Robion (Vaucluse)

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Robion
Église Notre-Dame-de-la-Nativité
Église Notre-Dame-de-la-Nativité
Blason de Robion
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Apt
Canton Cavaillon
Intercommunalité Communauté de communes Luberon Monts de Vaucluse
Maire
Mandat
Patrick Sintès
2014-2020
Code postal 84440
Code commune 84099
Démographie
Gentilé Robionnais
Population
municipale
4 141 hab. (2011)
Densité 243 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 50′ N 5° 07′ E / 43.84, 5.11 ()43° 50′ Nord 5° 07′ Est / 43.84, 5.11 ()  
Altitude 140 m (min. : 74 m) (max. : 650 m)
Superficie 17,07 km2
Localisation

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Robion.

Robion est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Son territoire est constitué de trois parties différentes : la montagne du Luberon, les mamelons tertiaires bordant la montagne et le plan de Robion, plaine alluviale quaternaire du Coulon. L'altitude du village est de 140 mètres.

Géographie[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

La route départementale D 900 traverse la commune d'est en ouest au niveau du bourg. Plus au nord, la route départementale 15 fait de même et rencontre au nord-est de la commune la route nationale 100. La route départementale 31 quant à elle arrive du nord et traverse la commune jusqu'au bourg[1].

Relief - Géologie[modifier | modifier le code]

Le vieux village est adossé au Luberon. Celui-ci occupe d'ailleurs une partie importante de la commune soit toute la partie sud. La partie nord quant à elle est une plaine alluvionnaire correspondant à celle du Calavon[Note 1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Trois cours d'eau arrosent le territoire : le Coulon (qui porte le nom de Calavon jusqu'au village des Baumettes), le Boulon et l'Escanson.

Source du Boulon

Le Coulon prend sa source dans les Alpes-de-Haute-Provence et va se jeter dans la Durance vers Cavaillon. Son changement de nom provient de ses dénominations dans les anciennes tribus gauloises des Albiques (Apt) et des Cavares (Cavaillon). Le Boulon sort d'une source vauclusienne au pied du Luberon, il est à sec en été. L'Escanson prend sa source dans une faille de rocher au flanc de la montagne dominant le village. Lui aussi est à sec en été. Cette source a servi à alimenter le village en eau, et était captée dans une citerne qui sert maintenant de vestiaire pour le théâtre de verdure. C'est cette citerne qui alimentait la fontaine entourée de platanes, sur la place face à la mairie, dite « la pompe ». Robion est maintenant alimenté à partir de la Durance.

La pompe

Autrefois, le village et les maisons étaient alimentés par des puits. Dans la partie haute du village intra muros existe un puits public nommé "puits de done Laur" où, dit le maire de Robion au préfet de Vaucluse dans une lettre du 6 juillet 1831 « depuis un temps immémorial et peut-être depuis l'origine du village, la commune de Robion, particuliers et habitants d'icelle ont le droit d'aller puiser de l'eau ».

De nombreux canaux, les "roubines" servent à l'irrigation dans le plan de Robion. L'eau est amenée par le canal Saint-Julien dont la première mention date de 1171. Le canal avait deux rôles majeurs : force motrice utilisée par les nombreux moulins, il permettait aussi l’irrigation. De nos jours, le réseau d'irrigation, étendu et perfectionné, est à l'origine de la richesse agricole de Robion et du Comtat. Il suffit pour s'en rendre compte d'observer la différence entre les terrains irrigués (en contrebas d'un canal d'irrigation) et les autres — domaines de la garrigue.

Sismicité[modifier | modifier le code]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[2].

Climat[modifier | modifier le code]

La commune est située dans la zone d’influence du climat méditerranéen. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée en latitude des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare.

La station météorologique de référence est située à Cavaillon[3].

