Bibliothécaire

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Bibliothécaire
Image illustrative de l'article Bibliothécaire
« Le Bibliothécaire » de Giuseppe Arcimboldo

Secteur d'activité Public, privé
Compétences requises Information
Technologie
Communication
Management
Autres savoirs
Professions voisines Archiviste, Documentaliste
Code ROME (France) K1601
Code CNP (Québec) 5111
Code CITP (International) 2622

Un bibliothécaire désigne d'une manière générale une personne à qui sont confiées des tâches de gestion des collections documentaires et d'aide aux usagers dans une bibliothèque, mais aussi des fonctions d'administration générale (gestion du personnel, informatique, finances, action culturelle).

Le mot est plus particulièrement employé, dans de nombreux pays, pour désigner des personnes assurant des fonctions d'encadrement et la gestion du savoir au sein des bibliothèques, même si l'on emploie aussi, dans certains pays, le terme de conservateur pour désigner tout ou partie d'entre eux.

Il existe encore des bibliothécaires bénévoles (en particulier pour des bibliothèques rurales ou de quartier) ; c'est parfois un héritage des bibliothèques populaires créées à partir du XIXe siècle. Toutefois, les bibliothécaires sont souvent des professionnels expressément formés pour ce métier. D'ailleurs, dans la plupart des pays occidentaux, il faut acquérir un diplôme universitaire de deuxième cycle (maîtrise) en bibliothéconomie et sciences de l'information afin d'accéder à la profession.

C'est pourquoi, dans la plupart des pays, on retrouve très peu, dans les bibliothèques, de personnes ayant le titre de bibliothécaire, et parfois même aucun. Les bibliothécaires y occupent souvent des fonctions de gestion au niveau des ressources humaines, financières et documentaires, et assurent la bonne marche en général de la bibliothèque, afin de répondre le plus adéquatement possible aux besoins d'information des usagers. On les retrouve également responsables du service de référence dans plusieurs institutions.

L'appellation générique de « bibliothécaire », recouvre, en France, un bon nombre de grades et de statuts qui ont des noms différents dans la fonction publique d'État, la fonction publique territoriale, le privé ainsi que des appellations courantes utilisées dans le passé comme de nos jours : il s'agit par exemple de « commis de bibliothèque », « assistant de bibliothèque », « bibliothécaire adjoint », « bibliothécaire associé », « magasinier », « adjoint du patrimoine » ou d'autres encore.

Du gardien des livres au professionnel de l’information[modifier | modifier le code]

Depuis une trentaine d’années, la profession de bibliothécaire a connu une révolution majeure à la mesure du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication. On pourrait même dire que la bibliothéconomie est un des domaines de l’activité humaine qui ont subi le plus de changements importants ces dernières années si l’on songe qu’on est passé du fichier cartonné aux bases de données en hypertexte en quelques décennies. Qui aurait pu prédire que la communauté universitaire aurait accès à une bibliothèque virtuelle dans le réseau Internet au cours des années 2000, alors qu’il y a peu de temps chaque département réclamait sa bibliothèque spécialisée ?

Aujourd'hui, un chercheur, peu importe l’endroit où il se trouve dans le monde, peut accéder à l’information spécialisée et scientifique en un clin d’œil. Il lui suffit d’avoir en sa possession un ordinateur et son mot de passe et de connaître un tant soit peu la méthodologie de recherche de l’information. De plus, cette information est à la fois textuelle, audiovisuelle et numérique. Toutefois, l'information scientifique la plus pertinente lui est fournie par l'intermédiaire des bibliothèques universitaires et de recherches, qui prennent pour ce faire des abonnements.

Cette évolution a demandé aux membres de la profession une importante capacité d’adaptation, puisque les transformations sur les plans organisationnel, informationnel et technologique se sont bousculées à un rythme soutenu jusqu’à ce jour. On peut imaginer que, d’ici quelques années, un grand nombre de bases de données auront été regroupées et seront interrogeables au moyen de la voix humaine. Le bibliothécaire sera toujours quelque part devant ou derrière l’ordinateur, puisqu’il contribue et continuera toujours de contribuer à l’organisation de l’information de ces bases de données spécialisées. Néanmoins, la machine, comme l’être humain, doit procéder à des opérations booléennes pour découvrir une information significative et relativement complète sur un sujet précis. Se contenter d’une recherche partielle qui fournira une information incomplète comporte des risques et des coûts. Ce n’est certainement pas là une démarche scientifique et n'est pas satisfaisant pour les chercheurs.

