Particule (onomastique)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Particule.

La particule' est une préposition qui précède un nom de famille. En français elle peut prendre la forme simple « de », la forme élidée « d », être accompagnée d'un article « de la », voire contractée « des » ou « du ». Elle existe également en d'autres langues : néerlandais « van », allemand « von », anglais « of », italien « de », « da » « del », « dal », « della »...

La particule nobiliaire : une piste trompeuse[modifier | modifier le code]

Contrairement à une idée reçue, la particule ne peut en aucun cas être prise comme une marque de noblesse (pas plus d'ailleurs que son absence empêche d'être noble)

Les particules dites « nobiliaires » n'ont jamais été mises que devant les noms de famille qui viennent des seigneuries. En effet, la particule atteste initialement l'origine (rappel d'une filiation, l'origine d'une famille (clan) dans le sens « fils de, fille de », ou une origine géographique) ou la propriété (génitif). Conséquence : certains propriétaires ou roturiers peuvent donc posséder une particule sans pour autant être nobles.

Beaucoup de familles nobles portent leur nom patronymique suivi du ou des noms de fief précédés d'une particule.

Certaines familles d’authentique noblesse n’ont jamais arboré la particule :

Certaines familles authentiquement nobles ont discrètement gommé la particule de leur nom au moment de la Révolution, pour se protéger. Certaines ne l’ont pas faite rétablir.

La particule que portent certains noms de famille peut provenir d'un origine géographique.

Il arrive que des noms aient deux particules adjointes : tienne de D'Arsemalle, (fils de D'Arsemalle, de la famille d'Arsemalle, originaire de Vendée)[1], Cardinal Bertrand de d'Eux, Archevêque d'Embrun & Prévôt de Liègen, Marie de d'Ouyneau.

Règles d’usage[modifier | modifier le code]

Elle n’apparaît que lorsque le nom est précédé d’un prénom, d’un titre ou d'une dénomination (monsieur, madame, marquis, abbé, général, etc.) :

Jean de La Fontaine
le marquis de Sade
Madame de Sévigné
Subtilité « historique » : de façon systématique jusqu'au Grand Siècle, et parfois encore de nos jours, on trouve la particule employée après un lien de parenté (comme cousin(e), oncle/tante, grand-père/grand-mère).

On peut ainsi trouver :

ma cousine de Maintenon, ma grand-mère de Bourbon-Parme

Lorsque le nom est employé sans prénom ou sans titre, le « de » n’est pas maintenu :

La Fontaine
Richelieu
Montherlant

De même, au pluriel, le « de » disparaît :

Les Montherlant et non les de Montherlant

Mais « d’ », « Du » ou « Des » sont maintenus :

Du Guesclin
Des Cars
Des Esseintes
d’Alembert
d'Hozier

Toutefois, on conserve ordinairement la particule « de » pour les noms d'une syllabe sonore (le e final étant muet) :

de Thou
de Sèze
de Lattre
de Gaulle
de Moivre bien que selon les usages on dise « la formule de Moivre » ou « la formule de De Moivre ».
  • Exception[2] : l'usage veut qu'on omette le « de » pour Sade, Maistre[3], Retz, Broglie (prononcé Breuil sauf à Strasbourg où l'on prononce communément Broglie pour la place Broglie).

La particule « de »/« d' » n’est généralement pas prise en compte dans le classement alphabétique : de Sèze sera classé sous S plutôt que sous D, de même que d'Alembert sera classé sous A plutôt que sous D.

Majuscule ou minuscule ?[modifier | modifier le code]

« de » et « d’ » : la particule étant une préposition marquant l'origine, elle s'écrit toujours en minuscule :

Raymond de Sèze
Gérard d'Aboville
Alfred de Musset

Si elle est précédée de la préposition « de », la majuscule permet de distinguer les deux « de »[4],[5] :

les mémoires de Raymond de Sèze
les mémoires de De Sèze

« du » et « des », prennent une capitale quand ils ne sont pas précédés d'un prénom ou d'un titre :

(Dans un index, ces noms à particule du ou des sont classés à du ou à des : on place Du Bellay à la lettre d, non à b[7].)

« de La » : attention au maniement du « La », où la particule disparaît tout à fait normalement lorsque le nom est seul mais où en revanche le La reste :

La Bruyère
La Rochefoucauld
Classiquement, d'après l'Académie française, ou encore "le guide du protocole et des usages" de Jacques Gandouin, le "la" ne prend jamais de majuscule s'il est précédé de la particule, ainsi :
Jean de la Bruyère
Étienne de la Boétie
La Bruyère et La Boétie
Cependant, de nos jours, il est souvent écrit le « la » systématiquement avec une capitale : « La ».

Enfin, concernant le classement alphabétique : c'est ce « la » ou « l' » qui déterminera le positionnement.

