Faux (art)

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Ce tableau a été identifié comme faux après que l'on a retrouvé du bleu de Prusse, un pigment qui n'est utilisé que depuis le XVIIIe siècle.

Un faux est une imitation d'une œuvre d'art originale, qui n'est pas présentée comme une copie, ou une œuvre originale dont on essaie d'attribuer la paternité à un artiste qui n'en est pas l'auteur, et qui est généralement plus célèbre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Historiquement, il faut distinguer si un faux a été réalisé avec une intention frauduleuse ou non ; il était en effet courant au XVe et au XVIe siècle que les élèves d'école d'art imitaient ou peignaient à la manière d'un grand maître pour apprendre. Il pouvait aussi arriver qu'un grand artiste donne une idée à ses collaborateurs, qui peignaient ensuite. Il faut attendre le XIXe siècle pour qu'on parle d'une œuvre « authentique » uniquement lorsqu'elle est conçue et peinte par le maître seul. La définition d'un « faux » est donc récente au regard de l'histoire de l'art. Il faut également prendre en compte les peintures modifiées avec le temps par d'autres artistes pour des convenances morales, religieuses ou politiques (comme les figures du Jugement dernier de Michel-Ange qui furent habillées à la demande du pape par Daniel de Volterra ou les trois Grâces de Rubens dans l’Éducation de Marie de Médicis, voilées à la fin du XVIIe siècle, détails depuis enlevés). Enfin, il est nécessaire de comprendre que certains faux ne sont que des œuvres qui ont été mal attribuées dans le passé. Le vrai faussaire copie une peinture (ou plusieurs éléments empruntés à plusieurs toiles) qu'il modifie au besoin et la signe du nom de l'artiste avec le but de tromper[1].

On parle d'une œuvre « attribuée à » lorsque des doutes sérieux subsistent mais que l'authenticité est vraisemblable, d'une production « atelier de » lorsqu'on a la garantie qu'elle a été réalisée dans l'atelier d'un maître ou sous son autorité, d'« école de » lorsque l'artiste a été élève d'un maître et a subi son influence ou son aide, de « copie » lorsqu'il s'agissait du désir de posséder la reproduction d'une œuvre célèbre ou pour des besoins de l'enseignement de l'art, et de « pastiche » lorsqu'un maître peint à la manière d'un autre (par exemple Rubens vis-à-vis du Titien)[1].

Histoire des faux[modifier | modifier le code]

Les premiers faux datent de l'Empire romain, des sculptures grecques étant vendues à de riches patriciens à une époque où l'art grec est à la mode. Au Moyen Âge, certaines fausses reliques sont réalisées par des artistes pour être vendues ensuite à des établissements religieux.

La diffusion de la richesse qui suivit la Renaissance entraîna un attrait plus grand pour les œuvres d'art et les objets antiques. Cet attrait s'étendit aux œuvres contemporaines et, de plus en plus, la valeur de ces œuvres fut attachée à la signature de celui qui les avait produites. Pour les identifier, les peintres commencèrent à marquer leurs œuvres, d'abord de signes puis de signatures. Avec la demande plus forte, les premiers faux commencèrent à apparaître.

L'historien Giorgio Vasari note que Michel-Ange avait copié des dessins de maîtres et substituait ses copies aux originaux ; il avait également sculpté un Cupidon endormi, l'avait patiné puis enterré afin de le vieillir artificiellement puis vendu comme une sculpture hellénistique au cardinal Riaro[1].

Pendant le XVIe siècle certains suiveurs d'Albrecht Dürer ajoutèrent sa signature à leurs œuvres pour en augmenter la valeur, provoquant la colère de Dürer : il ajouta à une gravure de la Vierge une mention « que soient maudits les pilleurs et les imitateurs du travail et du talent des autres »[2]. Même Michel-Ange fit un faux d'un cupidon en marbre pour son mécène Laurent de Médicis.

En 1799, Wolfgang Küffner put emprunter un autoportrait d'Albrecht Dürer qui décorait l'hôtel de ville de Nuremberg depuis le XVIe siècle. En lieu et place de l'original, il restitua une copie, supercherie qui ne fut découverte que six ans plus tard, en 1805, quand le tableau fut vendu et expertisé.

Les faux se multiplièrent au XXe siècle, en particulier sur les œuvres d'artistes contemporains comme Salvador Dalí, Pablo Picasso, Paul Klee ou Matisse. Durant la seconde guerre mondiale, le marché de l'art en France occupée connut un véritable boom qui s'accompagna de la création et de la vente de nombreux faux[3].

Des faux en vestiges étrusques apparurent également au XXe siècle, suite au développement de l'intérêt renouvelé pour cette civilisation. Les faux « Guerriers en terracotta » furent même expertisés et reconnus comme authentiques entre 1915 et 1961 par leur acheteur, le Metropolitan Museum of Art de New-York. Les aveux du faussaire, le sculpteur italien Alfredo Fioravanti, au consulat américain de Rome, les fit revenir immédiatement sur leurs certitudes[4].

Exemples célèbres[modifier | modifier le code]

Fiction[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages

  • Otto Kurtz, Faux et Faussaires, traduit de l'anglais par Jacques Chavy, Flammarion, 1948, rééd. 1983
  • Fritz Mendax, Le Monde des Faussaires, traduit de l'allemand par Guido Meister, La Table Ronde, 1956

Articles

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Véronique Prat, « Un nouveau Michel-Ange au Louvre ? », Le Figaro Magazine, semaine du 6 décembre 2013, pages 82-88.
  2. (en) Forgeries, a Long History, Adrian Darmon
  3. Kim Oosterlinck, 2009. "The Price of Degenerate Art, " Working Papers CEB 09-031.RS, ULB -- Universite Libre de Bruxelles.
  4. Jean-Paul Thuillier, Les Étrusques, la fin d'un mystère, p. 148-149
  5. http://books.google.fr/books?ei=Zss_U7fOEZGthQex8oHQBQ&hl=fr&id=rthIAQAAIAAJ&dq=marien+marcel&focus=searchwithinvolume&q=authentification+des+oeuvres