Futurologie

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La futurologie a pour ambition d’aborder les différents scénarios possibles de l’avenir. Sous l'influence de l'anglais (futures research), le terme tend à remplacer celui de « prospective ». La futurologie est censée procéder à partir des données technologiques, économiques ou sociales du passé et du présent, et affirme se fonder sur des techniques et des modèles scientifiques.

Le terme exclut les prédictions obtenues par des moyens surnaturels, ainsi que celles concernant le court terme (par exemple les estimations sur les fluctuations boursières). Celles-ci sont des sciences spéculatives.

La futurologie telle qu’elle se présente elle-même repose sur l’idée que chacun prend des décisions en rapport avec sa vision personnelle du futur, même de manière intuitive ou implicite. Les futurologues prétendent construire une vision du futur qui soit la plus exacte possible, avec pour ambition affichée que ceux qui prennent les décisions importantes puissent le faire en connaissance de cause.

Analyse statistique[modifier | modifier le code]

L'analyse statistique sur des données de type historique permet de prédire par extrapolation avec de bons résultats l'évolution future de différentes variables, en particulier dans le domaine économique et social. Néanmoins, l'histoire est également faite de transitions brutales et de révolutions technologiques qui entraînent des ruptures dans les modèles. Les outils statistiques étant focalisés sur un nombre restreint de variables qui ne couvrent pas l'ensemble des phénomènes de causalité ont leurs limites.

Raisonnement empirique sur les données historiques[modifier | modifier le code]

Le raisonnement, que l'on peut qualifier d'empirique, est également beaucoup utilisé pour comparer, classer, ordonner, différencier des phénomènes socioculturels historiques. À défaut de pouvoir mesurer directement certains paramètres, on les évalue de manière subjective et on tente de trouver des liens sémantiques qui permettent d'élaborer un scénario avec des causes, des effets et des conséquences. Les résultats sont parfois spectaculaires, car on élabore ainsi des modèles nouveaux qui ont un fort pouvoir de description et de suggestion, là où il n'y avait avant que de l'information en désordre. L'inconvénient de ce genre d'approche est qu'il n'y a pas de bases solides et vérifiables. Les hypothèses et les raisonnements sont approximatifs, il n'est pas évident de juger de la validité des résultats et de la pertinence du modèle. Il existe certains outils des sciences cognitives qui pourraient trouver leur place dans ce type d'approche, tels les cartes cognitives qui ont pour objectif d'établir des liens de causalité entre différents concepts, mêmes abstraits, ainsi que toutes les techniques de data mining, où il est question d'extraire de l'information pertinente à partir de données quelconques.

Raisonnement prospectif[modifier | modifier le code]

Il existe des problèmes de futurologie où les données historiques ne sont pas d'une grande utilité pour trouver une solution. Par exemple, si on se pose la question de la présence permanente de l'homme dans l'espace, il semble qu'il s'agisse pour une large part d'un problème de technologie et de coût. Malgré tout, si on aborde le problème sous l'angle d'une volonté commune, quelles sont les comparaisons historiques qui peuvent être considérées ? Un raisonnement par analogie (par exemple la conquête de l'Ouest américain par les pionniers européens) est intéressant, mais sa pertinence est subjective.

Si on exclut donc ce genre de comparaison, les seules approches envisageables sont l'imagination en posant des hypothèses de scénarios futurs et en raisonnant par interpolation sur les différents points clés de chaque option. On obtiendrait ainsi l'arbre des possibles, qui idéalement aurait une infinité de branches, mais qui pourrait, peut-être, être simplifié pour ne conserver que les nœuds qui paraissent les plus importants. Dans ce contexte, les arbres de décision pourraient être les outils spécifiques de ce genre d'approche, mais à la différence de leur utilisation classique, les données à traiter ne préexistent pas, il faut les créer de toutes pièces en imaginant toute une série de scénarios dont il faut extraire les variables pertinentes. Il s'agit de considérer des connaissances multidisciplinaires, voire transdisciplinaires et d'utiliser des outils tels que les statistiques, les techniques de raisonnement, le data mining et les arbres de décision.

Tâtonnements[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, un certain nombre d'organismes travaillent dans ce domaine. On peut mentionner les travaux du laboratoire « Hawaii Research Center for Futures Studies » qui a beaucoup apporté à ce domaine et qui s'est intéressé entre autres à la cyclicité de la mentalité occidentale sur plusieurs générations. Toujours dans le domaine de l'histoire des sciences humaines et sociales, on peut noter les travaux de Quigley qui a tenté de classer les civilisations en plusieurs types avec une évolution possible pour passer de l'une à l'autre. Il n'a pas travaillé directement en futurologie, mais sa classification peut être exploitée pour proposer une évolution des civilisations actuelles, certains suggérant ainsi la fin de « l'empire américain ».
Il existe également des associations et des revues spécialisées (la revue « The Futurist » par exemple de l'association World Future Society), de telles activités semblent néanmoins moins développées en Europe. Notons toutefois l'existence de l'association l'Arbre des Possibles (www.arbredespossibles.com/) qui se propose, une fois des concepts du futurs présentés par le plus grand nombre de personnes, de gèrer ces possibilités pour voir comment elles interagissent les unes avec les autres dans le court, le moyen, et le long terme. Elle s’appuye sur le livre éponyme de Bernard Werber qui avait lancé cette idée d'un arbre regroupant tous les futurs possibles. Il y a aussi l'association française Prospective 2100, avec comme responsable Thierry Gaudin qui a beaucoup travaillé sur la veille technologique en liaison avec le ministère de l'industrie et qui a publié un livre fondateur dans le domaine de la prospective. Au niveau méthodologique, les disciplines concernées, histoire, économie, sociologie, psychologie, physique, biologie, épistémologie, sciences de la cognition, etc., font de la futurologie une science particulièrement complexe en manque d'outils et de fondements théoriques.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]