Encyclopédie

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Page de couverture de l'Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, éd. 1751-1772.

Une encyclopédie est un ouvrage dont le but est d’exposer et de couvrir l'ensemble des champs du savoir ou des connaissances, ou une partie déterminée de ceux-ci.

Sommaire

[modifier] Étymologie

Le mot « encyclopédie » vient de encyclopædia, latinisation de la Renaissance (XVIe siècle) de l’expression grecque de Plutarque enkuklios paideia (εγκύκλιος παιδεία), littéralement « le cercle des connaissances » ou même « enchaînement de connaissances » (en: en, kuklios : cercle, et paideia : éducation). La notion d'éducation ou d'enseignement est contenue dans le mot grec paideia. L'une des premières occurrences européennes du mot en langue vernaculaire se trouve dans le Pantagruel de François Rabelais (1532).

[modifier] Description

Une encyclopédie peut prendre la forme d'un livre ou plusieurs livres comme elle peut prendre la forme d'un enseignement oral ou encore d'un site internet comme Wikipedia. Elle se présente souvent comme une collection d'articles traitant chacun un thème (par exemple : un lieu, une personne, un objet, un évènement, une science, un processus, un concept, etc.) L'agencement des articles est un choix éditorial majeur. Certaines encyclopédies présentent les articles en ordre alphabétique alors que d'autres adoptent une structure thématique et/ou hiérarchique. Un index de termes peut être joint.

Les encyclopédies se distinguent des dictionnaires en ceci qu'elles n'ont pas pour objet la description d'une langue. Les encyclopédies, et en particulier les encyclopédies généralistes, sont le plus souvent des ouvrages de très grande ampleur et sont fréquemment composées de nombreux tomes ou volumes.

[modifier] Finalité

Diderot écrit en 1751 : « Le but d'une encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre; d'en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, et de le transmettre aux hommes qui viendront après nous; afin que les travaux des siècles passés n'aient pas été inutiles pour les siècles qui succèderont; que nos neveux devenant plus instruits, deviennent en même temps plus vertueux et plus heureux; et que nous ne mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain »[1] Le caractère d'un bon dictionnaire est, selon lui, de « changer la façon commune de penser ». Son encyclopédie prend parti de ce fait dans les combats politiques, religieux et scientifiques de son temps. Elle fournit un savoir et une critique du savoir, du langage et des préjugés véhiculés par les habitudes, les interdits, les dogmes et les autorités. Elle témoigne de la liberté de penser, du goût d'inventer et de la nécessité de douter[2].

[modifier] Antiquité

[modifier] Pline l'Ancien

Pline l'Ancien (23-79 ap. J.C.), écrivain et naturaliste romain, est l'auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle. Pline avait conscience que la vie d’un homme était éphémère. Il considérait que l’homme devait utiliser le temps à bon escient afin de ne pas réduire sa capacité d’apprendre.

Composé de trente-sept volumes, c'est le seul ouvrage de Pline l'Ancien qui soit parvenu jusqu'à nous. Ce document a longtemps été la référence en matière de connaissances scientifiques et techniques. Pline a compilé le savoir de son époque sur des sujets aussi variés que les sciences naturelles, l'astronomie, l'anthropologie, la psychologie ou la métallurgie.

[modifier] Moyen Âge

Manuscrit MS4856 des Étymologies d'Isidore de Séville en écriture onciale (fin du VIIIe siècle, Bibl. Royale Albert Ier, Bruxelles).

Isidore de Séville, est reconnu comme l'auteur de la première encyclopédie du Moyen Âge. Etymologiæ écrit vers 630 est constituée de vingt livres, qui propose une analyse étymologique des mots divisée en 448 chapitres. Par cette œuvre, il essaie de rendre compte de l'ensemble du savoir antique et de transmettre à ses lecteurs une culture classique en voie de disparition. Son livre a une immense renommée et connaît plus de dix éditions entre 1470 et 1530, illustration d'une popularité continue jusqu'à la Renaissance. Sa méthode étymologique est un peu déconcertante : il explique un mot par des termes phonétiquement proches (Rex a recte agendo - on appelle « roi » celui qui agit droitement). La plupart de ces étymologies, dont se sont moqués bien des savants depuis la Renaissance, veulent imprimer les mots facilement dans l'esprit du lecteur. Il contribue à la survivance durant le Moyen Âge de nombreuses œuvres antiques par sa technique de citation. C'est l'organisation particulière de ce livre qui lui vaudra d'être saint patron des informaticiens.

[modifier] XIIIe siècle

Barthélemy l'Anglais est un frère franciscain auteur d'un Liber de proprietatibus rerum écrit entre 1230 et 1240.