Relevé météorologique de Cavaillon
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2 3 6 8 12 15 18 18 14 11 6 3 9,6
Température moyenne (°C) 6 8 11,5 13 17,5 22 24,5 24 19 15 10 6,5 15,1
Température maximale moyenne (°C) 10 12 16 18 23 27 30 30 24,7 20 13,1 10 20,3
Précipitations (mm) 36,5 23,3 24,9 47,7 45,6 25,4 20,9 29,1 65,8 59,6 52,8 34 437
Source : (fr) Données de Cavaillon 1961 à 1990


Toponymie[modifier | modifier le code]

L'origine du non est inconnue. Autrefois, selon Dom Xavier de Fourvière, les gens du pays disaient que le nom de Robion provenait du mot roure, « chêne » (robur en latin) : « Roubioun, disoun li païsans, s'apello ansin per ço qu'autri fès, i avié que de roure ». Selon Charles Rostaing, le nom de Robion pourrait provenir de la racine rup (rup : rocher à pic, sens du latin rupes). La situation du village, au pied des falaises abruptes du Luberon, vient à l'appui de cette hypothèse. La plus ancienne mention du nom date de 1233 (loco dicto ad iter de Robione : ledit lieu sur le chemin de Robione). On trouve des variantes dans les textes : Robio, Robionum, Roubioun, Roubyon, Robbion, Robyon, Roubillon, Robions.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

On a trouvé des restes paléolithiques et surtout néolithiques sur le territoire de la commune. Le premier habitat semble avoir été aux abords de la source de Boulon, à l'époque néolithique. Plusieurs grottes du Luberon ont servi alors d'habitat, et surtout de grottes sépulcrales : Grotte du lierre, de Font blanco, du Jas de Juvert et de Fabrègues.Le site de Boulon a donné des témoignages de l'âge du fer, des tessons de poteries phocéennes (sixième-cinquième siècle BC), campaniennes (troisième siècle BC), des pièces de monnaie massaliotes. Une seule inscription épigraphique : un fragment de stèle avec les lettres PEI, lettres se retrouvant dans l'inscription d'une des stèles celto-grecques de Cavaillon où figure le mot : MAGOUPEI. L'époque gallo-romaine a donné un peu partout sur le territoire de la commune de nombreux tessons de poterie, des tuiles à rebord, des pièces de monnaie, des tombes à incinération.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Pendant le haut Moyen Âge, le site de Boulon fut abandonné et les habitants s'installèrent sur le site du village actuel, plus facile à défendre. Ce fut le castrum de Robione, dont on peut voir encore de nos jours des restes de remparts. Un château fut édifié au point culminant du village.

Ces fortifications permirent de résister au début de 1389 aux troupes de Raimond de Turenne. Elles furent agrandies en 1395[4].

Partie du Comtat d'Avignon, Robion a d'abord appartenu comme ce dernier au comte de Provence, puis à celui de Toulouse. Le comtat devint la propriété des papes en 1348, après que Jeanne, reine de Naples, l'eut vendu à Clément VI. Bien qu'ils eussent cessé de résider dans le pays en 1376, les papes le gardèrent néanmoins jusqu'à la Révolution française, en se faisant représenter à Avignon par un vice-légat, et dans le comtat Venaissin par un ecclésiastique d'un rang moins élevé qu'on appelait recteur.

Il est pratiquement impossible de donner la liste des seigneurs de Robion : la coutume du Comtat était qu'à la mort du seigneur ab intestat, tous ses enfants se partageaient ses possessions et devenaient coseigneurs. il y en eut donc beaucoup. On peut simplement dire que le titre de seigneur ou coseigneur de Robion a été le plus souvent porté par des membres de la famille de Sabran.

Le dernier seigneur de Robion fut Louis-Paul de Brancas, comte de Forcalquier, marquis, puis duc de Céreste à partir de 1784, chevalier de Malte, maréchal de camp à 30 ans, lieutenant général en Provence, né le 25 mai 1718. En 1793, il avait 75 ans et habitait depuis plusieurs années à Paris, 366 rue de Clichy. Il mourut en 1802 à l'âge de 84 ans.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1562, à l'époque des guerres de religion, les huguenots du baron des Adrets brûlèrent l'église de Robion et mirent le feu au Luberon.

Le 14 septembre 1791 : un décret, rendu sur la proposition du député Camus, réunit à la France Avignon et le comtat Venaissin. Robion n'est français que depuis cette date.

