Bonnieux

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Bonnieux
Bonnieux vu de Lacoste
Bonnieux vu de Lacoste
Blason de Bonnieux
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Apt
Canton Bonnieux (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du Pays d'Apt-Pont Julien
Maire
Mandat
Pascal Ragot
2014-2020
Code postal 84480
Code commune 84020
Démographie
Gentilé Bonnieulais, Bonnieulaises
Population
municipale
1 413 hab. (2011[1])
Densité 28 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 49′ 26″ N 5° 18′ 27″ E / 43.8238888889, 5.3075 ()43° 49′ 26″ Nord 5° 18′ 27″ Est / 43.8238888889, 5.3075 ()  
Altitude 420 m (min. : 153 m) (max. : 715 m)
Superficie 51,12 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.bonnieux.com

Bonnieux est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. On appelle ses habitants les Bonnieulais.

Il se distingue de la commune de Monieux plus au nord dans le même département, près de Sault.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bonnieux est un village perché, qui se situe sur le versant nord du massif du Luberon, entre le Grand et le Petit Luberon, face au village de Lacoste.

Il commande l'entrée nord de la combe de Bonnieux, qui débouche elle-même sur la combe de Lourmarin, nom usuellement utilisé pour désigner l'ensemble des deux combes, seul passage qui traverse le Luberon et sépare ce dernier en deux : Grand et Petit Luberon, mais tous deux issus du même massif montagneux.

Accès et situation[modifier | modifier le code]

On y accède depuis Avignon par la D 900 (ex route nationale 100) et la D 36 ; depuis Apt, au nord-est, par la D3 ; depuis Lourmarin par la D943 et la D36.

La partie nord et ouest de la commune correspond aux terres agricoles de la plaine. À l'est, l'on trouve le plateau des Claparèdes. Enfin, au sud, le Luberon (combe de Lourmarin, forêt des cèdres, etc.).

La gare TGV la plus proche est la gare d'Avignon TGV. La commune est desservie par les sorties de l'autoroute A7 à Avignon sud ou à Cavaillon.

Relief[modifier | modifier le code]

Le village étant très pentu, on peut profiter d'une très belle vue sur le petit Luberon et, au nord, sur les plateaux des Monts de Vaucluse.

La partie du nord à l'ouest du bourg est une plaine, la plaine du Calavon. L'est est principalement composé d'une partie du plateau des Claparèdes. Enfin, du sud-est au sud-ouest, le Massif du Luberon.

Géologie[modifier | modifier le code]

La commune fait partie du périmètre de la Réserve naturelle géologique du Luberon, en raison de la proximité à des sites fossilifères exceptionnels.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Calavon passe sur la commune au nord du bourg et l'Aigue Brun au sud.

Sismicité[modifier | modifier le code]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[2].

Communes voisines[modifier | modifier le code]

La commune est entourée par Roussillon au nord, Apt à l'est nord-est, Buoux à l'est, Lourmarin au sud, Lacoste à l'ouest et Goult au nord-ouest.

Climat[modifier | modifier le code]

La commune est située dans la zone d’influence du climat méditerranéen. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée en latitude des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare. Protégée par le Massif du Luberon, la commune est partiellement abritée du mistral.

La station météo la plus proche est celle de Pertuis[3]

Relevé météorologique d'Apt
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 4 6 9 13 16 19 19 16 13 7 4 10,7
Température moyenne (°C) 7 8 11 13,5 18 21,5 24,5 24,5 21,5 17 11 8 15,5
Température maximale moyenne (°C) 11 12 16 18 23 27 30 30 25 21 15 12 19,2
Précipitations (mm) 35,3 21,3 21,9 40,6 26,7 14,6 8,2 18,3 57 52,3 39,1 25,6 361,1
Source : Données climatologiques d'Apt (Vaucluse) 2000-2007
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
11
3
35,3
 
 
 
12
4
21,3
 
 
 
16
6
21,9
 
 
 
18
9
40,6
 
 
 
23
13
26,7
 
 
 
27
16
14,6
 
 
 
30
19
8,2
 
 
 
30
19
18,3
 
 
 
25
16
57
 
 
 
21
13
52,3
 
 
 
15
7
39,1
 
 
 
12
4
25,6
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Après une année 2007 caractérisé par une très faible pluviométrie, 435 mm d'eau en pays d'Apt, 2008 avec 1 202 mm, soit 2, 8 fois plus, se place juste derrière l'année 1968. Quant à la moyenne des températures elle augmente de 0, 5 °, l'hiver et le printemps ayant été très doux. Le temps pluvieux a affecté la durée de l'ensoleillement avec une centaine d'heures en dessous de la normale[4].

Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures moyennes (°C) 6,9 7,7 8,7 11,9 17,2 20,5 22,7 22,4 17,9 13,8 8,3 4,6 13,6
Températures normales (°C) 5,1 6,3 8,9 11,4 15,7 19,0 22,3 22,3 18,5 13,8 8,3 5,8 13,1
Écart avec la normale (°C) + 1,8 + 1,4 - 0,2 + 0,5 + 1,5 + 1,5 + 0,4 + 0,3 - 0,6 0 - 0,2 - 1,2 + 0,5
Moyenne mensuelle de précipitations (mm) 103 43 23 126 157 38 12 29 187 122 160 202 1 202
Précipitations normales (mm) 71 56 57 79 70 49 37 53 73 101 74 69 789
Écart avec la normale (mm) + 32 - 13 - 34 + 47 + 87 - 11 - 25 - 24 + 114 + 21 + 86 + 133 + 413
Source : Le Pays d'Apt, no 191, février 2009 et station de référence météo : Apt (242 m)

Épisode méditerranéen[modifier | modifier le code]

Épisode méditerranéen sur le Luberon

Un épisode méditerranéen est un terme de météorologie qui désigne un phénomène produisant de très fortes pluies sur les reliefs du pourtour méditerranéen. Des flux d'air chaud, chargé d'humidité et remontant de la Méditerranée, provoquent de violents orages principalement sur les reliefs exposés au sud. Ils se produisent le plus souvent en automne, période où la mer Méditerranée est la plus chaude. Les exemples les plus récents sont l'inondation de Nîmes en 1988, les inondations qui ont frappé la vallée de l'Ouvèze et plus particulièrement la région de Vaison-la-Romaine en septembre 1992, les fortes pluies sur les départements du Gard et de Vaucluse en septembre 2010[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

- 57 000 ans : occupation moustérienne de l’abri du Pont de la Combette[6].

En 3 avant JC, le Pont Julien (Voie Domitienne) est édifié.

On a la trace, au VIe siècle, de la fondation d'un monastère sur l'emplacement du temple païen de Mithra.

En 972, le village a déjà une forteresse et des murailles.

Cité en 1103 Castrum Bonils, le village est abandonné au XIIIe siècle, les habitants se réfugiant sous le château des Agoult.

Au début du XIVe siècle, Bonnieux devient terre pontificale et le demeure jusqu’au 14 septembre 1791. Cette appartenance au domaine pontifical en fait une enclave dans les terres du Comte de Provence, et lui donne de ce fait une place à part dans l’histoire de la région.

Le fief viticole de la Canorgue est érigé en comté par Benoît XIV le 24 avril 1747 en faveur de Joseph de Méry, conseiller en la Cour des Aides de Provence[7].

Le 12 août 1793, Bonnieux est transféré des Bouches-du-Rhône au Vaucluse.

Le 14 novembre 1887, Bonnieux, comme tout le secteur du Luberon, est touché par un tremblement de terre. Le 11 juin 1909, un nouveau tremblement de terre frappe toute la Provence et se perçoit aussi en Luberon.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945 mai 1953 Marceau Seignon PCF Conseiller général
mai 1953 mars 1959 Pierre d'Anselme    
mars 1959 mars 1983 Marceau Seignon PCF  
mars 1983 1985 Robert Ravoire    
1985 1989 Fernand Luc    
1989 juin 1995 Jean-Pierre Porte    
juin 1995 mars 2008 Roger Fenelon PS Conseiller général
mars 2008 juin 2014 Georges Ruffinato SE  
mars 2014 en cours Pascal Ragot    
Les données manquantes sont à compléter.

