Tonsure
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La tonsure est une pratique adoptée par certaines Églises chrétiennes, consistant à raser une partie des cheveux d'un clerc. Signe de renonciation au monde, elle est aussi, avec la prise d'habit et le changement de nom, un élément d'un rituel de mort et de renaissance qui efface les péchés antérieurs.
[modifier] Histoire
L'origine de la tonsure est incertaine mais elle n'était certainement pas largement connue durant l'Antiquité. Ce rite est peut-être imaginé à partir de la tonsure du jeune enfant, rite initiatique romain qui est progressivement christianisé pour les clercs[1]. La tonsure est une pratique née au début du Moyen Âge ; elle n'est pas connue aux premiers temps de l'Église et Jérôme de Stridon la désapprouve[réf. nécessaire] même. Marque infamante réservée aux esclaves, elle est adoptée d'abord par les moines avant de gagner les prêtres au VIe siècle. À partir du VIIe siècle, plusieurs sortes de tonsures entrent en concurrence :
- la tonsure orientale, consistant à raser la tête tout entière, réputée fondée sur l'autorité de l'apôtre Paul ;
- la tonsure celtique, consistant à raser l'avant du crâne, d'oreille en oreille, réputée fondée sur l'autorité de l'apôtre Jean ;
- la tonsure romaine, consistant à raser seulement le haut du crâne, le reste des cheveux formant une couronne, réputée fondée sur l'autorité de l'apôtre Pierre.
La Règle de saint Benoît (VIe s.) mentionne la tonsure de manière accessoire, en parlant de ceux qui mentent à Dieu par leur tonsure (ch. 1, 7).
Au sein de l'Église catholique romaine, la tonsure romaine l'emporte sur les deux autres formes et reste en vigueur jusqu'en 1972, date à laquelle le motu proprio Ministeria quædam de Paul VI la rend facultative.
[modifier] Notes et références
- Marie-France Auzepy, Histoire du poil, Belin, 2011, 352 p. (ISBN 2701148219)