Saint-Martin-de-Castillon

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Saint-Martin-de-Castillon
Chapelle Saint-Martin
Chapelle Saint-Martin
Blason de Saint-Martin-de-Castillon
Blason
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Apt
Canton Apt
Intercommunalité Communauté de communes du pays d'Apt
Maire
Mandat
Pierre Carbonnel
2008-2014
Code postal 84750
Code commune 84112
Démographie
Gentilé Saint-Martiniens, Saint-Martiniennes
Population
municipale
751 hab. (2010[1])
Densité 20 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 51′ 37″ N 5° 30′ 45″ E / 43.8602777778, 5.512543° 51′ 37″ Nord
       5° 30′ 45″ Est
/ 43.8602777778, 5.5125
  
Altitude 486 m (min. : 268 m) (max. : 1 072 m)
Superficie 38,21 km2
Localisation

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Saint-Martin-de-Castillon est une commune française, située dans le département de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Sommaire

Géographie [modifier]

Vue du Luberon depuis le village

Le village de Saint-Martin-de-Castillon est un village perché des Monts de Vaucluse, en face de la montagne du Grand Luberon sur lequel une partie de la commune s'étend.

Au matin, vue du Luberon depuis le village.

Accès et transport [modifier]

Le principal axe de circulation est la Départementale 900 (ex-Nationale 100), dans la vallée du Calavon, reliant Céreste à Apt. Il est doublé, en parallèle, par une piste cyclable. Le GR9 traverse la commune sur laquelle passent d'autres chemins de randonnées vers le Luberon.

Hameaux et lieux-dits [modifier]

La Bégude de Saint-Martin-de-Castillon en 1909

La commune de Saint-Martin-de-Castillon compte plusieurs hameaux :

  • Courenne
  • Les Basses Courennes
  • La Bégude
  • Le Boisset
  • La Tuilière
  • Le Griffon
  • Glorivette

Relief [modifier]

Au sud de la commune, le versant du Luberon s'éleve à 1 057 mètres au Rocher de l'Aigle. Il est entaillé de nombreux vallons parallèles. Au centre et au nord, se trouvent de petites vallées et plans de cultures coupés de collines occupée par de petits bois et des garrigues.

Sismicité [modifier]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[2].

Hydrographie [modifier]

Au sud du village, le Calavon traverse la commune d'est en ouest, formant une large vallée.

Climat [modifier]

Relevé météorologique d'Apt
Mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 4 6 9 13 16 19 19 16 13 7 4 10,7
Température moyenne (°C) 7 8 11 13,5 18 21,5 24,5 24,5 21,5 17 11 8 15,5
Température maximale moyenne (°C) 11 12 16 18 23 27 30 30 25 21 15 12 19,2
Précipitations (mm) 35,3 21,3 21,9 40,6 26,7 14,6 8,2 18,3 57 52,3 39,1 25,6 361,1
Source : Données climatologiques d'Apt (Vaucluse) 2000-2007
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
11
3
35.3
 
 
 
12
4
21.3
 
 
 
16
6
21.9
 
 
 
18
9
40.6
 
 
 
23
13
26.7
 
 
 
27
16
14.6
 
 
 
30
19
8.2
 
 
 
30
19
18.3
 
 
 
25
16
57
 
 
 
21
13
52.3
 
 
 
15
7
39.1
 
 
 
12
4
25.6
Temp. moyennes maxi et mini (°C) • Précipitations (mm)

La commune est située dans la zone d'influence du climat méditerranéen. Après une année 2007 caractérisé par une très faible pluviométrie, 435 mm d'eau en pays d'Apt, 2008 avec 1 202 mm, soit 2,8 fois plus, se place juste derrière l'année 1968. Quant à la moyenne des températures elle augmente de 0,5°, l'hiver et le printemps ayant été très doux. Le temps pluvieux a affecté la durée de l'ensoleillement avec une centaine d'heures en dessous de la normale[3].

Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures moyennes (°C) 6,9 7,7 8,7 11,9 17,2 20,5 22,7 22,4 17,9 13,8 8,3 4,6 13,6
Températures normales (°C) 5,1 6,3 8,9 11,4 15,7 19,0 22,3 22,3 18,5 13,8 8,3 5,8 13,1
Écart avec la normale (°C) + 1,8 + 1,4 - 0,2 + 0,5 + 1,5 + 1,5 + 0,4 + 0,3 - 0,6 0 - 0,2 - 1,2 + 0,5
Moyenne mensuelle de précipitations (mm) 103 43 23 126 157 38 12 29 187 122 160 202 1 202
Précipitations normales (°C) 71 56 57 79 70 49 37 53 73 101 74 69 789
Écart avec la normale (°C) + 32 - 13 - 34 + 47 + 87 - 11 - 25 - 24 + 114 + 21 + 86 + 133 + 413
Source : Le Pays d'Apt, n° 191, février 2009 et station de référence météo : Apt (242m)

Histoire [modifier]

Préhistoire et antiquité [modifier]

Dans les collines, le néolithique a laissé ses marques (outillage lithique) sur l’oppidum de Sainte-Croix, dans l’abri sous roche de Castillon et sur les sites de Saint-Fare et du Cannet. Au quartier de Fournas, une épée de l’âge du bronze a été mise au jour[4].

Grâce à la «via antica», le commerce avec les Phocéens fut intense : 2 000 oboles massaliotes datées du IIe siècle avant notre ère ont été retrouvées à Courenne, et le long de la Voie Domitienne (Via Domitia) ce sont les monnaies impériales d’Auguste à Constantin ainsi qu'un autel dédié à Minerve qui témoignent de l’importance du trafic entre le Ie et le IVe siècle.

Haut Moyen Âge [modifier]

Cette prospérité va être balayée par les grandes invasions. La dernière, celle des Sarrasins entre le VIIIe et le IXe siècle, semble même avoir fait souche si l’on en croit la toponymie de certains lieux dits de cette partie du Luberon : Barbière, Barbeiras, Tour d’Embarbe, Testanières, les Vallons des Roumis[5].

Le monastère des Bénédictines de Saint-Martin, cité dans le Cartulaire d’Apt en 896 (monasteriolum S. Martini), a disparu, mais reste, près de la Bégude, Saint-Pierre le Reclus, qui en 1099 était la propriété de l’abbaye camarguaise de Saint-Pierre de Psalmody. Saint -Jean du «Boxetum», dans le cimetière du hameau du Boisset, est nommé dès 1020 et Santa-Maria de Pogito, dont le nom a été transformé en Notre-Dame de Courenne, date du XIe siècle[6].

Bas Moyen Âge [modifier]

Saint-Martin-de-Castillon et ses restes de fortifications

Au du XIe et XIIe siècle, le village est constitué de deux gros bourgs : Saint-Martin qui appartient à l’Église d’Apt, et Castillon[7], fief des Agoult. En 1122, ce dernier est inféodé par Laugier d’Agoult, évêque d’Apt, à ses neveux Bertrand et Guiraud. Puis, à son tour, le bourg de Saint-Martin est protégé, à partir de 1178, par un «castrum». En 1314, les deux bourgs et leurs hameaux sont devenus les fiefs des Simiane, la branche jumelle des Agoult. Mabille de Simiane, dame de Castillon, par un acte daté de 1321, octroie à ses gens le droit de nommer leurs syndics. Sa seigneurie passera ensuite aux familles de la Voulte et de Ventadour.

Renaissance [modifier]

En 1540, Pierre de Forli, le nouveau prince-évêque d’Apt, lance contre les hérétiques les premières escarmouches qui précèdent les guerres de religions : Castillon et son fort sont mis à sac et ruinés. Le bourg est abandonné par ses habitants qui se réfugient à Saint-Martin qui est mieux défendu. On perd même trace de son emplacement exact puisqu’en 1592, Jean Bompar, qui réalise la première carte de Provence, situe Castillon au pied du Luberon, sur la rive droite du Calavon comme Auribeau et Castellet.

Époque moderne [modifier]

Le village prend le nom de Saint-Martin-de-Castillon au XVIIe siècle quand il devient le fief des Pontevès de Buoux. Ils revendront leur seigneurie, décimée par la Grande Peste entre octobre 1720 et août 1721, aux barons du Piguet au cours de l’année 1734.

La situation du village est telle que le négoce se plaint de ne pas trouver sur place des courtiers « auxquels ils puissent s'adresser pour l'achat de leurs vins ».

Lors de la Révolution, en 1790, les habitants choisissent d’appeler leur commune Luberon la Montagne. Changement qui ne fut pas du goût de tous, puisque cinq ans après la statue de la Liberté fut «trouvée sans bras ni tête, jetée dans la rue, toute mutilée».

