne]).
  18. Survenue le , la mort de Béatrice de Rochefort permet à son veuf, Jean de Craon, d'épouser Anne de Sillé, femme de feu Jean de Montjean (décédé en avril 1418).
    Du mariage d'Anne de Sillé et de Jean de Montjean étaient nées Jeanne de Montjean (qui épousa Jean V de Bueil, dit le Jouvencel, compagnon d'armes puis ennemi du sire de Rais) et Béatrice de Montjean, épouse de Miles II de Thouars et mère de la propre femme de Gilles de Rais, Catherine de Thouars.
    En somme, le grand-père maternel de Gilles de Rais s'unit à la grand-mère maternelle de Catherine de Thouars (Cazacu 2005, p. 58).
  19. Lucien Merlet cite comme source l'original d'un parchemin conservé dans les archives d'Eure-et-Loir (Merlet 1891, p. 95, [lire en ligne]).
    Probablement en raison d'une confusion avec la missive du légat Jourdain (reproduite dans Merlet 1891, p. 100-101, [lire en ligne]), la date du est retenue comme étant celle du mariage par l'abbé Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 52, [lire en ligne]), suivi par Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 84) et Jacques Heers (Heers 1994, p. 26), ce dernier s'appuyant sur Louis François La Bessière (La Bessière 1899, p. 335-351).
    Matei Cazacu rejoint quant à lui l'opinion de Lucien Merlet en optant pour le 26 juin 1422 (Cazacu 2005, p. 58 et note 23).
  20. À la suite d'une lecture erronée d'une étude de l'abbé Bourdeaut ou d'Émile Gabory, la demoiselle enlevée devient, sous la plume de Georges Bataille, la sœur cadette de Béatrice de Montjean et non plus celle du chambellan Jacques Meschin (Bataille et Klossowski 1985, p. 84-85).
    L'erreur de l'essayiste a été reprise dans deux articles des Cahiers Gilles de Rais : « Principaux personnages de l'entourage de Gilles de Rais », dans Collectif 1992 (II), p. 29 ; « Les lieux de Gilles de Rais », dans Collectif 1993 (III), p. 35 ; 39.
  21. Du temps des démêlés judiciaires de Jacques Meschin de la Roche-Aireault avec Jean de Craon et Gilles de Rais, le parlement royal siège à Poitiers consécutivement à la mainmise des Bourguignons sur Paris en 1418 (Didier Neuville, « Le Parlement royal à Poitiers (1418-1436) », Revue historique, 3e année, tome 6, janvier-avril 1878, p. 1-28, p. 272-314, [lire en ligne]).
  22. À l'époque, Gilles de Rais se proclamait également comte de Brienne.
    « Au XVe siècle, Brienne ne fait pas partie des domaines des seigneurs de Rais. [...] le nouveau maréchal de France, en route pour Reims, espérait certainement profiter de cette marche victorieuse pour récupérer des rançons, des terres prises aux « collaborateurs » [...]. Ne se proclamait-il pas comte de Brienne en juillet 1430 ? Mais ces rêves furent rapidement brisés » (Boutin et al. 1988, p. 99).
    Le titre de comte de Brienne était tenu par le comte Pierre Ier de Luxembourg-Saint-Pol, fidèle du duc de Bourgogne Philippe le Bon (La Chenaye-Aubert, Jacques Badier, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de la France, 1775, [lire en ligne], p. 226).
  23. L'abbé Eugène Bossard l'affirme (Bossard 1886, p. 16-23, [lire en ligne]), suivi par Roland Villeneuve (Villeneuve 1955, p. 39-42).
    A contrario, l'abbé Bourdeaut (Bourdeaut 1924, p. 61-62, [lire en ligne]), Émile Gabory (Gabory 1926, p. 33) et Georges Bataille (Bataille et Klossowski 1985, p. 93) estiment peu vraisemblable la participation du jeune Gilles à cette guerre, signalant qu'aucun document ne l'atteste.
    Plus récemment, Matei Cazacu rejoint l'opinion de Bossard en s'appuyant sur les actes du duc et de la duchesse de Bretagne, documents publiés par René Blanchard, qui font état des récompenses reçues par Jean de Craon et Gilles de Rais. Cf. Cazacu 2005, p. 55-57 ; Blanchard 1898, acte XV daté de Vannes le 6 juin 1420, p. 18-19, [lire en ligne] ; acte XVI daté d'Oudon le 10 juillet 1420, p. 20-21, [lire en ligne] ; acte LXX daté de Vannes le 28 septembre 1420, p. 194-196, [lire en ligne] ; Blanchard 1899, acte CCXLIX daté de Nantes le 11 juillet 1420, p. 318-320, [lire en ligne] ; René Blanchard (éd.), Lettres et mandements de Jean V, duc de Bretagne, t. III, 1902, acte no 407 daté de Nantes le 11 juillet 1420, p. 9, [lire en ligne].
  24. Sans citer ses sources, l'abbé Bourdeaut voit en Arthur de Richemont « le premier protecteur » de Gilles de Rais (Bourdeaut 1924, p. 62, [lire en ligne]).
    Plaçant délibérément le sire de Rais « dans le sillage des favoris [du roi] », le médiéviste Jacques Heers reprend presque mot à mot la formule de Bourdeaut en qualifiant Richemont de « premier maître de Gilles ». En outre, Heers affirme que Jean de Craon et Gilles de Rais seraient « restés hommes de Richemont » depuis 1420, année de leur contribution à l'échec du complot des Penthièvre et à la délivrance de leur suzerain, le duc Jean V de Bretagne. Toutefois, à l'instar de Bourdeaut, Heers ne fournit pas de référence et ne précise pas davantage la relation de clientélisme — basée sur l'activité militaire ? — qui lierait Richemont et le baron de Rais (Heers 1994, p. 35 ; 38 ; 40).
    S'appuyant sur Jacques Heers, l'historien Olivier Bouzy place à son tour le seigneur de Machecoul dans la clientèle d'Arthur de Richemont dès le début de la décennie 1420 (entrée RAIS Gilles de Laval, seigneur de (1405-1440), dans Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 947).
    Quant à Matei Cazacu, il n'établit aucun lien particulier entre Richemont et Rais. Du reste, si le chartiste reconnaît que « l'arrivée de Richemont et des nobles bretons à la cour de Charles VII [donne] un nouvel élan à la guerre », il affirme que « Gilles de Rais n'avait pas attendu ce moment [la nomination de Richemont comme connétable le 7 mars 1425] pour participer aux hostilités » (Cazacu 2005, p. 75).
    Pour une présentation générale de la notion complexe de clientèle : Christophe Piel, « Les clientèles, entre sciences sociales et histoire. En guise d'introduction », dans Hypothèses 1998. Travaux de l'École doctorale d'histoire de l'Université de Paris I, Paris, Publications de la Sorbonne, 1999, p. 119-129, [lire en ligne]. Pour l'étude spécifique d'une clientèle nobiliaire à la fin du Moyen Âge : Christophe Piel, « Clientèles nobiliaires et pouvoir royal », dans Hypothèses 1998. Travaux de l'École doctorale d'histoire de l'Université de Paris I, Paris, Publications de la Sorbonne, 1999, p. 137-144, [lire en ligne].
  25. Guerroyant en Italie afin d'y acquérir le titre de roi de Naples et de Sicile, le duc Louis III confie le gouvernement du duché d'Anjou à sa mère Yolande d'Aragon, duchesse douairière, par un acte daté du (Bourdeaut 1924, p. 59, note n°1, [lire en ligne]).
    Issue d'un fils du roi de France Jean le Bon, la seconde maison d'Anjou-Provence est donc un rameau de la maison régnante des Valois. Bien que princes du sang, les ducs d'Anjou n'apportent pas nécessairement un soutien inconditionnel à Charles VII, en dépit d'une tradition présentant la belle-mère du roi de France comme « l'ange gardien » de son beau-fils et de Jeanne d'Arc (Bouzy 2007). Philippe Contamine note que la reine de Sicile « défendait prioritairement (...) ses intérêts et les intérêts de [l]a maison [d'Anjou] — des intérêts complexes et pas toujours convergents ; dans une large mesure, en raison des circonstances, ces intérêts, non sans nuance, recouvraient ceux de Charles VII » (Contamine 2012, p. 29).
  26. En 1422, le dauphin Charles épouse Marie d'Anjou, fille du duc Louis II d'Anjou et de Yolande d'Aragon (entrée Marie d'Anjou (1404-1463), reine de France, dans Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 847-848).
  27. Bien que Jean de Craon soit un important seigneur angevin, fortuné et détenteur de maints domaines manceaux, angevins et bretons, son influence à la cour ducale d'Anjou ne semble débuter qu'en 1423-1424. Auparavant, le seigneur de La Suze séjournait plus volontiers en Bretagne et avait même connu des différents juridiques avec les ducs d'Anjou au sujet du comté de Brienne et des terres de la famille de Roucy (Termeau 1945, p. 26-27).
  28. Bourdeaut 1924, p. 59-60, [lire en ligne].
    Dans le cadre géopolitique d'une diplomatie de stabilisation de la frontière commune entre les duchés d'Anjou et de Bretagne, Yolande d'Aragon cherche à marier son fils, le duc Louis III d'Anjou, à Isabelle, fille du duc Jean V de Bretagne. Parallèlement, la reine de Sicile tente d'imposer le principe de cette alliance à son gendre Charles VII (Bouzy 2007).
