Psychopathologie

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La psychopathologie (des mots grecs : psukhê, « âme » et pathos, maladie) est l'étude des troubles psychiques par la psychologie, la psychiatrie ou la psychanalyse.

Il ne doit pas être confondu avec le terme de psychopathie, un sous-type du trouble de la personnalité antisociale.

Jean-Martin Charcot peut-être considéré comme le précurseur de la psychopathologie.

Psychiatrie[modifier | modifier le code]

Les classifications anglo-saxonnes et internationales (DSM et CIM) tendent à circonscrire leur champ d'étude à la faveur d'une approche scientifique convoquant clinique, épidémiologie, génétique et neurosciences, positive des symptômes lesquels ne sont pas référés à des conflits inconscients sous-jacents à la différence de la psychanalyse[1]. Dans cette approche essentiellement descriptive du fonctionnement psychique, la question est : « dispose-t-on ou pas d'un traitement ad hoc ? »[réf. nécessaire] Toutefois, la psychopathologie psychiatrique peut également faire référence à Freud ou à la psychanalyse[1],[2]

Minkovski[modifier | modifier le code]

À propos de la différence entre une sémiologie étroite, c'est-à-dire simplement rivée aux symptômes et une réflexion approfondie qui fonde la psychopathologie, Eugène Minkovski écrivait en 1929 : « Certes, quand il s'agit de rédiger un certificat d'internement ou d'enseigner les éléments de la psychiatrie au médecin praticien, les hallucinations, les idées délirantes, les impulsions, les réactions anti-sociales, l'agitation, la dépression, suffisent amplement. Il n'en est plus de même quand, en psychologues, nous essayons de comprendre le fond qui conditionne tous les troubles dont je viens de parler et sont déjà forts complexes de par leur nature. Ici, nous nous sentons souvent dépourvus de notions appropriées. De là le désir d'élargir les conceptions courantes, voire d'envisager les troubles mentaux sous un angle tout différent de celui auquel nous sommes habitués. Ce désir, évidemment, a quelque chose de révolutionnaire. Cela, cependant, ne doit pas nous faire reculer. »[3].

La question de la norme[modifier | modifier le code]

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Georges Canguilhem propose de substituer la notion de normativité à celle de norme et la notion d’ordre à celle de valeur. Cet auteur « biologise » la notion de norme et considère que ce n'est pas à la science de juger du normal car c’est avant tout la vie qui en fait un concept de valeur. On ne peut pas non plus poser le problème de la normalité ou de l’anormalité sans tenir compte des normes sociales ou individuelles. La psychopathologie identifie ainsi trois types de normalité : la normalité comme norme sociale, la normalité comme idéal, la normalité comme absence de maladie. Canguilhem propose encore le concept d’« anomalie » qui se définirait comme « ce qui se laisse voir en se dégageant de l’ensemble lisse et uni qui l’entoure ». Elle est observable. La psychopathologie s’intéresserait alors plus à l’anomalie qu’à l’anormalité.

Psychanalyse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : psychopathologie psychanalytique.

Sigmund Freud[modifier | modifier le code]

Pour Freud ce sont les concepts de névrose et de psychose qui sont les plus opérants en ce qui concerne une classification des troubles psychiques[4] mais il prend soin, notamment à travers son ouvrage Psychopathologie de la vie quotidienne de faire remarquer que la psychanalyse ne se réduit pas au seul domaine du pathologique[5].

Dorey[modifier | modifier le code]

Pour le psychanalyste R. Dorey : « Le recueil et l'assemblage de symptômes comme constituant une sémiologie "en-soi" est une pure abstraction. Il n'y a pas de sémiologie innocente, pas plus qu'il n'existe d'observation neutre ou objective. » Pour cet auteur, « le danger n'est pas ainsi d'être soumis à nos présupposés théoriques, bien au contraire, ce sont eux qui éveillent et enrichissent notre investigation; le danger c'est de méconnaître une telle détermination, de la nier, car c'est s'engager irrémédiablement dans une voie en impasse[6] »

Widlöcher[modifier | modifier le code]

Daniel Widlöcher déclare que juger d’une conduite en termes de normalité ou d’anormalité renvoie obligatoirement à un jugement normatif. Cependant, la notion de norme se réfère à celle de moyenne. Or, cette dernière est sujette à caution. Pour Widlöcher, le propre de la psychopathologie est l'étude de ces conduites marquées que sont les anomalies, d'en repérer la genèse, d'en définir la fonction et d'en préciser le mécanisme.

Bergeret[modifier | modifier le code]

En France la vision structurale (voir structure en psychopathologie ) développée par le courant du psychanalyste Jean Bergeret a influencé et influence encore les enseignements, notamment dans les facultés de psychologie. Pour Jean Bergeret, il faut éviter « une conception de la "normalité" empreinte du sadisme lié aux statistiques ou aux idéaux » tout autant qu'une tentation masochique systématiquement allergique à tout composé du radical "norme[7]".

Roussillon[modifier | modifier le code]

Face à la tendance objectivante actuelle, l'approche de René Roussillon constitue une synthèse des connaissances en la matière. Le symptôme y est vu comme l'un des aspects du trouble psychique déterminé par des types d'angoisses, des défenses et de relations d'objet. La définition suivante permet de penser la relativité des normes : « La psychopathologie peut être définie comme une approche visant une compréhension raisonnée de la souffrance psychique. » [8]

Psychopathologie du pathologique[modifier | modifier le code]

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Un des champs d'étude s'étend aussi à la psychologie du pathologique, soit l'analyse psychologique du fait pathologique, comprenant la souffrance, exprimable ou inexprimable lors d'un deuil ou une maladie d'ordre organique mais aussi les comportements dits « déviants » et « anormaux ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Berrios G E (1996) The History of Mental Symptoms. Descriptive Psychopathology since the 19th Century. Cambridge, Cambridge University Press (ISBN 0521437369)
  2. Ababei Cristina, « Manuel de psychiatrie sous la direction de J.-D. Guelfi et F. Rouillon. Traité de psychiatrie de M. Gelder, R. Mayou et P. Cowen », L'information psychiatrique 4/ 2008 (Volume 84), p. 317-321, DOI:10.1684/ipe.2008.0312 [1]
  3. Évolution psychiatrique, octobre 1929
  4. Voir par exemple Sigmund Freud, Névrose et psychose, Payot & Rivages, 2013
  5. Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Fayard, coll. « La Pochothèque »,‎ 2011 (1re éd. 1997) (ISBN 978-2-253-08854-7), p. 1247
  6. Roger Dorey: Valeur et limites de la sémiologie dans l'approche psychanalytique dans l'Évolution psychiatrique no0 48, 1983
  7. Jean Bergeret (psychanalyste): La dépression et les états limites, Payot, Coll Science de l'homme, 1992, ISBN 2-228-88597-5
  8. René Roussillon et coll. dans le Manuel, 2007.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Monographies[modifier | modifier le code]

  • Alain Braconnier (dir.) et al., Introduction à la psychopathologie, Issy les Moulineaux, Masson, coll. « Les âges de la vie »,‎ 2006, 340 p. (ISBN 9782294015014)

Articles[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]