Église Saint-Séverin

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Église Saint-Séverin
Image illustrative de l'article Église Saint-Séverin
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Paris
Début de la construction XIIIe siècle
Fin des travaux XVe siècle
Style dominant Gothique flamboyant
Protection Monument historique (1862)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Commune Paris
Coordonnées 48° 51′ 07″ N 2° 20′ 44″ E / 48.852077, 2.34565 ()48° 51′ 07″ Nord 2° 20′ 44″ Est / 48.852077, 2.34565 ()  

L'église Saint-Séverin est une église du Quartier latin de Paris, située rue des Prêtres-Saint-Séverin dans le quartier de la Sorbonne dans le 5e arrondissement de Paris.

L'ensemble formé par l'église, la « maison paroissiale - presbytère », le square André-Lefèbvre et le cloître est délimité par la rue des Prêtres-Saint-Séverin, la rue de la Parcheminerie, la rue Saint-Jacques et la rue Saint-Séverin.

Elle est de facto l'unique l'église paroissiale de la paroisse Saint-Séverin-Saint-Nicolas (les deux paroisses ayant été fusionnées en 1968). En effet, depuis 1977, l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet est occupée par des fidèles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • VIe siècle : Un ermite, Séverin (saint Séverin de Paris, à qui l’église est dédiée), a l'habitude de prier dans un petit oratoire rudimentaire. Après sa mort, une basilique est érigée sur les lieux.
  • XIe siècle : Détruite par les Vikings, l'église est reconstruite au XIIIe siècle pour le clocher et les trois premières travées de la nef et de la seconde moitié du XVe siècle pour le reste.
  • 1412 : Fonte d’une des cloches ; c’est aujourd’hui la plus ancienne de Paris et porte le nom de Macée.
  • 1448 : L'église est partiellement détruite par un incendie. Architecture gothique, par exemple les remarquables gargouilles de la façade extérieure.
  • 1487 : Achèvement du couronnement de la tour.
  • 1489-1495 : Construction du chevet.
  • 1498-1520 : Réalisation des chapelles latérales de la nef.
  • 1655 : Isaac Coustin, chevalier de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, fils de Jean Coustin, écuyer, seigneur du Masnadaud, Maschalard et Fougeras et de Françoise de Jussac y est enterré[1].
  • 1681-1684 : Jean-Baptiste Tuby réalise un décor de marbre du chœur sur un dessin de Charles Le Brun, travaux financés par des dons de la duchesse Anne-Marie-Louise d'Orléans, dite la Grande Mademoiselle, cousine de Louis XIV.
  • 1745 : Buffet d'orgue
  • 1763 : Jules Hardouin-Mansart supprime trois travées du charnier pour élever, sur le côté droit de l'église, la chapelle de la Communion, de forme ovale.
  • XVIIIe siècle: Percement du triforium pour donner plus de clarté.
  • 1837 : Remontage sur la façade du portail de l'église Saint-Pierre-aux-Bœufs datant du XIIIe siècle (église détruite pour la réalisation de la rue d'Arcole).
  • 1845 : L'architecte Jean-Baptiste-Antoine Lassus confia au ferronnier d'art Pierre Boulanger la réalisation des pentures en fer forgé du portail Saint-Martin et de la porte latérale droite donnant accès au jardin de l'ancien cimetière[2].
  • 1966 : Commande du Père Ponsar, curé de l'église, de vitraux à Jean Bazaine
  • 1970 : Pose des vitraux non figuratifs réalisés par Jean Bazaine.

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Vue générale de l'église depuis la rue Saint-Jacques

L'intérieur de l'église contient des vitraux gothiques, notamment un arbre de Jessé[3], des vitraux du XIXe siècle, et un ensemble de plusieurs fenêtres modernes par Jean Bazaine le long du déambulatoire, inspirées par les sept sacrements. Le déambulatoire présente également dix doubles travées de piliers originaux en forme de palmier, dont un avec une colonne torsadée.

L'intérêt architectural de l'église réside également dans son charnier, ancien cimetière paroissial.

La nef[modifier | modifier le code]

Nef coté nord et vitraux du XIXe siècle.

La nef haute de 17 m, de style flamboyant est ornée de vitraux du XIXe siècle. Comptant 8 travées, elle a la forme d'un parallélogramme terminé par une abside demi-circulaire. Elle n'a pas de transept. Elle a, comme celle de Notre-Dame de Paris, des collatéraux doublés, c'est-à-dire cinq nefs en largeur, environnées d'un centre de chapelles, disposition qui donne une grandeur étonnante à tout l'édifice.

