Captal de Buch

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Le titre de Captal de Buch désigne les seigneurs qui régnaient du Moyen Âge jusqu'à la Révolution française sur le Captalat de Buch. Le Captalat est une province du sud du Pays de Buch qui regroupe aujourd'hui les communes d'Arcachon, La Teste-de-Buch et Gujan-Mestras.

Dynasties[modifier | modifier le code]

Quatre familles ont successivement possédé le Captalat de Buch :

  • La famille de Bordeaux (de 1274 à 1328)

Riche famille qui occupait déjà un rang privilégié au XIe siècle à Bordeaux.

Les Grailly sont originaires du pays de Gex dans l’ancienne Bourgogne et possédaient également des terres en Savoie. Ils n’étaient en Gascogne que depuis trois générations quand un mariage avec la dernière héritière des comtes de Bordeaux leur apporta tous les biens de ces derniers en Pays de Buch.

  • La famille d’Epernon (de 1593 à 1713)

Les Épernon n’étaient pas non plus de Gascogne. Originaires du Languedoc, ils acquirent les terres du Captalat de la même façon que les Grailly, par une union matrimoniale.

  • La famille d’Amanieu de Ruat (de 1713 à 1803)

Le Captalat entra dans la famille de Ruat (les seuls originaires de la région), ni par mariage, ni par héritage, mais par l’achat au dernier Foix-Grailly, que fit le 23 août 1713 Jean-Baptiste Amanieu de Ruat, baron d’Audenge, conseiller du roy en la Cour du Parlement de Bordeaux.

Maison de Bordeaux[modifier | modifier le code]

Pierre Amanieu de Bordeaux (Pey-Amanèu de Bordeaux)[modifier | modifier le code]

C’est le premier membre de la famille de Bordeaux que l’on voit qualifié officiellement du titre de Captal de Buch en 1274. Il mourut sans héritier le 20 mai 1300.

Pierre de Bordeaux, dit le Massip (Pey de Bordeaux)[modifier | modifier le code]

Baron de Certes, en héritant, en 1300, de son oncle du Captalat de Buch, il devint le plus puissant seigneur du Pays de Buch. Il mourut comme son oncle, sans héritier. Tous les biens de la famille de Bordeaux revinrent à sa sœur : Assalhide de Bordeaux

Assalhide de Bordeaux[modifier | modifier le code]

Captale de Buch, sœur de Pierre de Bordeaux, Assahilde se maria avec Pierre II de Grailly en 1307 et mourut en 1328.

Maison de Grailly[modifier | modifier le code]

Jean II de Grailly (Johan II de Grailly)[modifier | modifier le code]

Fils d’Assalhide et de Pierre II, il fut Captal de Buch de 1328 à 1343, il épousa Blanche de Foix.

Jean III de Grailly (Johan III de Grailly)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jean III de Grailly.

Le plus illustre des Captaux. Par sa mère, il descendait du roi de France Louis VIII. Il fut un fidèle vassal du roi d’Angleterre, duc d’Aquitaine. Il est aux côtés du Prince Noir, lors de sa chevauchée ainsi que le 26 septembre 1356 à la bataille de Poitiers, où fut fait prisonnier le roi de France Jean II le Bon.
Capturé par Dugesclin à la bataille de Cocherel en 1364, il retrouva sa liberté en servant d’intermédiaire entre le roi de France et le roi de Navarre. Il est à nouveau fait prisonnier à Soubise le 23 août 1372 et meurt à Paris en 1376, toujours captif du roi de France. Il désigna comme héritier son oncle Archambaud de Grailly.

Archambaud de Grailly[modifier | modifier le code]

Captal de Buch en 1376, Archambaud de Grailly épouse Isabelle de Foix en 1380. Ce mariage lui apporta en dot le comté de Foix, celui de Castelbon, la Bigorre, le Marsan et le Béarn qui sont apportés après la mort de Mathieu de Foix-Castelbon, comte de Foix, le 5 août 1398. Le sénéchal de Toulouse entre 1389 et 1403, Colard d'Estouteville, met la main du roi sur le comté et reçoit l'ordre de l'envahir le 19 août. Finalement les lettres de rémission du 10 mars 1401 accordèrent l'héritage à Isabelle de Foix et à son mari[1].
Tous leurs descendants abandonnèrent le nom de Grailly pour celui de Foix, qui s'appelèrent en Pays de Buch les "Foix-Grailly". Archambaud mourut en 1411.

