Jean Poton de Xaintrailles

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Jean Poton
Seigneur de Xaintrailles
Étienne de Vignolles (La Hire) et Xaintrailles.Enluminure du XVe siècle, Vigiles de la mort de Charles VII, Bibliothèque nationale de France.
Étienne de Vignolles (La Hire) et Xaintrailles.
Enluminure du XVe siècle, Vigiles de la mort de Charles VII, Bibliothèque nationale de France.

Surnom Poton
Naissance vers 1390 - 1400
Décès 7 octobre 1461 (à 60-70 ans)
au Château Trompette, Bordeaux
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade Maréchal de France (1454)
Années de service 1423 – vers 1450
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Bataille de Cravant
Bataille de Verneuil
Bataille de Patay
Bataille de Gerberoy
Siège d'Orléans
Autres fonctions Maître de l'écurie royale
Gouverneur de Falaise (1450)
Gouverneur de Guyenne (1458)

Blason Jean Poton de Xaintrailles.svg
écartelé, aux 1 et 4 de gueules au lion d'argent armé et lampassé de sable, aux 2 et 3 d'argent à la croix de gueules (alésée ou non)

Jean Poton, seigneur de Xaintrailles, gentilhomme de Gascogne, maître de l’Écurie du roi, bailli de Berry et sénéchal du Limousin, prit part à la Guerre de Cent Ans et en particulier à la bataille de Verneuil (1424).


Biographie[modifier | modifier le code]

L'armée française[modifier | modifier le code]

Il se fait remarquer par son courage, son audace, son ardeur contre les Anglais au cours de la guerre de Cent Ans. Fait prisonnier à Cravant, il est échangé contre John Talbot.

S'attachant à Jeanne d’Arc dès son apparition, il participe et la seconde au siège d'Orléans où il est blessé, à Patay, et force les Anglais à lever le siège de Compiègne. Avec Étienne de Vignolles dit La Hire (souvent orthographié Lahire), il gagne la bataille de Gerberoy où il fait prisonnier le comte d'Arundel. Il prend une part active à la conquête de la Normandie et de la Guyenne.

En récompense de tous ses loyaux services, le roi Charles VII le nomme maréchal de France en 1454 et lui donne la ville de Saint-Macaire.

Les Écorcheurs[modifier | modifier le code]

À la signature du traité d'Arras, de nombreux mercenaires se constituèrent en bandes, parfois de milliers d'individus, guerroyant et pillant pour leur propre compte : les Écorcheurs. Poton de Xaintrailles, comme son compagnon Étienne de Vignolles (La Hire) et d'autres capitaines de Jeanne d'Arc saccagea et pilla les Pays-Bas, puis la Lorraine en 1444.

Le 26 mai 1445 les compagnies d’ordonnance furent les premières troupes permanentes à assurer un engagement de longue durée aux anciens mercenaires.

Talents de jouteur[modifier | modifier le code]

Poton de Xaintrailles participe à de nombreuses joutes dont les plus fastueuses -dénommées pas d'armes- et augmente encore sa renommée, comme à Nancy en 1445 où il joute en présence de Charles VII, roi de France et de la reine. À Châlons-sur-Marne (1445), Chinon (1446) ou Saumur (1446), il montre qu'il excelle, lance en main[1].

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Jean, dit Poton, seigneur de Xaintrailles, maréchal de France (?-1461), Raymond Quinsac Monvoisin (Bordeaux, 1790 ; Boulogne, 1870), copie d'après un original conservé au château de Beauregard ; commandé par Louis-Philippe Ier pour le musée historique de Versailles en 1834.
(vue d'artiste)

Il meurt au château Trompette à Bordeaux le 7 octobre 1461, sans postérité. Le texte de son testament, en langue gasconne, nous est resté. Il lègue la plus grande partie de ses biens à des œuvres pieuses. Les registres du Parlement le qualifient ainsi : « Un des plus vaillants capitaines du royaume de France, qui fut cause avec La Hire de chasser les Anglais ».

D'après Marcel Durey dans Nérac et le Château Henri IV (1926), son testament du 11 août 1461 notifie qu'il désire être enterré dans l'église Saint-François de Nérac.

Éventuelle descendance[modifier | modifier le code]

Selon une étude généalogique publiée à Orléans au début du XXe siècle, et dont la pertinence reste à confirmer, Poton de Xaintrailles passe pour être, par son mariage avec une demoiselle Hureau, l'ancêtre des nombreuses familles Hureau présentes dans le Gâtinais et la Beauce, leurs enfants ayant repris le nom maternel[2].

Il a été marié à Catherine Brachet à laquelle il lègue dans son testament "en cas qu'elle meure sans enfants, toutes les réparations faites au château de Salignac; il lui lègue en outre les logis de Tonneins, Lagruère, Grateloup et Galipian, avec tous les droits qui en dépendent et qu'il a acquis depuis son mariage avec Catherine Brachet; il lui lègue l'usufruit des seigneuries de Xaintrailles, Ambrus, Cambayras, Villeton et de son moulin de Damasan et la propriété de tous ses biens meubles." source : Testament de Jean Poton de Xaintrailles

Littérature[modifier | modifier le code]

Un brave chevalier Poton de Xaintrailles apparaît dans la première pièce de la trilogie Henri VI, 1re partie, 2e partie, 3e partie (Henry VI, Part 1, Part 2, Part 3) dont l'attribution à Shakespeare n'est que partielle.

'´ Xaintrille est prisonnier' dans Alexandre Dumas, Charles VII chez ses Grands Vassaux (1831), acte IV, scène 3.

Orthographe voisine[modifier | modifier le code]

  • Jean Poton de Xaintrailles est parfois orthographié Jean Poton de Saintrailles[3],[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sébastien Nadot, « Rompez les lances ! » Chevaliers et tournois au Moyen Âge, éd. Autrement, Paris, 2010
  2. Cette assertion est citée dans « À la découverte de leurs racines », première série, 1988, de Joseph Valynseele et Denis Grando, dans le chapitre consacré à Maurice Pujo. Étant donné que dans son testament, Xaintrailles lui-même n'a pas mentionné d'enfant, cette hypothèse est très douteuse.
  3. Jean Favier, La Guerre de Cent Ans, avril 1983
  4. Selon certaines sources non précisées, « Saintrailles » serait une déformation de Sainte-Araille autre déformation gasconne de Sainte-Eulalie comme l'est aussi Saint-Aulaye (24). Selon d'autres sources non précisées, « Xaintrailles » aurait évolué vers la prononciation puis l'orthographe « Saintrailles » par déformation

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • G. Tholin, « Documents intéressant le maréchal de Xaintrailles », in Bulletin historique et philologique, année 1902, no 1 et 2, Paris, Imprimerie nationale, 1902, p. 85-94, [lire en ligne].
  • Xavier Hélary, entrée « XAINTRAILLES Poton de (v. 1400-1461) », in Philippe Contamine, Olivier Bouzy, Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, collection « Bouquins », 2012, p. 1049-1050, (ISBN 2-221-10929-5).
  • Sébastien Nadot, Le spectacle des joutes. Sport et courtoisie à la fin du Moyen âge, P.U.Rennes, 2012 (sur les combats chevaleresques de Poton de Saintrailles)

Article connexe[modifier | modifier le code]