La période révolutionnaire fut agitée. Le 7 janvier 1794, la demeure du châtelain est démolie, ainsi que la maison contiguë de Thérèse Bonnet, qui ameuta tout le village. Le premier juin 1794, au cours de la séance du conseil municipal, un des membres propose « que les croix de fer qui existent dans la ci-devant paroisse soient converties en piques, étant ainsi purifiées par un usage républicain ». Au moment de la Terreur, avec Robespierre, on coupe à Robion les ormes et les mûriers plantés devant l'hôtel de ville car « ces arbres étaient de nature à favoriser les intentions des citoyens malveillants qui pourraient, pendant la nuit, et à la faveur de l'ombre de ces arbres, tirer quelques coups de feu contre la sentinelle qui monte la garde devant la porte de la maison commune ».

Il y eut deux Robionnais guillotinés : Charles Gros, père de 7 enfants, accusé à tort[réf. nécessaire] guillotiné le 26 juin 1794 à 53 ans et Barnabé Bernard, cordonnier, colonel de la garde nationale (1789), guillotiné le 6 juillet 1794 à 46 ans.

L’Empire ramena le calme, bien que les Robionnais n'aient pas apprécié de devoir fournir de plus en plus de soldats pour les guerres incessantes menées par l'empereur dans toute l'Europe. Ce d'autant qu'ils étaient exemptés de service militaire tant que le Comtat appartenait au pape. Il y eut de nouveau une certaine agitation.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Il y eut 79 Robionnais tués pendant la guerre de 1914-1918, 5 pendant celle de 1939-1945. L'électrification du village se fit entre 1924 et 1926.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason ville fr Robion (Vaucluse).svg

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

De gueules, à une équerre d'or posée à dextre, l'angle dirigé vers le canton dextre de la pointe, l'équerre senestrée d'un dauphin couronné d'or, posé à senestre

La devise de la ville est : Robio civitas

Les armoiries qui semblent dater de la fin du XIXe siècle sont de gueules, à une équerre d'or posée à dextre, l'angle dirigé vers le canton dextre de la pointe, l'équerre senestrée d'un dauphin couronné d'or, posé à senestre, le tout accompagné en pointe de la devise : « Robio civitas » : c'est-à-dire qu'il y a à gauche de l'écu une équerre, et à droite un dauphin couronné. Il n'y a aucune explication à la présence du dauphin. pas plus qu'à celle de l'équerre d'ailleurs.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Roubioun en graphie mistralienne

Démographie[modifier | modifier le code]

Ses habitants sont appelés les Robionnais[5].

Population sous l’Ancien Régime
Date 1315 1471 1540
Population en feux[6] 7 11 38

En 2011, la commune comptait 4 141 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 000 927 1 204 1 399 1 554 1 539 1 516 1 567 1 684
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 680 1 700 1 588 1 708 1 704 1 655 1 589 1 533 1 515
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 523 1 518 1 561 1 441 1 503 1 560 1 564 1 393 1 589
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 925 2 059 2 431 3 197 3 417 3 844 3 941 4 141 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Robion fait partie de l'Aire urbaine de Cavaillon.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
29 décembre 1935   Médard Pierre Isidore Lazare   Directeur d'école[9].
         
mars 2008 mars 2014 Robert Frassi[réf. nécessaire] PS[réf. nécessaire]  
mars 2014 en cours Patrick Sintès[réf. nécessaire] Divers droite[réf. nécessaire]  
Les données manquantes sont à compléter.

Fiscalité[modifier | modifier le code]

L'imposition des ménages et des entreprises à Robion en 2009[10]
Taxe part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 11,61 % 0,00 % 7,55 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 20,82 % 0,00 % 10,20 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 51,37 % 0,00 % 28,96 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 00,00 % 22,42 % 13,00 % 3,84 %

La Part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Son économie est principalement rurale. Les plus anciens témoignages archéologiques indiquent une activité surtout pastorale. Cette activité d'élevage — principalement ovin — a continué jusqu'à une époque récente, utilisant la partie du Luberon sur le territoire de la commune. On peut voir encore une bergerie en remontant la combe de Vidauque[11].

