Lettrine historiée

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Une lettrine historiée est une lettre initiale illustrant par son graphisme le texte qu'elle accompagne. Ces lettrines sont employées pour la première fois dans des manuscrits anglo-saxon du VIIIe siècle. Certains livres imprimés en utilisent.

Histoire[modifier | modifier le code]

Lettrine historiée tirée du Bède de Saint-Pétersbourg, Saint-Pétersbourg, Bibliothèque nationale russe, lat. Q. v. I. 18.

Très tôt les lettrines de manuscrits du début du Moyen Âge représentent des personnages ou prennent la forme d'animaux ou de personnes, sans lien direct avec le texte qu'elles ornent. Il faut attendre les années 730 pour voir apparaître ce qui a été décrit comme la première lettrine historiée : celle du manuscrit du Bède de Saint-Pétersbourg. On conserve aussi le Psautier Vespasien, qui le suit de près[1]. Ces lettrines sont rapidement copiées par les scriptorium mérovingiens du continent. On retrouve ainsi parmi les toutes premières lettrines historiées dans le Sacramentaire de Gellone à la fin du VIIIe siècle[2].

Avec l'époque carolingienne, la lettrine ornée est en recul au profit de lettrines ornées plus simples et classiques[3]. À l'époque romane, on note un regain de la lettrine décorée d'hommes et d'animaux mais rarement en lien direct avec le texte qu'elle illustre. Les lettrines de l'abbaye de Citeaux représentent des frères au travail mais sans lien avec le texte[4]. L'enluminure gothique marque une prédominance de plus en plus grande de la lettrine historiée. La bible de Winchester marque au XIIe siècle cette transition entre la période romane et gothique avec un très grand nombre de scènes de la bible intégrées dans les lettrines. C'est aussi à cette époque qu'apparaissent les premières miniatures hors texte, qui marquent le début du déclin des lettrines historiées et des lettrines en général. Cependant, jusqu'au XVe siècle, les bibles continuent d'être décorées de scènes illustrant le texte[5].

Plusieurs enlumineurs de la fin du Moyen Âge utilisent à de multiple reprises la lettrine historiée dans leurs manuscrits. C'est le cas de Jean Pucelle qui reprend le motif de la lettre en forme de personnage comme dans son Livre d'heures de Jeanne d'Évreux (vers 1325-1328), de même que chez Jean Le Noir[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • JJ Alexander, La Lettre ornée, éditions du Chêne,‎ 1979, 118 p. (ISBN 2851082051)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michelle P. Brown, Manuscripts from the Anglo-Saxon Age, 2007, British Library, ISBN 978-0-7123-0680-5, p.10
  2. Alexander, p.11
  3. Alexander, p.11-14
  4. Alexander, p.16-18
  5. Alexander, p.18
  6. Alexander, p.21-22