Étienne Noël Damilaville

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Buste d'Étienne Noël Damilaville, Marie-Anne Collot ; Musée du Louvre.

Étienne Noël Damilaville, né à Bordeaux le 21 novembre 1723 et mort le 13 décembre 1768, était un homme de lettres français, ami de Voltaire, de Diderot et de d'Alembert.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fut d'abord garde du corps du roi, puis Premier commis au bureau de l'impôt du Vingtième ; cette fonction lui donnait le droit d'avoir le cachet du contrôleur-général des Finances pour affranchir la correspondance qui sortait de son bureau. Acquis aux idées philosophiques, il devint à partir de 1760 l'ami de Diderot, puis de Voltaire, et fit usage de son privilège pour faire parvenir à celui-ci toutes les nouvelles littéraires ou politiques et faire circuler lettres et pamphlets à l'abri de toute censure, notamment lors de l'affaire Sirven (1767).

Relations avec Voltaire[modifier | modifier le code]

Damilaville facilite les échanges avec d’autres alliés tels que Denis Diderot. De son côté, Voltaire lui confie ses émois à propos des affaires Calas, La Barre, Sirven et autres, il lui parle de ses plans, de ses campagnes en ne ménageant pas ses adversaires, lui adresse l'auteur du Christianisme dévoilé, publié sous le nom de Boulanger et actuellement attribué à d'Holbach[1].

Le combat pour l'athéisme[modifier | modifier le code]

Au sein du groupe constitué autour du baron d’Holbach, Étienne Noël Damilaville a joué un rôle qui n'a pas encore été éclairci : on lui a attribué, à tort, Le Christianisme dévoilé et l’Essai sur les préjugés. C'est dire assez que le personnage mérite sa place au sein du combat philosophique de pointe et l'on peut dire que, sur le plan de la pensée antireligieuse, il va bien au-delà des options que Voltaire affiche : c'est un athée radical. Ainsi, dans ses lettres à d'Alembert, Voltaire assigne à Damilaville comme caractère de « haïr Dieu, et de travailler à le faire haïr »[2]. Ces divergences n’empêchent pas les deux hommes d’unir leurs efforts au plus chaud de la campagne contre l’Infâme. La mort prématurée de Damilaville, écrit Voltaire à d'Alembert, le prive de l’un de ses plus ardents compagnons de lutte : « Je regretterai toute ma vie Damilaville. J'aimais l'intrépidité de son cœur. Il avait l'enthousiasme de Saint-Paul : c'était un homme nécessaire »[2].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur cette controverse, voir Olivier Bloch, Geneviève Artigas-Menant, Voltaire et les manuscrits philosophiques clandestins, Paris, Sorbonne,‎ 2008 (ISBN 9782840506089), p. 127.
  2. a et b Henri Delassus, La Conjuration antichrétienne, 1910, tome I, p. 63.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]