Georg Lukács

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Georg Lukács

Philosophe Occidental

Époque moderne

Description de l'image  Lukács György.jpg.
Naissance 13 avril 1885
Budapest (Autriche-Hongrie)
Décès 4 juin 1971 (à 86 ans)
Budapest[1]
Nationalité Drapeau de la Hongrie Hongrie
École/tradition Marxisme
Principaux intérêts sociologie, histoire de la littérature, psychologie
Idées remarquables théorie de la réification
Œuvres principales Le Roman historique (1937) - L’Âme et les formes (posth. 1971-1973)
Influencé par Karl Marx
A influencé Lucien Goldmann, István Mészáros, Guy Debord

Georg Lukács ou György Lukács, né György Löwinger le 13 avril 1885 et mort le 4 juin 1971, est un philosophe marxiste et sociologue de la littérature hongroise, hongrois d'expression allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

György Lukács naît dans une famille de la bourgeoisie juive de Budapest. Il fait des études de philosophie à l'université Humboldt de Berlin et obtient son doctorat ès lettres en 1906. Il devient l'assistant de Max Weber.

En 1917, il adhère au marxisme et entre par la suite au Parti communiste de Hongrie. Il participe à la République des conseils de Hongrie de 1919 (dirigée par Béla Kun, dont il est commissaire à l'Instruction). Avec Tibor Szamuely, Lukács devint l'idéologue et l'exécuteur de la terreur rouge.

Après l'échec de ce soulèvement, il s'exile en Autriche, puis à Berlin, et enfin à Moscou à partir de 1933. Il revient en Hongrie en 1945, et devient député et professeur de philosophie.

Il est ministre de la Culture dans le gouvernement d'Imre Nagy en 1956. Après la répression de l'Insurrection de Budapest, il est exilé en Roumanie, mais peut revenir en Hongrie en 1957. Il se consacre alors aux questions d'esthétique et de théorie littéraire.

Travaux[modifier | modifier le code]

Lukács est le précurseur des études sociologiques sur la littérature romanesque. Il a su adopter une perspective qui replace l'œuvre d'art dans son contexte social et historique qu'il s'efforce de reconstituer et d'analyser. Il fut également un farouche défenseur du réalisme en littérature, répudiant notamment le modernisme incarné par des auteurs tels que Kafka, Joyce ou Beckett. Cette partie de son œuvre trouve des prolongements dans celle du sociologue Wolf Lepenies.

Il a été lauréat du Goethe-Preis décerné par la ville de Francfort-sur-le-Main en 1970.

Histoire et Conscience de classe[modifier | modifier le code]

Il s'est rendu célèbre par son œuvre majeure : Histoire et conscience de classe (Berlin, 1923, première traduction française en 1960), qui fait un concept historique de la théorie de la réification (appelée « fétichisme de la marchandise » dans Le Capital de Marx). Il a inspiré un certain nombre d'intellectuels marxistes du XXe siècle tels que Guy Debord ou Lucien Goldmann. Ce dernier a même avancé que le célèbre essai de Martin Heidegger, Être et Temps, est à comprendre en partie comme une réponse à l'ouvrage de Lukács.

Pour Lukács, l'« idéologie » est en réalité une projection de la conscience de classe de la bourgeoisie, qui fonctionne pour empêcher le prolétariat d'atteindre une conscience réelle de sa position sur le plan politique, et révolutionnaire. L'idéologie détermine la forme d'« objectivité », ainsi que la structure de la connaissance elle-même. La vraie science doit atteindre, selon Lukács, la « totalité concrète » à travers laquelle seulement il est possible de penser à la forme actuelle de l'objectivité comme une période historique. Ainsi, les lois dites « éternelles » de l'économie sont rejetées comme l'illusion idéologique projetée par la forme actuelle de l'objectivité (Quel est le marxisme orthodoxe ?, § 3). Il écrit aussi : « C'est seulement lorsque le noyau de l'être s'est montré lui-même comme devenir social que l'être lui-même peut apparaître comme un produit, à ce jour inconscient, de l'activité humaine et cette activité, à son tour, comme l'élément décisif de la transformation de l'être. » (Quel est le marxisme orthodoxe ?, § 5) Enfin, le « marxisme orthodoxe » n'est pas défini comme l'interprétation capitale comme si c'était la Bible ou l'embrassement de certaines « thèses marxistes », mais comme une fidélité à la « méthode marxiste », la dialectique.

