Marie-Anne Collot

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Portrait de Marie-Anne Collot par son mari
Statue équestre de Pierre Ier, dite « Le Cavalier de bronze », à Saint-Pétersbourg

Marie-Anne Collot est un sculpteur[1] français (Paris, 1748 - Nancy, ). Élève et bru d'Étienne Falconet, elle reste connue comme portraitiste, proche des cercles philosophiques et artistiques de Diderot et de Catherine II.

Biographie[modifier | modifier le code]

L’élève de Falconet[modifier | modifier le code]

Marie-Anne Collot entre dès l’âge de 15 ans, à Paris, comme modèle dans l'atelier du sculpteur Jean-Baptiste II Lemoyne[2] qui eut une influence déterminante sur sa carrière de portraitiste, puis dans celui d'Étienne Falconet, proche de Diderot ; elle devint l'élève et la fidèle amie du sculpteur. Son jeune frère, lui, devient apprenti chez le libraire Le Breton, qui fut à l’origine de l’Encyclopédie.

Les premières œuvres de Marie-Anne Collot sont des bustes de terre cuite des amis de Falconet : Diderot, l’acteur Préville en Sganarelle ou le prince Dimitri Alexeievich Galitzine, ambassadeur de Russie, dont beaucoup sont aujourd’hui perdus. L'identification des bustes de Grimm et Damilaville repose sur une erreur d'interprétation d'une lettre de Diderot: il s'agit en fait de deux bustes en terre cuite de Diderot, destinés l'un à Grimm, l'autre à Damilaville, ses amis[2]. Tout le monde reconnaît dès lors le talent de la jeune fille, son honnêteté et la vivacité de son esprit.

Le séjour en Russie (1766-1778)[modifier | modifier le code]

En octobre 1766, elle suit Falconet à Saint-Pétersbourg, où celui-ci est invité par Catherine II, en vue de la réalisation d’une statue équestre de Pierre Ier de Russie.

Elle fit donc des portraits de personnages de la cour de Russie : on ne tarit pas d’éloges devant le talent d’une femme sculpteur (on n’avait le souvenir d’aucune autre), de plus âgée de 18 ans ! En décembre de la même année, elle présente ses travaux devant l'Académie impériale des Beaux-Arts, où elle est élue le 20 janvier 1767.

La jeune femme dispose d’une confortable pension, pour elle, une fortune.

Des bustes de marbre[modifier | modifier le code]

Toujours à la demande de Catherine II, elle réalise le portrait de Falconet, aujourd’hui au musée des Beaux-Arts de Nancy, et aussi, en 1772, un buste magistral de Diderot à la vue duquel, dit-on, Falconet brisa celui qu’il avait fait lui-même du philosophe : il se trouve aujourd’hui au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Puis vinrent des bustes d’Henri IV, de Sully, de Voltaire, peut-être de d'Alembert (perdu ?) et plusieurs de l’Impératrice en personne, du Grand-Duc Paul et de la Grande-Duchesse Nathalie, ainsi que des médaillons en marbre de personnages historiques ou présents à la Cour: Pierre Ier, l'Impératrice Elizabeth et Lady Cathcart, épouse de l'ambassadeur d'Angleterre ; elle fera aussi un superbe buste de leur fille Mary. Le marbre, dit-on, vint à manquer à Pétersbourg !

La tête de Pierre le Grand[modifier | modifier le code]

Falconet confie à sa protégée si douée pour les portraits la tâche difficile de la réalisation de la tête de Pierre le Grand pour la statue équestre dite « le Cavalier de bronze », à Saint-Pétersbourg. Elle se documente alors très sérieusement et soumet un projet qui comble d’aise tout le monde.

Mariage et retour en France[modifier | modifier le code]

Elle épouse en 1777, à Saint-Pétersbourg, le peintre Pierre Etienne Falconet, fils du sculpteur. Une fille naît de cette union qui fut toutefois malheureuse et éphémère. Madame Falconet rentre en France en 1778, avec son bébé.

