Ferdinando Galiani

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Ferdinando Galiani

Description de l'image  Galiani portrait.jpg.
Naissance 2 décembre 1728
Chieti
Décès 30 octobre 1787 (à 59 ans)
Naples
Nationalité Drapeau de l'Italie Italie
Profession Économiste

Ferdinando Galiani, dit l’abbé Galiani, né à Chieti le et mort à Naples le , est un économiste italien.

Son oncle Mgr Celestino Galiani, un des hommes les plus influents du royaume de Naples et dont la maison, la Casa Galiani, était le centre intellectuel de la troisième plus grande métropole européenne de l’époque, lui délivra une éducation soignée à Naples et à Rome, en vue d’entrer dans l’Église. Très tôt, Ferdinando Galiani montre des dispositions pour l’économie et se fait remarquer pour son grand esprit. À l’âge de seize ans, il est reçu par l’Accademia degli Emuli. À l’âge de vingt-deux ans, après son entrée dans les ordres à la suite de quoi il sera connu sous le nom d’« abbé Galiani », il produit deux œuvres dont la renommée s’étendra bien au-delà de Naples. Dans le premier, intitulé Trattato della moneta (Traité de la monnaie), aujourd’hui considéré comme un classique italien, l'œuvre s'inscrit dans le débat des grands principes économiques de l'époque, la théorie de la valeur et la politique monétaire, traite aussi de beaucoup d’aspects de la question des échanges, mais avec toujours une référence spéciale à l’état de confusion qui caractérisait alors tout le système monétaire du gouvernement napolitain. Le second, Raccolta in Morte del Boia (Recueil des morts du bourreau), qui a assis sa réputation de satiriste, a joui d’une extrême popularité dans les cercles littéraires italiens de la fin du XVIIIe siècle. Galiani y parodie, dans une série de discours sur la mort du bourreau, le style des auteurs napolitains de l’époque.

La connaissance politique et les qualités sociales de Galiani le font remarquer du roi Charles IV de Naples et de son ministre libéral Tanucci (1698-1783) qui le nomment en 1755 à l’académie d’Herculanum avec la tâche de diriger les travaux d'excavation dans le Herculanum antique et d’en décrire les découvertes.

Nommé secrétaire à l’ambassade de Naples à Paris en 1759, il y reçoit un très bon accueil et se met à fréquenter les salons où il fait la connaissance des Encyclopédistes, et surtout de Diderot avec qui il va se lier d’amitié. Par-delà les intérêts communs de ces deux intellectuels des Lumières pour des domaines aussi variés que la littérature, la philosophie, les arts ou les sciences, Galiani initiera Diderot à la politique et à l’économie à une étape décisive dans l’évolution de sa pensée philosophique. Après dix ans passés à Paris en qualité de secrétaire d’ambassade, il retourne à Naples où il est nommé conseiller au tribunal du commerce puis, en 1777, ministre des domaines royaux.

Sa réputation d’économiste s’est construite sur ses Dialogues sur le commerce des blés, ouvrage rédigé à partir de 1768 en langue française et publié semi-clandestinement en 1770 (la page de titre porte « à Londres », mais l'éditeur était Merlin, à Paris). Le style léger et agréable ainsi que la vivacité de l’esprit de cet ouvrage a enchanté Voltaire qui l’a décrit comme un croisement entre Platon et Molière. « L’auteur, dit Pecchio, a traité son sujet aride comme Fontenelle l’a fait des vortex de Descartes ou Algarotti du système newtonien du monde. »

Les Dialogues traitaient de la question, très agitée à l’époque, de la liberté du commerce des blés et, en particulier, de l’édit royal de 1764 permettant l’exportation du grain à condition que le prix n’atteigne pas un certain seuil. Il maintient le principe général que le meilleur système concernant ce commerce est de n’avoir aucun système, chaque pays exigeant, selon lui, différents modes de traitement selon les circonstances. Il va jusqu'à défendre certaines des positions les plus contestables des mercantilistes – comme Voltaire ou Pietro Verri qui considéraient qu’un pays ne peut s’enrichir qu’aux dépens d’un autre – allant jusqu’à défendre dans son premier traité la dévaluation de la monnaie par les gouvernements.

Devenu célèbre, il est en correspondance avec nombre de princes européens dont Frédéric II. Il a également entretenu jusqu’à sa mort une correspondance avec les amis de sa période parisienne qui a été éditée en 1818. Marmontel a dit de lui : « L’abbé Galiani était de sa personne le plus joli petit arlequin qu’eût produit l’Italie ; mais sur les épaules de cet arlequin, était la tête de Machiavel. »

Dans Par-delà bien et mal (26), Friedrich Nietzsche parle de lui en ces termes : « Lorsque par un caprice de la nature, le génie a été donné à un bouc éhonté ou à un singe impudent, comme l'abbé Galiani, l'homme le plus profond, le plus perspicace et peut-être aussi le plus sordide de son siècle; il était beaucoup plus profond que Voltaire et par conséquent excellait mieux que lui à se taire ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • De la Monnaie (1751), Paris, Librairie M. Rivière, 1955
  • Dialogues sur le commerce des bleds, Paris, Fayard, 1984 ISBN 978-2-213-01479-1
  • L’Art de conserver les grains, Paris, 1770
  • De la Monnaie, Paris, Economica, 2005 ISBN 978-2-7178-4998-1

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Ferdinando Galiani et Louise d’Épinay, Correspondance I, 1769-1770, Paris, Desjonquères, 1992 ISBN 978-2-904227-61-5
  • Ferdinando Galiani et Louise d’Épinay, Correspondance. II, 1771-février 1772, Paris, Desjonquères, 1993
  • Ferdinando Galiani et Louise d’Épinay, Correspondance. III, mars 1772-mai 1773, Paris, Desjonquères, 1994
  • Ferdinando Galiani et Louise d’Épinay, Correspondance. IV. juin 1773-mai 1775, Paris, Desjonquères, 1996
  • Ferdinando Galiani, Louise d’Épinay, Correspondance. V, juin 1775-juillet 1782, Paris, Desjonquères, 1997
  • Ferdinando Galiani, Louise d’Épinay, Chez les conteurs du XVIe siècle : « Histoires qui ne disent mot. » I. Rabelais. II. Marguerite de Navarre (1492-1549). Paul Valéry; du symbolisme au classicisme. Un citoyen de Cosmopolis au XVIIIe siècle : l’abbé Galiani et sa correspondance, Paris, Centre de documentation universitaire, 1961
  • Ferdinando Galiani, Louise d’Épinay, Lettres de l’Abbé Galiani à Madame d’Épinay : Voltaire, Diderot, Grimm, le baron d’Holbach, Morellet, Suard, d’Alembert, Marmontel, la vicomtesse de Belsunce, etc. : publiées d’après les éditions originales, augmentées des variantes, de nombreuses notes et d’un index, avec notice biographique, Paris, G. Charpentier, 1881

Bibliographie[modifier | modifier le code]