Château de Rouen

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Château de Rouen
Image illustrative de l'article Château de Rouen
Emprise du château qui s'étendait au sud (en bas de la photo) de la tour du donjon, dite tour Jeanne d'Arc.
Nom local Château de Bouvreuil
Période ou style Médiéval
Type Château-fort
Protection Logo monument historique Classé MH (1840) (donjon)
Coordonnées 49° 26′ 47″ N 1° 05′ 40″ E / 49.4464753, 1.0943963 ()49° 26′ 47″ Nord 1° 05′ 40″ Est / 49.4464753, 1.0943963 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Commune Rouen

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Château de Rouen

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Château de Rouen

Le château de Rouen est construit de 1204 à 1210 à Rouen, capitale du duché de Normandie, par Philippe Auguste, roi de France, à la suite de la conquête en 1204 du duché sur Jean sans Terre, duc de Normandie et roi d'Angleterre, et en remplacement du palais ducal de Rouen érigé par le duc Richard Ier.

Situé à l'extérieur de la ville médiévale, en position dominante, le château de Rouen est une puissante forteresse de type château fort qui joue un rôle militaire pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453) et pendant les guerres de religion (1562-1598).

Pendant près de quatre cents ans, le château de Rouen est surtout le siège d'une importante fonction administrative et politique : bailliage et vicomté du roi de France, gouvernement du roi d'Angleterre pendant la domination anglaise (1418-1449), échiquier de Normandie (qui deviendra le Parlement de Normandie)[2]. C'est aussi au château de Rouen que Jeanne d'Arc est emprisonnée en décembre 1430 et jugée[3] du 21 février au [4].

Vulnérable aux tirs d'artillerie comme les autres forteresses médiévales, le château de Rouen est démantelé par Henri IV en 1591, à l'exception du donjon (dit tour Jeanne d'Arc)[2].

Les récentes fouilles archéologiques et les nouveaux travaux des historiens montrent l'importance du château, exemple de l'architecture militaire médiévale, et particulièrement de l'architecture philippienne.

« L'édification de cette puissante forteresse est liée à la conquête de Rouen et de la Normandie par le roi de France au XIIIe siècle. Acte symbolique destiné à affirmer son autorité sur une ville nouvellement soumise, cette construction fait suite à un geste lui-même chargé de signification : l'arasement du château ducal (« la Vieille Tour »). La construction du nouveau château est accompagnée de la création d'une nouvelle enceinte urbaine, montrant la volonté royale de former une entité englobant deux éléments jusqu'à présent juxtaposés : le Bourg et le Cité. (...) Cette forteresse constitue cependant un témoignage tout à fait intéressant de l'architecture militaire du début du XIIe siècle[5]. »

Sans doute l'un des plus grands bâtis sous Philippe Auguste[6], le château de Rouen est aussi remarquable pour son histoire tout au long de la guerre de Cent Ans. La tour Jeanne d'Arc, qui en constitue l'ancien donjon, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[7]. La tour de la Pucelle (substructions) où fut enfermée Jeanne d'Arc fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [8].

La construction du château[modifier | modifier le code]

Le contexte : la conquête normande de Philippe Auguste[modifier | modifier le code]

Sceau de Philippe Auguste.
Acte de capitulation de Rouen de 1204 signé par Pierre de Préaux et adressé au roi de France Philippe Auguste.

La conquête de la Normandie par Philippe Auguste en 1204 est d'une certaine façon la reconquête de territoires perdus par les rois de France depuis 911 à l'occasion des concessions effectuées aux envahisseurs Vikings commandés par Rollon. Situés à proximité de la capitale des Capétiens, les riches territoires normands et la possibilité d'accès à la mer par la Seine attirent leur convoitise, de plus ce puissant voisin constitue une menace permanente. La conquête du royaume d'Angleterre en 1066 par Guillaume le Conquérant, gendre du comte de Flandres par son mariage, déséquilibre durablement le rapport de force en faveur du duc-roi.

