Jean de Grailly

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Blason Jean de Grailly.svg Jean de Grailly
Jean de Grailly (à droite), se rend à du Guesclin à l'issue de la bataille de Cocherel.
Jean de Grailly (à droite), se rend à du Guesclin à l'issue de la bataille de Cocherel.

Naissance inconnue
Décès 7 septembre 1376
Paris Tour du Temple
Origine Blason province fr Gascogne.svg Gascon
Allégeance England Arms 1340.svg Royaume d'Angleterre
Grade connétable d'Aquitaine
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes 2e chevauchée du Prince noir
Bataille de Poitiers
Bataille de Cocherel
Distinctions Ordre de la Jarretière
Autres fonctions Captal de Buch
Vicomte de Benauges et de Castillon
Famille Maison de Grailly

Johan III de Grailly, (né en 1330 - mort le 7 septembre 1376), captal de Buch de 1347 à 1376, est l'un des principaux capitaines de la guerre de Cent Ans. Son prénom est en gascon Johan (prononcer « Jouann ») et en français Jean.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Johan II de Grailly († 1343), premier captal de Buch de la famille Grailly et de Blanche de Foix, il est célébré par Froissart comme un parangon de vertu chevaleresque.

À l’instar de ses ancêtres, il est fidèle aux rois d’Angleterre – ducs d’Aquitaine – dans leur lutte contre les rois de France.

Le titre de captal (« capdàu » en gascon) de Buch signifie « seigneur principal » de Buch (territoire entourant notamment le bassin d'Arcachon). La localité principale où se situait le château seigneurial était La Teste-de-Buch.

Les captaux de Buch de la famille de Bordeaux – dont Johan III descend par sa grand-mère Assalhide de Bordeaux – possédaient aussi la seigneurie de Puy-Paulin en plein Bordeaux.

Il succède à la mort de son grand-père Pey II de Grailly (+ 1357) aux vicomtés de Bénauges (région de Cadillac, Gironde) et de Castillon (Castillon-la-Bataille) devenant ainsi le seigneur le plus important de l’Aquitaine anglo-gasconne.

Le fait que son grand-père soit mort bien après son père et après la bataille de Poitiers (1356) explique pour quelles raisons Johan III de Grailly fut connu sous le nom de "Captal de Buch", le seul titre d’importance qu’il avait jusqu’en 1357.

Quand en 1348 Édouard III fonde l'ordre de la Jarretière, il est des tous premiers à en faire partie[1]. Cependant la stalle du captal de Buch à la chapelle Saint-Georges de Windsor et les premiers statuts de l'ordre qui ont survécu (qui datent tous du début du XVe siècle) portent le nom de "Pierre, captal de Buch", ce qui fait parfois supposer que son grand-père, Pey II de Grailly, fut fait chevalier de l’ordre avant Johan III. En fait, il s’agit d'une erreur et c’est bien Johan III qui fut le premier chevalier de la Jarretière de sa famille.

Le 27 novembre 1350 il célèbre au château de Cazeneuve son mariage avec Rose d'Albret.

Un Jean Ier de Grailly, sénéchal d'Édouard Ier d'Angleterre, est cité comme acquéreur en 1290 du château de Roquefère en Agenais, où séjourna en 1305 Bertrand de Goth, futur pape Clément V; lié d'amitié avec John Chandos, connétable d'Aquitaine et de Guyenne pour Édouard III d'Angleterre, Grailly lui céda cette seigneurie "pour en jouir sa vie durant", point de départ d'un interminable procès[2].

Il entre dans l'histoire quand il va en Angleterre à la tête d'une délégation de nobles gascons pour demander de l'aide contre les Français (1355) et que le prince de Galles Édouard (surnommé au XVIe siècle le Prince Noir) soit mis à la tête de l'expédition.

L'armée du Prince Noir arrive à Bordeaux en septembre 1355 et effectue avec le captal deux expéditions contre le royaume de France dont la seconde se termine par la victoire de la bataille de Poitiers (1356).

Tous les chroniqueurs soulignent le rôle primordial du captal lors de cette bataille. Avec un détachement de cavaliers gascons, il effectua un mouvement tournant qui prit à revers l'armée du roi de France Jean II le Bon, ce qui permit la victoire des Anglo-Gascons.

La célébrité du captal de Buch atteignit dès lors des sommets en Europe occidentale et on le plaça alors sur le même plan que son compagnon John Chandos et que son "rival" du parti français, le Breton Bertrand Du Guesclin. Il est l'un des héros chevaleresque des Chroniques de Froissart.

En 1357-1358, il participe aux côtés de son cousin germain Gaston Fébus, comte de Foix et vicomte de Béarn (1343-1391), à la "croisade" annuelle des chevaliers teutoniques contre les païens baltes. À leur retour en Occident (1358), ils répriment une partie de la Jacquerie qui assiégeait la ville de Meaux, alors que, de l'autre côté de la Marne, dans le quartier du Marché, se trouvait la femme du dauphin (futur Charles V) avec 300 dames.

Même après le traité de Brétigny-Calais (1360) qui établit la paix entre le roi d'Angleterre Edouard III et le roi de France Jean II, le captal désire continuer à combattre.

