Académie royale des sciences de Prusse

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Académie de Berlin.
Leibniz (1646-1716), premier président de l’Académie de Berlin.
Pierre Louis Maupertuis (1698-1759), président de l'Académie de Berlin.
D'Alembert, membre de l'Académie de Berlin.
Samuel Formey, membre de l'Académie de Berlin.

L’Académie royale des sciences de Prusse (en allemand : Königlich-Preußische Akademie der Wissenschaften), à l’origine Kurfürstlich-Brandenburgische Societät der Wissenschaften (en allemand : Société des sciences de l'Électorat de Brandebourg), a été fondée à Berlin le 18 mars 1700[1], quatre ans après l'Académie des arts de Berlin (en allemand : Akademie der Künste, Berlin) à laquelle le terme d’« Académie de Berlin » peut également se référer.

Naissance[modifier | modifier le code]

Le premier président à vie de l’Académie de Berlin sera Leibniz. Ce corps dont les principaux membres furent ou des gens du Refuge ou des Français, sera une Académie « provinciale » en regard de l'Académie des sciences de Paris pour le monde intellectuel très européen du XVIIIe siècle.

Frédéric II de Prusse en fera le centre de l’Aufklärung, version allemande des Lumières françaises. Plusieurs Français en difficultés passagères du fait de leurs écrits ou de leur pensée s'y retrouveront, dont Alphonse Des Vignoles, Voltaire et Maupertuis (qui la présidera) à partir de 1745.

La mort de Sophie-Charlotte et la guerre de la succession d’Espagne retardèrent jusqu’en 1710 le commencement des travaux de l’Académie mais, en 1744, l’Académie fut « renouvelée ». Elle fut divisée en quatre classes : physique ou philosophie expérimentale, mathématiques, philosophie spéculative, belles-lettres ou philologie. Chaque classe se réunissait une fois par semaine ; les académiciens pouvaient prendre part aux travaux de toutes les sections.

En 1746, Maupertuis et Formey furent chargés, l’un de la présidence, l’autre du secrétariat perpétuel de la docte compagnie. Frédéric II accepta le titre et remplit les devoirs d’un « protecteur de l’Académie » ; il prescrivit l’usage de la langue française[2]. substituée au latin, et le règlement, d’accord avec les opinions de la plupart des académiciens, disposa en particulier que la plus parfaite indépendance des doctrines serait tolérée en matière religieuse.

Après la mort de Maupertuis, le roi dirigea l’Académie avec le concours de d’Alembert qui lui soumettait, de Paris, les conseils d’un esprit judicieux et désintéressé.

Évolution[modifier | modifier le code]

Au plus fort de l'occupation française (1806-1812), l’Académie connut une réforme profonde, aboutissant aux statuts du 24 janvier 1812 : elle abandonnait ses prérogatives en matière d'enseignement à la toute nouvelle université de Berlin. À partir de 1815, la reprise des travaux scientifiques prit la forme de projets communs (plus d'une cinquantaine), dirigés par différentes commissions, présidées chacune par un académicien titulaire. Ces commissions : Antiquité gréco-romaine, Allemagne, Orient, Prusse, etc. supervisaient les recherches de scientifiques qui se trouvaient, en quelque sorte, employés par des académiciens. Depuis 1945, ces commissions sont devenues des instituts dépendant de l’Académie.

À l'avènement du Troisième Reich, la mise au pas de l’académie se traduisit d'abord par l'expulsion des chercheurs juifs. Par le décret du 8 juin 1939, l'Académie relevait désormais du Führerprinzip, avec la mise à l'écart du président, de vice -président et des deux secrétaires généraux, remplacés par un « directeur[3] » nommé à discrétion par la chancellerie.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Une réunion "refondatrice" s'est tenue (à l’ambassade de France en Allemagne) le 29 juin 2006, se réclamant de l’esprit de Voltaire[4]. Cette fois, cependant, le but n’est pas d’abriter des transfuges de France, mais bien de favoriser le dialogue entre l'Allemagne et la France.

Membres célèbres[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 18 mars. Les lettres patentes sont données le 11 juillet, selon l'Histoire philosophique de l'académie de Prusse, de Christian Bartholmèss
  2. L’Académie royale couronnera Rivarol pour son Mémoire sur l’universalité de la langue française en 1784
  3. L'orientaliste Helmuth Scheel.
  4. Refondation et membres

Lien externe[modifier | modifier le code]