Château de Loches

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cité Royale de Loches
Image illustrative de l'article Château de Loches
Vue aérienne du château.
Nom local Donjon de Loches
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIe siècle
Propriétaire initial Foulques Nerra
Propriétaire actuel Commune de Loches
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, 1886, 1889)
 Inscrit MH (1962)[1]
Coordonnées 47° 07′ 41″ N 0° 59′ 52″ E / 47.128158, 0.99766447° 07′ 41″ Nord 0° 59′ 52″ Est / 47.128158, 0.997664  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Val de Loire
Région Centre
Département Indre-et-Loire
Commune Loches

Géolocalisation sur la carte : Indre-et-Loire

(Voir situation sur carte : Indre-et-Loire)
Cité Royale de Loches

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cité Royale de Loches

Le donjon de Loches est un château fort, de la première moitié du XIe siècle, qui se dresse dans le Val de Loire, sur la commune de Loches dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre, au cœur de la Cité Royale. Cette Cité comprend, outre le donjon, le logis royal et la collégiale Saint-Ours.

Au titre des monument historique ; le château fait l'objet d'un classement par la liste de 1862 ; la porte de l'enceinte du château fait l'objet d'un classement par arrêté du 12 juillet 1886 ; l'ancien palais royal (logis royal) fait l'objet d'un classement par liste de 1889 ; la partie d'enceinte Nord-Ouest dominant la rue des Fossés-Saint-Ours et reliant la porte principale du château à la base du logis royal au Nord fait l'objet d'une inscription par arrêté du 8 août 1962[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Même si des traces de l'occupation romaine sont attestées dans les environs de Loches, il n'existe aucun vestige antérieur à la tour carrée du Xe siècle. La première trace d'un château sur l'emplacement actuel est signalée par Ursus de Cahors en 491, qui évoque un castrum, il s'agissait vraisemblablement d'un camp fortifié comportant un donjon en bois[2].

Saint-Ours fit construire un moulin prés du monastère et y vécut jusqu'à sa mort en 508.

En 742, la place est prise par les forces de Pépin et Carloman, qui répriment la révolte de Hunald, duc d'Aquitaine. Le château est alors complètement rasé.

Période angevine[modifier | modifier le code]

Lorsque Louis le Bègue, fils de Charles le Chauve, fit de Tours une préfecture royale, il en nomma Ingelger préfet. En reconnaissance de ses services, il lui donne une partie du comté d'Anjou et lui fait épouser la fille du comte de Gatinais. Leur fils Foulques le Roux épousera Roscille de Loches qui lui apportera la forteresse de Loches. C'est ainsi que naîtra la puissante famille des comtes d'Anjou.

Le donjon fut réalisé par Foulques Nerra, quatrième comte d'Anjou. Une analyse dendrochronologie réalisée sur des restes de poutres situe la construction entre 1013 et 1035[3].

Au XIIe siècle, Henri II Plantagenêt fait ériger les magnifiques remparts et les douves qui entourent la ville haute, les chefs-d’œuvre de cette époque toujours visibles actuellement.

Donné à Philippe-Auguste par Jean Sans Terre, en 1193, Il est repris par Richard Cœur de Lion l'année suivante, lors d'un siège de trois heures, selon une légende.

Prison royale[modifier | modifier le code]

Le donjon est repris aux Anglais par Philippe II de France en 1205. À cette date, Loches intègre le domaine royal, et le château ne connaitra plus d'affrontement militaire majeur. Il est utilisé comme prison à partir du XVe siècle par Louis XI et ce jusqu'en 1926.

Durant la Révolution américaine, la France finança et se battit avec les Américains contre l'Angleterre et Louis XVI utilisa le château de Loches comme prison pour les anglais capturés.

Durant la Révolution française, le château fut pillé et sévèrement endommagé. Des restaurations majeures commencèrent en 1806 mais encore aujourd'hui certaines parties sont encore en ruines. Propriétés de la commune de Loches, le château et l'ancienne collégiale Saint-Ours adjacente sont ouverts au public.

Description[modifier | modifier le code]

Le château est un ensemble fortifié situé à l'extrémité sud d'une enceinte fortifiée qui domine la ville de Loches. Il est constitué de différents édifices construits entre le Xe siècle et le XVe siècle.

Au nord de la cité le Logis Royal de Loches fut construit sur un promontoire rocheux surplombant l'Indre.

À l'ouest la Porte Royale est l'unique entrée de la cité fortifiée, elle date du XIIIe siècle, mais remaniée au XVe siècle avec notamment l'ajout d'une terrasse à canon.