Gaston 1er de Foix-Grailly[modifier | modifier le code]

Captal de Buch en 1411, Gaston Ier combattit vaillamment à Azincourt dans les rangs Anglais. Après le Traité de Fronsac (12 juin 1451) passé par le roi de France avec les Bordelais et les seigneurs de Guyenne, Gaston Ier, pour ne pas prêter serment au roi de France conclut un accord privé avec celui-ci. Puis, il vendit ses biens de Gascogne dont le Captalat de Buch, partie à son neveu, comte de Foix, vassal du roi de France et partie au comte de Dunois. À la mort de Charles VII en 1461, et après la fin de la domination Anglaise de la Guyenne, le roi Louis XI rend dans un but politique le Captalat à Jean de Foix, comte de Candale.

Jean de Foix Grailly, comte de Candale[modifier | modifier le code]

Devenu Captal en 1461, il est de retour en Pays de Buch après sept ans de prisons au château de Taillebourg en Saintonge suite à la bataille de Castillon, et après un séjour en Angleterre. Il épousa Marguerite de Suffolk Kandall, descendante du roi Édouard III, ce qui permit aux Foix-Grailly d'ajouter à leurs titres celui de comte de Candale. Jean de Foix-Grailly mourut en 1485, laissant le Captalat à son fils. Il reconnut en 1468 le droit de gemme et au bois de la montagne de La Teste de Buch (forêt usagère) aux habitants du Captalat. Il est à l'origine du droit d'usage toujours en vigueur en forêt de La Teste de Buch[2].

Gaston II de Foix-Grailly-Candale[modifier | modifier le code]

Il fut Captal de 1485 à 1500. Il eut trois enfants avec Catherine de Foix: Gaston, qui lui succéda, Jean, qui fut archevêque de Bordeaux de 1501 à 1529, et Anne, qui devient reine en épousant Ladislas, roi de Bohême et de Hongrie.

Gaston III de Foix-Grailly-Candale, dit le boiteux[modifier | modifier le code]

Captal de 1500 à 1536.

Fréderic de Foix-Grailly-Candale[modifier | modifier le code]

Captal de Buch de 1536 à 1571, il usa sa fortune dans les guerres contre les protestants. En 1550 il donna à perpétuité aux habitants le droit de pacage sur les vacants du Captalat, sous réserve d'un droit de reprise au cas où un acquéreur se présenterait pour mettre ceux-ci en culture.

Henry de Foix-Grailly-Candale[modifier | modifier le code]

Il venait tout juste de succéder à son père en 1571, quand il fut tué en 1572, au siège de Sommières, place du Languedoc, tenue par les protestants. Marié à Marie de Montmorency, il laissait deux filles mineures: Françoise et Marguerite. Le Captalat revint, pendant leur minorité à leur oncle et tuteur, Henri-François, évêque d'Aire.

Henri-François de Foix-Grailly-Candale[modifier | modifier le code]

Captal en 1572, il assuma la tutelle de deux filles de son neveu Henri et se retira en 1587, quand Marguerite épousa le duc d'Epernon. Né en 1512, mort en 1594, Henri-François de Foix-Candale fut un savant, un humaniste, un philosophe dont la réputation dépassa largement les frontières de l'Aquitaine. Il publia et commenta les œuvres d'Euclide, publia, en latin d'abord puis en français, le "Pimandre" d'Hermès Trimégiste et écrivit un traité sur l'Eucharistie. Il inventa plusieurs machines, fit des expériences de chimie et composa un élixir connu sous le nom d'"eau de Candale". Il fonda une chaire de mathématiques au collège de Guyenne et légua sa riche bibliothèque au couvent des Augustins.

Maison d'Épernon[modifier | modifier le code]

Marguerite de Foix et Jean Louis d'Épernon[modifier | modifier le code]

Marguerite épousa le duc d'Epernon le 23 août 1587 et mourut six ans plus tard.
Jean-Louis d'Epernon n'aurait dû administrer le Captalat que jusqu'à la majorité de son fils aîné, Henry. En fait il se comporta comme s'il était l'héritier de sa femme. Pair de France, colonel-général de l'infanterie, amiral de France, gouverneur de Guyenne, il fut un grand seigneur. Il donna aux habitants de La Teste la chapelle de son château pour qu'elle devienne leur église paroissiale, en remplacement de celle recouverte par les sables. Il mourut en 1642 à l'âge de 88 ans.