À la mort de Richard Cœur de Lion survenue en 1199, son successeur, Jean sans Terre se fait couronner duc de Normandie à Rouen le [9]. Par le traité du Goulet signé le , il fait la paix avec le roi de France et accepte de lui rendre hommage. Mais Jean sans Terre commet d'importantes erreurs politiques. Il divorce de sa récente épouse, Havise de Gloucester, puis enlève et épouse Isabelle Taillefer pourtant promise à Hugues IX de Lusignan, vassal du roi de France. Ce dernier fait appel à la justice de son suzerain Philippe Auguste, qui prononce la commise des fiefs de Jean sans Terre (absent au procès) et donne les fiefs au neveu du Plantagenêt Arthur Ier de Bretagne, à l'exception de la Normandie qu’il se réserve.

Au cours de l’été 1202, Philippe Auguste s’empare du pays de Bray. Après l'abandon de Jean sans Terre par ses barons normands qui le soupçonnent d'avoir fait assassiner en 1203 son neveu Arthur Ier de Bretagne, la conquête militaire de Philippe Auguste devient plus facile. Château-Gaillard tombe le 6 mars 1204, suivi de Caen le 21 mai 1204, puis de Rouen le 24 juin 1204 (après 40 jours de siège). D'après les historiens, le rattachement du duché de Normandie au royaume de France marque le début du déclin de l'« empire Plantagenêt », dont la fin interviendra en 1399 avec l'usurpation de la maison de Lancastre.

En 1207, Philippe Auguste maintient les privilèges communaux dits « Établissements de Rouen » et la Coutume de Normandie[10]. Ultérieurement, le 15 juillet 1315, le roi de France Louis X le Hutin concède la Charte aux Normands, confirmée à nouveau par Philippe VI de Valois en mars 1339[11].

Simultanément, Philippe Auguste fait araser une partie des remparts de la ville ainsi que l'ancien palais des ducs de Normandie; et fait construire le château de Rouen, symbole de l'autorité royale. L'ouvrage, commencé en 1204, fait partie du vaste programme de construction lancé par Philippe Auguste sur l'ensemble du domaine royal.

Les soubassements gallo-romains[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Amphithéâtre de Rotomagus.

Pour la construction du château de Rouen, Philippe Auguste choisit avec soin le site d'une colline sur le fief de Bouvreuil, où se dressent les ruines de l'amphithéâtre gallo-romain de Rotomagus. L'aqueduc de la source Gaalor, construit entre le XIe siècle et la fin du XIIe siècle[12], passe au pied de la tour maîtresse[13].

L'utilisation par Philippe Auguste de l'embase de l'amphithéâtre gallo-romain comme fondations de la forteresse (enceinte et basse-cour) est remarquable par la conception de l'ouvrage, par la dimension colossale de la réalisation et par sa symbolique.

L'emprise elliptique de l'amphithéâtre supporte au nord-est l'enceinte castrale du château (de forme polygonale) et au sud-ouest la basse-cour du château (en forme d'arc de secteur).

Le palais ducal de Rouen[modifier | modifier le code]

Le palais ducal, construit par Richard Ier de Normandie, était situé à l'angle sud-est de la ville médiévale, au confluent du Robec et de la Seine (site de l'actuelle Halle aux Toiles). Il avait été ruiné par un incendie en 1200[14].

Philippe Auguste fait araser les restes du palais ducal. De sa Tour de Rouen, dite Vieille Tour, il ne reste qu'une sorte de chapelle ouverte par les quatre côtés, qui pourrait être un reste de la chapelle Saint-Romain[15]. C'est également Philippe Auguste qui fait araser cette chapelle Saint-Romain, sinon entièrement du moins dans son principal; ainsi que l'aula turris dite Grande Salle, la chapelle Saint-Cande, un mur d'enceinte « haut et épais », etc.