Un siècle plus tard, une riche agriculture s’était développée : vignes, fruitiers, légumes et blé. Celui-ci était moulu sur place dans les moulins installés depuis le Moyen Âge le long du Calavon.

Il est à signaler que le « Tombeau de la Musulmane » date de 1860 et a été construit en tant que chapelle funéraire par la famille Légier.

La fête des Fiélous [modifier]

Place principale du village

Au XIXe siècle, le temps du Carême était coupé par une mascarade, la fête des «fiélous»[8], véritable bacchanale où chacun se travestissait et où la gauloiserie était élevée au niveau d’un art.

Un journal de l'époque donne un compte-rendu de cette manifestation :

« Rien de plus gai et d'amusant comme cette longue file de personnes, originalement costumée selon la mode du bon vieux temps, se livrant en cadence à des pas de la plus primitive des chorégraphies et toutes porteuses de quenouilles lumineuses, toutes chantant des couplets en langue provençale que le chœur reprend en se livrant à des avant-doux de recul... Cette joyeuse mascarade n'a que le tort de se produire en Carême »[9].

Les femmes sont revêtues d'un ample jupon blanc brodé ou garni de dentelles, parsemé d'étoiles, de lunes, d'ornements dorés ou argentés. Les hommes portent la veste noires décorées d'or et d'argent avec un col en dentelles. Leur chapeau blanc est recouvert de mousseline, garni de fleurs, de fruits, de rubans et autres colifichets[10].

Tous les participants chantent la chanson des «fiélous» :

Lei fieloua, lei cascavèu
Ei tout ça qu'aven de pus bèu
La candello que ia deduns
Esclara nostre camin
Ses amouçavo anarie mau
Tant voudrie jita lou fanau[11]

Cette manifestation a été ponctuellement reprise depuis la fin du XXe siècle.

Héraldique [modifier]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Sault

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'azur à un saint Martin à cheval partageant son manteau avec un pauvre[12]

Administration [modifier]

Mairie de Saint Martin de Castillon
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Pierre Carbonnel DVD Retraité armée
mars 2008 en cours Pierre Carbonnel DVD Retraité armée
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Fiscalité [modifier]

L'imposition des ménages et des entreprises à Saint-Martin-de-Castillon en 2009[13]
Taxe part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 8,74 % 0,00 % 7,55 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 8,45 % 0,00 % 10,20 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 65,79 % 0,00 % 28,96 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 00,00 % 24,37 % 13,00 % 3,84 %

La Part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

Démographie [modifier]

En 2010, la commune comptait 751 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 352 1 498 1 490 1 454 1 504 1 625 1 505 1 514 1 423
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 452 1 363 1 358 1 241 1 164 1 131 1 092 1 033 1 011
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
985 943 826 679 631 560 496 391 365
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
380 387 449 528 526 563 739 726 734
2009 2010 - - - - - - -
768 751 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[14] puis Insee à partir de 1968[15].)

Histogramme de l'évolution démographique


Économie [modifier]

Industrie [modifier]

Sur le territoire de la commune existe une ancienne exploitation de lignite et des mines de soufre qui furent en activité jusque dans les années 1940 avec une usine de détrituration du soufre. Avant 1900, de nombreux fours à chaux étaient en activité.

Agriculture [modifier]

Vignes près de Saint Martin de Castillon

L'activité principale est viticole grâce à un vignoble produisant l'AOC Ventoux. Les vins qui ne sont pas en appellation d'origine contrôlée peuvent revendiquer, après agrément le label Vin de pays d'Aigues[16]

Cette production est complétée en plaine par la culture de la cerise-industrie pour l'usine de fruits-confits d'Apt, et sur le plateau par la culture de la lavande et du lavandin.

Tourisme [modifier]

Comme l'ensemble des communes du Luberon, le tourisme joue un rôle, directement ou indirectement, dans l'économie locale.

On peut considérer trois principales sortes de tourisme en Luberon. Tout d'abord, le tourisme historique et culturel qui s'appuie sur un patrimoine riche des villages perchés ou sur des festivals. Ensuite, le tourisme détente qui se traduit par un important développement des chambres d'hôtes, de l'hôtellerie et de la location saisonnière, par une concentration importante de piscines et par des animations comme des marchés provençaux. Enfin, le tourisme vert qui profite des nombreux chemins de randonnées et du cadre protégé qu'offrent le Luberon et ses environs[17].

