Vermandois

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Aujourd'hui, le Vermandois est le pays dont la ville-centre est Saint-Quentin, ville du département de l'Aisne dans la région Picardie. Il est assimilé à l'arrondissement de Saint-Quentin.

Mais le Vermandois historique était beaucoup plus vaste. Le pagus Viromandensis du haut Moyen Âge correspondait à la plus grande partie de l'évêché du même nom, sauf un petit secteur autour de Noyon, appelé pagus noviomensis ou Noyonnais. Il était l'héritier de la civitas Viromanduorum, le territoire des Viromanduens.

Le nom de Vermandois est formé sur celui des Viromandui ou Veromandui, le peuple gaulois qui occupait la région, par l'adjonction du suffixe -ensis, « relatif à » (à l’origine de certaines terminaisons françaises en –ois).

Durant le haut Moyen Âge, sa capitale a probablement été Vermand ; à partir du IXe siècle, c'est Saint-Quentin, fréquemment appelée dans les textes médiévaux, Saint-Quentin-en-Vermandois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Vermandois est érigé en comté par Louis Ier, fils de Charlemagne, en faveur du fils illégitime de son aîné Pépin, roi d'Italie, dont la famille, dite des Herbertiens, le possédera jusqu'au milieu du XIe siècle.

Herbert IV, huitième descendant de Pépin, étant mort, Eudes, son fils, fut dépouillé par les barons de son comté, qui fut donné à Hugues de France dit ensuite Hugues 1er de Vermandois, frère du roi capétien Philippe de France, Hugues étant l'époux d'Adèle, fille d'Herbert IV.

Le Vermandois passe ensuite à Raoul 1er, né en 1085, dit « le Vaillant » ou « le Borgne » connu aussi sous le nom de Raoul de Crépy. Il est le fils d'Hugues de France, comte de Valois et de Vermandois du chef de sa mère, Adèle. Il est de 1102 à 1152 le second comte de Vermandois et de Valois. Raoul s’est marié trois fois :

  • v. 1120 sa cousine Eléonore (répudiée en 1142) fille d’Etienne II de Blois, comte de Champagne et d’Adèle d’Angleterre ; ils ont :
    • Hugues II, né à Amiens le 9 avril 1127, décédé le 4 novembre 1212, comte de Vermandois et de Valois, puis religieux au couvent de Cerfroy.
  • 1142 sa cousine, Pétronille (ou Perronelle, dite enfin parfois Alix), née vers 1125, décédée en 1153, qui est la fille de Guillaume X, duc d’Aquitaine, et la sœur d’Aliénor d’Aquitaine, dont :
    • Élisabeth, dite Mabille, (1143 - 28/03/1183), épouse de Philippe d'Alsace, comte de Flandres.
    • Raoul II, dit le Jeune, Comte de Vermandois et de Valois, né en 1145, épouse en 1160 sa cousine Marguerite de Flandres dite d’Alsace (décédée le15 novembre 1194), fille de Thierry de Flandres dit d’Alsace. Atteint de la lèpre en 1163, son mariage n’est pas consommé et est rompu sans qu’il ait d’enfant. Il décède 17 juin 1167, sans postérité.

Le comté de Vermandois passe alors naturellement à Élisabeth, comtesse de Vermandois et de Valois (1167-1183), fille de Raoul Ier (mais aussi la nièce d'Aliénor d'Aquitaine, épouse du roi Henri II Plantagenet d'Angleterre ; elle est de ce fait la cousine germaine de Richard Coeur de Lion et Jean Sans Terre. Hélas, épousant en 1159 Philippe d'Alsace, comte de Flandre (1156), elle n'en aura pas d'enfant.

Au lieu de rendre le comté de Vermandois à la mort d'Élisabeth, Philippe d'Alsace cherchera pendant de longues années à l'éviter et restera comte de Flandres de 1157 à sa mort et comte de Vermandois de 1167 (décès de Raoul II) à 1185. Le roi Louis VII étant en Palestine (où il décline la régence du Royaume de Jérusalem) en est revenu malade ; il nomme Philippe d'Alsace tuteur de son jeune enfant, Philippe Auguste. Ce dernier étant nommé Roi de France le 1/11/1179, Philippe d'Alsace, comte de Flandres, a besoin d’entrer dans les bonnes grâces du nouveau Roi. Il lui donne en mariage Isabelle, sa nièce (fille de Bauduin V de Hainaut), avec l’Artois pour dot. Philippe Auguste ne peut cependant tolérer cette annexion ; lui-même en phase d’agrandissement à la fois de l’autorité royale et du domaine royal, il garde son indépendance et la guerre éclate dès 1180, s'en empare du Comté de Vermandois en 1185, et le réunit à la couronne de France en 1215.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

49° 51′ N 3° 17′ E / 49.85, 3.283