Gaston Save

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Gaston Save

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Gaston Save par Victor Franck[1]

Naissance 22 août 1844
Saint-Dié-des-Vosges
Décès 20 juillet 1901 (à 56 ans)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Portrait de Vautrin Lud (vers 1878-1879)[2]
Portrait de Martin Waldseemüller (vers 1878-1879), anciennement au théâtre de Saint-Dié-des-Vosges[3]
Vue restitutive de Saint-Dié au XIIIe siècle (1881)

Gaston Save[4], né à Saint-Dié-des-Vosges le 22 août 1844, mort le 20 juillet 1901, est un peintre, graveur, illustrateur, historien et archéologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Louis-Étienne-Onésime Save, garde-général puis sous-inspecteur des Eaux et Forêts d’origine nivernaise, et de Sophie-Julie-Amélie Zetter, fille de Daniel Zetter, fabricant de tissus d’origine mulhousienne, Gaston Save naît en 1844 à Saint-Dié-des-Vosges.

Il montre un précoce talent de dessinateur en réalisant notamment des caricatures de ses professeurs du collège de Saint-Dié ou encore des vues pittoresques des environs de cette ville. Gaston Save aurait cependant dû suivre l’exemple paternel en devenant fonctionnaire des Eaux et Forêts.

Il découvre les milieux artistiques parisiens à l’occasion de la préparation de son baccalauréat au collège Sainte-Barbe, il décide alors de se consacrer aux beaux-arts.

Il entre à l'École des beaux-arts de Paris dans l’atelier de Charles Gleyre et expose dès 1870 au Salon, où il obtient une médaille de bronze. À la suite d’une convalescence (il survit à la scarlatine en 1864), son activité s’élargit à l’étude de l’histoire et des Lettres. Jeune rapin parisien aux idées radicales, Save s’engage en 1871 aux côtés de la Commune. Il doit par la suite s'exiler à Bâle, en Suisse de 1871 à 1873, puis à Strasbourg de 1874 à 1876 pour échapper à la répression. Il illustra d'ailleurs le témoignage d'un autre communard, Achille Ballière[5].

De retour à Saint-Dié-des-Vosges, Gaston Save s’illustre en tant que peintre, historien et défenseur des monuments historiques lorrains. En collaboration avec le strasbourgeois Barreau, il réalise la décoration murale de la salle des fêtes de l’hôtel de ville entre 1878 et 1979 (détruite en 1944).

Passionné d'histoire locale, il participe aux travaux de plusieurs sociétés savantes. Il devient membre en 1877 de la Société philomatique vosgienne, fondée à St-Dié deux ans auparavant, puis, en 1885, de la Société d’archéologie lorraine, dont les publications, ainsi que d’autres revues telles que la Lorraine artiste, publièrent de nombreuses études et illustrations de l’artiste et érudit déodatien. Défenseur du patrimoine lorrain, Save fait plusieurs donations au musée de St-Dié, participe dès 1897 au comité du Musée historique lorrain de Nancy, et, outre les fouilles et les recherches qu’il mène sur les principaux sites historiques de la région, il effectue les travaux de restauration des cathédrales de St-Dié et Nancy, ainsi que des églises de Malzéville et Saint-Clément (Meurthe-et-Moselle), dont il restaure les fresques avec beaucoup de liberté et d'inventivité.

Il est également le biographe de plusieurs artistes locaux, comme le miniaturiste Jacques Augustin. Une partie de ses recherches historiques est aujourd'hui considérée comme fantaisiste, notamment sa théorie selon laquelle Jeanne des Armoises aurait été la vraie Jeanne d'Arc sauvée du bûcher (Jehanne des Armoises, Pucelle d'Orléans, Nancy, 1893).

Fidèle à ses convictions politiques avancées, il fonde un journal intitulé Le Patriote vosgien, Journal républicain progressiste à l’occasion des élections législatives d’août 1881, afin de manifester son soutien à la candidature d’un radical, le commandant Rovel, contre les républicains opportunistes Jules Ferry et Joseph-Albert Ferry (ce dernier, maire de St-Dié, étant soutenu par Émile Erckmann). La publication cesse à la mort de Rovel, en juillet 1882.

Installé à Nancy depuis les années 1880, où il réalise notamment des décors de théâtre, Gaston Save meurt le 20 juillet 1901 d’une crise cardiaque.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les restes du Téméraire sont-ils à Bruges ou à Nancy ? , A. Voirin et L. Kreis, Nancy, 1894, disponible sur Gallica.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Bardy, « Gaston Save, artiste-peintre (1844-1901) », dans Bulletin de la Société philomatique vosgienne, 1901-1902, p. 347-358.
  • Albert Ronsin, « Gaston Gilbert Daniel Save », in Les Vosgiens célèbres. Dictionnaire biographique illustré, Éditions Gérard Louis, Vagney, 1990, p. 331-332 (ISBN 2-907016-09-1)
  • Charles Sadoul, « Nécrologie - M. Gaston Save », dans Bulletin mensuel de la Société d’archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, 1901/1, p. 188-190.

Archives[modifier | modifier le code]

L’Auraria Library de l’Université de Denver (Colorado) possède un fonds « Gaston de Save » constitué de la correspondance, des manuscrits, des publications, des dessins et des notes personnelles de Save, légués à cette institution par le gendre américain de l’artiste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Ronsin, « Gaston Gilbert Daniel Save », in Les Vosgiens célèbres. Dictionnaire biographique illustré, Éditions Gérard Louis, Vagney, 1990, p. 333 (ISBN 2-907016-09-1)
  2. Note : Malgré son caractère anachronique (la fraise ou la coiffure, typiques de la fin du XVIe siècle, sont une évocation fantaisiste d'un humaniste des années 1500), cette œuvre témoigne du double intérêt de Save pour son art pictural et pour l'histoire de sa ville natale.
  3. Note : Save réalise ce cycle de portraits historiques pour le décor de la salle des fêtes de l'hôtel-de-ville, détruit en 1944.
  4. Né Gaston Gilbert Daniel Save.
  5. Un voyage de circumnavigation. Histoire de la déportation par un évadé de Nouméa, Henry S. King, Londres, 1875.

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