Sublime

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Le Voyageur contemplant une mer de nuages (1817) de Caspar David Friedrich, Kunsthalle Hamburg.
L'artiste romantique du XIXe siècle utilise la grandeur de la nature comme une expression du Sublime.

Sublime (latin : sublimis, « qui va en s'élevant » ou « qui se tient en l'air »[1]) désigne dans le langage quotidien une chose grandiose et impressionnante (renversante), qui ne peut néanmoins être perçue ou comprise qu'avec une sensibilité très fine.

Comme concept esthétique, le sublime désigne une qualité d'extrême amplitude ou force, qui transcende le beau. Le sublime est lié au sentiment d'inaccessibilité (vers l'incommensurable). Comme tel, le sublime déclenche un étonnement, inspiré par la crainte ou le respect.

Esthétique du sublime[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Joseph Addison et Edmund Burke.

Le concept d'esthétique du sublime apparaît en particulier en Angleterre, avec le développement du Grand Tour, où les splendeurs immenses de la Nature que contemplent les voyageurs les amènent à décrire leur sensation en faisant appel au sens du sublime.

C'est en particulier le cas de Joseph Addison, qui part effectuer son Grand Tour en 1699, et écrit dans ses Remarks on Several Parts of Italy etc. que « les Alpes remplissent l'esprit d'un plaisant sentiment d'horreur[2]. »

La signification du concept du sublime d'Addison est que les trois plaisirs de l'imagination qu'il a identifiés, le grandeur, la singularité et la beauté, proviennent d'objets visibles (c'est-à-dire de la vue, plutôt que de la rhétorique). Il est également à noter qu'en écrivant sur le « sublime dans la Nature du dehors », il n'a pas recours au terme « sublime », mais à des termes qui peuvent être compris comme des superlatifs absolus, tels que « sans bornes », « sans limites », ou encore « vaste », « grandeur », voire à l'occasion des termes dénotant l'excès[3].

Pour Addison, la grandeur, le grandiose, fait partie intégrante du concept de « sublime ». Un objet d'art peut être beau sans atteindre à la grandeur. L'œuvre d'Addison Pleasures of the Imagination peut, aux côtés du Pleasures of the Imagination (1794) de Mark Akenside et des Night Thoughts d'Edward Young, être considérée comme le point de départ de l'analyse du sublime développée par Edmund Burke.

Edmund Burke puis Kant estiment que la beauté n’est pas l’unique valeur esthétique. On peut lier leur réflexion à l'essor du préromantisme à partir du milieu du XVIIIe siècle. Devant une tempête déchaînée ou une symphonie de Beethoven, c’est le sentiment du sublime, plus que du beau, qui dominerait. Né de la volonté d’exprimer l’inexprimable, le goût du sublime détrône celui du beau.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Bibliographie en esthétique.
Sources anciennes
Synthèses récentes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Baldine Saint Girons, sublime (subst.), sublime(adj.), dans Vocabulaire européen des philosophies : dictionnaire des intraduisibles, dir. Barbara Cassin, Seuil, 2004 (ISBN 2-02-030730-8). Voir aussi Sublime dans la base du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  2. Joseph Addison, Remarks on Several Parts of Italy etc. in the years 1701, 1702, 1703, édition de 1773 edition, imprimée pour T. Walker. Chapitre sur « Geneva and the Lake », p. 261
  3. Marjorie Hope Nicolson, « Sublime in External Nature », Dictionary of the History of Ideas, New-York, 1974