  29. Frère cadet du duc Jean V de Bretagne, Arthur de Richemont est également l'époux de Marguerite, sœur du duc Philippe de Bourgogne. Le médiéviste Olivier Bouzy estime par conséquent que l'épée de connétable est remise à Richemont en raison de ses liens familiaux facilitant des démarches diplomatiques auprès des deux ducs, ennemis déclarés du roi de France. La politique du connétable s'avérera être un échec : « Il va sans dire que cette vision idyllique d'une grande aristocratie luttant réconciliée et sans arrière-pensée pour le salut du royaume était d'une grande naïveté : c'était le rêve du retour au bon temps du roi Saint Louis, que les Bourguignons vantaient depuis le temps de l'ordonnance cabochienne. Le duc de Bourgogne, qui avait d'autres objectifs politiques, fit capoter les rêves de Richemont (...) » (Bouzy 2007).
  30. Parmi les conseillers forcés de quitter la cour royale : Tanguy du Chastel, Béraud d'Auvergne, Hardouin de Maillé, Robert Le Maçon ainsi que Jean Louvet, seigneur de Mérindol et président de la chambre des comptes d'Aix-en-Provence (Bouzy 2007).
  31. Détenues par Richemont, ces « terres estans au pays de Bretaigne » appartenaient à feu Miles de Thouars, père de l'épouse de Gilles de Rais. L'abbé Bourdeaut fournit ce détail « pour indiquer les rapports de Richemont et de Gilles de Rays », illustrant selon lui la défense des intérêts du baron par les agents de Charles VII (Bourdeaut 1924, p. 60, note no 3, [lire en ligne]).
  32. Sans référence, l'abbé Eugène Bossard affirme que « Gilles combattit pour la première fois pour la France » devant Saint-James de Beuvron (Bossard 1886, p. 28, [lire en ligne]).
    L'abbé Bourdeaut conteste cette assertion, bien qu'il reconnaisse « qu'un contingent manceau combattit à Saint-James » (Bourdeaut 1924, p. 61-62, [lire en ligne]).
    Plus récemment, Matei Cazacu juge plausible la participation de Gilles de Rais à l'affrontement. Selon le chartiste, l'absence du nom de Rais dans les chroniques relatant certaines batailles pourrait signifier que le baron ne s'y est pas particulièrement distingué, a contrario des récits de ses exploits relatifs à la prise du Lude, de Rainefort et de Malicorne (Cazacu 2005, p. 76 ; 79-80).
  33. Premier partisan de l'innocence de Gilles de Rais, Salomon Reinach met en exergue les accusations de traîtrise et d'anglophilie portées à l'encontre de l'évêque Jean de Malestroit en vue de noircir le futur juge du baron. L'archéologue dreyfusard façonne en conséquence l'image d'un Gilles héros de guerre français victime d'un tribunal breton présidé par un évêque félon nourrissant « les plus noirs desseins et les plus longs ressentiments » (Reliquet 1982, p. 48, note 2). Nonobstant, les historiens jugent que le chancelier de Jean V était avant tout un partisan de l'autonomie du duché de Bretagne.
  34. Le médiéviste Olivier Bouzy observe qu'en sus de leur chronologie souvent incertaine, les chroniques médiévales confondent parfois les événements et les titulaires successifs des charges de chambellan ou de chancelier.
    Ainsi, Perceval de Cagny, chroniqueur du duc Jean d'Alençon, allègue que Malestroit aurait été enlevé en 1418 par les hommes du dauphin Charles, ce qui apparaît contradictoire avec les affirmations de Guillaume Gruel et du Religieux de Saint-Denis, ces deux chroniqueurs prêtant à Malestroit des penchants armagnacs à l'époque.
    Par ailleurs, le chancelier Malestroit aurait été (encore ?) enlevé en 1431, cette fois par le duc Jean d'Alençon désireux de faire pression sur son oncle Jean V de Bretagne afin d'obtenir les fonds nécessaires à la reconquête de son duché (Bouzy 2007).
  35. « [L]e Grand chambellan, à l'origine subordonné au Grand chambrier, avait lui-même sous ses ordres quatre chambellans ordinaires, prenant normalement leurs fonctions par quartiers. (...) [En l'absence du Grand chambellan], le premier chambellan exerce ses fonctions, (...) entre autres la garde du sceau secret et [sert] souvent (...) de conseiller principal du roi » (Bouzy 2007).
    À la suite de l'exécution de Pierre de Giac, Louis-Armand de Chalençon, seigneur de Beaumont, avait été nommé premier chambellan — avant le 13 mars 1427 — à l'instigation du connétable de Richemont, d'après l'historien Olivier Bouzy (Bouzy 2007 ; Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 53).
    Chroniqueur au service de Richemont, Guillaume Gruel prétend que son maître aurait ensuite favorisé l'ascension de La Trémoille à la charge de grand chambellan (office exercé précédemment par le bâtard d'Orléans), en dépit des réticences prophétiques du roi Charles VII (Gruel 1890, p. 54, [lire en ligne]).
    Contrairement aux allégations de Gruel, Olivier Bouzy estime que le souverain n'aurait pas eu « d'autre ressource que [...] de s'appuyer sur La Trémoille » afin de mettre un terme à la mainmise du connétable sur le conseil royal (Bouzy 2007 ; Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 54).
  36. Richemont a peut-être été également desservi par la brutalité de ses méthodes et exigences. En 1425, fort de l'appui de la maison d'Anjou en la personne de Yolande d'Aragon, Richemont avait évincé les anciens fidèles du roi. L'historien Olivier Bouzy considère que le connétable dominait le conseil royal par la force — au grand dam de Charles VII — en n'hésitant pas à commanditer l'exécution et l'assassinat de certains fidèles du souverain, tels Pierre de Giac et le Grand Écuyer Jean du Vernet, dit le Camus de Beaulieu (Bouzy 2007 ; Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 53).
  37. Le , le duc de Bedford, régent du royaume de France au nom d'Henri VI d'Angleterre, déclare la guerre à Jean V de Bretagne. Les chefs de guerre anglais Talbot et Warwick assiègent la ville normande de Pontorson, fortifiée et occupée par les hommes d'armes bretons du connétable de Richemont (Longnon 1875, p. 468, [lire en ligne]). Pontorson se rend le (Longnon 1875, p. 471, [lire en ligne]).
  38. Dans une lettre datée du , Charles VII loue la loyauté à la couronne française de quelques vassaux du duc breton, dont Gilles de Rais (Cosneau 1886, p. 530-531, [lire en ligne]).
    L'abbé Bourdeaut en vient à juger le sire de Rais « moins Breton qu'Angevin » (Bourdeaut 1924, p. 60, [lire en ligne]).
  39. En 1424, les Anglais se lancent à l'assaut du comté du Maine et en achèvent la conquête l'année suivante (André Joubert, « Documents inédits pour servir à l'histoire de la guerre de Cent-Ans dans le Maine de 1424 à 1444, d'après les Archives du British Museum et du Lambeth Palace de Londres », Revue historique et archéologique du Maine, tome 26, Mamers / Le Mans, G. Gleury & A. Dangin / Pellechat, 1889, p. 244, [lire en ligne]).
    Le duc Jean de Bedford, régent du royaume de France, se fait donner le duché d'Anjou et le comté du Maine par un acte daté du et confirmé à Rouen par le jeune roi Henri VI d'Angleterre le (Contamine 2012, p. 17-18).
  40. Georges Bataille conjecture que sa dignité de lieutenant général permet peut-être à Jean de Craon de favoriser l'ascendant à la cour royale de Georges Ier de La Trémoille, lui-même issu de la Maison de Craon (Bataille et Klossowski 1985, p. 87).
  41. D'après un mémoire rédigé vers 1461-1462 à la demande des héritiers de Gilles de Rais dans le cadre de procédures judiciaires relatives à la succession de ce dernier. Dans ce document, les héritiers incriminent les « folles dépenses » commises par leur parent dès qu'il eut atteint l'âge de 20 ans, avant même le décès de son aïeul Jean de Craon. Le mémoire mentionne ainsi l'entretien d'une troupe de deux cents hommes à cheval comme l'une des prodigalités du maréchal défunt, sans trop insister sur ce point (Morice 1744, col. 1337, [lire en ligne] ; Cazacu 2005, p. 252, annexe 1, articles 16, 17 et 18).
    Matei Cazacu pense que ce laconisme est dû à la volonté des héritiers de ne pas heurter Charles VII puisque les dépenses militaires de Gilles ont alors contribué à la guerre menée contre les Anglo-Bourguignons (Cazacu 2005, p. 130). Le Trésor royal connaissait de graves difficultés à l'époque ; par conséquent, le souverain était d'autant plus enclin à accepter l'engagement d'un sire de Rais capable d'assumer les frais d'entretien de ses troupes, notamment en avril 1429 lors de la constitution de l'escorte du convoi d'armes et de vivres destinés à Orléans assiégée (de Bueil 1889, p. 277, [lire en ligne] ; Boutin et al. 1988, p. 75).
  42. Le chroniqueur Jean Chartier mentionne succinctement la mort du capitaine « Blacquebourne » lors de la prise du château du Lude, sans en préciser les circonstances (Chartier 1858 (I), p. 57-58, [lire en ligne]).
    Dans Le Jouvencel, traité d'art militaire et récit semi-biographique inspiré de la vie de Jean V de Bueil, il est spécifié a contrario que « Blaqueborne » eut la vie sauve grâce à Henri de Villebranche, seigneur de Broons (de Bueil 1887, p. XV-XVII, [lire en ligne] ; de Bueil 1889, p. 273-275, [lire en ligne]).