Première phase de construction : 1204-1210[modifier | modifier le code]

L'utilisation des maçonneries antiques réduit les terrassements tout en assurant des assises solides et stables. Le château de Rouen est l'un des plus grands châteaux bâtis par le Capétien, il est de type château fort. Le plan polygonal de l'enceinte (environ 90 mètres × environ 90 mètres) et les dimensions de la forteresse semblent être déterminés par l'embase elliptique de l'amphithéâtre (environ 130 mètres sur environ 120 mètres). Typique de l'architecture philippienne, la forteresse comporte un donjon circulaire séparé de l'enceinte et un châtelet d'entrée à deux tours.[réf. nécessaire]

L'Enceinte de la forteresse est flanquée de dix tours, séparées par des courtines dans lesquelles s'ouvrent trois portes :

  • grosse tour maîtresse (circulaire) ou « donjon », détachée de l'enceinte (rue du Donjon) : actuelle tour Jeanne d'Arc
  • porte extérieure de la grosse tour (accès actuel au donjon)
  • demi-tour de la Grande Cuisine (rue du Donjon)
  • tour (circulaire) du Gascon (à proximité de la rue Bouvreuil)
  • tour (circulaire) du Beffroy (rue Morand)
  • demi-tour du châtelet d'entrée (cour du Musée de la céramique, entrée rue Faucon)
  • porte du châtelet d'entrée de la ville (cour du Musée de la céramique, entrée rue Faucon)
  • tour (circulaire) du châtelet d'entrée (cour du Musée de la céramique, entrée rue Faucon)
  • tour (circulaire) ou renfort d'angle (?) (cour du Musée de la céramique, entrée rue Faucon')
  • demi-tour Saint Patrice (à proximité de la rue Morand)
  • tour (circulaire) de la Pucelle (102 rue Jeanne-d'Arc, cour intérieure)
  • porte des champs, au nord (à proximité de la rue Jeanne-d'Arc)
  • demi-tour (rue du Donjon)

L'enceinte polygonale est entourée d'un fossé sec, profond de 6 mètres et large de 15 mètres. Une vaste basse-cour occupe le reste de l'emprise de l'amphithéâtre gallo-romain, et défend la porte principale vers la ville. La basse-cour est de forme en arc de secteur (de la rue Bouvreuil à la rue du Bailliage et à la rue Jeanne-d'Arc).[réf. nécessaire]

Aménagements ultérieurs[modifier | modifier le code]

En 1222, sont mentionnés, à l'intérieur de l'enceinte formant haute-cour, une chapelle royale, un logis royal et un logis du capitaine.
Vers le milieu du XIIIe siècle l'enceinte de la ville fut par ordre de Louis IX de France agrandie pour la cinquième fois. Le château fut alors inclus dans cette enceinte. Peu après 1253, juste à côté du château une porte fut percée dans les remparts, qui prit le nom de porte de Bouvreuil - du nom d'un fief sur lequel elle était située[15]. Suite à cela, la forteresse prend souvent le nom de château de Bouvreuil.
Vers 1375, le roi Charles V transforme le logis royal, et en 1409, sous Charles VI, le châtelet d'entrée et la porte de la ville sont renforcés.

De 1419 à 1421, l'occupant anglais réalise plusieurs travaux :

  • construction d'une tour-porte, dite tour Carrée, en défense de la porte des champs (angle rue Jeanne-d'Arc et rue du Donjon)
  • construction d'un boulevard de protection de la Porte Bouvreuil (rue Bouvreuil)
  • rehausse de la tour dite tour de la Pucelle
  • aménagement d'une plate-forme d'artillerie en haut du donjon, et fermeture de la porte extérieure du donjon
  • extension et aménagement du logis royal et du logis du gouverneur.[réf. nécessaire]
Plan de Rouen en 1657.

Vues et plans[modifier | modifier le code]

Le château de Rouen est représenté en 1525 par Jacques Le Lieur dans le Livre des Fontaines[16], et en 1575 par François de Belleforest dans le Pourtraict de la ville de Rouen[17]. Le premier plan connu du bâtiment est dressé en 1635 par l'architecte Gravois pour le Parlement de Normandie. Il est fragmentaire car postérieur au début de la démolition. Le plan de J.Gomboust dressé en 1655 montre les vestiges nord du château. Le commandant Raymond Quenedey, historien, restitue en 1931 le plan du château de Rouen par l'étude des documents existants[18],[19].

L'histoire au château de Rouen (1204-1591)[modifier | modifier le code]

Arrestation de Charles le Mauvais dans la grande salle du château de Rouen.
Siège de Rouen par les Anglais en 1419.
Jeanne d'Arc, enluminure.