Fiscalité[modifier | modifier le code]

L'imposition des ménages et des entreprises à Bonnieux en 2009[8]
Taxe part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 10,49 % 0,00 % 7,55 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 12,61 % 0,00 % 10,20 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 35,87 % 0,00 % 28,96 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 00,00 % 18,00 % 13,00 % 3,84 %

La Part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France Ittenheim (France)

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 413 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 540 2 450 2 539 2 608 2 560 2 723 2 804 2 705 2 674
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 631 2 530 2 520 2 534 2 507 2 180 2 175 2 022 1 845
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 783 1 722 1 686 1 435 1 483 1 489 1 437 1 390 1 312
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 322 1 292 1 360 1 385 1 422 1 417 1 363 1 400 1 424
2011 - - - - - - - -
1 413 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Groupe scolaire de Bonnieux

La commune possède une école maternelle et une école primaire publique[11], les élèves sont ensuite affectés au Collège[12] et au lycée[13] Charles de Gaulle d' Apt [14].

Économie locale[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme, comme pour tous les hauts-lieux du nord Luberon (Gordes, Ménerbes, Lacoste, Roussillon...), est une partie importante de l'activité économique locale. La variété architecturale et la diversité floristique du lieu (plateau des Claparèdes, forêt des cèdres) ont facilité le développement du tourisme.

Agriculture[modifier | modifier le code]

AOC Luberon Château La Canorgue
Cave de Bonnieux
Panier de truffes de Vaucluse

La commune produit des vins AOC Ventoux et Luberon. À Bonnieux, le fief viticole de la Canorgue est érigé en comté par Benoît XIV le 24 avril 1747; Aujourd'hui dénommé Château de la Canorgue, ce domaine viticole tire son nom de canourgue qui nomme les chanoines en provençal[15]. Les vins qui ne sont pas en appellation d'origine contrôlée peuvent revendiquer, après agrément, le label Vin de pays d'Aigues[16].

Fleuron de la gastronomie française, la truffe est une spécialité provençale, puisque la région produit 80 % des truffes en France[17]. Le Vaucluse, autour du piémont du mont Ventoux est, avec la Drôme provençale, le premier producteur de Tuber melanosporum[18]. Son marché reste hors normes car c'est la seule production à échapper aux inspecteurs de l'administration fiscale, aucune transaction n'étant réglée par chèque[18]. L'approche des fêtes de fin d'année fait exploser les prix. Mais les meilleures truffes sont celles du mois de janvier, période où elles sont à pleine maturité[17]. En saison, ce sont les marchés de Carpentras et de Richerenches, les plus importants de la région, qui fixent les cours. Les rabassiers (trufficulteurs) affirment, pour justifier les prix, que le « diamant noir » naît entre les pluies des deux Vierges. Ces précipitations doivent être abondantes entre l'Assomption (15 août) et la Nativité de Notre-Dame (8 septembre). C'est loin d'être faux puisque les spécialistes ont vérifié qu'une bonne année dépend à la fois d'un fort ensoleillement estival suivi de pluies entre la mi-août et la mi-septembre[19].

La truffe se récolte jusqu'à 1 000 mètres d'altitude. Préférant les terrains calcaires, elle se développe toujours en symbiose avec le chêne blanc ou vert, le frêne et le charme. Il est affirmé que les plus fines poussent à l'ombre du tilleul[19]. Les trufficulteurs organisent chaque année des week-ends permettant de découvrir la rabasse in-situ sur les communes de Visan, Bonnieux, Monieux, Orange et Saint-Pierre-de-Vassols[17]

Il existe un marché de produits fermiers et saisonniers le vendredi matin.

Tous les ans, pendant le week-end de Pâques, le village accueille un marché potier.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Pont Julien
L'église neuve
  • Le village est dominé par sa Vieille Église (ou Église Haute) du XIIe siècle, mêlant éléments romans et gothiques. Une autre église (Église Neuve) fut bâtie en 1870.
  • Hôtel de Rouville, belle demeure du XVIIIe siècle (ancienne mairie et annexe de la mairie actuelle).
  • Le Pont Julien, à 5 km au nord du village, est un magnifique édifice romain datant de l'an 3 avant JC de la Voie Domitienne, d'une portée de plus de 40 m. et qui fut en service routier sur le trajet de la D 149 jusqu'en 2005.
  • La Tour Philippe, construction d’un original à la fin du XIXe siècle qui « voulait voir la mer » depuis le Luberon.

Habitat[modifier | modifier le code]

Habitat perché[modifier | modifier le code]

Le village vu du sud

Ce type d'habitat est considéré comme typiquement provençal, il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages sis sur leur « acropole rocheuse », qui ont gardé leur aspect médiéval, forment par l'orientation des façades de leurs maisons - vers la vallée ou la voie de communication - un véritable front de fortification[21].