    Au XIXe siècle, le polygraphe Paul Lacroix (alias « le bibliophile Jacob ») prétend dans l'un de ses récits historiques romancés que Gilles de Rais aurait tué de sa propre main le capitaine Blackburn lors de l'assaut (Lacroix 1858, p. 6, [lire en ligne]). Prenant pour argent comptant cette affirmation fantaisiste, l'abbé Bossard se représente de surcroît le baron en tête des assaillants qui escaladèrent les remparts ludois (Bossard 1886, p. 31, [lire en ligne]).
    Émile Gabory reproche généralement à Bossard de par trop subir l'influence de Lacroix (Gabory 1926, p. 240). Le « bibliophile Jacob » puis l'abbé n'en inaugurent pas moins une tradition erronée que plusieurs auteurs (dont Gabory lui-même, en l'occurrence) perpétueront (Gabory 1926, p. 32 ; Meunier 1949, p. 45 ; Bataille et Pesez 1966, p. 80 ; Bressler 1981, p. 53 ; Hérubel 1982, p. 78 ; Reliquet 1982, p. 49 ; Boutin et al. 1988, p. 72 ; Jost 1995, p. 34-35), voire accentueront par l'adjonction d'une prouesse imaginaire : Gilles de Rais aurait fendu Blackburn en deux (« Chronologie de Gilles de Rais », dans Collectif 1992 (I), p. 24 ; Meurger 2003, p. 20-21).
    Rappelant les versions contradictoires du Jouvencel et de la chronique de Jean Chartier, Maurice Termeau juge « douteux » le fait d'armes du baron (Termeau 1945, p. 28, note 3). Matei Cazacu s'en tient au Jouvencel, considérant ce récit comme un témoignage fiable au motif que Jean de Bueil compta parmi les assiégeants du château du Lude (Cazacu 2005, p. 79 ; note 40, p. 327 ; dans cette note, Jean de Bueil est nommé par erreur « Jacques de Bueil »).
  43. La chronologie confuse des chroniques médiévales ne permet pas de dater avec certitude les prises successives des places fortes mancelles et angevines par Gilles de Rais et ses compagnons d'armes. Au gré des interprétations de chaque auteur, Rennefort et Malicorne-sur-Sarthe sont conquises avant ou après le château du Lude.
  44. Témoignage (recueilli en 1461 ou 1462) de l'écuyer Jean, seigneur d'Alencé : « (...) il [Jean d'Alencé] fut en la guerre en la compaignie dudit feu sire de Rays et à aider à prandre les places et forteresees de Rameffort, de Malicorne et Le Lude, qui lors estoient detenues et occupées par les Anglois, anxiens ennemys de ce royaume » (Ledru 1893, p. 278, [lire en ligne]).
  45. Outre l'appellation injurieuse « Français reniés » que l'on retrouve dans certaines sources, le Journal du siège d'Orléans dénomme « faux Français » les « Français partisans de l'union des deux couronnes » (Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 86).
  46. Tenue par le connétable de Richemont — brouillé avec Charles VII à l'époque —, Chinon a été reconquise par les troupes royales en 1428. Dès lors, le château héberge essentiellement les capitaines du souverain, la reine Marie d'Anjou et le dauphin Louis s'abritant dans une autre ville (Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 627).
    L'image d'une cour royale s'adonnant aux festivités au temps du siège d'Orléans relève d'une idée reçue, façonnée ultérieurement d'après des chroniques dénonçant les voluptés d'un Charles VII bien plus mûr (Michaud-Fréjaville 2005 (II) ; Bouzy 2007).
  47. Préalablement à son contrat avec Gilles de Rais, La Trémoille a tissé un réseau d'alliances avec le duc Jean d'Alençon, le comte Jean de Foix et le comte Charles de Clermont (Contamine 1996, p. 205-206).
    Selon l'historien Boris Bove, « ces contrats se présentaient sous forme de lettres patentes publiques qui engageaient réciproquement les partenaires à la fidélité, à déclarer leurs alliés et ennemis communs, à se prêter aide et conseil, ainsi qu'à protéger leur personne et leurs biens leur vie durant ».
    Le développement de ce type de contrat s'explique à l'aune des défaillances du régime féodal et de l'État monarchique mis à mal par les guerres civile et étrangère. Par souci de protection, la haute et moyenne noblesse accroît et renforce des liens de fidélité par le biais de tels contrats, en incluant plus fréquemment une clause relative à la prévention des complots qu'une clause de fidélité au roi, ce qui souligne l'impuissance du pouvoir central « à réguler les rapports de force au sein de la société politique » (Bove 2009, p. 273-274).
  48. Philippe Contamine suppose que le sire de Rais était probablement « l'homme de La Trémoille ». L'historien n'en estime pas moins que Gilles « compta sans doute parmi les partisans les plus déterminés — et les plus actifs — du rapprochement France-Bretagne » à cette période (Contamine 1982, p. 76).
  49. « Elle [Jeanne d'Arc] fut esseyée à mettre les vivres dedans Orleans pour secourir la ville qui en avoit neccessité, où nul ne se osoit entremettre de ce faire. Monseigneur de Dunoys conduisoit le faict de la ville : Lahire saillit aux champs et mon maistre avec luy ; et vint le sire de Raiz, qui amena une belle compagnie d'Anjou et du Maine pour accompagner la Pucelle. », (de Bueil 1889, p. 277, [lire en ligne]).
    Néanmoins, Philippe Contamine remarque que Guillaume Tringant rédige tardivement ses commentaires du Jouvencel, plusieurs décennies après les événements relatés (Contamine 2012, p. 23).
  50. Jean, dit le bâtard d'Orléans, est le fils naturel de Louis Ier d'Orléans, le duc dont l'assassinat déclencha à terme la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. À l'époque du siège d'Orléans (1428-1429), le duché est privé de ses dirigeants légitimes puisque les demi-frères du bâtard, le duc Charles d'Orléans et le comte Jean d'Angoulême, demeurent prisonniers des Anglais. La maison d'Orléans, rameau de la dynastie royale des Valois, est alors défendue militairement par Jean le bâtard, futur comte de Dunois, à qui incombe le commandement des centaines d'hommes d'armes dépêchés par Charles VII afin de protéger la capitale du duché (Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 675 ; 892). Le bâtard d'Orléans ne paraît pas encore jouer de « rôle proprement politique » en ce temps (Contamine 1982, p. 65-66, note 8), bien qu'il siège au au Conseil royal à partir de l'année 1428 (Gaussin 1982, p. 74, [lire en ligne]).
  51. Le chroniqueur Jean Chartier mentionne uniquement le sire de Rais (Quicherat 1847, p. 77, [lire en ligne]). Cependant, une lettre adressée à Yolande d'Aragon par des gentilshommes angevins mentionne les trois autres « otages », terme désignant les chevaliers chargés de la garde de la sainte ampoule : le maréchal de Boussac, le sire de Graville et l'amiral de Cullant (Quicherat 1849, p. 129, [lire en ligne]).
  52. Perceval de Cagny, Chronique, dans Quicherat 1847, p. 26-27, [lire en ligne]. Quicherat souligne que Perceval de Cagny demeure l'un des chroniqueurs les plus dignes de foi de la geste de la Pucelle. Georges Bataille estime que Jeanne d'Arc, « en un moment qu'elle croit décisif », veut le maréchal près d'elle « ce qui, de toute façon, signifie qu'elle en apprécie la valeur militaire. » (Bataille et Klossowski 1985, p. 92). Se focalisant sur la mention du sire de Rais tout en négligeant celle du sire de Gaucourt, certains auteurs ont glosé sur ce passage succinct de la chronique de Perceval de Cagny en supposant des liens étroits, voire sentimentaux, entre Gilles et Jeanne.
  53. Il s'agissait d'un fossé à sec de près de trois mètres de profondeur par endroits, qui renforçait le grand fossé rempli d'eau protégeant l'enceinte de Charles V (Henri Couget, Jeanne d'Arc devant Paris, Éditions Spes, 1925, p. 22, [lire en ligne]).
  54. Chartier 1858 (I), p. 144, [lire en ligne].
    Le chroniqueur Jean Chartier mentionne également la présence au sein des troupes françaises de Gilles de Sillé, cousin et futur complice de Gilles de Rais, au cours d'escarmouches suivant les lendemains de la levée du siège de Lagny par les Anglais.
  55. Témoignage de Rappiot, représentant de Georges de La Trémoille, lors d'un procès opposant en 1445 l'ex-grand chambellan à Prigent de Coëtivy, gendre du feu baron de Rais, dans le cadre de l'héritage conflictuel des biens du défunt : « [Gilles de Rais] fist en son temps de grans vaillances, comme d'avoir esté principal de lever les sièges d'Orléans et de Laigny (...) » (de La Trémoïlle 1890, p. 228, [lire en ligne]).
  56. Jacques Heers souligne l'imprécision du Mémoire, « manière de réquisitoire » à la tonalité véhémente (Heers 1994, p. 17). « (...) de par sa nature même et son but avoué, ce Mémoire ne peut être que suspect, entaché d'exagérations, alourdi de fables » (Heers 1994, p. 89).
