Jean Bureau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bureau.
Jean Bureau
Image illustrative de l'article Jean Bureau

Naissance ~1390
Semoine
Décès 2 ou 5 juillet 1463 (à ~73 ans)
Paris
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Artillerie
Grade Grand maître de l'artillerie du Roi
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Bataille de Castillon
Autres fonctions Seigneur de Montglat
Famille Frère de Gaspard Bureau
[1]Blason de Jean Bureau.

Jean Bureau, né à Semoine vers 1390 et mort à Paris le 2 ou le 5 juillet 1463[2], seigneur de Montglat (ou Montglas), de La Houssaye-en-Brie (1450), de Fontenay-en-France, de Thieux et Noisy-le-Sec, de Marle et la Malmaison, est un Grand maître de l'artillerie du Roi Charles VII qui, en utilisant massivement l'artillerie pour la première fois en Occident, a remporté la victoire contre les Anglais à la bataille de Castillon, mettant ainsi un terme à la guerre de Cent Ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et jeunesse[modifier | modifier le code]

Deuxième fils de Simon Bureau et de son épouse Hélène, bourgeois de Paris, Jean Bureau est né à Semoine en Champagne[2]. Il fait ses études de droit à Paris. Il est commissaire au Châtelet lorsque Paris est occupé par les Anglais sous la tutelle du Duc de Bedford.

Siège d'Orléans : l'artillerie appuie l'assaut des attaquants

Guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

En 1434, il quitte la capitale et s'associe au destin du roi Charles VII. Il est alors receveur ordinaire de Paris. En 1438, il se distingue au siège de Meaux. Pour le récompenser, Charles VII le fait Grand maître de l'artillerie de France par lettre royale du 29 septembre 1439. Avec son frère cadet Gaspard Bureau, seigneur de Villemomble, il réorganise l'artillerie de campagne, en développant l'utilisation du canon. Tous deux dirigent personnellement l'artillerie dans toutes les batailles de Normandie et de Guyenne, où ils commandent également les francs archers.

Jean Bureau sert aux sièges de Pontoise (1441) et de Harfleur (1449), assiste à la prise de Bayeux, et s'emploie à la capitulation de Caen. Il se signale encore en Guyenne devant Bergerac, et après avoir contribué à la reddition des châteaux de Montguyon et de Blaye, assiège Libourne qu'il emporte.

Il est nommé collecteur des impôts de Paris et, en 1443, trésorier général de France[2]. Il est anobli en octobre 1447 à Bourges. Commissaire du Roi aux Finances des États du Bas-Limousin (1447-1450) du Haut-Limousin (1447-1451) et de la Marche (1450-1451), il est Prévôt des marchands de Paris du 17 août 1450 au 19 août 1452. Diplomate et ambassadeur (en armagnac et en Aragon)

La Guyenne entièrement soumise, Charles VII nomme le seigneur de Montglat, maire perpétuel de Bordeaux en 1455. Il y fait édifier le Château Trompette. Mais Bureau s'entend mal avec les Bordelais, notamment le Captal de Buch. La ville se soulève et les Anglais la réinvestissent en 1452.

En 1453, pendant la seconde campagne de Guyenne, les troupes anglaises placées sous les ordres du général John Talbot subissent une lourde défaite à Castillon-la-Bataille devant les troupes des frères Bureau. Cette bataille marque la fin de la domination anglaise en Aquitaine, et plus généralement, de la Guerre de Cent Ans.

Article détaillé : Bataille de Castillon.

Louis XI le fait chevalier à l'occasion de son sacre en 1461 et membre du Conseil du Roi. C'est dans sa maison des Porcherons, dans le nord-ouest de Paris, que loge Louis XI après son entrée solennelle dans la capitale[2]. De plus, par lettres patentes du 7 septembre 1461, le roi le nomma l'un des deux maîtres de clercs ordinaires de la Chambre des comptes, après le président[3]. Il est commissionnaire lors du procès de Jacques Cœur. Il meurt à Paris le 5 juillet 1463.

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Le 24 mai 1428, il épouse Jeanne Germaine Hesselin[4] dame d'honneur de la Reine Marie d'Anjou, fille de Jacques Hesselin, valet de chambre du Roi, et veuve en premières noces de Guillaume de Sailly. De cette union naissent trois fils et deux filles[4].:

  1. Jean Bureau dit L’Aîné
  2. Pierre III Bureau
  3. Simon Bureau
  4. Philippa Bureau
  5. Isabau (Isabelle) Bureau, elle épouse en 1463 un des fils de Jacques Cœur, Geoffroy.

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • Louis-Napoléon Bonaparte, dans Études sur le passé et l’avenir de l’artillerie, t. II, p. 96.

«En France, la guerre de l’Indépendance contre les Anglais avait réveillé le génie guerrier de la nation, et, non-seulement l’héroïque Jeanne d’Arc s’occupait elle-même de diriger l’artillerie ; mais deux hommes éminents sortis du peuple, les frères Bureau, apportèrent tous leurs soins à perfectionner les bouches à feu et à la conduite des sièges. Ils commencèrent à employer, quoiqu'en petit nombre, les boulets de fer au lieu des boulets de pierre, et alors, un projectile du même poids occupant un plus petit volume, on put lui donner une plus grande quantité de mouvement, parce que la pièce, ayant un moindre calibre, offrit plus de résistance à l’explosion de la poudre.