Un recensement effectué le 6 nivôse an IV (27 décembre 1795) indique 210 grosses bêtes (chevaux, mulets...) et 2 430 bêtes à laine. Robion produisait à cette époque 50 quintaux de laine, dont une partie était transformée sur place dans des fabriques de cadis (tissus de laine légers). Il y avait aussi des chèvres pour le lait, et des porcs élevés en commun par un porcher communal.

L'agriculture a commencé très tôt, avec des terres labourables produisant des céréales (seigle, orge, blé), des vergers (oliviers, amandiers), des prés, des vignes. Comme dans la plupart des pays méditerranéens, la production de blé était à peine suffisante, et la disette courante — surtout en période d'épidémie ou de guerre. Les cultures non vivrières étaient : le mûrier, pour le ver à soie, la garance, un peu de chanvre (dans des lieux-dits « canebières »). On récoltait dans la montagne de la lavande pour servir de fumier.

Vers 1860, il se produisit une séries de crises agricoles et industrielles : la sériculture fut ruinée par la pébrine, maladie du ver à soie. La culture de la garance fut abandonnée en 1875, à cause de la concurrence des colorants chimiques. L'olivier fut victime de gelées et de maladies. Ce fut aussi l'époque du phylloxéra, mais Robion eut la chance d'être dans une des zones sablonneuses dans lesquelles l'insecte destructeur a beaucoup de difficultés à se déplacer. Il fallut cependant planter des cépages américains.

La commune produit des vins AOC côtes-du-luberon. Les vins qui ne sont pas en appellation d'origine contrôlée peuvent revendiquer, après agrément le label Vin de pays d'Aigues[Note 4].

Vers 1900, l'agriculture bénéficia de nombreux progrès : perfectionnement des procédés de culture et de l'outillage, emploi d'engrais chimique[Note 5], réalisation de tout un système de canaux d'arrosage (les roubines), la construction de la ligne de chemin de fer avec une gare à Robion vers 1860, puis développement des transports routiers. les agriculteurs se tournèrent vers des cultures spécialisées à grand rendement tournées vers l'exportation : cultures maraîchères, fruits, raisin de cuve et de table. C'est toujours le schéma actuel, les produits agricoles étant vendus sur les marchés de Cavaillon, Carpentras, Châteaurenard pour être expédiés en France et à l'étranger.

Industrie - Artisanat - Services[modifier | modifier le code]

Robion ne possède pas une importante activité industrielle : deux usines, autrefois celle des engrais Manon, maintenant fermée, et le four à chaux (les chaux de la tour) employant 20 à 30 personnes.

Carrière à ciel ouvert de chaux et le four

Les autres entreprises sont plutôt artisanales :

  • BIOSUD, fabrication d'appareils médico-chirugicaux ;
  • CERIP, fabrication d'équipements de levage et de manutention ;
  • Cuisines Fabre, fabrication de meubles de cuisine ;
  • Maison GOUA, travail de la pierre, en particulier pour les tombes ;

Il faut aussi mentionner les confitures fabriquées par du personnel handicapé de La Roumanière.

Parmi les services :

  • GENESE, cabinet d'ingénierie ;
  • B.E.S.M., bureau d'étude en structures métalliques.
  • Atelier OSTRAKA, société d'architecture et d'urbanisme.

On trouve à Robion de nombreux commerces, des restaurants, des garages automobiles, les services de santé pour personnes et animaux, des activités liées au tourisme, comme des gîtes ruraux.

Depuis quelques décennies, de nombreuses personnes travaillant à Cavaillon L'Isle-sur-Sorgue ou Avignon se sont installées à Robion.

Quelques Robionnais[modifier | modifier le code]

Sites - Monuments[modifier | modifier le code]

Le Luberon domine le vieux village, d'où part la draille de Robion, un chemin au milieu des cèdres et des rochers menant au sommet de la montagne. On aperçoit aussi de loin le clocher de l'horloge, avec ses deux cloches. La cloche de gauche date de 1851, celle de droite, portant l'inscription : AVE MARIA GRATIA PLENA DOMINUS TECUM l'an Mil CCCC LXXXIX. IRS. XVS date de 1489, c'est l'une des plus anciennes du département. La première horloge fut mise en place en 1648 par Claude Quintrand, horloger. L'horloge actuelle date de 1743 et a été réalisée par Nicolas Mouchotte d'Avignon.