  57. « Ha, ribault, tu as batu mes hommes, et leur as fait extorsion ; viens dehors de l'église ou je te tueroy tout mort ! », propos tenus par Gilles de Rais selon la déposition de Lenano, marquis de Ceva (procédure ecclésiastique, 19 octobre 1440, passage en moyen français dans l'acte en latin), in Bataille et Klossowski 1985, p. 290.
  58. D'après la déposition de Francesco Prelati faite le au cours du procès de son maître, Gilles de Rais souhaitait garantir sa liberté avant de risquer une entrevue avec le duc Jean V. Ainsi, le seigneur de Tiffauges aurait préalablement prié l'Italien d'évoquer à plusieurs reprises le « diable nommé Barron » dans une prairie près de Josselin en vue d'interroger l'esprit malin sur les intentions ducales (Bataille et Klossowski 1985, p. 152-153 ; 265-266).
  59. S'appuyant sur le récit romancé du polygraphe Paul Lacroix (Lacroix 1858, p. 14, [lire en ligne]), l'abbé Eugène Bossard prétend que Gilles de Rais aurait plaisanté en se référant au nom du capitaine Labbé (Bossard 1886, p. 251, [lire en ligne]). Néanmoins, ce trait d'esprit n'est qu'une « invention amusante, qu'aucun texte sérieux ne corrobore » (Gabory 1926, p. 157). Les circonstances exactes de l'arrestation du seigneur de Machecoul demeurent inconnues.
  60. Bataille et Klossowski 1985, p. 156 ; 295-298.
    Certains éléments du procès civil ne sont pas connus avec exactitude, notamment la date de la première comparution de Gilles de Rais devant le tribunal présidé par Pierre de l'Hôpital. Au demeurant, cette première audience n'est guère mentionnée par les biographes de Gilles de Rais, Georges Bataille excepté.
    La disparition vraisemblable des pièces originales du procès civil explique peut-être ces imprécisions. L'historien Olivier Bouzy remarque que certaines copies du procès civil parvenues jusqu'à nous se rapportent sans doute à des « résumé[s] composé[s] de morceaux choisis » car établis à des fins judiciaires en vue de contestations portant sur des fiefs et des douaires (Bouzy 1997, p. 42, [lire en ligne]).
  61. « (...) c'est-à-dire indépendante de la procédure ecclésiastique comme de la procédure séculière. », Bataille et Klossowski 1985, p. 165.
  62. « Un pré situé au-dessus des ponts de Nantes » (Cazacu 2005, p. 172-173). L'île de Grande Biesse est désormais incorporée à l'actuelle île de Nantes et cette prairie correspond aux abords de ce qui est aujourd'hui le boulevard Vincent-Gâche.
  63. Selon une citation (sans source) reproduite dans le Grand Larousse de 1867, des reliques du seigneur de Rais auraient été prélevées à la suite de son exécution : « Aucunes [dames et damoiselles de son lignage] furent prendre des ossements du bon sire et les conservèrent pieusement, en souvenir de son grant repentir » (Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Librairie classique Larousse, 1867, t. 2, p. 214, [lire en ligne]).
    L'abbé Eugène Bossard attribue la citation à Jean Chartier (Bossard 1886, p. 340, [lire en ligne]) mais ce passage n'apparaît nulle part dans la Chronique de Charles VII, roi de France suivant l'édition établie par Auguste Vallet de Viriville en 1858.
    Quoi qu'il en soit, Émile Gabory juge la conservation de telles reliques bien peu vraisemblable puisque le cadavre fut préservé du feu (Gabory 1926, p. 202).
  64. De 1439 à 1441, Geoffroy Le Ferron exerce les fonctions de trésorier et receveur général du duc Jean V de Bretagne, « après l'avoir puissamment aidé à dépouiller Gilles de Retz » (Kerhervé 1987, p. 155, vol. I). Le Ferron acquiert ainsi Saint-Étienne-de-Mer-Morte, terre que Gilles tente de se réapproprier par la force en commettant le sacrilège de la mi-mai 1440 (Bourdeaut 1924, p. 111-112, [lire en ligne]).
    En 1443, Le Ferron fait carrière à la cour royale comme trésorier de France et conseiller du roi Charles VII (Jean Kerhervé, « Une famille d'officiers de finances bretons au XVe siècle : les Thomas de Nantes », dans Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, t. 83, no 1, 1976, note 70, p. 22, [lire en ligne]).
  65. L'écuyer Jacques Chabot, seigneur de Pressigny, avait également trempé dans d'autres crimes (Guérin et Celier 1898, p. 244, note 2, [lire en ligne]).
  66. Outre la légende Gilles de Laval, Dom Bernard de Montfaucon désigne explicitement cette gravure dans le texte : « Gilles de Laval Seigneur de Rais Maréchal de France » (de Montfaucon 1731, p. 277, [lire en ligne]).
  67. Les armes des comtes de Laval sont « d'or à la croix de gueules cantonnée de seize alérions d'azur ordonnés 2 et 2 et chargée de cinq coquilles d'argent » (Walsby 2007, p. 36). Membre associé de l'Académie internationale d'héraldique, Emmanuel de Boos décrit ces armoiries ainsi : « d'or à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'argent et cantonnée de seize aiglettes d'azur » tout en rattachant le personnage en tenue héraldique à la famille de « Montmorency, baron de Laval, dans le Maine » (Le Bouvier 1995, p. 82).
    Identiques aux armoiries de la cotte d'armes portée par la figure héraldique du folio 78, les armes de « Laval » sont clairement identifiées par ailleurs grâce à une annotation manuscrite se rapportant au blason peint dans le coin supérieur gauche du folio 81 (enluminure sur parchemin, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, Paris, BnF, [lire en ligne]). Emmanuel de Boos rattache également ce blason au « sr de Laval » (Le Bouvier 1995, p. 84).
    Quant aux armes bien distinctes des barons de Rais (« Rez »), « d'or à la croix de sable, à la bordure d'azur semé de fleurs de lis d'or », elles sont reproduites dans l'écusson peint dans le coin inférieur gauche du folio 128 (enluminure sur papier, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, Paris, BnF, [lire en ligne] ; il est à noter qu'Emmanuel de Boos commet une erreur de date en affirmant que la bordure de France fut concédée à Gilles de Rais en 1424 au lieu de 1429 (Le Bouvier 1995, p. 128).
    Bernard de Montfaucon lui-même évoque les armoiries « de Laval » portées par son présumé « seigneur de Rais » (de Montfaucon 1731, p. 277, [lire en ligne]).
  68. Dans son édition commentée du manuscrit de lʼArmorial du héraut Berry, Auguste Vallet de Viriville n'identifie pas la figure héraldique du folio 78 avec Gilles de Rais (Le Bouvier 1866, p. 46, [lire en ligne]).
    Contestant l'opinion de Dom Bernard de Montfaucon, Vallet de Viriville soutient que les figures de l'armorial, bien qu'individualisées pour certaines, ne portraiturent pas systématiquement une personnalité (Le Bouvier 1866, p. 49-50, [lire en ligne]).
    Emmanuel de Boos précise qu'il « s'agit de portraits héraldiques, sans prétention au naturalisme » (Le Bouvier 1995, p. 7).
    Du reste, le caractère héraldique de ces figures est souligné par de nombreuses similitudes de composition. Ainsi, l'enluminure qui représente Jean II de Bourbon-Vendôme (folio 77, Paris, BnF, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, [lire en ligne]) est quasiment identique à celle du « comte de Laval », à l'exception des armoiries. Sur la planche LVIII des Monumens de la monarchie françoise... de Dom Bernard de Montfaucon, la gravure no 1 représentant Jean II de Bourbon-Vendôme figure à gauche de la gravure no 2 qui évoque censément « Gilles de Laval » (de Montfaucon 1731, [lire en ligne]).
  69. Eugène Bossard croit reconnaître « les armes de Rais et de Laval » sur la housse du cheval caparaçonné figurant dans la gravure de Dom Bernard de Montfaucon (Bossard 1886, p. 348, note 1, [lire en ligne]).
    Par la suite, cette gravure de Montfaucon sera reproduite en couverture de plusieurs biographies de Gilles de Rais (Meunier 1949 ; Bataille 1968 ; Cazacu 2012).
  70. Jost 1995, p. 170.
    Suivant une tradition picturale, Gilles de Rais est peut-être représenté à la mode courante à l'époque où ces deux miniatures furent peintes, sans volonté de reproduire un quelconque réalisme médiéval — vestimentaire ou capillaire.
  71. Il s'agit du manuscrit latin 17663 conservé à la Bibliothèque nationale de France (Perceau et Fleuret 1921, p. XCVI, [lire en ligne]).
  72. D'après l'écrivain Fernand Fleuret (alias Ludovico Hernandez), la miniature aurait été « copiée par les soins du président Bouhier » et sa copie du procès civil aurait été collationnée sur une autre copie datée de 1530, à savoir le manuscrit 1 AP 585 conservé aux Archives nationales. Dans sa nomenclature des manuscrits, Fleuret considère le manuscrit 1 AP 585 des Archives nationales (que l'abbé Bossard et lui dénomment « le manuscrit de Thouars ») comme la plus ancienne copie existante du procès civil (Perceau et Fleuret 1921, p. XCV-XCVIII, [lire en ligne]).
    L'essayiste Georges Bataille estime également que cette copie « provenant des archives de La Trémoïlle », bien que « non authentique », « est la plus ancienne et la meilleure » (Bataille et Klossowski 1985, p. 293, note 1).
