Pascal Salin

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Pascal Salin

Naissance
Paris (France)
Nationalité Française
Champs Économie
Institutions Université de Paris Dauphine
Diplôme Faculté de droit de Bordeaux ; Institut d'études politiques de Paris
Renommé pour Théorie monétaire et bancaire, théorie fiscale et finances publiques

Pascal Salin est un économiste et un intellectuel français, professeur émérite à l'Université de Paris IX Dauphine, spécialiste de la théorie monétaire et de la finance publique et ancien président de la Société du Mont-Pèlerin (1994-1996).

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études à la faculté de droit de Bordeaux, il effectue un cursus en économie à Paris et étudie à l'Institut d'études politiques de Paris. Il obtient un doctorat en économie ainsi qu'une licence de sociologie. Il passe parallèlement l'agrégation d'économie. Il commence par être assistant universitaire à Paris entre 1961 à 1966, alors qu'il n'a que 22 ans. Puis il devient maitre de conférences à l'université de Poitiers et Nantes. En 1970, il est nommé professeur d'université à l'Université de Paris Dauphine où il restera jusqu’à sa retraite en 2009. Il est le cofondateur et ancien directeur du Centre de Recherche en Théorie Economique Jean-Baptiste Say[1]. Il a travaillé aussi comme consultant, notamment, pour le service d’études du Fonds monétaire international, le gouvernement du Niger, l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, et le Harvard Institute for International Development.

Chevalier de la Légion d'honneur, il est également chevalier des Arts et des Lettres et officiers des Palmes académiques. Il a reçu le Prix renaissance de l'économie en 1986[2].

Travaux[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960 et 1970, ses recherches sont influencées par les travaux de Milton Friedman sur le monétarisme, ceux de Jacques Rueff sur l'ordre monétaire mondial[3], ainsi que ceux de Harry Johnson et son approche monétaire de la balance des paiements. Salin est également influencé par les travaux du Prix Nobel Robert Mundell sur les zones monétaires optimales. Pascal Salin et son collègue Emil-Maria Claassen contribuent beaucoup à la recherche européenne sur ces sujets (voir bibliographie).

Salin s’intéresse ensuite à la théorie économique développée par l’école autrichienne, notamment à travers les travaux de Friedrich Hayek, mais aussi ceux de Ludwig von Mises, Murray Rothbard ou encore Israel Kirzner. Contrairement à d’autres économistes autrichiens tels que Murray Rothbard, il s’oppose au système bancaire libre basé sur un ratio de 100 % de réserves[4]. Il est en faveur, comme l’est aussi George Selgin, de la banque libre à réserves fractionnaires. Comme tous les économistes autrichiens, il voit le keynésianisme comme une aberration dans l’histoire de la pensée économique[5].

Pendant plusieurs années Salin a enseigné l’un des cours majeurs en économie – théorie des systèmes monétaires – à l’Université de Paris Dauphine.

Prises de positions et médias[modifier | modifier le code]

Salin est un économiste et un intellectuel de tendance libérale, voire libertarienne. Par exemple, il a pris position en faveur du projet de directive sur la libéralisation des services dans l'Union européenne (directive Bolkestein). À propos de l'impôt il déclare : « Prélevé en fonction d'une norme décidée par les détenteurs du pouvoir étatique, sans respect de la personnalité de chacun, l'impôt pénalise la prise de risque et est foncièrement esclavagiste, allant à l'encontre de son but recherché, bafouant les droits fondamentaux de l'être humain et la propriété de l'individu ». Il voit le chômage comme le résultat de l'intervention de l'État sur le marché du travail et l'atteinte à la liberté des contrats[6]. Il préconise d’autre part, comme la plupart des libéraux, la diminution ou même la suppression du SMIC en France[7].

Il écrit fréquemment dans Les Échos[8] et Le Figaro[9] ainsi que d’autres journaux français comme Le Monde[10] ou encore des journaux étrangers comme le Wall Street Journal Europe[11].

Bibliographie partielle[modifier | modifier le code]

  • Libérons-nous, Les Belles Lettres, 2013 (ISBN 978-2-251-6002-4)
  • Revenir au capitalisme : Pour éviter les crises, Odile Jacob, 2010, (ISBN 978-2738124814)
  • Pourquoi la capitalisation pour la France dans José Piñera, Le Taureau par les Cornes. Comment résoudre la crise des retraites, Institut Charles Coquelin, Paris, 2008, pp.116-124
  • Français, n'ayez pas peur du libéralisme, Odile Jacob, 2007, (ISBN 978-2738119629)
  • Libre-échange, PUF, Que sais-je ?, nº 3636, 2002.
  • Libéralisme, Odile Jacob, 2000 (ISBN 978-2738108098)
  • L'Arbitraire fiscal — ou comment sortir de la crise, Slatkine, 1996
  • La concurrence, Que sais je?, 1995 (ISBN 978-2130466772)
  • Libre-échange et protectionnisme, PUF, Que sais-je ?, nº 1032, 1991 (ISBN 978-2130440079)
  • Présence de Jacques Rueff, Omnibus Plon, 1991 (en collaboration avec François Bourricaud) (ISBN 978-2259020770)
  • Macroéconomie, PUF, 1991 (ISBN 978-2130435303)
  • La vérité sur la monnaie, Odile Jacob, 1990 (ISBN 978-2738100986)
  • L'arbitraire fiscal, Robert Laffont, 1989 (ISBN 978-2221048450)
  • L'ordre monétaire mondial, PUF, 1982 (ISBN 978-2130373810)
  • L'unité monétaire au profit de qui ?, Economica, Paris, 1980 (avec une préface en anglais de Friedrich von Hayek)
  • « Inflation in France » dans L.B. Krause et W.S Salant (eds.), Worldwide Inflation Theory and Recent Experience, The Brookings Institution, Washington D.C., 1977, pp. 545-87 (en collaboration avec Georges Lane).
  • Optica Report 1976 : Inflation and Exchange Rates Evidence and Policy Guidelines for the European Community, Commission of European Communities, 10 février 1977 (comme membre du Groupe Optica).
  • Le Franc contre l'expansion, Cujas, Paris, 1969 (en collaboration avec Marc Giboin et Jean-Dominique Lafay).
  • Une contribution à la théorie du revenu permanent, Presses universitaires de France, Paris, 1965 (en collaboration).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Présentation du centre Jean-Baptiste Say.
  2. Le Prix renaissance de l'économie est attribué par le Cercle Renaissance.
  3. Voir le livre de François Bourricaud et Pascal Salin : Présence de Jacques Rueff, aux éditions Omnibus, 1991.
  4. Voir par exemple son article « Free Banking and Fractional Reserves: A Comment », Quarterly Journal of Austrian Economics, Fall, vol 1, nº 3, pp. 61-65].
  5. Il a déclaré dans le Québécois Libre que « La théorie keynésienne représente une aberration dans l'histoire des idées économiques. Elle repose en effet sur une approche directement en termes collectifs (par définition de variables macroéconomiques) en ignorant le caractère rationnel et volontaire de l'action humane. »
  6. Voir son rapport dissident pour la commission sur l'emploi: Les obstacles à l'emploi.
  7. Citation sur RMC.
  8. Voir par exemple son article sur la TVA sociale.
  9. Voir par exemple son article sur le marché de l’assurance santé : Ouvrir l'assurance-maladie à la concurrence européenne.
  10. Voir par exemple son article sur la fiscalité du 24 septembre 2010.
  11. Voir l'article Sarkozy's War on Profit.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]