Commerce [modifier]

Bistrot de Pays de Saint Martin de Castillon

Le Bistrot de la Fontaine, qui porte le label Bistrot de pays[18], adhère a une charte qui a but de « contribuer à la conservation et à l’animation du tissu économique et social en milieu rural par le maintien d’un lieu de vie du village »[19]. La commune dispose depuis 2007 d'une supérette avec un point "poste".

Vie locale [modifier]

Les commerces et supermarchés les plus proches se trouvent à Viens, Apt ou Céreste. Toutefois, dans le village il existe une "supérette" ouverte toute l'année où l'on peut aussi y commander son pain.

Chaque année la fête communale se déroule le week-end du 15 août et la fête du hameau "le Boisset" au début juillet.

Éducation [modifier]

La commune appartient à un regroupement pédagogique avec les deux villages limitrophes de Viens et de Caseneuve. Les classes de l'école primaire sont réparties sur ces trois villages qui organisent un réseau de bus scolaires pour amener les enfants de chaque commune vers l'école appropriée[20]. Les élèves peuvent ensuite poursuivre leurs études au collège[21] et au lycée[22] Charles de Gaulle d' Apt [23].


Santé [modifier]

L'hôpital le plus proche est à Apt.

Sport [modifier]

Outre les terrains de pétanque dans le village et le foot sur les Aires, il y a possibilité de pratiquer les randonnées pédestres, le vélo de route, le VTT et la natation dans la piscine municipale l'été.

Habitat [modifier]

Habitat perché [modifier]

Vue du village perché sur un éperon

Ce type d'habitat est considéré comme typiquement provençal, il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages sis sur leur « acropole rocheuse », qui ont gardé leur aspect médiéval, forment par l'orientation des façades de leurs maisons - vers la vallée ou la voie de communication - un véritable front de fortification[24].

Fernand Benoit souligne leur origine quelques fois préhistorique en signalant que Cicéron, à propos des Ligures qui peuplaient la région, les dénomme castellani, c'est-à-dire habitants des castellas (Brutus, LXXIII, 256)[24].

Ces villages perchés se trouvent dans essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et où l'eau est rare. Ce qui est le cas général en Provence sauf dans la basse vallée du Rhône et dans celle de la Durance, où les terres alluvionaires abondent et surtout où l'eau est facilement accessible pour chaque propriété grâce à un puits creusé dans la cour de la maison[25].

De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois (charron, forgeron, etc.). À contrario, l'habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre en autarcie. D'où la loi émise par Fernand Benoit « La misère groupe l'habitat, l'aisance le disperse »[25].

Maison en hauteur [modifier]

Différents styles de maisons en hauteur dans le village
Maison à pontin au hameau du Boisset

Fernand Benoit explique que « son originalité consiste à placer les bêtes en bas, les hommes au-dessus ». Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un même toit, suivant une tradition méditerranéenne, le logement des humains à celui des bêtes. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles. Elle était le type de maison réservée aux paysans villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage[26].

Elle se retrouve aujourd'hui dans nombre de massifs montagneux ou plateaux de la Provence occidentale[27].

Ces maisons datent pour la plupart du XVIe siècle, période où les guerres de religion imposèrent de se retrancher derrière les fortifications du village. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour établir dans la périphérie de l'agglomération des « maisons à terre », plus aptes à recevoir des bâtiments annexes[27].

Maison en hauteur non restaurée à l'intérieur du village

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique : une façade étroite à une ou deux fenêtres, et une élévation ne pouvant dépasser quatre à cinq étages, grenier compris avec sa poulie extérieure pour hisser le fourrage. Actuellement, les seules transformations possibles - ces maisons ayant perdu leur statut agricole - sont d'installer un garage au rez-de-chaussée et de créer de nouvelles chambres au grenier[28]. Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade[27].

La présence de terrasse ou balcon était une constante. La terrasse servait, en priorité, au séchage des fruits et légumes suspendus à un fil de fer. Elle était appelée trihard quand elle accueillait une treille qui recouvrait une pergola rustique. Quand elle formait loggia, des colonnettes soutenant un auvent recouvert de tuiles, elle était nommée galarié ou souleriè[29].

Maison à terre [modifier]

Maisons à terre à l'entrée du village

Compartimenté dans le sens de la longueur, ce type de maison représente un stade d'évolution plus avancé que la « maison en hauteur ». Il est caractéristique de l'habitat dispersé[30]. C'est l'habitation traditionnelle des pays de « riche culture » et la lavande en fut une[31].

Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre. Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose, dans la plupart des cas, d'une remise qui peut servir d'écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie[31].

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier, mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons, d'une lapinière, d'un poulailler et d'une bergerie[31].

Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, même en ville, la maison à terre permet d'installer ces « lieux » à l'extérieur de l'habitation. Jusqu'au milieu du XXe siècle, c'était un simple abri en planches recouvert de roseaux (canisse) dont l'évacuation se faisait directement sur la fosse à purin ou sur le fumier[31].

La construction d'un tel ensemble étant étalée dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale pré-établie. Chaque propriétaire agissait selon ses nécessités et dans l'ordre de ses priorités. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'hétérogénéité de chaque ensemble où les toitures de chaque bâtiments se chevauchent généralement en dégradé[32].

Chaque maison se personnalisait aussi par son aménagement extérieur. Il y avait pourtant deux constantes. La première était la nécessité d'une treille toujours installée pour protéger l'entrée. Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'été, et dès l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosité dans la salle commune. La seconde était le puits toujours situé à proximité. Il était soit recouvert d'une construction de pierres sèches en encorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmonté par deux piliers soutenant un linteau où était accrochée une poulie permettant de faire descendre un seau. L'approvisionnement en eau était très souvent complété par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture[32].

Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles. Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était censé anoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur[31].

Cabanon [modifier]

L'existence de cette « maisonnette des champs » est toujours liée à une activité agricole qui contraint le paysan à rester éloigné de sa résidence habituelle. Dans son étude sur l'habitat rural, Fernand Benoit envisage à la fois le cas du pastoralisme et celui du sédentarisme. Pour le premier, la transhumance, qui permet aux troupeaux d'estiver dans les alpages, implique l'usage d'un habitat sur place de « type élémentaire » pour le berger. Suivant le lieu, il prend l'aspect d'un jas en pierre sèche ou d'une cabane édifiée en matériaux composites. Ce refuge lui sert à la fois d'abri et de laiterie[33].

Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé près de son champ. Dans ce dernier cas, le cabanon correspond à un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée[33].

Ces cabanons, qui se trouvent à l'orée ou au centre du champ, avaient aussi un rôle d'affirmation sociale pour le paysan. Ils étaient considéré comme « le signe de la propriété sur une terre qu'il entendait distinguer du communal »[33].

Borie [modifier]

Puits couvert
Borie

On nomme ainsi en Provence une cabane de pierre sèche. Le terme de borie est issu du latin boria - déjà référencé dans le quartier Borianum d'Arles - et s'orthographie bori en provençal. Elle est aussi dénommée cabanon pointu dans les Alpes provençales (région de Forcalquier). Ce type de construction réalisé uniquement en pierres sèches, permettait au paysan de stocker (serrer en provençal) ses instruments agraires, protéger sa récolte ou plus spécifiquement sa réserve d'eau et, au besoin, d'y passer la nuit. La borie était donc une annexe de l'habitat permanent[33]. Ce type de construction en pierre sèche est facilité par l'épierrage des champs. En Provence, il est courant dans les régions montueuses, de plateaux secs, des coteaux travaillés en restanques[34].

Lieux et monuments [modifier]

Saint Martin de Castillon 3 by JM Rosier.jpg
  • Vestiges de remparts, tour ronde, porte.
  • Ruines de l'ancien Castillon : enceinte, ruines du village et du château XIe des d'Agoult.
  • Fontaine-abreuvoir.
  • Plusieurs cabanes en pierre sèche ou Bories ou bâtiments similaires.
  • Église paroissiale de l'Assomption d'origine romane, remaniée 1820 (quelques éléments d'origine) : Christ en bois XVIe, canons d'autel enluminés par Pertus[Lequel ?].
  • Chapelle des Pénitents Blancs, ancienne chapelle castrale : porte romane (mauvais état).
  • Chapelle XIXe de style ogival, dans le village.
  • Chapelle votive Saint-Placide 1720 à clocher-arcade.
  • Chapelle Notre-Dame-de-Courennes perchée au nord-est, au-dessus de la Buye, romane, restaurée au XIXe, récemment la transcenna carolingienne à entrelacs a été copiée et remise en place.
  • Ancien prieuré Saint-Pierre d'origine romane, ruiné : quelques pierres sculptées d'origine.
  • Oratoire de la Vierge, cinq cimetières.
  • Église de Boisset à clocheton déporté et abside hexagonale : calice en argent XVIIe, dalmatiques XVIIIe.
  • Près du cimetière, proche de La Bégude, minuscule chapelle de style roman à double clocheton et oculus.