    Toutefois, l'historien Olivier Bouzy souligne la confusion qui existe chez ces auteurs au sujet de la datation des copies des procès civil et canonique (Bouzy 1997, p. 40-45, [lire en ligne]).
  73. « D'azur au chevron d'or, accompagné en chef de deux croissants d'argent, et en pointe d'une tête de bœuf d'or », description physique du recueil coté H 73, Archives et manuscrits de la Bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, Catalogue en ligne des archives et des manuscrits de l'enseignement supérieur (Calames), [lire en ligne].
  74. Selon Jacques Chiffoleau, « des juges, des juristes ou des intellectuels de l'entourage royal » font copier jusqu'au milieu du XVIIIe siècle les actes des procès de Gilles de Rais — entre autres affaires judiciaires — en raison du caractère d'« exemplum parfait » de ce document évoquant la « défense de la majesté ». De la sorte, il existe bien plus d'exemplaires manuscrits des procès du seigneur de Tiffauges que de copies du procès de Jeanne d'Arc (Chiffoleau 2008, p. 15). Une dizaine de transcriptions des procès nantais de 1440 est actuellement conservée au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, dont le manuscrit français 5772 : Recueil de plusieurs procez criminels qui ne sont point imprimez, (s.l.n.d.), [lire en ligne].
  75. La date de 1530 est indiquée dans la fiche de l'image Exécution de Gilles de Rais (gibet et bûcher). Armes du président Bouhier (cliché coté RC-A-03432), Banque d'images de la Bibliothèque nationale de France (BnF).
  76. Dans cette représentation imaginaire, Gilles de Rais n'arbore pas la « coupe en sébile » à la mode masculine de l'époque, autrement dit la chevelure taillée en rond au-dessus des oreilles, avec la nuque et les tempes rasées (Adrien Harmand, Jeanne d'Arc. Ses costumes. Son armure. Essai de reconstitution, Paris, imprimerie Aulard, librairie Ernest Leroux, 1929, p. 35). Cette mode s'expliquerait « par la forme des bassinets et la façon d'attacher le camail » (Michaud-Fréjaville 2005 (II)).
  77. Jost 1995, p. 177-178.
    Parmi les œuvres littéraires et pièces de théâtre illustrant ce thème : Georg Kaiser, Gilles und Jeanne (1923) ; Philippe Dumond, Jacques Rougeon et Yan Philip, La passion de Jeanne d'Arc selon Gilles de Rais (1979) ; Michel Tournier, Gilles et Jeanne (1983) ; Hubert Lampo, Le diable et la pucelle (2002) ; Michel Ragon, Un amour de Jeanne (2003) ; Tom Lanoye, Sang et roses. Le chant de Jeanne et Gilles (2011)...
  78. La Trémoille est notamment désigné comme le responsable de l'abandon du siège de Paris le , échec militaire considéré comme le début du reflux de l'épopée johannique (Bataille et Klossowski 1985, p. 92 ; Heers 1994, p. ?).
  79. Jules Quicherat et Pierre Champion ont réfuté la thèse de la trahison de Guillaume de Flavy, soi-disant à l'origine de la capture de Jeanne d'Arc à Compiègne en mai 1430 (Jules Quicherat, Aperçus nouveaux sur l'histoire de Jeanne d'Arc, Paris, Jules Renouard,‎ , II-168 p. (lire en ligne), p. 77-85 ; Pierre Champion, Guillaume de Flavy, capitaine de Compiègne. Contribution à l'histoire de Jeanne d'Arc et à l'étude de la vie militaire et privée au XVe siècle, Paris, Honoré Champion,‎ , 308 p. (lire en ligne), p. 47-48, note 1). En outre, Philippe Contamine observe que la trahison présumée de La Trémoille envers Jeanne d'Arc a été sommairement étayée par les liens de parenté entre le grand chambellan et le capitaine Guillaume de Flavy (Contamine 1996, p. 208-209).
  80. Tout en la pourvoyant de vivres destinées à Orléans ainsi que d'« artillerie » et d'or, le roi annonce à la Pucelle qu'il « commande exprès » au maréchal de Rais et à Ambroise de Loré » de « conduire [ses] gens » où elle le voudra (Gros 2002, p. 708-711, vers 11151-11161).
  81. Dans sa « confession hors jugement », indépendante des procédures ecclésiastique et séculière, Gilles de Rais affirme avoir commis ses crimes « suivant son imagination et sa pensée, sans le conseil de personne, et selon son propre sens, seulement pour son plaisir et sa délectation charnelle, et non pour quelque autre intention ou quelque autre fin » (Bataille et Klossowski 1985, p. 165 ; 238-239).
  82. Michelet orthographie « Étienne Corillant » (Michelet 1841, p. 211, [lire en ligne].
  83. « Barbe Bleue à La Suze », Histoire du canton de La Suze sur Sarthe, Association pour l'étude du patrimoine sarthois, [lire en ligne].
    Cet article relève également la confusion commise par certains auteurs, dans la continuité de Michelet, entre le château de La Suze (dénommé à tort « château de Barbe-bleue ») et l'hôtel de La Suze sis à Nantes. Aujourd'hui disparu, l'hôtel nantais appartenait à Jean de Craon, seigneur de La Suze, qui lui laissa son nom (Termeau 1945, p. 26-27 note 3) ; Gilles de Rais hérita de ce bien et en fit supposément le théâtre de certains crimes.
  84. Prouteau 1992, p. 27.
    Ultérieurement, Prouteau ne fait plus allusion à cette commande, se contentant d'évoquer le biologiste Henri Laborit comme source d'inspiration du procès de réhabilitation (Prouteau et Armange 2002, p. 99-100).
  85. Prouteau et Armange 2002, p. 99.
    Prouteau évoque ses recherches « aux Archives de Nantes » mais l'historien Jean Kerhervé pointe le fait que le poète confond constamment les archives de la Loire-Atlantique (où les actes des procès sont conservés) et la médiathèque de Nantes, où ne sont conservées que des copies (Kerhervé 1992, p. 7).
  86. « Le bâtonnier Albert Brunois, un ex-ministre de la justice (Michel Crépeau), un ex-ministre de la culture (Jean-Philippe Lecat), le biologiste Henri Laborit, un parlementaire, des juristes… » (Jost 1995, p. 161). En font également partie André Chandernagor (Bayard 1992, p. 223) et le médecin Pierre Simon (Marilyn August, « Historians Seek To Rehabilitate Medieval Mass Murderer », The Associated Press, mardi 10 novembre 1992, [lire en ligne]).
  87. « Quant à la composition de la « Cour » [...], elle était édifiante : évidemment pas un seul spécialiste de l'histoire du Moyen Âge, uniquement quelques amis comparses. On n'a pas pris la peine d'entendre un seul historien. On s'est contenté de m'octroyer quelques minutes, discours sans cesse interrompu par les sarcasmes d'un président furieux. » (Fleury 1993, p. 5).
    Michel Fleury ne doit pas être confondu avec son homonyme, l'historien-archéologue Michel Fleury.
    Gilbert Prouteau présentera Fleury de manière caricaturale comme « le défenseur de l'Inquisition » (Prouteau et Armange 2002, p. ????).
  88. Le quotidien Libération s'interroge sur la nature promotionnelle de l'audience du 9 novembre 1992 eu égard à la parution de l'ouvrage de Prouteau ((en) Marilyn August, « Historians Seek To Rehabilitate Medieval Mass Murderer », The Associated Press, mardi 10 novembre 1992, [lire en ligne].
    Michel Fleury, membre de la Société d'études et de recherches historiques sur le pays de Retz, évoque une « farce médiatico-parisienne » : « La vraie nature de l'opération a en fait été dévoilée à l'issue du spectacle [du 9 novembre 1992] : cocktails, petits fours et distribution du livre de M. Prouteau aux journalistes et invités présents. Ce n'était donc qu'une opération publicitaire et promotionnelle pour un ouvrage. Dont acte. » (Fleury 1993, p. 5).
    Dans son livre d'entretiens avec Gilbert Prouteau, Xavier Armange fait notamment remarquer au poète qu'en « prenant le contrepied de l'Histoire, en dédouanant le sire de Rais, [il était] sûr de réussir un "hénaurme" coup médiatique ». Armange demande ensuite à Prouteau si sa lettre ouverte au président François Mitterrand en vue d'obtenir la réhabilitation de Gilles n'était pas « destinée à relancer les ventes » de son ouvrage Gilles de Rais ou la gueule du loup, ce à quoi l'écrivain répond également de manière « dilatoire » (Prouteau et Armange 2002, p. 102).
  89. « Cette séance tenue au Sénat le 9 novembre 1992 a pu s'y dérouler pour la seule et unique raison qu'elle bénéficiait du parrainage d'un sénateur qui, évidemment, ne représentait que lui-même dans cette affaire. L'or des palais nationaux ne conférait à cette manifestation aucun caractère officiel. » (Fleury 1993, p. 5).
  90. Outre la confusion commise par Gilbert Prouteau entre les archives de la Loire-Atlantique et la médiathèque de Nantes, Jean Kerhervé souligne que le poète qualifie les archives en moyen français de « galimatias » (Prouteau 1992, p. 162) en sus de « déforme[r] allègrement les genres et les cas » lorsqu'il recopie des formules latines (Prouteau 1992, p. 32 ; 185 ; 225). Cf. Kerhervé 1992, p. 7.