Les remparts - Le vieux village[modifier | modifier le code]

Ruelle dans le vieux village
Escalier dans le vieux village

Il reste quelques éléments des remparts, datant du XIVe siècle. Le vieux village a été abandonné à la fin du XIXe et au début du vingtième. Dans les années 1950, le vieux village n'était plus que ruines au milieu desquelles on pouvait voir un escalier à vis montant vers le ciel : celui du château. Les ruines ont été déblayées, des maisons reconstruites. Les calades ont été restaurées en 1992.

Les noms des rues, selon un plan dressé en 1798, sont : Grande rue (devenue rue André Ricaud), rue de la calade, rue du dessous du château-vieux, rue de l'escanson, rue de Vallabrègues, rue de l'hôpital, rue du four, rue de la juiverie. Ce dernier nom, ainsi que celui de Vallabrègues (nom de juif comtadin), permet de penser qu'il y a eu un quartier juif. Les textes n'en parlent pas. Quoi qu'il en soit, et comme les États du Comtat décidèrent en 1623 que les juifs, dans la province du pape, ne pourraient plus résider que dans les villes de Cavaillon, Carpentras, Avignon, L'Isle-sur-Sorgue, il ne put plus il y avoir de juifs à Robion après cette date. En contrebas on trouve la mairie, la pompe, le café et l'église paroissiale. Et le bureau de poste, seul de cet ensemble de bâtiments à avoir bénéficié de la main d'un architecte.

Le "théâtre de verdure"[modifier | modifier le code]

Église Notre-Dame-de-la-Nativité
Draille montant dans le Luberon
Source de L'escanson
"Théâtre de verdure"

Face à une falaise du Luberon et près de la source de l'Escanson, la mairie a installé un théâtre de verdure à ciel ouvert. La falaise du Luberon, décorée de lierre, sert de mur de scène. L'ancien réservoir d'eau de vestiaire et de coulisses... Le festival de Robion y organise chaque été en juillet un festival consacré aux musiques, chants et danses du monde méditerranéen. Il a lieu le soir, bien sur. En effet, dans la journée, il fait trop chaud et le bruit des cigales est assourdissant.

À côté de ce théâtre part la draille de Robion, et les sentiers "nature" et "botanique". On voit à proximité un ancien four à chaux installé par Eugène Boulot de Viviers (Ardèche), autorisé par un arrêté préfectoral du 23 novembre 1859 à établir un four à chaux «  chauffé au coke et à la houille » au pied de la montagne. Ce four cessa son activité vers 1900, il a été restauré en 1996. Se trouvent aussi à proximité, l'escalier assez vertigineux permettant de monter à la source de l'Escanson et la fontaine de l'an 2000.

L'église paroissiale[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale est dédiée à la Sainte Vierge et à Sainte Quitterie. Sa plus ancienne mention date de 1261, mais la construction est antérieure à cette date, probablement vers la fin du XIIe siècle. L'église située hors des remparts fut endommagée à plusieurs reprises : lors de la prise de Robion par Guillaume des Baux en 1215, et au cours du XIVe siècle, par les grandes compagnies. Ce qui amena la construction d'une nouvelle église à l'intérieur des remparts, sous le vocable de Saint Pierre. Celle-là même dont il reste le clocher : l'horloge.

La nef de l'église paroissiale est romane, à trois travées séparées par des arcs doubleaux. L'abside, orientée vers l'est, est pentagonale voûtée d'ogives. De chaque côté de la nef, trois chapelles. Celles du bas côté droit ayant une voûte romane, celles du bas côté gauche une voûte ogivale. En commençant par la gauche en entrant, on trouve :