Dès la fin de sa construction, en 1210, le château de Rouen devient le siège du gouvernement de la province. L'Échiquier de Normandie se tient dans la grande salle du logis seigneurial : itinérant en Normandie jusqu'en 1302, puis perpétuel à Rouen. Le roi de France nomme un capitaine du château, toujours un personnage de haut rang. Les effectifs du château ne sont jamais importants, de 20 à 110 hommes d'armes. Le château est utilisé comme armurerie et comme poudrière.

En 1292, le château de Rouen est assiégé par la population en révolte contre la pression fiscale, entraînant en punition la suppression temporaire de la commune de Rouen et la mise en place d'une administration directe par le bailli.[réf. nécessaire]

La guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

La ville de Rouen et le château sont le théâtre d'événements historiques majeurs durant la guerre de Cent Ans en Normandie (1337-1453) :

Le 5 avril 1356, à l'occasion de la conspiration contre le roi de France Jean le Bon, le fantasque roi de Navarre, Charles le Mauvais[réf. nécessaire], est arrêté dans la grande salle du château et quatre barons sont exécutés. Cet épisode historique, représenté dans les Chroniques de Jean Froissart, est l'évênement déclencheur de la désastreuse bataille de Poitiers (1356).[réf. nécessaire]

En 1382, révolte des Rouennais qui s'emparent de la forteresse.

En 1418, les Bourguignons alliés des Anglais s'emparent du château de Rouen et en 1419 le roi Henri V d'Angleterre entre dans la ville après un siège de six mois. Le château devient le siège du gouvernement anglais en France ainsi que la résidence du jeune roi et celle de Jean de Lancastre, duc de Bedford, et régent de France.

À partir de 1422 (traité de Troyes) la France a deux rois : Henri VI d'Angleterre, roi d'Angleterre et de France, au nord du pays ; et Charles VII de France au sud du pays. Rouen est la véritable capitale des régions fidèles au roi d'Angleterre et le château de Rouen est la résidence du roi et de son précepteur le comte de Warwick.

En 1430, Jeanne d'Arc est capturée devant Compiègne et vendue aux Anglais. Elle est amenée prisonnière à Rouen en décembre, et enfermée dans une tour qui prendra le nom de Tour de la Pucelle. Son procès et ses interrogatoires se tiennent dans différentes salles du château, jusqu'à son exécution le , sur la place du Vieux-Marché.

En 1432, Henri VI repart en Angleterre et le régent Bedford réside à Paris. Des opposants à l'occupation anglaise s'emparent du château, sous la conduite d'un nommé Ricarville, capitaine gentilhomme du pays de Caux[20]. Le comte d'Arundel, commandant de la forteresse, se réfugie dans la Tour Carrée, puis Ricarville se retranche dans le donjon pendant 17 jours, avant de se rendre.

En 1442 le 28 avril, naissance au château du futur roi d'Angleterre Édouard IV, fils du duc Richard d'York et de Cécile Neville.

Charles VII de France assiège les Anglais réfugiés dans le château, rentre triomphalement dans Rouen le et met fin à la domination anglaise par la bataille de Formigny. Dunois, fils illégitime de Louis, duc d'Orléans, devient capitaine de la ville et du château.

Les rois d'Angleterre au château de Rouen (1419-1449)[modifier | modifier le code]

Henri V d'Angleterre est roi d'Angleterre de 1413 à 1422. Vainqueur de la bataille d'Azincourt le , il s'installe à Rouen en janvier 1419. Il se fait ensuite reconnaître comme héritier du trône de France au traité de Troyes (1420), s'installe à Paris en 1421, mais meurt prématurément en 1422 au château de Vincennes, sans avoir pu ceindre la couronne de France.