  91. Préalablement à sa parution, Gilles de Rais ou la Gueule du loup (annoncé sous le titre L'Ombre d'un doute) a bénéficié d'une couverture médiatique grâce à un article du Nouvel Observateur, où le journaliste François Caviglioli reprend la trame et les inventions du roman de Prouteau tout en qualifiant ce dernier d'« historien » (François Caviglioli, « Victime en 1440 du premier procès stalinien de l'histoire ? Justice pour Barbe-Bleue ! », Le Nouvel Observateur, 12-18 décembre 1991, p. 88-89).
    En outre, le journaliste Jacques Cordy reprend à son compte les erreurs factuelles de Prouteau et Goëau-Brissonnière, notamment le chiffre des 800 victimes prétendument revendiquées par Gilles de Rais (« Cinq siècles après la condamnation de Gilles de Rais lors d'une parodie de procès, Barbe Bleue en appel devant un jury d'honneur », Le Soir, lundi 9 novembre 1992, p. 12, [lire en ligne]).
  92. « L'extrême droite en un clic », Le Soir, mardi 8 janvier 2008 : « […] La majorité des livres diffusant les thèses d'extrême droite sont édités chez Dualpha. Son patron, Philippe Randa, est lui-même un ancien activiste de l'extrême droite musclée. Il assure la diffusion de ses propres livres et des auteurs qu'il édite (notamment la réédition d'ouvrages doctrinaux d'idéologues nazis comme Joseph Goebbels et Alfred Rosenberg, un théoricien du IIIe Reich). »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cazacu 2005, p. 11 ; 23-25.
  2. Boutin et al. 1988, p. 95-98.
  3. a et b Bataille et Klossowski 1985, p. 167-168 ; 171 ; 258-259.
  4. Bataille et Klossowski 1985, p. 168 ; 171 ; 334-336.
  5. Lacroix 1858, p. 53, [lire en ligne] ; cf. Meurger 2003, p. 131.
  6. a et b Chiffoleau 2008, p. 16.
  7. Anne-Claude Ambroise-Rendu, « Enfants violés. Une histoire des sensibilités, XIXe-XXe siècles », Revue d'histoire du XIXe siècle, Thèses et HDR soutenues, mis en ligne le 05 janvier 2011, [lire en ligne].
  8. Chiffoleau 2008, p. 11-14 ; 16.
  9. Blanchard 1897, p. 109, [lire en ligne].
  10. Jones 2008.
  11. Blanchard 1897, p. 97, [lire en ligne].
  12. a, b, c et d Cazacu 2005, p. 24.
  13. Cintré 1992, p. 72.
  14. a et b Blanchard 1898, p. CVII, [lire en ligne].
  15. Bourdeaut 1924, p. 45, [lire en ligne].
  16. Joubert 1890, p. 340-346, [lire en ligne].
  17. Cazacu 2005, p. 23-24.
  18. Blanchard 1898, p. CVIII, [lire en ligne].
  19. Blanchard 1899, p. 320-324, no CCL, 5 février 1404, [lire en ligne].
  20. Bertrand de Broussillon 1898, p. 388, actes no 986-987, [lire en ligne].
  21. Cazacu 2005, p. 11.
  22. Bourdeaut 1924, p. 46, [lire en ligne]).
  23. Bourdeaut 1924, p. 47, [lire en ligne].
  24. Cazacu 2005, p. 46.
  25. Marchegay 1857, p. 65-66, no 237.
  26. Bourdeaut 1924, p. 48, [lire en ligne]).
  27. Cazacu 2005, p. 46-47.
  28. Luce 1892, p. 317-319, [lire en ligne].
  29. Ledru 1893, p. 273, [lire en ligne].
  30. Blanchard 1898, p. CXI-CXII, [lire en ligne].
  31. Bourdeaut 1924, p. 49-51, [lire en ligne].
  32. « Contrat de mariage entre Gilles Sire de Rais & Dame Beatrix de Rohan », (Morice 1744, col. 975-976, [lire en ligne]).
  33. Bourdeaut 1924, p. 51-52, [lire en ligne].
  34. Bertrand de Broussillon 1893, p. 85.
  35. Bataille et Klossowski 1985, p. 82.
  36. Bourdeaut 1924, p. 51-54, [lire en ligne].
  37. a et b Cazacu 2005, p. 58.
  38. Bourdeaut 1924, p. 52, [lire en ligne].
  39. Pièce justificative I (en latin) du 24 avril 1422, Merlet 1891, p. 100-101, [lire en ligne].
  40. a, b, c, d, e et f Bourdeaut 1924, p. 54-57 (résumé des actes des 11 février 1423, 1er juillet 1423 et 13 avril 1424, Archives nationales, X1a 9197, f. 167v°, 216 et 222), [lire en ligne].
  41. a, b et c Cazacu 2005, p. 59-61 ; note 54, p. 324.
  42. Blanchard 1898, p. 194-196, [lire en ligne].
  43. Bataille et Klossowski 1985, p. 93.
  44. Cazacu 2005, p. 67-70.
  45. a, b et c Bouzy 2007.
  46. Françoise Gatouillat, « Les vitraux du bras nord du transept de la cathédrale du Mans et les relations franco-anglaises à la fin de la guerre de Cent Ans », Bulletin Monumental, 2003, no 161-4, p. 307-324, [lire en ligne].
  47. a et b Entrée RICHEMONT Arthur de Bretagne, comte de (1393-1458), dans Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 955.
  48. Du Fresne de Beaucourt 1882, p. 111, [lire en ligne].
  49. Gruel 1890, p. 40, [lire en ligne].
  50. Gruel 1890, p. 40-41, [lire en ligne].
  51. Du Fresne de Beaucourt 1882, p. 111-115, [lire en ligne].
  52. Bossard 1886, p. 26, [lire en ligne].
  53. Bataille et Klossowski 1985, p. 86.
  54. Bourdeaut 1924, p. 60, note no 2, [lire en ligne].
  55. Gruel 1890, p. 43-45, [lire en ligne].
  56. Du Fresne de Beaucourt 1882, p. 23-24, [lire en ligne].
  57. Gruel 1890, p. 43-46, [lire en ligne].
  58. Cosneau 1886, p. 120-125, [lire en ligne].
  59. a et b Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 53.
  60. Le Bouvier 1866, p. 150, [lire en ligne].
  61. « D'or au chevron de gueules accompagné de trois aiglettes d'azur », comme le formule Emmanuel de Boos (Le Bouvier 1995, p. 114).
  62. Blason peint dans le coin inférieur gauche du folio 89, au recto (enluminure sur parchemin, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, Paris, BnF, [lire en ligne]).
  63. Cazacu 2005, p. 76.
  64. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 54.
  65. Bertrand de Broussillon 1893, p. 240.
  66. Joubert 1890, p. 341, [lire en ligne].
  67. Bourdeaut 1924, p. 61, [lire en ligne].
  68. Bourdeaut 1924, p. 83, note 1, [lire en ligne].
  69. Bourdeaut 1924, p. 63-64, [lire en ligne].
  70. Bourdeaut 1924, p. 63, [lire en ligne].
  71. Bourdeaut 1924, p. 62, [lire en ligne].
  72. J.-B. Candé, « Les seigneurs du Lude au temps de la féodalité (suite et fin) », Revue historique et archéologique du Maine, tome 26, Mamers / Le Mans, G. Gleury & A. Dangin / Pellechat, 1889, p. 178, [lire en ligne].
  73. Chartier 1858 (I), p. 51-52, [lire en ligne].
  74. Chartier 1858 (I), p. 53, [lire en ligne].
  75. Anonyme, Mémoires concernant la Pucelle d'Orléans, in Joseph Michaud, Jean-Joseph-François Poujoulat (éd.), Mémoires sur Jeanne d'Arc et Charles VII, Histoire d'Artus III, Florent d'Iliers, Journal d'un Bourgeois de Paris, Olivier de la Marche, Estat de la maison de Charles le Hardy, Jacques du Clercq, Lyon, Guyot, p. 89-90.
  76. Heers 1994, p. 45.
  77. Bertrand de Broussillon 1900, p. 77, no 1215, [lire en ligne].
  78. Walsby 2007, p. 18.
  79. Cazacu 2005, p. 80-81.
  80. Bertrand de Broussillon 1900, p. 7-9 ; 73-74, no 1208, [lire en ligne], [lire en ligne]
  81. Salaün 2008, p. 60-63.
  82. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 106.
  83. Jean de Wavrin dans Quicherat 1847, p. 407, [lire en ligne].
  84. de La Trémoïlle 1890, p. 183, no XXIV, [lire en ligne].
  85. Peyronnet 1984, p. 133.
  86. Heers 1994, p. 32.
  87. Contamine 1996, p. 205-206.
  88. Gaussin 1982, p. 123, [lire en ligne].
  89. Gaussin 1982, p. 70 ; 100, [lire en ligne], [lire en ligne].
  90. Gaussin 1982, p. 69, [lire en ligne].
  91. Selon une lettre vraisemblablement rédigée par un Vénitien logeant à Bruges, reproduite dans la Chronique d'Antonio Morosini : extraits relatifs à l'histoire de France, publiés pour la Société de l'histoire de France / introduction et commentaire par Germain Lefèvre-Pontalis ; texte établi et traduit par Léon Dorez, t. III : 1429-1433, Paris, Librairie Renouard, 1901, p. 106-107, [lire en ligne], p. 124-125, [lire en ligne].
  92. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 120.
  93. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 122-123.
  94. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 123-125.
  95. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, t. 4, Paris, Chez Mme veuve Jules Renouard, 1860, p. 327.