  • La chapelle des fonts baptismaux, avec une cuve baptismale du XVIIIe siècle.
  • L'ancienne chapelle de N.-D. de Pitié ou « des Durands » Cette ancienne chapelle donne accès à la chapelle du Rosaire ou de la Vierge, construite en 1656 par Michel Aubert, Esprit Goudon et Nicolas Blanc, maçons à Maubec, d'après le plan de Barthélémy Grangier, sculpteur à Cavaillon. Les boiseries sont l'œuvre d'Esprit Grangier, fils de Barthélémy. Les vitraux des deux fenêtres datent de 1856.
  • La chapelle Saint Roch (ancienne chapelle des Brancas-Céreste). C'était à l'origine celle de Jacques de Forcalquier, seigneur de Robion de 1455 jusqu'à sa mort en 1479.
Chapelle du rosaire

Ces trois chapelles voûtées d'ogives ont été construites vers 1465, après la visite en 1464 de l'évêque de Cavaillon, qui avait ordonné la réparation de l'église démolie, le seigneur devant y contribuer pour un quart dans un délai de deux ans, sous peine d'excommunication et d'une amende de 25 livres.

Du bas côté droit, à partir de l'entrée, on trouve trois chapelles voûtées en plein cintre :

  • La chapelle Saint Joseph, avec la statue du saint, en bois doré, offerte par Joseph Faraud en 1848.
  • La chapelle Sainte Anne. La bénédiction d'un orgue fabriqué en 1978 par la manufacture Fa. S. de Witt & N de Nieuw Vennep (Pays-Bas), eut lieu le 25 juin 2011.
  • La chapelle Saint Éloi. Son ornementation est la conséquence d'un vœu de la confrérie des "ménagers" du 9 décembre 1770. Elle date de 1771 et comporte un autel de bois sculpté et doré surmonté d'un tableau représentant saint Éloi, évêque, patron des charrons, des maréchaux-ferrands et des cultivateurs.
Orgue de l'église

Le clocher arcade, supportant la cloche, a été exécuté en 1849 par Véran Aillaud, maçon. La cloche a été bénie le 13 mars 1851 par le curé de Robion.

La façade de l'église a été reconstruite à neuf en 1810 par A. Ricaud, maçon. Les vantaux de la porte ont été exécutés en 1705 par Jean Bellanger, maître menuisier à Cavaillon, d'après les dessins de Louis Sentin, sculpteur à Maubec. L'église a été restaurée en 1983.

En face de l'église se trouve l'ancien presbytère, construit sur le vieux cimetière. Lorsque le curé travaillait son jardin, il arrivait fréquemment qu'un coup de bêche fasse sortir un os. Le cimetière fut supprimé en 1840 car il était devenu trop petit, et aussi trop près de la pompe, où beaucoup de robionnais allaient chercher leur eau.

Chapelle Notre-Dame des Anges[modifier | modifier le code]

Au pied du Luberon, au quartier de l'angle, cette petite chapelle très simple se dresse au milieu des vergers. À l'intérieur est gravée la date de 1709, mais la construction est probablement plus ancienne. Son plan est rectangulaire, elle est couverte d'une voûte d'arêtes. Abandonnée pendant des années, recouverte de lierre, elle menaçait ruine. En 1994, des Robionnais décidèrent de la restaurer, ce qui fut fait avec l'aide du Parc naturel régional du Luberon. À cette occasion a été constitué un verger de conservation botanique des variétés d'arbres fruitiers de la région : Cerisiers, figuiers, amandiers, oliviers, abricotiers. de nombreuses variétés y sont plantées, et les Robionnais (et les autres) invités à s'y procurer des plants à planter chez eux pour participer à cette conservation de variétés risquant de disparaître. Un peu plus loin, en direction de Maubec, se trouve la glissette. Un rocher présentant un plan incliné de quelques mètres de long, sur lequel des générations de petits Robionnais ont glissé usant ainsi leurs fonds de culottes et donnant donc à la surface de la pierre un poli miroir.