Dans ces conditions, certains pensent qu’il faut changer le titre de la profession — dont l’étymologie première provient du grec biblion (livre) et de thêkê (lieu de dépôt), soit gardien du dépôt des livres — pour «professionnel des sciences de l’information» ou quelque chose de semblable, afin de tenir compte des évolutions récentes du métier. C’est ainsi, par exemple, que l’Association des documentalistes et bibliothécaires spécialisés (ADBS) est devenue l’Association des professionnels de l’information, sans pour autant changer de sigle, ou que l'École nationale supérieure des bibliothèques est devenue en 1991 l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques. Savoir si le risque que cela peut entraîner de privilégier la technique aux dépens de la réflexion dans les métiers de bibliothécaire est une chance ou un danger fait l'objet de débats.

Le personnel des bibliothèques en France[modifier | modifier le code]

Agents publics[modifier | modifier le code]

Le personnel des bibliothèques est en grande partie constitué de fonctionnaires et d'agents contractuels de droit public. Selon l'Inspection générale des bibliothèques, la filière regroupait 54 701 titulaires en 2012 : 33 640 d'entre eux étaient issus de la fonction publique territoriale ; 13 400 certifiés de documentation et enseignants documentalistes ; 6 157 personnes rattachées à la fonction publique d'état[1].

Le personnel de la Bibliothèque nationale de France, de la Bibliothèque publique d'information, des bibliothèques d’enseignement supérieur, et des autres bibliothèques des administrations d'État relève généralement de la fonction publique d'État (FPE).

Celui des bibliothèques municipales ou intercommunales et des bibliothèques départementales de prêt relève de la fonction publique territoriale (FPT).

Celui de la Ville de Paris relève d'un statut spécifique.

Toutefois, en conséquence d'un processus de nationalisation lancé dans les années 1930, qui concernait les bibliothèques provinciales nées des confiscations révolutionnaires, des conservateurs des bibliothèques relevant de la fonction publique d'État et rémunérés par lui exercent dans les bibliothèques municipales classées, principe réaffirmé en dernier lieu par l'article 1er de la loi no 90-1067 du 28 novembre 1990[2].

Les corps (FPE) ou cadres d'emplois (FPT) sont les suivants :

Catégories Corps (fonction publique d'État) Cadres d'emplois (fonction publique territoriale)
A

(encadrement, conception, expertise)
Conservateurs généraux des bibliothèques
pas de cadre d'emplois correspondant[3]
Conservateurs des bibliothèques
Conservateurs des bibliothèques
Bibliothécaires
Bibliothécaires
B

(tâches techniques)
Bibliothécaires assistants spécialisés
Assistants de conservation du patrimoine et des bibliothèques
C

(tâches d'exécution)
Magasiniers des bibliothèques
Adjoints du patrimoine

Des conservateurs de bibliothèque occupent d'autres postes, comme ceux de conseiller Livre et Lecture dans les Directions régionales des affaires culturelles, Directeur régional des affaires culturelles, etc.

À ces corps s'ajoutent ceux des personnels ingénieurs et techniques de recherche et de formation de la filière ITRF qui sont représentés dans les bibliothèques des établissements d'enseignement supérieur, des établissements publics de recherche ou d'enseignement supérieur et de recherche, des grands établissements, des établissements sous tutelle des ministères de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur et de la recherche (CNDP, CNED, ONISEP, CEREQ) et des rectorats d'académie. Ces personnels sont principalement représentés dans les bibliothèques des écoles d'ingénieurs et des établissements sous tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Le projet de loi de finance de 2009 avait, par ailleurs, prévu l'intégration des personnels de la filière bibliothèque de catégorie B et C (assistants des bibliothèques et magasiniers des bibliothèques) aux corps de la filière ITRF des catégories équivalentes[4]. Le retrait de ce projet d'intégration n'a pu être qu'en raison de la forte mobilisation des personnels de la filière bibliothèque[5]. Cependant, le mouvement de modernisation de la fonction publique, qui prône la réduction du nombre de corps de fonctionnaires, laisse supposer que l'existence d'une filière métier indépendante uniquement dédiée à la documentation sera, à plus ou moins court terme, mise en cause. Déjà le décret sur le statut des enseignants-chercheurs de 1984 prévoit explicitement que les enseignants-chercheurs - professeurs des universités et maîtres de conférences- peuvent être chargés de conserver et enrichir les collections et être chargés de questions documentaires[6]. Mais le décret no 2009-460 du 23 avril 2009, en supprimant les mots « dans son unité, son école ou son institut », fait craindre aux bibliothécaires comme aux enseignants-chercheurs que ces derniers puissent désormais être nommés par le président de l'Université, dans le cadre des pouvoirs élargis que lui a donné la loi LRU, sur des postes de cadre A des bibliothèques à temps plein au sein des bibliothèques dépendant de l'Université. Outre des modalités de recrutement qui divergent, notamment par les concours uniques, les corps de catégorie A d'ingénieurs d'études et d'ingénieurs de recherche de la filière ITRF ont la particularité d'assumer un niveau de responsabilité supérieur aux corps de la filière bibliothèque à corps équivalents. Ceci s'explique certainement par le fait que les bibliothèques dans lesquelles les personnels de la filière ITRF exercent sont celles d'établissements de taille moyenne.