Donjon[modifier | modifier le code]

Le donjon, bâti dans le premier tiers du XIe siècle ce qui en fait l'un des plus ancien donjon de pierre, domine l'ensemble. Il est composé d'une « tour maîtresse » et d'un « petit donjon » :

  • la « tour maîtresse »
Haute de quatre étages sur rez-de-chaussée, elle mesure 36 mètres de haut, sa surface au sol est de 25,2 x 13,7 mètres. Au rez-de-chaussée, on trouve un puits et deux fours. La grande salle, ou aula, occupe le premier niveau, la chambre, ou camera, le second et le troisième est affecté à la défense ; sergents, stocks d'armes et de projectiles.
  • le « petit donjon »
Situé du côté nord, il compte trois étages sur rez-de-chaussée et mesure 13,2 x 9,1 mètres[4]. Ses murs épais renforcés par des contreforts cylindriques en faisaient une forteresse imprenable pour l'époque. Au niveau de la camera se trouve dans ce petit donjon, la capella, dédiée à Saint-Salboeuf.

La « tour carrée » comportait auparavant un toit et un chemin de ronde extérieur. Les planchers ont disparu, des structures métalliques permettent le passage des visiteurs.

Tour ronde[modifier | modifier le code]

La Tour ronde, ou « Tour Louis XI », haute de 25 mètres, date du XVe siècle. Les progrès de l'artillerie, à la fin du Moyen Âge, ont rendu caduque l'architecture du donjon ; celui-ci n'était pas adapté pour accueillir des canons. Les dernières recherches portent à croire qu'elle serait en fait construite par Charles VII.

Elle comporte trois étages reliés par un escalier en vis, les salles des étages servaient de cellules, et comportent de nombreux graffitis et sculptures réalisés par des prisonniers dans la pierre calcaire. Au rez-de-chaussée se trouve la « salle de la Torture » ; cette salle contient une barre de fer équipée d'anneaux, qui servait à entraver des détenus. La terrasse est aménagée pour le déploiement de canons.

L'accès à la tour se fait par le « logis du gouverneur », une bâtisse du XIVe siècle. En 2013, ce bâtiment abrite le hall d'entrée pour la visite du donjon.

La tour ronde s'est à moitié écroulée en juillet 1814, elle a été restaurée par la suite[4].

Le Martelet[modifier | modifier le code]

Cette tour a la particularité de ne pas être "en hauteur". En effet, il faut descendre ces 4 niveaux pour la visiter. Elle fut construite au XVe siècle et est haute de 27 mètres, à cheval sur le fossé.

Dans ces quatre niveaux, des cachots sont aménagés. Le plus célèbre d'entre eux est le cachot du Duc de Milan, Ludovic Sforza. Capturé par Louis XII, en 1500, l'ancien protecteur de Léonard de Vinci fut emprisonné durant 4 ans au donjon, dans le cachot qui porte son nom, à partir de 1504. Il y trouve la mort en 1508. Cette cellule laisse encore transparaître l'aspect artistique du personnage avec les fresques dont il recouvert une partie des murs de sa cellule. On peut encore y lire en partie sa célèbre maxime "Celui qui n'est pas content", peinte à même le mur.

Autres édifices[modifier | modifier le code]

La caponnière est une casemate située juste à l'est du donjon elle fut construite vers 1539 pendant les guerres de religions, pour moderniser le château et défendre les fossés.

La partie sud des remparts constituée de trois tours en amande a été construite par Henri II d'Angleterre et son fils, Richard Cœur-de-Lion.

Dans ces tours furent enfermés en 1307 certains templiers, dans l'attente de leur procès. Hugues de Pairaud fut l'un d'eux, arrêté à Poitiers en compagnie de quinze autres templiers, il fut emprisonné à Loches avant d'être transféré à Paris[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château et son enceinte », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Histoire du donjon de Loches, Edmond Gautier, page 4
  3. Jean-Pierre Panouillé, Les châteaux forts dans la France du Moyen Âge, Ouest France, 2007 (ISBN 978-2-7373-4424-4), p. 30.
  4. a et b Histoire du donjon de Loches, chapitre V
  5. Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire »,‎ 2008 (1re éd. 2005), poche, 664 p. (ISBN 978-2-7578-1122-1), p. 437

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Champion, Le Prisonnier Desconforté du château de Loches. Poème inédit du XVe siècle, avec une introduction, des notes, un glossaire et deux fac-similés, Paris, Honoré Champion éditeur, 1909, [lire en ligne].
  • Jean Mesqui, La tour maîtresse du donjon de Loches, p. 65-128, Bulletin Monumental, Année 1998, Volume 156, no 156-1, Société Française d'Archéologie Texte
  • Jean Mesqui: Les enceintes du donjon de Loches. In: Congrès Archéologique de France, 155e session, 1997, Touraine. Paris 2003, pages 207–237 (PDF, 5,6 MB).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]