Chapelle Saint Roch[modifier | modifier le code]

La peste faisait régulièrement son apparition. En mai 1631, elle était à Cavaillon. Une barrière est construite entre Cavaillon et Robion, surveillée par des gardes. Toute personne voulant entrer à Robion doit subir une quarantaine. Il n'y eut à Robion que deux morts : un enfant le 2 juillet et une femme le 12 juillet. En 1632, tout danger paraissant écarté, la communauté de Robion décide - en signe de reconnaissance - de faire construire une chapelle dédiée à Saint Roch, patron des pestiférés. Cette chapelle "au lieu où sera désigné par les consuls, aura 3 cannes de longueur, 2 cannes de largeur dans l'œuvre et 3 cannes de hauteur, compris les fondements qui auront 4 pans en terre". La canne mesurait environ 2 mètres et le pan 0,25. Elle sera voûtée, avec une porte de pierre de taille à double vaisseau de 4 pans et demi de largeur, une fenêtre de chaque côté de la porte, ayant 2 pans de largeur, une fenêtre du côté de l'autel d'1 pan et demi de large et 2 pans et demi de hauteur, laquelle voûte sera à croisières et couverte de tuiles ; à faire d'ici pâques prochain. Le marché fut attribué en 1633 à Christophe Lebrun, maçon de Paris résidant à Robion. La construction devait laisser à désirer car il fallut faire réparer la façade et refaire la couverture en 1705, par Jean Goudon, maçon de Robion.

La chapelle fut vendue le 23 septembre 1793 comme bien national à Jean-Joseph Casteau. Transformée en maison d'habitation, elle a été englobée dans des constructions, les moulures de la façade arasées.

Chapelle saint Roch

Cet ensemble a été racheté par la mairie qui a restauré la chapelle, et y a installé un centre d'informations touristiques.

La chapelle a donné son nom au quartier. À quelques dizaines de mètres en montant vers le haut du village, on voit la « croix de Saint Roch » : c'est une croix de mission, érigée le premier février 1789.

Boulon[modifier | modifier le code]

Premier emplacement du village, on trouve encore par endroits des tessons de céramiques gallo-romaines. Dominé par d'impressionnantes falaises: les rochers de Baude. Pendant la dernière guerre, un chantier de jeunesse y fut installé[12]. C'est un endroit très agréable, surtout en hiver. Abrité du mistral, avec le ruisseau qui coule au milieu de la prairie, les oliviers et la vigne.

La tour de Sabran[modifier | modifier le code]

Dans l'antiquité, la voie Domitienne - voie romaine allant des Pyrénées aux Alpes et en Italie en passant par Nîmes, Cavaillon, Apt et le Col de Montgenèvre traversait le territoire de Robion. La voie, construite sur un remblai assez élevé, passait près de la carrière du four à chaux. Après les invasions barbares des V° et VI° siècles, lorsqu'en 536 la Provence passa de la domination des Ostrogoths à celle des Francs, une partie de cette province fut réunie à l'Auvergne austrasienne; Auvergne et Provence formèrent un territoire d'un seul tenant, dont la frontière passait à Robion, aux environs de l'actuel four à chaux. Cette frontière située sur la voie domitienne fut protégée par un poste militaire qui prit le nom de « castrum de monte alvernico », puis le Vernègue. En 1195, le renouvellement d'un traité d'alliance entre le comte de Toulouse et celui de Forcalquier indique comme limite entre les comtés « le vernègue de Lagnes, sur la rive droite de la Durance ». En 1237, le comte de Toulouse Raymond VII donna à Guillaume de Sabran, sous condition de service militaire, le "fief de Mont Alvernic". Le domaine prit alors le nom de "tour de Sabran". Il changea de nombreuses fois de propriétaire et, en 1789, il appartenait à l'abbaye de la Chaise-Dieu. Il fut vendu comme bien national le 7 avril 1795 à Pierre Portalis, d'Avignon au prix de 305000 livres.

Le toponyme "tour de Sabran" est resté et a donné son nom à la société exploitant la carrière pour faire de la chaux.

À proximité se trouve la chapelle Saint-Peyre, ou Saint-Pierre, datant du XI° ou du XIIe siècle. Utilisée comme remise agricole, elle est en mauvais état.

Le mur de la peste[modifier | modifier le code]

L'épidémie de peste de 1720-1721 atteignit plus particulièrement la Provence et le Comtat Venaissin. C'est pour essayer d'arrêter l'épidémie qui venait de Marseille que fut construit le mur de la peste. Il partait des gorges de la Nesque, passait à la tour de Sabran et allait jusqu'au Luberon. À Robion, au quartier des hautes royères, on voit encore un talus rectiligne en remblai qui, selon la tradition, serait un vestige du mur. Les précautions prises furent efficaces car l'épidémie épargna Cavaillon et ne se manifesta pas à Robion.

