Mignon

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Changement dans la taille de la tête (en particulier la taille relative de l'os maxillaire et de la manibule) en fonction de l'âge

Le mignon est un terme subjectif désignant ce qui est menu, délicat et gentil, aux formes souvent douces et fines ou bien enfantines. Le mignon est un type spécifique de beau (catégorie esthétique), proche du joli. Dans la réflexion esthétique, le mignon a été parfois opposé au sublime, par son opposition à la grandeur et à l'intensité[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon le Littré, le terme dérive d'un radical miñ-, exprimant originellement la gentillesse, la grâce ; suivi du suffixe -on1*. Dès le XVe - XVIe siècle, mignon a supplanté mignot* dont seuls les dérivés (amignoter*, mignoter*) ont subsisté dans la langue.

Description[modifier | modifier le code]

Certains types de grenouilles sont considérés comme mignons[2],[3]

Le mignon est habituellement caractérisé par (mais non limité à) un certain mélange de traits physiques juvéniles, en particulier la petite taille corporelle et une tête disproportionnellement large, de grands yeux, des fossettes et autres parties du corps variées. Des traits de personnalité juvéniles, tels que la gaieté, la fragilité, la vulnérabilité, la curiosité, l'innocence, les comportements affectifs, et un besoin d'être cajolé sont souvent considérés comme mignon.

Konrad Lorenz, éthologiste autrichien, explique en 1949 que les traits physiques juvéniles provoquent chez les adultes une attention plus particulière, et aidaient ainsi les parents à prendre soin de leur enfant ; ils aideraient aussi à préserver la survie des espèces vivants. De toute évidence, Lorenz note que les humains réagissent plus positivement à l'égard des animaux qui ressemblent à des bébés avec de grands yeux, une grosse tête et un nez raccourci, qu'envers les animaux qui ne possèdent pas ces mêmes types de caractéristiques. Cela signifie que les humains préfèrent les animaux qui montrent des traits de néoténie. La néoténie est la conservation de caractéristiques juvéniles chez les adultes d'une espèce. Les animaux domestiques, tels que les chiens et les chats, sont souvent considérés comme mignons du fait que les humains ont choisi d'une manière sélective leurs animaux de compagnie pour leurs caractéristiques juvéniles incluant les comportements non-agressifs et leur apparence selon les races.

Plus tard, des études scientifiques confirment la théorie de Lorenz. Par exemple, il a été démontré que les adultes réagissent plus positivement à l'encontre des bébés qui sont mignons d'une manière stéréotype. Des études ont également démontrées que les caractéristiques du mignon se sont étendues parmi les différentes cultures[4].

De toute évidence, ce phénomène n'est pas uniquement attribué qu'aux humains. Parmi les jeunes espèces de mammifères et de volatiles, certaines d'entre elles partagent les mêmes caractéristiques et proportions physiques, allant même au-delà de la taille requise, qui les distinguent des adultes de leurs propres espèces. Le « mignon » a également été utilisé pour décrire le squelette d'un bébé Triceratops, ce qui expliquerait que le mignon était une technique de survie souvent efficace[5].

Les chatons sont souvent considérés comme mignons[6].

Différences des sexes[modifier | modifier le code]

Souvent, le mignon est perçu chez le bébé ou l'enfant en fonction de son sexe et de son comportement[7],[8]. Dans l'étude de Koyama et al. (2006), les fillettes et petites filles sont perçues comme mignonnes pour leur attirance physique, plus que les jeunes garçons[7], tandis que l'étude menée par Karraker (1990) démontre que l'attention d'un adulte dans la protection d'un jeune garçon est uniquement basé sur la perception de la joie et l'importance de l'enfant[8].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Schasler, Æsthetik, 1886 d'après Vocabulaire d'esthétique
  2. (en) Reptiles, Volume 10, Fancy Publications,‎ 2002, 4 p.
  3. (en) Freshwater and marine aquarium, Volume 15, Issues 1-6, R/C Modeler Corp.,‎ 2010, 100 p.
  4. [PDF] (en) http://web.archive.org/web/20070927105817/http://www.winchester.ac.uk/view.ashx?Item=15993 archive.org.
  5. (en) 03.06.2006 - Smallest Triceratops skull described
  6. (en) Sherman, Gary D.; Haidt, Jonathan; Coan, James A., Viewing cute images increases behavioral carefulness, vol. 9,‎ avril 2009, 282–286 p. (PMID 19348541, DOI 10.1037/a0014904, lire en ligne)
  7. a et b (en) Assessing the cuteness of children: Significant factors and gender differences, vol. 34,‎ 2006, 1087–1100 p. (DOI 10.2224/sbp.2006.34.9.1087)
  8. a et b (en) Karraker Katherine, Stern, Marilyn, Infant physical attractiveness and facial expression: Effects on adult perceptions, vol. 11,‎ 1990, 371–385 p. (DOI 10.1207/s15324834basp1104_2)
  9. In pictures: Polar bear Knut is growing up - see 2nd picture

Annexes[modifier | modifier le code]