Le Speculum Majus de Vincent de Beauvais est la plus importante compilation de connaissance au Moyen Âge, abondamment réédité jusqu’à la Renaissance. Il se compose de trois parties :

  • le Speculum Naturale (ou Miroir de la nature) est divisé en 32 livres et 718 chapitres. C’est le résumé des connaissances d’histoire naturelle de son temps, une mosaïque de citations d’auteurs latins, grecs, arabes et même hébraïques dont Vincent donne les sources.
  • le Speculum Doctrinale (ou Miroir de la Doctrine) est constitué de 17 livres et 374 chapitres. Il s’agit d’une sorte de manuel pour les étudiants qui traite de choses variées : arts mécaniques, scolastique, tactique militaire, etc. Il ne se limite donc pas à l’histoire naturelle mais traite aussi de logique, de rhétorique, de poésie, de géométrie, d’astronomie, de l’éducation ou des passions humaines, de l’anatomie, de la chirurgie et de la médecine, du droit.
  • le Speculum Historiale (ou Miroir de l’Histoire) se compose de 31 livres et 3793 chapitres, où l’auteur fait le récit des évènements historiques depuis la Création jusqu’aux années 1250. S’y trouve également un inventaire biographique de divers poètes.

[modifier] XIVe siècle

Les Muqaddima, ou Al-Muqaddima (Introduction à l’histoire universelle), sont une œuvre d’Ibn Khaldoun écrite en 1377 et à caractère encyclopédique qui englobe l’ensemble des connaissances du XIVe siècle à partir des sources écrites grecques, byzantines et musulmanes.

Elle aborde la géographie, la philosophie, l’histoire, l’économie, la sociologie, la politique, l’urbanisme, la médecine et même le développement durable.

[modifier] XVe siècle

L’Encyclopédie de Yongle est une encyclopédie chinoise rédigée à partir de 1403. À cette époque, elle était la plus grande encyclopédie connue au monde.

Guillaume Budé a adapté le terme latin encyclopaedia au français, mais la première occurrence imprimée du terme encyclopédie apparaît dans le livre du Pantagruel de François Rabelais en 1532. Au chapitre XIII, Thaumaste dit que Panurge lui a « ouvert le vrai puits et abîme d’encyclopédie ». L'encyclopédie est le savoir complet que possède Panurge, à l’exemple de son compagnon Pantagruel. Au chapitre VIII, Gargantua avait tracé le programme pédagogique que devait suivre Pantagruel afin que son père puisse admirer en lui « un abîme de science »[3].

[modifier] XVIIIe siècle

Article détaillé : Encyclopédie méthodique.

Kant et Hegel ont donné des cours de philosophie intitulé Encyclopédie qui sont des introductions générales à la philosophie ou l'exposé de l'ensemble des sciences philosophiques en abrégé[4].

[modifier] XIXe siècle

Pierre Larousse édite le Grand Larousse encyclopédique, un dictionnaire encyclopédique, qui mélange la description de la langue française et des articles encyclopédiques. Cette mixité en fait un ouvrage de référence généraliste dont le succès dans le grand public ne se démentira pas.

Le Nouveau Larousse illustré (1898-1907) est le premier grand titre de la maison Larousse à être orné de la célèbre semeuse d'Eugène Grasset. Il se distingue du Grand Dictionnaire universel par l'illustration omniprésente. Un ton plus informatif et éducatif a été adopté. Ce titre phare pendant plus de trente ans a été vendu à plus de 250 000 exemplaires.

[modifier] XXe siècle

Sur Cd-rom :

[modifier] XXIe siècle

  • Lancée en 2001, Wikipédia se définit comme une encyclopédie en ligne, multilingue, universelle et librement réutilisable. En 2008, elle est l’un des huit sites web les plus visités au monde[5]. En août 2009 elle compte près de 13 millions d'articles en plus de 250 langues.

[modifier] Structure des encyclopédies

[modifier] Représentation des connaissances

Système figuratif représentant la connaissance humaine — XVIIIe siècle

[modifier] Notes et références

  1. http://www.univ-paris-diderot.fr/diderot/presentation/encyclo.html
  2. Marie Leca-Tsiomis, Texte paru dans Célébrations Nationales 2001, Ministère de la Culture 2001
  3. Dossier pédagogique sur le site de la Bibliothèque Nationale de France
  4. Kant, Abrégé de philosophie, ou Leçons sur l'encyclopédie philosophique, Paris, Vrin, 2009. Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques en abrégé, trad. Bernard Bourgeois, Paris, Vrin, 3 vol.
  5. (en) Statistiques de consultations de Wikipedia

[modifier] Bibliographie

  • Robert Collison, Encyclopaedias : their history throughout the ages. 2e éd. New York, Hafner, 1966.
  • S. Padraig Walsh. Anglo-American general encyclopedias : a historical bibliography : 1703-1967. New York, R. R. Bowker, 1968.
  • Françoise Tilkin (dir.), L’encyclopédisme au XVIIIe siècle : actes du colloque organisé par le Groupe d’étude du XVIIIe siècle de l’Université de Liège (Liège, 30-31 octobre 2006). Liège, Faculté de philosophie et lettres de l’Université, 2008. Coll. Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège, 296. ISBN 978-2-87019-296-2

[modifier] Annexes

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[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

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