Personnalités liées à la commune [modifier]

  • Famille des d'Agoult/Simiane, noblesse de Provence ;
  • Henri-Pierre Roché (1879-1959) y est inhumé.

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références [modifier]

  1. Populations légales 2010 de la commune, INSEE. Consulté le 18 août 2012
  2. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  3. Roland Sautel, Le Pays d'Apt, n° 191, février 2009, p. 13.
  4. Sautel, Gagnière et Germand, Préhistoire et protohistoire. Essais historiques sur le département de Vaucluse, Lyon, 1933.
  5. En’Barba signifie le seigneur barbare, en provençal En’, pour un homme, et Na, pour une femme, sont des marques de noblesse, Testanières se traduit par les Têtes Noires, Roumi est le nom donné aux chrétiens par les musulmans
  6. La chapelle de Notre-Dame de Courenne était ornée, en réemploi, d’une «transcenna» carolingienne qui a été volée en 1976.
  7. Castillon trouve son origine dans castellum (château-fort).
  8. Autrement dit la fête des fileuses.
  9. Le Mercure Aptésien, 2 mars 1879.
  10. Cette fête, digne des Saturnales ou des Lupercales antiques, revêt le caractère d'une danse astrologique destinée à chasser les génies néfastes et à augmenter la puissance fertilisante des rayons solaires.
  11. Ce qui se traduit par : Les quenouilles, les grelots / C'est tout ce que nous avons de plus beau / La chandelle qui se trouve dedans / Éclaire notre chemin / Si elle s'éteignait, ça irait mal / Il vaudrait mieux alors jeter le fanal.
  12. Armorial des communes du Vaucluse
  13. Impots locaux à Saint-Martin-de-Castillon, taxes.com
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  16. Le label Vin de pays d'Aigues concerne les communes suivantes dans le département de Vaucluse : Ansouis, Apt, Auribeau, La Bastide-des-Jourdan, La Bastidonne, Les Beaumettes, Beaumont-de-Pertuis, Bonnieux, Buoux, Cabrières-d'Aigues, Cabrières-d'Avignon, Cadenet, Caseneuve, Castellet, Cavaillon, Cheval-Blanc, Cucuron, Gargas, Gignac, Gordes, Goult, Grambois, L'Isle-sur-la-Sorgue, Joucas, Lacoste, Lagarde-d'Apt, Lagnes, Lauris, Lioux, Lourmarin, Maubec, Ménerbes, Mérindol, Mirabeau, La Motte-d'Aigues, Murs, Oppède, Pertuis, Peypin-d'Aigues, Puget, Puyvert, Robion, Roussillon, Rustrel, Saignon, Saint-Martin-de-Castillon, Saint-Martin-de-la-Brasque, Saint-Pantaléon, Saint-Saturnin-d'Apt, Sannes, Saumane, Sivergues, Les Taillades, La Tour-d'Aigues, Vaugines, Viens, Villars, Villelaure, Vitrolles-en-Luberon.
  17. Voir Massif du Luberon
  18. La charte Bistrot de Pays
  19. L'implantation des Bistrots de pays en France métropolitaine en 2010
  20. Enseignement publique primaire en Vaucluse, Académie Aix-Marseille
  21. Carte scolaire du Vaucluse, Conseil général de Vaucluse, 2010
  22. Cartes scolaire des lycèes de Vaucluse, Inspection académique de Vaucluse
  23. Cité scolaire d'Apt, Académie Aix-Marseille
  24. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 43.
  25. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 44.
  26. Fernand Benoit, op. cit., p. 48.
  27. a, b et c Fernand Benoit, op. cit., p. 49.
  28. Fernand Benoit, op. cit., p. 50.
  29. Fernand Benoit, op. cit., p. 51.
  30. Fernand Benoit, op. cit., p. 54.
  31. a, b, c, d et e Fernand Benoit, op. cit., p. 55.
  32. a et b Fernand Benoit, op. cit., p. 56.
  33. a, b, c et d Fernand Benoit, op. cit., p. 69.
  34. Fernand Benoit, op. cit., p. 71.

Bibliographie [modifier]

  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Avignon, 1876.
  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, Éd. A. Barthélemy, Avignon, 1986.

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Liens externes [modifier]