Société du Mont-Pèlerin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Société du Mont-Pèlerin (en anglais Mont Pelerin Society, MPS) est une organisation internationale composée d'économistes, d'intellectuels réunis pour promouvoir l'économie de libre marché et la société ouverte auprès des hommes politiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

La Société du Mont-Pèlerin a été créée le 10 avril 1947 lors d'une conférence organisée par Friedrich Hayek au Mont Pèlerin, village suisse surplombant Vevey. Elle est en partie financée par le haut patronat suisse[1]. Cette conférence n'est pas sans rappeler le colloque Walter Lippman qui en 1938 avait rassemblé vingt-six intellectuels désireux de promouvoir un « nouveau libéralisme » face au fascisme, au communisme et à l'interventionnisme étatique. Son nom originel devait être Acton-Tocqueville Society.

Trente-six personnalités participèrent à la conférence du Mont-Pèlerin du 1er au 10 avril 1947 : Maurice Allais[2], Carlo Antoni, Hans Barth, Karl Brandt, Herbert Cornuelle, John Davenport, Stanley Dennison, Aaron Director, Walter Eucken, Erick Eyck, Milton Friedman, Harry Gideonse, Frank Graham, Friedrich Hayek, Henry Hazlitt, Floyd Harper, Trygve Hoff, Albert Hunold, Carl Iversen, John Jewkes, Bertrand de Jouvenel, Frank Knight, Fritz Machlup, Salvador de Madariaga, Henri de Lovinfosse, Loren Miller, Ludwig von Mises, Felix Morley, Michael Polanyi, Karl Popper, William Rappard, Leonard Read, George Révay, Lionel Robbins, Wilhelm Röpke, George Stigler, Herbert Tingsten, François Trevoux, Orval Watts, Cicely Wedgwood.

En réaction au keynésianisme ambiant de l'après 1945, les membres de la Société du Mont-Pèlerin souhaitent favoriser l'économie de marché et la « société ouverte » à l'échelle mondiale. Le but officiel de ces rencontres n'est pas de créer une doxa officielle mais d'offrir pendant quelques jours un lieu de discussion et de débats. Les rencontres de la Société continuent à fonctionner ainsi.

Après cette première rencontre, les membres de la Société du Mont-Pèlerin ont continué à se rencontrer, généralement en septembre de chaque année. La Société ne divulgue pas le nom de ses membres mais ceux-ci peuvent le faire. Pour devenir membre, il faut être invité par un adhérent puis être approuvé par le comité d'organisation[3].

En 2006, la Société du Mont-Pèlerin est présidée par Greg Lindsay qui en a organisé les rencontres à Guatemala City en novembre 2006. C'est l'Université Francisco Marroquin, créée par Manuel Ayau, ancien président de la Société, qui a accueilli ces rencontres, autour, entre autres, de José Maria Aznar.

Huit adhérents passés et présents, dont Friedrich Hayek, Maurice Allais, Milton Friedman, George Stigler, James M. Buchanan, Gary Becker et Ronald Coase, ont reçu le « Prix Nobel » d'économie.

De plus, de nombreux membres ont créé des think tanks importants. Ainsi Edwin J. Feulner est cofondateur de la Heritage Foundation, dont la MPS reçoit d'ailleurs le soutien financier pour organiser sa réunion annuelle. Pascal Salin, ancien président de la Société estime que plus de 100 instituts libéraux ont été créés par des membres[réf. nécessaire]. Pour Keith Dixon, elle « constitue en quelque sorte la maison mère des think tanks néolibéraux »[4]. Le président tchèque Vaclav Klaus ou l'ancien ministre de la Défense italien Antonio Martino en sont membres[3].

En 2004, une campagne a été menée en France contre Pascal Salin, ancien président de la Société du Mont-Pèlerin, pour empêcher sa nomination à la tête du jury d'agrégation en économie ainsi que celle d'autres membres de la Société au jury. Ses opposants leur reprochaient de potentiellement vouloir imposer une « pensée unique néolibérale ». Leur défenseurs reprochaient à ces mêmes opposants de vouloir « interdire les pensées contraires à la leur ».

Présidents[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yves Steiner, La Suisse, sanatorium du néolibéralisme, L'Hebdo, 24 juillet 2008
  2. Libéral utilitariste, il a cependant refusé de signer le texte constitutif de la Société à cause, selon lui, de l'importance excessive donnée aux droits de propriété. George Stigler écrit dans ses Mémoires que « Maurice Allais pensait que la possession privée de la terre était injustifiée ».
  3. a et b Sylvain Besson, « À Genève, l'extrême gauche hurle au complot face à une candidature libérale », Le Temps.
  4. Keith Dixon, Les évangélistes du Marché, Raisons d'Agir, 1998

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Steiner et Bernhard Walpen. 2005. L'apport de l'ordolibéralisme allemand au renouveau libéral et son éclipse (1930-1960) XIe Colloque de l'Assocation Charles Gide pour l'Étude de la Pensée économique, 22-24 septembre 2005, Lille.
  • Yves Steiner. 2005. The Mont-Pèlerin Society and the Trade Unions debate during the 1950s in Philip Mirowski and Dieter Plehwe, The Making of the Neoliberal Thought Collective (à paraître).
  • Yves Steiner. 2005. "Ce marché qui rassemble et qui divise les Firsthand dealers in ideas de la Mont Pèlerin Society" in Histoire des représentations du marché. Guy Bensimon éd. Paris: Michel Houdiard, p. 476-494.
  • Yves Steiner. 2005. Louis Rougier et la Mont Pèlerin Society: une contribution en demi-teinte, Cahiers d'epistémologie, GREC, Département de philosophie, Université de Québec (Montréal), 2005-10, 42p.
  • A History of the Mont Pelerin Society de R. M. Hartwell, Liberty Fund (1er décembre 1995), 250 pages, (ISBN 0865971366), [présentation en ligne]
  • François Denord, « Le prophète, le pèlerin et le missionnaire », Actes de la recherche en sciences sociales, no 145 2002/5, p. 9-20. [lire en ligne] [PDF]
  • Serge Halimi, le Grand Bond en arrière, 2004 (réédité en 2006 et 2012), Éditions Agone.