Du personnel administratif et technique travaille également dans les bibliothèques. Les postes les moins qualifiés sont souvent occupés par des agents provenant d'autres filières, principalement de la filière ASU pour les établissements relevant de l'Enseignement supérieur. Dans les bibliothèques territoriales, les filières administrative et technique sont très représentées.

Les centres de documentation et d’information de l’enseignement secondaire sont tenus par des professeurs documentalistes et des professeurs documentalistes de l'enseignement agricole. Les BCD (bibliothèques centres documentaires) de l'enseignement primaire ne disposent pas de personnel statutaire (selon les cas un emploi-jeune, un assistant d'éducation, un enseignant, des bénévoles ou un employé municipal peut en assumer la gestion).

Les plus petites bibliothèques publiques, ainsi que la majorité des bibliothèques du tiers réseau sont souvent tenues par des bénévoles.

Le personnel des bibliothèques françaises est majoritairement féminin. Pour les fonctionnaires de l'État, le taux de féminisation dépasse les deux tiers avec 68 %[7].

Le personnel des bibliothèques au Québec[modifier | modifier le code]

Une bibliothèque comporte généralement les 3 types d'emplois suivants:

Catégories Formation Exemple de tâches
Commis Secondaire 5 Classement des volumes, prêts, réception des périodiques etc
Technicien en documentation Secondaire 5 + 3 ans de collège spécialité (CEGEP) Commandes des volumes, descriptions des documents, référence aux usagers parfois etc
Bibliothécaire Secondaire 5 + 2 ans de collège + 5 ans d'université (Baccalauréat dans une discipline aux choix + maitrise en Sciences de l'information) Gestion de la bibliothèque, choix des achats, référence aux usagers, maintien des catalogues etc

Quelques bibliothécaires célèbres[modifier | modifier le code]

Personnages célèbres en tant que bibliothécaires[modifier | modifier le code]

Autres bibliothécaires connus

Personnages célèbres ayant été bibliothécaires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les bibliothèques publiques face à leur avenir, Bruno Texier, archimag, n°265, juin 2013, page 4.
  2. Texte de la loi du 28 novembre 1990
  3. À l'exception de la Ville de Paris
  4. Projet de loi de finance pour 2009, mission « Recherche et enseignement supérieur », p. 70.
  5. Actualités sur le site du SGEN-CFDT.
  6. Décret du 6 juin 1984, version consolidée
  7. Inspection générale des bibliothèques, La filière Bibliothèques de la fonction publique d'État : situation et perspectives, juin 2008, p. 10 (Le rapport).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Association des bibliothécaires de France et Yves Alix (dir.), Le métier de bibliothécaire, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie,‎ 2010, 12e éd., 565 p. (ISBN 978-2-7654-0977-9)
  • Bertrand Calenge (dir.), Bibliothécaire, quel métier ?, Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, coll. « Bibliothèques »,‎ 2004, 24 cm x 17 cm, 314 p. (ISBN 2-7654-0890-4)
  • Michel Melot, La sagesse du bibliothécaire, Paris, l’Œil neuf éditions,‎ 2004, 20 cm, 109 p. (ISBN 2-915543-03-8)
  • Claudine Belayche, Emplois publics des bibliothèques : concours et formation, Paris, coll. « Médiathèmes » (no 1),‎ 2005, 11e éd., 24 cm, 64 p. (ISBN 2-900177-26-X)
  • Guylaine Beaudry, Profession, bibliothécaire, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, coll. « Profession »,‎ 2012, 68 p. (ISBN 978-2-7606-3117-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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