Henri Martin (historien)

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Henri Martin

Henri Martin, né à Saint-Quentin le 20 février 1810 et mort à Passy le 14 décembre 1883, était un historien, essayiste, romancier et homme politique français.

L'historien[modifier | modifier le code]

Il commença par écrire quelques romans, mais par la suite se consacra à étudier l'histoire de la France et écrivit une importante Histoire de France en 16 volumes qu'il conduisit jusqu'en 1789, et pour laquelle il reçut de l'Institut en 1869 un prix de 20 000 francs.

Ayant étudié pour être notaire, il exerça cette profession pendant un certain temps, mais le succès de son roman historique, Wolfthurm (1830), l'amena à s'appliquer à la recherche historique.

Buste

S'étant associé avec Paul Lacroix (le « Bibliophile Jacob »), il imagina avec lui une histoire de France, composée d'extraits des principaux chroniqueurs et historiens, et destinée à combler les vides pour les périodes manquantes. Le premier volume, paru en 1833, encouragea l'auteur à voir que ce devait être son œuvre, et le résultat fut son Histoire de France en quinze volumes (1833-1836). Ce magnum opus, par la suite revu et augmenté (4e éd., 16 vol. plus un index, 1861-1865), valut à l'auteur en 1856 le Premier Prix de l'Académie, et en 1869 le grand prix bisannuel de 20 000 francs. En 1867 fut publiée une version abrégée en sept volumes destinée à un plus large public. Avec sa suite, l'Histoire de France depuis 1789 jusqu'à nos jours (8 vol., 1878-1883), elle donnait de la France un historique complet, et remplaçait l'Histoire des Français de Sismondi.

Ce travail souffre de quelques défauts : les descriptions des Gaules de l'auteur se fondent davantage sur la légende que sur l'histoire et, sous ce rapport, il subissait trop l'influence de Jean Reynaud et de sa philosophie cosmogonique. Il n'en a pas moins donné une grande impulsion aux études celtiques et anthropologiques. Sa connaissance du Moyen Âge souffre de lacunes, et ses critiques ne sont pas pertinentes. Républicain libre-penseur, il laisse souvent ses préjugés fausser son jugement sur la politique et l'histoire religieuse de l'Ancien Régime. Il a l'idée de remplacer les phases principales de l'histoire de France (notamment les dynasties) par des héros accompagnés de leurs mythes : Vercingétorix, Jeanne d'Arc, etc. Les six derniers volumes, consacrés aux XVIIe et XVIIIe siècles, sont supérieurs aux précédents.

Parmi ses œuvres moins importantes on cite : De la France, de son génie et de ses destinées (1847), Daniel Manin (1860), La Russie et l'Europe (1866), Études d'archéologie celtique (1872), Les Napoléon et les frontières de la France (1874).

L'homme politique[modifier | modifier le code]

Caricature parue dans
Le Trombinoscope
de Touchatout en 1873

En 1848, Carnot, ministre temporaire de l'Instruction publique, chargea Henri Martin d'enseigner l'histoire moderne à la Sorbonne. Compte tenu des événements de l'époque, il ne remplit cette fonction que pendant six mois.

Rédacteur en chef au Siècle, Martin fut également maire du XVIe arrondissement de Paris en 1870 puis de 1880 à 1883, et siégea à la Chambre des députés comme député de Paris[évasif] (élu aussi dans l'Aisne, il opta pour ce département) en 1871. Il fut élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1871, et de l'Académie française au 38e fauteuil le 13 juin 1878. Sénateur de l'Aisne en 1876, il ne laissa que peu de souvenirs comme homme politique. Il soutint néanmoins le projet de loi voté par la Chambre pour ériger le 14 juillet en fête nationale et prononça devant le Sénat un discours[1] en ce sens le 29 juin 1880.

Il contribua à la fondation de la Ligue des patriotes, dont il fut le premier président. Il mourut à Paris le 14 décembre 1883.

Une avenue parisienne du XVIe arrondissement porte son nom, de même qu’une station ferroviaire. Un lycée de Saint-Quentin, sa ville natale dans l'Aisne (02), porte son nom.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Wolfthurm (1830)
  • La Vieille Fronde (1832)
  • Minuit et midi (1832) (republié en 1855 sous le titre Tancrède de Rohan, Librairie de L. Hachette et Cie, in-12, 207 pages)
  • Le Libelliste (1833)
  • Histoire de France (avec Paul Lacroix, le Bibliophile Jacob) (1833-1836)
  • Histoire de la ville de Soissons (1837)
  • De la France, de son génie et de ses destinées (1847)
  • La monarchie au XVIIe siècle (1848)
  • Daniel Manin (1859)
  • L'Unité italienne et la France (1861)
  • Jean Reynaud — Pologne et Moscovie (1863)
  • Le 24 février (1864)
  • Vercingétorix (1865)
  • La Séparation de l'Église et de l'État (1865)
  • La Russie et l'Europe (1866)
  • Dieu dans l'histoire (1867)
  • Histoire de France populaire (1867-1875)
  • Études d'archéologie celtique (1871)
  • Les Napoléon et les frontières de France (1874)
  • Histoire de France depuis 1789 jusqu'à nos jours (1878-1885)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tout savoir sur le 14 juillet - La fête nationale