Œuvres en langue allemande[modifier | modifier le code]

  • Die Seele und die Formen. Essays. Egon Fleischel, Berlin 1911 (Luchterhand, Neuwied 1971)
  • Theorie des Romans (1916)
  • Geschichte und Klassenbewußtsein (1923)
  • Goethe und seine Zeit (1947)
  • Der junge Hegel - Über die Beziehungen von Dialektik und Ökonomie (1948)
  • Deutsche Literatur im Zeitalter des Imperialismus (1950)
  • Existentialismus oder Marxismus (1951)
  • Deutsche Realisten des 19. Jahrhunderts (1951)
  • Wider den missvertandenen Realismus, puis Die Gegenwartsbedeutung des kritischen Realismus
  • Balzac und der französische Realismus (1952)
  • Der russische Realismus in der Weltliteratur (1953)
  • Die Zerstörung der Vernunft, Berlin, 1954.
  • Der historische Roman, Berlin, 1956.
  • Der russische Realismus in der Weltliteratur (1964)
  • Ontologie - Marx. Zur Ontologie des gesellschaftlichen Seins. Die Ontologischen Grundprinzipien bei Marx (1972) (Ein Kapitel aus der Ontologie des gesellschaftlichen Seins, s.u.)
  • Ästhetik. in Vier Teilen (1972-76)
  • Gelebtes Denken. Eine Autobiographie im Dialog, hg. von István Eörsi (1980, dt. 1981)
  • Zur Ontologie des gesellschaftlichen Seins (in: Werke Bd. 14, 1984)

Œuvres en langue française[modifier | modifier le code]

  • Brève histoire de la littérature allemande (Nagel, 1949)
  • Existentialisme ou Marxisme ? (Nagel, 1948) (rééd : 1961)
  • Goethe et son époque (Nagel, 1951)
  • La signification présente du réalisme critique (Gallimard, 1960)
  • Histoire et conscience de classe, traduit de l’allemand par Kostas Axelos et Jacqueline Bois, Paris, Minuit, 1960.
  • Lénine (EDI, 1965)
  • Le Roman historique (Payot, 1965 ; Payot & Rivages, 2000)
  • Balzac et le réalisme français (Maspero, 1967)
  • Thomas Mann (Maspero, 1967)
  • La Théorie du roman (1920 ; Denoël, 1968 ; Gallimard, 1989)
  • Soljénitsyne (1970)
  • L'Âme et les Formes (traduction, notes introductives et postface de Guy Haarscher), Paris, collection : bibliothèque de philosophie (Gallimard, 1974)
  • Écrits de Moscou (Ed. Sociales, 1974)
  • Marx et Engels historiens de la littérature (L'Arche, 1975)
  • Problèmes du réalisme (L'Arche, 1975)
  • Littérature, philosophie, marxisme, 1922-1923 (1978)
  • Correspondance de jeunesse, 1908-1917 (1981)
  • La Destruction de la raison : Nietzsche (L'Arche, 1958, Delga, 2006)
  • Le Jeune Hegel : sur les rapports de la dialectique et de l'économie (Gallimard, 1981)
  • Philosophie de l'art : 1912-1914, premiers écrits sur l'esthétique (1981)
  • Textes (1985)
  • Pensée vécue, mémoires parlées (L'Arche, 1986)
  • Socialisme et Démocratisation (1989)
  • Dialectique et Spontanéité (Ed. de la Passion, 2001)
  • Le Jeune Marx, son évolution philosophique de 1840 à 1844 (Ed. de la Passion, 2002)
  • Journal, 1910-1911 (Payot, 2006)
  • Prolégomènes à l'ontologie de l'être social (Delga, 2009)
  • La Destruction de la raison - Schelling, Schopenhauer, Kierkegaard (Delga, 2010)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Le Jeune Lukács / Rainer Rochlitz / Paris : Payot - 1983

Annexes[modifier | modifier le code]

Note[modifier | modifier le code]

  1. D'après le site des Éditions de Minuit (consulté le 13 mai 2013).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]