  96. Paul Charpentier et Charles Cuissard, Journal du siège d'Orléans, 1428-1429 : augmenté de plusieurs documents, notamment des comptes de ville, 1429-1431, Orléans, H. Herluison, 1896, p. 91, [lire en ligne].
  97. Quicherat 1847, p. 165-166, [lire en ligne].
  98. Extrait d'un livre de compte, dans Quicherat 1849, p. 261, [lire en ligne].
  99. Cazacu 2005, p. 93-94.
  100. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, t. 4, 1860, p. 337.
  101. Cazacu 2005, p. 95.
  102. « Lettre de trois gentilshommes angevins à la femme et à la belle-mère de Charles VII », dans Quicherat 1849, p. 129, [lire en ligne].
  103. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 178.
  104. a et b Chartier 1858 (I), p. 109, [lire en ligne].
  105. Cazacu 2005, p. 99.
  106. de La Martinière 1929, p. 200-206, [lire en ligne].
  107. Cazacu 2005, p. 96-98.
  108. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, t. 4, 1860, p. 408, [lire en ligne]).
  109. Gruel 1890, p. 83-84, [lire en ligne].
  110. Cosneau 1886, p. 208, [lire en ligne]
  111. Termeau 1945, p. ???
  112. a et b Cazacu 2005, p. 249.
  113. Contamine 1997, p. 124.
  114. François Macé, « À travers les archives des sires de Rais, quelques éléments d'une seigneurie nantaise au XVe siècle », dans Boutin et al. 1988, p. 93.
  115. François Macé, « À travers les archives des sires de Rais, quelques éléments d'une seigneurie nantaise au XVe siècle », dans Boutin et al. 1988, p. 138.
  116. Martin 1997, p. 14.
  117. Martin 1997.
  118. Kerhervé 1987, p. 59 ; 155 (vol. I).
  119. « Mémoires des héritiers de Gilles de Raiz pour prouver sa prodigalité », colonnes 1336-1342, dans Morice 1744, [lire en ligne].
  120. Bourdeaut 1924, p. 108, [lire en ligne].
  121. Bourdeaut 1924, p. 111-112, [lire en ligne].
  122. Bourdeaut 1924, p. 109-112, [lire en ligne].
  123. Valois 1912, p. 199, [lire en ligne].
  124. Bossard 1886, p. 231-235, [lire en ligne].
  125. Dépositions de Jean Rousseau, homme d'armes du duc de Bretagne ; de Lenano, marquis de Ceva, capitaine au service de Gilles de Rais ; de Bertrand Poulein, homme d'armes au service de Gilles de Rais (procédure ecclésiastique, 19 octobre 1440), in Bataille et Klossowski 1985, p. 288-291.
  126. Bourdeaut 1924, p. 112, [lire en ligne].
  127. Bataille et Klossowski 1985, p. 298.
  128. Bataille et Klossowski 1985, p. 151.
  129. Bataille et Klossowski 1985, p. 154.
  130. a, b et c Bataille et Klossowski 1985, p. 155.
  131. « Partage donné à Artur de Bretagne Comte de Richemont Connesftable de France », colonnes 1333-1334, dans Morice 1744, [lire en ligne].
  132. Cosneau 1886, p. 309, [lire en ligne].
  133. Cazacu 2005, p. 157.
  134. Bataille et Klossowski 1985, p. 156 ; 295-298.
  135. Bataille et Klossowski 1985, p. 156 ; 299-302.
  136. a et b Kerhervé 1992, p. 8.
  137. a, b et c Bataille et Klossowski 1985, p. 157 ; 194-198.
  138. Jacques Chiffoleau, « Gilles, la vérité, l'histoire. Un médiéviste et le procès du sire de Rais », dans Collectif 1993 (III), p. 12-13.
  139. Jacques Chiffoleau, « Gilles, la vérité, l'histoire. Un médiéviste et le procès du sire de Rais », dans Collectif 1993 (III), p. 18.
  140. Bataille et Klossowski 1985, p. 157 ; 193-194.
  141. Bataille et Klossowski 1985, p. 157-158 ; 302-314.
  142. Chiffoleau 2008, p. 13.
  143. Chiffoleau 2008, p. 14.
  144. Bataille et Klossowski 1985, p. 158-159 ; 198-201.
  145. a et b Cazacu 2005.
  146. Bataille et Klossowski 1985, p. 164-165.
  147. Bataille et Klossowski 1985, p. 166-167.
  148. Dépositions de François Prelati et Eustache Blanchet devant la cour ecclésiastique, respectivement les 16 et 17 octobre 1440 (Bataille et Klossowski 1985, p. 261-273).
  149. « Mémoires des héritiers de Gilles de Raiz pour prouver sa prodigalité », dans Morice 1744, colonne 1338, [lire en ligne]
  150. Dépositions de François Prelati et Eustache Blanchet devant la cour ecclésiastique, respectivement les 16 et 17 octobre 1440 (Bataille et Klossowski 1985, p. 261-262 ; 267-268).
  151. Déposition de François Prelati devant la cour ecclésiastique le 16 octobre 1440 (Bataille et Klossowski 1985, p. 262-267).
  152. Bataille et Klossowski 1985, p. 152-153 ; 265-266.
  153. Jacques Chiffoleau, « Gilles, la vérité, l'histoire : un médiéviste et le procès du sire de Rais », dans Collectif 1993 (III), p. 9-21.
  154. Chiffoleau 2008, p. 11-14.
  155. Bataille et Klossowski 1985, p. 167-168.
  156. Bataille et Klossowski 1985, p. 168 ; 171 ; 334-336
  157. Chartier 1858 (II), p. 6, [lire en ligne].
  158. Enguerrand de Monstrelet, La chronique d'Enguerran de Monstrelet, en deux livres, avec pièces justificatives, 1400-1444, édition établie par Louis Douët d'Arcq, tome 5, Paris, Chez Mme veuve Jules Renouard, 1861, p. 426.
  159. Paul de Berthou, « Clisson et ses monuments » [PDF],‎ 1910 (supplément 1913) (consulté le 8 avril 2015), p. 4
  160. Cependant, la plupart des anciennes îles de la Loire dépendaient à cette époque du prieuré de la Madeleine qui se trouvait quai Magellan (anciennement « quai de la Madeleine ») au niveau du pont Général-Audibert (anciennement « pont de la Madeleine »).
  161. Bulletin de la Société archéologique de Nantes et du département de Loire-Inférieure, tome 3e, Nantes, Armand Guéraud & Cie, 1863, p. 82-83.
  162. Notices sur les rues de Nantes, 1906, p. 184
  163. Léon Maître, « Les saints guérisseurs et les pèlerinages en Armorique », in Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 8, no 40, 1922, p. 316, [lire en ligne].
  164. Ange Guépin, Histoire de Nantes, Nantes, Prosper Sebire & C. Mellinet, 1839, p. 133 et planche no 12 : « Grotte de Gilles-de-Retz – et tour de Pirmil », p. 659.
  165. Lagrange (abbé), « Variétés historiques : II. Notre-Dame Crée-Lait, à Nantes », in Revue de Bretagne et de Vendée, 11e année, t. XXII, 1867, 2e semestre, p. 464-466, [lire en ligne].
  166. a et b Guérin et Celier 1898, p. 241-242, note no 1, [lire en ligne].
  167. Guérin et Celier 1898, p. 247-249, note 1, [lire en ligne].
  168. Guérin et Celier 1898, p. 353, [lire en ligne].
  169. Charles Petit-Dutaillis, Bibliothèque de l'école des chartes, 1904, t. 65, note 1, p. 423, [lire en ligne].
  170. Guérin et Celier 1898, p. 354-355, note 1, [lire en ligne].
  171. Pierre Christian (alias Pierre Pitois), Histoire de la magie, du monde surnaturel et de la fatalité à travers les temps et les peuples, Paris, Furne, Jouvet et Cie, 1870, p. 399, [lire en ligne].
  172. Bataille et Klossowski 1985, p. 55.
  173. Gabory 1926, p. 145.
  174. Heers 1994, p. 16.
  175. Jost 1995, p. 170-171.
  176. a et b Meurger 2003, p. 48.
  177. Bataille et Klossowski 1985, p. 243.
  178. Hérubel 1982, p. 43-44.
  179. Hérubel 1993, p. 116.
  180. Cazacu 2005, p. 340, note 34.
  181. Bertrand d'Argentré, Histoire de Bretaigne, Livre dixième, p. 897.
  182. Michelet 1841, p. 210, [lire en ligne].
  183. Meurger 2003, p. 125.
  184. Vallet de Viriville 1863, p. 412, [lire en ligne].
  185. a et b Lacroix 1858, p. 53, [lire en ligne].
  186. a, b et c Meurger 2003, p. 131.
  187. de Montfaucon 1731, planche LVIII, [lire en ligne].
  188. Le Bouvier 1866, p. 36, [lire en ligne]. Compte rendu dans Bibliothèque de l'école des chartes, 1867, vol. 28, p. 483-486, [lire en ligne].
  189. Enluminure sur parchemin, verso du folio 78, Armorial de Gilles Le Bouvier, dit Berry, héraut d'armes du roi Charles VII, ms. 4985, Paris, BnF, [lire en ligne].