La famille de la Bruyère sera classée à La
La famille de l'Hermite à L' (soit avant La)

Particules étrangères[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (mars 2009). Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Les particules étrangères gardent la majuscule lorsque c'est l'usage dans leur langue d'origine :

Elles s'écrivent en minuscule lorsque c'est l'usage dans leur langue d'origine :

Cas particulier :

  • En anglais : il n'y a pas de particule proprement dite, mais la préposition « of » avec minuscule peut introduire un nom de fief dans les titres nobiliaires. Ces titres ne font cependant pas partie du nom de famille et sont généralement traduits en français : Charles, Prince of Wales ou Charles, prince de Galles.
  • Lorsqu'un nom d'origine étrangère porté par un citoyen des États-Unis comprend ce qui était une particule ou un élément apparenté dans la langue d'origine, cet élément s'écrit presque toujours avec une majuscule et très souvent (mais pas toujours) en un seul mot avec ce qui suit : A, De, De La, La, Dos, Mac, Mc, O' . Dans ce cas, le second élément garde la majuscule bien que ne formant qu'un seul mot ; il y a donc une majuscule à l'intérieur d'un mot : Cecil B. DeMille, Shia LaBeouf, Douglas MacArthur, William McKinley, (voir l'article CamelCase).
  • En hongrois : il n'y a pas de particule nobiliaire, cependant des noms de fiefs, dont certains sont devenus des noms de famille, sont formés en transformant le nom en adjectif par l'ajout du suffixe -i (souvent remplacé par -y dans les noms les plus anciens) : nagybányai Horthy Miklós (l'adjectif dérivé du nom de fief, sans majuscule, s'écrit en premier, le nom de famille ensuite et le prénom enfin, selon l'usage hongrois). De tels adjectifs sont généralement « traduits » dans les langues occidentales. En français, on écrit ce nom Miklós Horthy de Nagybánya, de même qu'en allemand on écrit Miklós Horthy von Nagybánya. Ceci explique la forme de noms aujourd'hui français tels que Nicolas Sarkozy de Nagy-Bocsa ou allemands tels que Christoph von Dohnányi.

Particules étrangères dans les noms de citoyens français[modifier | modifier le code]

Si une personne de nationalité française porte un nom avec une particule étrangère, la règle sera d'écrire son nom avec une majuscule. Malgré cela, l'usage hésite :

Manuel Dos Santos (nom d'origine portugaise) ;
Renaud Van Ruymbeke (nom d'origine néerlandaise), mais Didier van Cauwelaert plus souvent écrit avec une minuscule ;
Jean-Michel di Falco plutôt que Di Falco (nom d'origine italienne), bien que l'usage en italien moderne soit d'écrire les particules avec une majuscule.

Inversement, si la forme d'une particule étrangère coïncide avec celle de la particule française, c'est l'usage français de la minuscule qui s'applique si la personne est de nationalité française :

René de Obaldia (nom d'origine espagnole), bien que la forme correcte en français devrait être « d'Obaldia ».

Nom de plume, nom d'artiste[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, certains artistes ont rajouté un de pseudo-nobiliaire à leur nom :

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. armorial général d'Hozier généralités de Poitiers, 1re partie, Sieur de la Fremaudières, p15
  2. Le Français Correct de Maurice Grevisse 3e édition 1982, DUCULOT, Orthotypographie Jean-Pierre Lacroux
  3. Joseph de Maistre demandait qu'on dise « Maistre » ; Dans une de ses lettres, il reproche explicitement à un de ses correspondants d'avoir dit « de Maistre » au lieu de « Maistre
  4. nitescence.free, Du bon usage du titre de noblesse et de la particule
  5. Banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  6. « Placées entre le prénom et le nom, ou le titre et le nom, les particules de, du, des s'écrivent avec une minuscule (Alfred de Vigny, le cardinal de Richelieu, Bertrand du Guesclin, Bonaventure des Périers). On écrira de même : le mathématicien d'Alembert, le poète du Bellay, le prévôt des Essarts (on trouve cependant la majuscule lorsque le nom est précédé d'une préposition : un poème de Du Bellay). » « Particule », Dictionnaire de l'Académie française, Fayard, Imprimerie nationale éditions, Actes Sud, 2011, t. III, p. 272.
  7. Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale, Imprimerie nationale, 2002, (ISBN 978-2-7433-0482-9), 3e édition, octobre 2007, p. 138.
  8. Il semble qu'en italien, l'usage moderne soit d'utiliser la minuscule pour les personnages antérieurs au XIXe siècle, et la majuscule pour ceux postérieurs au XIXe siècle, mais cette règle est souvent ignorée ou contestée. Le sujet a été longuement débattu sur la Wikipédia italienne, sans arriver pour autant à un consensus.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lexique des règles typographiques en usage à l'Imprimerie nationale. 6e éd. [oct. 2007]. Paris : Imprimerie nationale, 2002, 208 p. ISBN 978-2-7433-0482-9
  • Le Martinet d’Orthez par Jean-Pierre Barraqué. 1999.
  • Histoire de La Réole. Octave Gauban. 1873.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]