Les vitraux[modifier | modifier le code]

Cet édifice religieux renferme une collection de vitraux, étagée sur sept siècles

Vitraux gothiques[modifier | modifier le code]

Ils sont de la seconde partie du XVe siècle. Dans la Rosace de la façade Ouest, figure L'Arbre de Jessé qui est un vitrail de 1482, en grande partie dissimulé par le buffet d'orgue, depuis le XVIIIe siècle. Sous les voûtes du chœur, les trois baies de la partie centrale utilisent sûrement des vitraux du premier chevet gothique de 1450 représentant de gauche à droite: Saint-Jean-Baptiste, Saint-Michel, La Vierge et l'Enfant, Le Christ portant le Monde , Saint-Jean l'Evangéliste, Saint-Martin. Du XVe siècle, également les baies hautes de la nef : Saint-Séverin, patron de l'église avec le couple de donateur, représenté en bas du vitrail.

Les vitraux gothiques de la façade Nord sont : L'Ascension sur la gauche Saint-Pierre avec sa clef et à droite Saint-Jean Baptiste avec l'Agneau. Des donateurs regardent. La Trinité avec au centre Dieu représenté comme un roi et devant lui le Christ en Croix avec entre eux la colombe du Saint-Esprit. Sur les côtés deux vitraux représentant des anges portant des cierges dit anges cérofairaires.

Au fond de l'église,; trois paires de baies à deux lancettes représentent des saints et datent de 1378-1378. Elles étaient destinées à la Chapelle du collège de Beauvais et furent restaurées de façon très importante en 1856-1857

Vitraux du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les vitraux des fenêtres du rez-de-chaussée, ainsi que ceux des ouvertures Nord et Est furent installés à partir de 1848. Sauf un, ces verrières sont le fruit des dessins d'Émile Hirsch. Les commandes furent passées par le curé, ou la Ville de Paris, grâce à la générosité des donateurs

  • A l'étage intermédiaire: galerie des saints du triforium
  • Chœur : Mystères de la Vie du Christ
  • Dans les Chapelles Saint-Vincent-de-Paul et Saint-François de Sales (Nord): Histoire du quartier et de l'église ou des désirs des donateurs; Charles Garnier et son épouse introduits dans la scène du Christ bénissant les enfants , façade occidentale.

Vitraux du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le révérend-père: Alain Ponsar, curé du lieu, passa commande en 1966 à Jean Bazaine pour réaliser une série de 8 vitraux qui seront mis en place en 1970, remplaçant ceux du XIXe siècle dans les fenêtres gothiques du déambulatoire Est.

Non figuratives, ces verrières évoquent les sept sacrements de l'Église. Les deux baies centrales à dominante bleue sont dédiées au baptême.

Les grandes orgues[modifier | modifier le code]

Orgue construit par Alfred Kern de Strasbourg, inauguré par son titulaire Michel Chapuis en 1963. François Espinasse en est l'actuel titulaire. Il comporte:

  • 4 claviers manuels et pédalier,
  • 59 jeux,
  • traction mécanique des claviers et de jeux.

Le buffet de 1745 est classé monument historique depuis 1905[4].

Galerie[modifier | modifier le code]

Représentation picturale[modifier | modifier le code]

Maurice Utrillo l'a peinte en 1910 (huile sur carton, collection Yagi).

Anecdotes[modifier | modifier le code]

François Mitterrand et Danielle Gouze se marièrent dans cette église le 28 octobre 1944.

Le film La Marque des anges a été tourné en partie dans cette église.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laure Beaumont-Maillet, Saint-Séverin, une église, une paroisse, collection Patrimoine, Lacurne, 2010 ; (ISBN 2356030042)
  • William-Jean de Vandière (curé), Colette Marsan, Gérard Guillier et les paroissiens, Sept siècles de vitraux à l'église Saint-Séverin, 22 pages (d'après le CD Vitraux de Saint-Séverin de Jacques Klossa).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges - Tome 1 - par Joseph Nadaud p. 451
  2. Jean-Baptiste Lassus 1807-1857 ou le temps retrouvé des cathédrales, Librairie Droz Lire en ligne
  3. Les vitraux de Saint-Séverin
  4. « Buffet d'orgue », base Palissy, ministère français de la Culture