Il s'allie avec le roi de Navarre Charles II (dit depuis le XVIe siècle "le Mauvais") et il défend ses possessions normandes à la Bataille de Cocherel (6 mai 1364) où il est battu et fait prisonnier par les Français de Bertrand Du Guesclin appuyés par quelques nobles anglo-gascons également sans emploi à cause de la paix.

Après avoir promis au roi de France Charles V de jouer les intermédiaires avec le roi d'Angleterre en vue d'appliquer correctement le traité de paix, ce roi lui rend la liberté et, pour se l’attacher, lui donne la seigneurie de Nemours et obtient ainsi son hommage.

Mais le Prince Noir, Édouard, prince d'Aquitaine depuis 1362, lui reproche d'avoir accepté cette nouvelle allégeance et le captal rend alors Nemours au roi de France.

Il participe évidemment à l'expédition en Castille du Prince Noir qui replace provisoirement Pierre le Cruel sur le trône castillan après la victoire obtenue lors de la bataille de Nájera (3 avril 1367) contre Henri de Trastamare et Bertrand Du Guesclin.

Suite à l'appel du comte d'Armagnac Jean Ier contre le fouage (taxe levée par foyer) décidé par le Prince Noir en 1368, la guerre reprend avec la France. Bien sûr, le captal combat de toutes ses forces aux côtés du parti « anglais ». Le Prince Noir lui donne le comté de Bigorre (27 juin 1369) pour lutter efficacement contre le comte d'Armagnac qui s'est fait donner ce comté par le roi de France.

Suite à la mort de John Chandos (2 janvier 1370), le captal lui succède en tant que connétable d’Aquitaine. Le 23 août 1372, à Soubise, il tombe de nouveau aux mains des Français qui, cette fois, le gardent en prison, dans la tour du Temple à Paris, où il mourut le 7 septembre 1376.

On ne sait s'il fut enterré à Paris comme l'affirme Froissart ou à Bordeaux en l'église des Franciscains (quartier St-Michel), comme il l'avait demandé dans son testament (1369).

Descendance[modifier | modifier le code]

Il ne laissa aucun héritier de son mariage avec Rose d'Albret et légua toutes ses possessions à son oncle Archambaud de Grailly qui lui succéda sans opposition.

Le captal eut un fils bâtard, nommé comme lui Johan de Grailly, qui n'était probablement pas né à la date du seul testament de Johan III qui nous est parvenu (16 mars 1369), puisqu'il n'y est pas mentionné. Comme le captal fut fait prisonnier en 1372, il n'a pu naître qu'entre 1369 et 1372.

Il est mentionné en 1394 en tant que jeune capitaine de Bouteville (entre Cognac et Angoulême), une possession de son oncle Archambaut.

Froissart le rencontra lors d'un voyage à Londres (1394) quand les Gascons s'opposèrent au don du duché d'Aquitaine à Jean de Gand, frère du Prince Noir et oncle du roi d'Angleterre Richard II dit « de Bordeaux ».

Johan de Grailly participa à la défense de Blaye lors de son siège (1406) par une armée française dirigée par Louis Ier d'Orléans.

Il mourut à Blaye en 1407 et fut enterré en grande pompe à Bordeaux et ne semble pas avoir laissé d'enfants.

Sont issus d'Archambaud de Grailly ou lui sont apparentés:

  • La comtesse de Grailly, propriétaire avec sa sœur Melle de Kercado de la "chartreuse" de Tauzia (Gironde), édifiée en 1778 par l'architecte néo-classique Victor Louis, qu'elles vendirent en 1888 à Mme Octave Calvet ("L'Aquitaine des châteaux", Hachette, 1977, pp. 82 et 83 );

- peut-être le peintre Victor de Grailly (Paris,1804 - ? 1889), élève de Jean-Victor Bertin, qui exposa au Salon depuis 1833 ;

La demeure, "modernisée" vers 1770, fut l'objet un siècle plus tard d'importants travaux d'agrandissement - galerie dite de chasse, écuries et servitudes - et d'embellissement de ses décors extérieur et intérieur suivant la mode opulente du temps.

Au château de Panloy, ses descendants, conservent souvenirs et documents familiaux - des archives seigneuriales provenant de cette maison ont été déposées aux archives déptales de Charente-Maritime et communicables sur autorisation - continuent d'y recevoir le public.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • George Beltz, Memorials of the Most Noble Order of the Garter..., Londres, 1841, p 28-33.
  • Jean-Paul Casse :
    • Fortunes d’immigrés en Aquitaine : les Grailly-Foix (1255-1789),
    • Les Pyrénées dans une Aquitaine, terre d’accueil, terre d’exil, Actes du XLVIe congrès d’études régionales de la fédération historique du Sud-Ouest (Bordeaux, 1996), p 273-283.
    • Les Grailly-Foix-Candale et Cadillac (ca 1260-1594),
    • L'Entre-Deux-Mers et son identité. Actes du neuvième colloque tenu à Cadillac les 24, 25 et 26 octobre 2003, Bordeaux, 2005, p 95-125.


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Édith de Sabran-Pontevès Visiter Cazeneuve, château d'Henri IV 1991, p. 3.
  2. Anciennes demeures en Agenais, extrait du n°84 de la revue Vieilles Maisons Françasies janvier 1980, p. 13