Philippe-Alexandre Le Brun de Charmettes

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Philippe-Alexandre Le Brun de Charmettes, né à Bordeaux en 1785 et mort à une date inconnue, est un historien, homme de lettres et administrateur français, connu surtout pour son Histoire de Jeanne d'Arc parue en 1817.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Philippe Antoine Amédée Lebrun, dit Grand-Lebrun, guillotiné en 1794. Venu à Paris chez son grand-père maternel en 1798, il se rend en 1800 à Hambourg, d'où il embarque pour l'Île de France et sert pendant neuf mois dans les canonniers de la Garde nationale. Ayant conçu l'idée d'une épopée célébrant la délivrance de la France par Jeanne d'Arc, il se décide à revenir en Europe pour mettre à exécution son projet et poursuivre ses études jusqu'alors largement négligées. De retour à Paris en 1801, il étudie les langues anciennes et modernes et publie plusieurs traductions tout en collaborant à l'Abeille littéraire. En 1810, il trouve un emploi au Conseil d’État, poste dont il démissionne un an plus tard faute de pouvoir s'entendre avec le ministre de l'Intérieur, Regnaud de Saint-Jean d'Angély.

Alors qu'il met la dernière main à son « poème national », il décide d'en précéder la publication par celle d'une Histoire de Jeanne d'Arc, laquelle ne paraît finalement qu'en 1815, après les Cent-Jours et après sa nomination à Saint-Calais comme sous-préfet de la Sarthe. Son ouvrage, qui réhabilite l'image de la Pucelle après plusieurs siècles de disgrâce, connaît aussitôt un large succès[1]. La même année, il fait enfin imprimer L'Orléanide, dont une version révisée paraît en librairie deux ans plus tard. En 1820, il passe de la sous-préfecture de Saint-Calais à celle de Coulommiers dans la Seine-et-Marne. Il est ensuite préfet de la Haute-Saône en 1830, poste dont il démissionne lors de la Révolution de Juillet[2]. Après cette date, on perd presque toute trace de lui[3].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire de Jeanne d'Arc, surnommée la Pucelle d'Orléans, tirée de ses propres déclarations, de cent quarante-quatre dépositions de témoins oculaires, et des manuscrits de la Bibliothèque du roi et de la Tour de Londres, 4 vol., 1817 Texte en ligne 1 2 3 4
  • L'Orléanide, poème national en vingt-huit chants, 2 vol., 1819 Tome 1 en ligne
  • Études françaises de littérature et de morale, extraites des ouvrages en vers et en prose des grands écrivains des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, 2 vol., 1822
  • Épîtres politiques sur nos extravagances, 1831 Texte en ligne
Traductions
  • Oliver Goldsmith et Ossian : Le Village abandonné, poème d'Olivier Goldsmith. Les Chants de Selma et Oithona, poèmes d'Ossian, traduits en vers français, 2 vol. 1805
  • Vincenzo Cuoco : Histoire de la Révolution de Naples, 2 vol., 1807
  • Lady Morgan[4] : O'Donnell, ou l'Irlande, histoire nationale, roman, 3 vol., 1815

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir un compte rendu de l'ouvrage paru dans le Journal général de la littérature de France de 1818 : [1], [2] et [3]
  2. Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, vol. X, 1873, p. 298.
  3. Selon Léon de La Sicotière, l'ancien préfet prend la direction de L'Abeille, journal des intérêts des campagnes en 1848. — Bibliographie des journaux du département de l'Orne, Le Mans : Imprimerie de E. Monnoyer, 1898, p. 17.
  4. On attribue aussi, soit à Lebrun de Charmettes, soit à Auguste-Jean-Baptiste Defauconpret, la traduction de La France de Lady Morgan.

Sources biographiques[modifier | modifier le code]

  • Alphonse Rabbe, Claude-Augustin Vieilh de Boisjolin, François de Sainte-Preuve, Biographie universelle et portative des contemporains, vol. II, 1re partie, 1826, p. 214-215