Fernand Benoit souligne leur origine quelques fois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c'est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256)[21].

Ces villages perchés se trouvent dans essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et où l'eau est rare. Ce qui est le cas général en Provence sauf dans la basse vallée du Rhône et dans celle de la Durance, où les terres alluvionaires abondent et surtout où l'eau est facilement accessible pour chaque propriété grâce à un puits creusé dans la cour de la maison[22].

De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). À contrario, l'habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre en autarcie. D'où la loi émise par Fernand Benoit « La misère groupe l'habitat, l'aisance le disperse »[22].

Maison en hauteur[modifier | modifier le code]

Maison en hauteur dans le village

Fernand Benoit explique que « son originalité consiste à placer les bêtes en bas, les hommes au-dessus ». Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un même toit, suivant une tradition méditerranéenne, le logement des humains à celui des bêtes. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles. Elle était le type de maison réservée aux paysans villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage[23].

Elle se retrouve aujourd'hui dans nombre de massifs montagneux ou plateaux de la Provence occidentale[24].

Ces maisons datent pour la plupart du XVIe siècle, période où les guerres de religion imposèrent de se retrancher derrière les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour établir dans la périphérie de l'agglomération des « maisons à terre », plus aptes à recevoir des bâtiments annexes[24].

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique : une façade étroite à une ou deux fenêtres, et une élévation ne pouvant dépasser quatre à cinq étages, grenier compris avec sa poulie extérieure pour hisser le fourrage. Actuellement, les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chaussée et de créer de nouvelles chambres au grenier[25]. Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade[24].

La présence de terrasse ou balcon était une constante. La terrasse servait, en priorité, au séchage des fruits et légumes suspendus à un fil de fer. Elle était appelée trihard quand elle accueillait une treille qui recouvrait une pergola rustique. Quand elle formait loggia, des colonnettes soutenant un auvent recouvert de tuiles, elle était nommée galarié ou souleriè[26].

Maison à terre[modifier | modifier le code]

Maison à terre et son puits recouvert
Bastide (maison à terre)

Compartimenté dans le sens de la longueur, ce type de maison représente un stade d'évolution plus avancé que la « maison en hauteur ». Il est caractéristique de l'habitat dispersé[27]. C'est l'habitation traditionnelle des pays de « riche culture » et la lavande en fut une[28].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose, dans la plupart des cas, d'une remise qui peut servir d'écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[28].

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons, d'une lapinière, d'un poulailler et d'une bergerie[28].

Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, même en ville, la maison à terre permet d'installer ces « lieux » à l'extérieur de l'habitation. Jusqu'au milieu du XXe siècle, c'était un simple abri en planches recouvert de roseaux (canisse) dont l'évacuation se faisait directement sur la fosse à purin ou sur le fumier[28].

La construction d'un tel ensemble étant étalée dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale pré-établie. Chaque propriétaire agissait selon ses nécessités et dans l'ordre de ses priorités. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'hétérogénéité de chaque ensemble où les toitures de chaque bâtiments se chevauchent généralement en dégradé[29].

Chaque maison se personnalisait aussi par son aménagement extérieur. Il y avait pourtant deux constantes. La première était la nécessité d'une treille toujours installée pour protéger l'entrée. Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'été, et dès l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosité dans la salle commune. La seconde était le puits toujours situé à proximité. Il était soit recouvert d'une construction de pierres sèches en encorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmonté par deux piliers soutenant un linteau où était accrochée une poulie permettant de faire descendre un seau. L'approvisionnement en eau était très souvent complété par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture[29].

Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était censé anoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[28].

Maison à cour[modifier | modifier le code]

Maison à tours et à cour

Ce type d'habitation est composé de bâtiments et de dépendances ordonnés autour d'une cour centrale. Cet ensemble est caractéristique des grands domaines céréaliers et prend souvent l'aspect d'un château avec des murs flanqués d'échauguettes et des tours d'angle. Il est adapté à une vie agricole où le climat n'impose pas une grange pour engranger les javelles de blé avant le dépiquage, celui-ci ayant lieu aussitôt les gerbes coupées sur l'aire de terre battue. Dans ce mode culturel, les grains sont entrés en sacs dans une remise tandis que les moissonneurs élèvent les meules de paille avec comme seule protection contre la pluie un mélange de poussier et de terre glaise. Seul est rentré le fourrage[30].