Ce boulet plus dur ne se brisa plus et put pénétrer dans la maçonnerie; il y eut avantage à augmenter sa vitesse en diminuant sa masse; les bombardes devinrent moins lourdes, quoique leur effet fût rendu plus dangereux.

Artillerie de siège médiévale par Viollet-le-Duc

Au lieu d’élever des bastilles tout autour de la ville, les assiégeants établirent, devant les grandes forteresses, un parc entouré d’un retranchement situé dans une position centrale, hors de la portée du canon. De ce point, ils conduisirent un ou deux boyaux de tranchée vers les pointes où ils placèrent leurs batteries... Nous sommes arrivés au moment où les tranchées furent employées comme moyen d’approche concurremment avec les couverts en bois... Aux frères Bureau revient l’honneur d’avoir les premiers fait l’emploi le plus judicieux de l’artillerie à feu dans les sièges. De sorte que les obstacles tombèrent devant eux, les murailles frappées ne résistaient plus à leurs boulets et volaient en éclats. Les villes que défendaient les Anglais et qu’ils avaient mis des mois entiers à assiéger, lors de leur invasion, furent enlevées en peu de semaines. Ils avaient employé quatre mois à assiéger Harfleur, en 1440; huit mois à assiéger Rouen, en 1418; dix mois à s’emparer de Cherbourg, en 1418, tandis qu’en 1450, toute la conquête de la Normandie, qui obligea à entreprendre soixante sièges, fut accomplie par Charles VII en un an et six jours.

«L’influence morale exercée par la grosse artillerie est devenue si grande qu’il suffit de son apparition pour faire rendre les villes.

«... Disons-le donc, en l’honneur de l’arme, c’est autant aux progrès de l’artillerie qu’à l’héroïsme de Jeanne d’Arc, que la France est redevable d’avoir pu secouer le joug étranger de 1428 à 1450. Car, la crainte que les grands avaient du peuple, les dissensions des nobles eussent peut-être amené la ruine de la France, si l’artillerie, habilement conduite, ne fût venue donner au pouvoir royal une force nouvelle, et lui fournir à la fois le moyen de repousser les ennemis de la France et de détruire les châteaux de ces seigneurs féodaux qui n’avaient point de patrie.

«Cette période de l’histoire signale une ère nouvelle. Les Anglais ont été vaincus par les armes à feu, et le roi, qui a reconquis son trône avec des mains plébéiennes, se voit pour la première fois à la tête de forces qui n’appartiennent qu’à lui. Charles VII, qui naguère empruntait aux villes leurs canons pour faire les sièges, possède une artillerie assez nombreuse pour établir des attaques devant plusieurs places à la fois, ce qui excite à juste titre l’admiration des contemporains.

  • Un texte d'époque de l'évêque Basin, que Bureau a certainement connu, le décrit comme un homme d'origine humble, de basse stature, mais d'une grande détermination et courage. Selon les récits, Bureau était un perfectionniste; méthodique, esprit mathématique, c'était aussi un brillant administrateur, doué d'une vive imagination technique qui lui permettait de tirer le meilleur parti des armes primitives de l'époque.

Les armes[modifier | modifier le code]

Artillerie médiévale

Pendant le XVe siècle, l'activité des frères Bureau évolue avec le progrès des technologies.

  • la poudre à canon : vers 1429, un grand progrès technologique est réalisé avec l'invention du moulin à poudre ; celle-ci est auparavant préparée sur le champ de bataille. C'est un mélange qui contient une mesure de charbon végétal, une mesure de soufre et six mesures de salpêtre, recette venant de Chine. Au commencement, la poudre sert plutôt d'agent incendiaire que d'explosif, d'où l'expression : armes à feu. Un pas en avant est fait quand on découvre que la poudre détone mieux quand elle est assez broyée. À l'origine de l'artillerie, le progrès des explosifs facilite également le travail des sapeurs.
  • Les canons : il y a une rapide évolution dans la fonderie des canons en bronze, en laiton et plus rarement, en fer. Il arrive souvent aux canons d'exploser. Pendant le siège de Cherbourg, on célèbre le fait que quatre canons seulement aient éclaté.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jules Michelet, Histoire de France, Tome Cinquième, Livre XI, Chap. II, pg. 223, Paris, L. Hachette,‎ 1841, 420 p. (ISBN ND[à vérifier : ISBN invalide], [gallica.bnf.fr lire en ligne]), "Bureau prit pour armes trois burettes ou fioles; mais le peuple préférant l'autre étymologie, tout aussi roturière, tira bureau de bure et en fit le proverbe: Bureau vau escarlate".
  2. a, b, c et d (fr) « Généalogie », sur gw1.geneanet.org (consulté le 5 octobre 2010)
  3. http://books.google.fr/books?id=4-ZZAAAAYAAJ&pg=PA11 Ordonnances des rois de France de la troisième race, tome XV, p. 11
  4. a et b (fr) « Famille Bureau », sur racineshistoire.free.fr (consulté le 5 octobre 2010)

Source partielle[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Jean Bureau » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)