  190. Registre contenant plusieurs procès criminels faicts aux plus grands seigneurs et autres plus qualifiés de ce royaume, despuis les roys de la première lignée, avec les informations, responses des accusés, arrests et autres procedeures intervenues au jugement d'iceux. — Le tout extraict des registres du conseil, des parlemens du royaume et autres actes publics, par M. Jean Bouhier, conseiller au parlement de Dijon (avec quelques additions faites depuis), [lire en ligne].
  191. Charles des Guerrois, Le Président Bouhier, sa vie, ses ouvrages, et sa bibliothèque, 1855, p. 179-180.
  192. Jacques Chiffoleau, « Le crime de majesté, la politique et l'extraordinaire : note sur les collections érudites de procès de lèse-majesté du XVIIe siècle français et sur leurs exemples médiévaux », in Yves-Marie Bercé (dir.), Les procès politiques (XIVe-XVIIe siècles), Rome, École française de Rome, Collection de l'École française de Rome no 375, 2007, p. 577-662.
  193. Bouzy 1997, p. 44, [lire en ligne].
  194. Fiche de l'image Procès de Gilles de Rais en 1440. Armes de Jean Bouhier (cliché coté RC-B-07511), Banque d'images de la Bibliothèque nationale de France (BnF).
  195. Meurger 2003, p. 107 ; note 19, p. 117.
  196. a, b et c Jost 1995, p. 171.
  197. Perceau et Fleuret 1921 ; Dubu 1945 ; Hérubel 1993 ; Cazacu 2005...
  198. Marie-Madeleine Castellani, « Les figures du Mal dans la bande dessinée Jhen », in Cahiers de recherches médiévales, no 2, 1996, [lire en ligne].
  199. a et b Henri Martin, Histoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789, Paris, Furne libraire-éditeur, 1855, t. 6, p. 397.
  200. Huysmans 1891, p. 64, [lire en ligne].
  201. Cazacu 2005, p. ???.
  202. Olivier Bouzy, entrée Littérature romanesque, dans Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 825-826.
  203. Allen S. Weiss, « La glossolalie et la glossographie dans les délires théologiques », dans Langages, no 91, 1988, p. 109, [lire en ligne].
  204. (Bataille et Klossowski 1985, p. 92).
  205. Jost 1995, p. 178.
  206. a et b Chiffoleau 2008, p. 12.
  207. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 948.
  208. Vallet de Viriville 1863, p. 106-107, [lire en ligne]
  209. Du Fresne de Beaucourt 1882, p. 222, [lire en ligne]
  210. Pierre Leveel, « Un adversaire de Jeanne d'Arc : Georges de La Trémoille », Connaissance de Jeanne d'Arc, Chinon, no 22,‎ , p. 9-13 (lire en ligne).
  211. Bossard 1886, p. 36-37, [lire en ligne].
  212. Bourdeaut 1924, p. 69-70, [lire en ligne].
  213. Contamine 1996, p. 209-210.
  214. Bouzy 2007, p. ?.
  215. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. ?.
  216. Cazacu 2005, p. 102-104.
  217. Gros 2000, p. 117-126.
  218. Michel Rousse, « Le Mystère d'Orléans », in Cahiers Gilles de Rais, no 3, mai 1993, Nantes, Éditions Joca Seria, p. 27-31.
  219. Jost 1995, p. 179.
  220. Hamblin 2014, p. ?.
  221. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 296-297.
  222. Cazacu 2005, p. 146.
  223. Cazacu 2005, p. 331-332, note 57.
  224. Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations et sur les principaux faits de l'histoire depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII, 1756 ; édition consultée : Œuvres complètes de Voltaire, t. 10, Paris, Librairie Hachette et Cie, 1893, p. 462, [lire en ligne].
  225. Débat entre Salomon Reinach et Noël Valois, « Séance du 13 janvier 1905 », in Académie des inscriptions et belles-lettres, Comptes rendus des séances de l'année 1905. Bulletin de janvier-février, Paris, Alphonse Picard et fils éditeurs, 1905, p. 11, [lire en ligne]. Repris en annexe dans Salomon Reinach, « Gilles de Rais », in Cultes, mythes et religions, t. IV, Paris, Ernest Leroux Éditeur, 1912, p. 291, [lire en ligne].
  226. Plaidoirie de Jean-Yves Gœau-Brisonnière dans Prouteau 1992, p. 250.
  227. a et b Savy 2006, p. 87-88.
  228. L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre-Seigneur…, 3e édition, Paris, A. Jombert jeune, 1783-1787, 3 vol. , 2, 1784, p. 908 ; édition consultée : ibid, t. 13, Paris, Valade, 1818, p. 228.
  229. Meurger 2003, p. 123.
  230. « Gilles de Rais », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition], p. 471.
  231. Michelet, Histoire de France, tome 5, Paris, Librairie classique et élémentaire de Louis Hachette, 1841, p. 211.
  232. Antoine Eugène Genoud, Histoire de France, 1844-1848.
  233. Victor Adolphe Malte-Brun, La France illustrée : géographie, histoire, administration, statistique, t. 3, Paris, Jules Rouff, 1882, p. 19-20.
  234. Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXe siècle, Paris, Librairie classique Larousse, 1867, t. 2, p. 214.
  235. Pitre-Chevalier, La Bretagne ancienne et moderne, Paris, W. Coquebert, 1844, p. 481.
  236. Bossard 1886, p. 211, [lire en ligne].
  237. « (...) on voit qu'il [Michelet] a été induit en erreur, ou par une lecture trop rapide du manuscrit, ou, ce qui est plus probable, par le récit d'un historien mal informé. », Bossard 1886, p. 176, note 1, [lire en ligne].
  238. Bataille et Klossowski 1985, p. 274 ; 278 ; 286.
  239. « Séance du 13 janvier 1905 », in Académie des inscriptions et belles-lettres, Comptes rendus des séances de l'année 1905. Bulletin de janvier-février, Paris, Alphonse Picard et fils éditeurs, 1905, p. 11-14.
  240. Hervé Duchêne, « Notes complémentaires », in Salomon Reinach, Cultes, mythes et religions, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1996, p. 1210.
  241. Prouteau 1992, p. 15-27.
  242. Prouteau et Armange 2002, p. 99.
  243. Prouteau 1992, p. 191-193.
  244. a, b, c et d Bouzy 1993, p. 17-25, [lire en ligne].
  245. Sylvain Matton, « Le statut de l'alchimie au temps de Gilles de Rais », dans Collectif 1993 (IV), p. 27-33.
  246. Bouzy 1993, p. 17, [lire en ligne].
  247. Jost 1995, p. 151-161.
  248. Salomon Reinach, « Gilles de Rais », in Cultes, mythes et religions, 1912, p. 273-274, [lire en ligne].
  249. Prouteau 1992, p. 27.
  250. Prouteau 1992, p. 191.
  251. Parent et Facon 1984.
  252. Facon 1988.
  253. a et b Jacques Cordy, « Le procès en réhabilitation de Barbe bleue à Paris. Gilles de Rais : pas si démoniaque que ça », Le Soir, mardi 10 novembre 1992, [lire en ligne].
  254. Kerhervé 1992, p. 6-8.
  255. Bulletin de la Société d'études et de recherches historiques du pays de Retz, no 8, Paimbœuf, Éditions du pays de Retz, 1993, p. 92.
  256. (it) Munzi Ulderico, « Imputato Barbablu’ : assolto a Parigi una giuria di intellettuali assolve il maresciallo che fini’ sul rogo », Corriere della Sera, mardi 10 novembre 1992, [lire en ligne]).
  257. Cazacu 2005, p. 9.
  258. Jost 1995, p. 152.
  259. Heers 1994, p. 10.
  260. Meurger 2003, p. 14.
  261. Cazacu 2005, p. 184.
  262. Kerhervé 1992, p. 6-8, [lire en ligne].
  263. Jost 1995, p. 154.
  264. Fleury 1993, p. 5.
  265. Jost 1995, p. 160.
  266. « Barbe-Bleue rejugé », dépêche de l'AFP, jeudi 18 juin 1992, [lire en ligne]).
  267. Prouteau et Armange 2002, p. 127-150 ; 204-205.
  268. Gilbert Philippe, « L'écrivain Gilbert Prouteau s'est éteint à 95 ans – Vendée », in Ouest-France, vendredi 03 août 2012.
  269. Jean de Raigniac, compte rendu du Roman de la Vendée de Gilbert Prouteau, in Lire en Vendée, juin-décembre 2010, p. 5.
  270. Bayard 1992, p. 9.
  271. Bayard 1992, p. 224.
  272. Jean-Pierre Bayard, Plaidoyer pour Gilles de Rais, Éditions Dualpha, coll. « Vérités pour l'Histoire », 2007.
  273. Présentation du no 132 de la revue Points de Vue Initiatiques, site de la Grande Loge de France.
  274. Fiche biographique de Paul Ladmirault, Larousse en ligne, [lire en ligne].
  275. Fiche de l'œuvre sur le site de l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM), [lire en ligne].
  276. « Gilles de Rais, un « serial killer » du XVe s. », site de Hervé Dumont, Cinéma & Histoire / Histoire & Cinéma, [lire en ligne].
  277. Pier Paolo Pasolini, auto-entretien publié le 25 mars 1975 dans Il Corriere della Sera durant le tournage de Salò ou les 120 Journées de Sodome (Nico Naldini (trad. de l'italien par René de Ceccatty), Pasolini, biographie [« Pasolini, una vita »], Paris, Gallimard, coll. « NRF biographies »,‎ , 418 p. (ISBN 2-07-072376-3, présentation en ligne), p. 388-389).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]