Cette structure agraire est rare en Provence[30].

Maison à tours[modifier | modifier le code]

C'est le style des grandes maisons seigneuriales qui va traverser les siècles même après la Renaissance. Il s'agit de bâtisses isolées, avec ou sans cour intérieure, dont la façade est flanquée de deux tours ou qui est protégée par quatre tours d'angle[31].

La fortification des maisons de campagne est une pratique fort ancienne. Elle se retrouve, dès le haut Moyen Âge, avec le castellum dont celles de Provence reprennent le plan avec ses tours d'angle. C'est un héritage romain puisque nombre de villæ rusticæ furent protégées par des tours[31].

Cabanon[modifier | modifier le code]

Cabanon en plein champ

L'existence de cette « maisonnette des champs » est toujours liée à une activité agricole qui contraint le paysan à rester éloigné de sa résidence habituelle. Dans son étude sur l'habitat rural, Fernand Benoit envisage à la fois le cas du pastoralisme et celui du sédentarisme. Pour le premier, la transhumance, qui permet aux troupeaux d'estiver dans les alpages, implique l'usage d'un habitat sur place de « type élémentaire » pour le berger. Suivant le lieu, il prend l'aspect d'un jas en pierre sèche ou d'une cabane édifiée en matériaux composites. Ce refuge lui sert à la fois d'abri et de laiterie[32].

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé près de son champ. Dans ce dernier cas, le cabanon correspond à un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[32].

Ces cabanons, qui se trouvent à l'orée ou au centre du champ, avaient aussi un rôle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils étaient considéré comme « le signe de la propriété sur une terre qu'il entendait distinguer du communal »[32].

Borie[modifier | modifier le code]

On nomme ainsi en Provence une cabane de pierre sèche. Le terme de borie est issu du latin boria - déjà référencé dans le quartier Borianum d'Arles - et s'orthographie bori en provençal. Elle est aussi dénommée cabanon pointu dans les Alpes provençales (région de Forcalquier). Ce type de construction réalisé uniquement en pierres sèches, permettait au paysan de stocker (serrer en provençal) ses instruments agraires, protéger sa récolte ou plus spécifiquement sa réserve d'eau et, au besoin, d'y passer la nuit. La borie était donc une annexe de l'habitat permanent[32]. Ce type de construction en pierre sèche est facilité par l'épierrage des champs. En Provence, il est courant dans les régions montueuses, de plateaux secs, des coteaux travaillés en restanques[33].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Les viguiers et maires ayant marqué Bonnieux :

  • Jean Baptiste de Terris (1734-1817), viguier, docteur en médecine de l'Université d'Avignon,
  • Joseph-Marie de Terris (1775-1857), maire de Bonnieux, élu au Conseil Général du Vaucluse[34].

Personnalités nées dans la commune :

Personnalités résidant ou ayant résidé à Bonnieux :

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Bonnieux

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'azur à la clef d'or, à la lettre B capitale du même brochant sur le tout. [37]

Bonnieux au cinéma[modifier | modifier le code]

Chateau La Canorgue

Le village figure dans plusieurs productions audiovisuelles, dont :