Henri VI d'Angleterre est roi d'Angleterre de 1422 à 1461, assisté de ses deux oncles, Humphrey de Lancastre, duc de Gloucester, régent en Angleterre et Jean de Lancastre, duc de Bedford, régent en France, installé au château de Rouen (château où il meurt en 1435 et ville où il est enterré). Henri VI est sacré roi de France le , à l'âge de dix ans, mais il perd Rouen en 1449. Confronté à la guerre des Deux-Roses, qui débute en 1455, il est déposé le par Édouard IV. Emprisonné à la tour de Londres en 1465, il est restauré sur le trône puis à nouveau dramatiquement emprisonné jusqu'à son exécution.

Édouard IV naît en 1442 au château de Rouen.

XVe et XVIe siècles[modifier | modifier le code]

L'Échiquier de Normandie est réinstallé dans le château et se tient dans la grande salle jusqu'en 1506, date à partir de laquelle il se tient dans le Palais du Neuf-Marché (futur Palais de Justice). En 1515, l'Échiquier de Normandie devient le Parlement de Normandie.

De 1465 à 1466, la forteresse est livrée à la ligue du Bien public, ennemie du roi Louis XI. En punition, l'anneau ducal du duché de Normandie est solennellement et symboliquement brisé le [21] sur une enclume dans la grande salle du château.

En 1485, Charles VIII de France est le dernier roi de France à résider au château.

Perdant son utilité, la forteresse n'est plus entretenue. Le , une explosion de poudres et un incendie[22] ravagent les tours du châtelet d'entrée.

Lors des guerres de religion, les protestants s'emparent de la forteresse et occupent la ville en 1562[23], mais celles-ci sont reprises par les armées du roi Charles IX de France, six mois plus tard. Lors de la Journée des barricades (1588), les partisans de la Sainte Ligue investissent le château. En 1590, le marquis Christophe d'Alègre, gouverneur de Gisors, partisan d'Henri IV, alors roi de Navarre, prend le château[24], sans conquérir la ville. Assiégé et canonné par Charles Ier de Lorraine, duc d'Aumale, il est contraint à la reddition.

Le démantèlement[modifier | modifier le code]

La vulnérabilité de la forteresse entraîne son démantèlement à partir de 1591, sur ordre donné en 1590 par le roi Henri IV. Le site de la moitié sud-ouest de la forteresse est urbanisé par la création de la rue de la Truie et de la rue du Bailliage. La partie nord du château est conservée pour constituer l'enceinte de la ville. À proximité de la Porte Bouvreuil, des notables font construire des hôtels particuliers : l'hôtel d'Hocqueville (qui deviendra le Musée de la Céramique) et l'hôtel de Mathan (qui deviendra une filature de coton, puis le couvent des Ursulines.

Au début du XXe siècle, subsistent encore le donjon et la tour de la Pucelle. Cette dernière, en très mauvais état, est détruite pour permettre l'agrandissement du couvent des Ursulines. La destruction programmée du donjon en 1840 est interrompue par les Monuments Historiques ; son achat et sa restauration (1868-1884) sont finalement réalisés grâce à un comité de souscription national ; le monument est ensuite donné au département de la Seine-Inférieure.

Henri V d'Angleterre.
Henri VI d'Angleterre.
Édouard IV d'Angleterre.

À la fin du XIXe siècle, trois rues sont créées sur l'emprise du château : rue Jeanne-d'Arc, rue du Donjon et rue Philippe-Auguste. Durant la Seconde Guerre mondiale, le donjon désormais appelé tour Jeanne d'Arc, est transformé en bunker par les forces allemandes d'occupation.

Fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

Phases de fouilles[modifier | modifier le code]

  • 1838 : rue Morand, couvent des Ursulines, mise au jour d'un imposant mur gallo-romain de profondeur sept mètres.
  • XXe siècle : divers travaux de voirie confirmant la structure elliptique et les dimensions de l'amphithéâtre.
  • 1907 : démolition du couvent des Ursulines, création de la rue du Donjon et de la rue Philippe-Auguste, mise au jour des soubassements de la Tour de la Pucelle.
  • 1914 : construction de l'immeuble de la Mutualité, contrescarpe et Tour Carrée.
  • 1983 : sous la direction de Dominique Pitte, archéologue à la Direction des Antiquités historiques de Haute-Normandie. Fouilles de sauvetage sur les sites du donjon, rue Jeanne-d'Arc, rue Philippe-Auguste, rue Morand, rempart du château, tour Saint Patrice, fossé et cour du château, amphithéâtre gallo-romain.
  • 1984 : Dominique Pitte. Rue Morand, enceinte du château.