Bernard d'Épernon[modifier | modifier le code]

Bernard d'Epernon est le fils cadet de Jean-Louis, son frère ainé étant décédé en 1639. Il fut le dernier Captal de la famille d'Épernon, son fils unique mourut avant lui. Il épousa en premières noces Gabrielle Angélique, fille légitimée d'Henri IV et d'Henriette de Balsac. En 1634 il épousa Marie de Cambaut de Coislin, (Gabrielle Angélique mourut en 1627) nièce du cardinal Richelieu.

Bernard d'Epernon participa en tant que colonel général de l'infanterie aux dernières luttes contre les protestants, puis à la lutte contre l'Espagne 1635 à 1638. Condamné à mort suite à l'échec de Fontarabie, il s'exila en Angleterre, avant de revenir en 1643, gracié par Mazarin. Il succéda à son père en tant que Gouverneur de Guyenne. Il fut chargé de contenir les frondeurs bordelais dirigés par le Parlement, la capitulation des bordelais était inévitable. Très impopulaire en Gascogne, il quittera Bordeaux pour Paris, où il décède en 1661. Il cède par testament ses biens à la famille de Foix-Candale.

Maison de Foix-Grailly-Candale[modifier | modifier le code]

Marie de Foix-Candale[modifier | modifier le code]

Fille de Baptiste-Gaston ayant hérité du Captalat, Marie de Foix-Candale sera Captale peu de temps, son héritier est son oncle : Henri de Foix-Candale.

Henri-François de Foix-Candale[modifier | modifier le code]

Ses biens ont été mis "en direction" par arrêt du Conseil de roi en septembre 1668. Il les retrouve en 1684, dont le Captalat de Buch. Il s'agit d'un homme aimable, considéré comme un épicurien. Il n'en demeure pas moins jaloux de ses droits, il s'est emparé de la cargaison du vaisseau "le Saint Pierre" échoué sur la côte du Porge en 1697, bien que ce privilège accordé aux Captaux de Buch par le roi d'Angleterre n'était plus toleré depuis une ordonnance royale de 1681. Dernier Captal de la famille de Grailly, il vend le Captalat à Jean-Baptiste Amanieu de Ruat en 1713.

Maison d'Amanieu de Ruat[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Amanieu de Ruat[modifier | modifier le code]

Né en 1676, il épousa en 1702 Marie-Colombe Bauduer et en secondes noces, Dame Dubreuilh de Fonréaux. Il entra rapidement en conflit avec les habitants, notamment les marins testerins. Il est considéré comme l'un des précurseurs de la fixation des dunes en Aquitaine et fit des essais de fixation des sables mobiles par des semis de pins maritimes à La Teste de Buch. C'est à cette époque que les Ruat cessèrent d'être barons d'Audenge, et le Teich fut intégré aux terres des Ruat, sans pour autant faire partie du Captalat. Il mourut en 1736 et fut enterré dans l'église du Teich.

François-Alain Amanieu de Ruat[modifier | modifier le code]

Né en 1716, il épousa Jeanne Ferrande de Lalande. Les soucis d'argent lui firent vendre des parcelles de Landes au Teich au sieur Nézer qui tentera de les mettre en culture. Il continua la campagne contre les sables entreprise par son père, et adressa plusieurs mémoires à l'Intendant de Guyenne concernant "la nécessité d'arrêter les ravages qu'occasionnent journellement les sables de la mer sur la côte de La Teste de Buch, et les moyens d'y parvenir." François-Alain Amanieu de Ruat décède en 1776 et fut enterré dans l'Église Saint Christoly à Bordeaux.

François Amanieu de Ruat[modifier | modifier le code]

Il épousa en 1773 Blanche de Laroze. C'est à lui que revient le mérite d'avoir été le premier à ensemencer les dunes sur les rives nord et sud du Bassin d'Arcachon. L'ingénieur Brémontier n'a fait que poursuivre son œuvre. En 1793 il sera incarcéré quelque temps à la prison des Ursulines à Bordeaux, puis libéré. N'ayant pas émigré, il conserva ses biens qui n'étaient pas de droit féodal. Le dernier Captal de Buch mourut à Bordeaux en 1803.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Persée : Isabelle Delabruyere-Neuschwander, L'activité réglementaire d'un sénéchal de Toulouse à la fin du XIVe siècle, Bibliothèque de l'école des chartes (n°143-1), 1985
  2. Delage, Jean-Antoine-Roger-Marie, Du droit d'usage dans la forêt de la Teste-de-Buch, Bordeaux,‎ 1902, 162 p. (lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jacques Ragot, Histoire de La Teste de Buch, des origines à la fixation des dunes, édité par la ville de La Teste de Buch, La Teste de Buch, 1987

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]