  • Une année en Provence, série TV de la BBC adaptée du livre éponyme de Peter Mayle, tourné partiellement à Bonnieux.
  • Une grande année de Ridley Scott, d'après un roman de Peter Mayle, tourné au Chateau-La Canorgue sur le territoire de la commune.
  • Le troisième épisode de la première saison de la série britannique Absolutely Fabulous tourné en partie à Bonnieux, où Edwina et Patsy viennent faire un séjour.
  • Swimming Pool de François Ozon, tourné principalement au village voisin de Ménerbes, mais dont quelques séquences sont tournées à Bonnieux.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Recensement 2010 », INSEE
  2. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48.
  3. « Station météo la plus proche », MSN Météo
  4. Roland Sautel, Le Pays d'Apt, n° 191, février 2009, p. 13.
  5. Épisode méditerranéen sur le site pluiesextremes.meteo.fr
  6. Voir mairie avec compte rendu des fouilles SRA et DRAC).
  7. Cf. Robert Bailly, Dictionnaire des communes de Vaucluse, Éd. Barthélemy, 1985. Aujourd'hui dénommé Château de la Canorgue, ce domaine viticole tire son nom de canourgue qui nomme les chanoines en provençal.
  8. « Impots locaux à Bonnieux », taxes.com
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  11. « Enseignement publique primaire en Vaucluse », Académie Aix-Marseille
  12. « Carte scolaire du Vaucluse », Conseil général de Vaucluse,‎ 2010
  13. « Cartes scolaire des lycèes de Vaucluse », Inspection académique de Vaucluse
  14. « Cité scolaire d'Apt », Académie Aix-Marseille
  15. Robert Bailly, Dictionnaire des communes de Vaucluse, Éd. Barthélemy, 1985.
  16. Le label Vin de pays d'Aigues concerne les communes suivantes dans le département de Vaucluse : Ansouis, Apt, Auribeau, La Bastide-des-Jourdan, La Bastidonne, Les Beaumettes, Beaumont-de-Pertuis, Bonnieux, Buoux, Cabrières-d'Aigues, Cabrières-d'Avignon, Cadenet, Caseneuve, Castellet, Cavaillon, Cheval-Blanc, Cucuron, Gargas, Gignac, Gordes, Goult, Grambois, L'Isle-sur-la-Sorgue, Joucas, Lacoste, Lagarde-d'Apt, Lagnes, Lauris, Lioux, Lourmarin, Maubec, Ménerbes, Mérindol, Mirabeau, La Motte-d'Aigues, Murs, Oppède, Pertuis, Peypin-d'Aigues, Puget, Puyvert, Robion, Roussillon, Rustrel, Saignon, Saint-Martin-de-Castillon, Saint-Martin-de-la-Brasque, Saint-Pantaléon, Saint-Saturnin-d'Apt, Sannes, Saumane, Sivergues, Les Taillades, La Tour-d'Aigues, Vaugines, Viens, Villars, Villelaure, Vitrolles-en-Luberon.
  17. a, b et c Truffe, le diamant noir de la Provence
  18. a et b Jacques Galas, Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale, Alpes de Lumières (ISBN 978-2-906162-92-1), p.111.
  19. a et b Jean-Pierre Saltarelli, Les Côtes du Ventoux, origines et originalités d'un terroir de la vallée du Rhône, A. Barthélemy, Avignon, 2000,‎ 2000 (ISBN 2879230411), p.  180.
  20. Ces constructions, sous le nom de bories, ont fait l'objet en 1965 d'un livre (Pierre Desaulle, Les bories de Vaucluse, région de Bonnieux. La technique, les origines, les usages, Picard, Paris, 1965, 271 p.) et en 1978 d'un article (L'architecture rurale en pierre sèche face à l'imposture : le mythe desaullien de la borie celtique, dans L'architecture rurale en pierre sèche, t. 2, 1978, p. 194-205).
  21. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 43.
  22. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 44.
  23. Fernand Benoit, op. cit., p. 48.
  24. a, b et c Fernand Benoit, op. cit., p. 49.
  25. Fernand Benoit, op. cit., p. 50.
  26. Fernand Benoit, op. cit., p. 51.
  27. Fernand Benoit, op. cit., p. 54.
  28. a, b, c, d et e Fernand Benoit, op. cit., p. 55.
  29. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 56.
  30. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 58.
  31. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 61.
  32. a, b, c et d Fernand Benoit, op. cit., p. 69.
  33. Fernand Benoit, op. cit., p. 71.
  34. Armorial de la noblesse du Vaucluse, du Comtat Venaissin, d'Avignon, de la Principauté d'Orange (voir famille de Terris) de Mr Gallian (http://jean.gallian.free.fr/comm2/t/terris.html).
  35. [PDF] Partie de la généalogie des de Terris.
  36. Heraldique et Généalogie, n° 122, page 53.
  37. Armorial des Communes de Vaucluse (Conseil Général du Vaucluse).

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Elisabeth Sauze et Jean-Pierre Muret, Bonnieux, Cité des Papes en Luberon, Éditions Pour Le Luberon, Lauris, 2008
  • Fernand Benoit, La Provence et le Comtat Venaissin, Arts et traditions populaires, éd. Aubanel, Avignon, 1975, (ISBN 2-7006-0061-4).

Liens externes[modifier | modifier le code]