Activités, animations[modifier | modifier le code]

  • Festival de musiques, chants et danses du monde : seconde quinzaine de juillet.
  • Fête de l'olive : premier vendredi du mois d'août.
  • Fête votive : second week-end de septembre.
  • Foire agricole, commerciale et artisanale : troisième week-end d'octobre.
  • Fête de la confiture : second samedi de décembre.

Randonnées[modifier | modifier le code]

Le GR 6 « Alpes Océan » passe à Robion. Il est également possible de faire de nombreux circuits à vélo.

Cinématographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs films ont été tournés à Robion, notamment :

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Dumoulin, Robion

La municipalité de Robion a réédité cet ouvrage, disponible à l'office du tourisme.

  • Patrick Ollivier-Elliott, Luberon, Carnets d'un voyageur attentif, Edisud (ISBN 2-85744-523-7)

Robion sur le site IGN

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Le nom du cours d'eau a changé pour Coulon, cependant le nom de cette plaine alluvionnaire est elle généralement associée au Calavon.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  4. Le label Vin de pays d'Aigues concerne les communes suivantes dans le département de Vaucluse : Ansouis, Apt, Auribeau, La Bastide-des-Jourdan, La Bastidonne, Les Beaumettes, Beaumont-de-Pertuis, Bonnieux, Buoux, Cabrières-d'Aigues, Cabrières-d'Avignon, Cadenet, Caseneuve, Castellet, Cavaillon, Cheval-Blanc, Cucuron, Gargas, Gignac, Gordes, Goult, Grambois, L'Isle-sur-la-Sorgue, Joucas, Lacoste, Lagarde-d'Apt, Lagnes, Lauris, Lioux, Lourmarin, Maubec, Ménerbes, Mérindol, Mirabeau, La Motte-d'Aigues, Murs, Oppède, Pertuis, Peypin-d'Aigues, Puget, Puyvert, Robion, Roussillon, Rustrel, Saignon, Saint-Martin-de-Castillon, Saint-Martin-de-la-Brasque, Saint-Pantaléon, Saint-Saturnin-d'Apt, Sannes, Saumane, Sivergues, Les Taillades, La Tour-d'Aigues, Vaugines, Viens, Villars, Villelaure, Vitrolles-en-Luberon.
  5. Autorisation préfectorale du 27 février 1905, à Pascal Manon, de fabriquer des superphosphates dans une usine du quartier des Eyssariades
Références
  1. Robion sur le geoportail
  2. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  3. « Station météo la plus proche : Cavaillon », MSN Météo
  4. Germain Butaud, « Villages et villageois du Comtat Venaissin en temps de guerre (milieu XIVe-début XVe siècle) », in Christian Desplat, Les villageois face à la guerre : XIVe-XVIIIe siècle, Actes des XXIIe Journées internationales d’histoire de l’abbaye de Flaran, 8, 9, 10 septembre 2000, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2002, (ISBN 2-85816-603-X), p. 56.
  5. habitants.fr, « Vaucluse > Robion (84440) » (consulté le 30 septembre 2012)
  6. Jacques Cru, Histoire des Gorges du Verdon jusqu’à la Révolution, coédition Édisud et Parc naturel régional du Verdon, 2001, ISBN 2-7449-0139-3, p. 191
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  9. Dossier de chevalier de la Légion d'Honneur de Médard Lazare, Maire de Robion
  10. « Impots locaux à Robion », taxes.com
  11. Balades - Le tour de la combe de Vidauque, Luberon
  12. Chantiers de jeunesse [Hist-Geo.com]
  13. cité par Sous la direction d’Édouard Baratier, Georges Duby, et Ernest Hildesheimer, Atlas historique. Provence, Comtat Venaissin, principauté d’Orange, comté de Nice, principauté de Monaco, Librairie Armand Colin, Paris, 1969, p. 144