Vestiges actuels[modifier | modifier le code]

  • Tour maîtresse circulaire, dite Grosse Tour, dite donjon, dite tour Jeanne d'Arc : haute d'environ trente-cinq mètres, de diamètre d'environ quatorze mètres, dotée de murs d'épaisseur de quatre mètres, elle a été restaurée au XIXe siècle par Viollet Le Duc. La tour abrite un musée départemental géré par le conseil général de la Seine-Maritime. De type défensif et résidentiel, la tour est équipée d'un puits (source Gaalor) et d'un escalier à vis dans l'épaisseur du mur. Une maquette du château réalisée en 1983 par F. Boutet est présentée dans le musée.
  • Tour circulaire, dite Tour de la Pucelle : tour où a été emprisonnée Jeanne d'Arc surnommée la Pucelle d’Orléans. Soubassements visibles dans la cour intérieure de l'immeuble situé au 102 rue Jeanne-d’Arc.
  • Tour-porte nord, dite Tour Carrée : soubassements visibles à l'intérieur de l'immeuble situé au 106 rue Jeanne-d’Arc.
  • Châtelet d'entrée de l'enceinte, porte principale vers la ville : en haut des marches de la rue Faucon, sous le revêtement de la cour du musée de la Céramique.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. a et b Société des Amis des Monuments Rouennais, fiche sur la Tour Jeanne d’Arc et la rue du Donjon.
  3. Page 99 dans Dictionnaire historique de la France (1877) de Francis Lalanne
  4. Page 176 dans Histoire de Normandie (1911) d'Armand Albert-Petit
  5. Pitte & Gauthiez, p. 38
  6. Léost 2004, p.4
  7. « Notice no PA00101011 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. « Notice no PA00101012 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. Les ducs de Normandie et les rois de France, par Alain de Sancy. Page 112. 1996.
  10. Bibliothèque de l'École des hautes études: Sciences historiques et philologiques, 1885, numéros 58 à 60, page 56.
  11. Page 5 et 6 dans Charte aux Normands avec ses confirmations sur Gallica.
  12. Dix plans successifs de la ville entre le IIe siècle et l'an 2000.
  13. Dessin d'époque du château avec l'aqueduc de la source Gaalor au pied de la tour maîtresse.
  14. Anglo Norman studies XIV (source à préciser).
  15. a et b Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de la France, Volume 6. Par Jean-Joseph Expilly. Page 398.
  16. Vue du château de Rouen en 1525, Livre des Fontaines, Jacques Le Lieur, Bibliothèque municipale de Rouen
  17. Vue du château de Rouen en 1575, Pourtraict de la ville de Rouen, François de Belleforest, Bibliothèque municipale de Rouen
  18. Site internet sur Jeanne d'Arc.
  19. plan du château avec nom des rues actuelles.
  20. Page 1237 dans Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés de Jean Chrétien Ferdinand Hoefer (1863)
  21. Page 144 dans Rouen et les Rouennais au temps de Jeanne d'Arc 1400-1470 de Lucien-René Delsalle (2006)
  22. Page 344 dans Précis analytique des travaux de l'Académie des Sciences, Belles-lettres et Arts de Rouen de l'Académie de Rouen (1842)
  23. Page 526 dans Histoire politique et religieuse de l'église métropolitaine et du diocèse de Rouen (1850) de Léon Fallue, membre de l'Académie royale des Sciences, Belles-lettres et Arts de Rouen
  24. Page 258 dans Mémoires de Sully, principal Ministre de Henri-le-Grand par Maximilien de Béthune, duc de Sully, publié par A. Costes, 1814

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Pitte et Bernard Gauthiez, Le Château de Philippe Auguste, éditeur inconnu, 1987
  • Dominique Leost, Le Château de Rouen et son donjon dit la tour Jeanne d'Arc, musées départementaux de la Seine-Maritime, 2004 (ISBN 2-902093-47-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]