Séjour en Hollande[modifier | modifier le code]

En 1782, accueillie en Hollande par son amie la princesse Galitzine, elle exécute les bustes en marbre de Guillaume, prince d’Orange, et de son épouse, la princesse Wilhelmine de Prusse.

Une retraite prématurée[modifier | modifier le code]

Elle renonce alors définitivement à la sculpture, se consacrant désormais à l’éducation de sa fille et aux soins apportés à son beau-père et maître tombé gravement malade, jusqu’en 1791, où il mourut.

La Révolution bouleverse tout ce monde des artistes, des écrivains et des philosophes. Son maître, son mari, ses amis étant morts, Madame Falconet acheta en 1791 le domaine de Marimont (commune de Bourdonnay, Moselle), où elle se retira et mena une vie paisible. Elle y est enterrée[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Plusieurs bustes de Catherine II

  • (Situation à préciser)
  • au Musée Russe, à Saint-Pétersbourg
    • Portrait de Pierre le Grand
    • Médaillon du Comte Grégori Grégorievitch Orlov
  • au Palais de marbre, à Saint-Pétersbourg
    • Buste du Grand-Duc Paul
    • Buste de la Grande-Duchesse Natalia
  • au Musée des Beaux-Arts de Nancy
    • Portrait de Falconet[8]
    • Portrait de son fils Pierre-Etienne Falconet
    • Portrait de Marie Cathcart, fille de l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Saint-Pétersbourg (marbre)
  • collection Earl Cathcart, Sandridge, Grande-Bretagne
    • Médaillon en marbre de Lady Cathcart

Notes, références[modifier | modifier le code]

  1. La forme de féminin « sculptrice » est pratiquement inusitée dans la profession et dans la lexicologie de qualité : Définitions lexicographiques et étymologiques de « sculpteur » du TLFi, sur le site du CNRTL.
  2. a et b M. Becker, Marie-Anne Collot, L'art de la terre-cuite au féminin, L'Objet d'Art, juin 1998
  3. http://www.chapelle-marimont-bourdonnay.org/
  4. Photographies des bustes, Musée de l’Ermitage
  5. Autres photographies des bustes, Musée de l’Ermitage
  6. Photographie du buste de Catherine II, situation non précisée
  7. Photographies de bustes, Musée du Louvre
  8. Photographie du buste de Falconet, Musée des Beaux-Arts, Nancy
  9. (ex-coll. David Weill, Neuilly) Pas de photo.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources, bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Christiane Dellac, Document utilisé pour la rédaction de l’article Marie-Anne Collot : Une sculptrice française à la cour de Catherine II, 1748-1821, L’Harmattan, (2005) (ISBN 2747588335).
    Ce livre comprend une bibliographie et une liste des œuvres, ainsi qu’un portrait de l’artiste, en couverture.
  • Charles Cournault, Marie-Anne Collot (1869).
  • Charles Cournault, Catalogue du Musée de la ville de Nancy.
  • Louis Réau, Étienne-Maurice Falconet 1716-1791, Paris, Delmotte, 1922, t. II, chap. IV (L'œuvre de Marie-Anne Collot), p. 429-448
  • M.L. Becker, Marie-Anne Collot, L'art de la terre-cuite au féminin, L'Objet d'art, no 325, juin 1998.
    Mise au point convaincante sur les portraits dits "de Grimm et Damilaville", et un portrait de Collot peint par son mari Pierre-Étienne.
  • M.L. Becker, Marie Collot à Pétersbourg, La culture française et les archives russes, Centre International d'études du XVIIIe siècle, Ferney-Voltaire, 2004.
    En annexe, un catalogue provisoire des œuvres, avec mention de celles non localisées. Nombreuses photos.
  • M.L. Becker, Le buste de Diderot, de Collot à Houdon, L'Objet d'art, no 412, avril 2006
  • M. Sterckx, 'Collot, Marie-Anne', Digitaal Vrouwenlexicon van Nederland. URL: http://www.historici.nl/Onderzoek/Projecten/DVN/lemmata/data/MarieAnneCollot [2007]

Liens externes[modifier | modifier le code]